Subériculture

Voilà longtemps que je ne me suis pas laissée séduire par un mot… Celui-ci m’a questionnée ! Alors je vous le propose aujourd’hui.
Souvenez-vous, hier je vous ai laissé sur la route menant de Saint Raphaël aux Arcs. Non, pas la célèbre station de ski, mais les Arcs sur Argens, petit bourg provençal à la porte des Maures. Je crois d’ailleurs vous en avoir déjà parlé sur ce blog, car je m’y rends assez régulièrement, et il est magnifique avec ses ruines romaines et son vieux village médiéval. Sans compter les caves de Sainte Roseline et la maison des vins du Var!

En me promenant donc dans le village, hier soir, j’ai découvert que de nouveaux panneaux touristiques avaient été placés, dont l’un non loin de la maison où je séjourne parfois. En titre :  » La subériculture ».

Savez-vous de quoi il s’agit?

Dans l’affirmative, inutile de lire ce qui suit. Attendez mon prochain article.

Dans la négative, voici quelques pistes.

La première : une forme de sylviculture.

La deuxième : en lien indirect avec la viticulture.

Vous avez trouvé?

Non ? Je continue par l’intitulé d’un article de Var Matin, en juillet 2019 : « On vous dit tout sur la subériculture, cette activité historique qui se taille une place dans la forêt arcoise. » Et voici la photo qui l’illustre.

Vous y êtes ?

Si non, encore un indice : les deux personnes représentées sont des « leveurs de liège ».

Cette fois, vous devriez avoir la réponse… Nous pouvons donc revenir à la commune. En 1882, elle produisait 600 mètres cube de liège… ça en fait, des bouchons ! Mais à l’époque on s’en servait surtout pour ses qualités : imputrescible, étanche, isolant, résistant à des températures élevées. Pas mal, non? Les bouchons furent produits, quant à eux, à partir de 1897 dans une « fabrique de bouchons perfectionnés » (sic).

« Le nombre de fabriques semble atteindre un sommet en 1862, où le récapitulatif attestant de la situation industrielle et commerciale dans le département du Var signale l’existence de 137 établissements. L’écart entre le nombre de fabriques recensées dans l’arrondissement de Draguignan et les autres est encore plus marquant: si 73 exploitations de bouchons sont recensées dans l’arrondissement de Draguignan, on compte 55 fabriques dans l’arrondissement de Toulon, et seulement 9 dans l’arrondissement de Brignoles. »

« En 1862, le nombre de travailleurs dans l’industrie du liège semble atteindre son apogée: 1789 ouvriers sont recensés, soit 1116ouvriers dans l’arrondissement de Draguignan, 593 ouvriers dans l’arrondissement de Toulon, et 80 ouvriers dans l’arrondissement de Brignoles. » (source)

Une rue des Arcs rappelle cette histoire, la « Rue des bouchonniers »; Ce qui est bien injuste, car si, au début du 19ème, il y avait 2/3 d’hommes parmi le personnel employé, la tendance était inversée à la fin du siècle, date de création de l’entreprise locale : 2/3 de femmes.

A l’heure actuelle, la subériculture est relancée dans les forêts environnantes. Certes, il se fera encore des produits, objets et bouchons de liège, mais c’est d’autres qualités du chêne-liège qui sont mises en avant.

« Un chêne-liège entretenu, dont on prélève régulièrement l’écorce, produit non seulement 250 à 400% de liège de plus qu’un arbre sauvage, mais peut aussi fixer plus de CO2, contribuant ainsi à la séquestration du carbone dans le bois et l’écorce. Grâce à son écorce, le chêne-liège résiste mieux au passage des incendies. Il permet de stabiliser les sols après ces accidents, surtout lors de fortes précipitations d’automne. » (ONF).

Elle a donc de beaux jours devant elle…

Exode

Je devais rester en vacances chez moi jusqu’à dimanche… mais il a fallu fuir en ce vendredi pour éviter le confinement demandé par S3I (Idiot, Inapte, Incapable… on pourrait ajouter Imbu de sa personne et Influent ennemi de la ville qu’on lui a confiée).

Reveire la soustra noustra…

Vite, passer dans le département voisin, et aller profiter du soleil et de la plage au Dramont, plus exactement à Camp Long, dans la jolie petite baie du Tiki Plage. Pique-nique sur le chemin qui fait le tour du sémaphore, face à la Grande Bleue, tentative de bain (l’eau est encore bien fraîche!), puis sieste sur la plage.

Ambiance conviviale, ambiance de vacances. Enfin! ça fait du bien…

Il n’est que 16 heures, mais déjà tout le monde replie bagages, pour être de retour à temps à la maison (les bouchons vers l’A8, à Fréjus, en témoigneront un peu plus tard hélas). Des enfants ont édifié une structure en bois sur ce qui est habituellement la terrasse du café – restaurant pieds dans le sable…

Les véliplanchistes reviennent sur le littoral…

Il faut repartir tôt, car l’heure du couvre-feu approche et il reste de la route à faire. Sur le chemin qui me ramène à la voiture, un panonceau rappelle l’histoire du lieu lors de la Seconde Guerre Mondiale.

Il ne faut pas oublier que la plage du débarquement est située tout près, de l’autre côté du sémaphore. On peut y voir, sur un vaste parking, une des péniches concernées. Pas le temps de passer à Saint Raphaël, je « coupe » pour reprendre au plus vite l’autoroute qui me mènera vers Les Arcs sur Argens…

Passer le bac… à La Bouille

J’aime à franchir la Seine par un des nombreux bacs qui ont survécu au temps. En ce matin de février, me voici donc rejoignant La Bouille pour ce faire… Quelques kilomètres en amont, un panneau m’avertit que la première traversée du jour ne s’effectuera qu’à 9h30… heure de démarrage du jury auquel je suis convoquée! Vite, changement de direction, pour Duclair, car, décidément, je ne veux pas retourner vers Rouen.

La file d’attente est assez longue, mais l’homme d’équipage « chargé du chargement » (j’ignore le terme technique…) pousse les conducteurs à serrer les voitures, deux gros camions, un tracteur et sa remorque, et me fait monter sur le plateau, l’arrière de la voiture débordant de celui-ci… Pas rassurée, je vérifie à plusieurs reprises que le frein à main tient bien… Et me voici sur le fleuve, au niveau bien élevé en cette saison, et au courant puissant.

Il n’y a pas de beau levant comme parfois, ni de brume pour évoquer le Rhin et ses légendes, ni de ces vagues qui, de temps en temps, font houle comme sur les mers… L’aube point, un peu grise, mais avec une lueur translucide qui adoucit l’horizon.

Et c’est quand même une pause magique après le trajet dans Paris puis sur l’autoroute A 13 toujours bien chargée à l’aube…

Sur le chemin du retour, je ne renonce pas, et me représente au bac de La Bouille, espérant que l’amplitude de fonctionnement dépasse les 7 heures. Et oui, il est là. Le « chargé du chargement », cette fois, est en train d’arroser la cale à grande eau, ce qui me laisse pantoise. Il me fait des signes que je ne parviens pas bien à interpréter, et je pense qu’il va me laisser sur la rive, car le bac, beaucoup plus petit que celui de Duclair, est déjà bien plein. Mais non, il me fait signe d’avancer. Une fois bien en place, bien serrée entre la voiture qui me précède et le fond du bateau, je le vois s’approcher de ma vitre, faire signe que je l’ouvre, et il me donne la signification de ses gestes : je dois éteindre mes phares.

A nouveau cet instant suspendu, où l’on est au volant mais flottant sur les ondes fluviales… J’adore! Mais c’est court, et il faut déjà débarquer. Je fais alors ce que je me promets de réaliser depuis longtemps, dans ce bourg où je ne m’arrête que pour acheter au petit matin les viennoiseries qui me serviront de petit-déjeuner, et parfois de repas en cette période de fermeture des restaurants : je visite l’intérieur du village. La lumière n’était pas bonne pour la photo, et qui plus est beaucoup ont été prises à contre-jour, mais je vous présente quand même quelques photos. J’irai les refaire lorsque soleil et météo seront plus cléments…

L’architecture en est extrêmement variée, malgré une forte empreinte normande. Et certaines demeures contemplent la Seine depuis longtemps, visiblement.

Des petits panonceaux inscrivent le bourg dans l’histoire, et en particulier l’histoire des artistes qui l’ont fréquenté, comme Gauguin, qui l’a peint, ou qui y sont nés, comme Hector Malot. Une anecdote raconte que le mât de beaupré d’un navire est venu casser la fenêtre de la chambre où se trouvait ce nouveau-né… Pour le cas (fort im?probable) où vous ignoreriez ce que c’est, voici un petit rappel.

Le pilote ne devait pas être très clair pour aller planter ce mât sur la berge, car cela signifie que le bateau était perpendiculaire au courant! Etait-ce un navire proche de celui qui est représenté 54 ans plus tard sur le tableau de Gauguin?

Falaises de La Bouille, Gauguin, 1883

Un artiste dénommé Albert Lebourg a peint plus de 90 toiles sur La Bouille, qu’il appréciait particulièrement le matin ou le soir.

Albert Lebourg (source)

Sisley a également beaucoup apprécié le paysage aux environs de La Bouille, qu’il peindra à la fin du même siècle.

La Seine à la Bouille, coup de vent – Alfred Sisley – 1894

Un postimpressionniste normand, Robert Antoine Pinchon, a représenté le bourg en hiver, au début du XXème.

La Bouille sous la neige, Robert Antoine Pinchon

Vous comprenez maintenant, je l’espère, le plaisir éprouvé à fréquenter ces lieux et préférer le bac au moderne et majestueux Pont Flaubert, qui serait, selon un de mes amis, une prouesse technique… Nous y reviendrons…

Jeux de mots et jeux de lettres…

Le plaisir de retrouver la Ville. Pas l’Eternelle. En ce moment, on ne peut plus l’atteindre. Mais, vous savez, celle dont le bateau vogue mais ne coule pas?

Ecole avec date 1904 portant fièrement le blason de la Ville

Je me suis donc offert une petite promenade de 16.30 à 17.30, couvre-feu oblige, en ce 15 février moins froid que les journées précédentes. Rue Monge, rue Pestalozzi, rue de l’Epée de Bois, rue Mouffetard, et retour vers la Seine. Je vous sens frémir de curiosité toponymique, n’est-ce pas?

Monge, vous connaissez, même si vous n’aimez pas les mathématiques. Mais connaissez-vous son prénom? Gaspard! Non, pas le « pauvre Gaspard » de Rutebeuf… Il était Comte (de Péluse), et, si son nom a été donné à la rue et la place de ce quartier, c’est qu’elles sont proches de l’ancienne Ecole Polytechnique dont il fut l’un des fondateurs et où il enseigna. Je ne vais pas disserter sur lui, il y aurait beaucoup à dire. Du bon comme du mauvais. Donc je vous laisse vous plonger dans sa biographie, ses cours et/ou ses oeuvres scientifiques, voire sa « correspondance mathématique » éditée en 1947 par René Taton (un Ardennais ! – il faut rappeler que Monge avait épousé une riche veuve propriétaire d’une fonderie ardennaise).

Avec son copain Napoléon, je ne vous dis pas où…

Mais Pestalozzi??? Plus difficile, non? Qui le connaît? Si vous n’avez pas entendu parler de lui, c’est vraiment triste, car cet homme mena de nombreuses expériences pédagogiques, fort en avance sur son époque, ce qui lui valut de nombreux déboires. Prenez le temps de le découvrir sur le site de La Ligue de l’Enseignement belge. Et, ce qui ne gâte rien, dans la lignée de Rousseau. « Rousseau brisa avec la force d’un Hercule les lourdes chaînes de l’esprit humain » écrit-il en 1826.

Johann et Anna Pestalozzi

Ne cherchez pas qui était Mouffetard… le nom proviendrait d’un lieu-dit jadis dénommé Mont Cétard. J’ai eu bien du mal à en trouver trace, de ce « Mont »…

« Nous ne reproduirons pas ici toutes les opinions de nos écrivains qui semblent, en traçant l’origine de l’église Saint-Marcel, avoir pris à tâche de se contredire. Il est certain cependant que saint Marcellus ou Marcel, évêque de Paris, fut enterré vers l’an 436 dans cet endroit, sur une éminence appelée Mons Cetardus (Mont-Cétard), depuis, par altération, Mouffetard. Le tombeau de l’évêque, bientôt illustré par des miracles, attirait un grand concours de fidèles qui construisirent autour du mausolée, des habitations qui peu à peu formèrent un bourg ou village que Grégoire de Tours appelle vicus Parisiensis civitatis. Sous nos rois de la première race, la tombe de saint Marcel avait disparu et sur son emplacement s’élevait un oratoire dédié au pieux évêque. Vers cette époque le bourg de Mont-Cétard avait change de nom et portait celui de Chambois. La petite rivière de Bièvre le séparait du bourg de Saint-Médard. Ce village de Chambois, dans les siècles suivants, eut sa juridiction particulière et fut même entouré de fossés. Dès le XIe siècle il portait le nom de Saint-Marcel, et s’accrut tellement par la suite qu’il fut considéré comme une ville. Les lettres-patentes de Charles VI, de l’année 1410, le désignent sous ce titre. Le roi, par ces lettres, confirme l’octroi par lui fait aux manants et habitants d’icelle ville de Saint-Marcel, d’un marché chaque semaine et de deux foires par an. Au XVe siècle, la capitale avait déjà absorbe plusieurs villages environnants et atteignait la petite ville de Saint-Marcel. Envahie bientôt par cette marée montante, elle perdit ses privilèges et devint faubourg de Paris. L’église Saint-Marcel avait été détruite par les Normands ; elle fut reconstruite au milieu de XIe siècle ainsi que le prouvent certaines parties de l’édifice, notamment les chapiteaux déposés aujourd’hui dans une des cours du palais des Beaux-Arts. » (source)

Pour vous donner une idée, « avant »… (source)

Impossible d’en savoir plus sur le net, mais j’ai trouvé la source de l’histoire : une publication de 1815 (page 312), que vous pourrez lire en ligne : Histoire civile, physique et morale de Paris (rien que ça!!!). Par J.-A. Dulaure, volume 1.

Reste l’Epée de Bois, qui n’est pas suspendue sur vos têtes, mais qui a donné son nom à un cinéma que vous connaissez peut-être – et à un théâtre mais à ne pas chercher dans celle-ci… voir la Cartoucherie! Son nom serait lié à une ancienne enseigne, et aurait détrôné la dénomination précédente : rue du Petit-Champ. Si vous voulez en savoir plus, plongez page 202 dans le Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris, par Lazare, en ligne ici.

Mais revenons à aujourd’hui – ou plutôt à hier, au moment où j’écris ces lignes – pour sourire aux jeux de mots, plus ou moins bons, présents dans les enseignes.

On ne file pas la laine, ce sont les toiles qui filent…
Et si c’étaient des objectifs? ou des objections?

Certaines vitrines m’interpellent. C’est le cas de celle-ci, que l’on pourrait dénommer « Chat-rentaises »…

L’architecture est un peu tristounette, dans certaines zones, car des immeubles sans intérêt esthétique (en tout cas pour moi) ont remplacé les anciennes demeures. Quand ils ne les ont pas « sur-montées »!

Jolie vue…
… mais il ne faut pas lever le nez!

Les librairies survivent, dans ce quartier de la Contrescarpe. J’ai discuté avec la patronne de celle que je préfère, l’Arbre du Voyageur. Elle me dit « tenir le coup », mais impactée surtout par la limitation horaire à 18h, car c’est le soir qu’elle avait le plus de client-e-s. Heureusement, elle en a de fidèles, comme moi, qui ont modifié leurs habitudes pour continuer à fréquenter ce petit coin de paradis. En ce moment, clin d’oeil à deux de mes amis dont je parlais hier, tous deux fans de la culture nipponne, une vitrine consacrée à sa littérature.

L’Arbre du Voyageur

La littérature résiste aux lieux d’alimentation (épiceries, supermarchés, fastfoods, boutique de « fooding » en tout genre, et heureusement encore quelques vrais restaurants), et survit par les librairies, les lieux de culture (s’ils survivent à la fermeture prolongée!) et les plaques rappelant la mémoire des écrivain-e-s qui y ont vécu.

Hemingway
James Joyce et Valery Larbaud

J’ai beaucoup aimé le quasi vis-à-vis de l’Ancien et du Moderne-rappelant-l’Ancien, en haut de la rue du Cardinal Lemoine.

Chez le libraire…

Ses propriétaires ne manquent pas d’humour, et je vous conseille d’aller voir leur site.

« Tripot Littéraire & Artistique, Bar Cabaret, Estaminet, Dicentrarchus labrax, Cambuse, Lupanar, fondé le mercredi 2e aoust 1589, à deux heures après minuit à Paris », selon le site de ce lieu.

Et inutile de vous dire que j’ai apprécié leur annonce liée à la situation.

Le gouvernement a décidé de fermer les bars et restaurants jusqu'au 20 janvier dans le cadre de l'Etat d'urgence. Le Conseil d’État a conclu, s’appuyant sur une étude scientifique, que les restaurants et bars (comme les hôtels et les salles de sport) présentaient un risque significativement plus élevé de transmission du virus que les autres lieux de brassage de population, commerces notamment. 


Lamentations 3:26 Il est bon d'attendre en silence Le secours de l'Éternel.

La Place de la Contrescarpe reste une bulle de vie, malgré tout. Si les établissements historiques, comme le Café Delmas et son voisin d’en face, sont fermés, les autres sont restés ouverts et offrent toutes sortes de breuvage et de nourriture aux jeunes qui les dégustent… assis à même le sol ou sur les bancs, debout, marchant, sur cette place qui est restée bien vivante. J’aurais aimé filmer, mais pour cause de droit à l’image… vous vous contenterez de mon témoignage.

Pour finir, une photo qui, je vous le souhaite, vous permettra de garder le sourire…

Il et elle ont leur masque???

Sur le chemin de retour…

Rassurez-vous, je ne ferai pas comme Plus belle la vie, en termes de nombre d’épisodes. Ce n’est qu’un triptyque… dont voici le troisième volet.

Après la quête du grand Cerf, l’arrêt sur images rue Dussoubs, voici donc quelques « observations » sur le chemin qui me ramenait chez moi.

Le Centre Beaubourg fait oeuvre originale, pour marquer la distanciation dans la file d’attente, avec des citations aussi diverses que variées. L’une d’entre elles m’a particulièrement attirée, car elle faisait écho à l’entretien que je venais d’avoir…

Dans une rue voisine, un aubergiste montre autant d’humour que celui de Saint Valéry sur Somme, dont j’ai publié quelques photos de la salle de restaurant vue par la vitrine…

Client-e-s du jour

Le masque est bien évidemment présent!

Boire son cocktail avec un masque…

Mais chez le voisin, c’est toute la tenue qui préfigure peut-être ce que sera la nôtre pour faire face au virus…

Mode 2021

La Seine m’offre à nouveau ses débordements, et les oiseaux se sont emparés des rambardes et des bancs, avec belle vue sur les flots.

Un peu plus loin, des passant-e-s s’interrogent : on y va? on n’y va pas?

On se tâte…
Et on fait demi-tour !

Vers le Grand Cerf

J’avais ce jour-là rendez-vous avec le Grand Cerf.

Non, je ne partais pas à la chasse.

Et je ne me prenais pas non plus pour Bambi !

Souvenir ému du film qui m’a tant fait pleurer !

Il s’agit d’un de ces passages parisiens que j’affectionne. Je décidai donc de m’y rendre à pied, en baguenaudant, à mon habitude. Me voici donc sur le Pont de la Tournelle, celui qui me relie le plus à la rive droite. L’occasion de constater que, depuis la veille, le niveau d’eau avait encore monté.

Si vous comparez ces photos à celles que j’ai déjà postées, vous observerez que le passage en bord du fleuve est de plus en plus difficile, et que l’on ne peut plus accéder aux bancs situés sur la berge sud de l’Ile Saint Louis.

Un petit plaisir en passant, le changement d’angle… rires…

J’observai alors un phénomène étrange : sous le pont suivant, un reflet très brillant… mais reflet de quoi? J’ai passé un bon moment à l’observer, sans parvenir à comprendre ce qui le justifiait.

Rue de la Barre, passage le long de la mairie du 4ème – qui célèbre De Gaulle par une exposition photo -, rue de la Verrerie… je ne vous décris pas le trajet, que j’ai déjà commenté. Le Centre Pompidou fait peau neuve – ou plutôt tuyaux neufs -, et l’on a bien du mal à distinguer ce qui relève de l’édifice moderniste et ce qui est échafaudages… Le Forum des Halles pleure la foule disparue, et le Père Tranquille l’est plus que jamais, désert et tristounet. Même le parvis est calme. Seule l’Eglise Sainte Eustache connaît une certaine animation, car on y sert un petit déjeuner aux plus pauvres… de plus en plus nombreux… En levant les yeux, j’observe un détail étrange.

L’étrange cadran solaire

Grossissez l’image, et vous observerez les nombres en chiffres romains sagement alignés sous le cadran solaire…

Pause au début de la rue Montorgueil, pour un bon vin chaud servi à la terrasse d’une pizzeria. Une belle table ronde semble attendre le/la client-e, et des fauteuils en rotin me tendent les bras, mais la serveuse explique qu’il est interdit de s’y asseoir. Heureusement, quelqu’un de bien malintentionné a cisaillé le fil métallique recouvrant un banc proche, et il est possible d’en profiter, malgré l’interdit.

Un peu d’animation rue Montorgueil, mais quelle tristesse de voir tous ces bars, dont l’un que j’affectionne particulièrement, et tous ces restaurants fermés ou réduits à devenir « fast food »!

Tintin et le Capitaine Haddock dominent toujours, pour mon plus grand plaisir, l’angle avec la rue des Petits Carreaux. En fouinant sur le net, j’avais appris que celle-ci est née d’une scission avec son aînée, et qu’il existait des débats concernant son nom.

La rue Greneta me conduit à un square étonnant, portant le nom de Place Goldoni. Tout simplement parce que le dramaturge italien est mort tout près, rue Dussoubs. Un détour m’a conduite devant la maison qui l’a abrité.

Face à cette demeure d’une sobriété remarquable, un jeu de plaques colorées attire mon regard.

Mais quittons la rue Dussoubs – au fait, saviez-vous qu’elle a porté à une époque le nom de « Gratte-cul »? – pour arriver revenir Place Goldoni.

Le mur faisant face à une école élémentaire est orné de symboles de ballons de football, et deux plaques expliquent aux passant-e-s qu’en tapant avec un ballon sur le mur, on fait pousser les arbres et développer les insectes. Les enseignant-e-s auront ensuite bien du mal à expliquer les phénomènes scientifiques!

Si vous observez ce qui se trouve au-dessus de ces oiseaux stylisés, vous découvrez un morceau d’oeuvre d’art. Il s’agit en effet de La Place des Enfants, oeuvre d’un artiste né en Belgique en 1959, Patrick Corillon.

Voici sa présentation sur Wikipedia:

« L’œuvre occupe un mur aveugle d’une superficie de 666 m2 (39 m de haut sur 23 m de large). Elle est composée de plaques d’acier découpées et colorées, formant les voyelles a, e, i, o, u, écrites à la manière manuscrite ; les couleurs reprennent celles évoquées par Arthur Rimbaud dans son poème Voyelles. »

Il est temps de me diriger vers le Passage du Grand Cerf, mais je me laisse encore distraire, attirée d’abord par un panneau apportant des informations sur la rue sise en face de celui-ci.

Je ne sais si vous parviendrez à le lire, mais ce panonceau explique l’erreur commise, concernant la rue Marie-Stuart, et revient sur son passé, car cette rue abritait jadis des dames…

Une autre curiosité, un peu plus loin, m’entraîne à faire un détour.

Dommage, pas le temps d’aller déguster, mais je me promets d’y revenir… Il est temps maintenant de pénétrer dans le passage qui est ma destination finale. Voici ce qu’en dit un guide.

« En 1825, la maison du « roulage du Grand Cerf », qui était le terminus des Messageries Royales, fut démolie. La date d’ouverture du passage reste imprécise.
Sans doute, vers 1835, il fut ouvert. Le style de la verrière est cependant plus tardif.
Son histoire est étroitement liée à l’histoire du quartier : le quartier Saint-Denis était en 1830 le plus populaire et industrieux de Paris où l’on y trouvait des petites fabriques et des ateliers.

L’apparition de passages plus luxueux fit de l’ombre au Passage du Grand Cerf. Pourtant, la qualité de son architecture mérite une attention. Sa hauteur, 11,80 m, est la plus importante de tous les passages parisiens.

Sa structure en partie métallique permettait de construire deux niveaux de façade entièrement vitrée. L’habitation ne commence qu’à partir du troisième étage. Ainsi, on a pu dire que ce Passage était plutôt destiné à la production et à l’artisanat qu’au luxe et à la vente de ses produits. »

Et c’est encore le cas, comme j’ai pu le constater en discutant dans deux de ses « boutiques ». Mais c’est une autre histoire, que je vous narrerai peut-être plus tard… Je vous laisse découvrir le Passage par images, sans commentaires…

De la crue aux bougies… une Chandeleur inattendue

Je ne sais pourquoi, mais je me suis toujours figurée que la Chandeleur était une fête païenne… Une partie de journée tout à fait inattendue, hier, m’a appris qu’il n’en était rien, et qu’elle correspondait à la présentation de l’Enfant Jésus au Temple… Un rituel social, donc, mais qui, pour les « croyants », correspond à la reconnaissance du Messie, au travers de la parole du vénérable Syméon.

Gerbrand van der Eeckhout (1672)

Mais comment en suis-je arrivée là, me direz-vous?

Tout simplement parce qu’il faisait doux hier, et qu’au milieu d’une journée de comptabilité – sous l’effet de la menace de suppression de mon autorisation, il y avait urgence! -, je suis allée voir si la Seine était bien cette vieille dame paresseuse qui était « sortie de son lit ». D’accord, j’emprunte cette image à l’équipe de Yann Barthès qui se moquait, hier soir, des chaînes d’informations qui avaient relayé des images catastrophiques de l’inondation alors qu’elle ne touche qu’une petite partie des berges.

Aux alentours des îles de mon quartier, il y avait bien inondation… Mais d’abord, une bonne surprise! La culture est de retour… Eh oui, un bouquiniste a ouvert son échoppe, et offre à mes yeux médusés une série de « Budé », cette collection qui a embelli ma jeunesse.

Je ne sais comment les habitant-e-s des péniches voisines peuvent aller les voir, car leurs passerelles sont devenues inutiles! Elles ressemblent à des rames mal coordonnées…

Côté rive droite, ce n’est pas mieux. Les péniches qui offrent l’été des terrasses si vivantes sont aujourd’hui menacées par la montée des eaux.

Les arbres des berges ont les pieds dans l’eau, et la pointe de l’île ne peut plus accueillir les musicien-ne-s ni les amoureux/euses. Le réverbère se transforme en balise…

Je poursuis mon chemin vers une église que je n’ai encore jamais visitée, bien qu’elle jouxte l’un de mes cafés-restaurants préférés, l’Ebouillanté, dont je vous ai déjà largement parlé, et la Maison des Compagnons du Devoir, où j’ai déjà déjeuné dans une ambiance conviviale, et que des apprentis m’ont fait visiter un jour. j’emprunte donc la pittoresque rue de l’Hôtel de Ville et débouche sur la Place de l’Orme, où des policiers sont en train de vérifier l’identité de porteurs et porteuses de banderolles (en ce moment, peu de jours sans manifestation dans la capitale!), au milieu d’un troupeau de camions de CRS. Hésitation… faire demi-tour pour fuir cette ambiance? Mais finalement, je décide de pénétrer dans l’église Saint Gervais Saint Protais.

Comme je n’ai pas pu photographier la façade en ces temps perturbés et par la météo et par la révolte grondante, j’emprunte cette photo à Wikipédia, pour que vous puissiez imaginer la taille de cette église.

Façade de l'église, vue l'ouest

A l’époque de la construction de la basilique qui l’a précédée (entre 387 et 576), on était plus malin qu’au XXème siècle, et on construisait à l’abri des inondations… ce qui explique l’emplacement de ce qui fut une église très fréquentée, d’abord par les commerçants et artisans des quartiers proches, puis par la haute bourgeoisie, avant de devenir l’église des offices d’une communauté religieuse.

Celles et ceux qui me suivent depuis longtemps connaissent mon penchant pour l’art romain. Mais il faut avouer que parfois le gothique « en jette » – pour reprendre une expression naguère vulgaire et aujourd’hui bien surannée… Toutefois, je ne vais pas vous saoûler avec l’histoire et l’architecture de l’édifice, que vous pourrez trouver sur le net – attention, il y a plusieurs églises dédiées à ces deux frères, en France, comme l’atteste la base Mérimée. Je vais plutôt vous livrer quelques impressions, non pas « soleil levant » mais méridiennes.

Un émerveillement d’abord. Devant les vitraux. Certes, ils sont très divers : époques gothique, Renaissance, et plus tardives. Vitraux transparents blancs, comme ce fut la mode à une période donnée (que je ne suis pas parvenue à identifier, mais non, ce ne sont pas les vitraux de Soulages à Conques…). Et des vitraux très modernes, aux magnifiques couleurs vives.

Il est impossible de « rendre » l’effet d’un vitrail par des photographies, et je le regrette. Car le vitrail est vivant. Il change, varie, se transforme, en jouant avec la lumière… c’est ce qui fait pour moi tout son attrait, dont je ne me lasse pas.
Le ciel était pourtant bien gris ce jour, comme vous avez pu le constater sur les photos de la Seine. Mais les vitraux donnaient un air un peu méditerranéen, faisant oublier la grisaille ambiante. Les bleus et les jaunes, notamment, sont superbes, avec une palette aussi étendue que les couleurs de la mer, du ciel et du soleil…

Un vitrail tranche parmi les autres, par la géométrie de ses formes, un peu rugueuses, et la violence du jaune, presque trop « resplendissant ».

Et cela s’explique par l’Histoire. Le jour du vendredi saint, des croyant-e-s étaient rassemblé-e-s dans l’église pour célébrer la mort du Christ. Soudain un obus toucha l’édifice, faisant plus de 100 victimes. Ce vitrail a été construit sur la symbolique de la Porte du Paradis, ouverte à celles et ceux qui trouvèrent la mort en pleine prière.

Un autre vitrail m’a profondément touchée. Ou plutôt, un détail de vitrail, plus ancien, celui-là.

Comme un écho à travers le temps…

La musique est omniprésente dans l’église. Bien sûr, en premier lieu par l’orgue des Couperin – qui demeuraient dans la maison jouxtant l’édifice, orgue qui donne lieu à de nombreux concerts… actuellement tous annulés. Mais c’est une autre espèce d’orgue qui a attiré mon regard, à la fois par sa forme et par sa décoration.

Ce qui m’a interpelée?

La forme, en premier lieu…

La mise en avant de quatre instruments, psaltère, cithare, harpe et… ? je ne suis pas parvenue à trouver le nom français du quatrième… un nouveau jeu pour vous!

A chacun est associé un « saint », dont le nom est écrit mais incompréhensible pour moi… j’ai cru voir « Aron »…

L’écriture d’un texte, en bas, en hébreu… et, d’une manière générale, l’impression d’influence orientale qui s’en dégage.

Et l’on retrouve celle-ci dans divers détails, dont par exemple les icônes qui encadrent l’accès au choeur et celle qui orne l’autel, ainsi que le menorah, le chandelier à 7 branches… A quoi est-elle due? Une hypothèse serait que l’église est fortement reliée à Jérusalem, par la communauté qui la fréquente. Et j’ai fait une nouvelle découverte: j’ignorais qu’il se créât encore des communautés religieuses.

« … c’est à Paris qu’est née la première fraternité de Jérusalem. (…) La genèse de cette première fondation citadine commence au… Sahara ! C’est là au milieu du désert de pierres de l’Assekrem que Frère Pierre-Marie a reçu cette intuition que le véritable désert est aujourd’hui dans les villes. Alors est né en lui ce désir de faire jaillir un oasis de prière au cœur de Paris, cette ville qui l’a déjà adopté depuis plusieurs années. Parallèlement, le Cardinal François Marty, alors archevêque de Paris, a lancé un appel pour que s’installent dans la capitale des moines pour l’an 2000. Ce désir et cet appel vont faire alliance dans une rencontre mémorable entre Frère Pierre-Marie et le Cardinal Marty. Le fameux « c’est d’accord » de ce dernier deviendra un ordre de mission pour cette première fraternité dite « de Saint-Gervais ». Celle-ci verra le jour avec douze frères pour les premières vêpres de la fête de Toussaint en 1975. » (source)

Et j’ai vu les moines et les moniales. Car trois messes sont célébrées chaque jour. Et l’une d’entre elles avait lieu en ce mardi de la Chandeleur, à midi et demie. J’ai donc eu le privilège d’assister à une belle cérémonie, à la fois simple et émouvante. Plusieurs officiants, une trentaine de religieux/euses en aube d’un blanc éclatant, dans le choeur. Et, dans la nef, une assemblée très diverse, contrairement à d’autres qui ressemblent à des Ehpad… Une quinquagénaire souriante a offert une bougie (avec une jolie corolle de papier blanc) à mon voisin, et l’a allumée. Une vieille Africaine est venue m’en apporter une, et a fait de même. Quelques minutes plus tard, tout le monde tenait en main une bougie avec flamme vive… Le choeur a été soudain éclairé par une lumière vive. Et la messe a commencé.

J’en retiens trois points saillants.

Les chants, purs, s’élevaient, conduits par une voix très cristalline, qui m’a rappelée l’héroïne d’une nouvelle écrite par un ami. J’ai regretté de ne pouvoir les enregistrer!

L’échange des regards, entre les « fidèles », dont j’ai appris plus tard par un ami pratiquant assidu qu’il remplaçait les poignées de mains souvent pratiquées. Mais ces « regards de paix » – pour reprendre le qualificatif du prêtre – prenaient en cette période cruelle un signification forte, et cela m’a beaucoup émue.

Et le fait que la communauté, contrairement aux autres, ne portait pas de masques. Comme une famille, en quelque sorte?

Si vous voulez avoir une idée de celle-ci, les Laudes sont retransmises sur You Tube. Voici la retransmission de celles d’aujourd’hui et d’une messe du dimanche, qui vous permettra de mieux comprendre (non, non, je ne fais pas de prosélytisme!)

Et, pour en finir avec cet épisode dont je pourrais parler plus longuement, un détail qui m’a frappée…

A la sortie de l’église, me voici à nouveau sur la place de l’Orme, en réalité Place Saint Gervais, ancien Carrefour de l’Orme.

Image illustrative de l’article Place Saint-Gervais (Paris)
Photo copiée sur Wikipedia

 » Il était autrefois un usage général de planter un orme, protégé par une chaîne, devant la grande porte des églises. Après la messe, on se réunissait à l’ombre de cet arbre, les juges y rendaient la justice et l’on y acquittait les rentes. Cet arbre, appelé « orme Saint-Gervais », était entretenu par la fabrique de Saint-Gervais, il servait également de point de rencontre et plusieurs peintures et gravures en gardent témoignage, ainsi que des représentations de cet orme sur les stalles à l’intérieur de l’église et sur des bâtiments voisins.

Ce carrefour est cité dans Le Dit des rues de Paris, de Guillot de Paris, sous le nom de « l’Ourmetiau », car à cette époque, vers 1300, l’orme était jeune1. »

« Vers 1790, l’arbre est arraché pour agrandir et débarrasser la place ; il servit à la construction d’affûts de canons. »

« L’orme actuel fut planté en 1935. »

Comme un panonceau explique l’historique de la place et indique que l’orme est représenté sur les façades de la rue qui longe le côté septentrional (gauche, sur cette photo) de l’église, me voici à la recherche de celui-ci… Il fallait le trouver! En réalité, il s’agit d’un motif de la ferronnerie des balcons.

Orme, détail d’une demeure de la rue François-Miron

Il ne me restait plus

qu’à longer les quais nus

traverser le pont chenu

sur la Seine toujours en crue…

Une Grande Dame sans admirateurs/trices

Mes pas m’ayant conduites dans le quartier de la Tour Eiffel, j’ai eu l’occasion de voir combien la crise pesait sur les environs de la Vieille Dame… au point qu’elle se cache dans les nuages pour ne pas voir les dégâts sur la Terre…

Qu’il s’agisse des nombreux bars et restaurants, ou de commerces plus « alimentaires », il semble que les propriétaires ont baissé les bras et renoncé à se battre… les chaises sont empilées derrière la devanture de la belle pâtisserie.

Le marchand de « souvenirs » n’est plus lui-même qu’un souvenir. Il a visiblement abandonné au lendemain des fêtes, à en juger par la décoration de sa vitrine, un mois après…

Mais un vaillant petit soldat continue de se battre. Il a maintenu son affiche, et son enseigne est éclairée, contre vents et marées, comme s’il allait accueillir des spectateurs en soirée…

Dire qu’il y a deux ans, à quelques jours près, un dimanche après-midi, j’assistais en ces murs, parmi un public très hétérogène qui n’épargnait pas ses rires. On jouait alors « Le Tour du Monde en 80 jours », et familles, personnes âgées et/ou isolées partageaient un excellent moment convivial et détendant malgré la grisaille de l’hiver…

Neige facétieuse…

La neige a saisi Paris en ce week-end de janvier, mais à peine apparue, elle s’est effacée… Non sans jouer quelques tours… D’abord, déposer un immense cercueil dans la cour de l’immeuble…

Je me suis précipitée pour saisir des images du « blanc manteau », mais il était déjà trop tard, la pluie l’avait en partie éliminée…

Neither singing in the rain… nor in the snow…

Je vous invite à me suivre dans cette promenade qui m’a conduite du Pont de la Tournelle sur l’Ile Saint Louis, puis celle de la Cité, pour revenir ensuite rive gauche…

Camouflage ?
Déshabillez-moi… Mais non, pas tout de suite, pas si vite…
Ternitude…
Sur la scène, Monsieur du Corbeau…
Mais où sont les spectateurs/trices???
Ah: En voici un au balcon…
Mais il regarde de l’autre côté!
Le Siam grelotte…
Palmier enneigé !

J 60 après N-C : Clohars-Fouesnant

J’aime beaucoup le petit village de Clohars-Fouesnant, niché à l’écart des grands axes routiers, non loin de la mer mais relativement protégé du tourisme… Côté architectural, rien de très remarquable, mais son église est étonnante de disproportions qui « l’ancrent » dans le sol breton.

Eglise Saint Hilaire

En recherchant des informations sur cet édifice, au travers de diverses sources sur le net, je me suis aperçue que mon impression d’irrégularité surprenante avait déjà été observée et notée par un archéologue et historien breton, Louis Le Guennec : « église pittoresque, construction fort imposante, mais d’une très savoureuse irrégularité »…

J’aime à observer les traces de lutte entre les pierres et le temps qui passe et cherche à les piéger de mille manières, prenant parfois pour alliés des végétaux qui modifient les couleurs des minéraux…

Il y a longtemps que je n’ai pas soulevé d’énigme… En voici donc une, pour achever cette année dont les « découvertes » furent moins nombreuses que lors des précédentes… Que peut bien représenter ce médaillon situé à droite de l’un des porches?

Enigme…

Pour ma part, je dois avouer que non seulement je n’ai pas la réponse, mais en outre je ne puis même pas émettre d’hypothèse!

Proche de l’église, la croix est surplombée par un arbre à l’imposant tronc rectiligne. Il s’agit d’un chêne pédonculé, décrit en ces termes par un des auteurs du Bulletin Municipal, qui semble s’être bien documenté pour ce faire : « Cet arbre possède un port d’une élégance rare, trois mètres soixante de tour, dix huit mètres de haut, autant en envergure, voilà ses mensurations prises, en 2009, lors de son recensement dans l’inventaire des arbres remarquables de Bretagne,fait par Bretagne Vivante. » L’auteur s’interroge sur l’âge de l’arbre, mettant savoureusement en scène des personnages que nous devrions connaître, en tant que lecteur/lectrice, pour mieux apprécier les références.

« Quel âge a-t-il ? Là aussi, difficile d’être (ce verbe prête vraiment à confusion lorsque l’on parle d’un chêne !) affirmatif, entre cent quarante et cent soixante ans, le débat est ouvert (pour un chlorophyllien je dirais même tout vert). Jean Auffret,***qui le situait en 1848, revient aujourd’hui sur son estimation depuis qu’il a vu cette photo datée, sans certitude, de 1900, où chacun s’accorde à dire que voilà déjà un bel arbre, mais n’excédant pas les trente, trente cinq ans, ce qui nous fait remonter autour de 1870.

Photo de Jules Robuchon

Yvonne Nicolas, sur ce même cliché, au-delà de l’arbre, a vu les toilettes portées par les femmes. Se référant à la mode du temps, elle situe plutôt la prise de vue autour de 1890, ce qui nous donnerait un arbre de vingt ans très grand (trop ?)pour son âge ou au contraire, un quadra un peu maigrichon. Jean-Yves le Corre (qui est le découvreur de la photo aux archives départementales) nous livre son analyse très pertinente : pour lui notre pédonculé possède un tronc anormalement maigre par rapport à sa hauteur et à son envergure, conséquence d’une malnutrition. Un manque d’humus au pied, dû au ramassage incessant des feuilles depuis toujours par nos cantonniers, gage d’un accès dégagé et propre à l’église et au cimetière. Sans doute aurait-il connu un autre développement en pleine nature. » (Source)