Un retour sous le « Euskal eguzkia »

Le soleil commence à se montrer à travers les nuages lorsque nous appareillons. Il faut d’abord faire dégager l’embarcation qui s’est amarrée au Brokoa, et cela prend un certain temps… Mais enfin le bateau est dégagé et s’élance vers la sortie.

Tandis que le chef de bord est attentif au cap, je dis un « au revoir » au petit hôtel qui m’a accueillie le premier jour et renseignée le dernier sur les possibilités de se garer… La sortie du port me donne l’occasion de vous avouer une erreur dans le premier article de cette série : l’inscription réclamant le retour au pays des prisonniers basques est bien toujours là… j’étais sans doute trop fatiguée pour la voir à l’aller!

Cap au large, avec le moteur car il n’y a pas un souffle de vent…

Tiens tiens, qui vois-je dans le lointain? Notre-Dame de Rumengol, venue saluer mon départ?

Une traînière vient narguer une nouvelle fois l’équipe de rameurs non patentés, en nous doublant puis tournant au nez du Brokoa.

Tout est calme, trop calme. L’occasion de faire des photos!

Un dernier regard aux côtes espagnoles et à l’entrée des ports de Saint Sébastien et de Pasaïa, et nous nous élançons vers Saint-Jean-de-Luz, en parallèle à la côte.

Pendant que certains jouent les « figures de mâts » (à défaut de proue), d’autres espèrent que le barreur va éviter les « frêles » embarcations amarrées au large…

Le vent se lève doucement. Cela va permettre de hisser la grand voile.

Un voilier vient nous narguer, sous foc, lui. Mais n’est-ce pas notre chef de bord de l’aller et son frère qui se trouvent à bord et nous « mitraillent » de leur appareil photo? Vite, leur montrer de quoi nous sommes capables. Et donc hisser la misaine.

Et c’est fièrement vent arrière que nous nous dirigeons vers Socoa, la Rhune à tribord.

Un gros paquebot est amarré face à l’entrée, et nous revoyons nos photographes.

Trop de courant à marée montante pour entrer dans le port en vent arrière à la voile. Le chef de bord donne donc l’ordre d’affaler les voiles, au grand regret de son équipage qui se rêvait entrant à la voile. Mais Sagesse oblige, et un ordre est un ordre, surtout de la part d’un ancien commandant de la Marine Nationale!

C’est donc au moteur que nous passons Socoa, les digues de l’Artha, pour viser l’entrée gardée par le phare construit en 1936 par Pavlosky. L’équipage, en toute autonomie, range tranquillement les voiles et love les cordages pendant que le chef, ayant repris la barre laissée durant la course à plusieurs membres de l’équipage, veille à ne rien heurter.

Après quelques péripéties dues au fort courant, le Brokoa reprend sa place au port.

Le travail n’est pas fini pour le chef de bord, qui doit maintenant garder traces du voyage.

Parader sous la pluie

Aller jusqu’en Espagne pour se retrouver paradant sous la pluie, il fallait le faire! C’est ce qui m’est arrivé, en ce jeudi de l’Ascension. Pour – cerise sur le gâteau! – ne pas pouvoir sortir du port ni mettre les voiles (notre chef de bord nous les a fait mettre, mais aussitôt un hors-bord de l’organisation les a fait affaler)…

Mais je ne l’ai pas regretté. Car c’est un vrai plaisir que de montrer le patrimoine maritime basque aux courageux badauds qui affrontent froid et humidité pour venir admirer les vieux gréements.

Et j’avoue que je n’étais pas peu fière d’être sur le Brokoa qui se faufilait entre les magnifiques Recouvrance et Notre-Dame de Rumengol et les adorables traînières espagnoles… Sans oublier l’admiration sans bornes pour les rameurs et rameuses!

A l’antepénultième place « décollent » les « moyens », puis les « grands » voiliers, contrastant avec de modestes embarcations pri

Ils sont suivis, en « bateaux-balais », par les bateaux à moteurs.

Et je sursaute violemment quand éclate un coup de canon. Eh oui, c’en est bien un ! Et les « grognards » que vous apercevez au loin sur la photo qui suit en ont tiré un certain nombre (j’ai oublié de les compter »!).

Sur le quai, c’est une fanfare que j’entends soudain.

Et c’est elle qui va accompagner la fin de la parade, tout le monde en rythme pour se réchauffer, aussi bien sur les quais que sur le Brokoa…

Journée pluvieuse à Pasaïa

Que faire lorsqu’il pleut toute une journée, qui devrait être de festivités joyeuses sous un soleil espagnol? Au petit-déjeuner, d’autres hôtes m’apprennent que Notre-Dame de Rumengol est arrivée à 4 h du matin, avec une entrée dans la passe très difficile. Un petit tour de ce côté du chenal, puis je traverserai pour aller la saluer… J’étais déjà venue dans ce quartier, mais je ne me lasse pas des traces de l’histoire et de l’architecture si hétéroclite mais « vivante ».

Les petites embarcations jouent quand même sous le regard (l' »itsas ») des rameuses et rameurs.

Première direction : le Musée, qui est aussi chantier naval pour les restaurations. Je le connais déjà, pour y avoir passé un long moment lors de ma première venue. Mais c’est toujours un plaisir de retrouver les forgerons au rythme cadencé, symboles de la vraie collaboration.

Je me remémore l’histoire du San Juan, baleinier qui avait disparu en 1565 à Red Bay, Canada. Son épave, située en 1978 et fouillée par les chercheurs canadiens. Et une réplique en est construite à Pasaïa, qui désormais navigue comme emblème de l’histoire des marins qui partaient du Pays Basque pour si longtemps, et parfois sans y revenir, mais aussi symbole des peuples tels que les Inuits et de la coopération.

J’en profite pour essayer de retenir en basque le vocabulaire spécifique de la marine à voile, que j’ai déjà tant de mal à apprendre en français!

Je passe un long moment dans l’atelier charpente-menuiserie, où j’admire le travail des jeunes qui apprennent les métiers de la construction navale, avec une ardeur incroyable.

Au plafond, vous apercevez les traînières et leur évolution au cours de l’histoire, en raison de l’évolution des matériaux, qui les a rendues de plus en plus légères et rapides.

Mais le musée que j’avais visité vide est maintenant de plus en plus fréquenté, et des hordes d’enfants et d’adolescents se rassemblent autour de moi à chacune de mes haltes, pour écouter (plus ou moins!) leurs guides. Je décide donc de quitter les lieux, à mon grand regret, pour rejoindre l’équipage qui s’est rassemblé dans un bar voisin. L’occasion de déguster le cidre basque.

Un des membres m’a raconté que les pommiers étaient endémiques au Pays Basque, et que Louis XIV avait découvert le cidre lors de son mariage à Saint-Jean-de-Luz.

« Depuis l’Antiquité, la pomme était présente en quantité dans tout l’Euskadi. Au Ier siècle, Strabon, un géographe Grec, décrit l’abondance de pommiers au Pays Basque et mentionne qu’il s’y consomme le Phitarra, une boisson obtenue grâce à des morceaux de pommes que l’on met dans de l’eau bouillante et du miel.

Au Moyen âge, dans son « Guide du pèlerin de St-Jacques », Aymery Picaud écrit en 1134 que l’on trouve au Pays Basque uniquement des pommes, du cidre et du lait comme aliment.

Chaque ferme comprenait autrefois un pressoir permettant la production de cidre »

Mais je n’ai pas tout vérifié. Nous y reviendrons donc à l’occasion, si cela vous intéresse… Pour l’instant, allons avec les autres membres de l’équipage, sous la pluie, voir ce qui se passe sur les quais. Le Morgenster est toujours là. Les bateaux bretons sont bien arrivés, effectivement. Notre-Dame de Rumengol, gabare gérée par l‘association An Test, est bien là. J’avais juste oublié de vous préciser qu’il n’est pas équipé de moteur!

Mais n’est-ce pas la Recouvrance qui est là, nez à nez (enfin, proue à proue!)?

Toujours aussi fine et belle, non? Et l’équipement! De quoi éviter les sacs de noeuds…

« La Recouvrance, goélette symbole et ambassadrice de la ville de Brest qui en est aussi la propriétaire, porte le nom du plus célèbre quartier de la ville, celui où les femmes de marins priaient Notre Dame. »

Sur la terre ferme, des installations sont encore en train d’être équipées, mais certaines abritent déjà leurs occupants. Nous découvrons ainsi une association spécialisée dans la « galupe ».

Des échanges intéressants avec ses représentants, qui partagent beaucoup de nos préoccupations. En outre, cette semaine est justement la semaine culturelle à laquelle l’association participe activement! ça tombe mal pour eux…

Screenshot

Mais l’heure du rassemblement pour la parade approche, et il nous faut regagner le bord, pour y participer, malgré un temps menaçant… Un dernier regard au San Juan et aux voiliers, et vite, regagnons le ponton 3…

Etrange soirée à Pasaïa

Je vous ai laissé-e-s, dans le précédent article, lorsque le bateau était arrivé à quai, et que nous étions contraint-e-s de rester à bord car la grille d’accès au ponton était fermée à clés. D’où un pique-nique à l’heure du thé, dans un courant venteux bien frais… Un avantage toutefois : celui d’assister à l’arrivée d’un magnifique voilier. Jugez-en plutôt :

Ce navire, je l’apprendrai plus tard, est le Morgenster. Quelques temps après, c’est le Saltillo qui pénètre dans le chenal.

Plus modeste, certes, mais très élégant cependant.

Enfin on vient nous délivrer, et nous pouvons aller prendre la navette qui traverse vers l’autre rive… Après la non-réception au quai, enfin, glacée, je peux gagner l’hôtel soigneusement réservé quelques mois plus tôt. Et j’avais bien fait! Le seul dans le coin, et seulement 7 chambres! Vous le voyez, photographié le lendemain : le cadre indique le balcon de la chambre 102, qui m’a accueillie.

La petite navette m’y emmène, et je découvre une vieille maison, dont l’intérieur a été réaménagé avec goût pour accueillir au mieux les hôtes. En bas, une vaste salle commune, qui sert pour les repas ou le travail.

Un ascenseur dessert les deux étages. Le choix a été fait de mêler hardiment ancien et moderne, matériaux naturels et plastique, et l’ensemble est assez réussi. Un plus : de la fenêtre, je peux surveiller et l’Alba et le Brokoa!

Ils sont sagement amarrés juste en face!

Une douche bien chaude, une petite sieste, et vite, retour de l’autre côté (vive la navette!) pour aller découvrir les voiliers et ce que j’espérais être une ambiance festive. Pour la seconde, on oublie : rien n’est installé, il n’y a presque personne sous cette pluie fine. Par contre, quelques navires sont bien à quai. Le Morgenster, que vous avez vu arriver sous pavillon néerlandais, offre à la vue sa figure de proue.

J’ai fait d’autres photos de lui, mais ne vous les présente pas. En effet, de près, il est assez décevant car trop « apprêt ». Il faut dire que ce monocoque de 48 m, lancé en 1919, a été largement restauré et a repris la mer il y a une vingtaine d’années comme navire-école, voilier pour croisières, et fait un peu trop « vitrine » à mon goût. Un peu plus loin, c’est l’Etoile du Roy qui offre sa poupe au regard.

Je le connais pour l’avoir vu en Bretagne, près de son port d’attache, Saint-Malo.

Comme vous le constatez, lui aussi est obligé de se prostituer pour survivre…

Mais les détails n’en restent pas moins impressionnants.

Et la figure de proue est assez terrifiante… Je me suis demandé si elle était dûe à Jean-Paul Gaultier ou à Madonna dans ses jeunes années…

En tout cas, elle ne m’apparaissait pas authentique! Et j’avais raison… Autrefois, c’était un terrible pirate mâle et viril qui ornait la proue du bateau, alors nommé Grand Türk, du nom de celui qui avait fait construire cette réplique d’une frégate-corsaire corsaire du 18ème siècle. Bateau que vous pouvez voir dans les Trois Mousquetaires, avec Cassel et Duris.

Comme il appartient à une entreprise qui loue des navires pour les besoins des réalisateurs, vous pouvez aussi le voir dans Bougainville, Monte Cristo, Napoléon… Bref, à toutes les sauces… Mais revenons à notre Belle Dame de Proue… Car l' »Etoile du Roy » n’est autre qu’une femme, corsaire bien sûr (nous sommes à Saint-Malo), joliment dénommée Violette de la Hisse. Mais n’essayez pas d’en trouver trace dans l’Histoire : elle n’a jamais existé. En tout cas, pas ailleurs que dans l’imagination de l’artiste qui l’a inventée, Valérie Gauthier (pas Jean-Paul, et d’ailleurs le nom ne s’orthographie pas de la même manière!), en 2013. Vous remarquerez le mot « légende »…

La Bretagne est bien présente sur les quais de Pasaïa, mais, ce soir-là, les bateaux n’étaient pas encore arrivés et je les ai cherchés en vain.

Demi-tour donc, un peu frustrée. Mais il fait froid, il n’y a aucune ambiance, et peu d’embarcations sont arrivées. Retour donc sur l’autre rive pour chercher un restaurant. Et là, surprise! Ils sont tous fermés! Une veille de long pont de l’Ascension! Heureusement, il y a les restes du pique-nique… et un bar ouvert sur la place voisine. Mais avant, j’ai eu le temps de découvrir les traces de la haine espagnole contre Charlemagne.

Un petit verre de bière pour reprendre courage. Vous avouerez que l’ambiance n’est pas gaie!

Et la vue est même gâchée un moment par un monstre marin.

La soirée va donc se résumer à un modeste pique-nique dans la chambre d’hôtel…

Heureusement avec une jolie vue! et agrémenté par un Rioja, la barmaid ayant accepté de me prêter la vaisselle adéquate… et par la vue sur les deux bateaux basques.

Le Brokoa gagne l’Espagne

La météo n’est pas idéale en ce mercredi de mai, et il faut impérativement arriver au port avant la nuit… Telle est la gageure de l’équipage du Brokoa, quittant le port de Donibane Lohizune dans la matinée du 13 mai.

Quelques aguerris, et des « semi-novices » comme moi, ravie de retrouver le plaisir de naviguer, malgré la pluie, le vent et des creux de plus d’un mètre. A bord de « txalupa handi ». La chaloupe biscayenne a été construite à partir d’un plan de 1878.

« BROKOA à été réalisé pour participer au concours « Bateaux des côtes de France – Brest 92». Une demi coque a était retravaillée à partir d’un plan de 1878 provenant du chantier Mutiozabal (Orio–Gipuzkoa) fourni par l’Aquarium de Saint Sebastien. Sa réalisation a reçu le deuxième prix dans sa catégorie ainsi que quatre mentions spéciales. La « txalupa handi » (chaloupe biscayenne) gréée de deux voiles au tiers est armée à l’aviron. Elle a participé à toute l’histoire de la pêche basque (baleine, morue). A partir du XIXème siècle les chaloupes pratiquaient une pêche côtière qui leur permettait de prendre, de novembre à mai, dorades, raies, congres, maigres, merlus, grondins et autres poissons de fond. De juin à octobre, elle pêchait le thon blanc et rouge à la traîne dans le Golfe de Gascogne. »

Difficile de mettre les voiles, en raison du temps. Impossible de ramer avec nos faibles muscles et de telles vagues… C’est donc au moteur que se fait la première partie du trajet. Une vitesse de 3 noeuds et quelques permettra d’arriver avant que la tempête ne gagne les côtes basques.

Un avantage : nous pouvons admirer les impressionnantes strates inclinées de la côte.

« D’où viennent ces hautes falaises qui bordent la Corniche ? Elles ont été dessinées il y a 100 millions d’années par un sillon creusé entre les blocs ibérique et européen qui provoqua des avalanches sous-marines et déposèrent des sédiments de flyshs. Le flysch est donc un dépôt sédimentaire composé principalement par une alternance de grès et de marnes. C’est cette alternance qui donne cet aspect de strates superposées les unes sur les autres : une plaque de grès plus dure et plus épaisse et entre chacune de la marne plus friable.

Lors de la création des continents, le bloc ibérique est rentré en contact avec le bloc européen et c’est alors que les sédiments marins ont émergés pour former la Corniche et les Pyrénées.

Les falaises atteignent au plus haut point une hauteur de 45 m.«  (source)

Une fois passé le Cap Figuier, alias « Higuer Lumuturra », la houle est un peu moins forte. Vite, éloignons-nous de la côte, pour aller enfin hisser misaine et grand voile…

Le temps est toujours menaçant, mais nous filons entre les « grains » et évitons sereinement la Belharra.

« La vague géante Belharra apparaît à 3 km au large de la Corniche Basque à Urrugne. Elle apparaît à cet endroit précis grâce à la présence d’un haut-fond rocheux situé à seulement 15 mètres de profondeur appelé : le Belharra Perdun (l’herbe verte en basque) qui a donné son nom à la vague. »

Il faut dire que nous avons une chance que n’avaient pas les marins du 19ème siècle : la possibilité de la situer exactement grâce aux applications de nos portables!

Et c’est avec beaucoup de plaisir que nous traçons au près serré en direction de la faille entre deux falaises surmontée du phare d’entrée dans le port de Pasaïa.

Car c’est là que se déroule en ce week-end de l’Ascension le « Pasaïa Itsas Festibala » auquel vont participer les deux bateaux de l’association à laquelle j’adhère, Itsas Begia, le Brokoa et l’Itsas Begia, et celui d’une association soeur, Trois Mâts basque : l’Alba, une chaloupe sardinière à vapeur.

Le soleil a réapparu, après ces sept heures de nuages… Il est temps d’affaler les voiles, de vérifier que tout est clair pour l’accostage…

Les rames sont bien en rangs serrés… Elles serviront avec un autre équipage lors de la deuxième parade du week-end.

Le vent n’est hélas pas favorable pour une entrée à la voile. C’est donc le moteur qui prend le relais pour celle-ci.

Le rouge est bien à tribord…

… Le drapeau espagnol est un peu caché par le français… Mais trop tard pour le rattacher plus haut…

… Et le vert est bien à babord…

Je remarque au passage que l’inscription « Libérez les prisonniers basques » qui y était lors de mon dernier passage a disparu!

Nous accostons en même temps que l’Alba…

L’heure du goûter est dépassée, et nous n’avons toujours pas déjeuner… Hâte de nous mettre à l’abri du vent glacial pour le pique-nique. Mais mauvaise surprise : la grille est close, impossible de gagner le quai. C’est donc en grelottant sur notre bateau que nous devrons manger, puis attendre qu’on veuille bien nous délivrer, plus d’une heure après. Un peu long, avec le froid et la fatigue, même si la vue est belle…

Le théâtre des Bouffes Parisiens

Je n’y étais jamais allée. Jusqu’à ce 9 avril 2026 où une amie m’y a invitée. Et ce petit théâtre si chargé d’histoire m’a beaucoup plu. Alors, au compte-rendu de la pièce à laquelle j’ai assisté, un petit article sur les lieux, si vous me permettez. Pour commencer, un petit mot de celui qui est à l’origine de cet édifice, et que l’on connaît sous le nom de Jacques Offenbach. Beaucoup de textes ont été écrits à son sujet. J’ai choisi un article scientifique de Jean-Paul Yon datant de 1992 traitant de la création du théâtre et de « La difficile naissance de l’opérette« .

Je ne vais pas vous entraîner dans les méandres de la recherche compliquée d’une salle pour jouer un nouveau type de spectacle dans les années 1850… Elle amène à négocier par exemple l’exploitation de la Salle Lacaze, du nom du prestidigitateur qui l’anime,

Offenbach monte rapidement une troupe, et les représentations commencent.

Cet extrait d’un article de Georges Héquet, critique de l’Illustration, est intéressant, n’est-ce pas? Mais les Champs Elysées ne sont pas le meilleur endroit, à cette époque : trop « excentrés », « la périphérie de Paris » ! La fermeture de ces premiers Bouffes Parisiens est décidée l’été 1855.

Un rapport du 7 décembre 1854 explique ce qu’était ce « Théâtre des Jeunes Elèves ».

Ce théâtre n’était que 20ème au classement des établissements parisiens, avec « seulement » 840 places (je serais curieuse de connaître le classement en termes de quantité de places à l’heure actuelle!). Et il avait très mauvaise réputation. A l’époque il y avait un palmarès étonnant : les ouvrages censurés. Sur les 123 (concernant le théâtre : au total ils étaient 8330!) censurés partiellement ou totalement entre 1835 et 1848, 10 le concernaient.

Après moultes péripéties dont je vous ferai grâce, un arrêté transforme les lieux en un véritable théâtre le 21 octobre 1855.

Nouvelles péripéties car Offenbach veut embellir les lieux et fait pour cela des emprunts, monte une société, subit un procès, en remonte une deuxième, et la naissance est sans cesse retardée. Elle a enfin lieu, et voici ce qu’en dit le journal La France Musicale du 6 janvier 1856.

C’est l’opérette qui va permettre à Offenbach de mener à bien ses projets. Il ne concurrence pas l’Opéra, ni l’Opéra Comique, mais on l’accuse de mettre à mort le vaudeville et donc le Théâtre du Palais Royal! Je vous laisse découvrir la suite, si cela vous intéresse, dans le très intéressant article sus-cité, ou par des émissions telles que la série que lui a consacrée Radio France et reviens au présent. En effet, nous ne voyons pas le théâtre tel qu’il était à ses débuts.

Sur les 715 salles parisiennes répertoriées comme « théâtres » (je ne partage pas cette manière de classer, car on y retrouve de grandes salles de spectacle comme l’Arena et le Casino de Paris!), elle est encore dans les plus grandes en termes de quantité de places, avec ses 600 places. Télérama a effectué une cartographie des « 80 salles qui comptent à Paris ». On y trouve bien les Bouffes! Personnellement, je trouve ces lieux chargés d’histoire fort intéressants.

Sur la maquette ci-dessus, j’ai encadré la place où je me situais. Et voici ce que je voyais.

Mon jeune voisin a eu la gentillesse de prendre quelques photos pour moi..

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J’allais oublier de vous dire où la trouver ! Elle est située entre l’Opéra et la rue où l’on ne mange qu’asiatique, vous savez? la rue Sainte Anne. On la trouve rue Monsigny. Connaissez-vous le Sieur qui lui a donné son nom? Un compositeur, un autre… Je vous présente Pierre-Alexandre Monsigny, né en 1729 et mort en 1817, à pas moins de 88 ans. Et, hasard ou pas, il est considéré comme l’un des fondateurs de l’opéra comique. Un théâtre de Boulogne-sur-Mer porte son nom.

Si vous voulez en savoir plus sur lui, vous trouverez sur You Tube des interprétations de ses oeuvres. Mais les seules que j’ai trouvées filmées proviennent… d’Asie! comme celle-ci, O ma tendre Musette.

Le cimetière Saint Vincent

Au retour de l’Aveyron, enfin, de l’Ascension, il était justement temps de l’entreprendre, cette ascension (sans ascenseur!) pour regagner le sommet de la Butte, alias colline, alias mont. Petit détour par le Cimetière Saint Vincent, que j’avais découvert lors d’une autre balade montmartroise, mais que j’avais envie de revoir plus longuement, tant il m’avait plu. Et il a de quoi plaire! A cela plusieurs raisons. La première est l’ambiance sereine qu’il dégage. Vous me direz « pas étonnant, pour un « lieu de repos éternel ». Bon, d’accord. La deuxième est la beauté et la variété de sa végétation. Des personnes étaient, ce jour-là, venues le visiter d’un point de vue botanique, d’ailleurs.

La troisième concerne les personnes qui y demeurent. D’une part, des « personnalités » célèbres, et d’autre part, des personnes qui reflètent la vie du Montmartre de jadis. Je vous emmène promener parmi les tombes?

Faisons comme celui ou celle qui est à l’origine de la découpe de Paris en arrondissements, commençons par le centre, avec la tombe de Michou. Pas étonnant de retrouver là celui qui a animé un cabaret à un kilomètre tout juste.

Continuons vers la droite, pour trouver celle qui a formé avec Trintignant l’un des plus aimés des couples au cinéma.

Aimée, elle l’a été, et amoureuse aussi sans doute… Pas moins de quatre mariages…

« Son premier mariage, c’était en 1949 avec un certain Edouard Zimmermann. L’union ne durera qu’un an. Elle fréquente ensuite Jean Cocteau. Elle poursuit ensuite sa vie amoureuse avec le cinéaste Nikos Papatakis de 1951 à 1958. C’est avec lui qu’elle aura sa seule fille, en 1951. Par la suite, Anouk Aimée s’unira avec le chanteur Pierre Barouh, qu’elle avait rencontré sur le film de Claude Lellouche, « Un homme et une femme« , et qui a changé sa vie. Ils vivront leur histoire d’amour de 1966 à 1969. Enfin, c’est avec l’acteur britannique Albert Finney (vu dans « Voyage à deux », et plus récemment dans « Erin Brockovitch ») qu’elle convolera une quatrième fois en noces : de 1970 à 1978. »

Pourquoi est-elle enterrée ici? Tout simplement parce qu’elle habitait le Vieux Montmartre. Plus exactement, Impasse Girardon.

Anouk Aimée, dont vous découvrirez ci-dessous la véritable identité, si vous ne la connaissez pas…

Avez-vous vu le chat? Joignons « chat » et « aimée »… Cela vous rappelle-t-il un des livres que les enfants continuent à apprécier? Les Contes du Chat Perché?

Voulez-vous saluer son auteur? Celui dont je vous ai déjà parlé, voici peu, dans un précédent article, où nous avions pu admirer la statue du Passe-Muraille réalisée par Jean Cocteau? Il n’est pas bien loin…

Nous parlions de cinéma… revenons-y, avec un scénariste et réalisateur qui fut aussi en lien avec Jean Cocteau : Claude Pinoteau. Lui qui habitait Neuilly, pourquoi est-il enterré ici? Simplement parce que c’est l’emplacement du caveau familial…

« Lucien Pinoteau, complice de Poulbot et futur Président, fonde en 1936 « l’OEuvre des gosses de la Butte Montmartre » qui deviendra dès 1939 « l’OEuvre des P’tits Poulbots ». » (source : https://www.republique-de-montmartre.com/notre-histoire.html). Mais savez-vous qui est Poulbot? Permettez-moi une petite digression…

Dessinateur, illustrateur, caricaturiste, et « goguettier »… Vous ne connaissez pas ce mot? Rendez-vous bientôt pour que je vous en parle, je ne veux pas trop m’éloigner ici. Comme je vous reparlerai de Poulbot quand j’irai visiter le cimetière de Montmartre. Car non, il n’est pas ici!

Allons du côté du Quai des Brumes, de l’Hôtel du Nord et des Enfants du Paradis, pour retrouver Marcel Carné, reposant lui aussi à l’ombre du Sacré Coeur – pourquoi? je l’ignore. Si vous le savez, merci de placer un commentaire pour partager l’information !

Quittons le 7ème art pour « les beaux arts ». Pas étonnant par contre de trouver ici Utrillo, qui a tant peint la Butte! Sa tombe est dans les « étages supérieurs », c’est le cas de le dire! (celle de Carné, tout en bas au contraire).

Mais j’ai été surprise de trouver non loin de lui un peintre que j’aime beaucoup et que j’associe à la Normandie : son Musée n’est-il pas à Honfleur ? Alors j’ai cherché. Il est effectivement mort à Deauville, au bord de la mer qu’il aimait tant. Et a été enterré quatre jours plus tard, le 12 août 1898, à l’endroit où vous pouvez lui rendre hommage. Pourquoi là? Je ne sais. Mais son ami Edmond Yon lui avait dédicacé une toile représentant les moulins de Montmartre. Sans doute y fréquentait-il d’autres artistes?

Parmi les autres arts, la musique, avec notamment Arthur Honneger, qui avait un atelier à Montmartre.

Surplombant la tombe, une belle oeuvre sculpturale orne une sépulture moins dépouillée.

Vous en apercevez une autre au loin. Le premier rang près de l’entrée offre en effet une belle perspective sur ce qui pourrait faire d’un cimetière un musée en plein air.

Loin de moi l’idée de vous détailler toutes les tombes de gens « célèbres » ou moins qui peuplent ces lieux. Il y en aurait pour longtemps et ce serait ennuyeux. Je préfère partager avec vous plan et liste que j’ai trouvés alors que j’achevais ma balade.

Vous pourrez ainsi aller voir chacune et chacun. A moins que vous ne préfériez, comme moi, « errer » un peu au hasard pour d’autres découvertes, comme cette magnifique et émouvante épitaphe. J’ai longuement hésité à la publier, mais comme elle est visible de toutes et tous sur site et que je ne vous donnerai pas le nom d’une personne enterrée ici, je me suis dit que la RGPD ne s’appliquait plus.

De Montmartre à l’Aveyron

Nous en étions resté au sommet de la Butte. Il faut maintenant en redescendre! De préférence en passant pas les lieux-cultes : les vignes, la Maison Rose et le Lapin Agile… En raison d’une surcharge de travail, j’ai dû reporter la rédaction des deux derniers articles. Le week-end m’apportant un répit, j’en profite pour revenir vers Montmartre… et, vous vous y attendez je pense, me diriger vers le vignoble (dont je n’ai encore à ce jour pas réussi à goûter le produit!)

Si vous regardez le panneau ci-dessus, il ne date que de moins d’un siècle. Je ne sais pourquoi, mais j’ai toujours imaginé qu’il remontait quasiment à l’Antiquité?

Savez-vous combien il y a de cépages dans le vin de Montmartre (pour rappel, en général les assemblages en dépassent rarement 3-4)?

Eh oui, vous avez bien lu! Pas moins de vingt cépages pour ce vin exceptionnel!

A quoi sert cette étrange « paillotte »? Mystère… Mais continuons à descendre, car le rose d’une maison m’attire. Je ne suis pas la seule, à en juger par le nombre de touristes, visiblement de toute provenance, qui se pressent autour d’elle. Si vous regardez ce site, vous la verrez telle qu’elle était au 19ème siècle. Et, comme vous le savez sans doute, elle est liée à l’histoire de la peinture française, en particulier d’Utrillo. La voici telle qu’il l’a peinte…

… Et la voici telle que je l’ai vue…

Elle a visiblement dû être protégée pour survivre à la promotion immobilière! Un peu plus loin on peut constater que les habitant-e-s ne manquent pas d’humour. D’abord, un jeu de mots qui n’est compréhensible que si l’on connaît le nom de l’artère : la rue des Saules. Ensuite, le petit diablotin souhaitant des vendanges heureuses…

Au rose a succédé des dégradés de blanc et ocre, quand tout à coup, la palette s’amplifie. Pas seulement à cause des façades! Tel les instruments d’un orchestre, vélos, murs, palissades et fleurs offrent une symphonie de couleurs.

Un salut au passage à ceux qui ont permis à cet établissement de vivre et de survivre : Frédé, qui le tenait quand l’édifice a failli être absorbé par un projet immobilier, et Aristide Bruant qui l’a sauvé en le rachetant, pour ensuite le revendre au fils de l’ancien tenancier… Je vous laisse deviner qui est l’un et qui est l’autre, sur cette photo, même si on ne voit pas la couleur des écharpes…

Quittons l’établissement dont j’ai appris qu’en réalité il s’appelait au départ « Le Lapin à Gill », car André Gill, caricaturiste, avait imaginé un lapin bondissant d’une casserole comme enseigne de l’auberge-guinguette qu’il fréquentait, pour un petit détour par la rue Saint Vincent, pour un dernier regard au Clos Montmartre.

Et je reprends la rue des Saules pour descendre chercher un restaurant, un peu plus éloigné des troupeaux de touristes. Il est temps : presque 14 heures. On a beau être à Paris, les restaurants ont leurs horaires!

Une façade attire mon regard. Décidément, l’humour est omniprésent!

Le chemin va m’amener en Aveyron… Mais c’est une autre histoire…

Vers le sommet de la Butte

Il ne me reste plus qu’un petit bout de grimpette quand, dans un virage, j’aperçois un édifice qui m’interpelle. De quoi peut-il bien s’agir? J’en fais donc le tour, et découvre que cet ancien réservoir, l’un des trois de la Butte, désaffecté en 1930, abrite aujourd’hui la Commanderie Clos de Montmartre.

« Le premier et plus ancien réservoir de Montmartre, est situé Place Jean Baptiste Clément, à l’angle de la rue Lepic et de la rue Norvins. D’une capacité de 260 m3, il a été construit en 1835, et surélevé en 1865. Il a été  désaffecté en 1930, remplacé par le réservoir du Sacré-Cœur. La surélévation à aujourd’hui disparue.

Il a en fait été créé pour compenser la disparition des sources de Montmartre. De forme octogonale, ce réservoir intègre une fontaine renaissance, alimentée à l’époque par une pompe hydraulique à Saint-Ouen, relayée par une pompe à feu, passage Cottin, près de la rue Ramey.  En 1865, avec l’ajout de l’étage, le réservoir à été alimenté par les eaux de l’Ourcq et de la Dhuys.

Aujourd’hui cet ancien réservoir  abrite le siège de la Commanderie Clos Montmartre, association Loi 1901, qui apparaît comme une renaissance de la tradition vivante des vignerons parisiens. »

La Commanderie a été fondée en 1983, et vous pourrez en savoir davantage sur sa page Facebook, ici. Elle propose des festivités, notamment pour la Saint Vincent et les vendanges.

En face, une plaque rappelle l’emplacement d’une « Tour de Montmartre ».

Tout renseignement pris, elle était dénommée « Tour de Solférino », du nom d’une guinguette sise à côté, qui faisait payer pour que l’on puisse y monter le paysage… qui, soit dit en passant, devait être beaucoup plus beau que celui d’aujourd’hui!

Un peu plus haut, un panneau rappelle l’emplacement de la « mire du Nord ».

On ne peut pas la voir, car elle est située dans une résidence privée (Moulin de la Galette), mais je vous la présente grâce à Wikimedia.

Aujourd’hui, pas de visite au Sacré Coeur, car l’heure tourne et il est à craindre que les restaurants non « touristiques » ne servent plus… C’est donc le moment de redescendre par la face nord. Mais cela fera l’objet d’un quatrième article, si vous le voulez bien…

Balade à Montmartre (suite)

Nous nous sommes quitté-e-s hier devant le Moulin de la Galette… Reprenons donc l’ascension de la Butte.. Au fait, mont? butte? Vite, le net… Et j’y découvre que « une des buttes-témoins gypseuses formées de part et d’autre de la Seine et dénommées les « collines de Paris ». À 130,53 mètres, altitude du sol naturel à l’intérieur du cimetière du Calvaire, il jouxte l’église Saint-Pierre de Montmartre, plus ancienne église du Paris actuel. » (Wikipédia, vous aviez deviné!). Donc résumons-nous… Une « colline » qui est une des « buttes » et que l’on dénomme « mont »… simple, non? En tout cas, j’ai appris qu’elle était la plus haute de Paris! Et plus… j’ignorais ce qu’était une « butte-témoin ». Maintenant, je le sais!

Bloc-diagramme simplifié du relief de côtes. Le front de cuesta à pente forte est opposé au pendage des couches.

Une butte-témoin (3) se détache parfois en avant du front.

Mais je n’ai pas tout compris! Il faudra que j’y revienne… Pour l’instant, continuons à grimper la butte, enfin la colline, enfin le mont, bref, montons… et c’est une statue (enfin, des morceaux de statue…) qui attire le regard.

Marcel Aymé a en effet habité à deux pas de là, et repose tout près, au Cimetière Saint Vincent. Normal, donc, qu’une place lui soit dédiée. Avec l’un de ses personnages iconique, Monsieur Dutilleul. Mais savez-vous qui a réalisé cette oeuvre? J’étais pour ma part étonnée en le découvrant. Un indice? C’était un acteur. Eh non, pas le premier qui a interprété ce rôle (Bourvil), mais un acteur qui était aussi écrivain, peintre, sculpteur et potier. Cela vous dit quelque chose? En 1989, neuf ans avant son décès, c’est Jean Marais qui a produit cette oeuvre surprenante. Pas étonnant de la part de « La Bête », non?

Un peu plus haut, je découvre avec stupeur un jardin qui semble à l’abandon. Jugez-en par vous-même, comme moi, à travers la grille fermée.

Inattendu, n’est-ce pas, dans une ville qui manque de logements? Des plaques posées sur les grilles apportent quelques explications. D’abord, qu’il s’agit d’un « jardin » portant le nom d’un des auteurs que je ne suis jamais parvenue à comprendre, contrairement à Proust…

Bien qu’il n’ait jamais longtemps fréquenté Paris, l’auteur l’a tellement mis en scène qu’il a semblé évident de lui rendre cet hommage, comme d’autres, dont j’ai trouvé un autre exemple.

Une autre affiche évoque le souvenir du « Maquis de Montmartre ». Passionnante histoire que celle de cet espace « hors du temps », qui a perduré jusqu’au 20ème siècle, et a donné naissance au personnage caractéristique de la Butte, le petit Poulbot. Ce n’est pas l’objet de cet article, mais si l’histoire vous intéresse, vous en trouverez une belle vulgarisation illustrée sur ce site.

Je ne résiste pas à l’envie de vous faire lire plus en détail la page de droite. Focus donc!

Jouxtant ce jardin, puisqu’elle était initialement incluse comme lui sur le vaste terrain de la ferme, la Cité Internationale des Arts donne envie d’être un artiste invité ici en résidence!

Restons donc dans ce coin calme et enchanteur, jusqu’au prochain épisode?