Le théâtre des Bouffes Parisiens

Je n’y étais jamais allée. Jusqu’à ce 9 avril 2026 où une amie m’y a invitée. Et ce petit théâtre si chargé d’histoire m’a beaucoup plu. Alors, au compte-rendu de la pièce à laquelle j’ai assisté, un petit article sur les lieux, si vous me permettez. Pour commencer, un petit mot de celui qui est à l’origine de cet édifice, et que l’on connaît sous le nom de Jacques Offenbach. Beaucoup de textes ont été écrits à son sujet. J’ai choisi un article scientifique de Jean-Paul Yon datant de 1992 traitant de la création du théâtre et de « La difficile naissance de l’opérette« .

Je ne vais pas vous entraîner dans les méandres de la recherche compliquée d’une salle pour jouer un nouveau type de spectacle dans les années 1850… Elle amène à négocier par exemple l’exploitation de la Salle Lacaze, du nom du prestidigitateur qui l’anime,

Offenbach monte rapidement une troupe, et les représentations commencent.

Cet extrait d’un article de Georges Héquet, critique de l’Illustration, est intéressant, n’est-ce pas? Mais les Champs Elysées ne sont pas le meilleur endroit, à cette époque : trop « excentrés », « la périphérie de Paris » ! La fermeture de ces premiers Bouffes Parisiens est décidée l’été 1855.

Un rapport du 7 décembre 1854 explique ce qu’était ce « Théâtre des Jeunes Elèves ».

Ce théâtre n’était que 20ème au classement des établissements parisiens, avec « seulement » 840 places (je serais curieuse de connaître le classement en termes de quantité de places à l’heure actuelle!). Et il avait très mauvaise réputation. A l’époque il y avait un palmarès étonnant : les ouvrages censurés. Sur les 123 (concernant le théâtre : au total ils étaient 8330!) censurés partiellement ou totalement entre 1835 et 1848, 10 le concernaient.

Après moultes péripéties dont je vous ferai grâce, un arrêté transforme les lieux en un véritable théâtre le 21 octobre 1855.

Nouvelles péripéties car Offenbach veut embellir les lieux et fait pour cela des emprunts, monte une société, subit un procès, en remonte une deuxième, et la naissance est sans cesse retardée. Elle a enfin lieu, et voici ce qu’en dit le journal La France Musicale du 6 janvier 1856.

C’est l’opérette qui va permettre à Offenbach de mener à bien ses projets. Il ne concurrence pas l’Opéra, ni l’Opéra Comique, mais on l’accuse de mettre à mort le vaudeville et donc le Théâtre du Palais Royal! Je vous laisse découvrir la suite, si cela vous intéresse, dans le très intéressant article sus-cité, ou par des émissions telles que la série que lui a consacrée Radio France et reviens au présent. En effet, nous ne voyons pas le théâtre tel qu’il était à ses débuts.

Sur les 715 salles parisiennes répertoriées comme « théâtres » (je ne partage pas cette manière de classer, car on y retrouve de grandes salles de spectacle comme l’Arena et le Casino de Paris!), elle est encore dans les plus grandes en termes de quantité de places, avec ses 600 places. Télérama a effectué une cartographie des « 80 salles qui comptent à Paris ». On y trouve bien les Bouffes! Personnellement, je trouve ces lieux chargés d’histoire fort intéressants.

Sur la maquette ci-dessus, j’ai encadré la place où je me situais. Et voici ce que je voyais.

Mon jeune voisin a eu la gentillesse de prendre quelques photos pour moi..

.

J’allais oublier de vous dire où la trouver ! Elle est située entre l’Opéra et la rue où l’on ne mange qu’asiatique, vous savez? la rue Sainte Anne. On la trouve rue Monsigny. Connaissez-vous le Sieur qui lui a donné son nom? Un compositeur, un autre… Je vous présente Pierre-Alexandre Monsigny, né en 1729 et mort en 1817, à pas moins de 88 ans. Et, hasard ou pas, il est considéré comme l’un des fondateurs de l’opéra comique. Un théâtre de Boulogne-sur-Mer porte son nom.

Si vous voulez en savoir plus sur lui, vous trouverez sur You Tube des interprétations de ses oeuvres. Mais les seules que j’ai trouvées filmées proviennent… d’Asie! comme celle-ci, O ma tendre Musette.

Le cimetière Saint Vincent

Au retour de l’Aveyron, enfin, de l’Ascension, il était justement temps de l’entreprendre, cette ascension (sans ascenseur!) pour regagner le sommet de la Butte, alias colline, alias mont. Petit détour par le Cimetière Saint Vincent, que j’avais découvert lors d’une autre balade montmartroise, mais que j’avais envie de revoir plus longuement, tant il m’avait plu. Et il a de quoi plaire! A cela plusieurs raisons. La première est l’ambiance sereine qu’il dégage. Vous me direz « pas étonnant, pour un « lieu de repos éternel ». Bon, d’accord. La deuxième est la beauté et la variété de sa végétation. Des personnes étaient, ce jour-là, venues le visiter d’un point de vue botanique, d’ailleurs.

La troisième concerne les personnes qui y demeurent. D’une part, des « personnalités » célèbres, et d’autre part, des personnes qui reflètent la vie du Montmartre de jadis. Je vous emmène promener parmi les tombes?

Faisons comme celui ou celle qui est à l’origine de la découpe de Paris en arrondissements, commençons par le centre, avec la tombe de Michou. Pas étonnant de retrouver là celui qui a animé un cabaret à un kilomètre tout juste.

Continuons vers la droite, pour trouver celle qui a formé avec Trintignant l’un des plus aimés des couples au cinéma.

Aimée, elle l’a été, et amoureuse aussi sans doute… Pas moins de quatre mariages…

« Son premier mariage, c’était en 1949 avec un certain Edouard Zimmermann. L’union ne durera qu’un an. Elle fréquente ensuite Jean Cocteau. Elle poursuit ensuite sa vie amoureuse avec le cinéaste Nikos Papatakis de 1951 à 1958. C’est avec lui qu’elle aura sa seule fille, en 1951. Par la suite, Anouk Aimée s’unira avec le chanteur Pierre Barouh, qu’elle avait rencontré sur le film de Claude Lellouche, « Un homme et une femme« , et qui a changé sa vie. Ils vivront leur histoire d’amour de 1966 à 1969. Enfin, c’est avec l’acteur britannique Albert Finney (vu dans « Voyage à deux », et plus récemment dans « Erin Brockovitch ») qu’elle convolera une quatrième fois en noces : de 1970 à 1978. »

Pourquoi est-elle enterrée ici? Tout simplement parce qu’elle habitait le Vieux Montmartre. Plus exactement, Impasse Girardon.

Anouk Aimée, dont vous découvrirez ci-dessous la véritable identité, si vous ne la connaissez pas…

Avez-vous vu le chat? Joignons « chat » et « aimée »… Cela vous rappelle-t-il un des livres que les enfants continuent à apprécier? Les Contes du Chat Perché?

Voulez-vous saluer son auteur? Celui dont je vous ai déjà parlé, voici peu, dans un précédent article, où nous avions pu admirer la statue du Passe-Muraille réalisée par Jean Cocteau? Il n’est pas bien loin…

Nous parlions de cinéma… revenons-y, avec un scénariste et réalisateur qui fut aussi en lien avec Jean Cocteau : Claude Pinoteau. Lui qui habitait Neuilly, pourquoi est-il enterré ici? Simplement parce que c’est l’emplacement du caveau familial…

« Lucien Pinoteau, complice de Poulbot et futur Président, fonde en 1936 « l’OEuvre des gosses de la Butte Montmartre » qui deviendra dès 1939 « l’OEuvre des P’tits Poulbots ». » (source : https://www.republique-de-montmartre.com/notre-histoire.html). Mais savez-vous qui est Poulbot? Permettez-moi une petite digression…

Dessinateur, illustrateur, caricaturiste, et « goguettier »… Vous ne connaissez pas ce mot? Rendez-vous bientôt pour que je vous en parle, je ne veux pas trop m’éloigner ici. Comme je vous reparlerai de Poulbot quand j’irai visiter le cimetière de Montmartre. Car non, il n’est pas ici!

Allons du côté du Quai des Brumes, de l’Hôtel du Nord et des Enfants du Paradis, pour retrouver Marcel Carné, reposant lui aussi à l’ombre du Sacré Coeur – pourquoi? je l’ignore. Si vous le savez, merci de placer un commentaire pour partager l’information !

Quittons le 7ème art pour « les beaux arts ». Pas étonnant par contre de trouver ici Utrillo, qui a tant peint la Butte! Sa tombe est dans les « étages supérieurs », c’est le cas de le dire! (celle de Carné, tout en bas au contraire).

Mais j’ai été surprise de trouver non loin de lui un peintre que j’aime beaucoup et que j’associe à la Normandie : son Musée n’est-il pas à Honfleur ? Alors j’ai cherché. Il est effectivement mort à Deauville, au bord de la mer qu’il aimait tant. Et a été enterré quatre jours plus tard, le 12 août 1898, à l’endroit où vous pouvez lui rendre hommage. Pourquoi là? Je ne sais. Mais son ami Edmond Yon lui avait dédicacé une toile représentant les moulins de Montmartre. Sans doute y fréquentait-il d’autres artistes?

Parmi les autres arts, la musique, avec notamment Arthur Honneger, qui avait un atelier à Montmartre.

Surplombant la tombe, une belle oeuvre sculpturale orne une sépulture moins dépouillée.

Vous en apercevez une autre au loin. Le premier rang près de l’entrée offre en effet une belle perspective sur ce qui pourrait faire d’un cimetière un musée en plein air.

Loin de moi l’idée de vous détailler toutes les tombes de gens « célèbres » ou moins qui peuplent ces lieux. Il y en aurait pour longtemps et ce serait ennuyeux. Je préfère partager avec vous plan et liste que j’ai trouvés alors que j’achevais ma balade.

Vous pourrez ainsi aller voir chacune et chacun. A moins que vous ne préfériez, comme moi, « errer » un peu au hasard pour d’autres découvertes, comme cette magnifique et émouvante épitaphe. J’ai longuement hésité à la publier, mais comme elle est visible de toutes et tous sur site et que je ne vous donnerai pas le nom d’une personne enterrée ici, je me suis dit que la RGPD ne s’appliquait plus.

De Montmartre à l’Aveyron

Nous en étions resté au sommet de la Butte. Il faut maintenant en redescendre! De préférence en passant pas les lieux-cultes : les vignes, la Maison Rose et le Lapin Agile… En raison d’une surcharge de travail, j’ai dû reporter la rédaction des deux derniers articles. Le week-end m’apportant un répit, j’en profite pour revenir vers Montmartre… et, vous vous y attendez je pense, me diriger vers le vignoble (dont je n’ai encore à ce jour pas réussi à goûter le produit!)

Si vous regardez le panneau ci-dessus, il ne date que de moins d’un siècle. Je ne sais pourquoi, mais j’ai toujours imaginé qu’il remontait quasiment à l’Antiquité?

Savez-vous combien il y a de cépages dans le vin de Montmartre (pour rappel, en général les assemblages en dépassent rarement 3-4)?

Eh oui, vous avez bien lu! Pas moins de vingt cépages pour ce vin exceptionnel!

A quoi sert cette étrange « paillotte »? Mystère… Mais continuons à descendre, car le rose d’une maison m’attire. Je ne suis pas la seule, à en juger par le nombre de touristes, visiblement de toute provenance, qui se pressent autour d’elle. Si vous regardez ce site, vous la verrez telle qu’elle était au 19ème siècle. Et, comme vous le savez sans doute, elle est liée à l’histoire de la peinture française, en particulier d’Utrillo. La voici telle qu’il l’a peinte…

… Et la voici telle que je l’ai vue…

Elle a visiblement dû être protégée pour survivre à la promotion immobilière! Un peu plus loin on peut constater que les habitant-e-s ne manquent pas d’humour. D’abord, un jeu de mots qui n’est compréhensible que si l’on connaît le nom de l’artère : la rue des Saules. Ensuite, le petit diablotin souhaitant des vendanges heureuses…

Au rose a succédé des dégradés de blanc et ocre, quand tout à coup, la palette s’amplifie. Pas seulement à cause des façades! Tel les instruments d’un orchestre, vélos, murs, palissades et fleurs offrent une symphonie de couleurs.

Un salut au passage à ceux qui ont permis à cet établissement de vivre et de survivre : Frédé, qui le tenait quand l’édifice a failli être absorbé par un projet immobilier, et Aristide Bruant qui l’a sauvé en le rachetant, pour ensuite le revendre au fils de l’ancien tenancier… Je vous laisse deviner qui est l’un et qui est l’autre, sur cette photo, même si on ne voit pas la couleur des écharpes…

Quittons l’établissement dont j’ai appris qu’en réalité il s’appelait au départ « Le Lapin à Gill », car André Gill, caricaturiste, avait imaginé un lapin bondissant d’une casserole comme enseigne de l’auberge-guinguette qu’il fréquentait, pour un petit détour par la rue Saint Vincent, pour un dernier regard au Clos Montmartre.

Et je reprends la rue des Saules pour descendre chercher un restaurant, un peu plus éloigné des troupeaux de touristes. Il est temps : presque 14 heures. On a beau être à Paris, les restaurants ont leurs horaires!

Une façade attire mon regard. Décidément, l’humour est omniprésent!

Le chemin va m’amener en Aveyron… Mais c’est une autre histoire…

Vers le sommet de la Butte

Il ne me reste plus qu’un petit bout de grimpette quand, dans un virage, j’aperçois un édifice qui m’interpelle. De quoi peut-il bien s’agir? J’en fais donc le tour, et découvre que cet ancien réservoir, l’un des trois de la Butte, désaffecté en 1930, abrite aujourd’hui la Commanderie Clos de Montmartre.

« Le premier et plus ancien réservoir de Montmartre, est situé Place Jean Baptiste Clément, à l’angle de la rue Lepic et de la rue Norvins. D’une capacité de 260 m3, il a été construit en 1835, et surélevé en 1865. Il a été  désaffecté en 1930, remplacé par le réservoir du Sacré-Cœur. La surélévation à aujourd’hui disparue.

Il a en fait été créé pour compenser la disparition des sources de Montmartre. De forme octogonale, ce réservoir intègre une fontaine renaissance, alimentée à l’époque par une pompe hydraulique à Saint-Ouen, relayée par une pompe à feu, passage Cottin, près de la rue Ramey.  En 1865, avec l’ajout de l’étage, le réservoir à été alimenté par les eaux de l’Ourcq et de la Dhuys.

Aujourd’hui cet ancien réservoir  abrite le siège de la Commanderie Clos Montmartre, association Loi 1901, qui apparaît comme une renaissance de la tradition vivante des vignerons parisiens. »

La Commanderie a été fondée en 1983, et vous pourrez en savoir davantage sur sa page Facebook, ici. Elle propose des festivités, notamment pour la Saint Vincent et les vendanges.

En face, une plaque rappelle l’emplacement d’une « Tour de Montmartre ».

Tout renseignement pris, elle était dénommée « Tour de Solférino », du nom d’une guinguette sise à côté, qui faisait payer pour que l’on puisse y monter le paysage… qui, soit dit en passant, devait être beaucoup plus beau que celui d’aujourd’hui!

Un peu plus haut, un panneau rappelle l’emplacement de la « mire du Nord ».

On ne peut pas la voir, car elle est située dans une résidence privée (Moulin de la Galette), mais je vous la présente grâce à Wikimedia.

Aujourd’hui, pas de visite au Sacré Coeur, car l’heure tourne et il est à craindre que les restaurants non « touristiques » ne servent plus… C’est donc le moment de redescendre par la face nord. Mais cela fera l’objet d’un quatrième article, si vous le voulez bien…

Balade à Montmartre (suite)

Nous nous sommes quitté-e-s hier devant le Moulin de la Galette… Reprenons donc l’ascension de la Butte.. Au fait, mont? butte? Vite, le net… Et j’y découvre que « une des buttes-témoins gypseuses formées de part et d’autre de la Seine et dénommées les « collines de Paris ». À 130,53 mètres, altitude du sol naturel à l’intérieur du cimetière du Calvaire, il jouxte l’église Saint-Pierre de Montmartre, plus ancienne église du Paris actuel. » (Wikipédia, vous aviez deviné!). Donc résumons-nous… Une « colline » qui est une des « buttes » et que l’on dénomme « mont »… simple, non? En tout cas, j’ai appris qu’elle était la plus haute de Paris! Et plus… j’ignorais ce qu’était une « butte-témoin ». Maintenant, je le sais!

Bloc-diagramme simplifié du relief de côtes. Le front de cuesta à pente forte est opposé au pendage des couches.

Une butte-témoin (3) se détache parfois en avant du front.

Mais je n’ai pas tout compris! Il faudra que j’y revienne… Pour l’instant, continuons à grimper la butte, enfin la colline, enfin le mont, bref, montons… et c’est une statue (enfin, des morceaux de statue…) qui attire le regard.

Marcel Aymé a en effet habité à deux pas de là, et repose tout près, au Cimetière Saint Vincent. Normal, donc, qu’une place lui soit dédiée. Avec l’un de ses personnages iconique, Monsieur Dutilleul. Mais savez-vous qui a réalisé cette oeuvre? J’étais pour ma part étonnée en le découvrant. Un indice? C’était un acteur. Eh non, pas le premier qui a interprété ce rôle (Bourvil), mais un acteur qui était aussi écrivain, peintre, sculpteur et potier. Cela vous dit quelque chose? En 1989, neuf ans avant son décès, c’est Jean Marais qui a produit cette oeuvre surprenante. Pas étonnant de la part de « La Bête », non?

Un peu plus haut, je découvre avec stupeur un jardin qui semble à l’abandon. Jugez-en par vous-même, comme moi, à travers la grille fermée.

Inattendu, n’est-ce pas, dans une ville qui manque de logements? Des plaques posées sur les grilles apportent quelques explications. D’abord, qu’il s’agit d’un « jardin » portant le nom d’un des auteurs que je ne suis jamais parvenue à comprendre, contrairement à Proust…

Bien qu’il n’ait jamais longtemps fréquenté Paris, l’auteur l’a tellement mis en scène qu’il a semblé évident de lui rendre cet hommage, comme d’autres, dont j’ai trouvé un autre exemple.

Une autre affiche évoque le souvenir du « Maquis de Montmartre ». Passionnante histoire que celle de cet espace « hors du temps », qui a perduré jusqu’au 20ème siècle, et a donné naissance au personnage caractéristique de la Butte, le petit Poulbot. Ce n’est pas l’objet de cet article, mais si l’histoire vous intéresse, vous en trouverez une belle vulgarisation illustrée sur ce site.

Je ne résiste pas à l’envie de vous faire lire plus en détail la page de droite. Focus donc!

Jouxtant ce jardin, puisqu’elle était initialement incluse comme lui sur le vaste terrain de la ferme, la Cité Internationale des Arts donne envie d’être un artiste invité ici en résidence!

Restons donc dans ce coin calme et enchanteur, jusqu’au prochain épisode?

Balade dominicale à Montmartre

Paris gronde, Paris proteste, et Paris court… Comment échapper à cela, le temps d’une belle journée, en ce dimanche printanier avant l’heure? En remontant le temps, en remontant les pentes… Rien de tel pour « se remonter » soi-même!

Direction donc ma colline préférée, Montmartre. Celles et ceux d’entre vous qui excellent en étymologie me feront remarquer qu’on n’échappe pas ainsi à la violence. Le nom ne renverrait-il pas, selon les deux hypothèses reconnues, au dieu de la guerre, Mars, qui y était honoré dans un temple au sommet, ou aux martyrs de l’époque pré-chrétienne, dont Saint-Denis, martyrs dont une rue qui en gravit l’escarpe rappelle le souvenir?

Source : https://archeologie.culture.gouv.fr/paris/fr/un-sanctuaire-montmartre

La chapelle des Martyrs à Montmartre (source Wikimédia)

La chance me sourit dès le trajet reliant le 5ème au 18ème : un bus détourné pour cause de semi-marathon s’arrête au moment où je m’apprête à attendre son collègue, heureusement face à de belles devantures (plus ou moins) anciennes.

Près de Pigalle, le chauffeur adorable me rappelle spontanément à quel arrêt je dois descendre… Et la grimpette commence d’abord par une rue Lepic bien encombrée de piétons, autochtones ou touristes. Vite, la quitter pour des rues plus sereines! Ce qui me permet de découvrir par hasard les restes de la demeure style « gothique » du Sieur Marie-Joseph-Charles de l’Escalopier (ça ne s’invente pas!), né au château de Liancourt, en Picardie, en 1872. Historien, archéologue, qui ne se contentait pas de travailler dans son bureau mais a partagé avec ses concitoyens ses recherches par un musée, une bibliothèque, etc.

Vous trouvez sans doute étrange l’angle de vue, mais la propriété est privée, et je n’ai pu prendre les photos que devant ou à travers une grille bien close… Il ne reste plus grand-chose de l’édifice initial, mais les constructions des alentours ont leur propre charme, y compris, en face de ce que vous voyez sur la photo suivante, un petit immeuble de bois aux larges ouvertures.

La rue elle-même ne manque pas de charme… y compris dans les tags qui l’ornent…

A l’angle qu’elle forme avec la rue Lepic, une ancienne brocante offre une vitrine où se bousculent des animaux apparemment en papier mâché. En transférant la photo (mal) prise, j’ai eu la surprise de découvrir des symboles dont je ne sais d’où ils proviennent…

Désormais suivons la rue Lepic, quasiment déserte. Je pense que la Commune de Montmartre a réussi à préserver des parties tranquilles en « orientant » les flux de touristes, car ici, comme plus loin d’ailleurs, peu de monde, alors que certains endroits sont littéralement bondés de troupeaux de visiteurs/euses.

Mon oeil a été attiré par deux bâtiments contrastant étrangement, au numéro 64. Les recherches sur le net ne m’ont guère éclairée sur leur histoire.

Les restaurants de la rue étaient quasiment déserts (mais aussi très chers), jusqu’à l’angle où se situe « Le Moulin de la Galette ». On devrait plutôt utiliser le pluriel, car il y avait deux moulins peu éloignés l’un de l’autre, comme vous le verrez sur la photo empruntée à Wikimedia.

A l’heure actuelle, entre les deux, un immeuble dont j’ai apprécié la rénovation (pour une fois!).

Je vous laisse face à l’entrée du restaurant, pour vous y retrouver prochainement et poursuivre avec vous la visite de ce coin de Paradis…

Une soirée, trois découvertes. 3. Le Long Hop

Si vous suivez ce feuilleton, vous savez qu’hier nous avions rencontré, au Café Litteratum, deux inconnu-e-s. A la fermeture du café, à minuit, iels nous ont entraîné pour un dernier verre dans un autre débit de boissons du coin. Le Long Hope. Je passe aussi devant très souvent. Et je n’y avais jamais pénétré!

Une tout autre ambiance.

D’abord, la taille. Il est immense. Et encore, je ne l’ai pas totalement exploré, et me suis promis d’y retourner pour ce faire.

Ensuite, la musique. Tendance années 20. Pas 1920, non!

Et puis, le service. Non pas un seul serveur, comme au Luccha Libre, ni un couple, comme au Café Litteratum, mais une équipe nombreuse de jeunes serveuses et jeunes serveurs.

Enfin, la clientèle. Nous faisions figure de dinosaures. Même pas de quarantenaires!

Souvent j’avais remarqué un agglutinement de jeunes gens devant sa devanture. J’ai compris pourquoi : il programme beaucoup de matches, et pas seulement de football. Rien que pour samedi prochain, j’en ai compté 6, apparemment de football et de rugby. Et, comme c’est un pub anglais, il propose des bières variées, dont certaines à prix très modique…

En préparant cet article, avec notamment le site du lieu, j’ai découvert aussi qu’il abritait baby-foot et billard. A revisiter donc, pour mieux en appréhender les avantages (ou non). On peut aussi y manger des soupes et des burgers, visiblement à des prix raisonnables. Mais seulement jusqu’à 22h30, alors qu’il reste ouvert jusqu’à 2 heures du matin, heure à laquelle nous l’avons quitté, à l’issue de cette soirée mémorable…

Un dernier petit détail : il est ouvert 7 jours sur 7. Donc une valeur sûre pour celles et ceux qui ne programment pas sérieusement leurs pauses conviviales… Attention cependant : il semblerait que le billard soit potentiellement inutilisable les jours de concert ou de grand match.

Un dernier mot, pour les non-spécialistes de sports collectifs comme moi : que signifie son nom?

« A delivery that is bowled short, slow and lacking lift. This gives the batsman ample time to assess the ball’s trajectory and play an attacking shot, so it is typically an inadvertent delivery. This is contrasted with a bouncer, in which the ball is played short with a sharp lift and is much more difficult for the batsman to play.« 

Cela dit, à part que c’est un coup remarquable au cricket, je n’ai toujours pas compris ce que c’était car je ne connais pas le jeu! Et rassurez-vous, point n’est besoin de le connaître pour y passer un bon moment, si la compagnie est agréable.

Une soirée, 3 découvertes. 2. Le Café Litteratum

Je passe très souvent, dans la rue des Ecoles, devant un café dont la devanture m’a toujours interpellée, mais où je n’ai jamais osé entrer. Pourquoi? Difficile à dire… Sans doute, entre autres, à cause de son nom : Café Litteratum. Peut-être aussi parce qu’il est minuscule, et qu’on ne peut donc y entrer et rester sans communiquer avec les personnes qui y sont. Enfin, la couleur blanche omniprésente me questionnait un peu. Bref, je n’y avais jamais pénétré avant cette fameuse soirée de samedi, où l’ami avec qui j’étais m’y a emmenée. Car lui le connaît bien. Et le fréquente depuis longtemps. Alors qu’il ne m’en a jamais parlé! J’avoue que j’ai été interloquée…

Et ravie, par la suite, de cette magnifique découverte.

Un endroit intime, chaleureux, et un accueil remarquable de « Gloria » (en réalité, son nom de famille : son prénom est Maria-Amélia) et de son époux, « Carlos » (de son vrai nom José, Carlos Janela Antunes) : Portugais, comme vous l’avez deviné.

José Carlos est historien. Un érudit comme on n’en voit pas assez. En recherchant sur le net, j’ai trouvé quelques-unes de ses publications, dont une sur la Révolution des Oeillets : https://www.persee.fr/doc/mat_0769-3206_2005_num_80_1_1062. Il a été directeur de la Section de Portugais au Lycée International de Saint-Germain-en-Laye. Une culture qui n’a d’équivalent que sa simplicité et sa modestie…
On peut y boire (notamment un incroyable choix de Chartreuse), y manger, et surtout discuter, échanger, communiquer. S’y « restaurer » dans tous les sens du terme.

Alors, si vous passez par là, ne faites pas comme moi. Arrêtez-vous, entrez. Et surtout prenez le temps d’y rester et de faire la connaissance des hôtes de ces lieux. C’est ouvert tous les jours de la semaine, du matin à minuit…

Je n’ai pas fait de photos, ni trouvé de site (la page Facebook n’a pas été actualisée depuis 2022), mais vous pouvez voir photos et commentaires ici https://www.via-sapiens.com/recoin/934-Cafe-Litteratum ou encore ici https://lescafesdottilie.fr/litteratum-quartier-latin/

Et peut-être nous y rencontrerons-nous un jour? Comme j’y ai rencontré les personnes qui ont été à l’origine de la troisième découverte de cette folle équipée nocturne… Mais c’est une autre histoire…

Une soirée, trois découvertes. 1 La Lucha Libre

J’aime les sorties improvisées, certes. Mais il est rare de découvrir trois lieux, dans la proximité de sa résidence, en une seule soirée! C’est pourtant ce qui m’est arrivé hier soir, en une équipée de quatre étapes…

Etape 1 : un cocktail au Mexique

Il est encore un peu tôt pour dîner lorsque la personne avec qui j’ai rendez-vous arrive. A peine 20 heures! Je propose d’aller explorer un lieu qui m’intrigue depuis longtemps. Nous descendons donc les quelques marches proches du Couvent des Bernardins, pour pousser la porte de La Lucha Libre. L’intérieur est étonnant, surtout à cet endroit de la capitale…

Ne comprenant pas le sens de ce nom, j’ai eu quelques indices dans la décoration. Les voyez-vous?

Je voyais un rapport avec la boxe, mais pourquoi « luccha libre »? L’explication m’est venue, comme toujours, par le net.

« D’origine mexicaine, la lucha libre, que l’on pourrait traduire par « lutte libre » en français, existe depuis le début des années 30. Mais elle n’a été populaire qu’à partir de 1934, avec l’arrivée du lutteur-vedette El Santo.

Très populaire en Amérique latine, au Japon et aux États-Unis, la lucha libre est le deuxième sport le plus populaire après le soccer au Mexique. Les règles sont presque les mêmes que pour la lutte professionnelle américaine. Toutefois, ce n’est pas le poids qui fait la force des luchadores (lutteurs), mais leur rapidité et la qualité de leurs techniques de lutte. Ils sont d’ailleurs réputés pour leurs mouvements spectaculaires et aériens. »

Univers mexicain, donc, et, bien sûr, comme boisson possible, du mescal! Pas pour moi, qui ai préféré un cocktail citron-gingembre etc. A cette heure, peu de monde. Le bar va se remplir peu à peu, plutôt d’une clientèle jeune.

Musique appropriée, images générées par IA pour une danseuse qui reproduit des milliers de fois le même déhanchement, et boissons intéressantes… De quoi passer un bon moment!

Par la suite, j’ai appris que la porte que vous voyez sur les photos, au fond, cache… un ring! Voici ce qu’en dit le site du bar.

« Unique en Europe, ce bar déjanté cache un vrai ring de catch dans son sous-sol ! Oui, oui, tu as bien lu : un ring où se déroulent régulièrement des combats de catch mexicain aussi impressionnants qu’amusants. Ambiance garantie !​

La salle du ring, spacieuse et capable d’accueillir jusqu’à 80 personnes, est LE spot parfait pour les soirées d’entreprise, anniversaires qui sortent des sentiers battus, pots de départ mémorables ou afterworks survitaminés ! »

Alors, si le coeur vous en dit, rendez-vous pour un show de match pro le 18 janvier…

« Miracle! » le 8 janvier 2026

Oui, je sais, il ne faut pas croire aux miracles… Mais quand même, parfois on doute! Jugez-en plutôt. Vous vous souvenez que j’ai dû abandonner la mise en ligne des photos de l’article précédent (et de la suite!) car j’avais « perdu » le disque d: de mon ordinateur. Deux informaticiens ont pris la main à distance, ce jour-là, et m’ont confirmé qu’il avait disparu, sans doute par bug électronique, et qu’il allait falloir le sortir et essayer de récupérer les données, avec peu de chance d’y parvenir (10% selon l’un de ces professionnels). C’était le 7 janvier. Vous imaginez mon découragement! Car il n’y avait pas que les photos : tous mes dossiers professionnels et personnels, également. Or hier, vers midi, alors que je commençais à reprendre grâce aux envois par courriels certains fichiers urgents, j’ai vu brutalement réapparaître d:/ Je n’en croyais pas mes yeux et ai timidement essayé d’ouvrir un fichier… Réussi… Un autre… Idem. Eh oui, tout est revenu!

Alors, je vous dois ces photos, n’est-ce pas? Les voici donc, avant que la tempête de ce jour ne les fasse envoler à nouveau…

D’abord, la Dame Océane, qui protège les marins (et les ordis?)

Le dernier regard sur le port, après la disparition du Char de Phoebus…

Malgré la faible luminosité, les pignots sont encore bien visibles sur le Bassin.

Ah oui, j’oubliais! Tout le monde ne maîtrise peut-être pas la langue locale? Les « pignots », ce sont ces « piquets » qui parsèment le Bassin.

« Eléments indissociables des paysages du Bassin d’Arcachon, ces grands piquets de bois « plantés » en ligne ou en carré dans l’eau sont dénommés « pignots » (on prononce le T !), du gascon « pinhòt », terme désignant un jeune pin maritime. Dans le nord du Bassin vous pourrez également entendre parler de « lattes » pour désigner un pignot. Jeunes troncs d’arbres ébranchés et plantés sur le fond sablo-vaseux, ils servent à délimiter et à signaler les parcs. Le pin n’étant pas pérenne dans l’eau, on lui préfère aujourd’hui le chêne ou le robinier faux-acacia. » (source)

En recherchant des textes qui évoqueraient ces pignots, j’ai trouvé sur ce beau blog, Aquarêve, que je vous invite à visiter, ce poème d’Alain Pujol, illustré par cette aquarelle.

« 

Le chemin du retour s’effectue entre chien et loup. Expression qui me parle… Une idée pour un prochain article! Et il fait bien sombre quand je découvre que la Tour Javal, précédemment présentée, est devenue écran géant pour des projections lumineuses…

Au revoir, Arès (non, pas toi, le Dieu, mais toi, ce bourg charmant)… En route vers Bordeaux. Mais il me reste une belle surprise sur le trajet. Que je vous narrerai bientôt…