Grignan – Episode 2

J’avais promis de poursuivre le récit de la découverte de Grignan… je tiens donc parole, et vous livre la narration de la promenade faite à l’aube de ce début d’août.

Pas de préméditation. Je n’avais rien lu au préalable. Je suis donc partie le nez au vent (sans vent mais avec un nez sentant les odeurs multiples de la Provence).

Une ferme où l’on vend des tomates à un euro le kilo… Des villas et chambres d’hôtes… Une gendarmerie au style architectural plus que douteux… et, au loin, j’aperçois une chapelle… Ce sera donc mon premier but. Le soleil commence à en caresser le faîte, et découvre un cimetière niché autour d’elle. Je longe donc la salle des fêtes (devinez comment elle s’appelle?) et me dirige vers celui-ci.

Celles et ceux qui me suivent depuis un moment savent combien j’aime errer dans les cimetières. On y apprend tant des « familles » de la zone… On essaie de deviner les vies… On découvre parfois les circonstances des morts… Les liens sociaux, faibles ou forts, y transparaissent. Et des traces d’affection et d’amour…

Ce cimetière n’échappe pas à la règle.

Mais une spécificité me frappe d’abord. Sans doute le terrain est-il trop dur, et les tombes ne sont pas toutes creusées. On trouve des coffres comme dans les régions montagnardes. Et certains sont littéralement surchargés de plaques…

J’essaie de comprendre la topologie et de repérer les quartiers les plus anciens. Mais presque tout le cimetière est ancien, et je suis surprise du très grand nombre de tombes menacées d’être reprises car les concessions sont arrivées à échéance.

Pourtant il y a bien des traces de vie plus récentes. Ici un motard, là une personne engagée dans une association de boules, là-bas une femme qui visiblement aimait les chats… Un homme mort jeune, dont la pierre offre aux regards un long poème.

Mais aussi de plus anciennes, et des traces des guerres et des maladies. Des successions de générations, aussi. Que sont devenu-e-s les descendant-e-s?

Il est temps maintenant de découvrir la chapelle, dont j’apprends qu’elle est dédiée à Saint Vincent.

A l’intérieur, un style très épuré, et de belles lumières. Des plaques expliquent qu’il s’agit d’une oeuvre artistique. Les vitraux étaient sans doute disparus. On a placé devant chaque verre blanc une plaque de couleur. Ici bleue, là verte, ailleurs jaune…

Quand je photographie une des plaques, je découvre avec surprise que la photographie ne correspond pas du tout à ce que l’oeil avait révélé. J’ai essayé de saisir cet étrange phénomène.

En 1, la photo telle qu’obtenue spontanément. En 2, la photo avec focus sur la plaque. Et en 3, la mauvaise photographie de l’ensemble, vu du choeur.

Le cimetière est vaste, et j’ai passé un long moment à m’y promener, entre fleurs de céramique (?) et fleurs en pot ou coussins.

Mais les plus belles sont sans conteste les fleurs naturelles qui reprennent possession des lieux…

Etape à Grignan – Episode 1

Vue lors de la descente vers le village

Harmonie… telle est l’image que je garderai de ce village du Lubéron, découvert hier soir, presque par hasard. Pas tout à fait le hasard, puisque, lors de la recherche d’une chambre pour l’étape, le nom de ce lieu a évoqué immédiatement des souvenirs littéraires… Mais oui, vous y êtes! LA Marquise… Sinon, essayez de vous remémorer la littérature… Une mère écrivant des tonnes de missives à sa fille, Madame de Grignan… Sévigné? ça vous rappelle quelque chose?

La fille de la célèbre épistolière était effectivement l’épouse du Seigneur du lieu, et sa maman lui rendait visite régulièrement.

Je comprends pourquoi.

Ce village respire la paix et la sérénité. Tout en étant bien vivant.

Harmonie

L’eau est omniprésente, au travers des fontaines sur les places, dans les rues, dans les jardins.

Et pas d’intruses parmi les maisons blotties entre remparts et château… tout est cohérent, paisible…

Un accueil chaleureux par les hôtes du Petit Jeu… un lieu tout aussi paisible, dont le jardin offre, au-delà de la piscine bleutée, une belle vue sur le promontoire.

Dommage que les fils ne soient pas plus discrets…

Les échanges avec Caroline, une « compatriote » car originaire de la même ville que moi (si, si!), et Bruno sont passionnants.

Caroline aime accueillir. Cela se voit, cela se sent, cela se ressent. Co-fondatrice d’une association d’aide à la scolarisation au Sénégal, elle est aussi créatrice, et propose ses productions ou celle d’autres artisan-e-s/artistes, très imprégnées d’Afrique. Sur la table du petit-déjeuner, j’ai apprécié à la fois ce qu’elle fait elle-même (compotes, confitures, yaourts) et leur contenant, comme ces pots de yaourts en verre ornés d’un collier de tissu africain.

Bruno, lui, est poète. Ses ouvrages sont présents dans la chambre, posés simplement sur la vieille machine à coudre Singer. Je me renseigne aussitôt sur le net… et découvre avec stupéfaction qu’il a été publié notamment par Gallimard, et a remporté le prix Louise-Labé en 2012. Encore un clin d’oeil de la co-incidence! Une de mes écrivaines préférées! Mais la littérature n’est pas le seul art qu’il apprécie, comme en témoignent les conversations sur la peinture qui ont émaillées la matinée.

Une ombre à ce tableau idyllique : la difficile recherche d’un restaurant qui veuille bien accepter de servir… à 20h! Eh oui, les terrasses étaient bien remplies (sans trop, Covid exige), mais aucun des restaurants de la ville n’a accepté de « faire un deuxième service » (??? vu l’heure…) pour combler des touristes… Heureusement qu’un des établissements du centre, le Bar des Vignerons, est tenu par une équipe de courageuses jeunes femmes qui, elles, m’ont accueillie avec le sourire. Une table s’est libérée, elle fut aussitôt nettoyée et redressée. Bon, il a fallu oublier l’agneau de Sisteron et les ravioles de Romans… En effet, on ne sert ici que des tapas… mais quel délice! Un gaspacho assaisonné à merveille, et un écrasé de pommes de terre, suivi d’une déclinaison de chèvres frais… Et les conseils d’une adorable experte en oenologie locale, pour le choix des vins du cru, dont la carte propose un nombre impressionnant. J’ai opté pour un rouge profond, gouleyant, mélange de plusieurs cépages venant de vignes anciennes, et non pour un Syrah pur comme il est souvent de mise dans le coin, sur ce terroir de « Grignan-lès-Adhémar » (La Garde Adhémar est toute proche…). Et je me suis promis de revenir dans cette région goûter à d’autres nectars…

La placette est animée, juste comme il faut; touristes et autochtones se mêlent avec bonheur. Une vraie soirée de douceur et de volupté gustative.

Puis balade nocturne dans le haut du village, pour approcher le château où se déroule un spectacle, à en juger par la musique qui s’en échappe. Vous ne verrez pas de photo de cette promenade sous le clair de lune, car elles sont toutes ratées! Iphone n’aime pas Séléné!

Et retour à la maison d’hôte, toute proche…

Découverte de la Vallée du Jabron

Je viens de réaliser que cela fait plus d’un mois que je n’ai pas écrit sur ce site… Un mois de reprise du travail, tant bien que mal, un mois encore perturbé par les événements… Me voici enfin plus tranquille, sinon sereine (comment pourrait-on l’être, au vu de l’actualité?), et je tente de renouer avec l’écriture. Pas facile, après une telle interruption! Par quoi commencer? Les articles « en retard »? Et Dieu sait s’il y en a! Ou l’actualité?
C’est la seconde réponse qui l’emporte, et je décide de vous faire partager la découverte de la Vallée du Jabron.

Un microcosme verdoyant où des jeunes et moins jeunes tentent de vivre au plus près de la nature, dans une société qui veut échapper à tous les méfaits de nos sociétés modernes et de la mondialisation. Un pari qui serait réussi s’il ne se heurtait aux contraintes de la productivité génératrice de revenus. Nous y reviendrons au détour d’un article. Car oui, je ne pourrai me contenter d’un seul pour partager ce que je vois et vis ici…

Mais commençons par le commencement… Les « Portes », les « Claux » (avec ou sans x), les « Clues »… Ce sont elles qui isolent, et celles qui ouvrent. Vous connaissez peut-être celle de Sisteron, dominée par la citadelle… Dans la vallée du Jabron des synclinaux se rejoignent presque pour « fermer » cette vallée, voie traditionnellement empruntée par les colporteurs pour relier la vallée du Rhône et la Durance, au travers des « Baronnies ». Mais en réalité, elle ne l’est pas totalement, et l’une de ses dénominations est « Vallée sans portes »…

« Alpes de Haute Provence »… cette appellation récente traduit la dualité Alpes-montagnes- climat rude – pastoralisme versus Provence-piémonts et plaines- climat doux-cultures. Ici, les deux se rejoignent en un mélange étonnant. Adrets et ubacs s’opposent d’autant plus que la vallée est globalement très orientée ouest-est (pour prendre la sens de la rivière éponyme). Près de la source du Jabron, tout en haut, à plus de 1000 mètres d’altitude, des champs de lavande éblouissent le regard et parfument l’air. Mais dans la descente la végétation diffère, rendant compte des variations importantes de température et d’un climat déjà partiellement montagnard, qui empêche la plantation de certaines espèces végétales – dont les tomates – avant les Saints de Glace. Et, au moment où ces lignes sont écrites, 21 juillet, la température descend entre 12 et 15 degrés le matin, à l’altitude de Curel (environ 700 mètres), mais monte au-delà des 30 le midi… Une sacrée amplitude!

La vallée fut riche autrefois, car alliant élevage, en particulier de moutons et de chèvres, et agriculture, voire, jadis, viticulture et nuciculture. Elle subit comme nombre de régions de ce type la déshérence des jeunes générations dans les années 50 et 60. Mais vit arriver après 68 des communautés, comme la célèbre communauté de Jansiac, connue sous le nom de la Maison d’Edition qu’elle avait créée, la « Nef des Fous ». Et je me suis promis d’aller rendre visite aux deux femmes qui font perdurer l’esprit de la communauté, près de la crête de la Lure, à plus de 1000 mètres d’altitude. On dit qu’une troisième, d’une autre génération, les a rejointes en 2011… J’espère pouvoir y aller et vous en rendre compte…

J’écris depuis le gîte « La Lure », un des gîtes communaux de Curel. Curel, c’est un village historique sans trop l’être, situé à peu près au centre de la vallée, un de ces villages où il fait si bon vivre que Marseillais, Savoyards, Hollandais et Belges de Binche y achètent des maisons pour venir s’y « poser ». Un village discret s’il en est, où même la mairie se fait invisible, accessible par une impasse pierreuse…

Les gîtes sont à l’extérieur, dans un lieu dénommé « Cabine du Passavour ». Au départ, je pensais « cabane »… rien que de très normal en montagne… Mais non, c’est bien « cabine »… pourquoi??? Une hypothèse serait liée à l’existence d’un bâtiment voisin, devenu salle des fêtes communales, qui aurait peut-être abrité une cabine téléphonique… Mais cela me paraît « léger »… à voir… Quant à « Passavour », je ne l’ai pas trouvé dans les divers dictionnaires de langue d’oc ou provençaux… Certes, on peut penser à l’idée de « passage », mais rien ne l’atteste… Donc le mystère reste entier, concernant le nom de cette ferme datant sans doute du XIXème siècle, donc assez récente.

Le gîte « La Lure »

La plus grosse surprise, à mon arrivée, concerne le nombre de jeunes (plus ou moins) femmes qui oeuvrent dans et pour la nature et ses hôtes, végétaux ou animaux. Elles viennent « d’ailleurs », pour la plupart, et certaines ont vécu une autre vie avant, ont eu des diplômes élevés, ont exercé d’autres professions. Mais ici, elles se fondent dans une forme de « communauté » dont les membres, solidaires bien que parfois concurrents, ont en commun le rejet de la consommation, de la monétarisation, du profit, du stress urbain, des dégradations de la nature.

Les chevrières qui fabriquent des produits à partir du lait de leurs troupeaux. Deux d’entre elles ont un local sous le gîte, véritable laboratoire où elles concoctent de délicieux fromages. Une troisième a une exploitation à 300 mètres d’ici. Une autre encore est située plus bas dans la vallée, mais plus haut en altitude. Et l’on m’a parlé d’un quatrième troupeau, voire d’un cinquième… en quelque sorte, il y en aurait un par bourg.

Une jeune maraîchère produit ses légumes dans de grandes serres, en « total bio ». Déjeunant au Bistrot de Village de Noyers, je l’ai vue apporter une caisse de salades d’une belle fraîcheur. J’ai appris qu’elle s’adonnait à la traction animale, et que les deux magnifiques chevaux que j’avais vus à l’aube dans un pré non loin du gîte lui appartenaient.

Encore une femme, rencontrée ce matin alors qu’elle s’occupait de deux chevaux, dont la robe de l’un m’a questionnée… J’ai ainsi appris qu’on l’appelait « truitée »… de petites tâches noires sur une robe blanc gris… très original! Notre conversation m’a aussi permis d’échanger autour de l’équithérapie. Je m’étonnais en effet qu’on ne profite pas davantage de tout ce qui se faisait dans la vallée pour des personnes en situation de handicap. Or ses chevaux ont été dressés pour ce faire… Elle s’adonne aussi à la culture, et m’a expliqué qu’elle cultivait et cueillait des herbes (des « simples »?) comme on les appelait autrefois.

C’est aussi une femme qui s’occupe des gîtes; passionnée de permaculture… J’ai eu ce matin le bonheur de visiter son jardin, bien orienté sur l’adret, à la belle terre noire enrichie au fumier… Coloris superbement éclatants : jaune des tournesols et des fleurs de courge, orange des courges, rouge des tomates, violet de la bourrache… Sans compter toute la gamme des verts, depuis le vert tendre des butternuts pas encore mûrs jusqu’au vert sombre des feuilles de haricots, en passant par les verts variés des salades et des blettes… J’ai pu goûter de la menthe « chocolat ».

« La Menthe chocolat s’élève jusque ± 60 cm, et ses feuilles lancéolées n’offrent pas un parfum de chocolat, mais plutôt celui de la crème à la menthe utilisée dans les confiseries « After Eight ». »

Par la suite j’ai pu découvrir le parfum si particulier de la livèche (ou « ache des montagnes »). Depuis, j’ai appris qu’originaire de Perse, elle était cousine du céleri.

« La livèche est une plante vivace (c’est-à-dire qui vit plusieurs années) pouvant atteindre deux mètres de hauteur. Elle est reconnaissable à ses larges feuilles découpées en plusieurs lobes dentelés, pouvant rappeler celles du céleri. Cependant, elle tient surtout son surnom de « céleri perpétuel » de son parfum ou goût proche du céleri, qui lui a également valu le sobriquet « d’herbe à Maggi ».

L’été, de jolies fleurs jaunes pâles viennent embellir cette plante sous la forme d’une vingtaine d’ombellules. Sa tige cylindrique et creuse peut servir de paille ; et ses graines de 7 millimètres sont prisées en pâtisserie. Cependant, seules les feuilles de la livèche sont utilisées pour ses propriétés thérapeutiques, après leurs récoltes de Mars à Novembre. »

Que de productrices!

Femmes cultivant, élevant, plantant, dressant… Un univers gynarchique? Cultivent-elles la liberté, avec cet art de vivre si original? Pourtant le travail est rude… et encore, je ne vois que l’été! Partir le matin à l’aube vers l’un des marchés locaux, situés entre un quart d’heure et plus d’une heure de route, pour vendre leur production, tout en continuant à produire… Et il faut entretenir, gérer… Comment font-elles?

Il ya aussi des artistes… Plus discrets/discrètes, presque caché-e-s, ils et elles sont apparemment assez nombreux/euses à s’adonner aux beaux-arts, aux arts plastiques, au graphisme, à la musique. Rien que dans ce tout petit village de Curel, deux violonistes, dont un premier alto, et un saxophoniste… Je n’ai rencontré pour l’instant – et par hasard – que l’une d’entre elles…

Vallée des femmes? Où sont les hommes? Refuge des femmes? Ou de nouveaux risques d’aliénation?

Dernière nouvelle : demain matin, je vais « monter » en altitude, essayer de rencontrer d’autres femmes…

« Plage dynamique »…

Au pied de la falaise de Mers-les-Bains

« Plage dynamique »… Mais elle l’a toujours été, la plage, dynamique!

Avec le flux et le reflux de la mer…

Avec le sable se mouvant sous les vagues… blessé par les pelles des enfants et des pêcheurs de verre… transformé en oeuvre d’art ou en édifices et bateaux plus ou moins réussis par les parents retrouvant leur puérilité…
Avec les montagnes de galets sans cesse modifiées par la puissance des flots ou les pieds des baigneuses et baigneurs…

Avec toute cette vie qui grouille en elle et autour d’elle…

Alors, pourquoi cette expression ?

Contraindre les personnes à « bouger »… Facile pour les enfants! Moins pour celle ou celui qui a travaillé durement les jours précédents… et encore moins pour les personnes qui ont des difficultés à se mouvoir. Si ma mère était encore de ce monde, il lui serait interdit de rester à admirer la mer? Et l’enfant à la jambe cassée doit aussi marcher sans cesse s’il veut en profiter?

Vous l’avez compris, retrouver hier soir un de mes sites favoris dans ces conditions a déclenché une vraie colère contre les aberrations actuelles! D’autant plus que les galets sont jonchés d’énormes engins : les travaux printaniers, habituellement finis à cette époque, n’ont pas été réalisés. Des monstres métalliques embellissent le paysage. Bien statiques, eux!

Alors les personnes font ce qu’elles peuvent. Les bancs étant interdits, bardés de cordon en plastique rouge et blanc (combien de déchets toxiques indestructibles pour ce faire, au niveau national?), elles s’asseoient sur la digue ou sur les épis, le temps d’avaler leur sandwich. Car on tend nettement à la « mauvaise bouffe »: droit d’acheter frites, hamburgers et glaces pour les manger officiellement debout en marchant, alors que les restaurants qui proposent poissons et salades à des client-e-s détendu-e-s, bien assis-e-s, restent clos. Je pense aux jeunes qui ont racheté les Mouettes cette année, anciens salarié-e-s du patron qui leur a vendu le fond… à la famille qui tient l’Octopussy et à son personnel, qui m’accueillent quelle que soit l’heure quand j’arrive de Paris le vendredi soir…

Les personnes font ce qu’elles peuvent, disais-je. On « marchotte », on s’appuie, on fait quelques pas puis on s’assied avant de repartir. Un manège étonnant… Et à l’heure du dîner, c’est un concours d’inventions pour rester en famille ou entre ami-e-s sans que cela ne se remarque trop… Certain-e-s « craquent » et sont quand même « en grappes » assis par ci par là, sauf sur les bancs, les galets et le sable…

Et les oiseaux narguent ces pauvres humains…

Mouettes rieuses et goélands fanfaronnent…

Interdit !
Conversation à la plage, Louis Valtat (autour de 1910)

« Homme libre, toujours tu chériras la mer…

La mer est ton miroir… »

Pique-nique et promenade

Il fait beau, voire chaud, en ce mardi soir. Rendez-vous a été pris avec des ami-e-s pour un pique-nique en bord de Seine. Impossible en effet de profiter de terrasses… encore moins de restaurants… Donc, quelques victuailles et boissons dans le sac à dos, et me voici en route vers le quai de la Tournelle. Réfléchissons… où y aura-t-il du soleil le plus longtemps possible, dans les environs?

Un petit tour sur l’Ile Saint Louis s’impose… je pense à la pointe de l’île, toujours si accueillante. Semblable à la proue d’un bateau, qui n’aurait pas qu’une figure, mais plusieurs, car il y a toujours quelque personne pour y rêvasser, traînasser, lisant ou écrivant, dormant ou méditant, voire jouant de la musique… Aujourd’hui, ce n’est pas une, mais une multitude… quel monde! On sent un afflux lié aux conditions de vie des précédents mois, ainsi qu’à la survenue de ce temps plus que printanier.

Une contrainte imposée par la distance physique : trouver soit une grande table, soit un vaste espace, soit deux « bancs » (ou équivalents) se faisant face, à au moins un mètre. Je finis par trouver un banc non loin d’une bordure de pierre suffisamment haute pour servir d’assise… pas trop de monde… le soleil devrait rester visible assez longtemps vers l’ouest… et m’y installe donc.

Les deux jeunes gens assis en bord de rive discutent tranquillement. Ils sont peu à peu rejoints par deux, quatre, six… etc. autres, chacun bardé de boissons plus que de nourriture. Bientôt l’un d’entre eux sort une enceinte, et la musique se fait entendre. Cela ne me gêne pas, mais l’amie qui me rejoint ne supporte pas les basses… elle devra cependant s’y faire, car entretemps les rives droite et gauche se sont remplies et sont maintenant surpeuplées…

Le ciel est d’un bleu méditerranéen…

et se reflète dans une Seine toute surprise d’être le centre de ces retrouvailles collectives…

Après le pique-nique, balade vers une autre île, celle de la Cité. Mes ami-e-s n’ont pas encore vu Notre Dame en cours de réparation… Elle est embellie par la lumière du couchant…

Les gargouilles se détachent sur le bleu du ciel, encore davantage maintenant que la flèche n’est plus là.

L’Hôtel Dieu semble déserté…

Est-il troublé

par la Belle Dame

qui se cache

derrière les feuillages ?

Le Marché aux Fleurs a triste mine, avec ses plantes semi-desséchées abandonnées sur les toits. Mais il reste de belles fleurs derrière les rares vitrines non protégées par des volets… Sabots de Vénus ou non ? Je ne sais, mais je reste en émoi devant ces magnifiques sculptures vivantes.


Dans une autre boutique, je retrouve un bouquet qui réveille la petite fille en moi. La « monnaie du pape » chère à ma grand-mère est là. Il y en avait toujours au moins un vase dans la maison ardennaise…

Phébus n’est pas trop pressé de disparaître, dans nos contrées, et cela permet d’admirer sa trajectoire…

Le temps de raccompagner les amis jusqu’au milieu du Pont (la « Rive Gauche » refuse de passer Rive Droite… rires), la belle luminosité s’était éclipsée, et façade ainsi que tours ont repris leur couleur blanche.

Entretemps, j’avais eu le temps de m’amuser du mauvais goût flagrant des décors proposés par deux boutiques du Marché aux Fleurs, et de profiter des deux Fontaines Wallace, hélas en mauvais état…

Les restaurants sont clos dans le Quartier Latin comme ailleurs, c’est tristounet. Mais un propriétaire d’une pizzéria habituellement prise d’assaut par les touristes lutte vaillamment.

Il a établi tout un étal devant son restaurant, mis de la musique et propose des boissons… mais seuls les serveurs sont là, à attendre le chaland qui ne vient pas. Un décor de fête mais pas de participant-e-s… triste!

Tous les bouquinistes ont disparu… Pourtant, la vente des livres est autorisée ? Découragés par le peu de passant-e-s?

Une autre Fontaine Wallace a été transformée en oeuvre d’art moderne… digne d’intégrer la collection de Beaubourg…

Les rues sont libres de circulation. Qu’elles soient piétonnes, comme la Rue Galande que j’affectionne particulièrement, ou prêtes à accueillir des véhicules. Même le boulevard Saint Germain est désert !

J’en profite pour baguenauder en m’étonnant, m’émerveillant, m’amusant devant les vitrines… Je vous emmène? Un vrai tour du monde en quelques centaines de mètres…

Les peluches en prennent à leur aise… Les unes jouent à se faire passer pour des canidés, tandis que les autres attendent les client-e-s qui ne viennent pas… Un peu d’humour pour vaincre la nostalgie des rues vivantes d’autrefois…

Retour à la Vie Sociale

Lundi matin, route vers la capitale. Première impression de liberté, même surveillée… Rouler… Voir d’autre paysages… se dé-placer…

Puis travail en présentiel. Bon, d’accord, tout le monde fait un peu « zombie » à l’arrivée. Mais la salle est grande ouverte, les distances entre tables sont respectées, et les masques tombent. Certes, difficile de se comprendre facilement à 10 mètres de distance, mais on y arrive. Et « voir » d’autres humains, échanger, discuter, voire débattre de vive voix, quel bonheur!

Versailles est quasi déserte, mais Paris l’est un peu moins. Moins de voitures, plus de deux roues et de piétons. Moins de vieux/vieilles, plus de jeunes. Les promenades dans la ville enrichie des couleurs et odeurs du printemps sont superbes. La lumière sur Notre Dame au couchant est splendide. Est-ce le manque qui fait paraître encore plus belle notre ville???

Bref, vous l’avez compris, mon blog peut reprendre ses tonalités « d’avant »… en espérant qu’il n’y ait pas de refermeture!

Culture dans toutes les acceptions du terme, sous le MAM

Le trajet pédestre menant de l’arrêt de bus au Musée Guimet a conduit mes pas derrière le Musée d’Art Moderne, rue de la Manutention. Un petit détour par la toponymie, si vous le voulez bien… Pourquoi ce nom? Voici un plan du quartier en 1860.

Source : Wikimedia

Comme vous le voyez, il y avait une usine à gauche de la rue en montant depuis les quais. C’était la Manufacture de tapis de la Savonnerie, qui tenait son nom d’une ancienne… savonnerie, comme vous l’avez deviné. Celle-ci, transformée en orphelinat par Marie de Médicis, fut investie par deux lissiers qui souhaitaient tirer profit de la main d’oeuvre bon marché constituée par les orphelin-e-s… Ce devint donc une Manufacture, qui fut réunie par la suite à celle des Gobelins par Charles X, en 1825 (elle existe encore, et constitue une partie séparée du reste dans l’enceinte de la Manufacture des Gobelins). Résultat : des bâtiments vides… qui furent investis par l’Armée en 1836 pour en faire un dépôt de vivres appelé Manutention Militaire. Celle-ci fut remplacée cent ans plus tard par… Le Palais de Tokyo.

Quant aux « Usines Cail » que vous voyez sur le plan, je ne vais pas paraphraser Wikipédia et préfère le citer. « Du côté opposé à la Manutention, la rue était située le long de l’usine de la Société Ch.Derosne et Cail ensuite société Cail qui s’étendait jusqu’au quai Debilly. Cette usine qui construisait du matériel pour les sucreries, des machines-outils puis, à partir de 1844, des locomotives, dont les célèbres Crampton, était la plus importante entreprise industrielle de Paris, employant 1500 ouvriers dans les années 1850. L’usine fut détruite par un incendie en 1865 et les ateliers transférés à l’usine de Grenelle. L’usine de Chaillot ne fut pas reconstruite et les rues Fresnel et Foucault furent tracées en 1877 sur le lotissement du terrain des installations abandonnées. »

Vous savez maintenant tout – ou presque – sur le coin où je découvris des lieux intéressants, à ma grande surprise, moi qui déteste ce coin de Paris…

D’abord, un « Routier »… Vous n’allez pas me croire, n’est-ce pas? Et moi-même j’ai eu du mal à y croire, je dois l’avouer. En réalité, il ne l’est plus, depuis, je pense, bien longtemps… Je n’ai hélas pas réussi à en trouver l’histoire, car il n’a pas de site, juste une page Facebook. On peut imaginer qu’elle est en lien avec l’usine et la Manutention militaire, mais je n’en ai aucune preuve. Peut-être l’un-e de vous va-t-il pouvoir l’expliquer? Mais son apparence, extérieure et intérieure, évoque effectivement un relais d’autrefois.

La carte est alléchante, et je me suis promis d’aller tester un de ces jours… Vous verrez donc peut-être à nouveau un article sur ce site…

Ensuite, un… « jardin des habitants »… Le XVIème fait dans le social et le partage, maintenant? Bon, d’accord, je suis un peu partiale et stupide en disant cela, mais je n’ai pas pu m’en empêcher…

La hauteur des murs alentour est remarquable, et l’on se sent écrasé par ce béton et ces briques. Mais ils offrent des vues étonnantes, que j’ai envie de partager avec vous ici. D’abord, des architectures variées, avec des imbrications d’immeubles…

La façade ouest du Palais de Tokyo est aussi étonnante, avec ces spirales d’escaliers, réelles ou figurées…

L’arrière du Palais est conforté par d’énormes contreforts – j’espère ne pas me tromper de mot, je ne suis pas spécialiste d’architecture! – qui offrent une vue questionnante.

Par contre, dès que les marches qui relient cette rue à l’avenue du Président Wilson sont franchies, l’univers est totalement différent, puisque l’on retrouve le monde haussmannien… N’oublions pas notre première destination, le Musée Guimet… mais c’est une autre découverte, que je narrerai dans un autre article…

La Nuit Blanche

Elle a bien changé, la « Nuit Blanche » à Paris… Je me souviens avec nostalgie d’une belle balade nocturne qui m’a menée du 5ème au Bassin de la Villette, voici quelques années… Tout au long du parcours, des oeuvres d’art dans les rues, des concerts plus ou moins improvisées, la déambulation, pour ne pas dire l’errance, du public, dans une ambiance gaie et festive.

Au lieu de cela, cette année, un défilé qu’on n’ose nommer… et une foule grégaire qui suit un tracé réduit, de la Concorde à la Bastille… Une insupportable odeur de mauvaises grillades Place de l’Hôtel de Ville et rue de Rivoli… et des « spectateurs » de ce que je n’ose appeler un spectacle. Même le triste avatar du Carnaval de Nice est meilleur! c’est peu dire…

C’est l’Hôtel de Ville qui avait été choisi comme premier point de chute, car il y était organisé ce qui semblait bien alléchant, un « Bal Blanc » sur le modèle de celui qui fut organisé en 1930 dans l’hôtel de Cassini, rebaptisé par la suite Pecci-Blunt, qui a été l’occasion pour Man Ray de superbes photographies des personnes revêtues de blanc. Il y avait projeté un film colorisé de Méliès en utilisant comme écran les danseurs vêtus de blanc. Jean Cocteau, lui, en fit des tableaux vivants. Rien à voir avec cette performance. En fait, on a parqué des personnes sur le parvis en les affublant d’une cape en plastique -rien à voir avec ces tenues élégantes ou fantasques de 1930! Elles ont attendu, attendu, attendu…

Le Bal Blanc

Quand la musique a commencé, elles ont continué à attendre… car visiblement ce n’était pas celle qu’elles attendaient. Une mauvaise musique pseudo techno. « Indansable » – excusez le néologisme! – ou quasi. Et à minuit, presque personne ne dansait encore. Sinistre. Presque absurde, avec cette odeur de viande et d’oignons grillés, et ce bruit des voitures qui passaient sans cesse.

Seul intérêt : une projection sur les murs de l’Hôtel de Ville. Sans support autre que les murs. Ce qui la rendait presque illisible. Et, comme elle n’avait pas été présentée dans les documents, impossible d’identifier tous les extraits de films projetés. En boucle courte, qui plus est.

La « Grande Parade » annoncée tenait à mon sens de la provocation. Alors que la Mairie de Paris lutte contre la pollution, les « chars » étaient en réalité d’énormes camions d’une société privée. Je n’ose imaginer la quantité de carburant consommé cette nuit « blanche »…

Le comble étant atteint lorsqu’un camion chargé d’une « forêt » symbolisant la lutte pour l’écologie est apparu. J’avais lu son descriptif, car une animation était prévue à la Fondation Cartier plus tard, Fondation où a lieu actuellement une exposition sur le thème des arbres. Inimaginable de pauvreté et d’absurdité!

De pauvres figurant-e-s se démenaient sur ou dans les remorques, déguisés en Mexicains ou dénudés pour montrer leurs tatouages, sur lesquelles zoomaient des caméras pour mieux les exhiber sur les écrans placés de chaque côté de la remorque.

En l’air, de temps à autre, des « poupées gonflables ». Bon, d’accord, pas toujours des « poupées ». Quoiqu’il en y eut une qui me choqua. Je vous laisse observer la photo…

Le stéréotupe de la poupée gonflable, de la secrétaire, allié au rappel de la lutte contre le cancer du sein, finissant par le slogan « Oui à tout »… du quatrième degré d’humour?

Seuls les chevaux selon moi pouvaient faire rêver petits et grands…

… tandis que le dragon rappelait le défilé du Nouvel An chinois.

La musique provenant des groupes qui défilaient avait bien du mal à se faire entendre… En concurrence avec celle qui était diffusé sur les immenses engins, elle ne pouvait faire le poids, et le pauvre biniou breton était bien difficile à percevoir entre deux musiques diffusées à grands coups de décibels!

Destination suivante : le 59 Rivoli, où était annoncée une manifestation « Queens et Queer« , sous forme d’ « installation / performance« . J’ai apprécié de pénétrer dans cet ancien squatt dont l’histoire m’a passionnée (promis, un article suivra…). Et comme j’apprécie les milieux transgenre et queer… Mais quelle déception! Dans le bâtiment, très peu de choses sur la question – et pourtant, il en existe, des artistes dits transgressifs! – et, vu du dehors, un triste spectacle avec quelques jeunes pourtant bien intentionnés (je les ai entendus discuter dans le rue avant).

Une foule de voyeurs/voyeuses qui se gaussaient sans comprendre; bref, un impact sans doute contraire aux objectifs poursuivis, dont celui d’une belle rencontre. Non, la Nuit Blanche ne fut pas favorable à la convivialité ni à la festivité, et pas plus au partage…

Mais, Nuit Blanche ou non, que la capitale est belle la nuit!

Le vin de Belleville

Eh oui! J’ai bu du vin à et de Belleville… Saviez-vous qu’on en produit environ 200 fillettes par an?

Fillette de Clos des Envierges

Le raisin est produit par l’équipe de jardiniers municipaux, qui ont pour ce faire suivi une formation spécifique sur site, avec des spécialistes de la viticulture. Ce dimanche 6 octobre, c’était la Fête de la Vigne à Paris, et trois d’entre eux accueillaient dans l’après-midi les visiteurs et visiteuses tel-le-s que moi, tandis que d’autres le faisaient ailleurs… J’ai ainsi découvert qu’il y avait au moins dix vignes à Paris, moi qui ne connaissait que celle de Montmartre et l’expérience menée sur les toits de l’Hôtel de Ville.

Vignoble au coeur de Belleville

La Clos des Envierges est situé en bordure nord – est du Parc de Belleville. Planté de pinot meunier, de chardonnay, et de nouveaux cépages en cours de conception à partir d’anciens, il présente l’aspect de vignes bourguignonnes, avec des rosiers au pied de chaque ligne… J’avais appris qu’ils servaient à prévoir les maladies de la vigne, en étant plus fragiles et donc atteints avant elles, mais une autre version a été apportée par la jeune jardinière qui m’a guidée : comme on utilisait autrefois des chevaux pour la viticulture, les épines auraient permis d’écarter ceux-ci des pieds lorsqu’ils tournaient en bas des rangs pour remonter, et ainsi protégé les premiers pieds.

Rosiers et pinot meunier

La culture de la vigne est traditionnelle à Belleville. En effet, comme autrefois la commune était indépendante, le vin y coûtait moins cher car il échappait à l’octroi, et les Parisien-ne-s venaient faire la fête en buvant le vin guinguet – qualificatif donné au petit vin aigrelet, qui est à l’origine du terme « guinguette », le saviez-vous? – dans les… guinguettes du quartier. Moi qui aime les mots, j’ai aussi appris l’origine du verbe « grapiller » : on laissait, et on laisse encore, les grappes trop petites ou tombées à destination des habitant-e-s, dans le contexte du glanage légal, coutume sur laquelle Agnès Varda a réalisé un magnifique documentaire, Les Glaneurs et la glaneuse.

De la rue de l’Hôtel de Ville à la rue de Jouy

Je pourrais, pour commencer cet article, proposer une devinette… et serais sûre que, sans plan, nul-le ne pourrait la situer correctement. Car moi-même j’ai douté de mon GPS quand j’ai cherché l’adresse exacte des lieux sur lesquels je voulais écrire. J’étais en effet persuadée qu’il s’agissait d’un Quai, car nous sommes en bordure de Seine, rive droite… Ou d’une avenue, tant la quatre voies et le trottoir qui la longe sont larges… Eh bien non…

Je vous ai déjà emmené-e-s dans le coin : la péniche Marcounet, les Anysetiers, la Maison Européenne de la Photographie, le village Saint Paul et la rue de la Barre ont fait l’objet d’articles sur ce blog… Cette fois, nous nous contenterons du segment situé entre la Caféothèque et l’Hôtel de Sens.

La Caféothèque

Je ne peux m’empêcher de céder à la nostalgie quand j’évoque ce lieu que j’aime, car il a beaucoup changé dernièrement et n’a plus tout à fait le même charme. Le mur végétalisé d’un des salons a disparu, les serveurs ne font plus déguster en commentant chaque café, et le « jeu » de dégustation n’est plus accessible…

Il n’en reste pas moins que cet endroit reste un hâvre de sérénité, où il fait bon demeurer tranquillement à lire ou rêvasser…

Il faut vous aventurer à travers un dédale de pièces pour parvenir à mon coin préféré, un salon au mobilier original et coloré, aux murs ornés de tableaux (le café est aussi galerie… et lieu de concerts) , auquel les plantes vertes donnent un petit air de jardin d’hiver…

Mais n’oubliez pas de visiter la pièce étonnante où se déroulent les cérémonies de dégustation du café, la véritable caféothèque, au fond en entrant, après le comptoir.

La carte des cafés est intéressante, sa lecture révèle une forme de poésie, permettant d’imaginer arômes et plantations… Et, pour les gourmand-e-s, le buffet de pâtisserie ne manque pas d’attraits!

La Cité Internationale des Arts

En me rendant aussi fréquemment à la Caféothèque, je ne pouvais que m’interroger sur ce que cachait une façade aussi laide que celle de la Cité (CIA!!!). Vous remarquerez sur le site officiel qu’ils ont fait preuve d’astuce en prenant une vue de l’arrière valorisé par le parc… Il fallait que j’aille voir… Mais généralement manque de temps… sauf en ce mois de juillet qui me permet de baguenauder tranquillement dans Paris…

Une fois la lourde porte métallique poussée, on entre à gauche dans un vaste hall. Et il faut de l’astuce pour trouver le lieu d’exposition! Car le Centre est avant tout résidence d’artistes… et il est quasi désert en cette période estivale. Deux gardiens m’expliquent comment me rendre dans la partie consacrée aux expositions, et me donnent en toute confiance un code… qui ne servira pas…

Descente au sous-sol, pour trouver un vaste couloir aux allures d’hôpital…

Jusqu’au 31 juillet, cet espace accueille une exposition d’Ali Badr, artiste qui se partage entre Londres et l’Arabie Saoudite, Expand And Collapse.

Voici ce qu’écrit Noam Alom, commissaire de l’exposition, à propos de ces oeuvres :  » Ses dessins suggèrent des oscillations possibles entre observation, réaction et documentation. La pratique de l’artiste évoque le paradoxe inhérent à la tentative de capturer un mouvement tout en créant un objet statique. Cela se manifeste dans les collaborations de Badr Ali avec des danseurs, où il questionne les formes et les courbes que les corps génèrent en se mouvant dans l’espace. »

Au fond de ce long corridor, un salon étonnant au style purement vintage…

Tout aussi étonnant, mais dans un autre style, ce petit boitier électrique décoré…

Une fois au fond, il ne reste qu’à faire demi-tour, pour revenir vers l’escalier qui conduit du hall à ces lieux… et vice-versa!

A l’extérieur, une pelouse occupée par deux jeunes filles en maillot de bain, en train de pique-niquer… La vue aux alentours ne manque pas d’intérêt… c’est un des beaux hôtels du Marais qui se cache là-derrière…

L’Hôtel d’Aumont

Un exemple typique de l’architecture du XVIIème siècle, d’un classicisme certain, cet Hôtel d’Aumont… Normal, Mansart est passé par là…

Plus étonnant, l’environnement… Accolé littéralement au mur ouest de l’Hôtel, un bâtiment à l’architecture incertaine…

Et, comme juchée sur le mur, une étonnante structure, que j’hésite à qualifier…

Ne cherchez pas l’accès à l’Hôtel par ce côté : il s’effectue par la rue de Jouy, située un peu plus à l’est, sur la gauche… Profitez-en pour aller admirer, si ce n’est déjà fait, le magnifique rémouleur.

La rue de Jouy actuelle ressemble peu à ce qu’elle fut, à en juger par cette photographie, copiée d’après sa reproduction.

Un peu plus loin, la MEP… Maison Européenne de la Photographie… déjà présentée, mais qui fera prochainement l’objet d’un nouvel article…