À la Une

Partager pour multiplier…

En bonne hédoniste que je suis, j’aime partager les plaisirs pour les multiplier, voire démultiplier.

Ce blog est donc une tentative, effectuée sur les nombreuses suggestions de mes copains, qui ont bénéficié seuls jusqu’à présent de mes « articles »…

S’il n’y a que du masculin dans la phrase qui précède, ce n’est pas pour suivre les règles obsolètes de grammaire, qui veulent que « le masculin l’emporte sur le féminin » (sic!) mais bien parce que mon univers affectif est essentiellement masculin.

Mais j’ajouterai du féminin pour les membres de la famille et pour les ami-e-s… Donc, reprendrai-je, voici un blog destiné à permettre de tout un chacun (peut-on dire « toute une chacune »???) de partager mes découvertes et mes impressions, lors de mes nombreuses errances ou excursions.

Vous trouverez donc du sérieux mais aussi du moins sérieux, de la doc mais aussi de la provoc, des infos et des émotions… L’essentiel est que vous preniez autant de plaisir à le lire que moi à l’écrire!

Des chants moraves au "cello"… Chronique d'une matinée ordinaire

Cello, c’est le violoncelle, vous le savez sans doute? Joli mot, qui me fait penser aux oiseaux italiens… mais des oiseaux graves, aux sonorités prenantes et prégnantes…
J’avais commencé en ce gris matin de novembre par une tentative de réécouter les Chants Moraves de Dvorak… Rien à voir avec le violoncelle, me direz-vous.

Hier en effet je suis allée écouter le choeur Polycantus.

Le concert de ce mardi 26 novembre

Le concert avait lieu dans l’église de l’Annonciation, dans le 16ème arrondissement, église qui en réalité est un lieu de culte protestant, comme l’attestent le livret de chants et la Bible offerts à la lecture des spectateurs/trices ( j’ai passé un bon moment à essayer de trouver des chants communs au culte protestant et au culte catholique, en attendant le début du concert! ).

« Eglise »- temple de l’Annonciation

J’ai beaucoup aimé les Chants Moraves et la Messe, et seulement regretté l’interprétation trop « appliquée » du choeur, qui ne permettait pas de faire jaillir l’émotion que j’attendais, que j’espérais. Un peu trop « amateurs » sans doute, avec une exception, un jeune homme que j’avais remarqué, et qui d’ailleurs a été salué par le chef. Qui est-il? Je ne puis vous le dire, hélas… Mais vous le verrez sur cette photographie (hélas très mauvais, désolée!) : il est à droite, devant la colonne. Si vous le reconnaissez, merci de me dire de qui il s’agit, j’aimerais le réentendre chanter!

Le choeur

Six chants moraves, dont les textes évoquent la culture rurale et les troubles de l’amour… Six mélodies très différentes, dont certaines très entraînantes invitent à la danse (difficile sur un banc d’église, de surplus fort inconfortable!)…

Puis un intermède au piano, trois mazurkas de Chopin…

Ensuite, la messe en ré… avec de curieuses séquences… L’Agnus Dei scindé, par exemple, apparaît à deux moments… Ma voisine, perturbée, a même recherché dans le programme ce qui pouvait se passer…

Elle est belle, cette messe! Dommage qu’elle ait été aussi platement interprétée… En voici une autre version

Bref, pour revenir au fil de cet article, je suis allée rechercher sur le net d’autres interprétations des chants moraves… en vain, à l’exception d’un autre choeur amateur… Mais You Tube poursuit son chemin, et propose d’autres titres… selon quelle ontologie??? je l’ignore, mais il est parfois fantaisiste… j’ai donc eu droit à un certain nombre de chants, et ai réécouté avec plaisir certains d’entre eux…

Puis un morceau de violoncelle m’a donné envie de réentendre une artiste découverte par hasard hier… Sol Gabetta… Si l’on regarde les photos obtenues par une recherche « images » sur son nom, on ne peut, je pense, qu’être saisi-e par l’intensité de ses expressions, et imaginer celle du jeu de cette violoncelliste argentine qui désormais vit et travaille en Suisse.

Superbe aussi, cette interprétation , modèle pour moi de beauté liée à une extrême simplicité qui apure l’oeuvre – déjà très épurée – du compositeur estonien Arvo Part

Bref, me voici passée de Dvorak à Part… de la Tchéquie à l’Estonie, en passant bien sûr par la Pologne avec Chopin… Ne manquent que la Lituanie et la Lettonie… une prochaine fois?

Forsythe à l’Opéra Garnier

J’avais vu et revu les ballets de Forsythe en Avignon jadis, et il en est un annoncé à Paris à un moment où je m’y trouve… L’occasion est trop belle… Me voici donc à l’Opéra… saisie d’entrée de jeu, c’est le cas de le dire… par des pneus… ce n’est pourtant pas le Salon de l’Agriculture en ce moment!

Les pneus de Claude Lévêque

Apparemment je ne suis pas la seule à trouver vraiment très décalées ces « oeuvres d’art », à savoir des pneus de tracteur recouverts de doré… Mais je ne suis pas critique d’art ni même experte… D’après mes recherches a posteriori sur le net, ils ont fait polémique ! Ils font partie des installations imaginées par l’artiste pour le 350ème anniversaire de l’Opéra Garnier.

Me séduisent davantage les somptueux vêtements portés par les artistes à diverses époques…

Après avoir visité l’étage, me voici installée pour le spectacle, avide de revoir un de mes chorégraphes préférés… Mais il n’est prévu que dans la seconde partie.

Le premier ballet présenté est un mixte condensé de théâtre nô et de légendes celtes… Etonnant, n’est-ce pas? Et déroutant, il faut l’avouer. Un peu long, parfois. Hésitant entre le statique et la danse, entre deux mondes, entre des mythologies et cultures si opposées que l’on a du mal à en apprécier la rencontre… Voici ce qu’en dit le site officiel.

« Invité pour la première fois à l’Opéra national de Paris, le chorégraphe Alessio Silvestrin revient sur sa rencontre avec Hiroshi Sugimoto et la naissance d’At the Hawk’s Well. Création pour les danseurs du Ballet de l’Opéra national de Paris, cette pièce s’inspire d’un texte du poète irlandais W.B. Yeats et du théâtre nô. Œuvre totale, réunissant également le compositeur Ryoji Ikeda et le couturier Rick Owens, elle sonde notre rapport au temps, à la mort et à l’identité. »

Bien sûr je n’ai pas pris de photos autres que celle de la fin, un peu floue comme vous pourrez le constater… Mais vous pourrez lire un article à ce sujet ici. En voir des extraits ici, ici et , avec un entretien avec Alessio Silvestrin, le chorégraphe, qui parle de sa collaboration avec Hiroshi Sugimoto: « un grand exercice d’assemblage », comme il le qualifie lui-même. Et aller le voir, pour vous faire votre propre idée… Certains passages m’ont séduite, mais d’autres m’ont ennuyée… Manque de culture asiatique, peut-être? Mais aussi trop faible connaissance de la littérature irlandaise, en particulier de Yeats... et du poème concerné, dont je n’ai pas trouvé la traduction.

J’ai découvert de nombreuses versions de l’interprétation du texte de Yeats, à travers le monde et les époques. En voici une à Sao Paulo en 2015, une version de Nigeal Keay en 2012, et une traduction dans une langue asiatique que je n’ai pas identifiée (japonais?).

A l’entracte, visite des différents espaces de l’Opéra, une coupe à la main… des plafonds à faire tourner la tête…

… des rideaux comme on ne voudrait pas avoir chez soi… mais qui n’en sont pas moins somptueux…

… et des tableaux plus qu’évocateurs…

Un petit salut aux Maîtres dont les bustes sont disséminés dans les espaces…

… et il est grand temps de regagner l’orchestre, pour la suite du spectacle, tant attendue!

Pas de déception, si ce n’est la brièveté du ballet. Le grand Forsythe n’a pas changé, et magnifie toujours autant les corps de ses danseuses et surtout danseurs. Puissance et grâce unies pour le plus grand plaisir des spectateurs… et spectatrices dont je suis! Un pur moment de bonheur… ou plutôt des moments, en fonction des « tableaux »…

On peut voir sur le net un teaser sur la préparation du spectacle, et des extraits de Blake works ici et .

Une soirée donc pleine d’intérêt, mettant en question l’interculturalité, et confortant mes goûts anciens, pour la chorégraphie et les danseurs de Forsythe…

Blake works est un ballet à voir absolument, comme tant d’oeuvres du chorégraphe!

Communion musicale

Je viens de trouver par hasard, alors que je m’intéressais ce matin à la chanson basque, cette vidéo de chanson… bretonne!

Et je ne résiste pas à la tentation de la partager, car elle symbolise à merveille le bonheur de vivre ensemble une musique, une culture, une chanson…

Tri Martelod y est interprété par Alan Stivell, mais repris avec d’autres chanteurs bretons : Tri Yann, Dan Ar Braz, Servat, Armens. Un choeur exceptionnel!

En voici la traduction, pour celles et ceux d’entre vous qui ne parlez pas cette belle langue… On y chante l’amour vainquant la pauvreté…

Tri martolod yaouank, la la la
Trois jeunes marins, la la la
Tri martolod yaouank o vonet da veajiñ
Trois jeunes marins s’en allant voyager
(x2)
Avec le vent ont été emmenés, la la la
Jusqu’à Terre Neuve (x2)
A côté de la pierre du moulin, la la la
Ils ont jeté l’ancre (x2)
Et dans ce moulin, la la la
Etait une servante (x2)
Et elle me demande, la la la
Où avons nous fait connaissance ? (x2)
A Nantes, au marché, la la la
Nous avons choisi un anneau (x2)
L’anneau de la promesse, la la la
Et nous étions sur le point de nous marier (x2)
Nous nous marierons, la la la
Même si nous avons pas de biens (x2)
Ma mère vous êtes à l’aise, la la la
Vous ne savez pas qui est dans le besoin (x2)
Nous n’avons ni maison, ni paille, la la la
Ni lit pour dormir la nuit (x2)
Nous n’avons ni drap, ni couverture, la la la
Ni édredon sous la tête (x2)
Nous n’avons ni écuelle, ni cuiller, la la la
Ni de quoi faire du pain (x2)
Nous ferons comme la perdrix, la la la
Nous dormirons sur la terre (x2)
Nous ferons comme la bécasse, la la la
Quand le soleil se lève elle va courir (x2)
Ma chanson est terminée, la la la
Celui qui sait continue… (x2)

« Les trois marins » étaient, au XIXème siècle, dans le chant original, en réalité 60 : « tri-ugent ». Eh oui, on compte en base 20… trois fois vingt… Donc à vous de deviner… si je vous dis que 4 se dit « pevar », comment dit-on 80?

On peut entendre la chanson originale interprétée par Zaig Monjarret… Connaissez-vous cette chanteuse née en 1927 et décédée en 1998? Une voix envoûtante…

Alan Stivell l’a arrangée à la fin des années 60… Voici ce qu’en dit Wikipédia:  » Il en fait le premier arrangement folk rock entre 1966 et 1970, avec notamment une introduction à la harpe celtique cordée métal1. Il crée une orchestration (harpe, violon, guitares, claviers, basse, batterie), une harmonisation et un arrangement (tempo, accords, suite harmonique…). Il interprète cette chanson à l’Olympia le 28février1972 lors d’un concert retransmis en direct sur Europe 1. Cependant, il l’avait ajouté à son set « pour avoir un nombre de titres suffisants ! »n 1 Aujourd’hui, il la chante à tous ses concerts, dans des versions qui diffèrent souvent avec les tournées.  »
Voici une version de 1973, avec un Alan Stivell tout jeune encore…

Et savez-vous que c’est une danse qu’on peut interpréter de deux manières différentes? En sud Cornouailles, une ronde à trois pas… Une belle explication pour les enfants ici… Et, plus au Nord, une gavotte

Alors, à vous… écoutez… et dansez maintenant… comme la skrilh-gwez

La Nuit Blanche

Elle a bien changé, la « Nuit Blanche » à Paris… Je me souviens avec nostalgie d’une belle balade nocturne qui m’a menée du 5ème au Bassin de la Villette, voici quelques années… Tout au long du parcours, des oeuvres d’art dans les rues, des concerts plus ou moins improvisées, la déambulation, pour ne pas dire l’errance, du public, dans une ambiance gaie et festive.

Au lieu de cela, cette année, un défilé qu’on n’ose nommer… et une foule grégaire qui suit un tracé réduit, de la Concorde à la Bastille… Une insupportable odeur de mauvaises grillades Place de l’Hôtel de Ville et rue de Rivoli… et des « spectateurs » de ce que je n’ose appeler un spectacle. Même le triste avatar du Carnaval de Nice est meilleur! c’est peu dire…

C’est l’Hôtel de Ville qui avait été choisi comme premier point de chute, car il y était organisé ce qui semblait bien alléchant, un « Bal Blanc » sur le modèle de celui qui fut organisé en 1930 dans l’hôtel de Cassini, rebaptisé par la suite Pecci-Blunt, qui a été l’occasion pour Man Ray de superbes photographies des personnes revêtues de blanc. Il y avait projeté un film colorisé de Méliès en utilisant comme écran les danseurs vêtus de blanc. Jean Cocteau, lui, en fit des tableaux vivants. Rien à voir avec cette performance. En fait, on a parqué des personnes sur le parvis en les affublant d’une cape en plastique -rien à voir avec ces tenues élégantes ou fantasques de 1930! Elles ont attendu, attendu, attendu…

Le Bal Blanc

Quand la musique a commencé, elles ont continué à attendre… car visiblement ce n’était pas celle qu’elles attendaient. Une mauvaise musique pseudo techno. « Indansable » – excusez le néologisme! – ou quasi. Et à minuit, presque personne ne dansait encore. Sinistre. Presque absurde, avec cette odeur de viande et d’oignons grillés, et ce bruit des voitures qui passaient sans cesse.

Seul intérêt : une projection sur les murs de l’Hôtel de Ville. Sans support autre que les murs. Ce qui la rendait presque illisible. Et, comme elle n’avait pas été présentée dans les documents, impossible d’identifier tous les extraits de films projetés. En boucle courte, qui plus est.

La « Grande Parade » annoncée tenait à mon sens de la provocation. Alors que la Mairie de Paris lutte contre la pollution, les « chars » étaient en réalité d’énormes camions d’une société privée. Je n’ose imaginer la quantité de carburant consommé cette nuit « blanche »…

Le comble étant atteint lorsqu’un camion chargé d’une « forêt » symbolisant la lutte pour l’écologie est apparu. J’avais lu son descriptif, car une animation était prévue à la Fondation Cartier plus tard, Fondation où a lieu actuellement une exposition sur le thème des arbres. Inimaginable de pauvreté et d’absurdité!

De pauvres figurant-e-s se démenaient sur ou dans les remorques, déguisés en Mexicains ou dénudés pour montrer leurs tatouages, sur lesquelles zoomaient des caméras pour mieux les exhiber sur les écrans placés de chaque côté de la remorque.

En l’air, de temps à autre, des « poupées gonflables ». Bon, d’accord, pas toujours des « poupées ». Quoiqu’il en y eut une qui me choqua. Je vous laisse observer la photo…

Le stéréotupe de la poupée gonflable, de la secrétaire, allié au rappel de la lutte contre le cancer du sein, finissant par le slogan « Oui à tout »… du quatrième degré d’humour?

Seuls les chevaux selon moi pouvaient faire rêver petits et grands…

… tandis que le dragon rappelait le défilé du Nouvel An chinois.

La musique provenant des groupes qui défilaient avait bien du mal à se faire entendre… En concurrence avec celle qui était diffusé sur les immenses engins, elle ne pouvait faire le poids, et le pauvre biniou breton était bien difficile à percevoir entre deux musiques diffusées à grands coups de décibels!

Destination suivante : le 59 Rivoli, où était annoncée une manifestation « Queens et Queer« , sous forme d’ « installation / performance« . J’ai apprécié de pénétrer dans cet ancien squatt dont l’histoire m’a passionnée (promis, un article suivra…). Et comme j’apprécie les milieux transgenre et queer… Mais quelle déception! Dans le bâtiment, très peu de choses sur la question – et pourtant, il en existe, des artistes dits transgressifs! – et, vu du dehors, un triste spectacle avec quelques jeunes pourtant bien intentionnés (je les ai entendus discuter dans le rue avant).

Une foule de voyeurs/voyeuses qui se gaussaient sans comprendre; bref, un impact sans doute contraire aux objectifs poursuivis, dont celui d’une belle rencontre. Non, la Nuit Blanche ne fut pas favorable à la convivialité ni à la festivité, et pas plus au partage…

Mais, Nuit Blanche ou non, que la capitale est belle la nuit!

Le vin de Belleville

Eh oui! J’ai bu du vin à et de Belleville… Saviez-vous qu’on en produit environ 200 fillettes par an?

Fillette de Clos des Envierges

Le raisin est produit par l’équipe de jardiniers municipaux, qui ont pour ce faire suivi une formation spécifique sur site, avec des spécialistes de la viticulture. Ce dimanche 6 octobre, c’était la Fête de la Vigne à Paris, et trois d’entre eux accueillaient dans l’après-midi les visiteurs et visiteuses tel-le-s que moi, tandis que d’autres le faisaient ailleurs… J’ai ainsi découvert qu’il y avait au moins dix vignes à Paris, moi qui ne connaissait que celle de Montmartre et l’expérience menée sur les toits de l’Hôtel de Ville.

Vignoble au coeur de Belleville

La Clos des Envierges est situé en bordure nord – est du Parc de Belleville. Planté de pinot meunier, de chardonnay, et de nouveaux cépages en cours de conception à partir d’anciens, il présente l’aspect de vignes bourguignonnes, avec des rosiers au pied de chaque ligne… J’avais appris qu’ils servaient à prévoir les maladies de la vigne, en étant plus fragiles et donc atteints avant elles, mais une autre version a été apportée par la jeune jardinière qui m’a guidée : comme on utilisait autrefois des chevaux pour la viticulture, les épines auraient permis d’écarter ceux-ci des pieds lorsqu’ils tournaient en bas des rangs pour remonter, et ainsi protégé les premiers pieds.

Rosiers et pinot meunier

La culture de la vigne est traditionnelle à Belleville. En effet, comme autrefois la commune était indépendante, le vin y coûtait moins cher car il échappait à l’octroi, et les Parisien-ne-s venaient faire la fête en buvant le vin guinguet – qualificatif donné au petit vin aigrelet, qui est à l’origine du terme « guinguette », le saviez-vous? – dans les… guinguettes du quartier. Moi qui aime les mots, j’ai aussi appris l’origine du verbe « grapiller » : on laissait, et on laisse encore, les grappes trop petites ou tombées à destination des habitant-e-s, dans le contexte du glanage légal, coutume sur laquelle Agnès Varda a réalisé un magnifique documentaire, Les Glaneurs et la glaneuse.

Un peu de musique dans ce monde de brutes. Billet 5

Aussi longtemps que je me souvienne, j’ai toujours aimé les voix « de castrats »… qui heureusement ne sont plus castrats… mais dont la tessiture rappelle celle de ces personnes qui sacrifiaient – ou dont on sacrifiait – la virilité au profit de leur voix.

Voyant qu’il y avait en ce samedi 5 octobre un concert du contre-ténor sopraniste Mathieu Salama à Sainte-Elisabeth de Hongrie, j’ai voulu en savoir davantage sur ce chanteur, et ai découvert cet air, que je souhaite partager avec vous ce matin.

Je ne puis m’empêcher d’évoquer Alfred Deller

Et le magnifique film Farinelli

Edmond

Une scène montée sur une autre scène… Séquence totalement symbolique, qui suffirait presque à caractériser la pièce que j’ai vue hier soir… Presque, seulement. Car si elle reflète bien l’idée d’écrire sur la conception d’une pièce, elle ne suffit pas à rendre compte du foisonnement de ce à quoi j’ai assisté hier.

Foisonnement et rythme.

Ce sont les deux mots qui me viennent à l’esprit spontanément quand je revis ce que j’ai vu.

Foisonnement d’idées pour « expliquer » la genèse de Cyrano de Bergerac – la pièce, pas l’homme évidemment -, foisonnement de personnages pour jouer toute la phase de conception, puis la première représentation et le contexte dans lequel elle a été jouée, contre vents et marais, foisonnement de références historiques et littéraires.

Rythme très enlevé la plupart du temps, mais avec des ralentissements évoquant la solitude de l’écrivain, plume à la main. Pas tout à fait solitaire cependant, puisque son épouse dort dans le lit voisin… autre ralentissement du rythme, d’ailleurs.

Les actrices et acteurs apparaissent, disparaissent, virevoltent et parfois se posent pour quelque tirade ou simplement « solo », comme dans un air de jazz endiablé. Ils se saisissent des objets, les enlèvent, en replacent, faisant évoluer les décors à une vitesse étonnante. Je défie quiconque de dire combien de « scènes » il y a dans cette pièce – combien de « décors » autrement dit, tant ils ont changé tout au long du spectacle.

Les personnages joués par les acteurs évoluent, eux aussi, à un rythme surprenant, qui « raccourcit » le temps. Ce temps est pourtant bien présent par le « narrateur », l’un des rôles de l’un des acteurs. Eh oui, certains passent d’un rôle à l’autre, ajoutant au foisonnement, certes, au rythme, aussi, mais également à la confusion des temporalités et des fils narratifs. Cela en deviendrait épuisant si nous n’y prenions pas autant de plaisir – le « nous » est volontaire, car j’ai observé la salle et le plaisir des spectatrices et spectateurs, d’une diversité, notamment d’âge et d’apparence, qui m’a surprise en un tel lieu.
A propos de lieu, le Théâtre du Palais Royal m’a paru particulièrement adapté à cette pièce. Mais je me suis demandé pourquoi elle n’était pas jouée dans le lieu de sa création, à savoir le Théâtre Saint Martin de la Porte Saint-Martin. D’autant que la pièce d’Edouard Baer dont j’ai parlé dans un autre article fait écho à cette anecdote en lien avec la proximité d’un second théâtre. En effet, dans celle-ci un acteur quitte le théâtre voisin pour arriver sur la scène de l’autre. Et, dans Edmond, c’est Sarah Bernhardt qui accélère le rythme de son jeu, puis ne se plie pas au jeu des rappels pour se précipiter voir la fin dans le théâtre voisin de celui où elle jouait.

Avant le début de la réprésentation… Mais quel est le début?

Tout dans cette pièce est allusion à ce qui a fait de Cyrano de Bergerac une pièce unique, avec un rôle titre d’ailleurs particulièrement difficile à jouer. Il suffit de lire sa présentation dans Wikipédia – eh oui, pour une fois, ce sera ma référence ! – pour comprendre la mise en miroir, à laquelle s’ajoutent une mise en perspective et une mise en abyme :

«  La pièce est difficile à jouer : elle fait intervenir une cinquantaine de personnages, elle est longue, le rôle-titre est particulièrement imposant (plus de 1 600 vers en alexandrins), les décors sont très différents d’un acte à l’autre et elle comporte une scène de bataille. À une époque où le drame romantique a disparu au profit de dramaturges qui reprennent les recettes de la comédie dans le vaudeville (les Labiche et Feydeau sont toujours à l’affiche) ou de pionniers du théâtre moderne (Tchekhov, Ibsen, Strindberg), le succès en était si peu assuré qu’Edmond Rostand lui-même, redoutant un échec, se confondit en excuses auprès de l’acteur Coquelin, le jour de la générale. La pièce est pourtant un triomphe, et Rostand reçut la Légion d’honneur quelques jours plus tard, le 1er janvier 1898. « 

Lors d’un des rappels… qui ne furent pas aussi nombreux que ceux de la Première de Cyrano de Bergerac

Je reviens à l’idée du foisonnement, quand j’essaie d’analyser les thématiques abordées dans cette pièce. Abordées ou effleurées? Et c’est peut-être là l’une de ses faiblesses… L’articulation art – politique – économie, les guerres d’écoles et genres littéraires, une vision historique du métier d’acteur, les rivalités entre écrivains, les rapports père-fils, mari-femme, financeur-auteur… etc, la place des « petites mains », en l’occurrence costumière, et des « cocottes », comme l’on disait à l’époque dans cet univers si particulier du théâtre, …. la liste serait trop longue, et je vous laisse aller assister à une représentation pour en juger vous-même…

Une vidéo sur le mouvement Queer

Je suis tombée par hasard ce jour sur une vidéo remarquable sur le mouvement Queer, et je ne résiste pas à l’envie de la partager avec vous.
Cela fait longtemps que je tente d’expliquer cette optique, peu connue et souvent victime de rejets a priori…

La jeune femme présente de manière très claire le Queer, et je vous propose de l’écouter et de la regarder…

Vous pourrez ensuite réagir! rires…

Un peu de musique en ce monde de brutes. Billet 4

Décidément la programmation de France Musique me plaît ce matin, au point que c’est le deuxième billet que j’écris… Vous remarquerez que j’ai écrit « deuxième » et non « second », car je me dis qu’il y en aura peut-être un autre encore…

J’étais en train de prendre un billet sur le net pour le concert de ce soir à la Philharmonie – vous connaissez maintenant mon goût pour le violoncelle, et on joue le Concerto pour violoncelle de Dvorak ( le voici, interprété par Jacqueline Dupré ) – quand, coïncidence, c’est du violoncelle que j’entends…

C’est pourquoi je vous entraîne à la découverte ou la réécoute, selon votre culture musicale, de Joseph Jongen, et en particulier le Poème No. 1 pour violoncelle et orchestre.

Autre coïncidence, l’image… Je me trompe peut-être, mais il me semble reconnaître la patte d’Hammershoi…

L’un-e de mes lecteurs/trices peut-elle / il confirmer ou infirmer ??? Merci!

Un peu de musique en ce monde de brutes. Billet 3

Je renoue ce matin avec mes réveils musicaux, et, en écoutant France Musique, découvre une pianiste au jeu épuré qui me séduit. Me voici donc en train de vous faire partager le plaisir apaisant éprouvé en l’écoutant.

Alicia de Larrocha n’est plus de ce monde depuis 10 ans, mais elle continue à nous enchanter. Je vous propose donc d’écouter la danse 2 de l’opus 37 des Danses Espagnoles d’Enrique Granados et de vous laisser transporter par cette douceur… une musique caressante s’il en est…