J’ai évoqué dernièrement le retard qui m’a empêché de revoir l’orchestre écouté avec tant de plaisir à Saint-Pée-sur-Nivelle, et qui se produisait en ce dimanche après-midi à l’Ospitalea d’Irissary… Il est donc juste que je vous présente les coupables! Ils se cachent derrière cette bâtisse à l’apparence si innocente.


Le premier se nomme « Foie gras Arnabar Mi-cuit par nos soins, Piment d’Espelette, Chutney du moment, brioche toastée« .

Derrière lui se cache un autre coupable.


C’est donc un voisin, car le restaurant dont je vous parle est bien situé à Ossès.

Le deuxième coupable est plus végé apparemment… Mais attention, le porc est bien là!

Son nom est tout aussi compliqué : « Talo au maïs arto gorri, échine de porc confite et rôtie, pointes de moutarde à l’ancienne, tartare d’herbes aromatiques, oignons frits, maïs grillé«
Le canaillou de « talo » (une galette de maïs ronde et plate) est bien caché sous les autres ingrédients, n’est-ce pas?
Le troisième est tout aussi dangereux… « Crudo de thon, leche de tigre, pickels de légumes, sesame ». Il a donc pris un pseudo, car « crudo » n’est pas basque, mais espagnol. C’est le ceviche, vous l’aurez reconnu. Et ne vous demandez pas si désormais un tigre produit du lait! Le « leche de tigre » doit son nom à sa couleur laiteuse et à la force qu’il prodiguerait à celui qui en boit.
« Le leche de tigre est une association équilibrée entre l’acide du citron, le piquant du piment et la fraicheur des herbes aromatiques. »
Le leche de tigre est réalisé à partir de citron, de piment, d’herbes aromatiques, de lait de coco et de parures de poisson. Différents aromates sont ajoutés en fonction des recettes. Il est utilisé comme marinade : il permet à la fois d’assaisonner le poisson cru et de le cuire légèrement grâce à l’acidité. Encore un coup des Péruviens!
Je lance un appel aux lecteurs / lectrices… Je n’ai pas trouvé la signification de Arto Gori ». Arto, c’est, en basque, le prénom « Arthur ». « Gori », cela désigne le rouge, l’incandescent, le brûlant. Mais un « maïs Arto Gori »??? Merci de me l’indiquer en commentaire!

Un trio? Non, il y a d’autres coupables que j’ai découvert ensuite. Un oeuf et des calamars bien déguisés. « Oeuf crousti-coulant – chipirons à la carbonara, lard crispy, tomme de brebis râpée, ciboulette. »

Le canard revient, mais bien enveloppé pour qu’on ne le reconnaisse pas. « Samossas de canard confit, sauce yaourt acidulée, ragoût de pois chiche au chorizo« . Ah cette fois nous voilà en Perse! « Le terme lointain provient du persan médiéval sanbosag. Il fait référence à la géométrie de la pâtisserie pliée en triangle ».

Et il est suivi du boeuf lui aussi un peu caché… « Faux filet maturé à la braise, beurre maître d’hôtel, pommes darphin, pequillos en textures« . J’ai cru que j’avais mal lu, et pensais « dauphines ». Mais non. une spécialité culinaire française à base de galettes de pommes de terre râpées ou taillées en fines juliennes (bâtonnets). Quant aux pequillos, si vous l’ignorez, ce sont des petits poivrons rouges originaires de Navarre, réputés pour leur goût sucré et leur texture fondante. Bref, encore des étrangers! Avez-vous remarqué? Nous avons parlé basque (bien sûr), espagnol (évidemment), mais aussi anglais et néerlandais, avec les pickles (anglais), mot venant de « pekel » qui désigne la saumure, et enfin hindi et persan… Quel dépaysement!

Si vous comptez bien, nous en sommes à 6. Le septième se cache en bouteille…

Vous vous demandez ce que signifie « Bordaxuria »? Il faut décomposer le mot : « borda » et « xuria ». Le premier désignant une « borde« la borde blanche » ou « la ferme blanche ». Une « borda », c’est une « cabane », qui peut être en bois ou en pierre. Par exemple, celle-ci :

« Au coeur de la montagne basque, à 5 min. de Saint Jean Pied de Port, Bordaxuria reprend vie en 2014 grâce à la volonté d’Elorri RECA et Brice ROBELET. Ils reprennent les vignes de la famille (9,5 ha totalement plantés en terrasse d’une quarantaine d’année) et décident de produire leurs propres vins.
Animés par le respect et la passion de leur terre, ils travaillent leur vigne en culture biologique. Ils seront heureux de vous accueillir au cœur de leur vignoble pour vous faire découvrir leur vins blancs et rouges, et également les fromages AOP Ossau-Iraty produits par les deux sœurs d’Elorri sur la ferme Larraldea à Saint Just Ibarre. »
Il faut préciser qu’il n’y a qu’une douzaine de kilomètres entre Ossès et Irouléguy!

Vous avez admiré le paysage? Comme je l’ai fait, ce jour-là, depuis cette belle terrasse ouverte sur les Pyrénées…

Photo prise depuis ma place à table!
Néanmoins rien n’empêche d’y aller lorsqu’il fait plus gris ou frais, voire froid, car l’intérieur est également très accueillant…

Je pense que vous avez compris pourquoi je suis arrivée trop tard, pour le concert… Ah peut-être pas? Car j’ai oublié un détail : après un tel repas, quand il fait beau et chaud, il faut une sieste, à l’ombre des arbres de la forêt voisine!
















































































































































