A l’arrivée dans ce bourg, une découverte très pragmatique : ils ont eu l’excellent idée de faire des places de parking couvert, en plein air, sous les espèces de HLM à l’entrée de la ville! Donc stationnement gratuit… et ombragé… Le must, non, par ces températures légèrement élevées? C’est donc à pied que je m’engage dans la visite de ces sites inconnus. Beaucoup de travaux, on se croirait à Paris! Mais aussi quelques maisons délaissées, telles que celle-ci.
Une énorme église domine la cité.
C’est donc la direction que je prends pour monter, à travers les jardins donc certains sont plutôt potagers…
tandis que d’autres relèvent plutôt de l’agrément.
Une jolie grimpette!
Enfin le replat… Bon, à gauche, impasse : la porte est fermée. Tentons la droite.
Une spécificité pour l’édifice enfin atteint : un porche sobre en cache un second nettement plus baroque.
Avant de les franchir pour visiter l’intérieur, faisons le tour du bâtiment.
Et là, belles surprises. Notamment dans tous ces hauts-reliefs de la façade d’une sorte de tour…
Par contre, impossible de contourner l’ensemble : le chemin se termine dans une sorte de guérite.
Revenons donc vers le porche, par un merveilleux chemin au pavage bien usé…
Comme vous le remarquez, le second porche est nettement gothique, alors que jusqu’à présent vous avez surtout vu du roman… Dans le prochain article, nous découvrirons l’intérieur…
Je vous ai parlé d’Ainhoa tout récemment, mais ai omis de présenter la route qui m’y a conduite. Celles et ceux d’entre vous qui connaissent le coin se diront « Mais voyons, il n’y a qu’une demi-heure de route! »… Certes. Mais celles et ceux d’entre vous qui lisent ce blog depuis longtemps savent à quel point j’ai le chic pour faire « route buissonnière ». Ce fut le cas ce jour-là, où, partie de Saint Jean de Luz à mi-journée, j’avais décidé d’explorer le Pays Basque hispanophone. C’est ainsi qu’après avoir longé la Bidassoa avec toujours autant de plaisir, je bifurquai vers un petit bourg dont le nom m’interpellait : « Lizarra », alias « Estella » en espagnol. « Lizarra », cela peut avoir trait à « ville ancienne » ou « église ancienne » (et son existence est déjà attestée à l’époque romaine) , mais aussi évoquer le frêne, arbre très répandu dans ses environs. Toutefois, comme vous venez de le lire, c’est plutôt le sens d’ « Etoile » qui a été retenu.
« La légende rapporte qu’en 1085, des bergers alertés par une pluie d’étoiles, miraculeuse, découvrirent la statue dite de Notre-Dame-du-Puy. Et depuis ce temps-là, le bourg primitif, dont il est fait mention, à l’époque romaine sous le nom de Gebalda, fut appelé Estella, nom proche du terme castillan estrella, étoile. En tout cas, pour les pèlerins, la ville était Estella Bella, Estella la belle et la Basilique de la Vierge du Puy veille sur la ville.«
Le chemin français de Saint Jacques de Compostelle passe par cette bourgade, c’est sans doute ce qui explique le nombre important de randonneurs croisés, et cette jolie chapelle, au bord de la route, qui ne compte pas moins de 5 croix dans son environnement.
Hélas elle est fermée, mais cela vaut la peine d’en faire le tour! Jugez-en vous-même…
Intrigant, non? Approchons-nous…
Si l’un-e d’entre vous connaît la signification de ce symbole, merci de me la donner en commentaire… Je me suis cru revenue dans l’Atlas, lorsque je travaillais sur les gravures rupestres! Et d’autres surprises m’attendent…
C’est avec regret que j’abandonnai ce coin idyllique pour poursuivre vers le bourg…
Comme je n’ai pas pu « monter » à la chapelle d’où a été prise cette vue, je l’ai empruntée sur cet article que je vous conseille de lire…
« Ainhoa », c’est « la petite colline », comme le « gain » que l’on trouve dans de nombreux toponymes, comme Bordagain…
« Le nom du village d’Ainhoa apparaît dans les archives au 13ᵉ siècle, aynoa en 1238, sans le -h-, et quelques années après, en 1243, aynhoa et aynho, avec le -h-. Le -h-, non aspiré, et même muet, nous indique la marque d’une ancienne palatalisation de la nasale. En d’autres termes, cela signifie que le nom a jadis dû être prononcé [Aiñoa], avec un -n-mouillé, un -ñ-. La forme Agnoa figure d’ailleurs dans l’enquête linguistique et toponymique dite de Sacaze, réalisée en 1887 dans l’ensemble des départements pyrénéens. Cette forme « mouillée » semble avoir disparu, car aujourd’hui, on dit simplement Ainhoa. » (Source)
Je ne connaissais pas le village d’Ainhoa, et ai souhaité aller le découvrir. Ce que je n’ai pas regretté, loin de là. Tout en me disant qu’il valait mieux le voir « hors saison » que lorsqu’il était envahi par une horde de touristes. Car des touristes, il doit y en avoir parfois, à en juger par la quantité de boutiques et de restaurants sagement alignés le long de la rue principale! Cette même artère bordée de maisons aux façades toutes plus belles et/ou intéressantes les unes que les autres.
Une spécificité, outre les colombages : le nom du ou des propriétaires, à certaines époques, est indiqué par une plaque.
Un incontournable : l’église et le cimetière qui l’entoure, avec une jolie vue sur la vallée.
Bien sûr, de nombreuses stèles discoïdales.
« Composée de deux parties distinctes, la stèle discoïdale superpose un carré (ou trapèze) et un cercle. Symboles universels, ces deux formes disent la fonction du monument : le passage du carré au disque suggère celui du défunt de la terre vers le ciel.
Ces stèles sont l’œuvre d’artisans, tailleurs de pierre, qui maîtrisent la technique du champlevé pour la réalisation du décor. Elle consiste à faire émerger les motifs en évidant la surface de la pierre, créant face au soleil des effets changeants et des jeux d’ombre d’une grande force décorative. » (Source)
Certaines inscriptions rappellent que le Pays Basque n’est pas en France…
Le porche de l’église est surprenant, traversant et orné d’un beau double escalier en colimaçon.
Pénétrons dans l’édifice. Typiquement basque, avec ses tribunes… Mais le plafond est exceptionnel.
« Au XVIIe siècle a été créé le somptueux plafond en pitchpin à six caissons lambrissés. Une merveille de la charpenterie basque, unique en son genre, au moins au Pays basque Nord. » (Source)
En y regardant de plus près, deux surprises. La première, c’est le motif décoratif…
Vous ne rêvez pas! Ce sont bien des piments d’Espelette. Il faut dire que les deux bourgs sont proches…
La seconde se trouve dans le tableau. Observez bien. Que regarde le nourrisson?
Pas du tout sa mère! Mais le vaste monde… ou vous?
Une autre Vierge à l’Enfant originale : la statue proche de l’entrée. Difficile à photographier, mais j’ai tenté…
« Statue de Notre Dame de l’Arantza (Aubépine se dit « arantza » ou « elorri » en basque).
Selon la tradition, la Vierge serait apparue à un jeune berger au-dessus d’Ainhoa, près d’une source qui jaillit sous un buisson d’aubépine. Une tradition en tous points semblable à celle qui prévaut pour le sanctuaire d’Aranzazu, au-dessus de l’université d’Oñate en Guipuzcoa, lieu de pèlerinage célèbre depuis le XVe siècle.
Selon la coutume, le lundi de Pentecôte, une procession part de l’église Notre-Dame de l’Assomption au bourg pour se diriger vers la chapelle Notre Dame d’Arantza érigée sur le lieu supposé de l’apparition. » (Source)
C’est la chapelle d’où a été prise la vue initiant cet article… La voici, photographiée par un ami.
Une autre statue a retenu mon attention.
Je n’entrerai pas dans les détails de tout ce qu’offre cette église d’apparence si modeste, mais m’attarderai sur l’un d’entre eux.
Surprise de voir cet animal et ses petits sur l’autel, j’ai voulu m’enquérir à ce sujet. Heureusement, dans un coin de l’église, j’ai trouvé des feuillets plastifiés, fort abîmés hélas, qui m’ont permis de comprendre. Voici l’extrait concernant l’explication…
Si vous passez par là, prenez le temps de placer une pièce pour voir s’éclairer l’édifice, et vous bénéficierez en outre d’un bel accompagnement musical ! A propos de musique, n’oublions pas l’orgue.
Bon, d’accord, on ne le voit pas… Par contre, on admire le décor.
Dommage que la loi entraîne de telles violations de l’esthétique! Suivons donc le panneau et sortons, car il est temps pour moi d’aller faire une visio. Avantage et inconvénient du télétravail! Mais où la faire? Je me dirige vers un café restaurant proche de l’église et explique mon cas, sans trop y croire. Et, à ma plus grande surprise, le patron accepte de me recevoir. Non seulement cela, mais, comme le restaurant n’ouvre pas ce jour-là, il me laisse la salle entière pour que je puisse procéder tranquillement à la visioconférence, afin d’éviter d’être dérangée comme ce pourrait être le cas dans la partie « salon de thé ».
Je profite donc de cet article pour le remercier, ainsi que son aimable personnel et le barman qui m’a préparé un délicieux Moscow Mule… Ah! j’allais oublier de donner le nom de ce bel établissement où je me suis promis de retourner pour un repas dans cette ambiance si sereine. C’est la Maison Oppoca.
Le temps a été trop court pour découvrir tous les trésors de ce bourg, il va donc falloir que j’y retourne lors d’un prochain séjour… ou que je lise cet ouvrage qui lui est consacré?
En ce mardi de juillet, marché de Saint-Jean de Luz, comme d’habitude. Ce qui a changé, c’est qu’il n’est plus question de faire comme naguère : acheter des huîtres au marché et se les faire apporter au bar voisin, pour les déguster avec un bon petit vin blanc. Quel dommage! Direction donc la Grillerie du Port, pour se rabattre sur les sardines grillées. Restaurant fermé… Incroyable, un mardi, et en pleine saison. Où aller déjeuner donc, pour profiter du bord de mer? Recherches sur le net… Une idée apparaît : je ne connais pas la Plage d’Erromardie. Or il y a un restaurant dont on dit le plus grand bien, avec, paraît-il, jolie vue mer : la Guinguette d’Erromardie. Appel. Réservation. Et me voici face à l’Océan, attablée à une sorte de « comptoir » donnant directement sur la plage, donc la mer.
Un délicieux gaspacho et, pour accompagner les sardines, un Xacoli, bien sûr!
Après un tel repas, une petite sieste s’impose. Or le restaurant offre des transats sur lesquels il fait bon s’affaler, un dernier verre à la main!
Je n’ai pas choisi ceux que vous voyez ci-dessus, car je leur ai préféré leurs jumeaux à l’ombre!
Et, si je perdais un peu la vue mer, je pouvais voir passer (et s’arrêter) piétons et cyclistes.
Hélas il fallut bien quitter cet endroit idyllique, non sans un dernier regard.
J’étais attendue, en ce début juillet, pour une nouvelle sortie sur la chaloupe dont je vous ai déjà parlé, le Brokoa (vous vous souvenez, celle qui est allée au Festival de Pasaïa?). Une communication au dernier moment : « je ne peux aider à la manoeuvre, mieux vaut donc que je ne vienne pas ». Mais une des responsables m’a gentiment dit « Un Doliprane, et hop, tu viens! pas question de partir sans toi! ». Me voici donc clopinant vers le quai où est amarré le bateau flambant neuf… enfin, j’exagère un peu, car elle a quand même près de 40 ans, cette réplique exacte d’une ancienne chaloupe destinée à la pêche… Mais les bénévoles de l’association Itsas Begia ont passé le mois de juin à la nettoyer, poncer, peindre, à changer des pièces, à effacer les traces de récentes mésaventures, bref, à la bichonner. Et c’est vrai qu’elle a fière allure, avec sa jolie « moustache ».
Avant le départ, le chef de bord inspecte et réfléchit…
Les amarres sont larguées, en route vers la sortie…
Un petit salut au cousin à vapeur, l’Alba.
Peu de vent dans la baie, c’est l’occasion d’une démonstration d’installation de la dérive. Pas trop de trois moussaillons pour la placer!
D’autres suivent les explications, confortablement installés…
La misaine et la grand’voile sont montées, mais le vent reste faible, et il faut manoeuvrer pour éviter l’Artha.
Les paris vont bon train. Besoin de virer de bord? ou on passe Sainte Barbe directement?
Une petite manoeuvre, et voici la pointe franchie sous l’oeil bienveillant de la Sainte.
Peu de vent au port, mais suffisamment au large pour monter les voiles et passer un excellent moment à longer la côte nord pour admirer de loin les falaises et la plage d’Erromardi (dont je vous parlerai dans un prochain article).
Hélas sortie écourtée car un des passagers devait rentrer tôt s’occuper de sa vieille chatte très malade… Retour donc vers le port, en longeant cette fois Ziburu.
Une fois à quai (ce qui n’est pas une mince affaire, avec le courant!), il faut ranger…
… ce qui prend un certain temps, car tout doit être impeccable. Bien « emballer » les voiles.
Déposer la barre entre les rangées de rames. Et elle est lourde!
Et voilà le résultat! On peut admirer la peinture récente!
Un dernier regard sur le bateau et sa belle moustache qui se mire dans l’onde…
Quel bonheur de naviguer sur cette « xalupa handi »! Et merci à Paule, Denis, Chabi et Pierre !
Elle ne s’appelle pas Marguerite (Emmanuelle, mais chut! ne le répétez pas!), mais a choisi ce nom en hommage à l’histoire de la Bourgogne. Elle? La sympathique patronne de ce lieu apaisant, reposant, tranquille, sis pourtant en plein coeur du bourg… Vous pouvez la voir ici, dans son établissement… Aussi « serein » que la rivière qu’il borde – enfin, le bief détourné de celle-ci, qui mène au moulin.
Un endroit où il fait bon se délasser, en se régalant d’une assiette de charcuterie ou d’escargots tout aussi bourguignons. Et, bien sûr, en dégustant un bon Chablis ou un Irancy, selon la couleur désirée. Mais on peut aussi apprécier la tarte salée du jour (en l’occurrence, une tarte à l’oignon, dont la recette picarde vient de la maman de l’hôtesse), ou encore un clafoutis aux cerises (locales, bien sûr!).
Tout est frais, soigneusement cuisiné par un agréable expert que l’on peut voir officiel dans la minuscule cuisine.
Et servi avec une amabilité extraordinaire par un homme qui a préféré se « déclasser » (il a été chef de rang, responsable, etc. dans de grands lieux parisiens) pour profiter de la vie à la campagne, au milieu des coteaux viticoles, plutôt que de continuer à courir et vivre en « décalé » avec son épouse en Ile-de-France.
Il ne reste qu’à prendre place aux mignonnes tables rouge brique…
… et observer les gardons et autres petits poissons jouant à travers les nénuphars et autres plantes aquatiques…
Et quand il fait froid ou qu’il pleut, me direz-vous? Eh bien, une grande salle voûtée vous accueille, avec un bon feu de bois, et même un coin-salon aux fauteuils invitant à la paresse. De quoi y venir et revenir!
Et les Français-es ne sont pas les seul-e-s à apprécier, comme l’atteste ce commentaire.
Dimanche en fin d’après-midi, direction Le Châtelet. Il y a encore de la place pour un spectacle, au dernier moment. Fait plutôt rare! Vite, frayons-nous un chemin dans la foule refoulée… par le service d’ordre qui encadre le retour de l’équipe du PSG vers le centre de Paris… et retrouvons-nous sereinement sur le rooftop du théâtre pour siroter un verre en attendant l’heure.
Elle arrive, il est temps de gagner la salle où se déroule ce dont j’ignore tout, n’ayant absolument pas vu de publicité sur ce spectacle.
Trois rangées de public, un piano devant, au centre, sous une estrade étroite et longue, telle qu’on les utilise pour un défilé de mode. Deux porte-manteaux avec des vêtements, une table, une chaise. Derrière, une photo en noir et blanc d’une salle de spectacle. Accrochée maladroitement, une feuille de papier où est tracé un triangle avec un oeil au centre – certain-e-s d’entre vous y verront peut-être un delta lumineux? Que vous ne verrez pas sur la photo ci-dessous, prise après la représentation, car elle a été déchirée. Et une proximité surprenante « scène »/piano/public (photo prise de ma place, au deuxième rang).
C’était dimanche. J’écris ce mercredi. Et je n’en suis toujours pas « remise ». Esthétiquement et émotionnellement. Un bijou. Une performance d’artiste exceptionnelle. Et un drame/drama comme on en voit peu. Retenez bien ce nom : Bertrand de Rouffignac.
Il « sidère », au sens fort du terme, tou-te-s les spectateurs/trices durant près de deux heures, accompagné de Guilhem Fabre, tantôt pianiste, tantôt acteur.
Nijinski revit à travers lui, magnifique, étonnant, inquiétant, et si beau, dans le sens grec du « καλὸς κἀγαθός », la Beauté tant physique que morale, la Beauté Pure. Je ne vous en dirai pas davantage, courez vite au Châtelet si vous êtes à Paris, car cela finit dans deux jours; sinon, tentez de le voir lors de la tournée, dont exceptionnellement je vous donne les dates et lieux ici.
« 6 JUIN 2026 / La Ferté-sous-Jouarre (Seine et Marne) 2 AOÛT 2026 / Betcave-Aguin (Gers), Festival Les Musicales des Coteaux de Gimone 12 AOÛT 2026 / Landéda (Finistère), Abbaye Notre Dame des Anges 29 AOÛT 2026 / Saint-Cierge-la-Serre (Ardèche) »
Olivier Py n’a pas fini de nous surprendre et de nous entraîner dans des univers saisissants!
Le terme « performance » m’a toujours intriguée. Qu’est-ce qu’une « performance »? A quelle aune l’évaluer? Jusqu’au jour où je me suis penchée sur le concept (oh combien « flou ») de « genre ». Et donc où j’ai dû affronter une langue que j’abhorre, l’anglais – eh oui, j’apprécie l’italien, l’espagnol, le portugais, l’allemand, l’arabe, mais pas l’anglais… dommage pour Shakespeare et Byron! Puis celui où j’ai découvert l’univers des Drag, qu’iels soient queen ou king. Et on en revient au bon vieux Shakespeare, puisque c’est dans un de ses textes que se situerait la première utilisation écrite de ce mot.
Au seuil de la victoire, Coriolan est persuadé par sa mère, Volumnia, d’épargner la ville, sachant que cela pourrait lui coûter la vie. Aufidius et ses complices complotent son assassinat. Coriolan retourne à Corioles, où il est assassiné. Rome honore Volumnia pour avoir sauvé la ville.
« VOLUMNIA I prithee now, sweet son, as thou hast said My praises made thee first a soldier, so, To have my praise for this, perform a part Thou hast not done before. »
Rassurez-vous, dans le cas dont je vous parle, l’acteur ne jouait pas sa vie. Mais il a « performé » dans ce sens. A savoir « interprété », « joué » son rôle – et, en l’occurrence, il y en a eu plusieurs car le personnage lui-même interprète les personnes avec lesquelles il se trouve en interaction. Ce qui fait qu’en étant seul, d’un bout à l’autre de la pièce, sur la scène, il réussit à convoquer plus d’une dizaine de personnes. On entend et voit ainsi un interne et celles et ceux avec qui il oeuvre quotidiennement, un patient, et toute une série de spécialistes : gastro-entérologue, pneumologue, cardiologue, urologue…. Et, bien sûr, LE « mandarin », entouré de sa cour de petits « bleus ». Il ne manquait que le/la psychiâtre. Eh bien, il le fait arriver à la fin! Je ne vous raconterai pas l’histoire pour ne pas la déflorer. Au cas où vous auriez été alléché-e par cette description.
Avouez que l’affiche est aussi alléchante! Malheureusement, je suis assez hermétique à ce genre de théâtre. Je cherche à me distraire, pas à revivre des épisodes plus ou moins douloureux de ma vie. Car j’ai fréquenté presque tous les hôpitaux parisiens. Pour mon frère, d’abord : Trousseau quand il était enfant, puis Tenon, La Salpétrière, Roussy et pour finir, Valenciennes. Pour moi aussi : Boucicaut, Pasteur (deux disparus!), La Salpétrière…
Mais j’aime l’humour noir. Une anecdote? Quand j’étais à Pasteur, on venait d’annoncer la prochaine fermeture de l’hôpital. Le personnel n’avait donc pas le moral. C’est moi, de la chambre où j’ai séjourné tout un mois de juillet, qui tentait de leur remonter. Et nous lisions ensemble les BD que j’avais apportées. En particulier Les femmes en blanc. Vous connaissez?
Un autre exemple? Pour moi, le film culte, c’est MASH.
Sans doute n’étais-je pas réceptive ce soir-là, car j’ai, pour ma part, fort peu ri. Mais aussi parce que, plus que noir, l’humour était souvent vulgaire, ce que je déteste. Les « pipi-caca », ce n’est pas pour moi. Ni les pets. Mais j’ai apprécié la satire de l’administration et de l’organisation hospitalières. Et les autres spectateurs/trices ont ri d’un bout à l’autre, et l’acteur a été salué par des applaudissements prolongés. Il les méritait. Car tenir à ce rythme, sur scène, pendant plus d’une heure sans interruption (or il est né une semaine après moi), en jouant tous les rôles dans une diversité de voix, de mimiques, de postures, de gestes, etc. n’est pas donné à tout le monde. Et Olivier Saladin est brillant dans ce que l’auteur, Daniel Pennac, qualifie de « monologue gesticulatoire ». Rien d’étonnant à ce qu’il soit ainsi ébouriffé à la fin! Quant à la présence de la voiture, je ne vous en dirai rien, bien sûr. Ni pourquoi il joue un médecin alors que le titre porte sur un malade… Allez voir la pièce!
Le principe est simple : une playlist de huit titres pour danser. Et un texte en huit parties, chacune devant se terminer par l’un des titres. A chaque fin de partie, tout le monde gagne la piste de danse et peut se défouler en dansant. En effet, un espace avait été transformé en piste de danse, à l’étage inférieur du musée.
Ensuite, assis à nouveau, on écoute, et ainsi de suite jusqu’à la fin. Les textes avaient été rédigés en deux jours par quatre artistes, dont l’une en résidence au Musée. Et ce sont cet écrivain et ces écrivaines qui les lisaient, en alternant en permanence. Il faut préciser qu’iels écrivent habituellement des textes pour le théâtre… L’une du groupe, d’ailleurs, a révélé à la lecture des talents de comédienne.
« Imaginé par Fabrice Melquiot, cette représentation unique, joyeuse et festive marie littérature, musique et danse. Quatre auteurs-performers, Virginie Barreteau, Pauline Sales, Eddy Pallaro et Mariette Navarro se réuniront la veille pour écrire une fiction collective inspirée du lieu qui les accueille, de leurs sensibilités croisées et d’une playlist de chansons dansantes et populaires. »
Je ne vous raconterai pas l’histoire de Morgane, une fille d’Issy, bien sûr, la ville qui nous accueillait… Mais ce fut suffisamment intrigant pour que tout le monde reste jusqu’à la fin. La soirée s’est terminée pour les un-e-s en prolongeant la soirée dansante, et pour les autres en continuant la visite du musée. Ce qui fut mon cas, et j’en profitai pour me nourrir de la richesse et de la variété des fonds.
D’abord, revenons aux cartes et à leur graphisme souvent très fin. Revenons au point de départ, l’Inde et la Perse, et l’on découvre que des cartes pouvaient être rondes…
Les cartes sont classées par continents, puis pays…
Ci-dessous, ce sont les membres des familles royales de 4 pays européens qui jouent les « nobles ».
Les signes du Zodiaque font aussi l’objet de cartes.
Mais il n’y a pas que des cartes, dans ce musée. Et j’ai particulièrement apprécié les nombreux livres qui y ont trait, au travers des siècles (excusez la mauvaise qualité de certaines photos, mais il fait assez sombre pour ne pas abîmer les couleurs, et les lumières se reflètent dans les vitrines).
Le musée présente également une série de tableaux où l’on voit jouer aux cartes…
Certains tiennent de l’allégorie…
Quand on n’a pas le tableau, on le présente photographié, pour illustrer des explications.
Enfin, n’oublions pas les objets. Utilitaires, comme ceux qui servaient à fabriquer les jeux ou à les ranger, et certains très esthétiques.
Je n’avais malheureusement plus de batterie et ne pouvais continuer à photographier…
Après cela, une halte au Café d’Issy, dont il avait été question dans la pièce, pour un Mojito et une soupe de fruits avec glace. Une excellente soirée, loin de la foule qui envahit ce soir-là les musées parisiens! Un seul regret : la playlist était très « années 90 », entre disco et rap. Donc peu adaptée au public plutôt vieillissant… Mais je ne voudrais pas finir sans signaler l’exceptionnelle gentillesse de l’ensemble du personnel, fait assez rare dans un musée hélas…
Voilà bien longtemps que je rêvais d’aller visiter ce musée… Or, pour la Nuit des Musées, il offrait une programmation alléchante : mini-visite ludique, tirage de cartes, cocktail, et « bal littéraire » – une notion qui m’était tout à fait inconnue! Ce fut donc l’élu dans la longue liste des musées qui présentaient chacun des programmes intéressants. Direction donc Issy-les-Moulineaux.
La promenade entre la station de métro et le Musée me réserva une surprise…
Cela vous rappelle quelque chose? Eh oui, il y en a une autre du même artiste dans le parc de l’Ile Saint Germain… elle a provisoirement déménagé!
Ici, la statue monte la garde devant l’Hôtel de Ville.
Le Musée jouxte une belle bâtisse…
Celle-ci était naguère un simple pavillon d’entrée inclus dans la propriété des Princes de Conti.
A l’entrée du musée, je retrouve Dubuffet et comprends pourquoi il est arrivé « en ville ».
Malheureusement, il est tard et l’exposition est fermée. Mais le reste du musée est bien ouvert, et accessible gratuitement. Et je ne fus pas déçue. D’abord, parce que le musée est extrêmement bien conçu et passionnant. Ensuite, parce que la visite fut à la fois ludique et fort riche. Enfin, parce que je suis finalement restée jusqu’au bout, et même au-delà du « bal littéraire ». Par contre, je n’ai vu aucune cartomancienne. Et si le cocktail a bien eu lieu, il n’était pas très convivial. Mais c’est souvent le cas!
Revenons donc à la visite du musée, dans un premier temps. De petits groupes étaient constitués, et trois cartes tirées au sort. L’une, un « personnage », la deuxième, un « pays », la troisième, une action. En l’occurence, ce fut « tigréléphant », « Turquie » et « lire un livre ». Il fallait repérer, dans les trois niveaux du musée, les cartes dont les illustrations étaient extraites (heureusement, la guide nous a « contenus » dans des espaces restreints pour chaque carte).
La première était un détail (encadré en verre) d’une carte indienne. Le jeu entier est superbe. Il fait partie de ce que je nommerais « jeux-oeuvres », travail fin et esthétique garantie.
De cette section « Cartes du monde entier », située au deuxième sous-sol, nous sommes remontés au premier pour les jeux pédagogiques, afin de trouver la carte d’où était extrait ce détail.
Un jeu superbe, dans un coffret d’une taille impressionnante…
La troisième carte représentait un pendu en train de lire.
Les habitué-e-s reconnurent tout de suite une carte de tarot. Or les tarots sont… au deuxième sous-sol! Hop, on redescend.
Il s’agit d’un jeu imaginé par un artiste anglais, en 1973.
Mais il cache un second jeu, qu’un bouton permet de faire apparaître, et qui est dû à Dali. Vous avez bien lu, oui, Dali.
J’aurais envie de vous présenter plus de choses, et vous relater tout ce que nous avons appris, mais cela nous entraînerait trop loin!!! Une fois les trois cartes identifiées et les explications apportées sur le contexte, écrire une phrase avec les trois contenus. Ce que nous fîmes…
J’ai été, pour ce qui me concerne, particulièrement intéressée par les jeux de tarot et surtout par les cartes à vocation « pédagogique », qui apportent énormément d’informations sur les représentations des autres pays et peuples à travers les époques. Notre équipe n’a pas gagné le prix de la phrase, mais nous nous sommes consolé-e-s en considérant que le tirage au sort ne disait rien de la valeur des phrases (rires)… Ensuite, cocktail, puis commence le « bal littéraire ». Mais c’est une autre histoire…