Les mythes et légendes du Pays Basque, à découvrir à Irissary. 1. La Commanderie d’Irissary

J’ai évoqué dernièrement la découverte de Bidarray. Ce n’était qu’une halte, cependant, sur la route qui me menait à Irissary, où un concert avait lieu à l’Ospitalea.

J’ai raté le concert pour cause d’excellent repas (je vous en parlerai dans un autre article), mais pas la visite des lieux, qui abritent en ce moment une exposition qui m’a hautement intéressée, sur la mythologie basque. Il n’est pas trop tard pour y aller si vous le pouvez, car elle perdure jusqu’au 10 octobre.

Vous pouvez par ailleurs la découvrir sur le site officiel. Moi qui ai baigné depuis mon enfance entre mythologies mésopotamienne, égyptienne, grecque, romaine et mythologie celte, puis, par la suite, en ai découvert d’autres, j’ai été extrêmement intéressée par ce que j’y ai appris, et me suis bien promis d’approfondir quand j’en aurai la possibilité… En attendant, je vais simplement vous relater ce que j’en ai vu et entendu. Entendu, car on peut passer des heures dans les lieux, à écouter les histoires racontées pour chaque personnage, ou les entretiens avec les spécialistes. Je n’ai pas compté les sièges avec écouteurs, mais ils sont extrêmement nombreux… Beaucoup d’entre eux sont des « coussièges » qui, encadrant les fenêtres, permettaient d’observer l’extérieur. Tant par sécurité que par curiosité…

En effet, l’exposition se fait dans une ancienne Commanderie.

« Située au cœur du Pays basque, en Basse Navarre, cette commanderie a été construite au XVIIe siècle par les Chevaliers Hospitaliers de l’Ordre de Saint-Jean-de Jérusalem, aussi connu sous le nom de l’Ordre de Malte.

Les chevaliers s’installent à Irissarry dès le XIIe siècle dans le but d’exploiter les terres agricoles aux alentours. Le fruit de ce travail servira à financer les actions de l’Ordre en Palestine et en Méditerranée, pendant les croisades et les guerres successives. (…)

Le bâtiment visible aujourd’hui à Irissarry date pourtant du XVIIe siècle. L’ancienne commanderie étant en très mauvais état, elle est entièrement remplacée par une construction neuve administrée par le nouveau commandeur d’Ospitalea, le navarrais Don Martin de Larrea, dont le nom apparaît sur l’inscription au-dessus de la porte d’entrée. »

Dès l’entrée, le ton est donné.

Deux caractéristiques sautent aux yeux des visiteurs qui pénètrent dans les lieux : un audacieux mélange de contemporain et d’ancien, et une volonté de communication pour tous les niveaux d’âge et de culture. Ce qui donne des espaces vastes et clairs.

La salle où avait eu lieu le concert que j’ai raté était encore, au début de ma visite, occupée par les sièges…

… Mais elle était vide lorsque je suis redescendue des étages supérieurs…

Une restauration et une rénovation que j’ai trouvée très réussie, et qui laisse place à toutes sortes de manifestation, comme, en ce jour, concert et exposition.

L’escalier est particulièrement esthétique dans son dépouillement.

J’ai moins aimé une pièce « fonctionnelle » où la belle cheminée a piètre allure.

Les enfants sont les bienvenus, cela se sent dès l’entrée, et se confirme, au premier étage, avec une pièce qui leur est visiblement destinée et montre des traces d’activités culturelles et ludiques.

Les fenêtres ouvrent sur l’environnement, village blotti sous l’aile du Commandeur, et montagnes dans le lointain…

Au moment où je lisais ces lignes, ce n’était pas les rires des enfants que j’ouïssais, mais le bruit d’un jeu… ce qui se confirma à la sortie, devant un tableau digne du passé… si l’on excepte le véhicule… Le village admirais et applaudissais ses jeunes…

Itsas Begia aux Journées du Patrimoine

Comment, pour une association dont l’objet est justement de préserver le Patrimoine maritime, ne pas participer aux Journées destinées à maintenir la mémoire de nos régions? Elle était donc bien présente en ce week-end des 19 et 20 septembre, à la fois sur le port de Saint-Jean-de-Luz et sur celui de Socoa, où jusqu’à présent elle dispose d’un chai (hélas sans doute plus pour longtemps…) pour y abriter ce qui pourrait largement meubler un musée destiné à retracer l’histoire des ports et des marins du coin…

Jugez-en plutôt! Pas moins de 6 bateaux reconstitués ou entretenus, baleinier, xalupa, batel, etc… Les deux que vous voyez ci-dessus ont été sortis de l’eau pour la circonstance car, comme le Brokoa, ils naviguent pour le plus grand plaisir des membres et de leurs invité-e-s. Je vous présente donc l’Itsas Begia, éponyme de l’association.

Vous pouvez voir naviguer le batelleku quadragénaire ici, à Pasaïa en 2026, ou encore sur Wikipedia. C’était il y a 20 ans!

Son petit voisin est le canot Louis Auguste. A l’intérieur, trois embarcations en exposition… D’abord, le Guilherme, une fière baleinière classée Monument Historique.

La fiche ci-dessus est extraite de la base Palissy.

Près d’elle, deux petits frères…

En bas, l’Ago Lo.

Il est présenté en ces termes par la DRAC de la Nouvelle-Aquitaine.

« Ce batteleku Ago Lo retrouvé dans la vase du port de Socoa fut construit à Socoa en 1948 au chantier naval Ortiz-Ordoqui. Conçu pour l’aviron en priorité, sa coque est d’une rare finesse. Les autres, en général construits pour la navigation à la voile, avaient une coque plus large. Restauré par Jean-Pierre Laquèche aidé par les frères Ordoqui, un moule précis en est tiré qui sert à en réaliser une petite série dès la fin des années 1980 par le chantier Ordoqui et le chantier Marin[5]. Ago Lo est le père de la lignée actuelle. » (Wikipédia)

Au-dessus de lui, le Martina.

Triste spectacle que ce bateau en pièces détachées, plus ou moins abîmées…

Ayant appris son nom, le « Marinela », j’ai cherché à savoir à quoi il ressemblait… Le voici, selon l’inventaire du patrimoine, ce thonier-sardinier en si piteux état.

Né en 1955, il avait été classé, mais a été déclassé en 2002.

« Construit à Ciboure-Socoa par le chantier naval Hiribaren Frères et lancé le 28 décembre 1955. Bâteau classé en date du 6 septembre 1993. Vu les arrêtés en date du 7 juin 2002 pour le classement des bateaux Aïrosa et Patchiku à Saint-Jean-de-Luz et considérant l’important état de dégradation du Marinela, il est déclassé le 7 juin 2002. »

Un autre bateau conservé dans ce local a été incendié par malveillance hélas. Je n’ai pas pu voir tous les objets qui permettent de retracer les activités des marins et des autres acteurs et actrices autour de la navigation et de la pêche, car le local est trop exigu pour qu’ils puissent être exposés. Mais en voici quelques-uns, saisis là où ils se trouvent, ce qui explique parfois les erreurs de cadrage. D’abord, un coffre que l’on lançait aux marins tombés à l’eau, pour qu’ils puissent s’y accrocher… Puis une bouée de sauvetage…

J’ai apprécié pour diverses raisons les objets qui suivent…

… y compris ces bottes faites avec du caoutchouc. Elles m’ont rappelé les chaussures faites en Guinée à partir de chambres à air!

Nous avons donc accueilli des visiteurs de diverses régions de France et d’Espagne, et j’ai même eu le plaisir d’échanger avec un apiculteur du Cantal sur la qualité des bois!

Pendant ce temps-là, d’autres adhérent-e-s recevaient également beaucoup de visites, sous un barnum blanc malheureusement un peu exigu, non loin de la Grillerie du port de Donibane-Lohizune.

Laurent Etchandy, le président, avait préparé une scénographie autour de la construction des bateaux, et il paraît (je n’ai malheureusement pas pu y assister) que c’était passionnant.

Un peu plus loin, l’équipage du Brokoa, dont parle l’article ci-dessus, emmenait promener les personnes qui avaient réussi à s’inscrire suffisamment tôt. En effet, la demande a largement dépassé les possibilités limitées d’accueil à bord. Quelques mots recueillis sur le quai m’ont permis d’apprécier d’une part le plaisir de celles et ceux qui revenaient de la promenade, et le dépit des autres, laissés à terre… Quoi qu’il en soit, trois journées intenses pour l’équipe d’encadrement et les « petites mains » comme moi!

Bidarray, une jolie surprise

En direction de l’est pour assister aux Journées du Patrimoine, un arrêt sur la route m’a conduite au sommet d’une petite colline dont les pieds se baignent dans la Nive. Et je n’ai pas été déçue, loin de là. Ce bourg, encadré de sommets plus ou moins élevés, respire le calme et la sérénité.

Le fier fronton accueille les visiteurs, face à l’église au porche effrontément roman.

Pénétrons dans celle-ci, pour y trouver, sans surprise, les tribunes traditionnellement réservées aux hommes.

Peu de décorations, l’édifice est beaucoup plus sobre que nombre d’autres aux retables dorés. Mais des statues de bois aux lignes épurées, qui m’ont conquise, comme cette Vierge à l’Enfant.

L’orgue surplombe le portail de sortie, dont la porte ouvre sur le village en contrebas.

L’église est entourée du cimetière, où voisinent tombes « classiques »… quoique très originales, avec ces photos ou gravures qui retracent la vie des personnes, souvent entourées d’animaux…

ou au contraire d’une grande sobriété, comme celle-ci où la disposition des pierres m’a intriguée…

et discoïdales, aux lignes épurées,

parfois datées,

et parfois rassemblées en une sorte de cromlech.

Alignées le long du mur, une série de petites tombes évoque l’enfance.

Mais peut-être n’est-ce pas cela? quittons ce lieu de repos, avec une si belle vue sur les montagnes avoisinantes,

et commençons la descente vers la rivière, pour admirer une maison aux lignes pures, qui la domine.

Mais pas trop bas, rebroussons chemin pour revenir vers l’auberge à la terrasse agréablement ombragée (je me suis promis d’y aller déjeuner un jour de soleil),

puis longer d’autres terrasses

et des jardins

parfois habités… de poules…

pour grimper jusqu’à un bâtiment plus imposant qui domine l’ensemble.

Qu’est-ce?

Eh oui, l’école, comme indiqué sur l’affiche visiblement dessinée et peinte par les jeunes écoliers. Il est temps de regagner la voiture, non sans un dernier regard à l’environnement apaisant.

En bas, c’est, comme dit en introduction de cet article, la rivière qui attend le passant, avec son vieux pont romain aux trois voûtes qui permettait aux pélerins de la franchir…

Ravel et la musique espagnole. Belle découverte de jeunes talents

Ciboure est désormais bien repérée pour les manifestations autour de Ravel, qui aimait y séjourner, et en particulier le Festival Ravel. Je viens de découvrir qu’il existe aussi, depuis peu, un « hors-les-murs », un « off », selon l’expression consacrée en Avignon naguère.

Et celui-ci permet notamment à de jeunes interprètes de jouer en concert dans divers lieux. Avant-hier soir, c’était à la chapelle d’Amotz, à Saint-Pée-sur-Nivelle, qu’iels se produisaient.

Pourquoi l’Espagne? Outre, bien sûr, le fait que le Pays Basque ne connait pas de frontière entre les deux pays. Les rapports entre le compositeur et ses pairs outre Pyrénées constituaient cette année le fil directeur du festival qui s’est déroulé fin août et début septembre, et dont le « off » est en quelque sorte la prolongation, une mise en perspective du devenir des artistes de l’Académie Ravel. Voici l’introduction sur le site du festival.

« Au crépuscule du XIXe siècle, la musique espagnole devient un horizon créatif. D’Isaac Albéniz à Manuel de Falla en passant par Enrique Granados, c’est toute une génération de compositeurs et interprètes espagnols qui travaillent au tournant du XXe siècle, pendant quelques années fertiles à Paris à ce qui deviendra la « musique espagnole moderne ». Contemporains de Ravel et Debussy, ils vont permettre un nouvel âge d’or de la musique espagnole. Le pianiste Ricardo Viñes, trait d’union entre Ravel et Falla, introduisant ce dernier au sein du groupe des Apaches réuni autour de Ravel, fera naître une amitié et une admiration artistique mutuelle. Cette école espagnole « de Paris » dépasse la seule musique, et s’illustrera aussi avec des peintres comme Juan Gris, Pablo Picasso ou Joan Miró.

À l’occasion du cent cinquantième anniversaire de Manuel de Falla en 2026, le Festival Ravel vous propose de faire le voyage entre Espagne moderne et Espagne rêvée.« 

C’est donc la naissance de Manuel de Falla qui fut prétexte à désigner cette thématique, 150 ans plus tard. Si vous me permettez une petite parenthèse : en cherchant à en savoir plus, j’ai découvert que mon frère, compositeur, est né le même jour que lui, un 23 novembre… Mais revenons à notre sujet, le concert de ce vendredi 18 septembre 2026, dont le programme m’a quelque peu surprise car je n’y trouvai aucune pièce de Ravel!

Mais ce fut un moment délicieux (si l’on excepte l’inconfort absolu des sièges de cette jolie petite chapelle). Deux pianistes déjà virtuoses malgré leur jeune âge, et trois archets merveilleusement agiles dans les mains de trois jeunes filles (violon, alto et violoncelle), elles aussi virtuoses en herbe. J’étais malheureusement mal placée pour prendre des photos, mais je tiens à vous présenter ces artistes.

C’est Vincent Martinet qui a ouvert le concert, en jouant Albaniz, l’un de ceux qui ont aidé de Falla lors de ses débuts difficiles à Paris.

C’est « À Paris, Falla reprend contact avec Joaquín Turina, qui lui trouve une chambre rue de Belloy[31]. Ses débuts sont difficiles : il doit même collecter des coupons de journaux pour obtenir de la nourriture gratuite[32]. Il commence par gagner sa vie comme pianiste d’une petite troupe de pantomime qui joue L’Enfant prodigue d’André Wormser, et effectue des tournées en France, en Belgique, en Allemagne et en Suisse[33]. Peu après son arrivée à Paris, il rencontre Paul Dukas, qui le présente à Isaac Albéniz et Claude Debussy[34]. Grâce à une lettre de recommandation, il fait également la connaissance de Ricardo Viñes, qui le présente aux Apaches, un cercle de jeunes musiciens d’avant-garde dont fait notamment partie Maurice Ravel[35]. Toujours par l’intermédiaire de Viñes et d’Albéniz, il fait la connaissance d’Alexis Roland-Manuel, a accès à d’autres cercles culturels parisiens et rencontre d’autres artistes espagnols de la ville, tels qu’Enrique Granados, Pablo Casals, Miguel Llobet, Ángel Barrios, Enrique Fernández Arbós, Josep Maria Sert et Pablo Picasso[36]. Pendant cette période, il gagne sa vie en donnant des leçons de piano et en faisant des tournées de concerts[37]. »

J’ai (mal) réussi à « saisir » le pianiste en train de se préparer, en compagnie de la violoncelliste vénézuélienne Maria-Andrea Mendoza.

Hélas pas de photo claire de Thom Poirier, mais on le voit ici quittant le piano, après avoir joué en compagnie de la violoniste Noemi Gasparini, une jeune italo-mexicano_française, que je n’ai malheureusement pas pu bien photographier en raison de son placement.

Par contre j’ai toute une série de l’alto, Cassandra Teissedre, qui se situait pile au milieu…

Un très beau concert, et des moments émouvants, envoûtants, comme d’autres plus entraînants, voire dansants.

Sur les traces du passé : photos anciennes de Saint-Jean-de-Luz

Vous n’êtes pas sans le savoir, ce week-end voit revenir les Journées du Patrimoine, avec deux axes : le patrimoine menacé, et le patrimoine en photographies. Or deux des associations auxquelles j’adhère au Pays Basque organisent des manifestations sur ces thématiques. Aujourd’hui, je vous parlerai de Giltzarri, qui expose à la Villa Ducontenia de nombreuses reproductions ou authentiques photos de Donibane Lohizune.

L’accueil est sympathique, et de jolies tables décorées annoncent le pot offert à l’occasion du vernissage de l’exposition. Dès l’entrée, affiches et photos s’offrent au regard.

Au fond de la salle, une exposition d’albums familiaux et d’appareils de jadis guident vers un diaporama que j’ai pu admirer de 1 à Z, avec d’innombrables photos retraçant la vie de la ville au début du 20ème siècle.

Sur les murs, des reproductions des photos les plus anciennes.

Et d’autres un peu plus récentes, dont la thématique est plutôt l’accueil touristique depuis cette époque, avec hôtels, restaurants, cafés, et même pistes de danse.

Deux jeux sont proposés pour prolonger la visite de manière ludique. Le premier consiste à retrouver les édifices photographiés naguère.

Quant au second, il vous sollicite en tant que photographe vous-même…

A voir absolument ce week-end, parmi les nombreuses propositions de ces Journées du Patrimoine.

Une éclipse qui s’éclipse…

Je parlais hier sur la Gazette que j’édite pour mes hôtes niçois de « battage médiatique », et il semble que c’en fut bien un.

Certes, une éclipse a eu lieu.

Mais ici, sur la Côte, elle ne fut pas visible longtemps, en raison de l’heure et de l’inclinaison qui la faisait passer rapidement derrière quelques reliefs, puis l’horizon. Et la « sombritude » (un de mes néologismes que connaissent bien celles et ceux qui lisent mon blog) ne s’est pas remarquée, car confondue au crépuscule.

Pourtant, je suis bien allée à la Garoupe comme il était recommandé par les journaux locaux. Pourtant, j’ai bien assisté à ses débuts. La preuve ? En photos, la voici… Mais on ne voit l’éclipse que grâce à un défaut de mon Iphone qui prend toujours un double de l’astre photographié. Regardez, vous allez le voir en petit, et en vert. Et là, vous verrez bien l’ombre de la Lune.

.

Et ce n’était pas mieux sur la Côte Basque, vu la (très belle, par ailleurs) photo envoyée par mes amis qui s’étaient rendus à San Sébastian…

ou celles et ceux qui étaient à bord du Brokoa, en mer au large de Saint-Jean-de-Luz… Quant aux jeunes hôtes qui l’observaient de la Villa niçoise, iels n’en ont rien vu à cause des crêtes près de Valberg!
Et voici l’extrême « sombritude » observée à l’heure où l’éclipse devait être complète, à défaut de totale (95%), telle qu’observée à Antibes. Je vous laisse en juger avec cette vue de la Garoupe, après notre abandon de poste sur le cap d’Antibes et le retour vers la cité que j’apprécie (plutôt hors saison, il faut bien le dire!)

Lizarra

Vous en avez déjà visité l’église et ses environs, mais je ne résiste pas à l’envie de vous faire découvrir le charme de ce bourg si serein en cette journée d’été. Pourquoi cette impression de sérénité? Je ne saurais le dire… Peut-être parce qu’il est traversé par un cours d’eau très calme?

Ou parce que l’ambiance y est tout à fait particulière, douce et agréable? Ou parce qu’il fait bon voir des êtres humains traîner dans les rues, aux terrasses des cafés ou sur les placettes, sans se presser, sans téléphoner ou surfer sur le net? Simplement en conversant ou lisant?

Les détails fourmillent, qui évoquent la vie des habitants, voire leur métier…

Et l’Histoire est omniprésente.

Ainsi que l’environnement naturel et culturel, rappelé par de nombreux panneaux.

Ce début du texte a été écrit voici quelques temps, et je prie mes fidèles lecteurs/lectrices de m’excuser du retard apporté à sa publication… et par voie de conséquence à celles des articles suivants. J’attendais les photos prises par les personnes qui m’y accompagnaient, car mon Iphone étant à cours de batterie, je n’ai pu en prendre. Je les remercie de me les avoir envoyées hier, ce qui permet de finir ce jour…

Reprenons donc notre promenade avec ces images gentiment partagées.

Ce jour-là, le bourg est en effervescence. Visiblement, une fête s’y prépare et chacun s’active.

Mais d’autres profitent tranquillement de la fraîcheur sous les arcades.

Une échappée fait revoir, de loin, l’église visitée précédemment.

Je ne puis hélas vous montrer davantage d’images, et vous promet de retourner les prendre, d’autant que je n’ai pas tout vu, loin de là, de cette ville chargée d’histoire. Même pas le Palais de Rois de Navarre! Et peu du quartier juif qui la ceint. Ce sera donc pour une autre fois…

D’Urrugne à Ainhoa. 3. L’église de Lizarra

Je vous ai abandonné-e-s voici quelques jours à l’entrée de l’église. Il est donc largement temps d’en découvrir l’intérieur. Qui regorge d’éléments décoratifs en tout genre! Pénétrons donc par le portail roman tardif hyper-décoré bien caché, comme nous l’avons vu, par un portail beaucoup plus sobre…

A droite de l’entrée, un Christ sur un tombeau, figure relativement rare, me semble-t-il…

Découvrons maintenant la nef et le choeur.

Pour que vous compreniez mieux, un plan photographié dans l’église.

Et un commentaire pris sur le site de l’office du tourisme de la ville.

« L’église est dotée de trois nefs qui terminent par trois absides à l’extérieur et deux de plus a l’intérieur. Les voutes des bas-côtés sont à croisée d’ogives (xive siècle) et celles de la nef centrale sont des voutes en étoile de style gothique (xvie siècle). »

Il est vrai que les « plafonds » sont remarquables.

Avançons un peu dans la nef…

Deuxième surprise : deux chaires symétriques.

Cela signifie-t-il que les sermons se prononcent tantôt à droite, tantôt à gauche? Ou n’est-ce qu’un choix architectural? Un troisième étonnement devant la quantité impressionnante d’anges et angelots. Je crois n’en avoir jamais vu autant, même à Nice et en Ligurie!

Les évangélistes sont repérables à leur plume…

… et l’on peut se questionner sur le genre de Saint Jean.

Nombreuses sont les statues, et chacune interpelle, en particulier par l’expression des visages, mais aussi par tel ou tel détail, comme le petit diable tranchant avec l’angelot.

Et, pour en finir avec les « bouche bée », les statues de la Vierge, de la plus sombre aux plus « rayonnantes » (sens propre comme figuré!)…

Avant de quitter les lieux, un regard sur l’orgue, de taille relativement modeste, qui m’a également intéressée par ses tuyaux horizontaux.

En rédigeant cet article, j’ai découvert le sens de « chamade » !

“Tuyaux en chamade”

Expression pour parler de tuyaux à anches placés horizontalement et en dehors de l’orgue, généralement sous la façade, c’est-à-dire près du sommier. Dans ce cas le son de ces tuyaux est projeté directement vers l’auditeur, ce qui produit un effet surprenant et éclatant. Cette manière de faire provient des orgues espagnols du XVIIIe siècle où l’on trouve les Trompettes de Bataille faisant l’écho aux Trompettes réelles installées verticalement dans l’orgue. On a également placé horizontalement des jeux d’anches à pavillon court. (source)

Un dernier détail amusant dans le baptistère : les fonts baptismaux sont surmontés d’un couvercle. Un système à poulie mobile permet de l’ouvrir et le fermer…

Ingénieux et néanmoins élégant, non?

Quittons l’église San Miguel pour le centre du bourg, que je vous présenterai prochainement…

D’Urrugne à Ainhoa : 2. Lizarra et son église (extérieur)

A l’arrivée dans ce bourg, une découverte très pragmatique : ils ont eu l’excellent idée de faire des places de parking couvert, en plein air, sous les espèces de HLM à l’entrée de la ville! Donc stationnement gratuit… et ombragé… Le must, non, par ces températures légèrement élevées? C’est donc à pied que je m’engage dans la visite de ces sites inconnus. Beaucoup de travaux, on se croirait à Paris! Mais aussi quelques maisons délaissées, telles que celle-ci.

Une énorme église domine la cité.

C’est donc la direction que je prends pour monter, à travers les jardins donc certains sont plutôt potagers…

tandis que d’autres relèvent plutôt de l’agrément.

Une jolie grimpette!

Enfin le replat… Bon, à gauche, impasse : la porte est fermée. Tentons la droite.

Une spécificité pour l’édifice enfin atteint : un porche sobre en cache un second nettement plus baroque.

Avant de les franchir pour visiter l’intérieur, faisons le tour du bâtiment.

Et là, belles surprises. Notamment dans tous ces hauts-reliefs de la façade d’une sorte de tour…

Par contre, impossible de contourner l’ensemble : le chemin se termine dans une sorte de guérite.

Revenons donc vers le porche, par un merveilleux chemin au pavage bien usé…

Comme vous le remarquez, le second porche est nettement gothique, alors que jusqu’à présent vous avez surtout vu du roman… Dans le prochain article, nous découvrirons l’intérieur…

D’Urrugne à Ainhoa. 1. Une chapelle en bord de route

Je vous ai parlé d’Ainhoa tout récemment, mais ai omis de présenter la route qui m’y a conduite. Celles et ceux d’entre vous qui connaissent le coin se diront « Mais voyons, il n’y a qu’une demi-heure de route! »… Certes. Mais celles et ceux d’entre vous qui lisent ce blog depuis longtemps savent à quel point j’ai le chic pour faire « route buissonnière ». Ce fut le cas ce jour-là, où, partie de Saint Jean de Luz à mi-journée, j’avais décidé d’explorer le Pays Basque hispanophone. C’est ainsi qu’après avoir longé la Bidassoa avec toujours autant de plaisir, je bifurquai vers un petit bourg dont le nom m’interpellait : « Lizarra », alias « Estella » en espagnol. « Lizarra », cela peut avoir trait à « ville ancienne » ou « église ancienne » (et son existence est déjà attestée à l’époque romaine) , mais aussi évoquer le frêne, arbre très répandu dans ses environs. Toutefois, comme vous venez de le lire, c’est plutôt le sens d’ « Etoile » qui a été retenu.

« La légende rapporte qu’en 1085, des bergers alertés par une pluie d’étoiles, miraculeuse, découvrirent la statue dite de Notre-Dame-du-Puy. Et depuis ce temps-là, le bourg primitif, dont il est fait mention, à l’époque romaine sous le nom de Gebalda, fut appelé Estella, nom proche du terme castillan estrella, étoile. En tout cas, pour les pèlerins, la ville était Estella Bella, Estella la belle et la Basilique de la Vierge du Puy veille sur la ville.« 

Le chemin français de Saint Jacques de Compostelle passe par cette bourgade, c’est sans doute ce qui explique le nombre important de randonneurs croisés, et cette jolie chapelle, au bord de la route, qui ne compte pas moins de 5 croix dans son environnement.

Hélas elle est fermée, mais cela vaut la peine d’en faire le tour! Jugez-en vous-même…

Intrigant, non? Approchons-nous…

Si l’un-e d’entre vous connaît la signification de ce symbole, merci de me la donner en commentaire… Je me suis cru revenue dans l’Atlas, lorsque je travaillais sur les gravures rupestres! Et d’autres surprises m’attendent…

C’est avec regret que j’abandonnai ce coin idyllique pour poursuivre vers le bourg…