À la Une

La poésie comme clef…

En ces nouveaux temps, où les un-e-s vont être débordé-e-s, y compris de responsabilités, et les autres dépossédés de leur travail, de leur art, de leur public, je choisis de me servir de ce blog pour que nous partagions les poèmes que nous aimons, afin que, chaque jour, ils ouvrent une clef sur l’espoir, la liberté, l’amour.

N’hésitez donc pas à contribuer, je voudrais que cet espace soit celui de toutes et tous…

Rendez-vous donc dans la partie « Plaisirs de la lecture ».

Et, comme je ne peux désormais plus aller admirer les expositions, voyager, me prélasser dans des bars, me régaler dans des restaurants ni assister à des spectacles, la source va se tarir. Heureusement, j’ai de nombreux articles non achevés (voire non commencés) sur ce que j’ai vécu ces derniers mois. Je vais pouvoir « me remettre à jour ».

Et je tenterai de vous envoyer un peu d’air marin et de vous faire entendre et/ou voir les limicoles et autres oiseaux marins… à l’exception de l’albatros… pour en revenir à la poésie. Où sont les hommes que leurs ailes de géant empêchent de marcher???

À la Une

Partager pour multiplier…

En bonne hédoniste que je suis, j’aime partager les plaisirs pour les multiplier, voire démultiplier.

Ce blog est donc une tentative, effectuée sur les nombreuses suggestions de mes copains, qui ont bénéficié seuls jusqu’à présent de mes « articles »…

S’il n’y a que du masculin dans la phrase qui précède, ce n’est pas pour suivre les règles obsolètes de grammaire, qui veulent que « le masculin l’emporte sur le féminin » (sic!) mais bien parce que mon univers affectif est essentiellement masculin.

Mais j’ajouterai du féminin pour les membres de la famille et pour les ami-e-s… Donc, reprendrai-je, voici un blog destiné à permettre de tout un chacun (peut-on dire « toute une chacune »???) de partager mes découvertes et mes impressions, lors de mes nombreuses errances ou excursions.

Vous trouverez donc du sérieux mais aussi du moins sérieux, de la doc mais aussi de la provoc, des infos et des émotions… L’essentiel est que vous preniez autant de plaisir à le lire que moi à l’écrire!

Jules Bastien Lepage

J’ai le plaisir depuis quelques temps de voir ce blog enrichi par les commentaires d’un inconnu, dont j’avais découvert voici peu le blog « Un jour Un tableau », blog que j’ai évoqué ici.

En relation avec le poème de Théodore de Banville publié ce matin, il m’a proposé d’aller voir les tableaux d’un peintre dont j’ignorais le nom, Jules Bastien Lepage.

Hay Making - Jules Bastien-Lepage
Les foins (1877)

Je me suis donc documentée sur cet artiste, et ai découvert son originalité, qui m’a fait comprendre pourquoi il plaisait à mon mentor…

La récolte des pommes de terre
Source

Il n’a fallu qu’une dizaine d’années pour que ce peintre, décédé à 36 ans, marque son époque. Il faut dire que le graphisme est étonnant, innovant. L’alliance d’une forme de classicisme, de touches d’impressionnismes et d’un dessin très pur et lisse parfois est déroutante, intrigante.

Comme si l’artiste trahissait dans ses oeuvres les tensions à la fois internes et externes… La passion et la paix ? Le bonheur et la souffrance ? Le corps et l’âme ?

J’ai glissé dans cet article quelques oeuvres que j’ai particulièrement appréciées, mais il en est d’autres tout aussi intéressantes et/ou touchantes, à vous de les découvrir… Je n’ai notamment pas traité des portraits, parfois tout aussi surprenants.

Si vous voulez en découvrir davantage, voici un diaporama sur fond de Gymnopédie…

« Baisé par l’air des solitudes »…

Conseil

Eh bien ! mêle ta vie à la verte forêt !
Escalade la roche aux nobles altitudes.
Respire, et libre enfin des vieilles servitudes,
Fuis les regrets amers que ton cœur savourait.

Dès l’heure éblouissante où le matin paraît,
Marche au hasard ; gravis les sentiers les plus rudes.
Va devant toi, baisé par l’air des solitudes,
Comme une biche en pleurs qu’on effaroucherait.

Cueille la fleur agreste au bord du précipice.
Regarde l’antre affreux que le lierre tapisse
Et le vol des oiseaux dans les chênes touffus.

Marche et prête l’oreille en tes sauvages courses ;
Car tout le bois frémit, plein de rythmes confus,
Et la Muse aux beaux yeux chante dans l’eau des sources.

Théodore de Banville

Bougies

La qualité littéraire est-elle ce qui prime dans un poème? Ne peut-on lui accorder une valeur autre, quand elle relie les émotions et les plaisirs?

C’est pourquoi ce jour j’ai choisi le poème d’un amateur… de motos. Rien de tel pour s’évader de nos prisons que de rêver de balades en moto, n’est-ce pas, pour qui aime cela… les autres imagineront d’autres balades.

Mais cet article est dédié à une amie qui va souffler ses bougies, ou nettoyer celles de sa moto, à Marseille, isolée dans le confinement de son appartement, reliée au monde par les TIC… Alors ce poème a été choisi pour elle, pour qu’elle puisse se souvenir de ses folles équipées et rêver aux futures…

Burried Treasure, David Uhl
Source

Plaisirs d’essence

Quand du pouce et l’index je décroche sa clé

Et que, dans le garage, je viens la réveiller

Quand une fois sur deux roues, je la sors en arrière

Cela n’est pas routine mais bien préliminaires.

Encore aucun témoin, posée sur la béquille

Je fais tourner la clé, aiguille et chiffres s’élancent

Enfin bielles et pistons repartent dans la danse

Au coup de démarreur, en elle revient la vie.

Ensuite je la délaisse, la laissant respirer

Vibrer autant qu’elle veut et chauffer à son aise

J’enfile casque et puis gants, pas sûr que ça me plaise

Mais pas de relation, sans être protégé.

Enfin vient le moment d’un contact plus physique

Cet instant du départ, à chaque fois unique

Châssis entre mes cuisses, dans mes mains ses poignées

Accordée à mon rythme dès qu’elle est balancée.

Recherche d’intimité pour vivre une passion

On quitte le centre-ville et la circulation

Sur cette route en sous-bois, à défaut de caresses

S’offrent à nous le bitume, le vent et la vitesse.

Et suivant la manière dont ma main la titille

Tantôt elle ronronne, tantôt elle est furie

Un couple gigantesque nous propulse en avant

Sortir de chaque virage, plonger vers le suivant.

Après je me détends, soulage le moteur

J’admire le paysage, assis tout en hauteur

Sur cette route je plane, à peine à quatre-vingt

La belle tout contre moi, ce que je me sens bien.

Si toi tu as connu ce plaisir sans partage

Qui peut se déguster, même en prenant de l’âge

Tu trouveras, c’est sûr, pour y avoir goûté

Les mots de ce poème, à peine exagérés.

Jacques Bodson

Source

Racines

Il est un phénomène intéressant en ce moment : un certain nombre de personnes se penchent sur leurs racines, essaient de comprendre leur histoire et celle de leur famille… Comme je l’avais écrit sur la tombe de mes grands-parents, « le relais est transmis »… mais, en cette période incertaine, je pense que ce « relais » est questionné, que les maillons des chaînes familiales se sentent faibles, et que de ce fait chacun-e tente de se repositionner et de resituer les sien-ne-s, ascendance comme descendance.

Je dois dire que, de mon côté, le Skype familial pour l’anniversaire de mes enfants m’a réinterrogée sur ma place, comme m’a questionnée hier un reportage sur un couple très âgé (lui, 90 ans) qui a survécu à la maladie rampante, et, ce matin, un recueil de poésies de ma tante, retrouvé dans ma bibliothèque où j’étais allée chercher Verlaine…

Alors, je vous livre un de ces poèmes, qu’elle m’avait offert, manuscrit, avant qu’il ne soit publié, et qui m’avait beaucoup émue à l’époque… c’était il y a trente ans… déjà… Elle avait une soixantaine d’années, alors…

An ancient beech tree, Paul Sandby (1794)
Source

Un arbre

Je voudrais être un arbre,

un arbre vénéré,

un arbre de famille,

un arbre de secrets.

Je courberais mes branches

pour essuyer les pleurs.

L’ombre protègerait

les enfants du soleil

Je chanterais l’amour

des refrains des oiseaux.

Je donnerais mon souffle

pour bercer les chagrins.

Je parlerais aux fleurs,

aux nuages et au vent.

Je garderais mon âme

pour veiller au bonheur.



Micheline Vauchelet, avril 1991

Arbre généalogique de Gustave Courbet, Claude Coulet (2013)
Source

A l’échanson

Ce n’est pas le titre donné par Omar Khayyâm, car il ne donnait aucun titre à ses quatrains… Mais comme il s’adresse dans celui-ci à ce personnage, j’ai choisi d’intituler ainsi cet article.
Rien de tel que de relire ce poète immense pour relativiser en ces temps de cris, et retrouver sa place de « futures cendres », dont il fait remarquer astucieusement que les potiers en font de magnifiques oeuvres, tout en jouissant de la vie, de la nature et de l’amour sous toutes ses formes….

Quatrain 143

Combien de temps discuter des cinq sens et des quatre éléments?

Qu’importe échanson une difficulté ou mille?

Nous sommes tous de terre, accorde donc ta harpe,

Nous sommes tous de vent, apporte-nous du Vin!

Omar Khayyâm (1048 ? 1131)

Et je ne résiste pas à l’envie de vous faire partager un des préceptes les plus célèbres…

« Sois heureux en cet instant. Cet instant, c’est ta Vie »…

La fibule

Nuit d’angoisse, je ne parviens pas à dormir… J’allais vous livrer un poème de Louise Ackermann, Le Cri, mais je me suis rappelée vous avoir promis un poème de Mririda N’Aït Attik, cette poète berbère que j’ai découverte lorsque je résidais au Maroc. Si sa poésie vous intéresse, sachez qu’il en existe un recueil par René Euloge, publié sous le titre Les Chants de la Tessaout.

Une des éditions des poèmes de Mririda n’Aït Attik

Vous ne le savez peut-être pas, mais la Tessaout, ou Tassaout, est une rivière qui descend du Haut Atlas marocain vers le fleuve dont le nom signifie « Source de Vie », l’Oum Er Bia. Eh oui, vous remarquerez que, pour une fois, la racine est identique à celle du mot grec, pour désigner la vie, « bios »… rare, mais cela arrive…

J’ai connu la Tessaout lors de mes nombreuses randonnées dans l’Atlas, dont je vous parlerai peut-être un jour.

Une partie de la Vallée de la Tessaout, et le village de Megdaz où est née Mririda N’Aït Attik

Hélas mon recueil est à Nice, et celui d’un ami qui le possède également, aux Arcs sur Argens… j’ai donc dû me contenter des quelques rares poèmes publiés sur le net pour faire mon choix ce jour. Celui que je vous propose évoque un des bijoux qui m’a fascinée et me fascine encore.

Parmi les nombreux bijoux, deux belles fibules…

La fibule

Grand-mère ! Grand-mère ! depuis qu’il est parti, 

Je ne songe qu’à lui et je le vois partout… 

Il m’a donné une belle fibule d’argent, 

Et lorsque j’ajuste mon haïk sur mes épaules, 

Lorsque j’agrafe le pan sur mes seins, 

Lorsque je l’enlève, le soir, pour dormir, 

Ce n’est pas la fibule, mais c’est lui que je vois !

 

-Ma petite fille, jette la fibule et tu l’oublieras 

Et du même coup tu oublieras tes tourments…

-…Grand-mère, depuis bien des jours, j’ai jeté la fibule, 

Mais elle m’a profondément blessé la main. 

Mes yeux ne peuvent se détacher de la rouge cicatrice, 

Quand je lave, quand je file, quand je bois… 

Et c’est encore vers lui que va ma pensée !

 

-Ma petite fille, puisse Dieu guérir ta peine ! 

La cicatrice n’est pas sur ta main, mais dans ton cœur.

Mririda N’Aït Attik, traduction René Euloge

Source

Eternelle maternelle

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est picasso_1.jpg
Mère et enfant, Picasso (1907)

Le 26 mars est une date toute particulière. J’ai vu à cette date chaque année pleurer ma mère. Et à cette même date je l’ai vu rire, s’épanouir, se réjouir.

Elle avait perdu ce jour-là sa fille aînée, ma l’ange Liliane dont je suis allée, toute mon enfance, fleurir la tombe, ma « grande soeur » qui ne fut jamais grande.

Elle avait gagné ce jour-là sa petite-fille aînée, puis, quatre ans plus tard, celui qui sera son seul petit-fils. Mes enfants. Mes enfants dont c’est aujourd’hui l’anniversaire.

Comme c’est également l’anniversaire de celle qui fut la meilleure amie des années collège et lycée, mais aussi des journées survie, des feux de camp et jeux de piste, Claire, et de l’une de mes nièces, Anne la Vosgienne.

« Ma fille », « mon fils »… Quel est le sens de ce possessif, alors que nous souhaitons aux enfants, depuis leur naissance, un belle vie en pleine autonomie?

Deux gâteaux, et combien de bouteilles, qui seront ce soir, comme chaque année, consommés, mais, cette fois, devant Skype ou un autre outil « collaboratif » (n’existe-t-il pas un mot pour désigner le partage non du savoir mais du plaisir? Il faudrait l’inventer!), pour partager un moment de bonheur familial malgré la séparation. Et la pensée des Autres, disparus ou éloignés…

J’ai cherché dans ma mémoire, puis sur le net, un poème qui leur serait dédié. Beaucoup de poèmes d’amour me paraissent mièvres. Peu de poèmes d’amour maternel ont été écrits, et ils le sont souvent aussi. C’est vers les hommes qu’il faut se tourner pour trouver les plus belles poésies dédiées à leurs enfants. Mais elles sont souvent tristes, comme celles de Victor Hugo ou de Lamartine…

Mais j’ai trouvé cette pépite, à force de chercher. Pleine de pudeur. Pleine de sensibilité. Et je la leur offre avec mon amour, en y joignant deux tableaux que j’aime. Là aussi, un étonnement : c’est un des artistes que je considère parmi les plus « machos » qui a peint le mieux, pour moi, la maternité...

Claude dessinant, Françoise et Paloma, Picasso (1954)

Elixir

Ta main
dans la mienne
Ma fille mon sens
avant que la mort n’advienne
Paris, un ange marche
sur ton bitume
suivi par son apôtre
guéri de l’amertume
de vivre
Amal espérance
ce mot que certains prétendent
illusoire
mon rai de lumière
sur mes doutes
les plus noirs
ce peu de chair
pour habiller l’immensité
de ton innocence
ne grandis pas trop vite
que le Temps trébuche
sur ton insouciance
ce miracle de l’heure
qui se désagrège

Kamal Zerdoumi

Maternité, Picasso (1909)

Nature salvatrice

Ayant la chance, contrairement à tant de personnes de par le monde en ce moment, de bénéficier d’espaces naturels pour le confinement, je renoue avec mes racines terriennes. Ces derniers jours j’ai délivré du lierre qui l’étouffait une petite statuette au pied de laquelle coule une source.

Et, bien évidemment, cela a réveillé en moi le souvenir d’un poème que j’ai toujours beaucoup aimé et que je vous livre donc aujourd’hui, comme un écho à ce que peut-être vous vivez ou avez vécu…

Après trois ans

Paul Verlaine, Poèmes saturniens

Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu’éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d’une humide étincelle.

Rien n’a changé. J’ai tout revu : l’humble tonnelle
De vigne folle avec les chaises de rotin…
Le jet d’eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle.

Les roses comme avant palpitent ; comme avant,
Les grands lys orgueilleux se balancent au vent,
Chaque alouette qui va et vient m’est connue.

Même j’ai retrouvé debout la Velléda,
Dont le plâtre s’écaille au bout de l’avenue,
– Grêle, parmi l’odeur fade du réséda.

Velleda, Laurent Marqueste (Musée des Augustins, Toulouse)
Source

La solitude est verte

Chasseresse ou dévote ou porteuse de dons
La solitude est verte en des landes hantées
Comme chansons du vent aux provinces chantées
Comme le souvenir lié à l’abandon.

La solitude est verte.

Verte comme verveine au parfum jardinier
Comme mousse crépue au bord de la fontaine
Et comme le poisson messager des sirènes,
Verte comme la science au front de l’écolier.

La solitude est verte.

Verte comme la pomme en sa simplicité,
Comme la grenouille, cœur glacé des vacances,
Verte comme tes yeux de désobéissance,
Verte comme l’exil où l’amour m’a jeté.

La solitude est verte.

Louise de Vilmorin, 1945

Un jour Un tableau

Dans cette étrange période que nous vivons actuellement, Internet devient un média indispensable pour toutes et tous. Et les ressources se multiplient pour permettre l’accès en ligne aux Musées, aux expositions, aux concerts et récitals, aux oeuvres en général. J’y reviendrai sans doute dans les semaines qui vont suivre. Mais, aujourd’hui, c’est d’une page Facebook que je voudrais vous parler, découverte grâce à l’un de mes amis proches.

Photo page d’accueil du site
August Macke (1887 – 1914)

Publier chaque jour sur ou autour d’une oeuvre n’est pas nouveau. Mais choisir avec autant d’originalité et de délicatesse un tableau, quotidiennement, voilà qui est beaucoup plus rare, à mon sens. Et précieux.

Le jardin d’iris, Nobukazu Yosaï Watanabé (1894)
Source : L’Empereur Gallery

C’est pourquoi je ne résiste pas cette nuit à l’envie de vous envoyer visiter cette page, et, pourquoi pas, vous y abonner, afin de bénéficier de cette manne. En voici donc le lien.

Les tableaux choisis sont extrêmement variés, que ce soit dans leur provenance ou dans leur facture, mais ont en commun une forme de « pureté » qui ne me laisse pas indifférente…

Et chacun, outre sa valeur esthétique évidente, provoque une émotion forte. Pas de grands élans tragiques ni d’esthétisme outrancier, mais la trace d’une observation fine du quotidien de personnes/personnages qui entrent dans notre espace et l’envahissent en toute simplicité, depuis la petite fille tenant en sa main une pomme de terre chaude (Robert Gemmel Hutchison) à la jeune Japonaise du XIXème siècle en train de lire devant son miroir (Toyohara Kunichika), en passant par la Finlandaise assise sur un rocher (Joonas Heiska), en train de… rêvasser? observer? contempler? la mer… ou d’attendre? quoi? qui?

(Image copiée sur la page : je ne l’ai pas trouvée ailleurs)

Car s’il est des détails qui donnent vie à certains personnages, comme ce petit Japonais se retournant et montrant quelque chose derrière lui (Utagawa Hiroshige), ou ce jeune garçon se retournant lui aussi, mais pour entraîner une petite fille dans une ronde champêtre (Ettore Tito), il est au contraire d’autres oeuvres dans lesquels les personnages sont partiellement voilés, cachés ou juste ébauchés, leur visage totalement ou partiellement cachés, de manière à nous rendre acteurs de ce tableau, « peintres en imagination », si j’ose cette image. Le sujet créé semble échapper à son créateur, nous faisant à notre tour créateur/créatrice du tableau… ainsi objet nous-même de l’artiste, victime consentante d’une manipulation à laquelle nous nous prêtons bien volontiers…

Pour une fan de l’abstrait comme moi, de quoi se réconcilier avec le figuratif ! Dans l’ensemble des tableaux que j’ai vus jusqu’au moment où j’écris ces mots, il en est fort peu qui ne me « parlent » pas… et j’ai réellement découvert de nombreux peintres dont j’ignorais tout, et qui, pour certains, sont fort peu exposés, y compris sur le net, comme Hans Soltmann, au point que j’ai trouvé une hésitation sur son nom (a au lieu de o) et sa date de décès (1953 et 1955)!

Hans Soltmann, Prints
Platzregen, Hans Soltmann
Source

Un bon moyen en ce moment de voyager de par le monde, car les artistes ont des origines fort diverses. Et interculturalité garantie… poussée à l’extrême même, avec le Pique nique ukrainien dans une ferme canadienne – William Kurelek (1927-1977 Canada)! J’ai même trouvé un tableau représentant un de mes bourgs bretons préférés…

Les Halles du Faou, Lucien Dondaine

Et je vous propose un petit jeu. Pourriez-vous dire quel jeu est représenté dans la sculpture qui s’est glissée au milieu des tableaux?