La séduction perdure…

Je traitais hier dans ce blog de la découverte d’un endroit idyllique dans l’ouest parisien, le Cravan… Co-incidence (orthographe choisie consciemment), j’y suis retournée hier soir à l’issue d’un beau concert du choeur de Radio France. Avec plaisir. J’allais même écrire « avec émotion ». Il y avait peu de monde, et j’ai eu le plaisir de pouvoir converser avec le Maître de ces lieux, venu s’asseoir convivialement près de moi pour prendre la commande, autour de la « mixologie » et de ses propres choix, ou tout au moins de ce qu’il a bien voulu en partager.

Après le Yellow au subtil goût empreint d’amertume dont je m’étais délectée la semaine précédente, ce fut le Gin Collin’s (je ne suis pas sûre de l’orthographe) dans lequel la saveur du gingembre est exaltée par le citron… Le tout accompagné d’une petite assiette de Parisienne : tranches de champignons de Paris délicatement recouvertes de truffe noire… un régal pour les papilles!

J’ai pu aussi feuilleter le livre dont je vous parlais hier.

Il est hélas en anglais, et aucune traduction n’en est apparemment prévue… Peut-être serait-ce à faire?

Il rassemble des textes reliant la mixologie à l’histoire des années 20 à 30, en présentant un grand nombre de recettes de l’époque, en explicitant la composition de certains qui servent de « bases » (j’ignore le terme technique, il va falloir que je me renseigne!) à la composition des cocktails, comme la Chartreuse ou la Bénédictine (merci, les moines de tout poil!).

Mais il présente aussi un autre intérêt, car il est abondamment illustré. Des photos, relatives à la production des alcools et à l’activité des barmen, dont certains célèbres à l’époque. Des reproductions d’affiches qui nous rappellent, s’il en était besoin, qu’à cette époque elles étaient pour la plupart de véritables oeuvres d’art.

Les affiches de cet article
ne sont pas extraites du livre
Source

Enfin, des photocopies de journaux de l’époque, avec des articles annonçant par exemple des concours de cocktails.

Une question m’est venue à l’esprit, qui résonne encore plus depuis l’annonce d’hier soir : sommes-nous en train de « reproduire » – en transposant, bien sûr, dans notre contexte actuel – les fastes de ces années étranges qui ont succédé à une guerre et en ont précédé une autre?

Source : ForGeorges

Les attentats derrière nous et les risques écologiques et épidémiques devant nous… comme deux guerres perdues ou risquant de l’être… S’étourdir en se délectant, en « bonne compagnie »… Excusez-moi, je ne sais pas ce qui m’arrive ce matin, mais « quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle »… Donc soulevons-le, ce couvercle, pour laisser s’exhaler les parfums des cocktails et de la truffe noire… Merci à ceux, dont notre hôte hier soir, qui nous en offrent l’opportunité.

Séduite… par un bar à cocktail

A la sortie du concert auquel j’ai assisté à l’auditorium de Radio France – oui, je sais, je ne vous en ai pas encore parlé! -, la question s’est posée « Où aller boire un verre dans un endroit sympa? ». Direction : la rue où était garée ma voiture. Et, en route, le coup de chance que j’apprécie un soir très frais sous la pluie hivernale : LE bar dont je n’osais rêver…

La façade, d’abord, m’a attirée par son style Art Déco remarquable. Le propriétaire m’expliquera un peu plus tard qu’il est dû au célèbre architecte touche-à-tout Hector Guimard. Et en surfant par la suite, je découvrirai qu’il fait partie de tout un ensemble d’immeubles construits dans cette rue (la rue Jean de la Fontaine, qui vit naître Proust) et dans la rue Agar toute proche.

J’ai alors jeté un coup d’oeil à l’intérieur, m’attendant à trouver un espace aussi impressionnant que celui des Bouillons ou d’autres brasseries de ce style. Mais non. Un tout petit bar, peuplé de quelques jeunes femmes parfois accompagnées. Une fois entrée, je fus séduite par l’atmosphère très « cocooning » de cet espace bien clos sur lui-même, ouvert seulement sur les fresques des murs et du plafond, presque disproportionnées par rapport à la taille de cette pièce unique.

Et, clin d’oeil à un ami décédé trop jeune, un bar en zinc ! Cravan s’ajoute donc à la liste des « zincs » parisiens…

L’accueil du barman et chaleureux, tout en étant extrêmement professionnel. Il choisit avec soin la table qui conviendrait, s’enquiert des goûts, et explicite la différence entre deux cocktails qui me font hésiter. La carte des cocktails est riche, qualitativement plus que quantitativement, ce que j’apprécie. Je choisis d’en déguster un qui m’est totalement inconnu… et qui me ravira.

Désolée pour le flou. je reprendrai la
photo la prochaine fois!

Des « petits plats » sont aussi proposés. Hélas plus de truffes, mais les deux choisis se révèleront très fins, vraiment délicieux.

Et ce fut un véritable plaisir de regarder officier le barman jonglant avec ses cocktails ou discutant amicalement avec ses client-e-s, et de se faire servir par un jeune cuisinier fort sympathique. Bref, je me suis promis d’y retourner!

Ah! J’allais oublier de vous donner les coordonnées… et, en les recherchant sur le net, je m’aperçois que je ne suis pas la seule à apprécier cet endroit… ni son barman, dont j’ai découvert en préparant cet article qu’il en est en réalité le fondateur, Franck Audoux, un authentique et passionné mixologue! Un article de Paris Match à ce sujet… et le livre qui vient d’être publié chez Rizzoli USA : French Moderne : Cocktails from the 1920’s 1930′ présenté entre autres ici.

Dernière minute. En cherchant la page Facebook de Franck Audoux, j’ai trouvé cette annonce passée en janvier, qui m’aide à comprendre pourquoi j’ai tout de suite « flashé » sur le lieu : »Pour cette nouvelle décennie, Cravan recherche un/une serveur/serveuse aimant l’amertume et l’équilibre, JC et JLG, la UK drill et Monteverdi, Socrate et les kebabs… Au choix! »

Un petit coin de Portugal à Paris

« Bacalhau », « pastel de nata », « Monsaraz »… cela vous dit quelque chose et attise vos papilles gustatives? Alors, vite, rendez-vous sur l’Escarpe de la Montagne Sainte Geneviève, à la Nossa Churrasqueria… Il faudrait dire « Nossa! », la churrasqueria, car le terme est une expression de surprise pour les lusophones avertis que vous êtes, ou pas. Quand au second mot, il désigne un mode de cuisson, commençant pas une cuisson au sel pour s’achever sur un énorme barbecue au charbon de bois.

Pourquoi ce restaurant est-il si chaleureux, convivial?

Le décor, peut-être? Des éléments un peu disparates, qui évoquent les divers aspects du pays, à commencer par la Révolution des Oeillets, rappelée par la présence, face à la porte d’entrée, d’un beau tableau émouvant…

Des bouteilles, des objets divers, et les azulejos en centres de table. Je ne sais si le décor a été pensé, mais il ne fait pas « léché », donc pas artificiel…

Un cendrier en forme de pasteis
Le centre de table, un azulejo incrusté…

La taille, peut-être? Une seule salle, de petite surface, et seulement 16 couverts possibles à table, auxquels s’ajoutent les 4 au comptoir. Rare, de nos jours, de trouver de si petits restaurants, sans tomber dans le « fast food » ou le « chicos »…

La cuisine ouverte sur la salle, qui permet de voir, de sentir, la préparation de vos plats, et de ressentir la chaleur des feux qui permettent de griller les viandes… mais aussi de converser avec les personnes qui concoctent les plats… Le cuisinier est charmant et aime discuter avec les client-e-s, une fois le « coup de feu » (c’est le cas de le dire) passé.

La nourriture elle-même? Excellente, qu’il s’agisse d’une entrée, du plat ou du dessert… J’aime particulièrement le demi-poulet à la sauce piri-piri, mais aussi les excellents beignets en tout genre.

Miam! le poulet frites… revu à la portugaise

Hier était un mardi, jour de la morue : il était proposé la « bacalhau a bras » (effeuillée, avec ail, oignons, oeuf, etc.). Chaque jour de la semaine, une spécialité. Pour les voir, allez sur le menu proposé en ligne.

Le jeune couple qui gère ce restaurant? Il y a peu, j’aurais dit « l’homme », un jeune homme qui m’a livré un peu de son histoire de jeune Portugais arrivé voici un peu plus de 10 ans à Paris, désireux de vivre dans la capitale française au point d’avoir appris la langue rapidement et de la maîtriser maintenant, et qui a « monté » deux restaurants, deux « Nossa », dans le 11ème et ici, dans le 5ème… Mais j’ai découvert hier son épouse, qui m’a expliqué le remplacer car il a eu récemment un accident de moto, heureusement pas trop grave, mais qui le tient actuellement éloigné du travail.

Les client-e-s eux/elles-mêmes? Car il y a bien une clientèle spécifique ici, qui fait que les conversations sont amicales, et parfois s’entrecroisent entre des tables aussi rapprochées. Beaucoup de Portugais, qu’il s’agisse de groupes de travailleurs (le menu du midi est à 10 ou 12 euros avec deux plats plus boisson), de familles ou d’une personne originaire de ce pays qui en fait découvrir les spécialités à une autre. Mais aussi quelques autres client-e-s, décontracté-e-s, qui viennent se régaler de beignets, de poulet grillé en sauce, de morue sous toutes ses formes, et des délicieux pasteis inclus dans le menu. Sans compter une carte de vins qui permet de goûter aux crus plus divers qu’on ne le pense : Cabriz (fruité et doux) du Dao, 3 vins du sud, de l’Alentejo, Monte Velho (élégant et équilibré), Monsaraz (suave et rond), Marquês de Borba (intense avec des notes de mûres et de cassis), et 1 vin du Douro, Quinta Dos Aciprestes (complexe et boisé, arômes de fruits rouges). Il y en a pour tous les goûts…

Bref, si vous avez un peu de temps et envie de vous régaler dans une ambiance conviviale, c’est l’adresse qu’il vous faut! Nossa Churrasqueria, 1 rue de l’Ecole Polytechnique, dans le 5ème arrondissement (sous le Panthéon…). Attention, c’est fermé le dimanche soir et le lundi…

L’Auvergne à Paris : le Trumilou

Ne cherchez pas « Trumilou » sur Internet, vous ne trouveriez que le nom du restaurant, pas sa signification… Il faut rechercher « Troumelou », lié au village d’Auzers, dans le Cantal… qui a aussi une auberge de ce nom.

Le Troumelou.
Source : site du village d’Auzers

L’explication est apportée dans un article qui relate l’histoire du restaurant parisien, en ligne ici. Quoi qu’il en soit, le restaurant reste auvergnat depuis des décennies, le père de l’actuelle propriétaire étant né près du Puy Mary.

Et des tableaux, photos et objets rappellent cette origine, parmi les innombrables décors de ce lieu au charme désuet, inattendu à cet endroit. En effet, le Trumilou est situé Quai de l’Hôtel de Ville, au 88.

Situation. Source : site du restaurant

En ce moment, difficile à repérer à cause des échafaudages, et mieux vaut y aller aux heures où les travaux de rénovation de façade sont arrêtés!

On y mange délicieusement bien, des plats traditionnels et des recettes auvergnates, mais pas seulement… Et la gentillesse du personnel est remarquable. C’est la première fois qu’on me fait goûter une tarte au citron pour que je sache si j’allais la prendre. Car j’avais dit aimer l’acidité, et ne pas trop apprécier les amandes… Effectivement, elle est excellente, mais j’ai fini par lui préférer un délicieux crumble pomme-rhubarbe.


Une bonne « auberge » – c’est le mot qui me semble plus approprié, car plus adapté à l’ambiance chaleureuse et à la qualité des plats – à essayer absolument, avant qu’elle ne soit un jour malencontreusement rénovée, comme c’est la mode…

Une soirée OVS à La Comedia

Le spleen croissant en cette fin de journée, et tout le monde étant occupé, j’ai eu recours à OVS pour trouver une solution pour soulever le couvercle (coucou Baudelaire…)

Une soirée « repas au restaurant » était annoncée, tout près de chez moi, comme déjà complète (16 personnes!). J’ai tenté ma chance et joint Christine, l’organisatrice, qui a très gentiment proposé que je me joigne au groupe. Me voici donc à La Comedia

Une longue table est dressée sur la terrasse, et déjà un groupe est présent. Christine accueille tout le monde avec chaleur, et m’introduit « La petite dernière »… L’ambiance est sympathique, et je me retrouve vite intégrée, en train de discuter de divers sujets avec les un-e-s et les autres. Bref, une soirée agréable, avec beaucoup de rires, cela fait du bien…

D’accord, vous attendez que je vous dise ce que je pense du Mojito servi dans ce restaurant… Réponse : pas mauvais du tout… Dans les « moyen plus ». Et la nourriture? Pour ce qui me concerne, et pour mes deux voisins de table, excellente.

Lasagnes en plat daté…
Risotto al tartuffo avec cassolette de sauce

Les lasagnes de mon voisin étaient fondantes à souhait, bien garnies, et la sauce ne se contentait pas d’être une mauvaise béchamel, comme c’est hélas souvent le cas. Pour ma part, j’ai admiré le plat dans lequel elles étaient servies (voir photo). Quant au risotto al tartuffo que j’ai dégusté, il était « à tomber par terre »! Fondant à souhait, accompagné d’une sauce au parfum délicat de truffe, dans une cassolette à part, ce qui permettait de doser la quantité de sauce souhaitée. Un délice!

Ainsi, avec de parfaits inconnus en début de repas, et dans un restaurant non loin de chez moi mais dans lequel je n’aurais pas eu l’idée d’aller, j’ai passé une soirée fort agréable, grâce à une jeune femme qui aime re-lier les personnes. Merci, Christine!

Découverte de 3 restaurants parisiens

Comme je suis à la fois gourmande et paresseuse, mais aussi parce que j’aime partager un moment de convivialité autour d’un bon repas, je vais souvent au restaurant. Je me propose donc de faire découvrir des restaurants que je fréquente, parfois en occasion unique, parfois de manière régulière. Pour des critiques plus poussées, je vous renvoie aux guides ad hoc ou aux sites qui désormais pullulent sur le net, plus ou moins bien contrôlés… Il s’agit ici simplement d’exprimer quelques « impressions », au sens pictural du terme.

Voici des restaurants découverts ou re-découverts tout récemment. Coïncidence, deux d’entre vous/nous emmènent « Chez… »

Chez Eusebio

Un de mes amis connaissait jadis un restaurant tenu par un homme fort sympathique, selon ses dires, « Eusebio », rue Saint Jacques. Celui-ci a par la suite quitté le 5ème pour le 7ème, et c’est là que nous nous sommes rendus, au sortir du Musée du Quai Branly, Chez Eusebio.

On se croirait en Espagne… pensais-je, lorsque j’ai été détrompée par le patron « Ici, vous êtes en Galice »… Tout fleure bon l’Ibérie, quoi qu’il en soit.

A commencer par la sangria offerte en guise de bienvenue, au comptoir, par le patron en personne, Monsieur qui m’a confié avoir une septantaine bien dépassée… En continuant par le « jamon » et le « queso » pris en entrée, puis par la paella au riz moelleux et parfumé, bien garnie de gambas, langoustines, coques, poulet, etc. Sans compter, bien sûr, un Rioja crianza…

L’addition a été assez « lourde » (45 environ par personne), mais la qualité est réelle. Si vous souhaitez rêver d’Espagne et vous régaler, il faut faire vite, car le restaurant actuel ne va pas tarder à disparaître. En effet, le patron et son épouse, toute aussi âgée et qui officie en cuisine, ne souhaitent plus qu’une chose : regagner leur Galicie…

Chez Bruno

Je me rends rarement à Bercy, mais ce jour-là, c’est à Bercy Village qu’avait été convenu le lieu de déjeuner, dans un restaurant repéré sur le net et choisi pour ses menus et sa terrasse, chez Bruno.

Arrivée tôt, j’ai « foncé » vers une table en terrasse, où le soleil m’a réchauffée tout au long du repas. En apéritif, choix d’un Mojito Royal pour changer des Mojitos plébéiens que je bois si souvent… Je n’ai pas été totalement convaincue, soit dit en passant, de l’intérêt de la présence du Champagne, sauf celui de préserver des erreurs commises par certains bars dans le choix du « soda »…

Entrée et dessert ont été partagés : en entrée, un foie gras de bonne texture, accompagné d’un délicieux confit d’oignons. Par contre, la baguette ordinaire « faisait tache »! En dessert, un tiramisu, peu conforme aux recettes italiennes que j’aime : plus de crème que du reste… Plat principal pour moi : filet de bar avec écrasé de pommes de terre. Pas extraordinaire, mais la sauce était assez fine pour relever l’ensemble. Il n’y avait pas le vin souhaité, pourtant annoncé sur la carte, et c’est un Côte du Rhône bio, « Les trois garçons », qui a été choisi finalement… Impossible le midi, quand on travaille, de cumuler blanc et rouge, n’est-ce pas? surtout après un Mojito!

Addition à mon sens trop « salée » par rapport à la qualité : presque 60 euros par personne, alors que deux plats avaient été partagés et qu’il n’y avait pas de digestif… Bref, si vous aimez le soleil, l’ambiance un peu surfaite des lieux, et un assez bon repas, servi par deux personnes charmantes : un Colombien, et un jeune, apparemment chef de rang, à qui j’ai posé une colle qui doit encore le poursuivre : « C’est quoi, un « garçon »? ».

La Coupole

Est-il nécessaire de présenter ce lieu historique, La Coupole, que je n’avais plus fréquenté depuis… bien longtemps, dirai-je prudemment. Plus de 70 ans d’existence, mais il s’est refait une jeunesse récemment, tout en gardant l’ambiance d’autrefois… et le curry d’agneau à l’indienne dont on dit qu’il est servi depuis 1927!

Après Bobino, un endroit idéal pour une pause sereine et une dégustation de mets fins… En l’occurrence, une « fraîcheur de crabe au citron vert » en entrée, d’une rare finesse, le crabe n’étant pas étouffé par un excès de citron. Puis un filet de bar rôti avec « Emulsion coquillages, risotto tétragone, crumble au parmesan », selon le menu. Le tout servi avec un Sancerre… Et enfin, un dessert absolument inoubliable, un parfait glacé au café d’un moëlleux et d’un goût superbes…

Ayant été invitée par l’ami avec qui j’étais allée à Bobino, je ne puis vous dire quel est le montant de l’addition. En parfait gentleman, il s’est arrangé pour que je n’en aie aucune connaissance.
Un moment magique, dans un endroit si chargé d’histoire, et une nourriture si fine que je ne suis pas prête d’oublier ce « souper », si l’on veut ajuster le terme à l’heure où a été pris le repas…

Mon bar préféré

Il est un bar discret, dans une petite rue, qui trace comme un fil rouge dans ma vie parisienne… Un bar familial, qui a osé résisté à toutes les contraintes et tendances, à toute forme de modernisation, à tout « clinquant ». Un bar chaleureux, où l’on se sent bien, où l’on peut prendre le temps. Le temps de parler. Le temps de siroter un petit vin. Le temps de vivre.

Le temps s’est figé dans cet espace accueillant. Les générations s’y sont succédé, les générations s’y côtoient, les générations s’y rencontrent. Anciens ou actuels étudiant-e-s de Sciences Po et des facultés environnantes, artistes connus ou inconnus, habitant-e-s du quartier… Qui que vous soyez, vous vous sentez bienvenu-e-s. Et, s’il vous prend l’envie de faire une partie d’échec qui va durer tout un après-midi, on ne vous obligera pas à consommer en conséquence.

Une famille tient bon, de mère en fils, face au modernisme et à la prégnance de l’économie. Elle maintient ce lieu ouvert, accueillant, pour notre plaisir. Lorsque j’ai connu ce bar, l’appui de fenêtre, large et proche du bar, était occupé par Antoine Blondin, qui y avait ses habitudes.

L’espace est restreint, mais si vivant ! Une pièce avec le bar en formica rouge d’abord, à laquelle succède une minuscule pièce qui servait autrefois à la famille et est mise maintenant à disposition de quelques habitué-e-s. Au-delà, une troisième pièce toute en longueur, habitée d’une magnifique table longue en bois et d’une vieille télévision. Partout, des affiches qui font revivre les époques passées et les artistes d’autrefois.

L’arrière-salle

Perspective…

La cave voûtée est superbe. Elle a vu débuter de nombreux artistes, des années 50 aux années 70. On peut parfois y entendre de la musique, parfois y danser. La lueur des bougies anime les murs anciens.

Si vous voulez découvrir cet endroit, je vous en confie l’adresse. Mais n’ébruitez pas trop, gardez-la pour des proches dont vous savez qu’ils/elles seront à même d’apprécier et de respecter ce lieu rare qu’il ne faudrait surtout pas dénaturer ou transformer en « curiosité touristique »…

Chez Georges, 11 rue des Canettes (une rue perpendiculaire à Saint Sulpice).

Boire un petit coup, c’est agréable…

En cette semaine d’anniversaire, j’ai eu l’occasion de découvrir quelques cafés, et de revenir à quelques-uns de mes préférés… Une invitation à vous y rendre, quand vous serez dans ces quartiers de Paris…

… à l’Ebouillanté

6 rue des Barres, dans le 4ème

Un de mes « repaires » dès les premiers beaux jours, que l’Ebouillanté, cet endroit tranquille entre Seine et Marais. Cet ancien atelier d’artiste – il appartenait au peintre François Gall qui le transforma en lieu de rencontres et échanges voici un peu plus de 40 ans – offre un abri à la fois serein et chaleureux.

Un petit mot d’abord sur l’environnement… La rue n’est pas longue, mais on peut y admirer entre autres une belle maison à colombages, à l’angle de la Rue du Grenier sur l’Eau… Que de noms évocateurs du passé, et de l’importance qu’a joué l’eau dans l’histoire de la ville, si l’on sait que la rue en question permettait aux potiers, nombreux dans ce quartier au Moyen-Âge, un approvisionnement en eau et en bois pour leurs fours « des Barres » est le raccourci de « Moulin des Barres ».

La rue, enserrée entre quais de Seine et rue de Rivoli, offre un havre de paix surprenant et bien tentant entre deux occupations… Reste à trouver une place en terrasse de ce café, qui est assez fréquenté. Mais quand on y arrive, quel bonheur de siroter des boissons aussi exotique que le bissap.

Pour ma part, j’aime particulièrement ce qu’ils dénomment « citronnade », que je consomme chaude durant les jours hivernaux et froide lorsque la chaleur revient…

Citronnade de l’Ebouillanté
Version hiver

Une boisson à base de citron, mais riche aussi en gingembre et menthe… Un régal!

… à la Brasserie La Contrescarpe

Un véritable refuge par les froides journées d’hiver, et l’occasion, en été, de profiter de la joyeuse vie de la petite place de la Contrescarpe. Bon, le personnel est digne d’une brasserie parisienne, ne vous attendez donc pas à un accueil chaleureux. Mais les fauteuils de cuir dans cette ambiance « bibliothèque anglaise » vous le feront oublier.

Canapés et fauteuils confortables pour confidences entre ami-e-s

La Contrescarpe offre aussi un jardin intérieur, et de nombreux recoins où discuter tranquillement. Vous ne pourrez pas la rater : elle fait face au Café Delmas (dont je vous parlerai sans doute un jour, mais il est actuellement fermé pour rénovation) sur la place.

Un Mojito délicieux !

Et, pour faire une étude comparative des Mojito (saviez-vous que ce nom est une contraction de l’espagnol, signifiant « légèrement mouillée?) servis dans les bars français, je peux vous assurer que, dans leurs bons jours (hélas pas toujours…), c’est l’un des meilleurs…

Bords de Seine et environs

Aujourd’hui je me propose de cheminer de l’Avenue Rapp – eh oui, le Général n’a pas donné son nom qu’à un square! – au Pont Alexandre III, par la rive gauche. Balade agréable en cette fin d’après-midi d’un dimanche d’avril… Vous l’avez compris, promenade engagée après le spectacle Le Tour du Monde en 80 Jours évoqué dans un autre article.

L’avenue Rapp

Qui se souvient que cette avenue a abrité au XIXème siècle l’un des trois hippodromes de Paris – petit quizz en passant : où étaient les deux autres? – , celui du Champ de Mars? J’aurais voulu vous en montrer une représentation, mais la seule que j’aie trouvée n’est pas libre de droit. A vous de la regarder sur le net! Je vous propose une annonce numérisée par la BNF en lieu et place…

Annonce d’un spectacle à l’Hippodrome
du Champ de Mars

Je ne remonterai pas au-delà du square éponyme, et me contente de « descendre » vers la Seine…

Un superbe immeuble « Art nouveau »

Loin d’être une experte en architecture, j’ignorais tout de cet immeuble, y compris son existence, avant qu’un ami ne me le fasse découvrir… Il vaut le détour ! Construit par Lavirotte – oui, le même que vous avez déjà vu au 3 du square Rapp – au tout début du XXème, il arbore fièrement une façade qui évoque l’activité du propriétaire de l’époque : céramiste – et pas n’importe lequel! Alexandre Bigot en personne…

Mais quelques détails vous attireront peut-être par leur aspect inattendu. Je ne vous en dis pas plus, mieux vaut les découvrir soi-même, selon ses affinités…


Pour en savoir plus sur la collaboration entre architectes, ingénieurs et artistes, comme celle qui a donné vie aux ornements de la façade, une lecture que j’ai trouvée intéressante (l’immeuble est évoqué page 323). Et un blog proposant un circuit des « immeubles Lavirotte ».

Moscou à Paris…

L’avenue débouche sur les quais entre le quai d’Orsay et le quai Branly. Or c’est ici, au numéro 1 de ce dernier, qu’a été édifié un monument pouvant paraître incongru – en tout cas, inattendu – au coeur même de Paris : la cathédrale de la Sainte Trinité.

Il y avait à ce moment une exposition de peinture qui m’attirait… Hélas, horaire trop tardif, impossible d’entrer. Je me contentai donc de découvrir l’intérieur de l’édifice, aux ors clinquants heurtant mon goût pour la sobriété. J’aime les icônes, mais l’abondance de celles-ci leur nuit à mon sens. De même que l’abondance de décors, de tableaux, et la disproportion avec leur environnement.

C’est pourquoi je ne poursuivrai pas sur cette cathédrale, mais m’attarderai sur un détail. Une Vierge au regard dur, voire au geste menaçant. La photographie n’est pas bonne, mais je la joins, car j’aimerais que vous m’aidiez à l’identifier, je n’y suis pas parvenue…

Tableau non identifié

Il se trouve que, peu de temps avant, un ami m’avait fait observer un tel regard et un tel geste sur un tableau semi-caché de la chapelle Notre Dame de la Persévérance à Barbizon… encore un écho…

Des espaces flottants que j’hésite à qualifier de « verts »

A l’origine des jardins de l’Archipel des berges de Seine Niki de Saint Phalle , une idée intéressante : proposer une réserve naturelle en plein coeur de Paris et des espaces de détente pour les promeneurs.

Hélas la nature a du mal à survivre dans ce lieu, qui vaut néanmoins d’être vu au moins une fois, ne serait-ce que pour la prouesse technique et les hamacs à disposition du public…

Un bar au soleil couchant

Un peu plus à l’est, deux bars se font face, pris d’assaut lorsque le soleil suit son penchant naturel pour le couchant… L’un, sur une péniche, est pris d’assaut et il est difficile d’y trouver place. L’autre est plus vaste, beaucoup plus vaste, et en pleine expansion car un espace sous le pont Alexandre III est en cours d’aménagement.

Bruyant, service faible, temps d’attente incommensurable parfois, il présente tous les défauts possibles. Mais un avantage : admirer la Seine au couchant, avec vue sur le pont (si on aime) et les Palais, Petit et Grand.