Les Maisonnaises

Une soirée s’annonçait tristounette… Vite, les sites de sortie… Et c’est encore OVS qui a gagné… Pourtant la sortie me semblait programmée dans un lieu éloigné. Avec des personnes que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam (tiens, une expression disparue, non?). Et dans un restaurant dont on disait le plus grand bien, mais sans spécifier les prix. Me voici donc prenant la direction de Maisons-Alfort, vers 17h45. La ville me paraissait difficile à atteindre, j’avais pris de la marge pour être sûre d’arriver à l’heure du rendez-vous fixé par l’organisatrice, 19h15. Bus vers Gare de Lyon, RER D. En une vingtaine de minutes, j’étais sur site! Que faire pendant tout ce temps? Visiter la ville, bien sûr, d’autant qu’il fait doux bien que déjà la nuit se fût installée (je déteste « l’heure d’hiver »). Et j’ai découvert un centre ville très agréable. Belle place devant l’Hôtel de Ville. En face, une brasserie élégamment meublée et décorée. Une église apparemment intéressante, aux vitraux modernes bien éclairés. Et des rues assez commerçantes pour que l’on prenne plaisir à s’y promener. Une heure plus tard, il est temps de chercher le restaurant prévu. Ah! Le voici, à un coin de rue tout proche de la gare par laquelle je suis arrivée. Me voici rassurée : je n’aurai pas de long trajet à chercher après le repas.

J’entre sur la pointe des pieds : généralement, les restaurants sont encore fermés à cette heure. Que nenni! Ici, on me reçoit avec gentillesse et humour.

Je commande un Moscow Mule. Il n’y en a pas, mais on me propose un French Mule. J’en demande la composition. Vodka, Ginger Beer… Bref, un Russe déguisé en Français! Installée en terrasse, je le déguste. Un régal!

Assez vite, une dame vient vers moi. C’est l’organisatrice. Elle me conduit à la table prévue pour nous. Quand j’avais fermé mon ordinateur, nous devions être 4. Et maintenant, ce sont 6 convives qui sont prévus. Nous commençons à 3, à siroter nos apéritifs en faisant connaissance. Les trois autres arrivent progressivement et commandent aussi leur breuvage. La conversation prend de l’ampleur… et durera jusqu’à la fin, car le groupe est vraiment dans un bel esprit de partage. La veille, j’avais fait connaissance d’une peintre. Ce soir, ce sont trois artistes qui dînent avec moi! Bref, une soirée très conviviale. Mais il ne faut pas en oublier le repas. Une viande extrêmement tendre accompagnée d’une délicate sauce au poivre (à part, ce que j’ai apprécié), de petites frites juste à point et d’une salade verte à l’assaisonnement parfait pour moi. Les desserts sont plus que tentants, et aucun-e d’entre nous n’y résiste. Pour les unes, une tarte au citron déstructurée.

Pour les autres, un dessert étonnant : une petite citrouille entourée de ganache.

Les deux étaient délicieux, comme tout le repas, entièrement fait maison avec des produits frais et de saison. Le Côte du Rhône en carafe s’est révélé très bon également. Bref, tout était parfait. Et servi avec gentillesse par un couple qui nous a informé que c’était leur fils qui officiait en cuisine. Bref, une affaire familiale comme on en voit rarement. Très « pro » et très aimable. D’ailleurs, le restaurant était plein. Ce qui n’est pas très fréquent un mercredi soir, n’est-ce pas? Les autres convives partent vers 22h, je reste un peu à discuter avec « Kitine », l’artiste organisatrice. Un homme entre; elle le connaît et l’interpelle. Il nous rejoint. Et commande à manger. Rare, un restaurant où l’on vous sert avec le sourire après 22h, non? Une soupe qu’il déclare « absolument délicieuse ». Nous voici repartis dans des échanges, sur la ville et sur l’art… J’apprends alors que le tableau vu au fond de la salle a été peint par notre hôtesse, à la demande des propriétaires.

Bref, ce fut une excellente soirée, et je me suis promis de retourner à Maisons-Alfort pour d’autres découvertes…. J’allais oublier de vous situer ce havre de paix et ce repaire de convivialité! Les Maisonnaises. Sur le moment, je comprenais peu le nom. Mais ce matin, en écrivant ces lignes, je viens de réaliser. C’est tout simplement le nom des habitants de Maisons-Alfort!

Un Japonais plein de belles surprises

Non, je ne vais pas vous parler d’un homme, mais d’un restaurant qui ne paie pas de mine, et où j’ai vécu des moments qui poussent à l’optimisme. Ce qui, par les temps qui court, n’est pas chose fréquente, hélas ! (Les lecteurs/trices aux aguets auront remarqué la substitution des adjectifs : je n’ai pas osé utiliser « courante » après la première partie de la phrase…).

Situons d’abord le contexte. Je sortais – ou plutôt nous sortions – du théâtre La Pépinière, sis non loin de l’Opéra. Théâtre où je n’étais jamais allée, et dont je vous parlerai dans un autre article, ainsi que de l’étonnante pièce que j’y ai vue, grâce à une annonce dans OVS. Nous étions donc trois à souhaiter poursuivre la soirée qui avait si bien débutée. L’une d’entre nous propose de nous rendre rue Sainte Anne. Une rue que je connais, comme beaucoup, pour sa réputation, où je suis déjà passée, mais sans oser pénétrer dans l’un des innombrables restaurants asiatiques (et surtout japonais, même s’ils sont souvent tenus par des Chinois) qui la bordent, et maintenant débordent (là, j’ai osé l’horrible jeu de mots!) dans les rues avoisinantes.

Son nom? Higuma. En préparant ce texte, j’ai mieux compris pourquoi il y avait un ours brun en statuette dans la salle : « Higuma », c’est l’ours brun de Hokkaido, une île au nord du Japon.

Mais en repensant aux nombreux livres qui ornent les étagères, je crois qu’il ne s’agit pas que de l’ours. Car j’ai aussi appris que c’était un héros de manga.

« Dans la culture manga : C’est le nom du chef des brigands (le premier antagoniste) dans le manga et l’anime One Piece, qui s’en prend à Shanks le Roux et Luffy au tout début de l’histoire »

Nous avons failli faire demi-tour en voyant la queue qui partait de la devanture et se terminait dans la rue perpendiculaire. Mais nous n’avons pas attendu longtemps. Apparemment, il y avait du débit. Et j’ai compris ensuite pourquoi : d’une part, trois grandes salles, dans lesquelles on trouve nombre de tables rondes pouvant accueillir 3 à 5 personnes (et j’apprécie la convivialité des tables rondes, même sans chevaliers); d’autre part, de nombreuses personnes ne viennent que pour se restaurer et ne restent pas longtemps. Bref, nous nous sommes retrouvés rapidement dans la deuxième salle, autour d’une table ronde.

Premier plaisir : faire tranquillement connaissance en choisissant ses plats… Mes hôtes sont non seulement aimables, mais très intéressant-e-s…

Le deuxième plaisir, ce fut de déguster ceux-ci. La nourriture est vraiment excellente, et les prix ne sont pas excessifs. Pour ma part, ce fut en entrée des gyoza et ensuite le yakinikudon, dont je n’ai réussi à manger que la moitié. Seule ombre au tableau : pas d’alcool. Mais de la bière. Ici comme au Maroc, la bière n’est pas considérée comme « alcool »!

Le troisième fut de découvrir les oeuvres de l’une des convives, et je ne résiste pas à l’envie d’illustrer cet article avec une photo trouvée sur le net.

Or, alors qu’elle me montrait gentiment le carnet qui ne la quitte jamais, carnet où elle croque et dessine, un jeune homme qui dînait à la table voisine avec 3 autres jeunes est venu la trouver, pour lui demander des conseils et lui montrer ses propres dessins. Plus inspirés des mangas, justement, alors qu’il n’est pas du tout japonais ni même asiatique. Et nous avons suivi leur conversation et vu les esquisses faites par l’un et l’autre. Quel bonheur que ce partage si intergénérationnel entre artistes ! Je regrette de n’avoir pas osé faire une photo de leurs oeuvres.

Nous n’avons donc pas fait comme beaucoup d’autres, et étions encore au restaurant au moment de sa fermeture… L’un des convives a cheminé avec moi dans le métro, et nous avons continué à faire connaissance. Le cinquième plaisir de cette soirée inattendue (j’étais allée sur OVS vers 18h car je ne voulais pas de soirée solitaire…) et si riche en plaisirs et en rencontres…

Un repas à la ferme… gourmande!

J’ai évoqué dernièrement le retard qui m’a empêché de revoir l’orchestre écouté avec tant de plaisir à Saint-Pée-sur-Nivelle, et qui se produisait en ce dimanche après-midi à l’Ospitalea d’Irissary… Il est donc juste que je vous présente les coupables! Ils se cachent derrière cette bâtisse à l’apparence si innocente.

Le premier se nomme « Foie gras Arnabar Mi-cuit par nos soins, Piment d’Espelette, Chutney du moment, brioche toastée« .

Derrière lui se cache un autre coupable.

C’est donc un voisin, car le restaurant dont je vous parle est bien situé à Ossès.

Le deuxième coupable est plus végé apparemment… Mais attention, le porc est bien là!

Son nom est tout aussi compliqué : « Talo au maïs arto gorri, échine de porc confite et rôtie, pointes de moutarde à l’ancienne, tartare d’herbes aromatiques, oignons frits, maïs grillé« 

Le canaillou de « talo » (une galette de maïs ronde et plate) est bien caché sous les autres ingrédients, n’est-ce pas?

Le troisième est tout aussi dangereux… « Crudo de thon, leche de tigre, pickels de légumes, sesame ». Il a donc pris un pseudo, car « crudo » n’est pas basque, mais espagnol. C’est le ceviche, vous l’aurez reconnu. Et ne vous demandez pas si désormais un tigre produit du lait! Le « leche de tigre » doit son nom à sa couleur laiteuse et à la force qu’il prodiguerait à celui qui en boit.

« Le leche de tigre est une association équilibrée entre l’acide du citron, le piquant du piment et la fraicheur des herbes aromatiques. »

Le leche de tigre est réalisé à partir de citron, de piment, d’herbes aromatiques, de lait de coco et de parures de poisson. Différents aromates sont ajoutés en fonction des recettes. Il est utilisé comme marinade : il permet à la fois d’assaisonner le poisson cru et de le cuire légèrement grâce à l’acidité. Encore un coup des Péruviens!

Je lance un appel aux lecteurs / lectrices… Je n’ai pas trouvé la signification de Arto Gori ». Arto, c’est, en basque, le prénom « Arthur ». « Gori », cela désigne le rouge, l’incandescent, le brûlant. Mais un « maïs Arto Gori »??? Merci de me l’indiquer en commentaire!

Un trio? Non, il y a d’autres coupables que j’ai découvert ensuite. Un oeuf et des calamars bien déguisés. « Oeuf crousti-coulant – chipirons à la carbonara, lard crispy, tomme de brebis râpée, ciboulette. »

Le canard revient, mais bien enveloppé pour qu’on ne le reconnaisse pas. « Samossas de canard confit, sauce yaourt acidulée, ragoût de pois chiche au chorizo« . Ah cette fois nous voilà en Perse! « Le terme lointain provient du persan médiéval sanbosag. Il fait référence à la géométrie de la pâtisserie pliée en triangle ».

Et il est suivi du boeuf lui aussi un peu caché… « Faux filet maturé à la braise, beurre maître d’hôtel, pommes darphin, pequillos en textures« . J’ai cru que j’avais mal lu, et pensais « dauphines ». Mais non. une spécialité culinaire française à base de galettes de pommes de terre râpées ou taillées en fines juliennes (bâtonnets). Quant aux pequillos, si vous l’ignorez, ce sont des petits poivrons rouges originaires de Navarre, réputés pour leur goût sucré et leur texture fondante. Bref, encore des étrangers! Avez-vous remarqué? Nous avons parlé basque (bien sûr), espagnol (évidemment), mais aussi anglais et néerlandais, avec les pickles (anglais), mot venant de « pekel » qui désigne la saumure, et enfin hindi et persan… Quel dépaysement!

Si vous comptez bien, nous en sommes à 6. Le septième se cache en bouteille…

Vous vous demandez ce que signifie « Bordaxuria »? Il faut décomposer le mot : « borda » et « xuria ». Le premier désignant une « borde« la borde blanche » ou « la ferme blanche ». Une « borda », c’est une « cabane », qui peut être en bois ou en pierre. Par exemple, celle-ci :

« Au coeur de la montagne basque, à 5 min. de Saint Jean Pied de Port, Bordaxuria reprend vie en 2014 grâce à la volonté d’Elorri RECA et Brice ROBELET. Ils reprennent les vignes de la famille (9,5 ha totalement plantés en terrasse d’une quarantaine d’année) et décident de produire leurs propres vins.
Animés par le respect et la passion de leur terre, ils travaillent leur vigne en culture biologique. Ils seront heureux de vous accueillir au cœur de leur vignoble pour vous faire découvrir leur vins blancs et rouges, et également les fromages AOP Ossau-Iraty produits par les deux sœurs d’Elorri sur la ferme Larraldea à Saint Just Ibarre
. »

Il faut préciser qu’il n’y a qu’une douzaine de kilomètres entre Ossès et Irouléguy!

Vous avez admiré le paysage? Comme je l’ai fait, ce jour-là, depuis cette belle terrasse ouverte sur les Pyrénées…

Photo prise depuis ma place à table!

Néanmoins rien n’empêche d’y aller lorsqu’il fait plus gris ou frais, voire froid, car l’intérieur est également très accueillant…

Je pense que vous avez compris pourquoi je suis arrivée trop tard, pour le concert… Ah peut-être pas? Car j’ai oublié un détail : après un tel repas, quand il fait beau et chaud, il faut une sieste, à l’ombre des arbres de la forêt voisine!

Déjeuner à Erromardie

En ce mardi de juillet, marché de Saint-Jean de Luz, comme d’habitude. Ce qui a changé, c’est qu’il n’est plus question de faire comme naguère : acheter des huîtres au marché et se les faire apporter au bar voisin, pour les déguster avec un bon petit vin blanc. Quel dommage! Direction donc la Grillerie du Port, pour se rabattre sur les sardines grillées. Restaurant fermé… Incroyable, un mardi, et en pleine saison. Où aller déjeuner donc, pour profiter du bord de mer? Recherches sur le net… Une idée apparaît : je ne connais pas la Plage d’Erromardie. Or il y a un restaurant dont on dit le plus grand bien, avec, paraît-il, jolie vue mer : la Guinguette d’Erromardie. Appel. Réservation. Et me voici face à l’Océan, attablée à une sorte de « comptoir » donnant directement sur la plage, donc la mer.

Un délicieux gaspacho et, pour accompagner les sardines, un Xacoli, bien sûr!

Après un tel repas, une petite sieste s’impose. Or le restaurant offre des transats sur lesquels il fait bon s’affaler, un dernier verre à la main!

Je n’ai pas choisi ceux que vous voyez ci-dessus, car je leur ai préféré leurs jumeaux à l’ombre!

Et, si je perdais un peu la vue mer, je pouvais voir passer (et s’arrêter) piétons et cyclistes.

Hélas il fallut bien quitter cet endroit idyllique, non sans un dernier regard.

Marguerite de Chablis

Elle ne s’appelle pas Marguerite (Emmanuelle, mais chut! ne le répétez pas!), mais a choisi ce nom en hommage à l’histoire de la Bourgogne. Elle? La sympathique patronne de ce lieu apaisant, reposant, tranquille, sis pourtant en plein coeur du bourg… Vous pouvez la voir ici, dans son établissement… Aussi « serein » que la rivière qu’il borde – enfin, le bief détourné de celle-ci, qui mène au moulin.

Un endroit où il fait bon se délasser, en se régalant d’une assiette de charcuterie ou d’escargots tout aussi bourguignons. Et, bien sûr, en dégustant un bon Chablis ou un Irancy, selon la couleur désirée. Mais on peut aussi apprécier la tarte salée du jour (en l’occurrence, une tarte à l’oignon, dont la recette picarde vient de la maman de l’hôtesse), ou encore un clafoutis aux cerises (locales, bien sûr!).

Tout est frais, soigneusement cuisiné par un agréable expert que l’on peut voir officiel dans la minuscule cuisine.

Et servi avec une amabilité extraordinaire par un homme qui a préféré se « déclasser » (il a été chef de rang, responsable, etc. dans de grands lieux parisiens) pour profiter de la vie à la campagne, au milieu des coteaux viticoles, plutôt que de continuer à courir et vivre en « décalé » avec son épouse en Ile-de-France.

Il ne reste qu’à prendre place aux mignonnes tables rouge brique…

… et observer les gardons et autres petits poissons jouant à travers les nénuphars et autres plantes aquatiques…

Et quand il fait froid ou qu’il pleut, me direz-vous? Eh bien, une grande salle voûtée vous accueille, avec un bon feu de bois, et même un coin-salon aux fauteuils invitant à la paresse. De quoi y venir et revenir!

Et les Français-es ne sont pas les seul-e-s à apprécier, comme l’atteste ce commentaire.

De retour à Donibane Lohizune

Après ces journées passionnantes de découvertes en mer et sur terre, les derniers instants en Pays Basque ont été embellis par un délicieux dîner et une nuit agréable dans mon hôtel préféré. Je vous ai déjà parlé du restaurant, le Pil Pil Enea.

Mais tant pis, je recommence.

D’abord, parce que l’accueil y est chaleureux, avec un patron-serveur des plus aimables, et qui ne manque pas d’humour. Ensuite, parce que les plats servis sont toujours aussi bons. En l’occurrence, un assortiment de tapas (« assiette luzéenne »), parmi lesquels mes préférés sont de petites aumônières fourrées de fromage frais de brebis. Sur la carte : « croustillants d’ardi-gana ». « Ardi », c’est la brebis. « Gana », le fromage. Mais le jambon, les piquillos, les beignets de piment frit et les chipirons sont des petites merveilles.

Ensuite, un merlu à l’espagnole. Fondant à souhait, baignant dans une délicate sauce, accompagné de grenailles. Mmmmm…

Le tout, bien sûr, arrosé de ce vin découvert récemment. Au départ, peu apprécié. Puis de plus en plus. Et maintenant, j’en raffole. Le Txakoli. En plus, très amusant à servir, avec le bec verseur utilisé aussi pour le cidre, rappelant le « Pays Basque », « Euskal Herria ».

Je ne savais quoi choisir comme dessert. Le patron m’a conseillé la « Coupe Manzana ». Et je n’ai pas regretté…

Un sorbet pomme accompagné (on verse soi-même les doses que l’on souhaite, au fur et à mesure) d’une liqueur du même fruit. Un peu sucré, mais si rafraîchissant et « digestif » après cet excellent repas!

Il ne manque qu’une nuit sereine avant de reprendre la direction de la capitale et du travail. Bien sûr, dans « mon » hôtel luzéen : l’Agur Deneri.

Sur les hauteurs de Ciboure, il offre une magnifique vue sur la plage et le port de Saint-Jean-de-Luz. Le couple qui le tient est d’une incroyable gentillesse et cherche toujours à faire plaisir. Les chambres sont lumineuses, agréablement décorées. Avec une amie, j’ai eu l’occasion d’en voir plusieurs, et voici quelques exemples. La « rose », rez-de-jardin…

La « jaune », numéro 2, également rez-de-jardin. Très lumineuse, non?

Enfin (car je ne vais pas vous faire visiter tout l’hôtel!) celle que je préfère, et que l’on m’attribue même si je réserve en dernière minute, comme ce fut le cas ce jour-là, la 26, angle du deuxième étage, ce qui permet d’avoir la meilleure vue, avec un beau balcon…

Elle permet de voir le soleil se lever sans se lever soi-même du lit…

Et les douches sont garnies de jets massants. Que demander de plus? Ah oui! Un petit déjeuner dont chaque aliment est tracé – la liste des fournisseurs, fermes, apiculteurs, éleveurs des environs vous est transmise, et servi dans une salle aux baies vitrées offrant une large vue sur les villes, plage, port, montagnes aux alentours. De quoi reprendre des forces avant de reprendre… le travail! Ce qui fut fait le lendemain…

Une « taberna » typique, pour un café avant de prendre la mer…

Les quatre jours du festival de Pasaïa s’achèvent, et il faut ramener le Brokoa à son port d’attache. Impossible, d’après les autorité portuaires, de sortir avant 10 heures, et nous attendons sagement à quai. Le temps donc d’aller revoir quelques bateaux… et de découvrir un charmant bar non loin de là.

« Begihaundi », ce sont les « grands yeux » (vous reconnaissez le Begi(a) du nom de l’association que je vous ai présentée récemment… les yeux, ou le regard).

Vous allez maintenant deviner ce que sont ces « grands yeux »…

Eh oui! ce sont de gros calamars que l’on pêche le long des côtes basques. Ils se cuisinent... Difficile d’oublier où l’on se trouve, avec les innombrables photos et autres illustrations…

L’Aveyron au pied de Montmartre

Vous vous êtes peut-être demandé pourquoi j’avais évoqué l’Aveyron dans le titre de mon précédent article… et je réitère! Mais peut-être aussi avez-vous deviné? Souvenez-vous : en ce dimanche de mars, il était près de 14 heures, et je n’avais toujours pas déjeuné… Eh oui, l’équipe qui m’a fort gentiment et gaiment accueillie dans un restaurant, au bas de la Butte, était aveyronnaise. Et, bien sûr, une partie (non négligeable) de la carte aussi. Son nom pourtant ne l’évoque pas. Il me faisait penser davantage à une fête religieuse : l’Ascension.

Quand je suis arrivée, je visais bien évidemment les tables au soleil. Mais elles étaient occupées. Les seules libres se situaient près de l’entrée et étaient à l’ombre. Un jeune homme vient m’accueillir. Je lui explique ce que je suis en train de faire : calculer, en projetant la course du soleil, quelle serait celle qui bénéficierait la première de ses rayons. Et je lui en désigne une. Il me dit que j’ai raison, mais qu’elle est réservée, et m’en suggère une autre, que j’accepte. Effectivement, une dizaine de minutes plus tard, je bénéficiais de la chaleur solaire. Quant à la table réservée, j’ai compris pourquoi et surtout à qui : à sa soeur et un ami venus… de l’Aveyron.

Lui-même avait acquiescé quand, après avoir vu la carte, je lui avais demandé s’il était  » de là-bas ». Autre détail le rendant bien sympathique, ce tout jeune patron de restaurant : il essayait d’écrire sur une ardoise affichée au mur (que vous voyez sur la photo ci-dessus, derrière ma chaise – celle qui porte un blouson blanc), et n’y parvenait pas. Je lui demande ce qu’il veut inscrire : il voulait faire une réduction aux personnes qui avaient, le matin, couru le semi-marathon de Paris. Je lui demandai s’il l’avait fait lui-même. « Oui », me répondit-il, en me montrant la grosse médaille grise (en plastique!) qu’il cachait sous ses vêtements.

Et ses amis l’avaient aussi fait, bien sûr, d’où leur retard et leur tenue (et l’épuisement avoué par la suite de l’un d’entre eux). Ce fut donc un repas avec des échanges fort sympathiques. Et un repas au rapport qualité/prix inégalable, avec une saucisse grillée (de l’Aveyron, bien sûr) et un aligot délicieux. Il regrettait de ne plus avoir de Marcillac (qui s’imposait!), mais le Malbec de Cahors bio était tout à fait agréable.

L’intérieur est d’une belle sérénité, en alliance d’orange non agressif et de vert amande.

Bref, si vous passez par là, n’hésitez pas à vous y restaurer. Et, le dimanche, y prendre un brunch. C’était le repas des jeunes voisins de table, et il avait l’air exquis!

Quitte à descendre la Butte pour une nouvelle « ascension » après, comme je l’ai fait pour « remonter rue Saint Vincent ».

Sauf si vous préférez emprunter le bus qui vous y aide, le 40. Il passe tout près du 62 rue Custine où se situe l’établissement. Et vous pouvez aussi venir d’ailleurs, car les métros 4 et 12 ne sont pas loin! J’allais oublier de vous donner l’URL de son site : https://lascensionmontmartre.com/

Une « institution » : le Bofinger

Elle fait partie des « institutions » parisiennes, en termes de restauration : la Brasserie Bofinger perdure encore et encore. Et qui plus est, elle « vit » bien. J’y étais allée voici bien longtemps. J’y suis retournée cette semaine. Elle est toujours là. Elle n’a pas changé.

Et qui plus est, on y mange bien, pour un prix raisonnable.

Toute la vaisselle est estampillée!

Et aucun détail n’est oublié. Ainsi, pas de sachet plastique ou de petit pot ouvert pour la moutarde : une petite conserve de marque, individuelle.

La choucroute « signature » est excellente. Avec le petit bol de Crémant d’Alsace qui vient rehausser, au dernier moment, le goût du chou, c’est un vrai délice. Jarret, trois types de saucisse, poitrine… Tout y est, pour le plus grand plaisir des gourmand-e-s, dont je suis.

Elle était tellement copieuse que j’ai fait l’impasse sur le dessert, mais mon voisin s’est laissé tenter. Je lui ai conseillé la Forêt Noire. Il n’a pas été déçu!

Les vins proposés à la carte sont un peu chers, mais j’ai trouvé un Riesling acceptable, à partager avec un des convives… C’est le troisième de cette liste impressionnante de vins d’Alsace que vous trouverez en ligne ici.

Mais le plus impressionnant reste le cadre dans lequel on se restaure. Le Ministère de la Culture le décrit ainsi.

« Description historique

Fondée en 1864 par l’aubergiste alsacien Frédéric Bofinger, originaire de Colmar, elle sera la première brasserie parisienne à servir la bière à la pression, en 1870. Une partie du décor d’origine daterait de 1880. Après l’agrandissement de la brasserie en 1919, englobant trois boutiques avoisinantes, le décor a été refait de 1919 à 1921 par l’architecte Legay et le décorateur Mitgen, avec une coupole ovale ornée de motifs floraux. Le vitrail, au premier étage, montrant Gambrinus, Roi de la bière, est signé par les maîtres-verriers G. Neret et E. Royer ; les statues de hérons en céramique sont l’oeuvre du sculpteur Jérôme Massier. Après un nouvel agrandissement en 1930, une salle réalisée en 1931 à l’occasion de l’Exposition coloniale a été décorée de tableaux montrant des paysages alsaciens, réalisés par le peintre Jean-Jacques Waltz, dit Hansi, également auteur de l’enseigne de l’établissement. Les urinoirs, dont les montants sont ornés de têtes de dauphins, sont également à signaler. La devanture de l’établissement a été refaite en 1982, en chêne, à l’identique de celle de 1919. » (Base Mérimée)

Voici des photographies que j’ai faites, en relation avec le texte ci-dessus.

  1. La coupole

2. Gambrinius, roi de la Bière

3. Autres éléments du décor

Mobilier et objets sont tout autant porteurs d’Histoire.

J’ai cherché à en savoir davantage sur cette marque et cette date…

« Peu de gens connaissent le prénom de ce créateur de génie, Ernest Mauviel, mais les produits hérités de son atelier artisanal fondé en 1830 sont devenus célèbres dans le monde entier. Quant à ses héritiers, tous ont le feu sacré. D’Ernest hier à Valérie aujourd’hui, déjà 7 générations que l’entreprise phare de la Baie du Mont St Michel magnifie les cuisines des professionnels et des particuliers, en France comme à l’étranger. Son savoir-faire d’exception est l’atout maître de son succès et sa capacité d’adaptation en est la clé de voûte. Depuis presque deux siècles, Mauviel 1830 s’adapte aux évolutions du marché. » (source)

Enfin, la vue du 1er étage où nous avons déjeuné ouvre en perspective sur la coupole de l’église Saint Pierre Saint Paul.


Les Pipos, ce n’est pas du pipeau!

Si vous avez suivi mes pérégrinations de ce samedi soir, vous avez sans doute remarqué qu’il a beaucoup été question de découvertes, de boissons et de rencontres… Mais où avons-nous pu nous sustenter? Mystère! Eh bien, je vous apporte (enfin!) la réponse : nous sommes retournés aux Pipos, qui avaient été une de mes bases naguère. J’avais découvert ce restaurant situé face à l’ancienne Ecole Polytechnique par hasard. Mais surtout, j’avais fait la connaissance de son patron lors d’un stage de rattrapage de points sur le permis de conduire… ça crée des liens! Et j’y allais donc assez souvent, car j’aimais à la fois le cadre, l’ambiance, la nourriture et l’accueil. Le patron l’a quitté, et j’y étais retournée une fois. Mais avais été très déçue et n’y suis pas retournée.

Pourquoi y aller ce soir-là, sinon pour remonter le moral à un vieil ami dont je sais qu’il adore les os à moelle, bien qu’il ne soit pas du genre canidé. Et nous y avons passé un excellent moment, autour d’un bon repas.

Le style est toujours aussi « vieille France ».

Néanmoins je remarque de nouveaux éléments de décor : les tableaux au plafond.

Le style est inattendu en ces lieux, mais pourquoi pas? Quant à la disposition, encore plus inattendue, n’est-ce pas?

On nous prévient tout de suite qu’une chanteuse sera présente durant la soirée. Effectivement, elle va aller et venir dans le restaurant durant tout le repas. Je n’aime pas son répertoire, mais j’admire sa voix et surtout son courage de continuer à chanter avec passion alors que les convives autour des tables sont plus attentifs à leurs hôtes et à leur repas qu’à la musique, visiblement.

Le repas? Parlons-en. Toujours aussi bon. Il paraît que l’os à moëlle, très copieux, est un régal. Pour ma part, ce fut du boeuf en croûte. Je n’ai pensé à le photographier qu’après en avoir dégusté plus de la moitié…

Et la tarte Tatin, agrémentée de crème fraîche, est toujours aussi délicieuse… Pour accompagner tout cela, un « petit » vin. C’est, comme souvent, le problème dans ce genre de restaurant : les prix des vins grimpent vite! Le choix s’est donc porté, après conseil de la fort agréable et très compétente serveuse, sur un Côte du Roussillon au nom tout à fait séduisant.

L’ambiance est aux échanges avec les tables voisines… D’un côté, deux amies trentenaires venues dîner avant le théâtre. De l’autre, d’abord un jeune couple très « bourgeois cathos timides », puis un quatuor de jeunes médecins, dont 3 venus de Montpellier pour la manifestation qui avait lieu ce jour. De joyeux drilles! Dont une (quel est le féminin de « drille »? de « médecin »? Ah la pauvreté de notre langue dans ce domaine!).

Lorsque nous nous décidâmes enfin à quitter ce lieu si chaleureux, nous eûmes la surprise de voir le barman (serveur? patron?) saisir le micro de la chanteuse et entamer une chanson, davantage dans les répertoires que j’apprécie.

Vous pouvez maintenant reconstituer la soirée… Dans l’ordre, Mexicain, puis repas franchouillard, ensuite Café Litteratum, et pour finir les USA avec le Long Hop… un vrai voyage!