En marge de l’exposition Zurbaran, rions un peu…

Un peu d’humour ne fait pas de mal, en cette matinée grise de novembre… J’ai donc décidé d’essayer de vous distraire avec des photos prises pendant la visite, mais qui ne concernent pas toujours le peintre et ses oeuvres. Pas toujours, car je commencerai quand même par souligner ce que je retiens ou que j’interprète comme pointe d’humour dans ses tableaux…

On pourrait intituler le tableau : « Concours de couvre-chefs » !

Quelle délicate intention ! Le peintre a pensé aux ignares, qui ne reconnaîtraient pas le personnage, ou qui ne sauraient pas que la signature apposée au bas d’un tableau, souvent discrètement, est celle de l’artiste… Il a donc placé un cartellino bien en vue, accroché par une jolie épingle (pour rappel aux mêmes ignares : à l’époque, le post-it n’avait pas vu le jour).

Dans l’extrait de tableau, suivant, on peut se demander si c’est le peintre qui, au dernier moment, a voulu rajouter un peu trop rapidement les bésicles, ou si c’est Jean-Paul Sartre qui a voulu mettre son grain de sel…

Vous pardonnerez mon impudence, mais je n’ai pas résisté à mettre des mots sur les expressions des visages de certains personnages…

Même technique (plus ou moins bien exploitée) sur des photos de visiteurs/teuses… D’autres, bien évidemment anonymisées, ont été prises pour partager avec vous ce qui m’a fait sourire ou rire.

Mise en abîme… Mais attention ! Votre chapeau doit être de la même teinte que l’habit du personnage, en l’occurrence vêtement qui confirme le dicton « l’habit ne fait pas le moine »!

Celle-ci ne prend pas de photos, mais elle en a « plein les bottes »!

Devinette : que regarde le visiteur assis ?

Je finirai par un « jeu des 7 erreurs »…

Zurbaran : le sens du détail

J’ai axé le précédent article sur la manière dont le peintre exposé en ce moment au Louvre peint (et dépeint) les émotions, sentiments, interactions des personnages qu’il met en scène. Aujourd’hui j’ai plutôt envie de vous parler des détails qui m’ont frappée.

  1. Les tissus

Qu’il s’agisse de tissus « nobles », voire brodés d’or ou d’argent, ou de simples tissages, de plissés ou de broderies, de dentelles ou de passementeries, nombreux sont les détails qui attirent l’oeil, même dans des tableaux complexes.

Le périzonium du Christ montre un drapé remarquable.

Et certaines compositions évoqueraient presque des tableaux non-figuratifs…

2. Les ailes des anges

J’ai été saisie en particulier par les ailes des anges. Les unes apparaissent très unies et soyeuses. Dans d’autres, on distingue des plumes et duvets. Certaines brillent, dans des couleurs douces mais vives. D’autres voient leur aspect sombre éclairé par d’autres lumières. Bref, aucune aile ni aucune paire ne ressemble à une autre…

3. Les parties du corps

Chaque partie visible des corps est visiblement très travaillée… si j’ose dire, de la tête aux pieds. Même les muscles et les petits plis de peau transparaissent, comme chez Saint Jérôme.

Un formidable portraitiste… qui fait peu de portraits!

Une fois de plus, je vais avouer mon ignorance : je ne connaissais pas le peintre sur lequel porte l’exposition que je suis allée voir en ce 30 octobre lors de la nocturne du Louvre.

« Francisco de Zurbarán compte, avec Diego Velázquez et Bartolomé Esteban Murillo, parmi les peintres espagnols les plus importants du XVIIe siècle. D’abord considéré comme un caravagesque marqué par l’ascétisme monastique, il a progressivement été reconnu au XXe siècle comme un coloriste prodigieux et célébré pour son style très personnel, qui allie la simplification des volumes à un naturalisme saisissant. » (introduction sur le site du Louvre)

La première impression est saisissante. Quelle que soit la thématique, les « portraits » sont d’une variété et d’une expressivité incroyable. Très rarement « convenus ». Toujours très expressifs. Vivants. Qu’ils soient en interactions ou en méditation, les personnages semblent vivre devant nous. Mais fi de discours. Je vous en propose un florilège pour ce premier article sur Zurbaran, que j’ai découvert avec grand plaisir hier.

  1. L’expression d’une « intériorité » forte

2. Groupes de personnages

Le plus souvent représentés par « catégories », ils symbolisent un type particulier. Cela va des « pauvres » aux cardinaux, en passant par les moines et la Sainte Famille (avec les Rois Mages dans la scène que j’ai retenue).

3. Personnages en action(s)

Les gestes sont particulièrement bien représentés dans des scènes d’un réalisme fort, comme celle où le prêtre essuie délicatement le petit sexe du bébé qu’il vient de circoncire. Mais aussi des gestes symboliques, tel celui du Christ adolescent se piquant et saignant, alors qu’il répare une couronne d’épines.

4. Personnages en interaction(s)

Qu’il s’agisse d’interactions verbales ou gestuelles, la représentation qui en est faite par le peintre est d’une authenticité saisissante. Les personnages se parlent, se touchent, se montrent « complices » ou « protecteurs »… depuis l’homme se touchant le crâne (ou se grattant la tête?) jusqu’à la main posée sur l’épaule de celui que l’on veut interpeller ou de la petite soeur qu’on protège.

5. Les dialogues à imaginer…

Dialogues avec des êtres divins ou célestes, mais aussi dialogues entre humains. Simples échanges ou discussions, voir négociations, dans des circonstances narrées dans l’ensemble du tableau : concile (je ne rajouterai pas « iabule »!), veillée d’un mort, ou tout simplement prière, voire apparition de la Vierge ou d’un (arch-) ange. Et ce, à tous les âges, même quand l’être, trop jeune, ne peut encore parler, comme le bébé Jésus interpellé par son copain Jean-Baptiste ou écoutant l’un des Mages.

6. Un portrait d’une taille impressionnante

Je ne voudrais pas terminer cette série sans un vrai portrait, d’un réalisme saisissant, et d’une taille hors-norme, d’un homme étrange au yeux presque pers…

Sur les traces du passé : photos anciennes de Saint-Jean-de-Luz

Vous n’êtes pas sans le savoir, ce week-end voit revenir les Journées du Patrimoine, avec deux axes : le patrimoine menacé, et le patrimoine en photographies. Or deux des associations auxquelles j’adhère au Pays Basque organisent des manifestations sur ces thématiques. Aujourd’hui, je vous parlerai de Giltzarri, qui expose à la Villa Ducontenia de nombreuses reproductions ou authentiques photos de Donibane Lohizune.

L’accueil est sympathique, et de jolies tables décorées annoncent le pot offert à l’occasion du vernissage de l’exposition. Dès l’entrée, affiches et photos s’offrent au regard.

Au fond de la salle, une exposition d’albums familiaux et d’appareils de jadis guident vers un diaporama que j’ai pu admirer de 1 à Z, avec d’innombrables photos retraçant la vie de la ville au début du 20ème siècle.

Sur les murs, des reproductions des photos les plus anciennes.

Et d’autres un peu plus récentes, dont la thématique est plutôt l’accueil touristique depuis cette époque, avec hôtels, restaurants, cafés, et même pistes de danse.

Deux jeux sont proposés pour prolonger la visite de manière ludique. Le premier consiste à retrouver les édifices photographiés naguère.

Quant au second, il vous sollicite en tant que photographe vous-même…

A voir absolument ce week-end, parmi les nombreuses propositions de ces Journées du Patrimoine.

Une éclipse qui s’éclipse…

Je parlais hier sur la Gazette que j’édite pour mes hôtes niçois de « battage médiatique », et il semble que c’en fut bien un.

Certes, une éclipse a eu lieu.

Mais ici, sur la Côte, elle ne fut pas visible longtemps, en raison de l’heure et de l’inclinaison qui la faisait passer rapidement derrière quelques reliefs, puis l’horizon. Et la « sombritude » (un de mes néologismes que connaissent bien celles et ceux qui lisent mon blog) ne s’est pas remarquée, car confondue au crépuscule.

Pourtant, je suis bien allée à la Garoupe comme il était recommandé par les journaux locaux. Pourtant, j’ai bien assisté à ses débuts. La preuve ? En photos, la voici… Mais on ne voit l’éclipse que grâce à un défaut de mon Iphone qui prend toujours un double de l’astre photographié. Regardez, vous allez le voir en petit, et en vert. Et là, vous verrez bien l’ombre de la Lune.

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Et ce n’était pas mieux sur la Côte Basque, vu la (très belle, par ailleurs) photo envoyée par mes amis qui s’étaient rendus à San Sébastian…

ou celles et ceux qui étaient à bord du Brokoa, en mer au large de Saint-Jean-de-Luz… Quant aux jeunes hôtes qui l’observaient de la Villa niçoise, iels n’en ont rien vu à cause des crêtes près de Valberg!
Et voici l’extrême « sombritude » observée à l’heure où l’éclipse devait être complète, à défaut de totale (95%), telle qu’observée à Antibes. Je vous laisse en juger avec cette vue de la Garoupe, après notre abandon de poste sur le cap d’Antibes et le retour vers la cité que j’apprécie (plutôt hors saison, il faut bien le dire!)

Un bal littéraire

Le principe est simple : une playlist de huit titres pour danser. Et un texte en huit parties, chacune devant se terminer par l’un des titres. A chaque fin de partie, tout le monde gagne la piste de danse et peut se défouler en dansant. En effet, un espace avait été transformé en piste de danse, à l’étage inférieur du musée.

Ensuite, assis à nouveau, on écoute, et ainsi de suite jusqu’à la fin. Les textes avaient été rédigés en deux jours par quatre artistes, dont l’une en résidence au Musée. Et ce sont cet écrivain et ces écrivaines qui les lisaient, en alternant en permanence. Il faut préciser qu’iels écrivent habituellement des textes pour le théâtre… L’une du groupe, d’ailleurs, a révélé à la lecture des talents de comédienne.

« Imaginé par Fabrice Melquiot, cette représentation unique, joyeuse et festive marie littérature, musique et danse. Quatre auteurs-performers, Virginie Barreteau, Pauline Sales, Eddy Pallaro et Mariette Navarro se réuniront la veille pour écrire une fiction collective inspirée du lieu qui les accueille, de leurs sensibilités croisées et d’une playlist de chansons dansantes et populaires. »

Je ne vous raconterai pas l’histoire de Morgane, une fille d’Issy, bien sûr, la ville qui nous accueillait… Mais ce fut suffisamment intrigant pour que tout le monde reste jusqu’à la fin. La soirée s’est terminée pour les un-e-s en prolongeant la soirée dansante, et pour les autres en continuant la visite du musée. Ce qui fut mon cas, et j’en profitai pour me nourrir de la richesse et de la variété des fonds.

D’abord, revenons aux cartes et à leur graphisme souvent très fin. Revenons au point de départ, l’Inde et la Perse, et l’on découvre que des cartes pouvaient être rondes…

Les cartes sont classées par continents, puis pays…

Ci-dessous, ce sont les membres des familles royales de 4 pays européens qui jouent les « nobles ».

Les signes du Zodiaque font aussi l’objet de cartes.

Mais il n’y a pas que des cartes, dans ce musée. Et j’ai particulièrement apprécié les nombreux livres qui y ont trait, au travers des siècles (excusez la mauvaise qualité de certaines photos, mais il fait assez sombre pour ne pas abîmer les couleurs, et les lumières se reflètent dans les vitrines).

Le musée présente également une série de tableaux où l’on voit jouer aux cartes…

Certains tiennent de l’allégorie…

Quand on n’a pas le tableau, on le présente photographié, pour illustrer des explications.

Enfin, n’oublions pas les objets. Utilitaires, comme ceux qui servaient à fabriquer les jeux ou à les ranger, et certains très esthétiques.

Je n’avais malheureusement plus de batterie et ne pouvais continuer à photographier…

Après cela, une halte au Café d’Issy, dont il avait été question dans la pièce, pour un Mojito et une soupe de fruits avec glace. Une excellente soirée, loin de la foule qui envahit ce soir-là les musées parisiens! Un seul regret : la playlist était très « années 90 », entre disco et rap. Donc peu adaptée au public plutôt vieillissant… Mais je ne voudrais pas finir sans signaler l’exceptionnelle gentillesse de l’ensemble du personnel, fait assez rare dans un musée hélas…

Nuit au Musée de la Carte à Jouer

Voilà bien longtemps que je rêvais d’aller visiter ce musée… Or, pour la Nuit des Musées, il offrait une programmation alléchante : mini-visite ludique, tirage de cartes, cocktail, et « bal littéraire » – une notion qui m’était tout à fait inconnue! Ce fut donc l’élu dans la longue liste des musées qui présentaient chacun des programmes intéressants. Direction donc Issy-les-Moulineaux.

La promenade entre la station de métro et le Musée me réserva une surprise…

Cela vous rappelle quelque chose? Eh oui, il y en a une autre du même artiste dans le parc de l’Ile Saint Germain… elle a provisoirement déménagé!

Ici, la statue monte la garde devant l’Hôtel de Ville.

Le Musée jouxte une belle bâtisse…

Celle-ci était naguère un simple pavillon d’entrée inclus dans la propriété des Princes de Conti.

A l’entrée du musée, je retrouve Dubuffet et comprends pourquoi il est arrivé « en ville ».

Malheureusement, il est tard et l’exposition est fermée. Mais le reste du musée est bien ouvert, et accessible gratuitement. Et je ne fus pas déçue. D’abord, parce que le musée est extrêmement bien conçu et passionnant. Ensuite, parce que la visite fut à la fois ludique et fort riche. Enfin, parce que je suis finalement restée jusqu’au bout, et même au-delà du « bal littéraire ». Par contre, je n’ai vu aucune cartomancienne. Et si le cocktail a bien eu lieu, il n’était pas très convivial. Mais c’est souvent le cas!

Revenons donc à la visite du musée, dans un premier temps. De petits groupes étaient constitués, et trois cartes tirées au sort. L’une, un « personnage », la deuxième, un « pays », la troisième, une action. En l’occurence, ce fut « tigréléphant », « Turquie » et « lire un livre ». Il fallait repérer, dans les trois niveaux du musée, les cartes dont les illustrations étaient extraites (heureusement, la guide nous a « contenus » dans des espaces restreints pour chaque carte).

La première était un détail (encadré en verre) d’une carte indienne. Le jeu entier est superbe. Il fait partie de ce que je nommerais « jeux-oeuvres », travail fin et esthétique garantie.

De cette section « Cartes du monde entier », située au deuxième sous-sol, nous sommes remontés au premier pour les jeux pédagogiques, afin de trouver la carte d’où était extrait ce détail.

Un jeu superbe, dans un coffret d’une taille impressionnante…

La troisième carte représentait un pendu en train de lire.

Les habitué-e-s reconnurent tout de suite une carte de tarot. Or les tarots sont… au deuxième sous-sol! Hop, on redescend.

Il s’agit d’un jeu imaginé par un artiste anglais, en 1973.

Mais il cache un second jeu, qu’un bouton permet de faire apparaître, et qui est dû à Dali. Vous avez bien lu, oui, Dali.

J’aurais envie de vous présenter plus de choses, et vous relater tout ce que nous avons appris, mais cela nous entraînerait trop loin!!! Une fois les trois cartes identifiées et les explications apportées sur le contexte, écrire une phrase avec les trois contenus. Ce que nous fîmes…

J’ai été, pour ce qui me concerne, particulièrement intéressée par les jeux de tarot et surtout par les cartes à vocation « pédagogique », qui apportent énormément d’informations sur les représentations des autres pays et peuples à travers les époques. Notre équipe n’a pas gagné le prix de la phrase, mais nous nous sommes consolé-e-s en considérant que le tirage au sort ne disait rien de la valeur des phrases (rires)… Ensuite, cocktail, puis commence le « bal littéraire ». Mais c’est une autre histoire…

Luchini en « Courgette »?

Tout au long du film, je me suis demandée pourquoi ce nom avait été choisi pour le héros de l’histoire, interprété par Fabrice Luchini.

Un simple jeu de mots? Ou une métaphore pour désigner le cucurbitacé, riche en symbolisme et connotations.

Allusion au très intéressant film d’animation « Ma vie de Courgette », de Claude Barras, tiré du roman de Gilles Paris?

Référence aux vertus que l’on prête aux courgettes? A leur symbolique? « Les Courgettes symbolisent une sorte de fierté et de dignité. » « Si vous voyez une courgette bien verte et croquante dans votre rêve, c’est souvent un signe de croissance personnelle et de fertilité créative« .

Ou simplement au fait que le nom signifie « petite courge », « courge » désignant un « imbécile », alias une « gourde »?

Un petit détail en passant, qui fait que j’ai remplacé le « légume » que j’allais écrire pour la désigner en évitant une répétition : la courgette est un fruit, pas un légume. « Bien qu’elle soit considérée comme un légume en cuisine, la courgette est botaniquement un fruit, car elle se développe à partir de la fleur de la plante et contient des graines. » La partie verte que nous mangeons le plus souvent est donc un fruit « asexué ». C’est sa fleur, comme celle des courges, si délicieuse dans les beignets niçois, qui l’est…

Quoi qu’il en soit, gardez en tête que les parents de l’acteur avaient un commerce de fruits et légumes, et son père est Italien!

Quant au prénom choisi, « Robert », je ne vous ferai pas l’injure de développer tout ce à quoi il fait référence… Mais une hypothèse est possible : en 1999 Fabrice Luchini interprétait le rôle principal, avec Sandrine Kiberlain, du film « Rien sur Robert ».

« A la suite d’une critique qu’il n’aurait pas du écrire sur un film bosniaque qu’il n’a pas vu et d’une dispute avec son amie Juliette, Didier va voir sa vie changer et ses repères s’effondrer. Juliette le quitte pour un autre. Il rencontre une jeune fille étrange, Aurélie, ainsi qu’un certain Jérôme, qui est peut-être son double. Au bout du chemin, il lui faudra découvrir qu’on n’écrit pas et qu’on n’aime pas impunément. » (Source Allociné)

Et voici l’analyse que l’on peut en trouver sur le net (oui, je n’ai pas peur de citer Wikipédia) :

« L’élément d’intrigue concernant la critique écrite sur un film non-vu fait référence à la polémique lancée en 1995 par Alain Finkielkraut et soutenue par Bernard Henri-Lévy contre le film Underground d’Emir Kusturica, qu’aucun des deux polémistes n’avait alors vu[2].

Pour le professeur de droit Serge Sur, Robert est Dieu. Car lorsque le personnage va dans la librairie Compagnie et qu’il demande un livre, la libraire lui dit : « Nous n’avons rien sur Desnos ». Or le prénom de Desnos est Robert et dans Desnos on peut décoder Deus noster. Pascal Bonitzer a répondu au courrier de Serge Sur en confirmant son interprétation[3]. »

En faisant d’autres recherches sur le net après la première publication de cet article, j’ai découvert que Robert était le vrai prénom de… « Fabrice » Luchini !

Terminons donc cette digression pour en arriver au véritable objet de ce film, que j’ai hésité à aller voir tant le brillant acteur m’insupporte parfois par son cabotinage exacerbé, et que j’ai finalement beaucoup apprécié.

Victor, c’est le Grand, le Seul, l’Incomparable, aux yeux du héros pour qui il est le centre de la vie : le Poète, plus que l’homme politique, soit dit en passant. Il se nourrit, se gave, jouit de ses textes, et en a abreuvé sa fille en lui offrant chaque anniversaire une oeuvre de l’écrivain. La première, à 4 ans : les Contemplations! Sa fille, justement, vient bouleverser sa vie d’acteur, en réapparaissant, jeune adulte, après le décès de sa mère, que Robert a abandonnée avec sa progéniture. Ce n’est pas la première fois qu’un scénario tourne autour de la relation d’un homme à sa descendance. Mais dans le film de Nicloux en 2023, Luchini interprétait un possible grand-père.

Je ne vous raconterai pas l’histoire de « Victor, comme tout le monde « , bien sûr, et vous laisse la découvrir. Plutôt, vous conseille de la découvrir.
Un ami qui a vu le film a fait le commentaire suivant : « L’intérêt, c’est qu’on a le contenu du spectacle de Luchini pour moins cher! » Car l’acteur se produit depuis quelques temps, à Paris, mais aussi en tournée, dans un one man show autour d’Hugo.

Ce n’est peut-être pas un hasard si des prolongations ont été programmées, diraient de mauvaises langues qui assimilent le film à une campagne promotionnelle. Peut-être. Mais cela n’enlève rien à la qualité de ce film. Les images sont de grande qualité. Et cela donne envie d’aller visiter Guernesey! Les dialogues, aussi. Mais on n’en attendait pas moins d’un film avec Luchini. Et la rencontre du héros-acteur vieillissant avec une troupe de trois jeunes comédiennes interprétant des « femmes » de la vie d’Hugo ne manque pas de sel…

Les femmes de Victor Hugo – SCRiiiPT

Source : https://scriiipt.com/2023/07/les-femmes-de-victor-hugo/

Toujours un peu cabotin, mais n’est-ce pas voulu par le rôle, en une forme d’auto-dérision? Mais quand il lit Hugo, ou qu’il parle de lui, quel plaisir! Et, dans le rôle du père littéralement « déboussolé », il l’est beaucoup moins et montre d’autres facettes de son talent d’acteur.

Donc, même si, comme les jeunes comédiennes et moi, vous n’appréciez pas tous les aspects de l’écrivain le plus vanté de la littérature française, même si, comme beaucoup, le cabotinage outrancier (forcé?) de Luchini vous insupporte, même si vous n’êtes pas fan des films où le(s) texte(s) prend autant d’importance, allez voir ce film, au moins pour vous en faire une idée… Et laissez un commentaire ici?

Le Louvre… encore et encore!

Il fait la une de l’actualité aujourd’hui, avec la démission de Mme Des Cars (au fait, est-elle de la famille du célèbre Guy que je dévorais jeune ado???). Mais ce n’est pas pour cela que je vous en parle… J’ai la chance de bénéficier d’une entrée gratuite, et donc d’y aller, et retourner, et revenir, encore et encore… Et je dois avouer que si, au départ, j’étais assez réservée sur ce musée dont je subissais la forte fréquentation dans les parties que je visitais « comme tout le monde », j’ai découvert et je continue à découvrir une réserve inépuisable de trésors. D’où mon envie de vous en parler aujourd’hui…

La question est : par quoi commencer? Car je vais vous ennuyer si je reprends tout ce que j’ai vu… Alors, je me lance. Et je vous emmène dans la section où j’ai rencontré, par hasard, deux des personnages qui ont marqué mes jeunes années : « Europe du Nord ».

Une énorme surprise d’abord, d’y rencontrer LE peintre de ma ville natale, dont peu de gens ont entendu parler, je pense : Mabuse. Cela vous dit quelque chose? Si oui, placez un commentaire, ça me fera plaisir – d’ailleurs, à ce propos, j’ai peu de commentaires pour mes articles, ce qui me navre, car j’aime savoir ce que savent ou pensent mes lecteurs/trices -. Autre nom : Jean Gossaert. Peut-être le connaissez-vous mieux sous ce nom? Si non, en quelques mots. Pourquoi « Mabuse »? Parce qu’il est né (en 1478) à Maubeuge. Alias Malbodium, « le mauvais sol », à cause des marécages qui caractérisaient les lieux, qui ont permis à Aldegonde d’être sanctifiée pour avoir miraculeusement échappé à un violeur en les traversant… Je vous le présente donc, à travers un selfie (pardon, un autoportrait) hélas non daté. Mais comme on perd sa trace alors qu’il n’a que 54 ans…

On sait assez peu de la vie de Jean (prononcez Jan, à la flamande), qui a dû passer par Bruges avant d’aller à Anvers, où il est reçu franc-maître à la Guilde de Saint-Luc, en 1503, sous le pseudo (oh le bel anachronisme!) de Jennyn Van Henegouve. Il a travaillé pour Philippe de Bourgogne et l’a accompagné en Italie pendant presque 7 ans, puis est revenu avec lui en Flandres, où il est vite débordé par des commandes religieuses. Ce n’est qu’à partir de 1515 qu’il va pouvoir exploiter tout ce qu’il a acquis en Italie, en décorant le château du suzerain, à Suiburg (avec une tendance à l’érotisme…). C’est lui qui décore le char funèbre de Ferdinand le Catholique. Les Grands du moment se l’arrachent. Entre autres Charles Quint et Marguerite d’Autriche. Bruxelles, Utrecht, Anvers… Il voyage pour ses commanditaires, jusqu’au moment où on perd sa trace, à Middleburg. Pour vous aider à vous y retrouver, une carte de l’époque. J’ai entouré les villes où il a séjourné en noir… La flèche indique la direction de Maubeuge.

La dernière oeuvre que l’on connaît de lui est assez étonnante pour que je vous la copie : Danaé, peinte en 1527.

Vous en connaissez l’histoire? Que de rebondissements!

« Danaé est la fille d’Acrisios, roi d’Argos et d’Eurydice. Le mythe raconte qu’Acrisios enferme Danaé dans une tour après avoir consulté un oracle qui prédit au roi qu’il sera tué par son petit-fils. Il enferme donc sa fille pour l’empêcher de s’accoupler avec un homme et de donner naissance à une descendance.

Cependant Zeus tombe amoureux de la jeune princesse. Pour échapper à l’oeil jaloux de sa femme légitime Héra et pénétrer dans cette tour, il se transforme en pluie d’or et s’accouple avec Danaé. Celle-ci donne naissance à Persée.

Effrayé, Acrisios enferme sa fille et son petit fils dans un coffre qu’il jette à la mer et qui échoue sur l’île de Sérifos. Accueillie par le roi Polydecte, Danaé est forcée de l’épouser. Une fois Persée devenu adulte, comme Polydecte voit en lui une menace pour son mariage avec Danaé il l’envoie combattre Méduse. Mais Persée revient vainqueur et transforme Polydecte en pierre avec la tête mortelle de la Gorgone ; puis il réussit à ramener sa mère à Argos et tue son grand père pour se venger de les avoir abandonnés. L’oracle avait donc dit vrai. »

Mais revenons au 21ème siècle, et au Louvre, pour vous présenter les deux oeuvres de Mabuse que j’y ai découvertes. Le premier, « Portrait d’un moine âgé de 40 ans », date de 1526.

Le second a été peint onze ans avant.

Je vous laisse lire le commentaire officiel.

Bien sûr, je n’ai pas eu accès au revers. Voici donc une photographie « Wikimedia ».

Or, fait étonnant, je viens d’apprendre que Jean de Carondelet était un ami d’Erasme. Erasme que j’avais « rencontré » lorsque j’étais élève au Collège Budé de Maubeuge, et que j’ai retrouvé dans ma vie d’adulte, au détour d’un chemin… Et à nouveau lors de la visite au Louvre dont je vous parle. Il est dans la salle voisine de celle où est exposé son ami, peint par Hans Holbein le Jeune.

J’espère ne pas vous avoir ennuyé-e en parlant de moi, et, si vous le voulez bien, je continuerai à partager cette visite « Europe du Nord » dans un prochain article…