Chorégraphies contrastées

J’ai assisté la semaine dernière à deux spectacles de danse, au Palais de Chaillot. L’un d’entre eux, vous en avez déjà entendu parler sur ce blog, était un hymne à la vie, à l’amour, au(x) plaisir(s). Des corps nus, des scènes érotiques, des tableaux d’une beauté vivante et pure, des fleurs, de l’eau… Bref, un bouquet de joies et d’émotions partagées. La salle a vibré d’un bout à l’autre du spectacle.

Je n’ai pas voulu vous en dire davantage dans le précédent article, car vous pouviez encore aller le voir, et il me semblait important de ne pas trop dévoiler ce qui est, de bout en bout, surprises heureuses. Comme il n’est plus à l’affiche actuellement, je puis être plus loquace.

Au départ, sur la scène, des silhouettes revêtues de survêtements à capuche. Elles s’en dépouillent progressivement, et les spectateurs/trices découvrent des corps presque nus. Seul un slip ou un string les habille. Seul? Pas vraiment. Car les corps sont magnifiés par des cordes. Depuis, j’ai recherché sur le net si on pouvait comprendre la technique. Et j’ai trouvé. Il s’agit d’une série de noeuds utilisés pour le shibari, dénommée « Kikkou » (pour en savoir plus, voir ici). Les couleurs de cordes étaient variés, et j’ai particulièrement admiré l’esthétique d’un beau « dessin » de corde rouge sur l’ébène d’un des danseurs. Tout le début est assez lent, la montée en charge émotionnelle progressive. Des êtres qui vivent des scènes d’orgie, dont certaines dignes d’un certain Sade, mais sans la violence, qui s’ébattent et se débattent dans les plaisirs physiques… La musique elle-même est suggestives. Et de très beaux « tableaux », de corps enchevêtrés, immobiles ou frissonnants.

A droite de la scène, un portant orné de cordes de diverses couleurs. Et deux personnes, un homme et une femme, vêtus de noir, assis à côté. Un-e à un-e, les artistes se détachent du groupe dansant et s’approchent du portant. L’homme se lève, choisit une corde, et, en direct, sous nos yeux, leur attache les bras et mains dans le dos. Et le danseur, ou la danseuse, repart parmi les autres…. comme si de rien n’était. A ce moment, la chorégraphie devient plus précise, s’interprète souvent en binômes mouvants.

Nos désirs font désordre, 2ème volet de Desire'series par SINE QUA NON ART  – C'est Comme Ca qu'on Danse
Nos désirs font désordres, Cie SINE QUA NON ART (c) Xavier Léoty (source)

Par la suite, tout le monde quitte la scène et revient, tirant derrière soi (bras et mains toujours attachés) un grand vase rempli de branchages, de feuillages et de fleurs. Cette fois, les deux personnes en noir vont auprès de chacun-e. L’homme orne cette fois la jambe d’une nouvelle architecture de noeuds, tandis que la femme crée de splendides compositions florales en piquant sur le réseau de corde placé sur la tête des danseurs/euses tantôt une branche, tantôt une gigantesque feuille, tantôt des fleurs… Et chacun-e se remet à évoluer en une danse très lente, cette fois. L’ensemble se fige de temps à autres en un tableau éclatant de couleurs. Composition picturales de compositions corporelles et florales. Superbes.

La lumière se rallume dans la salle. La fin? Non, pas du tout. Les artistes ont leurs bras libérés mais les visages masqués et montent les escaliers, distribuant des pièces de la composition florale. Puis redescendent sur scène.

La musique devient plus vive, et retentit plus fort. Tout le monde se libère des noeuds. Une partie se dénude complètement, l’autre joue avec string ou slip. On s’arrose, l’eau envahit la scène. Et suscite des glissades dans tous les sens, parmi les restes de bouquets… Une joyeuse libération totale, qui fait vibrer la salle, jusqu’à la scène finale…

Les spectateurs/trices enthousiastes se lèvent, crient, sifflent, applaudissent. Un délire complet. Qui dure, dure… une « standing ovation » sans fin… et tout le monde repart avec le sourire…

Pour en connaître davantage et voir des extraits d’une autre représentation de Nos désirs font désordres, voyez ceci.

Tout autre est le second spectacle…

Il commence par un ballet de grandes marionnettes qui glissent magistralement sur la scène. Elles portent des robes longues très larges, amples mais raides, qui accroissent la sensation de « raideur mobile », si j’ose dire. Elles finissent pas disparaître, et arrivent des jeunes femmes vêtues de curieuses robes noires sur des chemisiers blancs. Curieuses, car des sortes de bretelles reliées par une large bande de tissu noir occultent les poitrines. Elles sont reliées par des cordes à une grande croix posée sur le sol. Des pleureuses du Christ? Je ne m’aventurerai pas à l’interprétation des divers actes du ballet, tant tout m’a semblé obscur – à tous les sens du terme.

Puis elles tirent la croix, laissant la scène vide. Elle se remplit progressivement de vastes coffres sur roulettes, qui font évidemment penser à des cercueils. Ce qui semble se confirmer lorsque deux danseuses coiffées de têtes géantes représentant des vieilles sont glissées dans l’un des coffres.

La musique fait penser aux airs méditerranéens d’autrefois, et les corps souvent battent le rythme. Quelques beaux tableaux dont on n’a pas le temps de saisir tout l’attrait esthétique… et une danse évoquant parfois la pantomime.

Puis les danseuses s’effacent et reviennent en robe blanche mi-longue, formant corolles lorsqu’elles tournent sur elles-mêmes. Rires, cris, elles s’ébattent sur scène. J’ai du mal à vous raconter ce que j’ai vu, tant il m’a été difficile de suivre et, encore plus de comprendre. Un bébé? des fleurs blanches… des rondes… l’apparition de « belles Dames », d’un géant sans tête… Tout cela doit avoir du sens, mais trop surréaliste pour moi. Et pour les autres? Les spectateurs/trices restaient tranquilles, rien ne bougeait (sauf mon voisin qui regarda sa montre). Mais on ne ressentait aucune vibration.

Très technique, beaucoup de recherche, assez esthétisant parfois. Pour ce qui me concerne, il m’a manqué l’émotion. Même les tambours à la fin ne m’ont pas fait vibrer, c’est dire!

Pourtant, la présentation était alléchante.

« Marcos Morau embrasse ici l’histoire de l’art, de Pablo Picasso à Luis Buñuel, ose l’hommage distancié aux Ballets russes, emporte sa troupe de danseurs dans des contrées nouvelles. Vague de corps virtuose, ensembles chorégraphiés au cordeau, travail sur le rythme : tout est empreint d’une folle énergie. Le chorégraphe revisite les processions de son Espagne natale comme le sacré des corps. De son inventivité, doublée d’un goût pour les tableaux vivants, résulte une transe à la beauté léchée, peut-être la plus belle de son répertoire. Un spectacle magistral. « Soma » en grec signifie « corps », « sonum » en latin « son ». Sonoma, ballet-monde, est riche de ces racines. »

Il y a encore une semaine de représentation, j’aimerais que l’un ou l’une d’entre vous aille y assister et me donne son ressenti. Pour les autres, un extrait est visible en ligne ici. J’aurais dû le regarder avant, ce que je me refuse toujours à faire!

Rien de commun entre l’hommage vibrant et la « communion » entre le public et les artistes vécus lors du premier spectacle, et les applaudissements mesurés d’une grande partie du public lors du second. Mais certain-e-s semblent avoir apprécié, à en juger par des applaudissements plus forts. Peut-être des érudit-e-s, qui ont reconnu les évocations des autres arts à travers cette chorégraphie si particulière? Sans doute ne le suis-je pas assez…

Fleurs déposées à l’issue du spectacle
« Nos désirs font désordre »

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Un spectacle « décoiffant » !

Un public debout, qui applaudit encore et encore… des danseurs qui reviennent, ensemble, séparément, en faisant parfois le pitre, en glissant sur la scène… J’ai vu beaucoup de spectacles de danse, mais encore jamais un comme celui-ci!

Je ne vous en dévoilerai pas grand chose, car ce serait enlever à votre plaisir, si vous allez le voir. Ce que je vous conseille plus que vivement.

Un grand bol d’air.

La Vie.

L’Amour, l’amitié, la chaleur.

Une virtuosité exceptionnelle de cette troupe animée par un même élan, qui transforme l’espace-scène en… non, je ne vous le dirai pas, allez voir!

Tout y est : beauté, sensualité, érotisme, poésie. Sans oublier la Nature.

Ah ! J’allais oublier de vous dire de quoi je parlais. « Nos désirs font désordre »… au Théâtre National de Chaillot. Mais attention, il ne reste que deux soirées, vendredi 21 et samedi 22 janvier…

Et je vous en dirai plus après, promis!

Musée des Années 30 (suite et fin)

Promis, c’est le dernier épisode de cette présentation du Musée des Années 30 à Boulogne-Billancourt ! Nous allons donc ensemble descendre du 4ème étage au rez-de-chaussée, rapidement et en ne jetant qu’un coup d’oeil sur les collections… Enfin, je vais essayer!

Peintures des années 30

Loin de moi l’idée de tout vous expliquer ici : il faut que vous puissiez, vous aussi, découvrir ce Musée. Je vais donc me contenter d’une sélection des oeuvres qui m’ont intéressée.

On bascule progressivement hors de l’Europe, avec des peintres voyageurs…

Comme je vous le disais dans le début de cette série d’articles consacrés au Musée, je viens de rater l’exposition Bouchaud. Mais deux oeuvres du peintre sont exposées dans les collections permanentes.

Toute la suite du 3ème étage est consacrée à l’Afrique et l’orientalisme.

Voyage en terres lointainesSans commentaires…

J’ai préféré vous livrer cette série sans commentaires, pour laisser l’émotion intacte.

On découvre, dans une petite salle un peu à l’écart, un artiste explorateur, Alexandre Iacovleff.

Impossible de trouver en ligne un documentaire sur cet artiste étonnant, proche de la photo. Mais comme il a fait l’objet d’une exposition ailleurs, un reportage vous le présente assez rapidement, ainsi que les croisières Citroën auxquelles il a participé. Quelques planches sont présentées dans une petite salle, donnant une idée de son travail de « reporter ».

Oeuvres liées à la religion

Comme vous l’avez compris, je n’ai pas saisi la « narration » ou « logique » muséographique de ces lieux. La suite de la collection est en lien avec la religion. J’ai beaucoup moins aimé, mais vous en livre quelques exemples.

Vierge du Village Français, Carlo Sarrabezolles (1925)

Cette statuette m’a appris qu’il existait, dans l’Exposition internationale des Arts décoratifs de Paris en 1925, une Chapelle du groupe des catholiques des Beaux-Arts. C’est là qu’était exposée cette Vierge à l’enfant.

Des maquettes de décoration d’églises et de chapelles sont présentées dans cet espace du 2ème étage.

Résurrection, Marthe Flandrin (1943). Maquette pour la voûte de l’abside de l’église du Sacré Coeur de Colombes
Résurrection du Christ, Marthe Flandrin (1953). Maquette pour l’église Saint-Martin de Givry-sur-Aisne

Et pour finir rapidement… quoique…

J’ai dû écourter ma visite, plus longue que je ne l’avais prévue. Et je vais faire de même dans ce blog, pour vous éviter l’ennui, et faire en sorte qu’il vous reste encore beaucoup à découvrir. Donc, juste un regard sur quelques oeuvres exposées au 2ème étage, puis on redescend au rez-de-chaussée, où une partie de l’entrée est consacrée à des sculptures… plutôt monumentales!

Un petit arrêt, malgré tout, devant ce tableau de Jaro Hilbert, peint à Ljubijana en 1929.

Cet artiste français (peintre, sculpteur et dessinateur) est né en Slovénie de parents tchèques, et a vécu presque 100 ans, de 1897 à 1995. Je me promets de le découvrir mieux ultérieurement, si j’en ai le temps…

Deux étages par ascenseur (le 1er est consacré à l’administration du Musée), et me voici revenue au rez-de-chaussée. En entrant, je n’avais absolument pas remarqué un espace pourtant vaste, sorte de « proue » du navire…

Musée des années 30 (2)

L’exposition que je souhaitais voir s’est terminée deux jours avant… Pas de chance! Mais il reste les collections… Il me faut avouer leur avoir trouvé un aspect un peu hétéroclite. Certes, elles se rapportent (plus ou moins) aux années 30, mais leur agrégat semble quelque peu artificiel. Qu’à cela ne tienne, elles n’en sont pas moins intéressantes…

Commençons par les premières salles, situées au quatrième étage (oui, on commence par le haut!). Devinez à qui elles sont dédiées ? Mais oui, bien sûr, à Landowski en personne. Normal, dans l’Espace éponyme !

Il fallait du courage, je pense, à la ville de Boulogne pour mettre en avant ce sculpteur qui a été controversé en raison de sa participation à la tournée en Allemagne durant la Seconde Guerre Mondiale. Et j’avoue ne pas apprécier le gigantisme de certaines de ses oeuvres… Mais dans cette salle figurent des statuettes d’autres sculpteurs, plus fines et sensuelles…

Jeune fille à la toilette, Joseph Bernard (1912)

Je suis un peu surprise, sur le moment, de découvrir, entre la succession d’espaces dédiés à la sculpture, une maquette du Paquebot Normandie. Que fait ici ce joyau de la construction navale française, plus spécifiquement nazairienne ? Certes, il date des années 30, puisqu’en 1935, lors de son lancement, il est le plus grand paquebot du monde « plus long que la Tour Eiffel », à la salle à manger « plus vaste que la Galerie des Glaces de Versailles », pouvant accueillir plus de 3300 personnes (si vous voulez en savoir plus, voici un documentaire à ce sujet) ?

La suite de la visite me le fait comprendre : une partie du mobilier et des décors présentés proviennent du paquebot, aux décors très Art Déco. Une exposition a été dédiée en 2020 à son prédécesseur, qu’il a surpassé, le Paquebot Ile-de-France. En est-ce la raison? Je l’ignore. Mais revenons à cette salle dédiée au mobilier, aux objets et aux maquettes…

L’esthétisme, à cette époque, n’exclut pas le confort… Et une pièce m’a fait imaginer combien le télétravail pourrait devenir agréable si nous la possédions…

Que dites-vous de cette chaise longue adaptée au travail? Il ne lui manque que les prises électriques sous les accoudoirs, non?

Envie de voir de plus près le tableau exposé à droite, comme moi ? Le voici…

La sieste, Auguste Clergeau (1930)

Beaucoup de mobilier exposé, ce qui m’a plus, car j’aime les formes épurées de cette époque…

Les recherches pour embellir les matériaux, qu’il s’agisse de bois ou de verre, me séduisent tout autant.

Coffre, Léon Jallot, 1937. Ebène de Macassar.
Décor en ivoire, Maurice Pico, sur le Meuble au char de Jacques-Emile Ruhlman (1924)

C’est ainsi que j’ai appris ce qu’est le verre églomisé : on applique au revers d’un verre une peinture à froid associée à des fonds brillants – argent ou or – et à du vernis noir. Regardez cette merveille, sur laquelle j’ai focalisé…

Zoom sur un panneau en verre églomisé, sur une armoire en ébène de Macassar, Jules Leleu, (1937)

Le métal n’est pas oublié, avec notamment des paravents aux formes épurées.

Paravent, Léon Barillet et Jacques Le Chevallier (1930)

Ce paravent a été conçu pour le bureau du directeur d’une revue, La Semaine à Paris.

« La devanture de cet immeuble, situé au n° 26 rue d’Assas dans le 6ème arrondissement de Paris, a été réalisé en 1930 par Robert Mallet-Stevens, avec le concours de Louis Barillet pour les vitraux et des frères Jan et Joël Martel pour les reliefs. » (source). Il faudra que je vous reparle de Mallet-Stevens… un univers architectural à découvrir!

Vous avez déjà pu voir des objets dans les photos qui précèdent… j’ai été impressionnée par la beauté simple et le bleu profond du décor d’un vase, et ne résiste pas à l’envie de le placer ici.

Décor du Vase au bananier et oiseau exotique, René Buthaud (1926)

Pas plus que je ne résiste à celle de partager avec vous deux tableaux aux antipodes l’un de l’autre et que la muséographie farceuse a placé face à face.

Le Pensionnat de Nemours, Bernard Boutet de Monvel (1909)

Soit dit en passant, je me suis demandé pourquoi figurait ici un tableau de 1906… Plus Années Folles qu’Années 30, non ?

Dans ce même espace sont proposées des maquettes d’architectes divers, allant de la belle demeure à l’immeuble le plus « moderne »…

On revient enfin au Paquebot Normandie avec cette belle verrière qui en décorait la salle de séjour.

Les Biches, Pierre Petit (1928)

Vous l’avez compris, j’ai regretté l’accumulation d’éléments un peu hétéroclites, que seuls rassemblent les dates de production. L’espace de ce 4ème étage est trop restreint pour autant d’objets si différents, et, qui plus est, sans fil conducteur autre que cette période. Dommage, car il y a de très belles pièces qui sont ainsi quelque peu « étouffées ». Comme cette table de bridge sur laquelle je finirai, qui a plus que séduite la joueuse que je suis…

Musée des années 30 (1)

Connaissez-vous le Musée des années 30 ? Ce n’était pas mon cas jusqu’à ces derniers jours, où je l’ai découvert. Comment? En me renseignant, à l’Office de Tourisme de Boulogne-Billancourt, sur ce que l’on pouvait voir dans cette ville. Une ville que je traverse ou longe souvent, en allant d’est en ouest ou vice-versa, mais dans laquelle on songe rarement, je pense, à faire du tourisme. Or elle possède quatre musées, pas moins. Et c’est ainsi que j’ai appris son orientation vers les années 30. Un autre jour où je disposerai de temps (et où il fera moins froid!), je pourrai ainsi faire le « Parcours des années 30 » proposé par un des dépliants, parcours architectural cette fois, à la fois Art Déco et Art Moderne. Mais, pour ce jour, direction l’Espace Landowski.

Situation de l’Espace Landowski

L’architecture de cet Espace est remarquable, au sens propre du terme. Voici ce qu’en disent ses architectes :

« Le projet structure et qualifie les espaces publics et s’intériorise autour d’une grande nef couverte, vide fédérateur des divers éléments du programme. Il exprime les deux fonctions du programme initial, politique et culturel, par une double image : l’une solennelle et minérale, l’autre quotidienne et transparente. L’écriture architecturale appuie la lisibilité du parti : la rigueur de la grande nef contraste avec les parois de béton poli ou sablé, les bandes vitrées soulignées de panneaux en béton blanc. Proportions et modénatures reprennent le vocabulaire des années 30 à l’origine de l’identité de ce secteur de Boulogne.« 

Il a visiblement été construit pour les fonctions qu’il remplit, d’ordre culturel. En effet, il accueille une médiathèque, un cinéma d’art et essai et un Musée. Proche de l’Hôtel de Ville, il apparaît comme un navire accueillant, la proue arrondie, et surtout ouvert, avec de vastes baies vitrées. Récent, car achevé en 1998, il tranche avec les immeubles environnants : l’Hôtel, dont la construction a été confiée à Tony Garnier par André Morizet, maire de la ville qui a donné son nom à l’Avenue où elle se situe, qui a été inauguré en 1934, quatre ans avant la Poste (architecte Charles Giroud).

Hôtel de Ville (1934)
Portail de la Poste (1938)

Si cela vous intéresse, un documentaire intéressant (et court!) est consacré à la ville : « Quand le béton libère l’architecture »

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Sur la porte de la Poste, une évocation du blason de la ville « Taillé de gueules et d’azur à la barque à l’antique d’argent voguant sur des ondes du même brochant sur la partition, accompagnée en chef à dextre d’un poisson posé en pal et à senestre d’une fleur de lis, le tout d’argent« .

Fichier:Blason ville boulogne billancourt.svg
Blason de Boulogne-Billancourt

Devant l’Espace, une surprenante sculpture.

Photo empruntée au site consacré aux frères Martel

Un panneau apporte quelques explications sur cet « arbre » cubiste.

Issu du blog qui est consacré à Jan et Joël Martel, voici le commentaire permettant de comprendre l’oeuvre :

« Les frères Martel participèrent à Paris à des expositions au Salon des indépendants, au Salon d’automne, au Salon des Tuileries et à l’Exposition des arts décoratifs de 1925, où ils présentent, en collaboration avec Robert Mallet-Stevens, des arbres cubistes en ciment armé qui défraieront la chronique. Une réalisation destinée à montrer la solidité du béton armé en architecture. »

La lecture du blog qui est consacré à ces jumeaux nés en 1896 et morts tous deux en 1966 est passionnante.

Les frères Martel dans leur atelier parisien, rue Mallet-Stevens
© Archives familiales

Comment entrer dans le Musée ? Il m’a fallu un certain temps pour y parvenir. Car l’Espace a été transformé en centre de vaccination! La porte principale est donc réservée aux candidat-e-s à la piqûre… Direction, l’est… Eh non! c’est l’entrée du bâtiment administratif et de la médiathèque! Les vigiles se moquent gentiment de moi, et me renvoient… de l’autre côté. Il faut en effet quitter l’Avenue Morizet pour emprunter l’entrée commune Cinéma / Musée et pouvoir enfin pénétrer dans ce dernier, dont je vous parlerai dans un prochain article… Vous remarquerez peut-être que je ne vous ai pas parlé de Landowski, vous comprendrez alors pourquoi…

« Petit » Palais mais « Grande » Expo : Ilya Répine

Voici encore une lacune dans mes connaissances artistiques! Je ne connaissais pas ce peintre avant d’apprendre l’existence de cette exposition. Difficile d’y trouver une place, tant elle est courue. Et cela ne s’est pas amélioré avec les contraintes de jauge! Aussi ai-je pour une fois enfreint à l’un de mes principes, et réservé un mois d’avance, que dis-je, une année d’avance… Enfin, non, en décembre pour janvier.

En réalité, pas trop de monde dans les salles en ce mardi matin pluvieux de début janvier… Ce qui m’a permis d’en profiter pleinement, mais pas de prendre les photographies de face, tranquillement, comme je l’aurais souhaité – ce que vous constaterez de vous-même!

Non que j’aime particulièrement ce style de peinture, mais il me faut avouer que la palette de couleurs, la manière très personnelle de « saisir » les personnages pour les portraits, et les interrelations de l’artiste avec les autres arts m’ont fascinée.

Comment vous présenter ce que j’ai vu? La tâche est loin d’être aisée…

L’exposition commence par un extrait du film Ivan le Terrible de Sergueï Mikhailovich Eisenstein (1944).

Ce personnage hante visiblement Répine, et on le retrouve à divers moments de l’exposition, et en particulier dans le recoin consacré au célèbre tableau de Répine, où l’on voit Ivan tenant dans ses bras le fils qu’il vient de tuer.

Ivan le Terrible tue son fils — Wikipédia
Source : Wikipédia

Impossible de retracer l’ensemble de l’exposition, bien sûr, et ce n’est qu’un petit éclairage que je puis en faire… Avec d’abord un focus sur la France. Inattendu, non? Mais Répine a séjourné dans notre pays, et certains de ses tableaux témoignent de son regard sur celui-ci, comme le ramassage des galets à Veules-les-Roses.

Mais ce sont surtout des « personnages » qu’il a peints, dont voici quelques exemples.

Après le petit garçon de Montmartre, la petite Picarde. Mais ces enfants ont toujours l’air aussi triste…

Moi qui ne suis pas une fanatique des portraits, je dois dire que j’ai éprouvé beaucoup de plaisir à découvrir ceux de Répine, car ils manifestent une interprétation forte des êtres et de leurs émotions.

Après le Juif en prière, la jeune Africaine en attente…

Des portraits, il y en a beaucoup dans l’exposition, notamment des artistes ou mécènes de son entourage. Et surtout de Léon Tolstoï, qu’il admirait énormément. Il en a peint plus de 70 portraits! Dont certains dans des activités inattendues, comme le labour…

… ou au contraire en inactivité, comme celui-ci:

Répine et Tolstoï ont longuement correspondu, et un livre retrace ces échanges épistolaires.

Lettres À Tolstoï Et À Sa Famille   de Répine Ilia  Format Beau livre

Beaucoup de portraits des membres de sa famille, en particulier de ses filles… parfois plus conventionnels…

Même les scènes de composition présentent des visages aux traits frappants, comme les hâleurs de la Volga.

Je ne suis pas parvenue à bien saisir le tableau « Réunion de militants », mais vous le présente quand même…

… ainsi que celui qui décrit l’explosion de joie de la Révolution.

On ne trouve qu’un dessin dans l’ensemble de l’exposition, mais il montre le goût de l’artiste pour « saisir » le moment.

Certains de ses tableaux ont donné lieu à de nombreux essais, et l’exposition en montre les différentes versions, comme c’est le cas pour la scène de retour d’un-e exilé-e. Vous pouvez jouer au jeu des différences (il y en a plus de 7!).

Un petit « zoom » pour vous y aider?

Je ne voudrais pas finir sans une oeuvre qui, pour moi, symbolise à la fois liberté et bonheur…

Co-incidence

Il y a longtemps que je n’ai plus utilisé ce terme, mais il est le seul idoine pour caractériser ce qui s’est produit hier soir…

Je venais de publier l’article sur l’exposition vue l’après-midi même, pressée que j’étais de le mettre en ligne pour que puisse réagir l’un de mes amis qui allait le voir le soir même, et pourrait ainsi me dire comment lui-même avait vécu cette visite, et pour apporter une réponse à un autre qui devait deviner, à partir de deux tableaux envoyés, où j’étais en ce vendredi après-midi (j’adore proposer ce genre de devinette).

Je venais juste de le publier, disais-je, lorsque j’ai regardé, comme je le fais chaque soir, les titres du Monde affichés sur mon Iphone. Parmi ces titres… l’annonce d’une émission qui commençait juste à ce moment (22h50) sur France 5, un documentaire consacré à… Georgia O’Keeffe!

Et ça ne s’arrête pas à cela. Vous vous souvenez que j’avais oublié de noter le nom du peintre d’un des tableaux exposés dans la Galerie 261? Eh bien, la réponse a été apportée au cours de la narration de la vie de l’artiste. Je puis donc vous la donner ce matin : il s’agit d’Arthur Dove.

Arthur Dove
Arthur Dove (1880-1946)

Bel homme, non? Bien sûr, je suis immédiatement allée voir ce qu’il avait peint. Entre autres, regardez ceci :

Tree, 1935 - Arthur Dove
Tree, Arthur Dove, 1935 (source)

Est-ce que cela vous rappelle quelque chose ? Et ce n’est pas tout. Certains de ses tableaux représentent une certaine maison typique, plus ou moins interprétée, et parfois accompagnées d’arbres qui ressemblent étrangement à ceux que j’ai vus durant ma visite à Beaubourg hier…

The scene by Arthur Dove depicts a small green house, with a nearby yellow cottage and two unusual trees stripped of their foliage.
The Green House, Arthur Dove (1934)
Artwork by Arthur Dove, Farm House, Made of Watercolor on Paper

Voici un extrait de sa biographie :

« In 1907 he traveled to Paris, where he met Alfred Henry Maurer, who was to be a dear friend for the remainder of his life and through whom Dove gained entry to art circles that included Matisse, Picasso, and Cézanne. Upon his return to New York, he met influential photographer and gallerist Alfred Stieglitz and began exhibiting at Stieglitz’s avant-garde gallery, 291. »

Les deux, voire trois, artistes ont-ils et elle « dialogué » à travers leurs oeuvres? Ou/et est-ce le fruit de leurs rencontres avec les peintres français de l’époque? Se sont-ils amusé-e-s à traiter les mêmes thèmes, les mêmes objets, les mêmes idées?

Un très bel article a été consacré à la relation entre Georgia O’Keeffe et Alfred Stieglietz.

« Elle réalise des dessins abstraits exécutés au fusain qu’une de ses amies envoie à Stieglitz en 1916. Sans la connaître, il les présente et lui consacrera même, l’année suivante, une exposition personnelle. Dès lors, ils s’écrivent, assidûment, et O’Keeffe décide de s’installer à New York. La situation de Stieglitz a quelque peu changé. Sa galerie, sa revue, son groupe n’ont pas trouvé un second souffle et leur influence s’est amenuisée. Il crée un nouvel élan : un cercle plus restreint d’initiés qu’il va favoriser et promouvoir, composé surtout d’artistes américains qu’il affectionne particulièrement : Arthur Dove, Marsden Hartley, John Marin, Paul Strand et Georgia O’Keeffe.« 

Alfred a quitté sa femme pour cette jeune peintre, de 23 ans sa cadette, et c’est la mort qui les a séparés, en 1946 (oui, la même année que Dove, de 16 ans son cadet), même si leur relation avait évolué à partir du moment où, en 1829, elle avait découvert son infidélité.

Au moment de terminer cet article, je découvre un texte qui traite de ce sujet et discute la thèse d’une relation particulière entre les deux artistes.

« The extent to which Dove and O’Keeffe had a close personal relationship, it wasn’t really based on face time. It was really through their art and what they saw of each other’s work, through exhibitions and their conversations via Stieglitz,” says Hammond.“That’s the circles of influence we talk about; how the exchange between them continued and lasted for several decades.” They also owned each other’s work. O’Keeffe’s 1919 “Abstraction,” currently at the Clark, once hung in the cabin of Dove’s houseboat. »

Une exposition a été consacrée aux influences réciproques entre les deux artistes. Ce qui m’a sauté aux yeux et questionné en ignorante que j’étais est donc chose connue et reconnue… Excusez ma naïveté et mon ignorance!

« Dove/O’Keeffe: Circles of Influence,” this summer’s big show at the Clark Art Institute, is the first exhibit to deeply explore the lifelong bond of inspiration and admiration between the two artists. Curated by Debra Bricker Balken, an independent curator who organized a major Dove retrospective 12 years ago at the Whitney Museum of American Art, “Circles of Influence” will appear only at the Clark. » (source)

Pour en savoir plus sur cette exposition, vous pouvez regarder ici et surtout . Et j’en profite pour vous donner l’adresse du Musée O’Keeffe à Santa Fe.

Bref, en lisant ce qui précède, vous aurez vécu en direct une « révélation » qui confirme l’expression « enfoncer des portes ouvertes »!

Un dernier mot, car j’avais oublié de vous le dire : si vous avez un peu de temps, écoutez l’émission dont je parlais au début de cet article. Elle est en ligne, mais seulement jusqu’au 2 février 2022 (2/2/22, facile à retenir!). « Georgia O’Keeffe, icône américaine« .

Une femme hors du commun

Fascinée… Tel est l’adjectif qui convient le mieux pour décrire mon état devant les portraits de Georgia O’Keeffe. Il faut dire qu’elle a eu la chance d’être photographiée par de grands artistes, qui ont su saisir la profondeur et la richesse intérieure de cette femme, qui devait avoir une personnalité hors du commun. Elle joue de tous les codes et se joue de l’âge et des rides.

On la sent, au travers de ces portraits, libre, passionnée, prête à transgresser, mais aussi pensant, réfléchissant, voire méditant… Difficile à avouer, mais c’est vraiment ce que j’ai préféré dans cette exposition. Et pourtant, nombre de visiteurs ne regardent – que dis-je? – ne voient même pas ces photographies mal mises en valeur parce que projetées sur le mur, directement, du couloir d’entrée où tout le monde s’agglutine pour lire les panneaux explicatifs. Au point qu’à certains moments il m’a fallu demander aux personnes de bien vouloir se déplacer pour que les personnes qui, comme moi, regardaient le diaporama, puissent en profiter.

Pour une personne qui s’intéresserait au Genre, elle est un exemple superbe d’individu qui échappe aux normes de genre. Et elle joue des attributs masculins avec visiblement beaucoup de plaisir.

A cause des individus dont je parlais plus haut, je n’ai pas réussi à la prendre dans ses tenues plus masculines, mais cela lui va à merveille. Ce qui ne l’empêche pas de jouer de sa grâce, comme dans cette photographie qui m’a beaucoup plu.

Je ne vous en ai présenté que quelques-unes, et bien mal re-prises avec des lumières malencontreuses, mais vous pouvez imaginer que ce fut un moment fort que ce face-à-face avec une femme aussi étrange et ouverte, aussi a-normale.

Il est temps maintenant de vous laisser entrer dans l’exposition elle-même. Le Centre Pompidou en effet offre la première rétrospective en France de l’oeuvre de cette artiste qui a vécu 98 ans. Mais encore une étape à franchir avant de ce faire (un vrai parcours initiatique, n’est-ce pas?). La première pièce, « Galerie 291 », est en effet consacrée aux artistes qui ont accompagné ses premières années d’artiste. A commencer par celui qui allait devenir son époux, en 1924, Alfred Stieglitz, dont voici une oeuvre.

Photographe, il était également galeriste. Ainsi peut-on voir du Rodin, du Picasso, et d’autres peintres dont celui dont j’ai omis de noter le nom.

Il est temps pour moi de vous dévoiler les oeuvres qui m’ont le plus interpellée. Comme d’habitude, mal photographiée. Mais vous trouverez sur le net de bien meilleures reproductions.

Une Nature très colorée

Les fleurs : de la couleur à la pureté

La petite maison dans la prairie, revue et corrigée

Des abstractions évocatrices

L’éclat des couleurs en abstraction

La sélection que j’ai faite est minimaliste, et ne rend pas compte, loin de là, de l’ensemble des oeuvres exposées. Il manque notamment toutes celles qui ont été créées dans les dernières décennies. Pour en savoir plus, vous avez la possibilité d’écouter les podcasts sur le site du Musée.

Samuel Fosso à la MEP

Vous le savez, j’aime cette Maison Européenne de la Photographie, par son cadre, sa fréquentation « raisonnable » et l’intérêt des expositions qu’elle offre. Je suis donc allée voir, en un frais dimanche d’automne, ce qu’elle proposait. Et je n’ai pas été déçue… Deux espaces, deux artistes et deux styles très différents.
D’abord, une rétrospective des oeuvres de Samuel Fosso. A priori, je n’étais pas passionnée par ce genre de photographies. Voici la présentation qui en est faite sur le site officiel :

« Né au Cameroun en 1962, Samuel Fosso s’installe à Bangui, en Centrafrique, chez son oncle et débute une carrière de photographe de studio dès l’âge de 13 ans. En dehors de son travail de commande, il se crée une série d’avatars défiant les codes de la représentation. À partir de cette époque, Fosso n’aura de cesse de se réinventer dans des autoportraits qui lui permettent de traverser les frontières, qu’elles soient sociales, géographiques ou temporelles. Ses œuvres éprouvent les normes identitaires et célèbrent notre liberté à l’autodétermination. »

Force est cependant d’avouer que j’ai été « prise » par son jeu, un peu malgré moi (en principe, je déteste les autoportraits…). Une forme d’auto-dérision? Une impertinence ? La transgression? Toujours est-il que je me suis promenée avec plaisir parmi les variations identitaires de l’artiste. Les photographies présentées ci-dessous sont de moi, et totalement ratées pour certaines. Mais je ne suis pas très au fait des droits de reproduction et ai préféré les placer, plutôt que de prendre sur le net. Mais bien évidemment, je vous encourage à aller les voir, soit « en vrai », soit sur des sites spécialisés, dont celui de la MEP (je n’ai pas trouvé le site de l’artiste).

Mosaïque « Histoire Familiale » (le titre est de moi)

Rire jaune sur la vision blanche des « Noirs »

En premier lieu, il incite à une réflexion sur sa culture, et son interprétation par les « Blancs »…. Dans cette partie manque toute une collection, au titre évocateur de Allonzenfants. Les photos étaient tellement mauvaises que je n’ose les insérer. Une inénarrable série sur les soldats Africains dans l’armée française. Dernière minute : impossible de la trouver sur le net!!! Alors tant pis, à ma courte honte je glisse ces mauvaises photos d’oeuvres qui ne méritaient pas ce traitement, pour vous en donner une idée.

Mais ce sont surtout les mises en abîme des visions culturelles déformantes qui m’ont intéressée.

Un bouquet de stéréotypes racistes !

Une satire des Grands de ce Monde

Deux salles sont consacrées à des autoportraits « déguisé »… le rire est moins jaune, quoique…

Quand le noir s’allie au blanc, surpassant la couleur…

Un message fort et émouvant

Paris Photo

Désolée de vous avoir abandonné-e-s quelques jours, mais j’ai eu des difficultés avec le transfert des photos. J’ai fini par comprendre qu’une fois transmises automatiquement sur le Cloud, elles devenaient irrécupérables en direct. A moins qu’il n’y ait une solution? Auquel cas, je compte sur vous!

Je vais donc remonter le temps, car l’exposition est finie depuis deux semaines… Elle avait lieu au Grand Palais Ephémère, étrange construction dérangeant l’ordre bourgeois du 7ème et la perspective du Champ de Mars… Beaucoup de monde en ce dimanche après-midi, et j’ai trouvé la visite très éprouvante physiquement… Du monde, on piétine, difficile d’approcher certaines oeuvres…

J’ai hésité à écrire cet article, à cause de cela. Vous pourrez observer que le cadrage est affreux, pour beaucoup des photos présentées. Ce n’est pas volontaire, loin de là! Il était très souvent impossible d’admirer les oeuvres de face, encore moins de « poser » pour les photographier. D’où des résultats comme celui-ci…

Avouez que ce superbe travail sur une vague légère aurait mérité mieux!

De même que cet arbre très symbolique…

Je me suis demandé pourquoi chaque petit espace était encombré, au milieu, par tables et chaises, voire fauteuils, destinés aux éditeurs, alors que les visiteurs/euses n’avaient strictement aucun siège pour s’asseoir sur l’ensemble de l’espace!

Un énorme reproche : les défauts d’éclairage. Qui, à certains moments, produisaient des effets catastrophiques. Deux exemples…

J’ai beaucoup apprécié cette photo, qui pour moi tient du tableau abstrait… Mais je puis vous assurer qu’elle est beaucoup mieux sans les points bleutés et les reflets apportés par la lumière ambiante… et encore, j’ai tout essayé pour en avoir le moins possible!

Cette photo, qui attirait mon regard, souffre à la fois de son positionnement en hauteur et de l’éclairage ambiant… Dommage, non? Et que dire de la suivante, qui invite les spectateurs/trices?

Quant à celle-là, elle est complètement polluée par les reflets… Sur la photo, on ne voit que le couple… vous pouvez jouer au jeu des différences, avec l’originale mieux mise en valeur:

Yves Trémorin, Les Amants Magnifiques (1989). Source

Un autre exemple de reflets parasites : des personnages non prévus sont ainsi invités dans l’oeuvre… devenue contre son gré interactive!

Mais il faut avouer que les masques des visiteurs/euses font bien écho à la volumineuse étole de la jeune femme…

Les seules oeuvres échappant à cette malédiction étaient celles qui prenaient le parti de ne pas se présenter « à plat », comme celle qui suit.

Beaucoup, que dis-je, énormément, disons carrément pléthore de photographies… et, pour moi, trop c’est trop… cela nuit grandement, à mon sens, au plaisir esthétique. A la sortie, une espèce d’indigestion… et surtout l’impression de n’avoir été émue par aucune… alors qu’il y en avait tant! et que l’Art était bien là parfois (ce dont je doutais à d’autres moments…).

Difficile d’exprimer ce que j’ai ressenti et appris de cette exposition… Je vais « entrer » par les photos, donc… Et d’abord, l’une des premières vues, proche de l’entrée.

Gail Albert Halaban (2015)

Si vous voulez savoir de quelle ville il s’agit, sachez que nous sommes en Turquie… Le site de l’artiste américaine présente d’autres photos « fenêtres », très intéressantes. Elle a notamment fait toute une série sur Paris, présentée dans cet article.

Un peu plus loin, une autre photo mettant en scène l’architecture, mais cette fois sans humaine…

Les formes épurées et la composition m’ont intéressée… Revenons maintenant aux humains… qui sont, vous le verrez, plutôt des Humaines…

Sîan Davey, The Garden (2021)

Vous pourrez la voir mieux sur le site de Sîan Davey, et vous pourrez en apprendre davantage sur cette étonnante artiste britannique.

Bien sûr, cette vague vous évoque un célèbre artiste japonais… j’ai beaucoup apprécié le jeu, un peu en dérision peut-être, sur les motifs des estampes ou oeuvres plus récentes, avec le décor semi-vide et cette jeune femme espiègle qui épouse le mouvement de l’onde… Hélas, j’ai omis de noter l’auteur-e… Si vous le/la connaissez, merci de m’informer?

La mode est visiblement au « vintage »… d’ailleurs annoncé dans les panonceaux accompagnant les photos. Et comme j’aime le noir et blanc, et encore plus l’argentique, cela me convient.

Oubliez évidemment les traits bleutés dus, une fois encore, à l’éclairage…

Alexey Titarenko, Laundry Hanging along the Canal, Venice (2006)

J’ai regardé par la suite ce que produisait cet artiste russe, né en 1962, et désormais américain. C’est superbe! Si vous voulez le découvrir, une recherche d’images par un moteur quelconque, ou son site, ici.

Tetsuya Ichimura, Untitle from Come Up (1973)

Peut-être l’un des artistes les plus âgés exposé ici? Ce Japonais, célèbre pour ses photos de nus, a 91 ans…

La lessive sur le Canal de Venise pouvait apparaître comme un clin d’oeil à ma série et à celle de mon correspondant sur Un Jour Un Tableau… Mais voici un autre écho, à un article où j’avais mis en évidence l’attrait des nuques sur les peintres…