Une « institution » : le Bofinger

Elle fait partie des « institutions » parisiennes, en termes de restauration : la Brasserie Bofinger perdure encore et encore. Et qui plus est, elle « vit » bien. J’y étais allée voici bien longtemps. J’y suis retournée cette semaine. Elle est toujours là. Elle n’a pas changé.

Et qui plus est, on y mange bien, pour un prix raisonnable.

Toute la vaisselle est estampillée!

Et aucun détail n’est oublié. Ainsi, pas de sachet plastique ou de petit pot ouvert pour la moutarde : une petite conserve de marque, individuelle.

La choucroute « signature » est excellente. Avec le petit bol de Crémant d’Alsace qui vient rehausser, au dernier moment, le goût du chou, c’est un vrai délice. Jarret, trois types de saucisse, poitrine… Tout y est, pour le plus grand plaisir des gourmand-e-s, dont je suis.

Elle était tellement copieuse que j’ai fait l’impasse sur le dessert, mais mon voisin s’est laissé tenter. Je lui ai conseillé la Forêt Noire. Il n’a pas été déçu!

Les vins proposés à la carte sont un peu chers, mais j’ai trouvé un Riesling acceptable, à partager avec un des convives… C’est le troisième de cette liste impressionnante de vins d’Alsace que vous trouverez en ligne ici.

Mais le plus impressionnant reste le cadre dans lequel on se restaure. Le Ministère de la Culture le décrit ainsi.

« Description historique

Fondée en 1864 par l’aubergiste alsacien Frédéric Bofinger, originaire de Colmar, elle sera la première brasserie parisienne à servir la bière à la pression, en 1870. Une partie du décor d’origine daterait de 1880. Après l’agrandissement de la brasserie en 1919, englobant trois boutiques avoisinantes, le décor a été refait de 1919 à 1921 par l’architecte Legay et le décorateur Mitgen, avec une coupole ovale ornée de motifs floraux. Le vitrail, au premier étage, montrant Gambrinus, Roi de la bière, est signé par les maîtres-verriers G. Neret et E. Royer ; les statues de hérons en céramique sont l’oeuvre du sculpteur Jérôme Massier. Après un nouvel agrandissement en 1930, une salle réalisée en 1931 à l’occasion de l’Exposition coloniale a été décorée de tableaux montrant des paysages alsaciens, réalisés par le peintre Jean-Jacques Waltz, dit Hansi, également auteur de l’enseigne de l’établissement. Les urinoirs, dont les montants sont ornés de têtes de dauphins, sont également à signaler. La devanture de l’établissement a été refaite en 1982, en chêne, à l’identique de celle de 1919. » (Base Mérimée)

Voici des photographies que j’ai faites, en relation avec le texte ci-dessus.

  1. La coupole

2. Gambrinius, roi de la Bière

3. Autres éléments du décor

Mobilier et objets sont tout autant porteurs d’Histoire.

J’ai cherché à en savoir davantage sur cette marque et cette date…

« Peu de gens connaissent le prénom de ce créateur de génie, Ernest Mauviel, mais les produits hérités de son atelier artisanal fondé en 1830 sont devenus célèbres dans le monde entier. Quant à ses héritiers, tous ont le feu sacré. D’Ernest hier à Valérie aujourd’hui, déjà 7 générations que l’entreprise phare de la Baie du Mont St Michel magnifie les cuisines des professionnels et des particuliers, en France comme à l’étranger. Son savoir-faire d’exception est l’atout maître de son succès et sa capacité d’adaptation en est la clé de voûte. Depuis presque deux siècles, Mauviel 1830 s’adapte aux évolutions du marché. » (source)

Enfin, la vue du 1er étage où nous avons déjeuné ouvre en perspective sur la coupole de l’église Saint Pierre Saint Paul.


Gautier Capuçon, quelle virtuosité!

Invitée hier soir à un concert d’une de mes idoles, Gautier Capuçon (j’apprécie aussi son frère, mais comme je préfère le violoncelle au violon…), j’ai couru jusqu’à l’extrême nord-est parisien pour assister au concert auquel il participait, dans une salle que j’aime beaucoup, la Salle Pierre Boulez.

Si vous êtes un peu expert en musique, vous aurez compris, en voyant le programme, qu’il ne prenait part qu’à la première partie de celui-ci, car la Symphonie du Nouveau Monde ne permet pas de mettre en valeur un virtuose du violoncelle. Par contre, il nous a gâté-e-s en ajoutant un morceau extrait de son dernier album, Gaïa (en hommage à la Terre), Toward the Forest que Bryce Dessner a composé pour lui. Rappelons donc, pour celles et ceux d’entre vous qui ne suivent pas sa carrière, qu’il s’agit d’un projet, présenté en ces termes sur le site de l’éditeur, Warner Classic (où vous pourrez le trouver, soit dit en passant).

« … un album inspiré réunissant dix-sept créations mondiales signées par seize compositeurs contemporains. Ce projet explore la relation entre l’humanité et la nature sous un prisme multiple, puisant dans différents genres musicaux, esthétiques et influences culturelles, ainsi que dans les contrastes saisissants du monde naturel.

« Chaque morceau donne sa propre voix au violoncelle, nous plongeant dans la puissance et la profondeur de la nature et de la Terre, source de toute vie », explique Gautier. « Dans chaque pièce, c’est la Terre qui s’exprime en musique : parfois fragile, parfois majestueuse, toujours essentielle. … Cet album est aussi un chant d’alerte, un hymne à cette beauté menacée, une prière pour les générations futures. »

Mais revenons au début du concert. Comme je n’avais pas vu le programme en amont, il m’a beaucoup surprise. Imaginez: vous attendez un orchestre symphonique et un soliste, et vous vous retrouvez devant… 4 musiciens! Et qui plus est quatre trompettes! Je n’avais jamais vu cela. Et c’est apparemment normal, car en faisant mes recherches j’ai appris que ce serait le plus petit ensemble requis pour une « fanfare ». Plus le chef d’orchestre, bien sûr. Un morceau envoûtant, étonnant, que je n’avais jamais ouï. C’est le 5ème d’une série de 6, composée par Joan Tower (pianiste et compositrice américaine, aujourd’hui âgée de 87 ans), dédicacé à Joan Harris, née, elle, en 1920.

Une petite parenthèse pour vous expliquer cette dédicace. Toute sa vie, elle a lutté contre les inégalités et la pauvreté, et soutenu les arts. Son (second) époux fortuné l’y a aidée en finançant beaucoup de ses actions, dont la création d’un théâtre à leur nom.

« Joan and Irving Harris review plans for a concert hall in Aspen in 1993.

Harris forged ahead, helping to raise funds and secure a location at Millennium Park in Chicago’s Loop, the city’s bustling central business district. When it opened in November 2003, the Harris Theater became the first multiuse cultural venue built in downtown Chicago since 1929. It has gone far in creating the kind of supportive and lively arts community Harris and other believers long envisioned. »

C’est à l’occasion de ce concert à Aspen qu’a été créée cette « Fanfare for the Uncommon Woman n°5 » que j’ai beaucoup appréciée. En quelque sorte, un hommage à deux femmes, de deux générations différentes : une philanthrope active et une musicienne, compositrice.

S’est ensuivi une pièce assez longue, prenante, un peu « déprimante », mais si intense et magnifiquement jouée par Gautier Capuçon! Voici comment elle est expliquée sur Wikipédia.

« Le soliste ouvre le Largo par une phrase grave et méditative, puis dialogue avec l’orchestre, d’une manière de plus en plus énergique et tendue, surtout dans la deuxième partie du mouvement, marquée par les sonorités du xylophone et une opposition entre les pizzicatos et les accords du violoncelle et la percussion. La fin du mouvement revient à l’intériorité et la retenue du début. Les deux mouvements suivants s’enchaînent et sont indiqués l’un et l’autre Allegretto. Le début s’apparente à une danse tzigane, d’abord assez légère, puis prenant l’allure d’une toccata, avec roulements de tambour et sonneries de cor. La partie suivante est contrastée entre des phrases lyriques, d’autres rythmées, parfois des explosions de violence et une formule cadentielle très classique. L’œuvre s’achève par une longue note grave du violoncelle sur fond de martèlement léger au xylophone. »

Vous pourrez en voir et écouter quelques extraits sur You Tube, qui suffiront à vous faire comprendre l’admiration sans borne pour la virtuosité de Gautier Capuçon, qui n’est pas que « technique ». On parle de l’âme d’un instrument, mais ici c’est la rencontre de trois âmes, celles du compositeur, de l’interprète et de son violoncelle… Pour information, si vous l’ignorez, l’oeuvre a été écrite alors que Chostakowitch était soigné dans un sanatorium, en 1966. Une belle présentation en est faite sur le site de l’orchestre de Monte-Carlo, par une auteure qui termine ainsi :

« Par sa complexité et ses multiples arrière-plans, ce deuxième concerto pour violoncelle de Chostakovitch peut être considéré comme le bilan d’une vie. Par leur côté hagard, leur violence percussive, leur lyrisme douloureux et leur introversion absolue, les concertos pour violoncelle de Chostakovitch constituent des documents historiques en même temps que des confessions humanistes au plein sens du terme sur ce que fut la dictature stalinienne. »

Comme je vous le disais précédemment, la première partie s’est achevée sur un des morceaux de l’album Gaïa (publié en novembre 2025), inspiré des tableaux de paysages et de nature de Münch.

Un petit entracte a permis au public de se remettre de ses émotions, mais c’était pour en retrouver d’autres avec la Symphonie du Nouveau Monde, magistralement interprétée par l’Orchestre Symphonique de Paris. Emphase? Non. Pour l’avoir moultes fois entendue, je peux affirmer que c’est la plus riche et puissante interprétation à mon sens. Un orchestre totalement mobilisé sous la conduite de son chef « dansant », Andrès Orozco-Estrada, un Colombien qui est devenu récemment directeur musical de l’Orchestre Symphonique de la Radio Suédoise, et de la première violon solo, Sarah Nemtanu, qui vient d’être nommée, le 1er janvier 2026. Le site de cet orchestre est remarquablement bien conçu, et vous pourrez y trouver la présentation de chaque membre, organisée par familles d’instruments.

Le public est ainsi passé par toutes sortes d’émotions, jusqu’à l’envol puissant de la finale symphonique… porté par un orchestre uni et fort, sous la baguette d’un elfe et accompagné par un génie. Bref, une soirée magique…

Mozart au Paradis

Soirée aux Bernardins, pour un spectacle dont je me demandais ce qu’il allait me réserver. Inclus dans l’année « Mozart », dont je vous ai déjà présenté un spectacle magnifique, il m’intriguait à la fois par son titre et par l’acteur annoncé, Chevallier (vous savez, l’un des humoristes du duo, avec Laspallès).

Me voici donc en route vers le Collège des Bernardins, si blanc et lumineux en cette soirée de janvier…

J’ai déjà assisté à des spectacles au rez-de-chaussée et en sous-sol, mais jamais je n’étais « montée » au deuxième étage. J’y ai découvert avec étonnement une superbe salle de concert. Sur la scène, un piano et quatre sièges…

L’un des sièges servira d’escabeau! En effet, le personnage incarné par Chevallier bouge énormément dans l’espace. Il commence au milieu des spectateurs, va sur la scène du piano à un muret sur lequel il s’asseoit, redescend inviter des spectatrices à danser, remonte sur scène pour interagir avec les musiciennes, etc.

Loin de moi l’idée de vous révéler l’intrigue, je préfère vous laisser le plaisir de la découvrir, car ce spectacle va se rejouer, aussi bien en tournée dans tout le pays qu’à Paris à partir de février. Si vous avez l’occasion, je vous invite sérieusement et chaleureusement à aller le voir. Car en apparence « léger », comme certains airs mozartiens, le texte est fondamentalement profond, et invite à penser, méditer, rentrer en soi-même. Comme certains des morceaux interprétés avec brio par le trio Bagatelle.

Un vrai moment d’émotions partagées, de méditation collective, et de plaisirs, voire de rires. C’est rare! Merci donc à celles et ceux qui ont eu l’excellente idée de monter ce spectacle!

Une dernière photo que j’ai envie de partager avec vous… Une mise en abîme…

Si vous voulez en savoir plus, une vidéo sur You Tube présente le spectacle au travers d’interviews de l’acteur et du pianiste. Il y est aussi question de l’écrivain philosophe Fabrice Hadjadj.

Les Pipos, ce n’est pas du pipeau!

Si vous avez suivi mes pérégrinations de ce samedi soir, vous avez sans doute remarqué qu’il a beaucoup été question de découvertes, de boissons et de rencontres… Mais où avons-nous pu nous sustenter? Mystère! Eh bien, je vous apporte (enfin!) la réponse : nous sommes retournés aux Pipos, qui avaient été une de mes bases naguère. J’avais découvert ce restaurant situé face à l’ancienne Ecole Polytechnique par hasard. Mais surtout, j’avais fait la connaissance de son patron lors d’un stage de rattrapage de points sur le permis de conduire… ça crée des liens! Et j’y allais donc assez souvent, car j’aimais à la fois le cadre, l’ambiance, la nourriture et l’accueil. Le patron l’a quitté, et j’y étais retournée une fois. Mais avais été très déçue et n’y suis pas retournée.

Pourquoi y aller ce soir-là, sinon pour remonter le moral à un vieil ami dont je sais qu’il adore les os à moelle, bien qu’il ne soit pas du genre canidé. Et nous y avons passé un excellent moment, autour d’un bon repas.

Le style est toujours aussi « vieille France ».

Néanmoins je remarque de nouveaux éléments de décor : les tableaux au plafond.

Le style est inattendu en ces lieux, mais pourquoi pas? Quant à la disposition, encore plus inattendue, n’est-ce pas?

On nous prévient tout de suite qu’une chanteuse sera présente durant la soirée. Effectivement, elle va aller et venir dans le restaurant durant tout le repas. Je n’aime pas son répertoire, mais j’admire sa voix et surtout son courage de continuer à chanter avec passion alors que les convives autour des tables sont plus attentifs à leurs hôtes et à leur repas qu’à la musique, visiblement.

Le repas? Parlons-en. Toujours aussi bon. Il paraît que l’os à moëlle, très copieux, est un régal. Pour ma part, ce fut du boeuf en croûte. Je n’ai pensé à le photographier qu’après en avoir dégusté plus de la moitié…

Et la tarte Tatin, agrémentée de crème fraîche, est toujours aussi délicieuse… Pour accompagner tout cela, un « petit » vin. C’est, comme souvent, le problème dans ce genre de restaurant : les prix des vins grimpent vite! Le choix s’est donc porté, après conseil de la fort agréable et très compétente serveuse, sur un Côte du Roussillon au nom tout à fait séduisant.

L’ambiance est aux échanges avec les tables voisines… D’un côté, deux amies trentenaires venues dîner avant le théâtre. De l’autre, d’abord un jeune couple très « bourgeois cathos timides », puis un quatuor de jeunes médecins, dont 3 venus de Montpellier pour la manifestation qui avait lieu ce jour. De joyeux drilles! Dont une (quel est le féminin de « drille »? de « médecin »? Ah la pauvreté de notre langue dans ce domaine!).

Lorsque nous nous décidâmes enfin à quitter ce lieu si chaleureux, nous eûmes la surprise de voir le barman (serveur? patron?) saisir le micro de la chanteuse et entamer une chanson, davantage dans les répertoires que j’apprécie.

Vous pouvez maintenant reconstituer la soirée… Dans l’ordre, Mexicain, puis repas franchouillard, ensuite Café Litteratum, et pour finir les USA avec le Long Hop… un vrai voyage!

Une soirée, trois découvertes. 3. Le Long Hop

Si vous suivez ce feuilleton, vous savez qu’hier nous avions rencontré, au Café Litteratum, deux inconnu-e-s. A la fermeture du café, à minuit, iels nous ont entraîné pour un dernier verre dans un autre débit de boissons du coin. Le Long Hope. Je passe aussi devant très souvent. Et je n’y avais jamais pénétré!

Une tout autre ambiance.

D’abord, la taille. Il est immense. Et encore, je ne l’ai pas totalement exploré, et me suis promis d’y retourner pour ce faire.

Ensuite, la musique. Tendance années 20. Pas 1920, non!

Et puis, le service. Non pas un seul serveur, comme au Luccha Libre, ni un couple, comme au Café Litteratum, mais une équipe nombreuse de jeunes serveuses et jeunes serveurs.

Enfin, la clientèle. Nous faisions figure de dinosaures. Même pas de quarantenaires!

Souvent j’avais remarqué un agglutinement de jeunes gens devant sa devanture. J’ai compris pourquoi : il programme beaucoup de matches, et pas seulement de football. Rien que pour samedi prochain, j’en ai compté 6, apparemment de football et de rugby. Et, comme c’est un pub anglais, il propose des bières variées, dont certaines à prix très modique…

En préparant cet article, avec notamment le site du lieu, j’ai découvert aussi qu’il abritait baby-foot et billard. A revisiter donc, pour mieux en appréhender les avantages (ou non). On peut aussi y manger des soupes et des burgers, visiblement à des prix raisonnables. Mais seulement jusqu’à 22h30, alors qu’il reste ouvert jusqu’à 2 heures du matin, heure à laquelle nous l’avons quitté, à l’issue de cette soirée mémorable…

Un dernier petit détail : il est ouvert 7 jours sur 7. Donc une valeur sûre pour celles et ceux qui ne programment pas sérieusement leurs pauses conviviales… Attention cependant : il semblerait que le billard soit potentiellement inutilisable les jours de concert ou de grand match.

Un dernier mot, pour les non-spécialistes de sports collectifs comme moi : que signifie son nom?

« A delivery that is bowled short, slow and lacking lift. This gives the batsman ample time to assess the ball’s trajectory and play an attacking shot, so it is typically an inadvertent delivery. This is contrasted with a bouncer, in which the ball is played short with a sharp lift and is much more difficult for the batsman to play.« 

Cela dit, à part que c’est un coup remarquable au cricket, je n’ai toujours pas compris ce que c’était car je ne connais pas le jeu! Et rassurez-vous, point n’est besoin de le connaître pour y passer un bon moment, si la compagnie est agréable.

Une soirée, 3 découvertes. 2. Le Café Litteratum

Je passe très souvent, dans la rue des Ecoles, devant un café dont la devanture m’a toujours interpellée, mais où je n’ai jamais osé entrer. Pourquoi? Difficile à dire… Sans doute, entre autres, à cause de son nom : Café Litteratum. Peut-être aussi parce qu’il est minuscule, et qu’on ne peut donc y entrer et rester sans communiquer avec les personnes qui y sont. Enfin, la couleur blanche omniprésente me questionnait un peu. Bref, je n’y avais jamais pénétré avant cette fameuse soirée de samedi, où l’ami avec qui j’étais m’y a emmenée. Car lui le connaît bien. Et le fréquente depuis longtemps. Alors qu’il ne m’en a jamais parlé! J’avoue que j’ai été interloquée…

Et ravie, par la suite, de cette magnifique découverte.

Un endroit intime, chaleureux, et un accueil remarquable de « Gloria » (en réalité, son nom de famille : son prénom est Maria-Amélia) et de son époux, « Carlos » (de son vrai nom José, Carlos Janela Antunes) : Portugais, comme vous l’avez deviné.

José Carlos est historien. Un érudit comme on n’en voit pas assez. En recherchant sur le net, j’ai trouvé quelques-unes de ses publications, dont une sur la Révolution des Oeillets : https://www.persee.fr/doc/mat_0769-3206_2005_num_80_1_1062. Il a été directeur de la Section de Portugais au Lycée International de Saint-Germain-en-Laye. Une culture qui n’a d’équivalent que sa simplicité et sa modestie…
On peut y boire (notamment un incroyable choix de Chartreuse), y manger, et surtout discuter, échanger, communiquer. S’y « restaurer » dans tous les sens du terme.

Alors, si vous passez par là, ne faites pas comme moi. Arrêtez-vous, entrez. Et surtout prenez le temps d’y rester et de faire la connaissance des hôtes de ces lieux. C’est ouvert tous les jours de la semaine, du matin à minuit…

Je n’ai pas fait de photos, ni trouvé de site (la page Facebook n’a pas été actualisée depuis 2022), mais vous pouvez voir photos et commentaires ici https://www.via-sapiens.com/recoin/934-Cafe-Litteratum ou encore ici https://lescafesdottilie.fr/litteratum-quartier-latin/

Et peut-être nous y rencontrerons-nous un jour? Comme j’y ai rencontré les personnes qui ont été à l’origine de la troisième découverte de cette folle équipée nocturne… Mais c’est une autre histoire…

Une soirée, trois découvertes. 1 La Lucha Libre

J’aime les sorties improvisées, certes. Mais il est rare de découvrir trois lieux, dans la proximité de sa résidence, en une seule soirée! C’est pourtant ce qui m’est arrivé hier soir, en une équipée de quatre étapes…

Etape 1 : un cocktail au Mexique

Il est encore un peu tôt pour dîner lorsque la personne avec qui j’ai rendez-vous arrive. A peine 20 heures! Je propose d’aller explorer un lieu qui m’intrigue depuis longtemps. Nous descendons donc les quelques marches proches du Couvent des Bernardins, pour pousser la porte de La Lucha Libre. L’intérieur est étonnant, surtout à cet endroit de la capitale…

Ne comprenant pas le sens de ce nom, j’ai eu quelques indices dans la décoration. Les voyez-vous?

Je voyais un rapport avec la boxe, mais pourquoi « luccha libre »? L’explication m’est venue, comme toujours, par le net.

« D’origine mexicaine, la lucha libre, que l’on pourrait traduire par « lutte libre » en français, existe depuis le début des années 30. Mais elle n’a été populaire qu’à partir de 1934, avec l’arrivée du lutteur-vedette El Santo.

Très populaire en Amérique latine, au Japon et aux États-Unis, la lucha libre est le deuxième sport le plus populaire après le soccer au Mexique. Les règles sont presque les mêmes que pour la lutte professionnelle américaine. Toutefois, ce n’est pas le poids qui fait la force des luchadores (lutteurs), mais leur rapidité et la qualité de leurs techniques de lutte. Ils sont d’ailleurs réputés pour leurs mouvements spectaculaires et aériens. »

Univers mexicain, donc, et, bien sûr, comme boisson possible, du mescal! Pas pour moi, qui ai préféré un cocktail citron-gingembre etc. A cette heure, peu de monde. Le bar va se remplir peu à peu, plutôt d’une clientèle jeune.

Musique appropriée, images générées par IA pour une danseuse qui reproduit des milliers de fois le même déhanchement, et boissons intéressantes… De quoi passer un bon moment!

Par la suite, j’ai appris que la porte que vous voyez sur les photos, au fond, cache… un ring! Voici ce qu’en dit le site du bar.

« Unique en Europe, ce bar déjanté cache un vrai ring de catch dans son sous-sol ! Oui, oui, tu as bien lu : un ring où se déroulent régulièrement des combats de catch mexicain aussi impressionnants qu’amusants. Ambiance garantie !​

La salle du ring, spacieuse et capable d’accueillir jusqu’à 80 personnes, est LE spot parfait pour les soirées d’entreprise, anniversaires qui sortent des sentiers battus, pots de départ mémorables ou afterworks survitaminés ! »

Alors, si le coeur vous en dit, rendez-vous pour un show de match pro le 18 janvier…

« Entre chien et loup »

Le chemin du retour s’effectue « entre chien et loup », ai-je écrit dans le précédent article sur la découverte d’Arès.

Vous me permettez un petit détour sur cette expression?

Je l’affectionne particulièrement car j’ai dû, lorsque je parcourais le Sud Marocain jadis, vaincre des angoisses liées au crépuscule, qui étonnaient et faisaient rire mes co-aventuriers.

Quand j’étais petite, je croyais qu’elle signifiait simplement que c’était le moment où l’on pouvait confondre un chien et un loup, par manque de lumière. Il faut dire que certains se ressemblent! A vous de jouer… Lequel des « canis » (familiaris ou lupus) est à droite? lequel à gauche?

Surtout qu’au 13ème siècle, quand l’expression est apparue, il n’y avait pas d’éclairage public! Notez qu’en préparant cet article, j’ai trouvé de nombreux récits actuels, narrant des anecdotes sur des automobilistes ayant confondu, sur la route, les deux.

Mais en réalité la signification peut en être plus profonde.

Le chien, dans de nombreuses cultures, est psychopompe. Il accompagne les morts vers le monde des ténèbres. Pensez à Anubis, par exemple.

La lutte du chien et du loup est un très ancien thème, que l’on retrouve en lien avec Orient (soleil levant) et Occident (soleil couchant)…

Lorsqu’on s’intéresse à l’Alchimie, on apprend que le chien serait lié au Mercure, et le loup au Souffre.

« EPIGRAMMA XLVII.

Du lieu où le soleil se lève un loup survient.
Un chien surgit du point où dans la mer il plonge.
Tous deux gonflés de bile et furieux, ils se mordent.
La rage et son rictus se peignent sur leur face.
Ce sont données à tous partout, toujours, pour rien,
Les deux pierres jumelles que tu dois posséder. »

Le chien « méchant », celui que l’on redoute… Cela vous rappelle-t-il quelque chose? Mais oui, bien sûr, Cerbère!

Le Gardien des Enfers, que seuls maîtrisent Héraclès avec sa force et Orphée avec sa lyre, symbole de la spiritualité…

Un autre chien garde la Porte des Enfers dans les mythologies scandinaves : Garm. Ici aussi, on retrouve la confusion possible, au travers d’un autre animal qui lui est opposé: Fenrir. On les trouve dans les Eddas, recueils de poésie scandinave du 12ème siècle, dont voici un frontispice.

L’un est une sorte de « manuel » d’initiation à la mythologie. L’autre est un recueil des grands poèmes sacrés et héroïques.

« Le loup Fenrir marchera la gueule béante, la mâchoire inférieure rasant la terre et la mâchoire supérieure touchant le ciel, et il l’ouvrirait davantage encore s’il y avait la place. Des flammes jailliront de ses yeux et de ses narines. »

Garm, lui, est un chien de chasse, qui garderait l’entrée de Hel, une sorte d’équivalent des Enfers. Mais Hel est aussi une déesse squelettique de la Mort, appartenant à la progéniture de Loki, qui avait été rejeté des dieux pour empêcher la venue de Ragnarok, fin du monde prophétique.

Les amateurs de BD, de jeux (vidéos ou non) et de musique classique (en particulier Wagner, dans Le Crépuscule des Dieux) s’y retrouveront…

Pour les autres, faites comme moi, cherchez et lisez… C’est loin d’être simple!

Et alors, me direz-vous, que déduire de tout cela?

Si j’en reviens, de manière égocentrique, sur mon cas, il est fort possible qu’il s’agisse de l’éternelle crainte de l’Homme vis-à-vis de sa « disparition », de sa mort. Mais ce peut aussi être simplement la crainte de se perdre dans la nuit et d’être en proie à des entités étranges, souvenir de l’Enfant qui demeure en nous. D’autres pourraient l’interpréter, vous l’avez compris, comme une forme d’appel à la purification, dans une lutte entre Matériel et Spirituel… Bref, toute interprétation demeure possible.

Et donc toute interprétation de l’expression dont je suis partie pour ce que certains de mes lecteurs appellent mes « divagations »… Mais j’espère ne pas vous avoir ennuyé-e-s?

« Miracle! » le 8 janvier 2026

Oui, je sais, il ne faut pas croire aux miracles… Mais quand même, parfois on doute! Jugez-en plutôt. Vous vous souvenez que j’ai dû abandonner la mise en ligne des photos de l’article précédent (et de la suite!) car j’avais « perdu » le disque d: de mon ordinateur. Deux informaticiens ont pris la main à distance, ce jour-là, et m’ont confirmé qu’il avait disparu, sans doute par bug électronique, et qu’il allait falloir le sortir et essayer de récupérer les données, avec peu de chance d’y parvenir (10% selon l’un de ces professionnels). C’était le 7 janvier. Vous imaginez mon découragement! Car il n’y avait pas que les photos : tous mes dossiers professionnels et personnels, également. Or hier, vers midi, alors que je commençais à reprendre grâce aux envois par courriels certains fichiers urgents, j’ai vu brutalement réapparaître d:/ Je n’en croyais pas mes yeux et ai timidement essayé d’ouvrir un fichier… Réussi… Un autre… Idem. Eh oui, tout est revenu!

Alors, je vous dois ces photos, n’est-ce pas? Les voici donc, avant que la tempête de ce jour ne les fasse envoler à nouveau…

D’abord, la Dame Océane, qui protège les marins (et les ordis?)

Le dernier regard sur le port, après la disparition du Char de Phoebus…

Malgré la faible luminosité, les pignots sont encore bien visibles sur le Bassin.

Ah oui, j’oubliais! Tout le monde ne maîtrise peut-être pas la langue locale? Les « pignots », ce sont ces « piquets » qui parsèment le Bassin.

« Eléments indissociables des paysages du Bassin d’Arcachon, ces grands piquets de bois « plantés » en ligne ou en carré dans l’eau sont dénommés « pignots » (on prononce le T !), du gascon « pinhòt », terme désignant un jeune pin maritime. Dans le nord du Bassin vous pourrez également entendre parler de « lattes » pour désigner un pignot. Jeunes troncs d’arbres ébranchés et plantés sur le fond sablo-vaseux, ils servent à délimiter et à signaler les parcs. Le pin n’étant pas pérenne dans l’eau, on lui préfère aujourd’hui le chêne ou le robinier faux-acacia. » (source)

En recherchant des textes qui évoqueraient ces pignots, j’ai trouvé sur ce beau blog, Aquarêve, que je vous invite à visiter, ce poème d’Alain Pujol, illustré par cette aquarelle.

« 

Le chemin du retour s’effectue entre chien et loup. Expression qui me parle… Une idée pour un prochain article! Et il fait bien sombre quand je découvre que la Tour Javal, précédemment présentée, est devenue écran géant pour des projections lumineuses…

Au revoir, Arès (non, pas toi, le Dieu, mais toi, ce bourg charmant)… En route vers Bordeaux. Mais il me reste une belle surprise sur le trajet. Que je vous narrerai bientôt…