Héroïnes romantiques

Quand Girodet « illustre » Chateaubriand : Atala (1808)…

Je vous ai parlé hier du jardin du Musée de la Vie Romantique, mais ne vous ai point entraîné-e-s au sein de celui-ci. Une exposition y a lieu jusqu’à la fin de ce mois, intitulée « Héroïnes romantiques ».

… et quand Léopold Burthe revisite Shakespeare en dénudant Ophélie (1852)… au fait, suicide ou meurtre?

Je m’étais demandé, en voyant l’affiche, ce que recouvrait le terme « héroïne ». Et j’avais raison. Les différentes acceptions du mot sont effectivement exploitées, et c’est cela qui m’a quelque peu dérangée. Je ne m’en rends compte qu’en écrivant ces lignes. J’éprouvais un certain malaise en parcourant les quelques salles (le musée est petit…), malaise intellectuel que je ne m’expliquais pas. Je vais essayer de me faire comprendre.

Une autre vision de Cléopâtre !

Comment peut-on « mettre dans le même sac » (celles et ceux qui ont eu à subir les « maths modernes » avec « étiquettes » saisiront l’allusion, les autres peuvent deviner) une parricide, une jeune fille amoureuse d’un homme d’église, une guerrière et une poétesse? Comment peut-on placer sur le même plan des personnages de fiction, héroïnes de la littérature ou personnages mythologiques, et des êtres humains aussi divers que des reines au triste destin, des militantes, des meurtrières, et des artistes, dont certaines ayant incarné des personnages des autres catégories?

On commence par Sapho et Marie Stuart (si, si, dans la même pièce)…

Les revendications féministes ne sont pas loin non plus, sans que ne soit analysé le lien – ou questionnée l’absence de liens – avec le romantisme. Pas plus que celui-ci n’est explicité pour des visiteurs/euses qui souhaiteraient mieux en saisir toutes les facettes.

… pour finir par les danseuses, chanteuses et comédiennes…

Et je ne suis pas bien certaine que Madame de Staël aurait apprécié d’être en certaines compagnies ici présentes…

Cela n’enlève rien au « plaisir des yeux » et à l’émotion parfois ressentie devant les oeuvres exposées. Je ne vais pas toutes les présenter, et j’ai choisi deux d’entre elles qui m’ont interpellée pour des raisons, vous allez le voir, extrêmement différentes.

La première est une sculpture de Marie d’Orléans, datant de 1834.

Qui est ici « héroïne »? Les personnages de la littérature qui sont représentées (Desdémone, Juliette, Virginie et Atala)? Les anges classés – pardon, classées – dans le genre féminin par l’artiste? La femme aimée que cherche le poète depuis son tombeau? Rachel, qui aima tant Ahasverus selon le récit de Quinet (en ligne ici)? Ou l’artiste elle-même réalisant cette oeuvre empreinte de douceur et de pureté? Marie d’Orléans est morte si jeune aussi, emportée à 26 ans par la tuberculose après un mariage peu heureux, et sans avoir vu grandir le fils qu’elle venait de mettre au monde…

La seconde n’est pas vraiment une oeuvre, c’est l’histoire d’une jeune femme, morte elle aussi très jeune, à 22 ans. Mais pas de maladie. Elle a été exécutée en 1599. Pour avoir tué son père, qui aurait abusé de sa mère, de son frère et s’apprêtait à en faire de même avec elle. Une triste histoire dont j’ignorais tout jusqu’alors. Elle s’appelait Béatrice Cenci.

La Femme au Turban blanc, Ginevra Cantofoli, vers 1650 (reconnue comme Beatrice Cenci

Et quelle émotion devant la magnifique photographie de May Prinsep par Julia Margaret Cameron !

Study of Beatrice Cenci, Julia Margaret Cameron, 1866 (source)

Un espace hors du temps

Il est encore des lieux parisiens qui ont échappé à ma curiosité. Ainsi, le Musée de la vie romantique. Je connaissais son existence, mais doutais de son intérêt pour moi. Le romantisme n’est pas ce que je préfère en littérature ni en beaux-arts… Il a fallu une représentation d’Ophélie placardée sur des affiches et surtout des présentations du petit café qu’il abrite en son sein pour me donner envie d’y aller.

Et je n’ai pas regretté.

Un espace hors du temps, tel est l’expression qui m’est venue en pénétrant en cette matinée d’été dans une courette, puis un petit lieu arboré au charme désuet, qui échappe à tout bruit. On s’y sent tout de suite « bien », « tranquille », plus « serein-e »…

Même l’espace « cafeteria », sis dans une verrière, ne manque pas de charme malgré un aménagement « moderne »…

Ce qui m’a par contre choquée, c’est l’anglicisation outrancière de la pâtisserie. Et pas seulement dans les mots. Pas moyen de trouver un croissant ou un pain au chocolat, alias chocolatine. Non, ce ne sont que cakes ou scones… Il faut dire que les scones de Rose Bakery ont même envahi le Bon Marché… et le thé gagne du terrain sur le café… Normal, me direz-vous, pour un « salon de thé »… pardon, « tea room »… mais peut-on appeler « room » un jardin ?

Peu importe le contenu, pourvu qu’on ait l’ivresse… une ivresse douce et harmonieuse en ce clos verdoyant et paisible…

Paris au mois d’août. Harmonie du Soir…

Le roman de René Fallet est oublié depuis longtemps… Henri Plantin aurait dépassé la centaine d’années!

Son interprète dans le film éponyme est mort, mais ne serait pas loin de cette centaine (tiens, il était plus jeune que son personnage!). Pierre Granier-Deferre a aussi disparu depuis un bon moment…

La chanson perdure, mais qui l’écoute encore?

En cette belle soirée un peu trop fraîche pour moi, rien de tel que le pont d’une péniche amarré au port de l’Hôtel de Ville, pour voir le soleil disparaître sous le pont voisin. Etre placée derrière une bouée ne m’a pas trop gênée, je m’en suis amusée…

Quel plaisir de siroter un cocktail en assistant au lent trajet de Phoebus vers d’autres horizons… de quoi hésiter entre un Moscow Mule et une Caïpirinha… et goûter aux deux… Au fait, sauriez-vous deviner à quel verre correspond chacun?

Amusant rapprochement, soit dit en passant, entre la Russie et Cuba, la vodka et la cachaça! Mais cela ne suffit pas à me réchauffer, le vent est très frais… Il va être temps de rentrer au chaud!

Paris au mois d’Août. Bercy et environs au crépuscule

Exposition « Voyage en cerfs-volants », Clémentine Henrion

Que j’aime Paris ! Et encore davantage durant le mois d’Août… Si je le pouvais, c’est là que je choisirais de rester durant cette période où les foules se ruent sur des plages surchargées et des routes encombrées. Quand supprimera-t-on enfin la notion de « vacances » pour laisser chacun et chacune profiter des loisirs aux moments qu’elle ou il choisirait? Mais ce n’est pas mon propos aujourd’hui…

Sous les pavés, la plage…

Donc, Paris, en août, quand on travaille, c’est le Paris du crépuscule et de la soirée. Deux soirées, en l’occurrence, m’ont permis d’en profiter cette semaine.
La première, vous le savez déjà, m’a conduite à un concert gratuit à Bercy Village (voir article sur Ojos). Après le concert, balade… D’abord, Cour Saint Emilion et axes perpendiculaires… Deux expositions : une en l’air (photo ci-dessus), l’autre dans un des passages… J’ai apprécié le détournement des statues parisiennes, remplacées par des Comics…

Benoît Lapray, Monuments

dans les tranquilles jardins de Bercy. Des couples, des groupes d’ami-e-s ou des familles prennent l’air, se reposent, pique-niquent… et les canards font la sieste…

Les rosiers sont encore en fleur et, après la légère pluie de l’après-midi, exhalent un parfum discret. Une danseuse sur les marches qui mènent à la Passerelle Simone de Beauvoir (aurait-elle aimé voir son nom accolé à cet arche menant à… François Mitterand???). Sur celle-ci, on profite à la fois de la vue et de la brise fraîche, tout en admirant le couchant. De l’autre côté de la Seine, c’est l’embarras du choix pour aller boire un verre, car il y a vraiment très peu de monde. J’opte pour le pont d’une belle péniche.

Les cocktails à 10 euros, ce n’est vraiment pas trop pour la vue, le calme… et en outre, ils sont très bons. Une petite assiette d’acras en complément, et le tour est joué, pour profiter de la fin du jour.

Les photo ne sont pas géniales, mais vous donneront une idée de l’ambiance…

Poésie et musique : le duo Ojos

J’aime le jeudi soir aller écouter du jazz à la Péniche Le Marcounet. Ceux et celles d’entre vous qui me suivent depuis longtemps le savent bien. Mais en ce jeudi d’août, j’ai décidé de découvrir un groupe dont je n’avais jamais entendu parler. Ojos. Oui, Ojos, c’est son nom.

Un concert gratuit en plein air était annoncé à une heure raisonnable (19h) Cour Saint Emilion. Bon, je ne suis pas fan de cet endroit, mais ce n’est pas trop loin… Je regarde donc sur le net, et trouve des clips et autres vidéos. Cela me plaît. J’irai donc.

Arrivée sur place, je cherche. Pas de podium en vue. Comme il a plu, le concert est peut-être annulé? Mais au moins le podium serait encore là… Rien du côté du cinéma, je repars dans l’autre sens… et finis par découvrir, devant la FNAC, une installation assez rudimentaire, et quelques personnes qui squattent les rares bancs posés face à celle-ci. Il ne reste qu’à attendre…
Deux jeunes sont en train de faire des réglages… Je reconnais la chanteuse découverte sur le net quelques heures auparavant. C’est donc là. Et le concert va avoir lieu.
J’ai aimé. Mot affaibli mais le seul qui convienne.

J’ai aimé la personnalité des deux jeunes gens. Les gestes et la danse de la jeune femme. Sa voix aussi, bien sûr. Le jeu de guitare du musicien. La succession improbable de sons vifs et doux. De mots violents et tendres. Des langues espagnole et française. Une palette incroyable pour un concert qui, hélas, n’a pas duré longtemps. Car tel est le format de « Musiques en terrasses » à Bercy Village.

Une petite vidéo (mauvaise) qui vous donnera une idée…

La présentation sur le site n’est pas des meilleures. Jugez-en plutôt…

« 4 AOUT : Ojos

Hadrien et Elodie prêtent leur voix à des chansons originales et créatives, écrites et produites par leurs soins. Leurs compositions sont parsemées de slogans en espagnol, répétés plusieurs fois, les rendant plus mystérieuses. Le groupe s’identifie à de La Pop, mêlant français, anglais et espagnol. »

Pourquoi cette expression « prêtent leur voix »? Alors qu’il et elle écrivent leurs textes!

A la fin du spectacle, la plupart des spectateurs/trices dansaient, debout près des artistes. Une belle ambiance!

Je n’ai pas trouvé celui de la chanson que j’ai préférée, « Le Volcan qui dort« . On comprend mieux en écoutant sur YouTube que lors du concert… Ni celui de Corazon sin cara.

Mais en voici un autre, magnifique déclaration d’amour, « Seule« .

« Je traque le jour pour que la nuit ne s’arrête pas
La nuit personne ne voit la couleur de mes pas
Y olvidé como respirar

Que faut-il que je fasse je te sens jubiler si je m’efface
J’essaierai d’avancer, arme au poing, résignée à te faire face
Dime que dices tu, que dices a mi bella locura
Avec toi je respire pas

C’еst trop facile de dire quе tu m’aimes quand j’suis sola
J’écume mes mots le long des marches de notre immeuble
Mais t’es trop beau quand tu m’enlaces et je suis plus d’humeur
Y yo no puedo mas que tontería

Quand tu seras mort, quand t’auras tort, qu’est ce qu’il restera
Y a plus que le silence de mes désirs quand tu t’en vas Regarde ce que t’as fait de moi
« 

Le citronnier revit !

Lorsque je suis arrivée à Nice après 10 mois d’absence, j’ai trouvé l’un des citronniers mort, et l’autre bien malade.

Un fruitier égrotant!

Le premier a été coupé et remplacé par un « jeunot », acheté en Italie. Le second a été rafraîchi, et arrosé consciencieusement chaque jour… Et le voici qui semble revivre! Des fleurs sont apparues…

Et les rares petits fruits qu’il portait croissent désormais normalement.

Quel bonheur de voir renaître l’arbre! Je voulais le partager avec vous… comme j’en profite pour vous rappeler ou faire connaître ce beau poème de Machado.

Le citronnier suspend alangui
une branche pâle et poussiéreuse
sur l’enchantement de la fontaine limpide,
et là-bas, tout au fond, rêvent
les fruits d’or… C’est une claire après-midi,
quasi printanière,
tiède après-midi de mars
qui porte déjà le souffle d’avril;
et je suis seul, dans le patio silencieux,
recherchant une vieille et candide illusion :
quelque ombre sur le mur tout blanc,
quelque souvenir, dormant sur la margelle
en pierre de la fontaine, ou bien, dans l’air,
quelque errance de tunique légère. Dans l’atmosphère de l’après-midi
flotte cet arôme d’absence
qui dit à l’âme lumineuse : jamais,
et au coeur : attends. Cet arôme qui évoque les fantômes
des fragrances vierges et mortes. Oh! oui, je me souviens de toi, après-midi joyeuse et claire,
quasi printanière,
après-midi sans fleurs, lorsque tu m’apportais
les bonnes senteurs de la verveine
et du basilic
que ma mère gardait dans des pots de terre. Tu m’as vu plonger mes mains pures
dans l’eau sereine,
pour atteindre les fruits enchantés
qui rêvent aujourd’hui au fond de la fontaine… Oh! oui, je te connais, après-midi joyeuse et claire,
quasi printanière. (Antonio Machado)

Dîner sur la plage

Qui ne rêve de dîner sur une plage? Voici quelques jours que je me fais plaisir en testant diverses formules, et j’ai envie de partager cela avec vous ce matin, alors que je suis confortablement au lit dans la douce chaleur de ma chambre, par seulement 15 degrés dehors (où est la canicule annoncée???)…

Hier vous avez pu voir la photo prise lors d’un pique-nique sur la Plage de Passable. Voir descendre le soleil sur le Mont Boron, regarder Villefranche sombre progressivement dans la pénombre, et se baigner avant ou après le pique-nique, quels plaisirs !

La photo ci-dessus vous donne la réponse à l’énigme d’hier! Effectivement, j’avais oublié les verres… en temps de CoVid, on évite de boire tous au goulot de la même bouteille… J’ai donc effectué une superbe genèse instrumentale (clin d’oeil à Pierre Rabardel) et découpé la bouteille d’eau glacée, qui a permis de dégager deux verres, dont l’un, au superbe pied-bouchon de plastique, visible ci-dessus!

L’écriture de mon article a été interrompue… Je viens d’aider des associations à installer leurs étals (ou étaux???) sur l’esplanade de Mers-les-Bains, en vue de la préparation de la Fête des Baigneurs… Et il est l’heure maintenant d’aller voir la Fête de la Mer au Tréport… promis, je reviens vous « parler » dès que possible…

Un choeur mal traité, voire maltraité

On devine la mer, pourtant si proche!

Annonce inattendue dans le programme des Soirées Estivales offertes, comme chaque été, par le Conseil Départemental des Alpes Maritimes. Un petit rappel : ces soirées ont pour objectif de valoriser les artistes peu connus du coin, tout en faisant découvrir un village ou un bourg méconnu. Or, cette fois, le « méconnu » n’est autre que Cap d’Ail – vous savez, cette ville qui jouxte Monaco? Et les artistes, le choeur de l’Opéra de Nice! Evidemment, la curiosité l’a emporté, et direction la frontière monégasque. Une place de livraison disponible en haut de ville? Je prends. Et nous voici descendant des escaliers, et encore des escaliers, pour atteindre le niveau de la mer, où se situe l’Amphithéâtre de la Mer. J’espérais une jolie vue comme à Monte Carlo… Hélas non, il est tourné vers l’ouest, et c’est tout juste si l’on peut deviner l’eau. Très inconfortable aussi : choix entre des rangs de chaise sous le podium, ou des « marches » énormes, chauffées toute la journée par Phoebus, et qui plus est granuleuse. Mais ce n’est pas le pire. Il restait à venir.

Spots éblouissant la foule

Le choeur est de qualité, rien à dire. De beaux timbres même, surtout parmi les femmes, qui se distinguent parfois. Un répertoire varié, allant de Massenet à Verdi, du madrigal au Choeur des Esclaves… Pas de Mozart, comme annoncé dans le programme, mais ce n’est pas grave. Ce qui l’était davantage, c’est la manière dont a été traité le choeur et son chef. Imaginez : des lumières violentes, pas d’amplification si ce n’est pour les explications du Maestro – et le micro faisait baisser enfin l’intensité des projecteurs éblouissant les spectateurs/trices. Enfin, des essaims d’insectes tournant autour des bouches ouvertes pour le chant!

Dommage, vraiment, de voir des artistes traité-e-s ainsi! La première partie du programme n’a pas pu être appréciée, car on n’entendait pas les paroles. Triste pour les Fleurs de Massenet,

Encore plus pour les Roses de Rainer Maria Rilke…

A ce propos, j’ai découvert un compositeur dont je n’avais jamais entendu parler : Morten Lauridsen, un Américain d’origine danoise. Il a mis en musique des oeuvres du romantique Allemand… Mais quand on n’entend presque rien, comment en profiter?

Et c’était si dur pour le choeur, que son chef, Giulio Magnanini, a demandé pour la fin que les spots soient éteints!

Ah! J’allais oublier! Une jeune femme venue assister avec deux chiens qui se mettaient à hurler quand les aigus arrivaient, et deux petites filles qui dansaient en tapant des pieds, couvrant parfois les sons sotto voce du choeur!

Mais de bons moments cependant, notamment avec les airs d’opéra, et on ne se lasse pas de Nabucco, ni du Va Pensiero, n’est-ce pas? A propos, j’ai trouvé sur le net l’air chanté par le même choeur, durant le confinement de 2020… si vous voulez l’écouter?

Une Madone d’Utelle désertée

L’autel face aux Alpes… Quel plus beau site pour des offices?

Le guide Randoxygène, qui n’est pourtant pas spécialisé dans le marketing touristique, présente en ces mots le site :

« Lieu de dévotion où se presse chaque année une foule d’habitués ou de touristes, le sanctuaire de la Madone d’Utelle fut fondé en l’an 850. Trois pèlerinages annuels s’y déroulent au départ de La Tour-sur-Tinée (Pentecôte), d’Utelle (15 août) et du Figaret d’Utelle (8 septembre).

La légende rapporte que deux (ou trois) navigateurs espagnols (ou portugais) perdus dans la tempête au large de Nice aperçurent une lumière surnaturelle qui les dirigea vers la Côte. Ils installèrent un oratoire au sommet de la montagne salvatrice, lequel fut détruit, puis reconstruit en 1806 sous forme de chapelle et restauré au milieu du XXe siècle, une route goudronnée permettant l’accès en voiture depuis 1936. »

L’église apparaît surdimensionnée, et la laideur de son architecture n’a plus de justification…

Certes, la statue n’est pas du meilleur goût, mais elle pleure l’absence des touristes et pélerin-e-s…

J’ai effectivement connu les lieux vivants, avec une auberge accueillante, des promeneurs/euses et des siesteurs/euses, une église ouverte et même une boutique où l’on vendait des produits des monastères environnants, dont un étonnant pastis…

Quel choc de les revoir désertés. Auberge close. Eglise fermée. Et pas un chat sur la gloriette qui abrite la table d’orientation… Seuls deux couples de touristes âgés pour fréquenter la superbe crête qui domine la côte et les vallées de l’arrière-pays niçois…

Un local cependant est ouvert, lui, et bien ouvert! J’aurais pu y prendre ce que je voulais, notamment pour mon jardinage!

Qui a ouvert cette porte, n’a visiblement pas pris grand’chose et l’a laissée béante? Mystère!

Notre hôte de l’Aubergerie del Campo venait de nous le dire : « Avant, il passait 4000 véhicules par jour dans la Vallée de la Vésubie ». Difficile à croire, car nous n’en avions vu qu’une dizaine à l’aller, et guère plus au retour… Et pourtant, c’est vrai. Seuls les sites de la catastrophe attirent les curieux. Le reste est déserté. Triste, n’est-ce pas? Je n’aime pas la foule, mais les villages ont besoin de vivre et d’être accompagnés dans leurs tentatives de survie…

Même les chardons bleus se sentent bien seuls… J’en aurais bien cueillis pour ma pharmacie, mais ne suis pas assez experte pour être sûre que c’est la bonne espèce!

« Outre ses belles fleurs bleu violet, certaines espèces de chardon bleu sont aussi comestible grace à ses racines et médicinale contre les rhumatisme et les calculs rénaux.«