Zao Wou Ki : l’Oeuvre gravé et imprimé (1)

Sans faire de parisianisme outrancier, on ne s’attend franchement pas à ce que l’expo Zao de l’année ait lieu à Issoudun! Et pourtant!

Je vous ai déjà présenté l’Hospice Saint Roch et ses jardins, mais ai soigneusement évité de vous faire pénétrer dans l’aile moderne du musée, qui abrite une riche collection d’oeuvre du peintre.
Bien rangées… rires… à savoir, classées en fonction des dates. Souvenez-vous : il est né en 1920 et mort en 2013, cela en fait, des décennies! et des changements de style, des recherches, des expérimentations de techniques, et surtout des rencontres.

« Une donation exceptionnelle d’estampes de Zao Wou-Ki est venue rejoindre les collections du musée d’Issoudun en décembre 2022. Françoise Marquet-Zao est à l’origine de cette donation constituée de 353 estampes et 27 livres de bibliophilie de l’artiste Zao Wou-Ki (1920-2013). L’exposition « Plage de Papier » présente dans un parcours chronologique une sélection de 200 estampes de cette donation auxquelles viennent s’ajouter les prêts de 7 œuvres (Huile, encre, aquarelle) issues de collections privées. » (site officiel)


Car je dois dire que ce qui m’a le plus intéressée et marquée, durant cette visite, est l’incroyable diversité des techniques, et les associations avec des écrivains variés.

Pas question que je vous refasse le catalogue (fort bien conçu, soit dit en passant) de l’expo… Juste un aperçu, avec, dans un second temps, une focalisation sur Zao illustrant de la littérature.

Vous l’avez compris, le parcours est chronologique. Commençons donc fin des années 40 et années 50…

Une présentation des outils de l’artiste…

Continuons en grappillant parmi le nombre impressionnant d’oeuvres…

A ce moment du parcours, ça s’est gâté pour moi : une exposition Leonor Fini vient l’interrompre brutalement, puis on se retrouve devant des oeuvres de dates variées. Alors ne comptez pas sur moi pour une chronologie parfaite… mais quelques coups de coeur, oui!

Et en particulier ces deux oeuvres du tout début de l’expression artistique partagée du jeune Zao Wou Ki, qui me touchent profondément… peut-être parce qu’elles évoquent les voyages, la mer, la voile, et qu’elles font écho aux gravures rupestres?

Art et Nature

Nous voici maintenant dans les jardins du musée d’Issoudun, aperçus depuis l’Hospice Saint Roch. Des oeuvres résolument « modernes », avec une scénographie savamment réfléchie. Approchons-nous du « soleil » déjà présenté dans l’article précédent…

En réalité, deux « soleils », qui offrent en ombres comme un cadran multiple…

Est-ce Icare qui fonce, perché sur un Bucéphale échevelé, vers l’Astre dédoublé?

Nuages, nature plus ou moins travaillée, édifices anciens ou modernes participent de la production d’oeuvres éphémères autour d’autres plus durables.

L’eau coule… courant libre dans la rivière parallèle, qui aurait inspiré Monet…

… flot en circuit fermé dans une oeuvre colorée, devant laquelle je serais restée des heures, tant elle offre d’éphémères tableaux…

Difficile à saisir en photographie! Mais au moins j’ai tenté!

Je ne vais pas tout vous présenter… Il faut que vous ayez envie de découvrir par vous-même, n’est-ce pas? Mais je ne voudrais pas arrêter sans montrer au moins une image d’une oeuvre que j’ai particulièrement appréciée par son ingéniosité, son audace et les discours que l’on pourrait broder autour…

L’Hospice Saint Roch

J’étais en train de vous narrer la visite de l’Hospice Saint Roch, et en étais restée à la Salle des Hommes. Car oui, en ce temps-là, la mixité n’était pas de mise chez les patient-e-s, et encore moins les chambres particulières! Les lits étaient alignés dans de vastes espaces, et, dans le meilleur des cas, séparés par des rideaux. On imagine le fond sonore!

Pour distraction, la religion, et encore la religion.

On comprend la tête de Marie-Madeleine!

On est loin de la petite Vénus du musée, dans son temple symbolique…

Certain-e-s allaient tagguer les murs voisins…

Car, côté lecture, ils et elles n’étaient pas gâté-e-s : juste la possibilité de tenter de comprendre la lignée des rois de Judée…

Bon, bien sûr, les canards étaient plus jolis que les bouteilles d’eau en plastique!

Je vous fais grâce des vitrines présentant tous les instruments de torture, comme les scies à amputer… et passe directement à la pharmacopée. A l’époque, les étagères des apothicaires étaient bien plus belles que celles de nos actuels vendeurs de drogues industrielles!

Et leurs officines faisaient beaucoup plus « sérieux »! On imagine Monsieur Homais…

Mais tout cela ne donne qu’une envie : sortir, respirer, profiter de la nature et du Soleil, malgré les nuages…

Paris-Nice en… 3 jours! Etape 1 : le musée d’Issoudun

Comment mettre trois jours pour « descendre » de Paris à Nice? Il suffit d’aimer musarder… et visiter… ce que j’ai fait durant ces trois derniers jours…

Première destination : le musée d’Issoudun. Drôle d’idée, me direz-vous? Eh non, c’était mûrement réfléchi, pour une fois! Le magazine Beaux-Arts permet, chaque année, de prendre connaissance des expositions de l’été. Parmi celles-ci, cette année, une exposition dans cette ville. Et pas n’importe quel artiste : Zao Wou Ki. L’un de mes peintres préférés. Alors, pourquoi à Issoudun? Parce que Françoise Marquet, l’épouse du peintre et sa légataire universelle contestée, a fait don au Musée de cette ville d’une partie importante des oeuvres de son génie de mari.

Je m’attendais à un « petit musée de province ». Que nenni!

L’ancien Hospice a été revisité. Une partie encore historique, avec des objets de cet environnement de la médecine du temps jadis. Des jardins superbement enjolivés par des statues… Et une impressionnante aile moderne, qui abrite diverses expositions, dont celle qui retrace l’oeuvre de Zao Wou Ki.

Commençons, si vous le voulez bien, par l’Hospice… Le voici dans son écrin de verdure, ceint par des ondes tranquilles…

Pénétrons dans la cour, qui abrite un jardin… « de curé », bien sûr…

Après avoir grimpé des marches vraiment « rapiécées », nous voici face au Patron de ces lieux… le même, coïncidence amusante, qui protège le quartier de ma résidence niçoise : Saint Roch.

Dans un premier temps, nous découvrons des plans, dessins, statues, objets qui retracent l’histoire de la cité depuis les temps les plus reculés, à savoir la Préhistoire. Je vous fais grâce des photos de pierres taillées, et vous propose un petit florilège, sans prétention aucune ni à l’exhaustivité ni même à une forme de logique…

J’ai été séduite par ces clés, comme par les sceaux exposés un peu plus loin…

Un clin d’oeil à mon ami Jean-Claude Boudier, qui fut le premier à m’expliquer comment on moulait un bronze…

Et un autre à un autre ami, Geoffroy Ferroni, qui arpente depuis des décennies les chemins de Saint Jacques…

Un plan attire l’attention, pour l’expression utilisée en lieu et place du bête « Légende » de nos jours : « Table de renvois pour l’intelligence du plan »… c’est mieux, non?

Nous arrivons maintenant dans la partie plus « religieuse », avec la Salle des Hommes et les superbes arbres de Jessé, dont vous apercevrez une petite partie au fond à gauche…

Ayant promis de ne plus écrire d’articles longs, je finirai celui-ci par le bâton de procession de la confrérie des maçons et tailleurs de pierre… je vous épargne celui des bouchers, une vraie « boucherie » : la Saint Barthélémy!

Empreintes

Le mois dernier, j’avais découvert la remarquable dynamique culturelle d’un petit village normand, Longueville-sur-Scie. Je n’ai hélas pas eu le temps de relater ici cette visite d’une propriété extraordinairement vivante, celle de Pierre et Bernard, qui organisent chez eu des expositions, telles que « De l’Art en ce jardin« , et des concerts, tout au long de l’année… j’essaierai de le faire, promis.

Lors du vernissage, j’avais fait la connaissance de Sylvie. Elle m’avait expliqué qu’elle gérait un espace artistique créé dans… une maison de santé! MédiScie. Or, co-incidence, la semaine dernière, une amie artiste m’a justement envoyé une invitation pour un vernissage : elle allait exposer en ces lieux.

Me voici donc, en premier samedi de juillet plutôt frisquet, sur les petites routes normandes, en direction de Saint Crespin, village d’un peu plus de 300 âmes (depuis le concile de Trente, y compris les femmes!), qui jouxte Longueville, dans la vallée de la Scie. Et je n’ai pas regretté la petite heure de route! D’abord, parce que les paysages sont très beaux et apaisants. Ensuite, parce que chaque hameau recèle des trésors d’imaginaire architectural. Enfin, par ce que j’y ai vécu.

Le rendez-vous se situait à l’église Saint Crespin, du village éponyme. Mais il était précisé qu’une promenade nous conduirait ensuite à la maison de santé MédiScie, puis à l’EHPAD du village, où aurait lieu un concert. Et c’est effectivement ce qui s’est produit. Je ne vais pas tout vous raconter, ce serait trop long. mais plutôt exprimer le plaisir ressenti à constater que des personnes bénévoles et bienveillantes peuvent produire un évènement exceptionnel, dans des sites inattendus, en mobilisant un grand nombre d’acteurs, des habitant-e-s aux artistes.

Empreintes

Empreintes de vie. Empreintes de morts.

Empreintes de la Nature. Empreintes de l’Homme.

Les promesses du titre ont été tenues.

Dans le premier site, l’église, il a été fait le choix de présenter des oeuvres d’artistes qui ont exploité des techniques diverses pour fixer des empreintes. Depuis celles d’un tyrannosaure jusqu’à celles de légers feuillages.

Dans le second, une symphonie de formes et de couleurs. Ici, les empreintes allient les souvenirs du passé, comme ces blockhaus tombés des falaises, aux vécus émotionnels, la poésie d’Anna de Noailles à la prose si poétique de Colette, la calligraphie au tissage, le noir et blanc, décliné en nuances de gris, aux couleurs éclatantes des peintures d’enfants de maternelle…

Enfin, des oeuvres collectives, dans la rue, et d’autres plus personnelles, à l’EHPAD… Une richesse et une variété époustouflantes…

Ce petit miracle, on le doit entre autres à trois femmes. Sylvie Auger, d’abord, à la fois organisatrice et tisseuse de liens. C’est à elle que l’on doit l’initiative, mais aussi la mobilisation d’autant d’artistes de régions différentes.

Sophie Doré, aussi. La maire du village. Elle a été présente, souriante et aimable, tout au long de l’événement. Et n’a pas « fui » à toutes jambes une fois les discours achevés, comme son collègue du Conseil Départemental. Sans doute un des « moteurs » de la vie culturelle du village. Mais aussi investie dans celle de l’EHPAD, où sa maman a travaillé jadis comme aide-soignante.

Anne Legrand, enfin. Une directrice pleine de PEPS : on la trouve à l’église, on la revoit à l’EHPAD, tantôt promenant les résidentes, tantôt servant boissons et petits fours… Accompagnée de ses parents et de ses charmantes petites filles, parmi les personnes âgées. Et attentive à toutes et tous, délicate avec les concertistes qui ont bien du mal à se faire entendre.

Une belle chaîne humaine et humaniste, avec trois femmes comme « maillons forts »… et une belle expérience vécue dans ce petit village… Merci, Sylvie, Sophie et Anne! Mais aussi Sébastien, Pierre et Bernard… Sans oublier Thierry, artiste si souriant et hospitalier… je vous en reparlerai… comme je vous présenterai quelques aspects des oeuvres exposées et de leurs auteur-e-s…


	

Magnificat

Non, ce n’est pas de musique ni de choeur dont je vais vous parler aujourd’hui… Quoique la musique soit bien présente dans le film, mais davantage en écho au scenario et à ses fondements qu’en accompagnement de l’intrigue, contrairement à d’autres musiques de films. Film… le mot est lâché… car c’est du 7ème art dont il est question. L’affiche est elle-même riche de symboles, que je vous laisse découvrir.

« Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais, tous les âges me diront bienheureuse. »

Qui est « l’humble servante » dans cette oeuvre si forte? La Vierge, statue abîmée abritée par des lierres en une cache sylvestre, à qui l’adolescent confie le canif avec lequel il s’auto-mutilait ? Sara la Kali, que les Gitan-e-s honorent chaque année, le 24 mai, aux Saintes Maries de la Mer? La transgenre, dont le certificat de décès révèle qu’elle a pu devenir puis rester prêtre pendant des années et sur laquelle va enquêter la chancelière diocésaine? Cette dernière elle-même, dont on découvre progressivement le drame et la richesse de sa vie passée? La jeune diacre, qui s’épanouit dans l’exercice de ses fonctions… en attendant de pouvoir devenir prêtre? Autant d’avatars de la Femme placée devant les injonctions limite contradictoires de l’Eglise catholique…

Vous le voyez, le scénario est riche… un peu trop foisonnant peut-être, il aurait pu être « purifié » à mon sens. Mais un film étonnant, prenant, émouvant à plus d’un titre, qui questionne la place des femmes dans cette Eglise qui devrait être ouverte sur le monde et accueillir chacun-e en égalité… Rassurez-vous, ce n’est pas un plaidoyer. Mais l’intrication d’histoires personnelles qui entrent en résonances.

Bref, j’ai été totalement séduite. Et le jeu des acteurs et actrices est impressionnant. Berléand assume les contradictions de son personnage. La jeune Anaïde Roland-Manuel, alias Anaïde Rozam, est lumineuse. Le choix de cette actrice a-t-il été guidé par sa ressemblance avec l’une des héroïnes du film italien au titre similaire, sorti en 1993, qui porte, lui, sur le Moyen-Age?

Avouez qu’il y a une troublante ressemblance entre la novice du film italien, incarnée par Consuelo Ferrara, et la diacre du film français, non?

Les critiques n’ont pas été tendres avec ce film. Et certains de mes amis ont trouvé le jeu de Karin Viard inégal. Mais je n’ai pas honte de dire que j’ai apprécié. Pas pour le côté « féministe ». Il est surpassé par le côté « quête de spiritualité transculturelle, transgénérationnelle, trans… tout ce que vous voudrez »…Si vous ne craignez pas les salles obscures en ce début d’été, filez vite voir ce film, vous y trouverez beaucoup de Lumière(s)…

La Sauvage

La pièce s’ouvre sur l’interprétation quelque peu « forcée » d’un chanteur sur le retour, en veste noire à paillettes, évoquant les tenues des rockers dans les années 80, et notamment celui qui aurait eu 80 ans cette année, Johnny Hallyday. Ce qu’il chante? « La Sauvage », une chanson d’amour… On comprend très vite que nous nous trouvons en pleine répétition, d’un orchestre que l’on pourrait qualifier de « familial » : le père dirige et chante, la mère joue de son corps et des maracas, la fille et sa copine sont au violon, et un pianiste complète le tout.

Le trio familial et l' »amie de la fille »

On apprend aussi très vite qu’il est depuis longtemps l’amant de la mère, ce qui ne l’empêche pas de courtiser la fille. Une sorte de vaudeville où tout serait révélé d’entrée de jeu. Sur quoi va donc porter l’intrigue?

Elle est double : le devenir de cet orchestre minable, qui manque de revenus, et celui de la jeune fille, courtisée par le pianiste et amoureuse d’un autre artiste, beaucoup plus renommé et à la fortune apparemment non négligeable. Le centre de l’attention se déplace donc vers celui-ci. D’abord, par son évocation dans les propos des autres personnages. Ensuite, pas son dialogue avec un protagoniste « étranger » à l’ensemble. Enfin, par son amour visible (trop visible?) pour la jeune fille.

Mais, en réalité, sur le « pouvoir d’agir » d’une jeune fille, dont le personnage a été créé, ne l’oublions pas, dans les années 30. Et, dans « Sauvage », on pourrait retenir aussi le sens de « (se) Sauver ».

Le père se réveillant d’une sieste post-prandiale dans la maison du riche prétendant

Loin de moi l’idée de vous raconter la pièce. Il faut la lire, il faut la voir, il faut la vivre. Et apprécier la mise en scène dépouillée, le jeu des actrices et acteurs, toutes et tous amateurs/trices (« amateurices » comme dirait Charline), les dialogues mordants, le panel d’émotions…

Cette pièce de Jean Anouilh est peu connue, peu jouée depuis sa création au Théâtre des Mathurins en 1934. Le personnage de Thérèse est intéressant.

« Solitude, honte, poids du passé, solidarité de la misère et de la déchéance, impossible pureté, mythe du bonheur, achèvent de mettre en place les éléments récurrents d’un univers dramatique original »

L’amie qui m’accompagnait ce soir n’a pas compris le dénouement (dont je ne vous dirai rien), opposé à sa vision féministe et militante, engagée.
Quant à moi, après avoir eu un peu de mal à entrer dans l’intrigue, et surtout dans l’intrication comique/tragique, j’ai beaucoup apprécié le jeu des acteurs. Sobre pour les jeunes héros, plus « forcé » pour les parents, et en particulier le père, un Michel Piccoli en plein délire d’autodérision.

La confiance

Au programme en ce vendredi soir : un spectacle d’impro, dans le Marais, à l’ImproviBar. Je rejoins donc une amie pour prendre un verre, voire manger un morceau, avant. Rue Rambuteau, les restaurants ne manquent pas. Notre choix se porte sur une enseigne étonnante : cuisine japonaise et… péruvienne!

De la place en terrasse… Etonnant! En lisant ce matin les commentaires TripAdvisor sur ce restaurant, j’ai compris pourquoi : ils sont très mauvais. Sur le service, d’abord. Et c’est assez justifié : la jeune fille est gentille, mais, après être restée longtemps derrière le comptoir sans s’occuper de nous, elle nous sert difficilement, oubliant par exemple les baguettes… Mais la nourriture ne vaut pas les critiques acerbes qui lui sont faites. Notamment par son originalité. Et les gyoza sont bons, bien que pas tout à fait assez grillés. Mais ce n’est pas pour faire de la critique gastronomique que j’ai entrepris d’écrire cet article, après un assez long silence! C’est pour vous parler de deux choses.
D’abord, la relation entre Japon et Pérou. Si je vous demande qui était le Président du Pérou entre 1990 et 2000, je suppose que j’aurai peu de réponses? Alberto Kenya Fujimori. Etonnant, comme nom, n’est-ce pas?

« En 1897, les gouvernements japonais et péruvien ont convenu d’ouvrir la région côtière du Pérou à l’installation d’agriculteurs japonais. »

« Le 3 avril 1899, un navire japonais en provenance de Yokohama, le Sakura-maru, faisait son entrée dans le port de Callao, à l’ouest de Lima. A bord, 790 hommes épuisés par plus de deux mois de traversée. Un paysage inconnu se révélait à leurs yeux : la cordillère des Andes se profilait à l’horizon et, dans le désert, pointaient les clochers des églises de Lima.

Seuls quelques voyageurs touchèrent terre ce jour-là. Le lendemain, le Sakura-maru entreprenait un périple le long des côtes péruviennes, débarquant ses passagers par groupes dans les diverses plantations. Tous pensaient, sans doute, n’être là que pour quelques années, le temps de s’enrichir et de rentrer au pays. Aucun certainement n’imaginait être un pionnier. Et pourtant, ces migrants allaient être les fondateurs d’une forte communauté : celle des Japonais du Pérou. »

Ce n’était pas le cas des ascendants de Fujimori. Ses parents, eux, avaient quitté le Japon en 1934. Mais ils trouvèrent sur place une communauté qui s’était considérablement enrichie. Mais revenons au restaurant. Les Nikkei – on les nomme ainsi – ont développé une cuisine interculturelle, si j’ose dire. Le principe est simple : garder les fondements de la cuisine japonaise, mais exploiter la richesse des légumes et épices du Pérou. C’est ce qui produit des plats comme ce saumon dont la sauce est à base de fruits de la passion, plat que j’ai apprécié hier à Côté Sushi (je ne puis vous donner son site, car il est fermé, mais vous pourrez en avoir une idée sur deliveroo ici ou sur ce site, où j’ai copié l’image qui suit : le tiradito maracuja).

Si vous passez près d’un restaurant vous proposant Pérou et Japon, n’hésitez donc pas, le mélange est excellent!

La deuxième raison est tout autre. Les quintes de toux qui me perturbent en ce moment se sont accrues durant le repas. J’ai donc décidé de ne pas aller au spectacle, surtout que j’avais appris qu’il avait lieu en cave. Mon amie est donc partie, me laissant seule en terrasse, où je suis restée un petit moment. Quand je décidai de partir, je passai à la caisse. Refus de la banque sur ma carte bleue. Pourtant compte positif! Idem sur ma carte professionnelle. Idem! Et pas un centime de liquide! J’appelai un ami, malgré l’heure tardive. Il accepta de descendre de chez lui pour aller me chercher du liquide et m’attendre à la bouche de métro… J’expliquai à la personne apparemment responsable de l’établissement, et proposai de laisser ma carte d’identité en attendant. Refus, avec le sourire. « Non, pas de problème ». Je filai donc en métro vers Pigalle… et revins trois quarts d’heure après, alors que l’on rangeait tout pour fermer. La personne parut surprise de me revoir. Je lui tendis 30 euros, pour les 21,90 (deux plats et boisson) que je devais. Il me rendit le billet de 10. « C’est bon comme cela », ajouta-t-il en souriant. Je repartis vers chez moi, très surprise et réjouie de constater que la confiance, la générosité et la gentillesse existent bien… Encore une anecdote qui renforce mon idéalisme béat, direz-vous!

L’Eglise Saint Jacques du Haut Pas

Encore une église dont j’ignorais l’existence, à Paris! Vous en avez eu un aperçu hier, lorsque je vous narrais le concert auquel j’avais assisté. La photo de l’ensemble choral laisse deviner la pureté des lignes et la sobriété de cet édifice qui n’est pas encore gothique, bien que construit assez tardivement.

Un panonceau situé devant l’édifice en explique l’histoire singulière.

L’aspect épuré m’a particulièrement séduite. Et j’ai été intriguée de voir autant de clés de voûte, malgré la date assez tardive de ce bâtiment.

Une lumière incroyable y pénètre grâce à la transparence des vitraux, dont peu sont colorés. Il était déjà près de 21 heures quand ces photos ont été prises…

Assez peu de mobilier, aussi. La chaire semble s’envoler vers les cieux en une spirale symbolique..

Et les orgues sont d’une sobriété remarquable.

Et Saint Jacques est bien présent, sous forme d’une belle statue de pierre du XIVème siècle.

Mozart et ses amis

Ce titre n’est pas de moi : je l’ai trouvé sur le programme d’un concert qui avait lieu hier soir, et qui sera renouvelé le 13 juin. Une chorale – pardon, un « ensemble choral », car il y a également des musiciens – dont je vous ai déjà parlé, voici bien longtemps, et qui porte le nom d’un oiseau réputé pour ses chants : Philomèle, alias le Rossignol.

Le programme s’est réparti en fonction de la composition du choeur : d’abord « petit choeur », puis ensemble. Avec un intermède : un air interprété en solo par la soprano. Très belle voix, hélas un peu « timide » au regard de l’orchestre.

J’ai particulièrement apprécié certains morceaux, notamment en première partie, et ai découvert des compositeurs que je ne connaissais pas, ces fameux « amis » de Mozart. Permettez que je vous en dise un mot? En adoptant l’ordre proposé par l’affiche…

Eybler, d’abord. Pas seulement un ami : son élève. C’est l’un de ceux qui ont poursuivi la composition du Requiem après la mort de Wolfgang Amadeus, à la demande de son épouse Constance.

« Le 30 mai 1790 Mozart a écrit Eybler: « Je certifie par la présente que M. Joseph Eybler est un digne élève de Albrechtsberger, un grand compositeur, également préparé en musique de chambre et dans ce sacré, compétent dans l’art de la chanson ainsi qu’un joueur habile de l’orgue et le clavecin , bref, un jeune musicien dont, malheureusement, sont rarement égaux ». » (source)

Adlegasser, ensuite. Vous pourrez entendre notamment les Litanies sur le net ici. A l’inverse d’Eybler, il n’est pas plus jeune que Mozart, mais appartient à la génération intermédiaire entre celui-ci et son père Léopold. Ce qui explique peut-être que papa et fiston assistèrent de concert (bon, d’accord, très mauvais jeu de mots) à ses noces. Enfin, aux 3èmes, car ce séducteur aux compositions très variées s’est marié trois fois, avant de décéder à 48 ans, en 1777, alors qu’il jouait de l’orgue. Savez-vous qui prit sa place en tant qu’organiste à Salzbourg? Mozart, bien sûr!

Le dernier, Frantisek Ignac Antonin Tuma, est un Bohêmien. Un vrai. Né en Bohême en 1704. Mais décédé à Vienne. Je n’en avais jamais entendu parler. Une émission intéressante de France Musique a été consacrée à son Stabat Mater.

Vous êtes un peu perdus? Résumons-nous. Voici le quarté dans l’ordre, concernant les naissances.

L’ordre est le même pour les décès, mais l’un a vécu deux fois plus âgé que Mozart!

Vous comprenez peut-être pourquoi je me questionnais sur le terme « amis »? Quoi qu’il en soit, une belle harmonie entre les différentes pièces qui ont été interprétées. Hélas, je serais bien incapable de vous citer celles que j’ai préférées. Mais la Missa Solemnis, en do majeur KV 37, pour les puristes, est intéressante. Composée en 1780, elle a été jouée pour le couronnement du roi de Bohême, Léopold, l’année de la mort de Mozart, et en sa présence, selon le choix de son ennemi Salieri… « Intéressante », mais ce n’est pas ce que je préfère dans l’oeuvre de Mozart. Sans doute pour quoi j’ai préféré la première partie du concert. Mais l’ensemble était remarquable, y compris les musiciens. Pour celles et ceux qui seraient disponibles le 13 juin, ou qui visiteraient l’Auvergne en juillet, allez les écouter! Dans un édifice que je connais depuis mon enfance et qui est pour moi l’une des plus belles églises de France, le 14 juillet, notamment : à Saint Nectaire, ce doit être fantastique!