Violoncelle suédois

En une semaine, j’ai eu la chance d’assister à deux concerts avec l’instrument que je préfère : le « cello », le violoncelle. Le premier, dont je ne vous ai toujours pas parlé car, comme vous l’avez remarqué, voici bien longtemps que je n’ai pas rédigé d’article (tout au moins, en entier, car le nombre de « brouillons » devient important hélas), était de mon artiste préférée, Sol Gabetta. Cette fois, ce sont deux jeunes Suédoises que je suis venue écouter ce dimanche 22 février, tout en découvrant qu’il existait à Paris une église suédoise… Eglise? J’avoue que j’ai été un peu perdue, car j’ignorais qu’il existait des églises protestantes… pour moi, c’était forcément des temples…

Je me suis donc renseignée, notamment dans cet article très clair. Si j’ai bien compris, les Luthériens utilisent le terme « église », alors que les Calvinistes lui préfèrent le terme « temple ». Sachant que, d’une manière générale, toute église est en quelque sorte un temple… Or, en Suède, plus de la moitié des habitant-e-s seraient luthériens, selon France Diplomatie.

« Religion(s) : Église de Suède (évangéliques luthériens – 55,6 %) ; sans religion (32%) ; musulmans (8,9%) ; chrétiens orthodoxes ; catholiques. »

Et elle serait bien discrète, cette église, dans cette petite rue du 17ème arrondissement, la rue Médéric, si le drapeau ne la faisait pas remarquer.

J’ai été saisie par le contraste entre une forme de rigueur et de sobriété, d’une part, et des détails accueillants et chaleureux, d’autre part. Il faut préciser que j’ai eu besoin de me rendre dans un endroit intime, et un homme m’a laissée, pour ce faire, pénétrer dans la partie à gauche de la cour, dans laquelle j’ai été surprise par un énorme puits. Suivez-moi…

Les langues utilisées dans les « toalett » m’ont également surprise.

L’anglais, à gauche, est remplacé par l’arabe, à droite…

Mais l’heure du concert approche, entrons donc dans l’église.

Pas de crucifix, mais un Christ « rédempteur » (?) (moins grand que celui de Rio!). A vrai dire, je ne suis pas certaine du terme, car, ici, les mains sont tournées vers le sol. Si parmi vous il se trouve des experts en statuaire religieuse, merci de m’aider à qualifier cette statue. Quoi qu’il en soit, moins dramatique que les Christ en croix de nos églises…

Mais pourquoi une église suédoise à Paris? Celui qui m’avait ouvert la porte des autres locaux, et que je pense être le pasteur, a précisé qu’ils allaient, cette année, fêter les 400 ans de l’église. Ce que je n’ai pas compris, car elle a été construite entre 1911 et 1913. J’ai beau être nulle en mathématiques, cela ne fait pas 400 ans… L’article de Wikipédia est bien documenté, vous pourrez le lire avec intérêt. On y apprend qu’effectivement un pasteur, Jonas Ambraeus, a célébré le culte suédois à Paris pour la première fois en octobre 1626

et que le savant Hugo Grotius, devenu ambassadeur à Paris, a installé une chapelle dans le salon de l’ambassade, 7 quai Malaquais…

Pourquoi dans l’ambassade, me direz-vous? Tout simplement pour profiter de l’extraterritorialité. Replacez-vous dans l’époque. Le culte protestant était interdit par l’Edit de Nantes (1598). Les Suédois y avaient donc droit, dans l’enceinte de Paris, mais pas les citoyens français (si vous vous souvenez des « dragonnades » en 1678) qui, eux, devaient sortir de la ville et se rendre au temple de Charenton. Mais tout au long de l’Ancien Régime, des Français furent baptisés dans la chapelle suédoise, qui a changé d’emplacement deux fois : Hôtel de Cavoye, puis 52 rue des Saints-Pères.

Pour en revenir à l’édifice actuel, il a vécu une histoire récente agitée, car il a failli… être vendu!

« L’Église de Suède, de confession protestante, est présente en France depuis 1626. Elle est aujourd’hui hébergée dans le XVIIe arrondissement de Paris, dans un bâtiment de brique rouge construit entre 1911 et 1913 qui offre aux fidèles un lieu où se retrouver au cœur de la capitale. Le clergé suédois envisage cependant, pour des raisons économiques, de vendre les locaux parisiens. 

Cette menace qui pèse sur l’église suédoise à Paris a provoqué débats et contestations. Un groupe Facebook a été créé afin de s’opposer à la vente, et une pétition a été lancée pour sauver le bâtiment. De nombreuses personnes rappellent l’importance de représenter l’Église de Suède en France, mais aussi le rôle que joue le bâtiment dans la vie locale des fidèles, et le patrimoine culturel qu’il constitue. Dans une tribune pour Dagens Nyheter (article), l’autrice Helena Lindblad se remémore des moments de partage et d’émotion, des rencontres, des découvertes. Elle estime que cette vente serait « une erreur historique ». »

C’est l’alliance de la municipalité, des fidèles, mais aussi des riverains, qui a permis de sauver l’ensemble d’un projet immobilier.

« Estimé à plus de 6 millions d’euros, cet ensemble de 13 000 m2 comprend non seulement l’église mais également une école primaire, une grande salle paroissiale, des bureaux et un logement de fonction bâtis sur une parcelle de 700 m2.

Ce bien avait été récupéré par la congrégation au moment de la séparation entre l’Église et l’État, acté en 2000 en Suède, alors qu’elle l’avait cédé 50 ans plus tôt à l’État suédois pour une couronne symbolique. »

Le pasteur a invité tout le public aux festivités qui se dérouleront cette année… A voir?

Mais revenons-en au concert…

Ce fut un enchantement. Les deux jeunes artistes sont talentueuses, et m’ont fait vibrer tout au long du spectacle. Il faut dire que j’adore Sibelius… Voici un autre enregistrement de Malinconia, si vous souhaitez découvrir l’oeuvre. Mais l’arrangement de Franck était aussi émouvant. En voici aussi une autre version. Les artistes ont offert trois autres morceaux, deux classiques, d’abord, et, pour finir différemment, Barbara, « Dis-moi, quand reviendras-tu? »

Deux jeunes musiciennes aussi passionnantes que passionnées… J’ai trouvé le site de l’une, Alice Power, mais pour l’autre, le site est presque vide, et je vous propose seulement un article en suédois… Si vous avez l’occasion de les écouter, ne vous en privez pas! Un moment de bonheur musical partagé…

Des petits plats près des grands

Cela fait longtemps que je regrette de ne pouvoir finir mes assiettes dans les restaurants, et de ne pouvoir goûter davantage de mets. Que je dis « Il faudrait des portions moins importantes pour les personnes qui aiment déguster ou pour celles dont l’appétit est limité »…

Eh bien, j’ai vu mon voeu exaucé, avant-hier soir, dans un restaurant découvert par hasard dans la rue Biot, près de la Place Clichy. Une rue où m’avait entraîné un ami résidant non loin de là. J’ai compris pourquoi : il y a beaucoup de bistrots, café, restaurants et autres lieux conviviaux dans cette rue. Mais la plupart étaient pleins. Un aller. En vain. Un retour. « Tiens, une table s’est libérée dans ce resto! ». Un coup d’oeil rapide à la carte. Et là, surprise : face aux mets, deux colonnes. Une pour les « gourmets » (qu’iels n’ont pas mis au féminin, ça ferait trop « bijouterie ») et une pour les « gourmands » (mots qui a une connotation un peu « sexe » au féminin…). Avec des prix différents, bien sûr…

Nous entrons, on nous guide vers la table qu’on nettoie et dresse aussitôt, et nous voilà assis dans d’élégants fauteuils en bois, à la fois légers et confortables, devant une table mise avec goût : beaux verres à pied, assiettes simples mais belles, serviettes en triangle posées sur le coin de la table, supportant les couverts d’une belle simplicité également.

Pour moi, un gaspacho excellent. Visiblement « fait maison », contrairement à ceux qui parfois paraissent directement issus d’une conserverie. Délicatement rehaussé d’herbes. Puis de la pintade tendre en sauce. J’ai juste regretté que la poire promise soit réduite à deux tranches fines, alors que le chou-fleur était en abondance. Enfin, un dessert partagé tant il était copieux. Il était un peu tard quand j’ai pensé à le prendre en photo : je l’avais coupé, et les fruits s’étaient glissés entre les parts, mais cela vous donnera une idée…

Et voici sa photo sur le site du restaurant.

Bref, un excellent choix que le nôtre ce soir-là… Qui plus est, des serveuses charmantes et aussi efficaces que discrètes…

Ah! J’allais oublier de vous donner son nom! Le Strobi. Et son site : https://www.le-strobi.fr/ Et en prime l’adresse : 12, rue Biot, dans le 17ème.

Un autre détail pour les amateurs d’art. Il est orné de tableaux de deux peintres du coin. Bert Belanger, alias The Mad Silkscreamer, et Daniel Ricau. Un petit mot supplémentaire sur Bert Belanger, que j’ai déjà rencontré lorsqu’il m’avait fait visiter son atelier. Il travaille avec une association intéressante avec des personnes en insertion, La Fédé. Vous pouvez le voir sur cette vidéo.

Bonnes découvertes à vous, donc… Quant à moi, je me suis promis de visiter prochainement cet autre restaurant, sis en face du Strobi : Les Marchands de Vins. Mais c’est une autre histoire…