Autour du peintre du « Tableau »

A la suite de la représentation de cette adaptation de la pièce de Yasmina Réza, je me suis questionnée sur le nom de l’artiste imaginaire (discutable… peut-être un condensé d’artistes) qui serait l’auteur-e du tableau autour duquel tourne une grande partie de l’intrigue : Antrios. Juste par curiosité. Juste pour m’amuser. J’ai envie de vous présenter aujourd’hui le fruit de mes réflexions. En toute modestie. Sans prétention aucune. Simplement parce que je me suis dit que la pièce pouvait/pourrait aussi être vue autrement…

Le mot ne semble pas exister. Je suis prudente, car je ne lis pas tous les alphabets! J’ai donc cherché à en identifier les connotations possibles.

1. Proximité avec une grande figure de l’Antiquité grecque : Anteros

Le nom a deux connotations en grec ancien : d’une part, antíos qui désigne un opposé, un contraire, et d’autre part Ἀντέρως (Antéros, l’anti-Eros), terme constitué de « Eros » et « anti », soit le contraire d’Eros, d’où l’idée d’ « Amour retourné ». Selon une version, il serait fils d’Arès (dieu de la guerre, entre autres) et d’Aphrodite (déesse de l’amour). Logique, comme « contraire » ! Selon une autre version, il aurait été engendré par Poséidon et un frère des Néréides.

 Version 1 : évocation des géniteurs

C’est Pausanias qui en parle le premier, mais on le retrouve, tant dans la littérature grecque que dans la littérature romaine, chez de nombreux auteurs.

Pausanias, Description de la Grèce 1. 30. 1 (trad. Jones) (récit de voyage grec, IIe siècle ap. J.-C.) : « Devant l’entrée de l’Académie [en dehors d’Athènes] se trouve un autel à Éros (Amour), avec une inscription selon laquelle Charmos fut le premier Athénien à dédier un autel à ce dieu. L’autel dans la ville appelé l’autel d’Antéros (Amour vengé), disent-ils, a été dédié par des étrangers résidents, parce que l’Athénien Meles, dédaignant l’amour de Timagoras, un étranger résident, lui ordonna de monter au point le plus élevé du rocher et de se jeter. Lorsque Meles vit que Timagoras était mort, il souffrit de tels remords qu’il se jeta du même rocher et mourut ainsi. À partir de ce moment, les étrangers résidents adorèrent Antéros comme l’esprit vengeur de Timagoras. »

Pausanias, Description de la Grèce 6. 23. 5 : « Dans l’une des palestres [dans la ville d’Élis] se trouve un relief montrant Éros (Amour) et Antéros (Amour rendu), comme on l’appelle. Éros tient une branche de palmier, et Antéros essaie de lui prendre la palme. »

Ovide, Fastes 6. 90 (trad. Frazer) (poésie romaine, Ier siècle av. J.-C. au Ier siècle ap. J.-C.) : « ‘Ô [Vénus-Aphrodite] gracieuse Mère des deux Cupides (Amours) [c’est-à-dire Éros et Antéros],’ dis-je, ‘accorde-moi ta faveur.’ La déesse regarda le poète. »

Fresque de Pompéi : Aphrodite et les deux jumeaux (source)

Cicéron, De Natura Deorum 3. 21 (trad. Rackham) (rhétoricien romain, Ier siècle av. J.-C.) : « Le troisième [Cupidon-Éros], qui est le même qu’Antéros, [fils] de Mars [Arès] et de la troisième Vénus [Aphrodite]. »

Sénèque, Phèdre 274 et suiv. (trad. Miller) (tragédie romaine, Ier siècle ap. J.-C.) : « Toi déesse [Aphrodite], née de la mer cruelle, que l’on appelle mère des deux Cupides (Amours) [c’est-à-dire Éros et Antéros], ce garçon espiègle et souriant. »

Nonnos, Dionysiaques 47. 332 et suiv. (trad. Rouse) (épopée grecque, Ve siècle ap. J.-C.) : « [Ariane se lamente après avoir été abandonnée par Thésée sur l’île de Naxos :] ‘Les images mêmes d’Éros (Amour) et d’Antéros (Amour rendu) sont-elles jalouses de moi ? Car j’ai vu une vision délicieuse de mariage accompli dans un rêve trompeur, et le beau Thésée était parti.’ »

 Version 1 : symbolisme

Platon le met en scène dans le Phèdre. Socrate parle de l’amour entre un éromène et un éraste.

« Mais, tout comme celui qui de quelque autre a pris une ophtalmie est hors d’état de prétexter une cause à son mal, lui, il ne se doute pas qu’en celui qui l’aime, c’est lui-même qu’il voit, comme en un miroir : en sa présence, la cessation de ses souffrances se confond avec la cessation des souffrances de l’autre ; en son absence, le regret qu’il éprouve et celui qu’il inspire se confondent encore : en possession d’un contre-amour (antéros) qui est une image réfléchie d’amour. »

— (255d, trad. Léon Robin) »

« Platon, Phèdre 255d (trad. Lamb) (philosophe grec, IVe siècle av. J.-C.) : « Lorsqu’il est avec l’amant, tous deux cessent de souffrir, mais lorsqu’il est absent, il languit comme on languit après lui, et il a l’image de l’amour, Antéros (amour contre amour) qui loge en son sein, qu’il appelle et croit être non pas amour mais amitié seulement, et son désir est comme le désir de l’autre, mais plus faible ; il veut le voir, le toucher, l’embrasser, et probablement peu de temps après son désir est accompli. »

 Version 2

Il serait fils de Poséidon et Néritès, frère des Néréides.

Élien, Sur les animaux 14. 28 (trad. Scholfield) (histoire naturelle grecque, IIe siècle ap. J.-C.)

 « Poséidon était l’amant de Nérides [fils de Nérée], et que Nérides lui rendait son amour, et que c’était l’origine du célèbre Antéros (Amour mutuel). »

2. L’Anteros des astrologues

« A cette période, l’Astéroïde 1943 Anteros faisait partie de la « liste critique ». Sa position était considérée comme « mal connue ». Par une série de prises de vues, nous avons mesuré ses positions (sur chaque image séparément). Les positions obtenues ont été communiquées au Minor Planet Center MPC.

A droite, figure un compositage de la série d’images. l’Astéroïde qui se déplace rapidement sur le fond des étoiles est bien visible aux positions 1, 2, 3 et 4 (respectivement au moment de la prise de vue des quatre images). Sur la gauche, figure le résultat de la réduction astrométrique en mode automatique de notre logiciel de traitement d’image TRIMASS. » (Source : David Romeuf)

(1943) Antéros est un astéroïde Amor, découvert le 13 mars 1973 par James B. Gibson au complejo Astronómico El Leoncito, en Argentine.

Pour en savoir plus : https://www.therapyame.com/2024/08/22/1943-anteros-et-lamour-retrouve/

2. Deux homophones non homographes

La symbolique de l’Etre Humain dans toutes ses dimensions

Contrairement à la vision divine ou à l’image d’un corps céleste, nous voici redescendus sur Terre, avec la racine du terme « anthropos ».

Source : Romain Garnier. Nouvelles réflexions étymologiques autour du grec ￿νθρωπoς.

En ce sens, les trois personnages seraient typiques de la race humaine… mais je ne vois pas pourquoi Réza aurait transformé le théta en tau…

Une autre connotation : l’entrisme

Homophones, mais pas homographes : les deux racines peuvent se confondre dans un théâtre !

« Tactique consistant à s’introduire dans une organisation, un parti, pour en infléchir l’orientation. »

Telle est la définition du CNRTL… Je vous laisse transposer dans le contexte de la pièce…

3. Une dernière proximité, homophone et homographe : l’antre

Pas besoin de longs discours, pour évoquer l’antre dans toutes ses dimensions, physiques comme symboliques.

En antithèse totale du blanc, tant physiquement que symboliquement !

Synthèse

Le nom est connoté, pour des hellénistes ou amateurs/trices de l’Antiquité grecque, à deux filiations : d’une part à l’amour homosexuel, et d’autre part à une idée de « retour », tantôt dans le sens qu’il prend dans l’expression « en retour », tantôt dans le sens de « contraire ». Dans la mythologie, le couple Eros / Anteros est riche d’interprétations. La littérature s’en est emparée avec l’antérotisme… Et la psychanalyse n’est pas en reste (Source).

Il s’agit dès lors de questionner la dynamique du groupe social d’appartenance de chaque personnage, mais aussi celle du trio d’amis. Amis? Amants? Amoureux? Les femmes sont bien absentes de la pièce, à l’exception de celle que va épouser, sans enthousiasme, Yvan…

Questionner le « groupe », c’est aussi ce qu’évoque la connotation à l’entrisme. Le lien possible avec l’anthropisme, lui, suggère plutôt l’opposition humains / divins, l’artiste étant soit médiateur soit « entre les deux » et parfois victime de cette non- ou bi- appartenance.

Enfin, l’antithèse antre/noirceur, clarté/blancheur est si évidente qu’elle ne peut que résonner en chacun-e des spectateurs/trices…

Pour les hellénistes, le choix de la connotation sera lié à la prononciation des acteurs. En effet, dans un cas il s’agit d’un omicron (o ouvert et léger), alors que dans le second c’est un oméga (o fermé et grave)… C’est donc la manière de prononcer « Antrios » qui oriente vers telle ou telle connotation…

« Le tableau », une adaptation d’ « Art »

J’avais eu l’occasion, voici quelques années, de voir jouer Arditi, Vanneck et Luchini dans la pièce de Yasmina Reza, « Art ».

Je ne vous donnerai pas la date, mais c’était avant le Covid, entre 1995 et 1998. Une pièce qui m’avait séduite, et vous reconnaîtrez que le trio était impressionnant. Si vous le souhaitez, vous pouvez la voir intégralement sur YouTube, elle est en ligne. C’est intéressant à deux titres : la pièce, certes, mais aussi les acteurs encore jeunes… Certains l’ont rejouée depuis, et elle est encore souvent à l’affiche…

En ce mois de novembre 2025, c’est une troupe d’amateurs qui l’interprétaient pour la première fois. Eux sont de vrais amateurs – j’allais ajouter « éclairés, certes », car ce qualificatif leur irait bien. Mais la metteure en scène est une vraie professionnelle. Et j’ai admiré ce qu’elle a pu tirer d’une salle des plus ordinaires (un rez-de-chaussée d’immeuble) où les spectateurs, assis sur des chaises pliantes, étaient au même niveau que les acteurs. Certes, l’auteur avait indiqué la nécessaire sobriété des décors, mais la petite troupe éphémère a réussi, avec des éléments sortis des demeures de chacun, à nous transporter de lieu en lieu. Car on est tantôt chez Serge, le riche collectionneur qui s’est offert le tableau, chez Marc, l’ingénieur en aéronautique, l’adepte du bon vieux temps, et chez Yvan, la « cigale » qui va épouser la fille d’un papetier pour qui il est « représentant de commerce ». Le « marqueur » des lieux? Un seul indice. Un tableau, justement… des plus classiques… voire une « croûte » comme le qualifie le texte.

« « Le salon d’un appartement. / Un seul décor. / Le plus dépouillé, le plus neutre possible. / Les scènes se déroulent successivement chez Serge, Yvan et Marc. / Rien ne change, sauf l’œuvre de peinture exposée. »

Reconnaissez que c’est une belle gageure que d’oser se produire dans de telles conditions! Eh bien, le challenge a été réussi! Et les spectateurs/trices étaient enchanté-e-s de ce spectacle au rythme soutenu… et ébahi-e-s, il faut le dire, devant la performance de chacun. Le célèbre monologue de Marc notamment! Brillamment interprété, sans trou ni hésitation… emportant le spectateur dans les dédales des pensées et ressentis de celui qui m’a fait penser au clown blanc, vous savez, celui qui fait rire mais qui ne parvient pas à être heureux? « . Comme le dit le personnage :

« Je ne suis pas content mais d’une manière générale, je ne suis pas un garçon qui peut dire, je suis content. »

Mais chaque acteur méritait amplement les félicitations de la cinquantaine de personnes présentes, dont des spécialistes et des élus du coin (peu, trop peu!). Et le fait que deux d’entre eux aient largement dépassé la quarantaine que sont censés avoir les héros n’a absolument pas gêné. J’avoue m’être posée la question : « qu’est-ce qui pousse des personnes déjà très occupées par leur vie professionnelle, amicale, personnelle et familiale à apprendre un texte que l’aspect volontairement « ordinaire », du point de vue du langage, rend difficile à mémoriser? Et j’ai été heureuse de faire la connaissance de celle qui les avait suivis dans cette aventure (ils avaient choisi la pièce) et entraînés, coachés, formés, tout en la mettant en scène dans les conditions décrites ci-dessus. Elle m’a demandé de ne pas la citer, mais je peux dire qu’elle est très engagée dans l’accompagnement de personnes qui ont envie ou besoin de s’investir ou se détendre, avec le yoga, le rire et le théâtre. Le texte qui suit est extrait de son site.

« VENEZ RENCONTRER L’ARTISTE QUI SOMMEILLE EN VOUS ET LE PARTAGER AVEC LES AUTRES. 
 A partir de jeux et exercices d’entraînement du comédien, vous développez votre conscience du corps, de la voix et activez votre qualité de présence. Vous stimulez votre imaginaire, votre créativité et l’expression de votre personnalité sur la scène comme dans la vie. »

C’est exactement ce qui a été vécu ce soir-là. Un véritable « partage » permis par la passion d’une artiste et de trois amateurs, soutenus par des réseaux familiaux et amicaux… Une vraie « bulle » loin du quotidien… Et, si la fin de la pièce reste ambigüe (l’amitié survit-elle à ces « déballages », comme disait ma grand-mère?), le devenir de la troupe ne l’est pas : un élan commun entre les acteurs, entre eux et leur professeure, et entre l’ensemble et celles et ceux qui ont eu le plaisir d’assister à ce qui, espérons-le, était une « première ». Reste à trouver les lieux qui pourront les accueillir, les financements qui permettront de poursuivre l’aventure, les soutiens artistiques et politiques (au sens large) qui donneront à d’autres le même plaisir partagé… Si vous avez des idées, placez-les en commentaires de cet article, les idées leur seront transmises…

Agapè

Je n’aime pas transcrire les mots grecs dans notre alphabet, car cela les dévalorise, à mon sens. C’est le cas particulièrement de celui dont il est question aujourd’hui. Dans notre langue moderne, il est souvent transformé en « agape ». Ce terme renvoie à une forme de repas en commun, attesté dans le paléochristianisme, notamment par Tertullien. Un vif débat à ce sujet évoque la différence entre ce repas que certains considèrent comme « de charité » (par exemple, les veuves y étaient invitées) et le partage de l’Eucharistie. En voici un exemple, qui occupe 15 pages de la Revue d’Histoire Ecclésiastique 7 (1906) pp. 5-15, où un certain Fr (Frère?) X. Funk, de Tubinge, contre-argumente contre un prélat.

« L’existence, dans l’antiquité chrétienne, du repas de charité, au sens admis jusqu’ici, a été combattue, en 1902, par Mgr Batiffol dans ses Études d’histoire et de théologie positive. J’ai montré alors, dans la Revue d’histoire ecclésiastique (t. IV, pp. 4-21), qu’on n’est pas fondé à se départir de l’opinion universellement reçue, qu’en particulier Tertullien (Apolog. c. XXXIX) est un témoin indiscutable de l’agape.« 

« Tertullien dit du repas en question: « Editur, quantum esurientes capiunt; bibitur, quantum pudicis utile est ». J’ai fait remarquer que le passage ne peut pas s’entendre de l’Eucharistie, mais bien du repas de charité connu sous le nom d’Agape, et que « des expressions de ce genre, abstraction faite de certaine littérature mystique ou pseudomystique, ne se rencontrent jamais dans un passage qui traite de l’Eucharistie. »

Pas question, je vous rassure, que j’entre dans ce débat. Ce qui m’intéresse aujourd’hui, ce ne sont pas les agapes, mais « agapè ». Toute la différence tient dans l’accentuation, qui correspond à un éta en grec. Le voici en grec ancien.

Car les Hellènes étaient plus fort-e-s que nous! Ils et elles (ou elles et ils) avaient trois mots pour le concept d’ « Amour » : eros, philia et agapè.

« Eros, c’est le désir du bien sensible, mais aussi de toute autre objet digne d’attachement, la beauté par exemple. La philia c’est l’amour désintéressé qui prend soin de l’homme, de l’ami, de la patrie, en qui la volonté et la noblesse de coeur ont maîtrisé les passions humaines. Le mot agapè a parfois le sens d’Eros, mais plus souvent le sens de philia. Le dictionnaire grec donnent les sens suivants au mot agapè: 1- Accueillir avec amitié, traiter amicalement, 2- se contenter de, être satisfait de, 3- Aimer, chérir. Parmi les mots de même souche, on remarque agapètikos, tendre, affectueux, agapèteos,qui mérite d’être aimé ou désiré, agapèsis, affection, tendresse. » (source)

Vite, le Bailly!!

« ἀγάπη,ης (ἡ) [ᾰᾰ]

1 affection, Spt.Eccl.9, 1 ;particul. amour fraternel, NT.1 Cor.13, 1 ; amour divin, Phil.1, 283 ;NT.Luc.11, 42 ;2 Cor.5, 14 ;rar. amour au sens de passion, Spt.Cant.2, 4, 5 ;titre d’honneur (Votre Amour) Bas.4, 381 ;Nyss.3, 1073 edd. Migne ||

2 objet d’affection, être aimé, Spt.Cant.2, 7 ||

3au pl. agapes, repas fraternels des premiers chrétiens, NT.2 Petr.2, 13,etc. ;au sg.Clém.1, 384, 1112 Migne. »

Mais pourquoi, allez-vous me demander, parler de cela aujourd’hui?
Tout simplement à cause d’une sculpture qui a attiré mon regard, hier au couchant, sur la Promenade des Anglais. Sculpture dont j’ai fait des photos, que voici…


A vous de retrouver dans la liste qui suit l’expression signifiant « je t’aime » en grec. Un petit piège : elle est en majuscules, pour que ce ne soit pas trop facile!

Un petit tour à Gien (2)

Le Musée de la Faïencerie

Je vous ai laissé-e-s hier à la porte de la faïencerie et de son musée. Je vous propose aujourd’hui d’entrer dans le second… Un tout petit musée, où étonnamment de petites pièces sont présentées derrière des grillages, tandis que de belles grandes risquent à tout moment d’être abîmées par les visiteur-e-s!

Si vous avez besoin d’un petit rappel sur la différence entre poterie, faïence, porcelaine et autre céramique, voici qui devrait vous aider…

Je ne cherche pas à vous mettre de la poudre aux yeux, mais il faut bien avouer que tout part de là…

… jusqu’au moment où l’oeuvre sort de sa gangue…

Les photos qui précèdent ont été prises à l’entrée du musée, où un petit recoin semble destiné à accueillir des apprenant-e-s de tout âge. Le reste du bâtiment comporte deux petits étages, qui abritent les collections. En entrant, une invitation à la convivialité…

J’ai sélectionné pour vous, parmi toutes mes photos, quelques pièces qui m’ont séduite et/ou intéressée. Et pour commencer, en hommage à l’auteur d’Un Jour Un Tableau, dans la série « laveuses »…

J’ai été pour ma part étonnée par l’aspect ludique de certaines pièces!

Beaucoup d’animaux, pour orner une belle vaisselle ou des vases élancés…

Les vases prennent des formes diverses, et les motifs en sont tout autant variés.

Récapitulons : des assiettes, des plats, des vases et autres petits accessoires de table… Des paysages, des fleurs, des animaux, des angelots…
Quoi d’autre? Impossible de vous décrire la diversité, autrement que par quelques exemples…

La variété est telle qu’elle a permis d’en faire un abécédaire dans une salle. En voici un extrait, avec la lettre E comme « encriers »…

On trouve aussi des pièces de taille impressionnante, comme ces vases bien plus hauts que moi, au point que je n’ai pas réussi à les prendre intégralement!

La visite se termine par une frise où est représentée l’histoire de la faïencerie.
Mais c’est une autre histoire… et je termine celle-ci par une note d’humour si vous le permettez…

Où sont les scoubidous? (à écouter si vous voulez ici)

La « Maison Idéale » à la Villa Paloma

J’ai déjà écrit, sur ce blog, un article présentant la Villa Paloma. Celles et ceux qui l’ont lu comprendront que j’aie eu envie d’y retourner.

Ce que j’ai donc fait après la visite du Pavillon Bosio. Et, pour la première fois, j’ai pris le bus qui serpente à travers Monaco et Monte Carlo, menant du Musée océanographique au Jardin exotique. Presque une demi-heure, qu’on ne voit pas passer tant il est intéressant de découvrir un autre Monaco, à travers la population qui prend ce bus, par exemple pour aller au marché Place d’Armes, ou pour vaquer aux occupations quotidiennes. Car il y a bien, dans cette ville, une population qui est loin des fastes et de la richesse, et qui profite des transports en commun parce qu’elle n’a pas, ou plus de véhicule personnel.

D’un terminus à l’autre, on peut aussi découvrir les différents aspects de la ville, et les étonnants mélanges d’architecture…. Me voici arrivée « tout en haut » (ou presque) : la villa Paloma jouxte le Jardin exotique. Les fenêtres offrent une vue plongeante, comme le montre cette photo empreinte de « japonisme » (plongée, poteau, « grille », voile – j’ai bien appris ma leçon, lors de la conférence à Nice!).

J’y retrouve deux oeuvres qui ont changé : normal, elles exploitent la mouvance de la nature. L’une, parce qu’elle est composée à partir de peaux d’agrumes;

l’autre, parce que des plantes y poussent dans des chaussures, qui elles-mêmes vieillissent…

L’exposition du moment ? La casa ideale, de Pier Paolo Calzolari. Au départ, surprenante… des salles quasiment vides. Dans l’une, une bande de métal…

Dans une autre, des quasi-monochromes blancs un peu « ocre » avec quelques objets.

Mais peu à peu je suis entrée dans l’esprit de l’artiste, et me suis prise au jeu.

Il est des « oeuvres » qui m’ont questionnée sur le sens de ce qualificatif, comme celle-ci:

Un bruit au fond du couloir, étrange, comme un grincement répété à l’infini. Je découvre un petit porcelet rose, comme coincé dans une porte…

Mais d’autres m’ont séduite, comme celles qui suivent.

Approchons-nous, si vous le voulez bien…

Sur le mur qui lui fait face, cette phrase :

Après le bois, la fleur… La nature est souvent présente, d’une manière ou d’une autre, dans les oeuvres. Ainsi ces pétales qui forment le fond de ce « specchio oro portrait »…

… et ces feuilles de tabac qui forment comme une guirlande au bout de l’expression en lumière…

Il m’a cependant fallu voir l’entretien filmé dont j’ai pu profiter seule dans la salle de projection, pour mieux encore le comprendre, et saisir son rapport au monde, au langage, à la poésie. Vraiment très intéressant!

Un dernier regard sur le vitrail qui orne l’escalier, aux oiseaux éponymes de la villa, et je redescends vers le Rocher…

Une école d’art à Monaco : le Pavillon Bosio

Deux jeunes amies sont actuellement étudiantes en art, et elles fréquentent une école de Monaco. Hier, elles m’y ont invitée; et j’ai découvert une pépinière dans un cadre idyllique.
Je n’aime pas Monaco, comme vous le savez si vous suivez ce blog depuis des années. Cette verrue sur la côte, hyper urbanisée, où les immeubles veulent dépasser la crête environnante… Mais il est un espace qui serait préservé s’il n’était pas envahi par des hordes de touristes : le Rocher.

Or c’est sur le Rocher que se situe l’école en question, le Pavillon Bosio. Direction donc le Parking des Pêcheurs, avec sa montée en colimaçon qui fut naguère le témoin d’une de mes folies (faire crisser les pneus grâce à la vitesse en montant et descendant, n’importe quoi, mais qu’est-ce qu’on a ri!)

Ascenseurs, escalators, ascenseurs… Il est à peine 10 heures, mais des troupeaux de retraité-e-s s’amassent déjà devant les portes… Heureusement, ils et elles restent grégaires, et n’ont pas vu qu’un ascenseur est libre, sur leur droite. Elsa, que je conduis à son cours, ne sera pas trop en retard. Car il n’est pas prévu, dans la ville hyper-fréquentée par les touristes, de laisser des voies réservées aux habitant-e-s ni à celles et ceux qui travaillent ou étudient. Or c’est une vraie galère quand les flots de touristes envahissent tout!

Nous arrivons enfin « au sommet », et nous dirigeons vers un bâtiment dont le nom m’interpelle. « Ministère d’Etat ». Pour moi, un « ministère » est toujours « d’état », pensai-je d’abord. Puis me vint l’expression « ministère du culte ». Une question à creuser? Alors, bien sûr, c’est ce que je fais ce matin en écrivant cet article. Vite, le site officiel!

« Le Ministre d’État représente le Prince. Il est la première autorité après le Prince. Il est nommé par Lui. En tant que président du Conseil de Gouvernement, il est chargé de l’administration du Pays et dispose, à cet effet, des services exécutifs de l’État.
 
Le Ministre d’État, en vue d’assurer sa mission, est assisté de cinq Membres du Gouvernement qui sont placés à la tête de Départements spécialisés de l’Administration. Les Conseillers de Gouvernement – Ministres sont responsables de leur mission devant le Prince. »

En quelque sorte, c’est notre Matignon, si je comprends bien. Mais mieux situé, avec vue sur la mer… et dont la porte s’ouvre sur une Nymphe…

Si vous parvenez à lire la plaque, vous verrez que la statue est d’un certain… François-Joseph Bosio! Pourquoi lui? Parce qu’il est né à Monaco, justement, en 1768. Alors, pourquoi l’Encyclopédia Universalis le proclame-t-elle « français »?

« Sculpteur français. Né à Monaco, François-Joseph Bosio, certainement le sculpteur le plus en vue de l’Empire et de la Restauration, se forma seul, en marge des écoles ; il passa quelque temps à Paris dans l’atelier de Pajou, puis de nombreuses années en Italie où l’on pense qu’il rencontra Canova. Sa production italienne, qui fut abondante et consista surtout en œuvres religieuses, n’est pas bien connue. Se fixant en France en 1807, mais restant en rapport avec les sculpteurs italiens les plus remarqués de l’époque, Bartolini entre autres, Bosio connut déjà un très grand succès sous l’Empire. Pendant la Restauration, il devint Premier sculpteur du roi et fut fait baron. Académicien et professeur à l’École des beaux-arts en 1816, portraitiste recherché, il reçut de nombreuses commandes officielles et exposa régulièrement aux Salons. »

Je ne vais pas vous raconter l’histoire si complexe de Monaco ni celle de ses rapports avec la France. En gros, on considère que la principauté existerait depuis 1314 (fondation de la dynastie des Grimaldi) – même si d’autres y ajoutent un siècle-, et c’est six siècles plus tard qu’est reconnue, en 1918, son « égalité » avec la France (traité du 17 juillet 1918). Bosio était donc bien « monégasque » de naissance. Mais il a oeuvré bien ailleurs. D’abord en Itale, puis en France, où il a d’ailleurs été anobli par le Roi, comme « baron ». Et, si vous avez fréquenté les lieux célèbres de Paris, donc le Louvre, vous ne pouvez pas ne pas avoir vu une de ses oeuvres, sans même entrer dans le musée. Il suffit de lever la tête, en tournant le dos à la pyramide et en regardant les Tuileries : c’est lui qui est l’auteur du groupe sommital de l’Arc de Triomphe du Carrousel. En vérifiant cette information (car, pour moi, il s’agissait d’une copie de celui qui orne la porte principale de la basilique Saint-Marc à Venise, j’ai découvert l’histoire de ces statues de bronze.

Ci-dessus, on voit le quadrige dominant la place du Carrousel où passent Napoléon et ses troupes, en 1810.

Digital Foxing

Regardez de plus près… Pas d’aurige!

Et pour cause. L’aurige a été placé ensuite. Et devinez qui il représentait? Napoléon, bien sûr.

« La statue de Napoléon placé sur le char, fut retirée à la demande de l’empereur, puis, en 1815, le char et les deux statues furent enlevés (les statues seront conservées) et les chevaux furent récupérés par les Autrichiens qui les restituèrent à Venise. »

Je résume : on vole un quadrige à Venise, on le place sur l’arc de triomphe parisien; on place une statue de Napoléon sur le char, comme aurige. Ensuite, l’empereur fait retirer la statue. On démonte les deux « renommées » en fer et plomb qui encadrent le quadrige, que l’on rend ensuite aux Vénétiens, qui le placent sur Saint-Marc. Les renommées, elles, sont conservées.

Et, comme le sommet est « nu », que fait-on? On fait faire une autre statue. A qui? Au « premier sculpteur », bien sûr. Donc à Bosio. Vous me suivez? On place ce nouveau quadrige au sommet de l’arc, et on replace, quelques temps plus tard, les deux renommées qui avaient été mises de côté. Ce qui donne le groupe que l’on peut voir actuellement, dénommé « Le quadrige de la Paix ». Vous pouvez observer, ce n’est certainement pas Napoléon qui le conduit!

Laissons là Paris, et revenons à Monaco, où le buste du sculpteur nous accueille.

Et ce que vous voyez derrière, c’est le Pavillon Bosio, sujet (un instant) oublié de ce texte.

Voici comment l’établissement se présente sur son site officiel.

« Le Pavillon Bosio occupe depuis une vingtaine d’années une place particulière parmi les écoles d’art avec un enseignement spécialisé en art et scénographie. La scénographie, traditionnellement enseignée dans les écoles d’art appliqué ou dans les écoles d’architecture, est ici placée au coeur d’une pédagogie qui a vocation à former des artistes. Ce positionnement, unique en son genre, accompagne une tendance de fond, celle qui replace les artistes au coeur d’une multiplicité d’aventures collectives et dans une variété de rôles : scénographes, commissaires, metteur·euse·s en scène, réalisateur·rice·s, décorateur·rice·s… En pratique, cela signifie que les étudiant·e·s développent, d’une part, un travail personnel exposé et commenté au moment des galeries d’essai, des bilans, des Dna et des Dnsep et, d’autre part, qu’ielles participent chaque année à un ensemble de projets collectifs relatifs à la question de la scénographie. »

On pourrait s’attendre à ce que la scolarité soit hors de prix. Pas du tout! Le coût annuel est de 690 euros pour les Français-e-s (650 pour les Monégasques). Si vous voulez en savoir plus sur l’Ecole : https://pavillonbosio.com/admissions/concours

C’est effectivement une école très originale, et c’est cette politique spécifique qui a attirée mes jeunes amies. Elles y oeuvrent (c’est le cas de le dire!) dans une vaste salle ouverte sur la Méditerranée.

Dans la salle des « Première Année », des oeuvres en cours de conception, ou attendant d’être évaluées. Ci-dessous, celle d’Estelle Résigné, hélas en contrejour.

Elle crée notamment des « costumes » en matériaux divers, et imagine des scénographies avec ses collègues. L’Ecole présente peu les résultats de leurs travaux, mais en voici un en ligne. Ils sont extrêmement variés… J’ai rencontré une autre étudiante, qui travaille, pour sa part, à partir des pierres et bois « chahutés » par la crue de la Vésubie, car elle est originaire de Saint Martin. Une oeuvre, dans la cour, a été, elle détruite la nuit précédente par le vent. Elsa Mallet-Orlianges, sa conceptrice, m’a promis de m’envoyer une photo de l’installation initiale! Mais, à partir d’une recherche sur Internet à partir de son nom, vous pourrez voir des vidéos d’autres travaux.

L’environnement est calme, serein, loin de l’agitation de la ville, avec de jolies perspectives qui donneraient presque du charme à l’architecture affreuse.

Et j’ai pu constater l’effort fait pour laisser de la place à la nature, avec notamment une sorte d’ « arboretum » urbain : des panonceaux présentes les espèces, comme ce Brachychiton rupestris, qui a la particularité de retenir l’eau dans son tronc, ce qui lui permet de résister à la sécheresse, d’où son surnom d’ « arbre-bouteille ».

Ou encore ce Pin de Norfolk, qui, contrairement à ce que pourrait faire croire son nom, n’est pas un pin, et dont l’expansion racinaire est telle qu’il pourrait menacer des habitations environnantes (notons, soit dit en passant, qu’il jouxte le Ministère d’Etat, que vous apercevez derrière…

Un dernier regard pour la place devant ce Ministère, près duquel un passant se repose…

George Segal, 1984, Man on the bench

Un dernier regard sur la sirène de Bosio, et je quitte le havre de paix où le Pavillon Bosio permet à de jeunes talents de se développer…

Qui est le Magicien Dose?

Je discutais, lors d’un récent vernissage, avec un artiste qui avait exposé, voici presque deux ans, des photographies qui m’avaient marquées. Je ne lui avais jamais parlé de ce blog, mais, cette fois, je lui dis que j’avais écrit sur cette exposition si extra-ordinaire, dans tous les sens du terme. Or j’ai appris hier qu’il n’avait pas trouvé l’article en question. Donc, cette nuit, fouilles archéologiques sur ce blog… et je me suis aperçue que l’article en question était resté dans les cartons. Enfin, plutôt, dans les brouillons! Pour tout vous dire, j’ai publié ici plus de 500 textes, mais il en est plus de 50 qui n’ont pas été achevés, et autant qui sont restés à l’état de « photos » (dossiers de photos enregistrés dans un répertoire « blog/titre d’article », mais sans écrits!). J’ai d’ailleurs aussi retrouvé le texte sur l’abbaye de l’Epau, dont je parlais dernièrement avec un Manceau…

En cette période où j’ai moins de travail, je vais essayer de combler un peu ce retard. En l’occurrence, un peu long, le délai, car l’exposition en question avait eu lieu en 2022…

Il faut donc vous replacer à ce moment, lorsque nous sortions du « tunnel », de l’enfermement, et, pour certain-e-s, de la peur, pour d’autres, du fort risque d’addiction à l’alcool dû aux « apéros-corona » avec les voisin-e-s…

J’ai découvert, dans cette médiathèque qui avait enfin rouvert ses portes, une exposition hors-normes. Un de ces moments où l’on retrouve l’Humain. Le Vrai. Le Vécu. L’Authentique. Mais aussi le Beau. Mais aussi l’Humour.

Le titre, en helléniste même pas distinguée que je suis, m’a interpelée : ‘Pandemia ».

Certes, si l’on se réfère au Dictionnaire de l’Académie Française, le mot « pandémie » a bien pour origine étymologique « pan » (pas le Dieu, mais l’équivalent de « tout » en français » et « demos », alias « le peuple ».

« xviiie siècle. Composé à partir de pan‑ et du grec dêmos, « peuple », sur le modèle d’épidémie. »

Mais, que je sache, « pandemia » n’a jamais existé en grec ancien. C’est le titre d’un polar

C’est aussi la traduction en italien et espagnol de « pandémie »… L’artiste a donc déjà fait une pointe d’humour en choisissant ce titre, comme hérité de la langue morte… Mais le thème de l’exposition est bien plus profond. Car les photographies sont un témoignage rempli d’émotions et d’empathie. Elles m’ont beaucoup émues. Mais pas seulement moi, à en juger par les visages des personnes présentes… Voici le petit mot qui présentait l’ensemble.

Comme toujours, impossible de « rendre » la qualité des oeuvres photographiques par de mauvaises prises avec un Iphone de base. Cependant, je vous en livre quelques-unes, qui vous permettront, je l’espère, d’imaginer les « doublement originales ».

Je n’ai hélas pas gardé trace du titre de la première, mais celui de la seconde est très parlant : « Désert affectif. Pavillon Isabelle, Eu. 20 décembre 2020. » Témoignage d’un médecin, à quelques jours de ce qui aurait dû être la Fête de Noël… Autre témoignage, cet auto-portrait (hélas bien mal reproduit par mes soins!).

Un médecin qui ne manque ni de talent artistique ni d’humour, comme en témoigne la photo dont le titre a été repris dans cet article.

Deux ans plus tard, à Paris…

Emotion, rire, mais aussi Beauté. Le « kalos kagathos » dans son entièreté, comme aux temps glorieux de Delphes. Regardez cette magnifique photo, hélas un peu « trahie » par mon manque de matériel et de technique.

Un autre exemple du talent de l’artiste? Le voici, dans cette superbe vue des cabines de la plage, un an après, intitulée avec humour aussi « Ligne de fuite ». Car quand s’éloigne le spectre de la Pandémie, l’Art revient en force…

Je ne vais pas vous dévoiler toutes les photos, elles sont bien trop nombreuses comme le montre cette vue d’une partie de l’exposition.

Mais en voici deux qui m’ont aussi particulièrement plu, et vous emmèneront sur la Côte d’Albâtre…

Après Mers-les-Bains, Varengeville-sur-Mer et l’église dont le clocher continue de veiller sur la tombe de Braque et de notre amie artiste…

Alors, vous reprendrez bien une dose? de souvenirs, d’humour, d’émotion, de rire, de beauté? Mais au fait, qui est le Magicien ?

Art et Nature

Nous voici maintenant dans les jardins du musée d’Issoudun, aperçus depuis l’Hospice Saint Roch. Des oeuvres résolument « modernes », avec une scénographie savamment réfléchie. Approchons-nous du « soleil » déjà présenté dans l’article précédent…

En réalité, deux « soleils », qui offrent en ombres comme un cadran multiple…

Est-ce Icare qui fonce, perché sur un Bucéphale échevelé, vers l’Astre dédoublé?

Nuages, nature plus ou moins travaillée, édifices anciens ou modernes participent de la production d’oeuvres éphémères autour d’autres plus durables.

L’eau coule… courant libre dans la rivière parallèle, qui aurait inspiré Monet…

… flot en circuit fermé dans une oeuvre colorée, devant laquelle je serais restée des heures, tant elle offre d’éphémères tableaux…

Difficile à saisir en photographie! Mais au moins j’ai tenté!

Je ne vais pas tout vous présenter… Il faut que vous ayez envie de découvrir par vous-même, n’est-ce pas? Mais je ne voudrais pas arrêter sans montrer au moins une image d’une oeuvre que j’ai particulièrement appréciée par son ingéniosité, son audace et les discours que l’on pourrait broder autour…