Le Musée d’Orsay sans la foule : Van Gogh à Auvers (1). Les dessins.

Je viens de découvrir que l’on pouvait échapper à la foule qui envahit trop souvent le Musée d’Orsay. Comment? Tout simplement en profitant d’un avantage de la carte d’abonnement Orsay / Orangerie, qui permet d’entrer dès 9h, une demi-heure avant l’ouverture du musée. Certes, on a l’impression qu’il n’y a que des vieux / vieilles sur terre, mais au moins on est tranquille pour voir une exposition aussi attirante que Van Gogh à Auvers-sur-Oise.

J’avais pourtant hésité à aller la voir, tant j’ai vu et admiré de tableaux de ce peintre, dans tant de musées. Dont la belle exposition que je vous ai relatée dans ce blog, voici quelques temps… Heureusement que je me suis laissé convaincre à y aller! J’ai découvert des oeuvres… Eh oui, encore! Et l’émotion suscitée par ce parcours dans les derniers mois de l’artiste perdure en l’évoquant aujourd’hui, trois semaines après l’avoir vue. Eh oui, cela fait 23 jours que j’y suis allée, et 19 que j’ai commencé cet article, puis cessé d’écrire sur ce blog. La déprime de fin d’année. Je déteste cette période de fêtes « obligées », ce moment des obligations sans fin… Impossible de « se » retrouver, de « s’y » retrouver. Et donc, pour moi, d’écrire! Mais revenons à notre sujet, au lieu de continuer à pleurer sur ce qui est enfin terminé. Car ça y est, on a changé d’année! Ouf!

Qu’ai-je découvert? D’abord, les dessins. J’ignorais cette autre face du génial créateur.

Le rendu du travail des paysan-ne-s, par exemple, est saisissant. Qu’il s’agisse de scènes de groupe, comme celles qui suivent…

A traits plus ou moins fins ou grossiers…

Ou que ce soit le geste qui l’intéresse plus précisément, comme celui du faucheur…

Changement de focale pour le situer en contexte…

Car l’inerte l’intéresse aussi, par exemple les maisons. Mais ce n’est jamais totalement inerte, en réalité…

Les dessins précèdent la peinture. Vous avez pu reconnaître des tableaux dans ceux qui précèdent. Voici un exemple : les bottes de foin. Comme des sorcières dissimulées ou des fantômes agités…

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je trouve le dessin plus « puissant » émotionnellement que la peinture. Inattendu, non ?

Bien sûr, on trouve aussi des portraits, comme celui du Docteur Gachet qui l’a suivi à Auvers-sur-Oise.

Certaines oeuvres sont un peu colorées. Juste ce qu’il faut pour « rendre » sa lumière au ciel…

Van Gogh « croquait » ce qu’il voyait dans un petit carnet de cuir visible dans une des salles centrales de l’exposition. Inattendue, cette scène d’un café ou d’un magasin…

Jusque dans ses écrits les dessins s’insinuent.

Et parfois dans d’autres dessins. Regardez bien en bas de ce dernier, au centre. Vous y verrez une esquisse de la chambre du peintre.

L’art du détour. Episode 3

Petit rappel pour celles et ceux qui n’auraient pas suivi les précédents épisodes… Retour aéroport – Villa : en temps normal, une vingtaine de minutes. Mais recherche de terreau pour agrumes servant de prétexte, je me retrouve d’abord dans un vallon, puis à Bellet, et enfin dans une vieille famille nissarte qui cultive les agrumes. Nous en étions au moment où je regagnais la Vallée du Var par une petite route de montagne. Autrement dit, où je me dirigeais vers l’ouest alors que ma Villa est plein est…Descente donc vers la vallée du Var, un Var qui est resté étonnamment en eau cet été, alors qu’on parlait de sècheresse! Passage devant le centre commercial… J’oublie de m’arrêter pour faire le plein, un des objectifs du détour! Car à l’ouest de Nice le carburant coût en moyenne 20 centimes de moins que de l’autre côté… Arrivée dans le coin des jardineries et entreprises d’horticulture, je m’aperçois que midi est passé depuis un bon moment. Or, ici, tout ferme entre 12 ou 12.30 et au moins 14 heures! Soleil oblige!

Une idée alors : pourquoi ne pas aller déjeuner « Chez Michel », à Castagniers? Je ne suis pas bien loin de ce village perché où l’enseigne existe depuis le début du XXème siècle et où m’entraînait autrefois une famille nissarde qui, comme les autres, allait, le dimanche midi, y faire ripaille. Direction donc Castagniers. Petite grimpette en lacet, et le tour est joué. Il y a de la place pour stationner, contrairement à la dernière fois que j’y suis venue!

L’auberge est toujours là, dominant la vallée, avec sa jolie terrasse devant l’église du village.

Un accueil souriant par un jeune couple, qui se relaiera pour nous servir. Les parasols sont agréables par cette chaleur, et j’adore déjeuner près de l’eau. Ici, une fontaine surmontée d’une étonnante statue.

L’ardoise est alléchante, et je choisis de déguster des gnocchis aux girolles. Un régal!

Accompagnés d’un vin du Var, car, comme je le disais dans le précédent article, le vin de Bellet est trop coûteux, ces petites auberges ne le servent pas. Des mignardises sont proposées en entrée, et il fait bon déjeuner tranquillement après le trajet Paris -Orly dans un bus surpeuplé, le vol Paris -Nice dans un avion sentant les produits chimiques, la route aéroport – Boulevard de la Madeleine – Chemin du Génie – Route de Bellet – Vallée du Var – Catagniers! Un peu de répit bien mérité, non? Bref, le temps a passé, et 14h sonnent à l’église. Un petit café? Oui, bien sûr. Quand j’ai enfin le courage de me lever de mon siège, c’est pour une petite promenade dans le village.

Un dernier regard sur l’auberge…

En face, la Mairie, joliment décorée d’une peinture abstraite.

La petite placette qui la jouxte est, elle, ornée d’une charrette fleurie, qui me rappelle les charrettes des marchandes de fleurs du Cours Saleya, naguère.

Comme, hélas, dans la plupart des villages français, on croise peu d’habitant-e-s. Mais leurs demeures font des clins d’oeil.

Ici une piscine avec vue imprenable sur les montagnes… Là, le rouge des statues animalières attire le regard…

Beaucoup d’oliviers, et je constate que la récolte doit être proche, quelle que soit la couleur du fruit.

Plus de 15 heures maintenant… les magasins sont ouverts, mais l’envie de plage est plus forte ! Pas de redescente, donc, vers la Vallée du Var. Direction : l’est. En passant par Tourrette-Levens, autre village perché que j’aime beaucoup. Et voilà comment, de 20 minutes envisagées, le trajet de retour de l’aéroport a occupé 6 heures de la journée. Comment aussi je suis rentrée avec un réservoir quasi-vide, et sans le terreau pour nourrir mes citronniers. Mais que de beaux et bons souvenirs!

A travers les massifs centraux…

Après une belle nuit à écouter le murmure du Courançon, dont je viens d’apprendre que le véritable nom de cet affluent de la Couze Chambon est le « Fredet », départ vers Nice… destination du jour, obligations urgentes. Mais on ne se refait pas, et la grande majorité du trajet se fera tranquillement. Certes, malgré l’envie, pas de pause à Murol, dont le château est encore plus impressionnant en contrejour.


Mais un arrêt « pélerinage », encore, au lac Pavin avant qu’il ne soit pris d’assaut par les touristes. Mes parents nous y emmenaient souvent, et j’ai toujours apprécié son cadre si particulier de cratère, et la couleur incroyablement vert/bleu de ses eaux. Hélas, les nuages obscurcissent ciel et onde…

Puis poursuite de la route parmi les contreforts verdoyants des monts d’Auvergne, qui jouent avec les nuages.

Petit bout de Cantal, petit bout de Lozère, et maintenant les Cévennes. Encore un coin que j’aime beaucoup. La recherche d’auberge conduit… à des menhirs !

Je commence à marcher dans le vent qui adoucit la température, mais m’aperçoit qu’il faut deux heures pour faire ce circuit. Il faut donc renoncer, et redescendre vers la vallée du Tarn et Florac. J’ai repéré sur Internet l’Auberge cévenole. Et elle vaut le léger détour par le Prunet. Une patronne accueillante, des tables disposées sur les petites terrasses, parfois en léger dévers, et le long de l’auberge elle-même.

Voici quelques photos prises de ma place.

Je vous recommande particulièrement l’aligot, mais les autres plats, aux dires des client-e-s, sont apparemment tous aussi bons. Et les desserts, non négligeables!

La lumière jour avec le verre, et j’en profite pour saisir quelques instantanés, dont voici un exemple.

L’intérieur est simple et chaleureux.

Il y a même le petit cochon pour recueillir les pourboires… bien mérités, notamment, par une jeune serveuse pleine de dynamisme et d’humour, bien peu « classique »!

Les échanges avec la « patronne » nous apprennent que le cuisinier n’est autre que son propre fils. Le travail se fait donc en famille!

Ayant vu passer une famille en maillot de bains, sur le chemin qui sépare l’auberge des terrasses, je demande s’il est possible de se baigner dans le coin. On nous explique que oui, il y a une plage juste à côté. Direction donc l’eau… pas question d’une baignade, mais au moins se tremper les jambes, cela fera du bien! Une petite marche dans le hameau montre qu’il recèle des surprises.

Enfin les bords de la rivière… un petit pont à traverser, et me voici dans l’onde fraîche…

Retour vers l’auberge, car la voiture est à l’ombre, sur le parking privé… D’autres surprises attendent la badaude…

Bref, un hameau où il fait visiblement bon vivre, et qui ne déborde pas de touristes…

Visite interrompue par l’heure… il reste encore quelques kilomètres pour arriver à Nice, où nous attend le Gesu… mais c’est une autre histoire…

Une auberge accueillante

Cela faisait longtemps que je n’étais revenue dans ma région natale. Mais l’approche de la Toussaint m’a poussée à y retourner. Une fois le devoir accompli, c’est le moment de profiter de cette si jolie contrée qu’est le Nord, et notamment de la magnifique forêt de Mormal. Il y a au fin fond de celle-ci, dans le petit village de Locquignol, une petite auberge où j’aimais venir jadis. « Chez Mado ». Que de bons souvenirs de repas amicaux et familiaux! Existe-t-elle encore? Vite, un appel. Echec. Je m’apprête à me résigner mais, tenace, essaie à nouveau. Et cette fois, réponse. Oui, c’est ouvert. Oui, je peux venir y déjeuner. Quelle que soit l’heure? C’est encore un « oui » aimable. Me voici donc sur la route qui serpente parmi les prairies d’un vert printanier malgré la saison, puis entre les hautes futaies.

L’auberge est toujours là, au bord de la route, avec sa terrasse bien ensoleillée… Et il y reste une table, dans un coin tranquille.

Ici, pas de chichis ni de nappes damassées. De jolies toiles cirées vertes et des sets rappelant les beautés de l’Avesnois.

L’accueil est toujours aussi chaleureux, malgré le départ du « patron » qui était si souriant et gentil, et la flamiche toujours aussi bonne. Une excellente flamiche au Maroilles – normal, le village éponyme n’est pas loin! Une pâte très légère, tendre à souhait. Et autant de fromage que l’on espère y trouver… Car ici, point de carte aux plats tellement multiples qu’on se demande comment ils pourraient être frais. Non, on vient ici pour manger la flamiche. Agrémentée de salade, aux légumes de saison poussés dans le jardin ou dans une ferme voisine. En ce moment, des chicons. Vous ne connaissez pas? Mais si! Vous les nommez sans doute « endives ». Et puis, un délicieux dessert fait maison. Le tout accompagné de bière ou de cidre du coin, sauf si vous préférez d’autres boissons. Et, pour finir, un verre de Fleur de Bière.

Une véritable auberge, où l’on se sent bien. La nature est omniprésente, dans l’assiette comme autour de nous. Les lieux transmettent le lien avec les générations précédente. Car au siècle dernier, c’était un bar tenu par la grand-mère de notre hôtesse. Et il n’est pas rare d’y voir une ribambelle de gamins et gamines : elle m’a annoncée la naissance de son dixième petit-enfant! Et toute la famille vit dans les environs. Quant à la clientèle, elle est souvent très sympathique, parfois essentiellement composée de cyclistes et de randonneurs/euses. Ce midi, un couple racontait qu’il venait ici tous les six mois environ, depuis son lieu de résidence éloigné, pour se ressourcer. Un autre couple, avec une petite fille, profitait tranquillement du soleil. Une fois le repas terminé, la jeune femme a desservi sa table. Elle avait compris que l’aubergiste, seule en ce dimanche de vacances scolaires, était fatiguée. Un troisième couple engagea la conversation avec moi alors que je desservais aussi, pensant que j’étais employée. Tous deux médecins généralistes des environs de Lille, venu-e-s se mettre au vert et profiter de la forêt. Nous avons longuement échangé sur leurs conditions de travail et les difficultés qu’il et elle rencontraient. Bref, un lieu de convivialité, d’échanges et de partage. Simplicité, authenticité, générosité et douceur de vivre… Que demander de mieux ? Cela mérite bien un détour, n’est-ce pas?

L’aubergerie Del Campo

Je pense avoir déjà écrit sur cet endroit hors du monde et du temps, où l’on est accueilli-e par un hôte exceptionnel. Qu’à cela ne tienne, je réitère, car vraiment toute visite en ces lieux demeure inoubliable. Il s’agissait en l’occurrence de le faire découvrir à un ami qui n’y était jamais allé, tout en prenant l’air frais de la montagne, par ce chaud dimanche de juillet… Direction donc Utelle, plus exactement la route grimpant de Saint Jean de la Rivière à la Madone d’Utelle (un autre de mes lieux de prédilection), dans l’arrière-pays niçois. A l’aller, route basse de la Vallée de la Vésubie, au retour, route haute passant par Duranus et Levens.

On se stationne sur deux petits parkings aménagés en terrasse au-dessus de la vallée, et l’on redescend un peu à pied, en longeant une exposition inattendue…

Il faut ensuite franchir un portique engageant, pour s’engager dans le petit chemin qui serpente jusqu’à l’entrée, située bien en contrebas… ce qui amène à penser « Comment remonter après un bon repas bien arrosé, par un tel soleil? »

Toutes sortes d’objets font revivre un passé plus ou moins lointain à celui ou celle qui chemine…

Accueil d’abord par le chien, puis par le Maître des lieux, Sylvain Moreau. Petite déception : ce n’est pas vers la superbe terrasse (encore plus en contrebas, mais avec vue imprenable sur la Vésubie) qu’il nous emmène, mais vers la salle à manger. Cette déception ne dure pas : je réalise vite que nous serons beaucoup mieux dans cet espace chargé d’histoire, bien calme, mais aussi très aéré, avec vue sur la cascade et le Vallon de l’Imberguet.

Le Maître de Céans explique l’histoire de ces bâtiments (trois, exactement) qui constituent l’Aubergerie. Deux d’entre eux ont été reliés par ce qui constitue maintenant l’entrée.

Au fond à gauche, la porte d’entrée. La photo au mur représente le bâtiment désormais relié à celui-ci
Qu’il doit être agréable de dîner au coin de cette cheminée l’hiver!
Déjeuner surveillé par des yeux de guêpe (ou d’abeille?)

Pourquoi « aubergerie »? Le terme existe bien dans notre langue, comme l’atteste le CNTRL.

« Néol. d’aut.Faire aubergerie. Utiliser en guise d’auberge.

… − et si de ce lot de palmiers j’ai fait repos et aubergerie pour les caravanes − alors te voilà qui t’y reconnais dans ta maison. Saint-Exupéry, Citadelle,1944, p. 897.

ÉTYMOL. ET HIST. − 1944, supra. Dér. de auberger*; suff. -erie*; les formes d’a. fr. abergerie, habergerie, harbergerie « habitation » (fin xiie-xiiies. ds T.-L.) sont dérivées du verbe a. fr. arbergier, v. auberge; la forme haubergerie « logement » hapax de 1507 (Lemaire de Belges ds Hug.) est peut-être dér. de auberge, mais plus vraisemblablement une altération de he(r)bergerie d’apr. les formes méridionales en au-. L’a. fr. herbergerie « habitation » (2emoitié xiies., Moniage Guillaume ds T.-L.) est dér. de l’a. fr. herbergier (héberger*).« 

Quand on a un peu fréquenté l’aubergiste, on sait qu’il aime les jeux de mots. Quel bel exemple « auberge » et « bergerie » ainsi reliés, n’est-ce pas?

Avant le repas, la coutume consiste à déguster deux apéritifs maison : vin d’orange et vin de citron. Personnellement, j’aime les deux, mais j’avoue un faible pour le second, dont je prends ensuite bien volontiers un verre complet. Et je ramènerai à la maison une bouteille… de chaque!

Puis choix des mets dans un menu varié. Parmi ceux-ci, le célèbre « crespeou ». Des omelettes à toutes sortes de légumes, accumulées dans un plat rond; après réfrigération au moins d’une nuit, on démoule à l’envers et on sert en quartiers. En voici une tranche, couchée, servie avec sa sauce, et auquel le Chef a ajouté un morceau de sa délicieuse terrine.

Pour ma part, j’ai opté pour une entrée plus légère, un brick au chèvre…

Tout est dans le détail : les herbes fraîches aux parfums subtils, les merises traitées comme des cornichons, les petites olives de Nice… sans oublier le radis croquant à souhait, la salade juste assaisonnée et les tomates au goût fruité…

Pour plat principal, j’ai choisi la truite du Cians, rivière d’une vallée voisine.

Et, au dessert, mon hôte a gentiment accepté de me faire apprécier deux desserts : le gâteau meringué au citron, un vrai délice! et la crème brûlée aux framboises cueillies chez la voisine, tout aussi excellente! Au point que je me suis précipitée pour les déguster, et que la photo ne montre que ce qu’il restait quand j’ai pensé à la faire!

Pas d’esbroufe pour les vins. Un Côte du Rhône simple mais très bon, ouvert délicatement avec un tire-bouchon bi-lame.

La seconde bouteille sera, elle, ouverte avec ce magnifique limonadier, dont j’ai découvert sur le net qu’il date de la fin du XIXème siècle.

Un petit café et, bien sûr, les merises à l’eau de vie pour parfaire ce qui était déjà bien parfait…

Car je n’ai pas pu vous rendre compte de tout ce qui a constitué l’atmosphère si particulière et enchanteresse de ce qui fut un partage, loin de la « consommation » (dont Sylvain prend un malin plaisir à détacher la première syllabe, comme il le fait pour raconter comment il demandait aux Dames leur QR code… Depuis le poivre présenté dans un moulin à café ayant bien vécu, jusqu’aux anecdotes narrées par l’hôte, tout est pensé, préparé ou improvisé pour que chacun-e passe ici un moment hors de l’agitation et près de la Nature…

Une auberge solognote

Le nom de l’auberge ne m’inspirait que de la crainte… « Fusil » n’est déjà pas très gai… « Vieux Fusil » évoquait pour moi un film horriblement triste, bien que j’aime beaucoup son acteur principal, Philippe Noiret. Et « coup de fusil » fait penser à des additions très salées… Bref, tout cela n’est pas très engageant. Je regrette d’avoir oublié de demander aux propriétaires pourquoi ils ont choisi cette enseigne plutôt repoussante qu’attirante.

Déception : le groupe n’est pas reçu sur la terrasse au milieu des vignes, comme je l’espérais. Nous devrons nous contenter d’un intérieur un peu terne (genre « Homestaging »), rehaussé seulement par une décoration inattendue : de vieilles culottes pendues sur une corde à linge.

La terrasse convoitée mais inaccessible pour le groupe

Le repas est fin, et j’apprécie particulièrement l’entrée et le dessert. Les asperges sont délicieuses, et la sauce, originale et légère.

Pas de choix de menu, nous devons nous contenter de ce que l’on nous sert au pas de course, car nous sommes arrivés trop tard à leur goût, visiblement. J’apprécie cependant le dessert aux fraises…

Pour accompagner ce repas, un vin de Touraine, bien sûr. Qui m’apprend qu’il y a d’autres vignerons à Soings.

Bien sûr, j’ai cherché à savoir ce qu’était le « rin du bois ». Voici l’explication apportée sur le site du domaine :

« Le nom « Rin du Bois » vient d’une déformation de prononciation, en patois Solognot, de « l’orée du bois. »

Une image empruntée à la page Facebook de Pascal Jousselin explicite le nom…

Le vin proposé est présenté en ces termes sur la « boutique » du domaine.

« Cuvée à l’Ancienne (2012)

Vin rouge de cépage Cabernet franc. Sa robe violacée, presque noire, richement fruitée, offre un vin puissant, riche et concentré.

A déguster dans les 10 ans et plus. »

Inutile de vous dire que cela ne fait pas partie de mes vins préférés…

Bref, vous l’aurez compris, une belle petite adresse, avec une cuisine de qualité certaine, mais ce n’est pas le summum pour le rapport qualité / prix (beaucoup ont été déçus par la cuisson de la viande), et l’accueil n’y a pas été fantastique. Peut-être à essayer « hors groupe »? En tout cas, la terrasse est tentante, la carte également… Vous la trouverez ici

Des chambres et roulottes sont également disponibles à cette adresse, visiblement moins onéreuses qu’on ne pourrait s’y attendre. A tenter?

Une petite auberge abandonnée

Ce sera le dernier article consacré à la forêt de Meudon… tout au moins pour l’instant, car vous avez bien compris, si vous commencez à me connaître, que je reviendrai vous parler des autres étangs et sources… Il est aussi un autre lieu que je me suis promis de venir revoir : le hangar Y.

Pour l’instant, on ne peut pas le visiter, sauf parfois lors des journées du Patrimoine. 70 mètres de long, 24 de large et 26 de hauteur, on ne peut pas ne pas le voir lorsque l’on arrive du côté des étangs de Chalais et Trivaux! Voici ce qu’en dit le site « Culture et Patrimoine » : « Cette œuvre unique et intemporelle construite à partir des portiques métalliques provenant de la “galerie des machines” de l’Exposition Universelle de 1878 conçus par Henri de Dion, fut le hangar à dirigeables depuis lequel le ballon La France effectua le premier vol en circuit fermé au monde. » La ville de Meudon en a fait un projet phare, qu’elle présente sur son site avec une vidéo sans texte, qui le décrit longuement (4’43!). Il devait, en 2020, devenir « un futur lieu événementiel dédié à la science ». Mais je n’en dis pas plus ce jour, ce sera l’objet d’une autre visite, et d’un autre article.

Car mon objet, ce jour, est une petite auberge abandonnée, comme vous avez pu le voir en titre… A la croisée des chemins et entre les deux étangs dont je traitais récemment, elle a un air de chien abandonné, et une allure de chaumière désertée.

Pourtant, elle est la trace d’une vie conviviale, avec des pêcheurs, des couples bourgeois ou bobos venus s’encanailler ou des familles profitant de l’atmosphère sylvestre aux beaux jours.

Comme vous pouvez le voir, la vitrine est couverte de documents, dont quelques photos d’autrefois.

Il n’y a pas si longtemps qu’elle est fermée, cette auberge. J’ai trouvé un article en ligne qui en parle de manière dithyrambique.

« Entre le lac et la forêt de Meudon, se cache un petit cabanon vert… Les fenêtres sont embuées par le poêle allumé et la cuisson du poulet rôti, entrez… Vous êtes Au Rendez-vous des Pêcheurs, un restaurant familial, tenue depuis 20 ans par une adorable mère et sa fille.

La cuisine est généreuse, les prix doux, et l’accueil kids friendly. La charmante gérante, elle-même grand mère, est tout simplement adorable et amicale avec les enfants. Envie d’un déjeuner au vert en famille ? N’hésitez plus….« 

Libération avait publié un article sur ce restaurant en 2015, reprenant le titre du texte ci-dessus, dont voici le début :

« Si vous n’avez pas peur du loup, enfoncez-vous dans le bois de Meudon un samedi soir pour savourer un dîner aux chandelles dans une cabane de pêcheurs. »

Voilà qui donne envie, n’est-ce pas, d’un vrai dépaysement à 15 minutes du « périph »!

Le dernier des avis pour la plupart très positifs sur TripAdvisor date de mars 2020. Un an seulement, donc. Est-ce la crise qui en a eu raison, comme de beaucoup d’établissements de petite taille?

Vue de derrière, sur le chemin menant au Tapis Vert et à l’étang de La Garenne

Toujours est-il qu’on n’a qu’une envie : de la voir revivre… et surtout, « dans son jus »…