Les plus beaux Ave Maria

Le titre du spectacle m’avait interpellée. Pourquoi vouloir comparer des airs qui sont incomparables?

Néanmoins, comme ce sont des airs qui, pour la plupart, me « transportent », et qu’en outre je ne connais pas le lieu qui accueille chanteuse et organiste, me voici en ce dimanche de novembre parmi la centaine d’auditeurs/trices sur les bancs modernes de Notre Dame de la Salette.

L’église est étonnante : au lieu de la forme classique, c’est une sorte de choeur absolu, avec une hauteur étonnante et une forme originale. Les vitraux augmentent cette impression d’élévation, avec leur forme rectangulaire dont la hauteur est extrême, comparée à leur étroitesse. Ils sont disposés de manière symétrique autour de l’axe autel / porte d’entrée principale. L’orgue, lui, est disposé non face à l’autel, mais sur l’axe perpendiculaire, totalement à gauche, face à l’entrée secondaire. Ce qui donne un plan lui aussi tout à fait original. Mais vaut aux spectateurs/trices de risquer le torticolis car, bien évidemment, les bancs, eux, sont placés face à l’autel!

Comme toujours, je voulais placer dans cet article des photos prises en ces lieux. Mais Mystère… Elles ont toutes disparu! Aucune photo du 13 novembre n’est visible sur mon téléphone, pas plus que sur ICloud. Que s’est-il passé? Une disparition, et non l’Apparition!

Donc, si vous souhaitez comprendre ce que j’expliquais concernant cette église, rendez-vous sur ce site ou cet autre, pour l’orgue.

Mais revenons au concert…

La soprano Corinne Fructus a une voix admirable et m’a séduite tout au long du récital. J’aurais voulu vous la faire entendre, mais je ne trouve aucune vidéo valable sur Internet. Pourquoi??? Quant à l’organiste, il est également chanteur, ce qui n’a pas facilité sa tâche car il tournait le dos au public en chantant. Je me suis d’ailleurs demandé pendant un bon moment où pouvait être le chanteur, avant de réaliser qu’il n’était autre que le musicien! David Lauer est tout aussi discret que sa collègue sur les réseaux. Il vient, comme elle, de la région toulousaine.

Quant au programme, il est fort riche, alliant les Salve Regina aux Ave Maria, avec des intermèdes instrumentaux. Que vous dire, sinon d’écouter, encore et encore, ces remarquables chants, que vous soyez ou non adeptes de la religion catholique. Un palmarès? Pour moi, incontestablement, Gounod reste le summum… Surtout par Barbara Hendricks… des frissons garantis à chaque fois que je l’écoute! J’aime moins la version masculine de Pavarotti… Mais avec Gautier Capuçon, quelle merveille!

Mais je ne sais pas si je ne préfère pas celui de Caccini plus intime? Vous pourrez écouter la version pour choeur ici et son interprétation par une soprano là.

Juste derrière, pour moi, l’oeuvre de Schubert. On se souvient de l’interprétation de Jessye Norman… Saviez-vous qu’elle avait été chantée devant le pape en 1979 par Pavarotti? Et la voici en araméen. Très beau, également…

N’oublions pas Bach, bien sûr! Ni la Callas

Et, pour les adeptes de chants grégoriens, il en existe aussi toute une variété : ici ou , par exemple.

J’espère que vous éprouverez autant d’émotion que moi en écoutant tous ces airs, et les autres que vous trouverez sur le net ou ailleurs (revenez à l’affiche, cela vous donnera des idées…).

La musique comme lien

Aquarelle inspirée par la musique, Vassiaa

« Les amis de mes amis sont mes amis »… Nous avons toutes et tous entendu cela, à un moment de notre vie… En ces temps d’enfermement collectif, c’est plus vrai que jamais. On voit ressurgir la figure des « collabo », dénonciateurs de tout poil ou faiseurs de fric sur le dos des autres, mais aussi celle des « résistants », aux réseaux souterrains plus forts que tout. Temps de « guerre »… enfin, c’est ce que l’On dit…

Mais il est vrai que des réseaux sont en train de se tisser réellement, bien que « virtuels », selon l’expression consacrée. Et, parmi ceux-ci, la musique est un des « fils » invisibles mais efficaces. J’en ai encore eu plusieurs exemples en cet après-midi de dimanche…

D’abord, les artistes qui nous offrent spontanément leurs productions. Pour ce qui me concerne, je ne rate pas un rendez-vous de Mathieu Salama, à 16 h. Un régal en cet après-midi gris d’avril! Quand j’ai le temps, j’enchaîne avec L’organiste Frédéric Deschamps… Il joue sur des orgues virtuels, différents à chaque fois. La semaine dernière, c’était l’orgue classique de Rotterdam. Cette semaine, suite au choix des auditeurs/trices, c’est celui de Saint Omer (1867) qui est exploité… depuis Albi où se situe le jeune musicien. Musique romantique aujourd’hui… et dimanche prochain, il promet de nous emmener « en Italie ». A écouter donc…

En dehors de ces « cadeaux » d’artistes, une mise en réseau par des amis. L’un, Steven Decraene, chef d’orchestre, m’envoie des liens vers ce qu’il produit lui-même en ligne, mais aussi sur ce que son frère met en ligne. Un autre, depuis l’Allemagne, me parle d’une de ses amies, Claire Lefilliâtre… On trouve de nombreuses interprétations de cette soprano spécialisée dans le baroque sur le net, et notamment pas mal de podcasts sur France Musique.

Ce matin, c’est un ami bourguignon qui me faisait part de son plaisir à écouter Bach sur France Musique, dans une émission inédite du Bach du dimanche….
Bref, la musique nous relie… c’est un vrai bonheur partagé… N’hésitez pas à donner vos pistes, pour que je les transmette à mon tour aux autres…

Je repense avec nostalgie à la dernière performance peinture / musique à laquelle j’ai assisté un dimanche après-midi au Ground Control… Dire que je n’ai pas trouvé le temps d’écrire cet article…

Petites histoires sur des partitions de musique, un régal…
La Boite verte

Luthinons…

France Musique diffuse en ce moment des oeuvres interprétées au luth, actuellement Tombeau sur la mort de Monsieur Cajetan baron d’Hartig – par un artiste dont il était difficile de trouver les disques… et je viens partager avec vous ce moment, car la pureté des sons me plaît beaucoup.
Je suis donc allée voir sur le net si je trouvais un peu plus d’informations sur ce musicien.

Il n’est pas que luthiste…

« Konrad Junghänel (27 février 1953) est un luthiste et chef d’orchestre allemand, spécialisé dans le domaine de l’interprétation historiquement informée et le fondateur et directeur de l’ensemble vocal Cantus Cölln. » (Wikipedia)

Double carrière, donc, pour ce musicien.

Il est possible de l’entendre jouer du luth sur quelques vidéos en ligne comme ces airs de Musique du 18ème siècle. L’artiste est visiblement spécialiste de Bach et de Weiss.

Interior 1, Hendrick Martensz Sorgh (1661)
A l’extérieur : Amsterdam

Mais je dois avouer que j’ai été particulièrement émue par des airs joués et chantés sous sa direction : la Missa Alleluja à 36 voix de Heinrich Biber

Pas facile de le voir en ligne. Sur cette vidéo, il dirige Cantus Cölln sur un air de Bach, sur celle-ci, le Schwetzinger Orchesterakademie sur la Symphonie 25 G de Mozart… Mais je ne suis pas parvenue à trouver d’enregistrement où on le voit jouer du luth… Si vous en découvrez, partagez, merci!

Pour terminer, mais non achever (je sais que je reviendrai au luth ou au oud), un site qui présente une belle iconographie du luth, « l’instrument de la volupté« .

Caravaggio, vers 1600