Comment, pour une association dont l’objet est justement de préserver le Patrimoine maritime, ne pas participer aux Journées destinées à maintenir la mémoire de nos régions? Elle était donc bien présente en ce week-end des 19 et 20 septembre, à la fois sur le port de Saint-Jean-de-Luz et sur celui de Socoa, où jusqu’à présent elle dispose d’un chai (hélas sans doute plus pour longtemps…) pour y abriter ce qui pourrait largement meubler un musée destiné à retracer l’histoire des ports et des marins du coin…



Jugez-en plutôt! Pas moins de 6 bateaux reconstitués ou entretenus, baleinier, xalupa, batel, etc… Les deux que vous voyez ci-dessus ont été sortis de l’eau pour la circonstance car, comme le Brokoa, ils naviguent pour le plus grand plaisir des membres et de leurs invité-e-s. Je vous présente donc l’Itsas Begia, éponyme de l’association.

Vous pouvez voir naviguer le batelleku quadragénaire ici, à Pasaïa en 2026, ou encore sur Wikipedia. C’était il y a 20 ans!
Son petit voisin est le canot Louis Auguste. A l’intérieur, trois embarcations en exposition… D’abord, le Guilherme, une fière baleinière classée Monument Historique.



La fiche ci-dessus est extraite de la base Palissy.
Près d’elle, deux petits frères…

En bas, l’Ago Lo.

Il est présenté en ces termes par la DRAC de la Nouvelle-Aquitaine.

« Ce batteleku Ago Lo retrouvé dans la vase du port de Socoa fut construit à Socoa en 1948 au chantier naval Ortiz-Ordoqui. Conçu pour l’aviron en priorité, sa coque est d’une rare finesse. Les autres, en général construits pour la navigation à la voile, avaient une coque plus large. Restauré par Jean-Pierre Laquèche aidé par les frères Ordoqui, un moule précis en est tiré qui sert à en réaliser une petite série dès la fin des années 1980 par le chantier Ordoqui et le chantier Marin[5]. Ago Lo est le père de la lignée actuelle. » (Wikipédia)
Au-dessus de lui, le Martina.

Triste spectacle que ce bateau en pièces détachées, plus ou moins abîmées…

Ayant appris son nom, le « Marinela », j’ai cherché à savoir à quoi il ressemblait… Le voici, selon l’inventaire du patrimoine, ce thonier-sardinier en si piteux état.

Né en 1955, il avait été classé, mais a été déclassé en 2002.

« Construit à Ciboure-Socoa par le chantier naval Hiribaren Frères et lancé le 28 décembre 1955. Bâteau classé en date du 6 septembre 1993. Vu les arrêtés en date du 7 juin 2002 pour le classement des bateaux Aïrosa et Patchiku à Saint-Jean-de-Luz et considérant l’important état de dégradation du Marinela, il est déclassé le 7 juin 2002. »
Un autre bateau conservé dans ce local a été incendié par malveillance hélas. Je n’ai pas pu voir tous les objets qui permettent de retracer les activités des marins et des autres acteurs et actrices autour de la navigation et de la pêche, car le local est trop exigu pour qu’ils puissent être exposés. Mais en voici quelques-uns, saisis là où ils se trouvent, ce qui explique parfois les erreurs de cadrage. D’abord, un coffre que l’on lançait aux marins tombés à l’eau, pour qu’ils puissent s’y accrocher… Puis une bouée de sauvetage…


J’ai apprécié pour diverses raisons les objets qui suivent…


… y compris ces bottes faites avec du caoutchouc. Elles m’ont rappelé les chaussures faites en Guinée à partir de chambres à air!

Nous avons donc accueilli des visiteurs de diverses régions de France et d’Espagne, et j’ai même eu le plaisir d’échanger avec un apiculteur du Cantal sur la qualité des bois!

Pendant ce temps-là, d’autres adhérent-e-s recevaient également beaucoup de visites, sous un barnum blanc malheureusement un peu exigu, non loin de la Grillerie du port de Donibane-Lohizune.





Laurent Etchandy, le président, avait préparé une scénographie autour de la construction des bateaux, et il paraît (je n’ai malheureusement pas pu y assister) que c’était passionnant.





Un peu plus loin, l’équipage du Brokoa, dont parle l’article ci-dessus, emmenait promener les personnes qui avaient réussi à s’inscrire suffisamment tôt. En effet, la demande a largement dépassé les possibilités limitées d’accueil à bord. Quelques mots recueillis sur le quai m’ont permis d’apprécier d’une part le plaisir de celles et ceux qui revenaient de la promenade, et le dépit des autres, laissés à terre… Quoi qu’il en soit, trois journées intenses pour l’équipe d’encadrement et les « petites mains » comme moi!