Solution du jeu YSL et l’Art

Vous avez bien joué? Mais je n’ai vu aucune réponse en commentaires… c’est dommage!

Voici donc la solution du jeu, en images bien sûr.

La première, je pense que vous l’avez deviné, est une tenue inspirée de Matisse (1981).

La deuxième ne présentait pas de difficultés, que vous soyez ou non fan de Mondrian, à qui elle rend hommage en 1965.

Le troisième vêtement n’était pas une robe, mais son motif est bien inspiré d’un peintre dont je vous ai montré la tombe dernièrement, dans son magnifique environnement : Braque.

Il y avait un piège dans la photo de la robe suivante. Le tableau que l’on voyait derrière est de Magnelli. Il fallait regarder de l’autre côté – ce que bien sûr vous ne pouviez pas faire! – pour voir celui de Sonia Delaunay…

Matisse, Mondrian, Braque, Delaunay… Qui sont les autres artistes ? J’y arrive…

La cinquième tenue n’évoquait peut-être rien d’autre pour vous qu’un ensemble de formes géométriques colorées. Pas faux. Mais il fallait les attribuer à l’Américano-Libanaise qui était à la fois poète, écrivaine et artiste visuelle, et qui a disparu en novembre dernier : Etel Adnan.

La suivante est présentée comme si l’oeuvre du grand couturier était influencée par celle d’un peintre et sculpteur américain, Ellsworth Kelly. L’explication jointe est claire : rien n’a été prouvé. Mais les deux artistes sont bien reliés par la présentation qui est faite de leurs oeuvres.

Les adeptes de Tom Wesselmann auront aisément reconnu son style et les traits érotiques de certaines de ses oeuvres.

Enfin, il était difficile de reconnaître Picasso dans la superbe robe longue bicolore (si l’on peut dire… le noir est-il une couleur?)…

Adnan, Kelly, Wessermann et Picasso… tel était le quartet gagnant pour cette série. J’espère que vous vous êtes bien amusé-e ?

La haute couture est-elle un art ?

Je ne pensais pas me poser un jour cette question. Jusqu’à ce jour d’avril où, suite à une suggestion d’un ami, je suis allée voir l’exposition proposée par le Centre Pompidou, Yves Saint-Laurent aux Musées.

Le pluriel interpelle. Il est explicité dans la présentation en ligne sur le site du Centre.

« Elle prend la forme inédite d’un parcours dans les collections permanentes de six musées parisiens: le Centre Pompidou, le Musée d’art moderne de Paris, le Musée du Louvre, le Musée d’Orsay, le Musée national Picasso-Paris et le Musée Yves Saint Laurent Paris.« 

Ainsi, il resterait à voir les 5 autres musées… Pourquoi pas?
Mais, en attendant, je vous invite à une petite visite, qui, effectivement, ne manque pas d’intérêt. Ou plutôt, à un petit jeu : je vais, dans un premier temps, vous proposer les vêtements du grand couturier, tels que présentés dans le musée. A vous de deviner à quel-le artiste ils vous font penser. Vous êtes prêt-e ?

Commençons par les plus faciles…

Passons maintenant à plus difficile…

Avez-vous trouvé? Si non, je vais vous aider, avec une liste des artistes, par ordre alphabétique : Adnan, Braque, Delaunay, Kelly, Matisse, Mondrian, Picasso, Wesselmann.

Résultats dans un prochain article…

Ne négligeons pas les hommes!

J’ai traité hier des femmes à Dieppe, mais ne soyons pas sexiste, c’est au tour des hommes… (au moment où je boucle cet article, je m’aperçois qu’il y a de drôles de coïncidences. Nous sommes bien le 13 ?)

Un petit jeu : pourquoi vous montrer cette photo?

Si vous avez trouvé, c’est que vous êtes cinéphile, bravo!

Une première catégorie : les artistes. Omniprésents. L’art « officiel » était jadis un univers essentiellement masculin. Peu de femmes dans le catalogue. Mais des noms célèbres, parmi lesquels Renoir.

Vous en avez déjà vu beaucoup dans les articles précédents, Boudin, Blanc… Dans la série des B, il manque Braque. Bien sûr, très présent car ayant vécu dans le coin, comme vous le savez si vous m’êtes fidèle.

Les musiciens ? Oui, un célèbre Normand : Camille Saint Saëns, dont la demeure n’était pas très éloignée. Une pièce en a été reconstituée, avec des objets lui ayant appartenu, dont son piano.

Les hommes du peuple sont étonnamment moins représentés, me semble-t-il, que les femmes. Et quand ils le sont, c’est souvent avec elles.

Peut-être est-ce lié au fait qu’une grande partie d’entre eux étaient souvent absents, pris par la mer (vous savez, comme dans la chanson de Renaud). On peut donc dire que les bateaux les évoque. Et ils sont nombreux dans le musée! En peinture, certes, mais aussi en maquettes.

Difficile de les photographier, car le verre qui les protège reflète trop la lumière. Et c’est dommage. La finesse de certaines d’entre elles est exceptionnelle.

Armateur, marin, soldat… La vie n’était pas simple! J’en arrive à la dernière de ces catégories, avec une énigme : pourquoi trouve-t-on ces mocassins à Dieppe ?

Certes, la finesse des broderies est remarquable, mais cela suffit-il à justifier leur présence ?

J’espère que vous en avez deviné l’origine ? Le Canada, bien sûr. Alors, pourquoi ici, à Dieppe ?

En raison du lien très fort qui unit Dieppois et Canadiens : l’horreur du Raid de Dieppe, ou Opération Jubilee, en août 1942. Un quart au moins des soldats canadiens y ont trouvé la mort et reposent désormais en terre normande… Rien d’étonnant donc qu’une salle soit consacrée au Canada ! Même si on y trouve des choses étranges, comme un oiseau empaillé.

Mais on y rencontre aussi – ce qui me permet de « boucler » – des musiciens.

Apparence bien sévère, mais c’était la mode à l’époque. Dominique Ducharme, décédé en 1899, était organiste, pianiste, et compositeur. Québécois, il est venu à Paris étudier. Mais s’il est ici, c’est qu’il était ami avec Camille Saint-Saëns. Et aussi peut-être parce qu’un de ses homonymes, Dieppois d’origine, est devenu coach de l’équipe junior de hockey du Canada ?

Achille Fortier fut un de ses élèves, également en relation avec le Maître français. Lui aussi a étudié au Conservatoire de Paris. Il cumulait les talents…

« Il se rend en France à l’automne de 1885. Il prend part aux cours de composition d’André Gédalge, qui le prépare pour le Conservatoire de Paris. En 1887, il est candidat au concours musical de la ville de Senlis, où il obtient le prix du jury. En novembre 1889, il devient le premier Canadien admis comme élève régulier au Conservatoire de Paris, dans la classe de fugue et de composition d’Ernest Guiraud, où il a notamment comme condisciples Alfred Bachelet et Victor Staub, futurs compositeurs.

De retour à Montréal en 1890, Fortier enseigne le chant, l’harmonie et le contrepoint à l’asile Nazareth jusqu’en 1906, fonction qu’il exercera de nouveau de 1920 à 1923. Il donne des cours de chant et de composition au couvent des Religieuses du Sacré-Cœur. De 1895 à 1901, il prend en charge les classes de chant et d’harmonie au conservatoire de la Société artistique canadienne. Il est notamment le professeur d’Édouard LeBel et de Joseph Saucier, qui deviendront chanteurs, et de Frédéric Pelletier, futur critique musical.

Fortier s’est produit pour la première fois comme ténor le 29 mars 1891 à l’église Notre-Dame, à Montréal, quand, sous la direction de Couture, il interprète la Messe solennelle […] d’Ambroise Thomas. Occasionnellement jusqu’en 1901, il donnera des récitals ou participera à des concerts. En 1892, pour moins d’une année, il est maître de chapelle à l’église Notre-Dame. Le 29 novembre 1893, sous la direction de Couture, l’Association Hall présente un concert vocal et instrumental entièrement consacré à 16 des œuvres de Fortier. »

J’arrête là. Si l’artiste vous intéresse, on trouve sa biographie en ligne. Elle est passionnante. Quant à sa musique, en voici un exemple – le seul que j’aie trouvé… si vous en avez d’autres?

Je termine par le plus beau de la liste, celui que l’on a surnommé « le Chopin Canadien », Léo Le Roy, « compositeur, musicographe, pianiste, professeur ».

Pour finir sur une note d’humour, mes hommages au conservateur ou à la conservatrice qui a osé (faire) accrocher ces deux tableaux sur l’escalier principal…

Le cimetière marin de Varengeville

J’y suis allée bien des fois, dans ce cimetière marin, rendre visite à Braque et à ses voisin-e-s. Car l’endroit est superbe. Et l’occasion était trop belle, alors que je me trouvais à Dieppe, d’y faire un petit « saut » pour aller revoir la chapelle et ses vitraux, le cimetière et ses points de vue inégalables sur la Côte d’Albâtre.

Je vous y emmène donc, à travers quelques photos. Mais les plus malin/gne-s d’entre vous me feront remarquer qu’ils et elles en ont déjà vu une, hier. Oui, la phrase gravée provient bien de Varengeville, plus exactement du mur du cimetière.

Difficile de faire des photos réussies, car il faisait très sombre. Et prendre des vitraux relève souvent de l’exploit. Ce n’est donc qu’un petit échantillon d’images souvent ratées que je vous propose. Mais vous trouverez mieux sur le net, par exemple ici. Et un reportage ancien, archivé par l’INA, y est aussi visible.

Ce que j’ignorais, c’est qu’un autre peintre que j’aime beaucoup est l’auteur de la plupart des vitraux : Raoul Ubac.

J’ai particulièrement apprécié la profondeur des bleus et les dégradés de gris, vous l’avez deviné!

Un artiste récemment décédé, Michel Ciry, en a produit un écho dans une toile représentant Marie-Madeleine au pied de la Croix.

Varengeville a attiré et attire encore de nombreux/euses artistes.

L’église de Varengeville, Monet, 1882
Varengeville, Braque, 1959

La tombe de Braque a fait couler beaucoup d’encre, je n’en rajouterai pas. Mais il est vrai qu’elle est très émouvante.

L’histoire de ce petit village est très riche, et j’y reviendrai sans doute un jour… Bientôt, d’ailleurs, car mon amie Sylvie, qui tient une galerie d’art au Tréport, va y organiser une cérémonie en l’honneur d’une peintre que nous aimions beaucoup et qui vient de nous quitter, trop tôt… Micheline Bousquet. Trois de ses oeuvres vont rejoindre les collections d’art de Varengeville… Mais elle ne repose pas dans le cimetière marin : celui-ci menace de s’effondrer dans la mer, qui ronge les falaises avec acharnement. Un autre cimetière, juste en face, un peu plus haut, accueille donc désormais les artistes.