Soulages au bagne…

Une nouvelle salle d’exposition à Nice : le bagne a été rénové, et propose un espace réduit et sombre, certes, mais propice à l’intimité de la découverte artistique.

C’est lui qui accueille cette année une exposition dédiée à Soulages, qui, pour moi, faisait écho à celle que j’avais vue au Louvre cet hiver. Très différente pourtant, tant pas le contenant que par le contenu.

Autant au Louvre les vastes et hautes salles accueillaient des tableaux aux dimensions exceptionnelles, autant celle-ci concerne certes quelques peintures – de moindre taille – mais surtout les autres techniques explorées et exploitées par le peintre, ainsi que son univers artistique.

Le bagne et la Tour de l’Horloge, au Port de Nice

Elle s’ouvre sur un dialogue entre la peinture de Soulages et l’écriture de Léopold Sédar Senghor.

Les débuts de l’Outrenoir sont évoqués dans la première salle, qui abrite des peintures.

Puis on passe dans une petite « chambrée » encore plus contingentée que le reste de l’édifice…

Celle-ci abrite un ensemble d’oeuvres picturales et sculpturales qui ont pour objectif annoncé de restituer l’environnement artistique de Soulages. Picasso et Miro y côtoient des statues africaines…

… et Victor Hugo rencontre la statue-menhir de la Verrière…

Burg, Victor Hugo
Statue-menhir de La Verrière (Aveyron)

La visite côté bagne s’achève sur une nouvelle série de peintures de Soulages, noir et brou de noix dominants. Il faut alors sortir sur le port, pour gagner la Tour de l’Horloge toute proche, monter deux étages et entrer dans ce bâtiment dont les fenêtres ont été occultées. Vous ne verrez pas beaucoup de photos de cette seconde partie de l’exposition, car la lumière faible n’a pas permis de réussir autre chose que des flous (non artistiques!) dans la plupart des cas…

La première salle est consacrée essentiellement à des lithogravures et eaux fortes.

On y voit aussi une affiche consacrée aux jeux olympiques de Münich, pour laquelle le peintre avait été pressenti. Au centre, une vitrine présente presque pêle-mêle des objets et des ouvrages… J’ai tenté d’en saisir la logique… Apparemment, ils auraient été rassemblés autour de la thématique « couleurs ». On y trouve par exemple la palette de Chagall.

Salle suivante, nouvel assemblage assez hétéroclite…

Une partie de la salle présente les « élégies », accompagnées d’une oeuvre de Soulages, de textes de Léopold Sédar Senghor, avec mise en écho de tableaux d’autres peintres.

Elégie de Carthage, illustrée par Soulages
La collection des Elégies illustrées

Un des murs est consacré à des photographies de détails d’oeuvres, prises par deux artistes.

Une vitrine au centre de la pièce présente un aspect moins connu de l’artiste : ses critiques d’oeuvres d’autres époques et d’autres auteur-e-s.

Sur une table, près de la sortie, quelques-uns des « instruments » du peintre.

Il est temps de regagner la pleine lumière et le soleil méditerranéen, non sans un dernier regard sur l’oeuvre qui clôt l’exposition, en un sublime jeu d’ombres et de lumières si spécifique à Soulages…

Quand on m’a demandé ce que je pensais de cette exposition, mes premières réponses étaient enthousiastes. Découverte d’un nouveau lieu, plaisir de regarder tranquillement des oeuvres parfois moins connues, résonances avec l’Afrique… Toutefois un certain questionnement, qui perdure… Pourquoi n’avoir pas cherché à être plus explicite, et à permettre aux visiteur-e-s de mieux comprendre les choix et la logique des pièces exposées? Cela reste néanmoins une belle collection d’oeuvres à apprécier sereinement…

Etti Anki

Comme j’avais souhaité cette semaine « Pessah semeah » à quelques ami-e-s, je recherchais un poème en lien avec cette fête, sans être pour autant un texte religieux.

Toros Roslin (1266)

J’en ai trouvé un, émouvant, mais dont la qualité littéraire ne m’a pas semblé extraordinaire. Je ne sais plus par quel détour du surf je suis arrivée à Yehouda Halevy – Judah ben Shmuel Halevi – sur lequel je reviendrai peut-être un jour, car j’ai envie d’en savoir davantage sur ce « rabbin, philosophe, médecin et poète sérafade » du 11ème siècle (décidément, j’en reviens toujours à ce siècle dans mes appétences…). Et il m’a conduite à découvrir une chanteuse dont j’ai beaucoup apprécié la voix, ce qui m’amène à vous guider vers elle en ce samedi saint qui est aussi Shabbat…

Chagall, Pessah (1968)

La rencontre s’est effectuée au travers de ce poème d’Halévi chanté par la jeune femme, dans cette vidéo (pour les impatient-e-s, allez directement à 3’49). J’ai cherché désespérément sa traduction, sans la trouver. Mais j’ai bon espoir qu’un-e lecteur / lectrice nous la transmette un jour…

Un point commun entre l’humaniste « hébraïsant et arabisant » du Moyen Age et l’actrice, chanteuse, poète et compositrice : la rencontre des cultures juives et arabes. Etti Ankri est en effet née à Lod, en 1963, dans une famille qui a vécu en Tunisie, et sa musique présente souvent des résonances séraphades, voire maghrébines.

Un album entier est consacré à Yehuda Halevi, Avdei Zman.

Pour poursuivre, laissez-vous entraîner par Eshebo

J’aime beaucoup sa voix, que vous pourrez apprécier, vous aussi, en choisissant les morceaux que vous souhaitez entendre sur ce site très bien fourni, mais uniquement audio : musicMe.

Le premier album d’Etti Ankri

Musicienne également, elle joue de divers instruments, comme vous pourrez le constater sur les enregistrements suivants : la guitare pour Ahava gdola, une sorte de tambourin, et je crois l’avoir vue jouer de l’oud, mais ne trouve pas de vidéo la montrant avec cet instrument…

En tant qu’actrice, elle a joué dans les films suivants, dont je ne suis pas parvenue à trouver des scènes photographiées…

Léhem (1986)
Resissim (1989)
Etti Anki dans Resissim
Deadline (1987)
Shabattot VeHagim (1999-2000)