Une soirée, 3 découvertes. 2. Le Café Litteratum

Je passe très souvent, dans la rue des Ecoles, devant un café dont la devanture m’a toujours interpellée, mais où je n’ai jamais osé entrer. Pourquoi? Difficile à dire… Sans doute, entre autres, à cause de son nom : Café Litteratum. Peut-être aussi parce qu’il est minuscule, et qu’on ne peut donc y entrer et rester sans communiquer avec les personnes qui y sont. Enfin, la couleur blanche omniprésente me questionnait un peu. Bref, je n’y avais jamais pénétré avant cette fameuse soirée de samedi, où l’ami avec qui j’étais m’y a emmenée. Car lui le connaît bien. Et le fréquente depuis longtemps. Alors qu’il ne m’en a jamais parlé! J’avoue que j’ai été interloquée…

Et ravie, par la suite, de cette magnifique découverte.

Un endroit intime, chaleureux, et un accueil remarquable de « Gloria » (en réalité, son nom de famille : son prénom est Maria-Amélia) et de son époux, « Carlos » (de son vrai nom José, Carlos Janela Antunes) : Portugais, comme vous l’avez deviné.

José Carlos est historien. Un érudit comme on n’en voit pas assez. En recherchant sur le net, j’ai trouvé quelques-unes de ses publications, dont une sur la Révolution des Oeillets : https://www.persee.fr/doc/mat_0769-3206_2005_num_80_1_1062. Il a été directeur de la Section de Portugais au Lycée International de Saint-Germain-en-Laye. Une culture qui n’a d’équivalent que sa simplicité et sa modestie…
On peut y boire (notamment un incroyable choix de Chartreuse), y manger, et surtout discuter, échanger, communiquer. S’y « restaurer » dans tous les sens du terme.

Alors, si vous passez par là, ne faites pas comme moi. Arrêtez-vous, entrez. Et surtout prenez le temps d’y rester et de faire la connaissance des hôtes de ces lieux. C’est ouvert tous les jours de la semaine, du matin à minuit…

Je n’ai pas fait de photos, ni trouvé de site (la page Facebook n’a pas été actualisée depuis 2022), mais vous pouvez voir photos et commentaires ici https://www.via-sapiens.com/recoin/934-Cafe-Litteratum ou encore ici https://lescafesdottilie.fr/litteratum-quartier-latin/

Et peut-être nous y rencontrerons-nous un jour? Comme j’y ai rencontré les personnes qui ont été à l’origine de la troisième découverte de cette folle équipée nocturne… Mais c’est une autre histoire…

Les charmes de l’Auvergne

Nous en étions resté-e-s, dans le récit de la « descente » vers Nice, au bord de la Sioule, dans un château qui en domine un méandre. La route se poursuit tranquillement le long de la rivière, qui s’offre aux pêcheurs, randonneurs, nageurs et amateurs de kayak ou canoë, pour leur plus grand plaisir, visiblement. Et l’on découvre, au détour d’un virage, l’impressionnant viaduc des Fades.

« Fada », en occitan, c’est la « fée ». Et des légendes circulent autour du pont, qui était, semble-t-il, au moment de sa construction, entre 1901 et 1909, le plus haut du monde, avec des piles de 92 mètres de haut. Un petit détour pour aller chercher de l’essence dans un bourg sur le plateau… et l’occasion de se souvenir que l’on est le 14 juillet. J’aurais pu aller boire l’apéritif avec l’équipe municipale et les pompiers auprès de cette belle église.

« Elle appartient à la période de transition (fin du XIIème) entre le roman auvergnat et les constructions cisterciennes, période où « des novateurs commencent à introduire des formes étrangères dans les églises qu’ils élèvent ».
On voit apparaître des éléments nouveaux: forme polygonale remplaçant la forme circulaire dans le plan du choeur et des chapelles absidiales, mais surtout l’arc brisé employé aux voûtes et aux grandes arcades
. » (source: site du bourg)

Je n’avais pour ma part jamais vu de « monument aux morts » comme celui de l’église de Saint Gervais d’Auvergne. La photo est ratée, mais je vous la montre quand même.

Une petite anecdote? Je demande à un passant où trouver du carburant, car le petit bourg ne semblait pas en recéler. Il me dit « A la grande maison grise, là », en me désignant effectivement une demeure « ordinaire ». Je pense qu’il se moque de la touriste que je suis, mais m’y rends quand même… Et découvre un petit supermarché… avec des pompes, effectivement! Le plein fait, direction le vaste lac de barrage (400 hectares), dont les sites vantent les plages.

Pour vous aider à vous retrouver, voici une carte où sont entourés les différents sites. Menat (pont roman) et Saint-Rémy du Bosc (château Rocher), présentés dans l’article précédent, le viaduc des Fades et Saint-Gervais d’Auvergne, dont je viens de vous parler, puis le lac des Fades et Les Ancizes-Comps, où nous allons arriver…

L’heure tourne, et je n’ai pas prévu de quoi déjeuner. Un 14 juillet à 13 heures, peu de magasins ouverts. Surtout dans une campagne désertée par les commerces… Vite, trouver un restaurant. Il y en a plusieurs autour du lac, mais, au téléphone, la réponse est partout identique : pas de places. L’un d’entre eux, où je m’arrête, est quasi vide. Mais même réponse!

En descendant vers le lac, une enseigne avait retenu l’attention « La Vieille Ferme« . Donc, remontée pour la retrouver. Appel. Ton aimable (ça change!) : « Oui, si vous ne venez pas trop tard » (il est 13h30 déjà). Une petite ville sans grand intérêt architectural. Une vaste place presque déserte, si l’on excepte une petite terrasse de café. Une maison semblant très ordinaire. Mais qui cache les restes d’une ancienne ferme, et une terrasse/jardin bien au calme.

J’en profite pour déguster une incroyable fondue au Saint Nectaire, accompagnée d’un Châteaugay, pour varier les crus auvergnats!

Après un tel repas, comme il fait bien chaud, une sieste s’impose… Mais où? J’avais repéré l’annonce d’une abbaye dans les environs… En général, elles étaient implantées près de sources et de rivières, et avaient donné lieu à des essartages, donc offrent des espaces boisés. Direction donc la Chartreuse du Port-Sainte-Marie.

Et quelle belle découverte! Effectivement, les lieux sont idyllique, et je m’offre une belle sieste sous les frondaisons…

… avant d’aller découvrir le site de cette chartreuse fondée en 1219 par Raoul et Guillaume de Beaufort.

« La légende raconte que Guillaume étant à la chasse, il vit Saint Bruno lui apparaître et lui demander de fonder un monastère de son ordre sur le lieu de cette vision. Ce lieu, dit Confinéal était situé aux confins des paroisses de Chapdes-Beaufort, de Comps et de Miremont. Véritable désert entouré de montagnes et de forêts à un carrefour de rivières, le site correspondait à l’esprit de solitude et de méditation exigé pour l’installation d’une chartreuse. Comme le rappellent les Statuts : « Que nulle maison ne puisse être acceptée, si ce n’est dans un lieu conforme, correct et éloigné de toute présence humaine ».

Je ne vais pas vous narrer toute l’histoire, vous la trouverez détaillée sur le site tenu par une association dynamique.

Il reste hélas peu de choses des différents bâtiments, ni même du cimetière des lieux. Mais quelques beaux éléments, ou des murets…

Ce jour-là, une animation pour les enfants (mais les parents semblent aussi bien en profiter!) autour de l’écologie. Il n’y a cependant pas foule…

Hélas pas le temps d’effectuer une visite guidée par les membres bénévoles de l’association, dont un visiteur me dit qu’elle est remarquablement bien documentée.L’après-midi est déjà bien entamé…

Cependant il fait chaud, et j’ai envie de plonger dans de l’eau fraîche. Je me souviens
qu’on m’emmenait me baigner, enfant, au paisible lac d’Aydat.

Direction donc ce lac. Un vrai choc! Une marée de voitures et d’humains en rend quasi-inaccessibles les rives. Et l’ambiance allie la folie des Champs-Elysées un jour d’événement à la surpopulation de certaines plages au mois d’août! Même pas
tenté un arrêt. Vite, demi-tour. Comment peut-on gâcher ainsi un tel site???

Maintenant, direction Saint-Nectaire. L’heure du concert approche…