C’est la curiosité qui m’a poussée à réserver pour un concert à Bayonne en ce 2 novembre…
Me voici donc en cette fin d’après-midi au balcon du théâtre de la ville, la Scène Nationale, pour aller assister à la prestation d’une chorale japonaise au nom bien… italien ! Sopra il Fiume (au-dessus du fleuve). C’est le dernier de la liste ci-dessus, et l’un des deux payants, mais les billets n’étaient pas excessivement chers… En préparant cet article, j’ai découvert que le nom de l’ensemble fait référence à une petite ville au nord de Tokyo, Kawagoe, surnommée « La Petite Edo ».
Je me suis renseignée sur le net, au préalable, et y ai appris les deux spécificités de cette chorale. D’abord, une moyenne d’âge peu élevée. Ce sont tou-te-s des jeunes. Ensuite, le fait qu’elle ne soit pas dirigée par un chef. Les choristes chantent en demi-cercle, sans personne au centre.
Je n’ai pas été déçue… Un répertoire éclectique, des chants superbement interprétés, des voix remarquables. Et j’ai été épatée par la tenue et la mémoire de ces jeunes qui ont chanté non seulement en japonais et en latin, mais aussi en anglais… et en espagnol, avec un bis de « La Cucaracha » (alias « Le Cafard ») chantée avec une originalité empreinte d’humour, accompagnée par la salle. Cela tranchait avec le silence recueilli qui avait accompagné l’ensemble du spectacle.
Dès le début j’ai été saisie par la beauté des chants japonais. Je n’ai pas trouvé le premier interprété par cette chorale, Seagull de Kinishita Hokiko, mais le voici par une autre… Hélas chanté avec moins de douceur. Même problème pour Orasho, de Chihara Odeki, que vous pourrez entendre ici. Idem aussi pour le dernier morceau, Yuyake d’Aizawa Naoto, accessible sur ce site. Mais vous pourrez accéder à l’Alleluiah chanté par le choeur hélas masqué ou à Salve Regina sans masques.
Très beau spectacle donc, avec des moments d’émotion et de transport, notamment par deux des chanteuses, soprano et mezzo-soprano. Je les ai mises en évidence sur la photo ci-dessous.
L’église de Saint Nectaire est l’une de celles que j’admire le plus. D’abord, parce qu’elle est de mon style préféré, le roman. Ensuite, parce que la pierre volcanique lui donne une teinte sombre remarquable. Enfin, pour sa situation, sur ce promontoire dominant la vallée. Mais je pourrai désormais ajouter une quatrième raison : son acoustique exceptionnelle.
Comme je l’ai précédemment narré, je venais y écouter un concert de la chorale francilienne Philomèle (alias « Rossignol »), dans le second répertoire qu’ils et elles interprètent cette année. J’avais entendu le « mozartien » en juin à Saint-Jacques-du-Haut-Pas, dans le 5ème. Cette fois, un florilège de « musique orthodoxe, baroque et classique ».
Un petit tour à l’église en arrivant : les choristes sont bien là, en train de répéter. Un petit verre au café voisin… Une bière locale, bien sûr!
Pleine de saveurs et de finesse, dégustée en admirant l’église.
Un amusant ballet commence alors. Les choristes sortent, en petites grappes, en habit de « touristes ». Musicien-ne-s ont leur instrument à la main. Elles et ils partent vers le haut. Par la suite, j’apprendrai qu’on leur a préparé un vestiaire dans le local de l’association s’occupant de la paroisse. Puis les revoici, dans l’autre sens, entièrement revêtu-e-s de noir. Certain-e-s ont déjà mis leur écharpe ou leur pochette (rouge, jaune ou orange). D’autres les tiennent en main. Quand tout le monde est passé, direction le porche, puis l’intérieur des lieux.
Commence enfin le concert. D’abord avec « le petit choeur ». Les autres se tiennent près de nous, dans les travées latérales. Le chef explique le programme, présente les compositeurs, resitue les oeuvres..
Il dirige avec passion chanteurs/euses et musiciennes (violon, violoncelle et orgue). Une soliste laisse coi le public, avec un Ave Maria très difficile à interpréter.
Le Soleil descend, et les rayons, pénétrant par le portail laissé ouvert, viennent taquiner les artistes placés au centre du dernier rang. On le voit éblouir le premier…
… puis venir taquiner mon ami José Dhers…
… avant de mettre en lumière son voisin, en train de se désaltérer…
A la fin, les choristes se déplacent, et viennent entourer le public. Ce dernier morceau restera inoubliable, je pense, pour les auditeur-e-s présent-e-s! Un instant d’émotion intense. C’est hélas le moment de se séparer. Pour ma part, je vais revoir la Vierge en majesté dite « Notre-Dame-du-Mont-Cornadore » (le site des eaux réputées de la ville thermale).
Hélas maintenant elle est enfermée dans une vitrine qui cache une partie de sa beauté.
Inutile de vous dire combien j’étais déçue! Par contre, je suis toujours aussi effrayée par le buste de Saint Baudime, reliquaire en chêne recouvert de cuivre repoussé et doré.
Il est temps de quitter l’église pour aller dîner, car ici, on mange tôt. Encore plus ce soir, nous apprendront les serveurs/euses, car il y a une soirée à Murol, avec défilés et feu d’artifice, et le personnel veut y assister!
Pendant que je me régale d’une tartelette au Saint Nectaire et d’une part de tarte aux myrtilles (oui, je sais, pas très équilibré, ce repas!) avec un verre de Chanturgue, le couchant sublime l’architecture romane…
Puisque j’en suis à faire une sorte de « pélerinage » sur les lieux de mon enfance et adolescence, autant continuer… Direction « le dolmen », car je veux retrouver la prairie prêtée à mes parents pour y placer leur caravane, par le docteur Roux (neveu du collègue de Pasteur), pour que mon petit frère puisse faire tranquillement sa cure chaque année. Une calamité, vous l’imaginez, pour l’enfant, et encore plus l’adolescente que j’étais! Plus de copains ni copines. Je n’ai jamais autant lu, enfermée dans ma tente. Notamment, je me souviens, toute la série des « Jalna ». Renny Whiteoak m’avait séduite! Voiture garée, reste à explorer à pied. Sans avoir trouvé le dolmen, je reconnais la prairie, et revois en images la caravane et son auvent, et les deux petites canadiennes à sa gauche. Il faut dire que films et photos familiales ont aidé à visualiser les souvenirs! Une pensée émue pour le médecin, doux et gentil, qui aimait tant son petit malade, accompagné année après année. En recherchant son nom sur le net, je viens d’apprendre qu’il était également maire de la ville. Sa villa s’appelait… « Villa du Dolmen »… Nous étions donc bien dans sa propriété!
« La Villa du Dolmen appelé aussi la Villa du Dr Roux ». Mr Roux a été Maire de St Nectaire de 1945 à 1965 et il était aussi un médecin réputé. » (source)
J’ai aussi découvert qu’il avait publié un livre en 1978…
Une fois le terrain trouvé, il ne reste plus qu’à chercher le dolmen. Et il est bien là, juste à côté! Pour info, si cette période vous intéresse, il y a 6 mégalithes sur la commune de Saint-Nectaire : deux dolmens et quatre menhirs.
La nuit tombe, et l’église est désormais éclairée. Pardonnez la mauvaise qualité de l’image, mais je voulais terminer par ce spectacle, plus beau en réalité qu’en photo…
En roulant vers la Sioule, le premier jour de ce petit périple, je m’étais aperçue que
Nous étions le 13 juillet
L’Auvergne n’était pas loin
Or mes ami-e-s de la Chorale Philomèle, dont je vous ai déjà parlé, m’avaient dit, lors de leur dernier concert, qu’une tournée était prévue en Auvergne en juillet. Me voici donc consultant leur site Internet. Effectivement : 13 juillet, Brioudes; 14 juillet, Saint Nectaire.
Le nom de cette ville ne vous est sans doute pas inconnu. Pour les un-e-s, il évoque le fromage. Pour d’autres, une église. Et pour les plus âgé-e-s, peut-être, des cures. Car les eaux de Saint Nectaire étaient réputées, depuis l’Antiquité, pour leurs vertus curatives. Et les sources ne manquent pas, comme en atteste ce relevé.
Débit et température des principales sources ___
Nom de la source
Débit / 24h
Température
Lieu d’exploitation
Source du Rocher
1 512 hectolitres
43,7 °C
Établissement du Mont-Cornadore (Saint-Nectaire le Haut)
Source du Mont-Cornadore
720 hectolitres
41 °C
Établissement du Mont-Cornadore (Saint-Nectaire le Haut)
Source du Gros-Bouillon
720 hectolitres
37,5 °C
Bains Romains (Saint-Nectaire le Bas)
Grande source Boëtte
432 hectolitres
46 °C
Bains Boëtte (Saint-Nectaire le Bas)
Source du Parc
72 hectolitres
19 °C
Établissement du Mont-Cornadore (Saint-Nectaire le Haut)
Grande source Rouge
—
—
Établissement du Mont-Cornadore (Saint-Nectaire le Haut)
Petite source Rouge
86 hectolitres
18 °C
Établissement du Mont-Cornadore (Saint-Nectaire le Haut)
Source Saint-Césaire
—
40,9 °C
Bains Boëtte (Saint-Nectaire le Bas)
Source des Dames
—
19 °C
Bains Boëtte (Saint-Nectaire le Bas)
Source Intermittente
—
25 °C
Établissement du Mont-Cornadore (Saint-Nectaire le Haut)
Source de la Coquille
—
26 °C
Bains Romains (Saint-Nectaire le Bas)
Source Morange
—
—
Établissement du Mont-Cornadore (Saint-Nectaire le Haut)
les 3 sources des Fontaines Rouges
—
—
Eau consommée sur place dans un quatrième établissement à Saint-Nectaire le Bas
A la grande époque du thermalisme, le village devint un important centre thermal, où l’on soignait essentiellement les maladies rénales et le diabète. Pourquoi vous parler de cela, alors que nous étions en train d’évoquer le chant? Pour vous faire comprendre les raisons de ce retard sur la route de Nice. Car, ce que vous ignorez, c’est que j’ai passé 10 ans de vacances en ces lieux, mon frère malade devant y faire des cures tous les ans… Des amis… une chorale… des souvenirs d’enfance… et l’envie de revoir les lieux, et en particulier la superbe église et sa Vierge noire… Sans compter le dolmen qui fut sans doute à l’origine de mon intérêt pour les mégalithes… Il n’en fallait pas plus pour provoquer ce détour. Or, il y a moins de 90 km en route directe entre Chouvigny et cette destination. De quoi laisser le temps pour faire « du tourisme ».
D’abord, profiter des belles gorges de la Sioule… Première direction : Menat.
Aller voir le pont roman dont m’avait parlé la veille au restaurant un couple de frères cyclistes, originaires du coin.
« Il aurait été implanté sur l’ancienne voie romaine d’Augustonemetum (Clermont-Ferrant antique) à Aquae Nerii (Néris-les-Bains antique). Bâti au XIIe siècle, il était au Moyen Âge le seul passage sur la Sioule entre Ébreuil et Châteauneuf-les-Bains. Cette rivière était alors une voie de pénétration entre l’Auvergne (historique) et le Bourbonnais. » (source)
La chaussée n’a pas changé, mais le pont supporte toujours jusqu’à deux tonnes! Pour ma part, j’ai préféré le traverser à pied… Sous les piles, les truites narguent les humains…
La berge est accueillante, et les riverains cultivent visiblement un certain art de vivre…
De l’ancien moulin, il ne reste que le bief, malheureusement.
Les fleurs abondent, et la sécheresse semble loin…
Un dernier regard au pont qui a si bien survécu au temps…
En plaçant cette photo, j’ai réalisé une grande différence avec celle qui a été prise de l’autre côté. Des recherches m’ont permis de comprendre pourquoi :
« La travée de la rive gauche a été emportée par une crue au XVIIIe siècle et ne fut reconstruite qu’au début du XXe siècle. » (source)
Il a donc un bon et un mauvais profil!
Ensuite, une bonne grimpette à pied pour gagner le château médiéval aperçu au loin.
Tout un ensemble d’affiches andragogiques expliquent les travaux entrepris sur ce site.
Vue à presque 360 degrés sur les environs, et la Sioule est visible en amont comme en aval.
L’un des plans présentés sur le site permet de reconstituer l’itinéraire de ce début de matinée : les haltes sont entourées de violet…
Ce titre n’est pas de moi : je l’ai trouvé sur le programme d’un concert qui avait lieu hier soir, et qui sera renouvelé le 13 juin. Une chorale – pardon, un « ensemble choral », car il y a également des musiciens – dont je vous ai déjà parlé, voici bien longtemps, et qui porte le nom d’un oiseau réputé pour ses chants : Philomèle, alias le Rossignol.
Le programme s’est réparti en fonction de la composition du choeur : d’abord « petit choeur », puis ensemble. Avec un intermède : un air interprété en solo par la soprano. Très belle voix, hélas un peu « timide » au regard de l’orchestre.
J’ai particulièrement apprécié certains morceaux, notamment en première partie, et ai découvert des compositeurs que je ne connaissais pas, ces fameux « amis » de Mozart. Permettez que je vous en dise un mot? En adoptant l’ordre proposé par l’affiche…
Eybler, d’abord. Pas seulement un ami : son élève. C’est l’un de ceux qui ont poursuivi la composition du Requiem après la mort de Wolfgang Amadeus, à la demande de son épouse Constance.
« Le 30 mai 1790 Mozart a écrit Eybler: « Je certifie par la présente que M. Joseph Eybler est un digne élève de Albrechtsberger, un grand compositeur, également préparé en musique de chambre et dans ce sacré, compétent dans l’art de la chanson ainsi qu’un joueur habile de l’orgue et le clavecin , bref, un jeune musicien dont, malheureusement, sont rarement égaux ». » (source)
Adlegasser, ensuite. Vous pourrez entendre notamment les Litanies sur le net ici. A l’inverse d’Eybler, il n’est pas plus jeune que Mozart, mais appartient à la génération intermédiaire entre celui-ci et son père Léopold. Ce qui explique peut-être que papa et fiston assistèrent de concert (bon, d’accord, très mauvais jeu de mots) à ses noces. Enfin, aux 3èmes, car ce séducteur aux compositions très variées s’est marié trois fois, avant de décéder à 48 ans, en 1777, alors qu’il jouait de l’orgue. Savez-vous qui prit sa place en tant qu’organiste à Salzbourg? Mozart, bien sûr!
Le dernier, Frantisek Ignac Antonin Tuma, est un Bohêmien. Un vrai. Né en Bohême en 1704. Mais décédé à Vienne. Je n’en avais jamais entendu parler. Une émission intéressante de France Musique a été consacrée à son Stabat Mater.
Vous êtes un peu perdus? Résumons-nous. Voici le quarté dans l’ordre, concernant les naissances.
L’ordre est le même pour les décès, mais l’un a vécu deux fois plus âgé que Mozart!
Vous comprenez peut-être pourquoi je me questionnais sur le terme « amis »? Quoi qu’il en soit, une belle harmonie entre les différentes pièces qui ont été interprétées. Hélas, je serais bien incapable de vous citer celles que j’ai préférées. Mais la Missa Solemnis, en do majeur KV 37, pour les puristes, est intéressante. Composée en 1780, elle a été jouée pour le couronnement du roi de Bohême, Léopold, l’année de la mort de Mozart, et en sa présence, selon le choix de son ennemi Salieri… « Intéressante », mais ce n’est pas ce que je préfère dans l’oeuvre de Mozart. Sans doute pour quoi j’ai préféré la première partie du concert. Mais l’ensemble était remarquable, y compris les musiciens. Pour celles et ceux qui seraient disponibles le 13 juin, ou qui visiteraient l’Auvergne en juillet, allez les écouter! Dans un édifice que je connais depuis mon enfance et qui est pour moi l’une des plus belles églises de France, le 14 juillet, notamment : à Saint Nectaire, ce doit être fantastique!
Cela faisait un moment que j’avais noté cette date dans mon agenda, une fois n’est pas coutume. Un de mes amis m’avait annoncé que la chorale dont il fait partie allait chanter en ce mardi 27 septembre. Ce n’était pas la première fois. Mais j’avais raté les précédentes occasions. Alors, blocage de la date. Et me voici, en cette soirée d’un automne précoce – pas d’été indien, cette année! – en train de découvrir le quartier des Batignolles et son Temple.
Au programme étaient annoncés « Suites profanes de la Renaissance ». Non, pas d’allusion à la superbe idée de notre président. Enfin, je crois. Mais à l’époque. Les Cours d’Amour commençaient à passer de mode, mais on continuait à célébrer l’Amour, voire les amours… Qu’elles soient réciproques ou non, désespérées ou heureuses. Et c’est là l’entrée choisie par le choeur et son directeur, Alain Lechevalier. Directeur – soit dit en passant – de cette chorale « A Coeur Joie » depuis 43 ans, puisqu’il en a été le fondateur en 1979 (vive le calcul!).
Deux parties elles-mêmes divisées en deux, des amours malheureuses, voire tragiques, à la célébration du bonheur amoureux. Occasion de réaliser que j’aime les extrêmes : ce sont la première et la quatrième qui m’ont le plus transportée! Mais l’ensemble était remarquable, et, malgré l’option annoncée de ne pas chercher à restituer la langue de l’époque, nous étions bien en pleine Renaissance, avec Josquin des Prés, Janequin et les autres.
Couleurs de l’Amour, donc, du noir au rouge (vu par les cultures asiatiques), en passant par toutes les nuances de gris (non, pas les 50) et de roses.
Couleurs de voix du Petit, puis du Grand Coeur, nous menant du désespoir à la Joie. A Coeur Joie, une vraie « communauté » qu’il fait bon découvrir et qui s’ouvre au public.
Le « Petit Choeur »
Le « Grand Choeur »
N’oublions pas les musicien-ne-s, et principalement la vieilleuse, qui a comblé nos oreilles lors des morceaux interprétés en solo ou avec l’organiste.
Annie Couture
Les intermèdes instrumentaux ont en effet rythmé le concert, avec des oeuvres de Janequin (encore lui!), mais aussi Sermisy, Lupi, Megret (non, pas l’inspecteur).
Bref, vous l’avez compris, un de ces moments de pureté et de bonheur partagé, comme je les aime.
Ah! J’allais oublier de vous donner le nom de cette chorale. Il signifie, en grec, « qui aime le chant ». Vous savez toutes et tous traduire « qui aime » en grec, tant il entre dans la composition de mots français, notamment avec toute la série des collectionneurs (pour la plus grande joie des jeux radiophoniques ou télévisés qui s’amusent à faire découvrir ce qu’est un tyrosémiophile, par exemple). Mais pour la suite du nom, j’en appelle à mon cher Bailly.
« μέλος, εος-ους (τὸ)
Iau propre :
1 membre, articulation, aussi bien de l’homme que des animaux ; primit. seul. au pl. IL. 7, 131, etc. ; OD. 11, 599, etc. ; PD. N. 1, 47, etc. ; ESCHL. Pers. 992 ; EUR. El. 1209 ; HDT. 1, 119 ; PLUT. Cor. 6, etc. ; au sg. STR. 83 ; GAL. 4, 589 ; ANTH. 9, 141 ; μέλη καὶ μέρη ou μέρη καὶ μέλη, PLAT. Phædr. 238 a, etc. les membres et les parties ; fig. au plur. membres ou parties d’un tout, NT. Rom. 12, 5 ; 1 Cor. 6, 15, etc.
2p. suite au plur. les membres, c. à d. le corps entier, NT. Rom. 6, 19, etc. ; 1 Cor. 6, 15, etc.
II membre de phrase musicale, d’où chant rythmé avec art (p. opp. à μέτρον, parole versifiée, métrique) particul. :
1 chant du rossignol, HH. 18, 16
2 chant des instruments (flûte, etc.) PD. P. 12, 19 ; THGN. 761 ; SOPH. (ATH. 175 f)
3 chant avec accompagnement de musique, défini comme un assemblage, PLAT. Rsp. 398 d ; d’où mélodie, PD. O. 9, 1 ; HDT. 5, 95 ; ARSTT. Pol. 8, 5 ; PLUT. Lyc. 21, M. 300 f ; à côté de μέτρον, PLAT. Rsp. 607 d ; au plur. joint à ᾠδαῖς, PLAT. Rsp. 399 c ; p. opp. à ἔπεσι, PLAT. Rsp. 379 a, etc. ; fig. ἐν μέλει, PLAT. Soph. 227 d, en mesure, en cadence, justement ; παρὰ μέλος, PD. N. 7, 69 ; PLAT. Leg. 696 d, Crit. 106 b, etc. ; LUC. Eun. 2, etc. (cf. πλημμελής) sans mesure, c. à d. sans raison, maladroitement
4p. ext. parole qu’on répète sans cesse, redite, SOPH. Aj. 976 ; EUR. Hipp. 879 ; AR. Pax 289
5au plur. τὰ μέλη, poésie lyrique, p. opp. à la poésie épique ou dramatique, PLAT. Rsp. 379 a, 607 a, etc.«
En rébus, cela donne donc.
« Mon premier aime. (Alternative : discipline scolaire abrégée, contrairement aux souffrances qu’elle inflige aux élèves)
Mon second désigne dans la langue d’Homère un chant cadencé. (Alternative : Il manque un outil pour compléter le désordre).
Mon tout est un volatile que l’on apprécie non pour sa chair, mais pour sa voix. »
Car oui, le nom de l’ensemble choral est celui de ce bel oiseau, lui-même chanté par Verlaine.
« Comme un vol criard d’oiseaux en émoi, Tous mes souvenirs s’abattent sur moi, S’abattent parmi le feuillage jaune De mon coeur mirant son tronc plié d’aune Au tain violet de l’eau des Regrets, Qui mélancoliquement coule auprès, S’abattent, et puis la rumeur mauvaise Qu’une brise moite en montant apaise, S’éteint par degrés dans l’arbre, si bien Qu’au bout d’un instant on n’entend plus rien, Plus rien que la voix célébrant l’Absente, Plus rien que la voix -ô si languissante!- De l’oiseau qui fut mon Premier Amour, Et qui chante encor comme au premier jour; Et, dans la splendeur triste d’une lune Se levant blafarde et solennelle, une Nuit mélancolique et lourde d’été, Pleine de silence et d’obscurité, Berce sur l’azur qu’un vent doux effleure. L’arbre qui frissonne et l’oiseau qui pleure. »
Eh oui, cet oiseau évoque pour les poètes plutôt des souvenirs douloureux qu’heureux, comme dans la très belle ode de John Keats. Mais les choristes et leur directeur ont fait le choix apprécié de ne pas en rester à la tristesse et de nous emmener vers le bonheur. Merci, Philomèle !