Balade à Montmartre (suite)

Nous nous sommes quitté-e-s hier devant le Moulin de la Galette… Reprenons donc l’ascension de la Butte.. Au fait, mont? butte? Vite, le net… Et j’y découvre que « une des buttes-témoins gypseuses formées de part et d’autre de la Seine et dénommées les « collines de Paris ». À 130,53 mètres, altitude du sol naturel à l’intérieur du cimetière du Calvaire, il jouxte l’église Saint-Pierre de Montmartre, plus ancienne église du Paris actuel. » (Wikipédia, vous aviez deviné!). Donc résumons-nous… Une « colline » qui est une des « buttes » et que l’on dénomme « mont »… simple, non? En tout cas, j’ai appris qu’elle était la plus haute de Paris! Et plus… j’ignorais ce qu’était une « butte-témoin ». Maintenant, je le sais!

Bloc-diagramme simplifié du relief de côtes. Le front de cuesta à pente forte est opposé au pendage des couches.

Une butte-témoin (3) se détache parfois en avant du front.

Mais je n’ai pas tout compris! Il faudra que j’y revienne… Pour l’instant, continuons à grimper la butte, enfin la colline, enfin le mont, bref, montons… et c’est une statue (enfin, des morceaux de statue…) qui attire le regard.

Marcel Aymé a en effet habité à deux pas de là, et repose tout près, au Cimetière Saint Vincent. Normal, donc, qu’une place lui soit dédiée. Avec l’un de ses personnages iconique, Monsieur Dutilleul. Mais savez-vous qui a réalisé cette oeuvre? J’étais pour ma part étonnée en le découvrant. Un indice? C’était un acteur. Eh non, pas le premier qui a interprété ce rôle (Bourvil), mais un acteur qui était aussi écrivain, peintre, sculpteur et potier. Cela vous dit quelque chose? En 1989, neuf ans avant son décès, c’est Jean Marais qui a produit cette oeuvre surprenante. Pas étonnant de la part de « La Bête », non?

Un peu plus haut, je découvre avec stupeur un jardin qui semble à l’abandon. Jugez-en par vous-même, comme moi, à travers la grille fermée.

Inattendu, n’est-ce pas, dans une ville qui manque de logements? Des plaques posées sur les grilles apportent quelques explications. D’abord, qu’il s’agit d’un « jardin » portant le nom d’un des auteurs que je ne suis jamais parvenue à comprendre, contrairement à Proust…

Bien qu’il n’ait jamais longtemps fréquenté Paris, l’auteur l’a tellement mis en scène qu’il a semblé évident de lui rendre cet hommage, comme d’autres, dont j’ai trouvé un autre exemple.

Une autre affiche évoque le souvenir du « Maquis de Montmartre ». Passionnante histoire que celle de cet espace « hors du temps », qui a perduré jusqu’au 20ème siècle, et a donné naissance au personnage caractéristique de la Butte, le petit Poulbot. Ce n’est pas l’objet de cet article, mais si l’histoire vous intéresse, vous en trouverez une belle vulgarisation illustrée sur ce site.

Je ne résiste pas à l’envie de vous faire lire plus en détail la page de droite. Focus donc!

Jouxtant ce jardin, puisqu’elle était initialement incluse comme lui sur le vaste terrain de la ferme, la Cité Internationale des Arts donne envie d’être un artiste invité ici en résidence!

Restons donc dans ce coin calme et enchanteur, jusqu’au prochain épisode?

L’art du détour. Episode 1

Un petit détour, d’abord, pour demander à mes fidèles lecteur-e-s de me pardonner pour ce long silence. L’accompagnement de la finalisation de mémoires est à la fois chronophage et source de surcharge cognitive! Me voici un peu plus sereine (il n’en reste plus que deux) et donc prête à reprendre le dialogue (ou monologue?) avec vous. J’ai quitté les 11 degrés parisiens pour revenir ce week-end à Nissa la Bella… et dès l’aéroport, c’est un autre univers!

Comment faire plus de 50 kilomètres pour rentrer de l’aéroport à son domicile? Voilà ce que j’envisage de vous narrer ce jour…

Vous le savez ou l’ignorez, l’aéroport de Nice est l’un des rares à être situé en pleine ville. Il a été construit sur la mer (au prix de vies humaines, soit dit en passant), à l’extrémité ouest de la « piu bella cita del mondo ». Certes, la Villa qui m’abrite est à l’est, mais le chemin ne fait qu’une douzaine de kilomètres. Alors, que s’est-il passé? Permettez que je vous le narre?

Au départ, le projet d’acheter du terreau pour agrumes. L’un de mes (deux, n’imaginez pas un verger!) citronniers va mal, et le second, planté l’an dernier, grandit lentement. Donc, direction une enseigne trouvée sur le net, promettant des terres diverses pour les plantations (Terre Terre!). Waze me conduit dans un des vallons de Nice. La voie commence par une large avenue, puis se rétrécit au fur et à mesure que l’on monte. Je connais mal ce coin de la ville, jadis peuplé d’Italiens et, sur ses hauteurs, d’Arméniens. A vrai dire, je ne suis jamais passée par là. Donc ravie de la découvert du Boulevard de la Madeleine! Adresse trouvée. Pas trace d’une boutique. Même pas d’un hangar ou d’une réserve. Ni d’un terrain horticole! Or les autres enseignes – que je connais, elles! – sont toutes situées dans la vallée du Var. Vallée qui longe… l’aéroport! Waze conseille de « redescendre » pour reprendre la Prom’. Mais pas question – celles et ceux qui me connaissent bien le savent – pas question de reprendre le même chemin! Je poursuis donc la « montée » du vallon. L’avenue est devenue rue, mais maintenant devient rue très étroite, pour finir dans une clue! C’est vert, c’est beau! On ne se croirait pas en ville… et pourtant c’est toujours Nice!

Un premier lacet, me voici sur le « Chemin du Génie ». Les lacets se succèdent dans une montée à flanc de montagne. La vue est superbe. Mais je crains de rencontrer un quelconque véhicule! Car l’aplomb est vertigineux… Il fait partie du GR de 42 km qui traverse Nice, Lou Camin Nissarte.

Je rejoins alors la route de Bellet. Mais avant, petit arrêt photo. Un instantané vers le Nord-Est…

… et un autre vers le Sud (en contre-jour, normal : il est midi!)

Tentation d’aller visiter les Châteaux de ce quartier niçois (en écrivant, j’ai vérifié : ce n’est pas une commune, mais un bout du territoire de la ville). Quel Français, hors Alpes Maritimes, connaît les vins produits sur ces collines. Il faut avouer que 650 hectares, c’est peu. Mais quand même! Certes, ils sont un peu chers… au point que je n’en ai jamais bu! Promis, je les goûterai un jour pour vous.

Que faire? Redescendre pour regagner sagement l’est et ma maison, ou revenir vers l’est pour aller acheter la terre à agrumes?

La suite au prochain épisode…