De Staël au MAM (1)

J’ai déja vu de nombreuses expositions sur ce peintre, et hésitais à en voir une autre. D’autant que l’affiche était peu alléchante, ne trouvez-vous pas? Mais je n’ai pas regretté d’y être allée, loin de là! Car cette exposition a révélé pour moi des toiles dont j’ignorais l’existence. Cependant elle m’a aussi permis d’en retrouver d’autres, dont je ne me lasse pas…

La présentation est « ordinaire », sur le mode « chronologie ». Avec toutefois un parti-pris de focaliser sur la technique, en particulier sur la composition des tableaux.

Difficile, pour moi, de sélectionner les oeuvres que j’ai envie de partager avec vous! Je me lance, en commençant par le graphisme. Car des esquisses et dessins qui ponctuent l’exposition m’ont intéressée, intriguée ou séduite, quand ce n’était pas les trois à la fois.

Esquisses et dessins

Dès ses premières années artistiques (tout au moins connues, car n’avait-il pas commencé avant, durant exode et exil?), le jeune baron Nikolaï Vladimirovitch Staël von Holstein « trace » des paysages évocateurs. Nous retrouvons cela tout au long de la vie de ce « nomade », d’abord involontaire, puis désireux, voire avide, de découvrir, encore et encore, de nouvelles lumières, de nouvelles couleurs.

J’ai hésité à placer le premier d’entre eux dans cette catégorie, car il est un peu hybride. Premier dans ce texte, mais aussi premier dans le parcours. Et tout y est déjà…

Une vingtaine d’années plus tard, le trait est plus fort, plus vif, comme plus « impatient », quand il évoque Grand Fort Philippe.

Les ports fascinent visiblement le Voyageur. Et ce qui permet de les quitter, ou de les retrouver : les bateaux…

Le dessin n’est pas la finalité, il n’est que le moyen de rechercher, encore et encore. D’une part, les formes, comme dans ce qui précède ou ce qui suit, d’une incroyable légèreté et pureté…

Il est aussi comme un promesse. Promesse d’un tableau, promesse de l’Oeuvre ultime.

Mais le dessin est aussi structure – j’allais écrire « structurant », mais cela me semble réducteur pour la suite du processus créatif.

Avouez que vous n’êtes pas loin, comme moi, de penser que cette ébauche qui retrace la composition (au sens actif) d’une oeuvre en est une elle-même?

Pendant toute une période (certes, courte, car tout est en séquences rapides chez le jeune peintre visiblement hyperactif), la structure qui devrait « cloisonner » les couleurs est ainsi tracée.