Solstice d’hiver

Photo perso… Soleil à Mers-les-Bains, décembre 2025

« Gardons l’espoir malgré les sombres nuées : la Lumière revient toujours »

En ce dimanche 21 décembre, un événement qui me réjouit chaque année… Les jours vont rallonger, enfin. Pour les explications scientifiques, je vous renvoie aux innombrables articles présents sur le net… Pour ma part, je me suis intéressée aux festivités autour de ce solstice, et, cette fois, je vous emmène dans les Andes.

Les Incas fêtent le « Soleil enfant », ou « Renaissance du Soleil » (je ne parle pas quechua, et ai donc dû m’appuyer sur des sources, qui divergent) : Wawa Inti Raymi.

Représentation de la cosmologie des Incas, d’après Juan de Santa Cruz Pachacuti Yamqui Salcamayhua (1613), reproduisant un dessin présent dans le temple du soleil Qurikancha à Cuzco, avec Inti (le Soleil), Killa (la Lune), Pachamama (la mère-terre), Mama Qucha (mère de la mer), et Chacana (la croix du Sud) avec Saramama (la mère du grain) et Kukamama (la mère de la Coca).

Inti, c’est le dieu du soleil, comme vous le voyez ci-dessus, sur cette image extraite d’un diaporama sur la religion inca, héliolâtre (adoration du soleil). Un temple est dédié au Dieu-Soleil à Cuzco, dans la forteresse de Sacsayhuamán (Aigle Royal), que l’on voit à gauche de cette gravure.

Gravure représentant la ville de Cuzco (source)

« L’empereur se tenait au centre et le peuple tout autour. Tous attendaient ainsi le lever du soleil ensemble. Dans le même temps, ils effectuaient des offrandes et des rites. Puis ils se dirigeaient vers le Temple du Soleil. » (source).

Cette fête fut célébrée jusqu’en 1535, puis interdite par les Espagnols en tant que blasphématoire. Cependant son souvenir perdure à travers l’art andin.

Vous voyez où je veux en venir… Célébrons donc le Solstice et la Renaissance du Soleil !

Une fête de la mer en catimini

Tous les ans, le 15 août, le port de Nice vibre aux couleurs non plus noire et rouge, mais blanche et bleue. Les pointus sont décorés, fleuris, embellis. Les marins se vêtent de blanc, avec une petite touche de bleu. La circulation est suspendue, et la foule assiste à la procession de la Vierge qui sort de l’Eglise de l’Immaculée Conception, face au port, traverse les quais et est embarquée sur un pointu, avec le prêtre qui va bénir les frêles embarcations et leurs propriétaires. Normalement, des pêcheurs. Mais depuis quelques décennies ils se font de plus en plus rares, comme je le disais dans un article où je présentais cette cérémonie. Ensuite, une messe est célébrée sur les quais, en grande pompe, par l’évêque et toutes ses troupes, en présence des élu-e-s, des habitant-e-s et de nombreux touristes, en milieu d’après-midi. C’est une des grandes traditions de la ville, que respectent tous ses habitants, quelles que soient leurs religions ou leur athéisme.

Cette année, pas moyen de trouver trace d’une annonce de ces festivités sur les sites, ni même dans les journaux. Et difficile de voir, sur le site consacré aux horaires des messes, s’il y en aurait une ce jour-là, vers le port. J’ai quand même réussi à en trouver une, annoncée à 18h30 dans l’église dont je parlais plus haut. Curieuse, je m’y rends. Eglise parée de bleu et blanc, mais vide, si l’on excepte quelques grenouilles…

Une Vierge au-dessus de l’autel, une autre sur le côté…

… et le troisième de l’autre côté…

Les cierges rouges ont été complétés par des bleus et blancs, ce qui donne un air républicain à la statue… mais n’est-ce réellement qu’une impression???

Aucune n’est donc de sortie en ce jour de l’Assomption. Pas de fête donc? En fouinant, je découvre une petite affiche sur la porte.

Des personnes errent, en quête de la messe. Je leur montre l’affiche… Il ne leur reste qu’à tenter d’aller voir sur ce quai, situé de l’autre côté que celui où se déroule habituellement les festivités. Aucune procession en vue. Toujours mue par la curiosité, je fais de même. Tiens, tiens, petite agitation du côté des pointus. Et des gerbes de fleurs?

Visiblement, on les prépare!

Je continue à avancer, et aperçois, au loin, d’autres embarcations parées qui défilent dans l’indifférence générale.

Pas de bateau avec prêtre, mais, au loin, j’entends des chants. Je m’approche. Chants nissarts…

Dans un rectangle ceint de barrières, entourés du bleu non de la Vierge mais des uniformes de police, municipale et nationale, et de gendarmerie, plus des soldats armés, quelques personnes sont là pour assister à la messe prévue. On les a fouillées à l’entrée! Et il y a bien un orchestre typique. La Cimarde? Je ne sais, je suis trop loin pour le voir. Je repars donc, et trouve cette fois des équipages qui déchargent les gerbes de leur pointu. Il s’est donc bien passé quelque chose. Une bénédiction en cachette?Quelques Niçois ont compris, et viennent récupérer les fleurs. Des touristes de passage par là demandent s’ils peuvent aussi en avoir. On leur en donne. Et c’est ainsi que j’ai pu offrir à ma voisine, le lendemain, ce joli bouquet…