Archipop

Non, ne craignez rien, je suis et reste profondément laïque, et ne ferai donc pas de prosélytisme religieux ! Donc je ne parlerai pas ici de la hiérarchie orthodoxe : il faut décomposer, certes, en « archi » et « pop », mais pour « archives » et « populaires ».

Ancien logo : depuis, ce n’est plus « Picardie », mais « Hauts-de-France »!

« Archipop est une association régionale qui a pour mission de collecter, sauvegarder, conserver et valoriser les archives cinématographiques et audiovisuelles sur les Hauts de France.« 

J’ai découvert en ce dimanche à l’aube un site qui collecte des archives, et en particulier des archives familiales.

« Archipop rassemble aujourd’hui plus de 1 403 heures de films issues de plus de 609 collections soit plus de 7 679 bobines sauvegardées.

Archipop fonctionne principalement grâce à :

  • des dépôts spontanés
  • des projets mis en place sur un territoire donné et co-financés par les collectivités et les institutions
  • des collectes thématiques ciblées et à notre initiative. »

On y trouve donc un peu de tout. C’est parfois drôle, parfois ennuyeux, parfois émouvant… Mais ça « parle ». Les films notamment parlent de la vie d’autrefois, souvent en occultant les aspects laborieux et difficiles. Mais ils permettent d’imaginer les moments forts vécus par nos aïeux.

J’ai trouvé ce matin, par exemple, un film sur une fête que je connais et que j’ai moi-même filmée l’an dernier. La fête de Jeanne d’Arc au Crotoy. Il y avait dix fois plus de participant-e-s que maintenant! Autant dans le défilé lui-même que dans la foule.

Statue de Jeanne d’Arc au Crotoy

On y constate par contre le peu de différences entre la vie des enfants en 1935 et celle d’aujourd’hui, si l’on excepte les tenues, comme dans ce film familial tourné à Mers-les-Bains, une station qui m’est chère.

C’est aussi l’occasion de découvrir ce qui étonnait, surprenait, dans l’actualité, comme dans ce film de 1937 sur les conséquences des perturbations météorologiques à Montreuil sur Mer.

On y trouve des petits bijoux, comme ce film étonnant et très émouvant autour de la seconde guerre mondiale et de l’évacuation, qui en dit plus que tous les livres d’histoire…

Je ne sais pas s’il s’agit de la même famille, mais en recherchant des informations sur son auteur, Paul Bertrand, je suis arrivée à ce site qui ouvre sur les archives et la généalogie d’une famille…

Une belle découverte, donc, qu’Archipop, et une excellente idée, que de préserver toutes ces « petites » archives qui valent bien les grandes! Et, pour occuper les enfants, des jeux… Si vous connaissez un équivalent pour une autre région, n’hésitez pas, parlez-en!

Co-confinement ou cocon-finement?

En naviguant ce matin sur la Toile, j’ai découvert ce site que je veux immédiatement partager avec vous. Il s’agit d’une coopération entre des citoyens lambda, dans un esprit de solidarité et d’entr’aide, avec entre autres l’idée de lutter contre la désinformation et de partager des « méta-ressources », si j’ose dire.
En voici l’adresse : https://co-confines.fr/

Des initiatives intéressantes y sont présentées, comme celle-ci, qui, pour des gourmand-e-s comme moi, donne une idée « généreuse »: payer maintenant ce que l’on rêve de consommer au restaurant plus tard, pour soutenir les restaurateurs… : https://www.lagrandebouffe.club/

Mais aussi la manière d’éviter de saturer Internet tout en télétravaillant, un renvoi à un article de France Inter : https://www.franceinter.fr/dix-astuces-pour-teletravailler-sans-faire-tousser-la-planete

Ou encore, la manière de disposer de livres gratuits : https://www.edition999.info/

Loin de moi l’idée de tout vous citer, on trouve vraiment toutes sortes de pistes dans toutes sortes de direction. Je vous laisse donc découvrir…

Un jour Un tableau

Dans cette étrange période que nous vivons actuellement, Internet devient un média indispensable pour toutes et tous. Et les ressources se multiplient pour permettre l’accès en ligne aux Musées, aux expositions, aux concerts et récitals, aux oeuvres en général. J’y reviendrai sans doute dans les semaines qui vont suivre. Mais, aujourd’hui, c’est d’une page Facebook que je voudrais vous parler, découverte grâce à l’un de mes amis proches.

Photo page d’accueil du site
August Macke (1887 – 1914)

Publier chaque jour sur ou autour d’une oeuvre n’est pas nouveau. Mais choisir avec autant d’originalité et de délicatesse un tableau, quotidiennement, voilà qui est beaucoup plus rare, à mon sens. Et précieux.

Le jardin d’iris, Nobukazu Yosaï Watanabé (1894)
Source : L’Empereur Gallery

C’est pourquoi je ne résiste pas cette nuit à l’envie de vous envoyer visiter cette page, et, pourquoi pas, vous y abonner, afin de bénéficier de cette manne. En voici donc le lien.

Les tableaux choisis sont extrêmement variés, que ce soit dans leur provenance ou dans leur facture, mais ont en commun une forme de « pureté » qui ne me laisse pas indifférente…

Et chacun, outre sa valeur esthétique évidente, provoque une émotion forte. Pas de grands élans tragiques ni d’esthétisme outrancier, mais la trace d’une observation fine du quotidien de personnes/personnages qui entrent dans notre espace et l’envahissent en toute simplicité, depuis la petite fille tenant en sa main une pomme de terre chaude (Robert Gemmel Hutchison) à la jeune Japonaise du XIXème siècle en train de lire devant son miroir (Toyohara Kunichika), en passant par la Finlandaise assise sur un rocher (Joonas Heiska), en train de… rêvasser? observer? contempler? la mer… ou d’attendre? quoi? qui?

(Image copiée sur la page : je ne l’ai pas trouvée ailleurs)

Car s’il est des détails qui donnent vie à certains personnages, comme ce petit Japonais se retournant et montrant quelque chose derrière lui (Utagawa Hiroshige), ou ce jeune garçon se retournant lui aussi, mais pour entraîner une petite fille dans une ronde champêtre (Ettore Tito), il est au contraire d’autres oeuvres dans lesquels les personnages sont partiellement voilés, cachés ou juste ébauchés, leur visage totalement ou partiellement cachés, de manière à nous rendre acteurs de ce tableau, « peintres en imagination », si j’ose cette image. Le sujet créé semble échapper à son créateur, nous faisant à notre tour créateur/créatrice du tableau… ainsi objet nous-même de l’artiste, victime consentante d’une manipulation à laquelle nous nous prêtons bien volontiers…

Pour une fan de l’abstrait comme moi, de quoi se réconcilier avec le figuratif ! Dans l’ensemble des tableaux que j’ai vus jusqu’au moment où j’écris ces mots, il en est fort peu qui ne me « parlent » pas… et j’ai réellement découvert de nombreux peintres dont j’ignorais tout, et qui, pour certains, sont fort peu exposés, y compris sur le net, comme Hans Soltmann, au point que j’ai trouvé une hésitation sur son nom (a au lieu de o) et sa date de décès (1953 et 1955)!

Hans Soltmann, Prints
Platzregen, Hans Soltmann
Source

Un bon moyen en ce moment de voyager de par le monde, car les artistes ont des origines fort diverses. Et interculturalité garantie… poussée à l’extrême même, avec le Pique nique ukrainien dans une ferme canadienne – William Kurelek (1927-1977 Canada)! J’ai même trouvé un tableau représentant un de mes bourgs bretons préférés…

Les Halles du Faou, Lucien Dondaine

Et je vous propose un petit jeu. Pourriez-vous dire quel jeu est représenté dans la sculpture qui s’est glissée au milieu des tableaux?

Quand resurgit le passé…

Un album, des photos d’autrefois… Nous avons toutes et tous, je pense, vécu cela, ces réminiscences, ces nostalgies, ces résurgences de notre vécu. Toutefois il m’est arrivé un événement extra-ordinaire au sens profond du terme. 37 ans après le moment où elles ont été prises et placées dans un album tel que je les aime : couverture en cuir damassé, papier filigrane pour protéger les photographies coincées par les angles… 37 ans après les dernières d’entre elles, presque jour pour jour, des images du Maroc ont réapparu, retraçant toute une tranche de vie et toute une histoire, ou plutôt conjonction de deux histoires : histoire d’une mère et histoire d’un jeune couple.

Pourquoi en parler dans ce blog?

Parce que la vie réserve de belles surprises, et que je voulais partager celle-ci avec les lecteurs et lectrices qui me suivent dans mes pérégrinations diverses. Parce que voir se re-nouer des liens que l’on pensait défaits à jamais est un bonheur que l’on a envie de diffuser autour de soi. Quelle que soit l’évolution des personnes. Quelle que soit l’évolution des liens.

Internet, pour cela, est un outil fascinant, qui permet ce genre de retrouvailles. En quelques années, j’aurai ainsi retrouvé un ami de collège, et aussi renoué des liens que je croyais perdus. Une de mes amies de Guinée vient de m’écrire, pour s’enquérir de mon devenir… Et j’ai pu enfin savoir ce qu’était devenu celui que je rejoignais en été, adolescente, en « Allemagne de l’Est », la RDA où je passais toujours quelques jours en juillet… Je craignais qu’il n’ait été victime du régime de l’époque, tant il souhaitait passer en France… Mais non, il est vivant… et… Incroyable! Professeur de littérature française, et dans une université… française! Je l’ai retrouvé sur le net, sans le contacter.

Peut-être est-ce mieux ainsi. On ne peut pas tout re-visiter. Et mieux vaut ne retrouver que celles et ceux qui ont envie de cela, qui se manifestent spontanément… Comme celui qui m’a fait le plaisir, plaisir emprunt de nostalgie, il faut bien l’avouer, d’exhumer cet album… que je peux partager avec mes enfants et petites-filles… encore un croisement d’histoires…