Son(s) et lumière(s) aux Invalides

En ce vendredi soir du mois d’août, beaucoup de salles font relâche et les spectacles se font rares… Que faire? Alors, je me suis laissée tenter par la Nuit aux Invalides, dont les annonces sur le net sont plus qu’alléchantes…

Et, par certains côtés, je n’ai pas été déçue… mais par d’autres, pas conquise…

Oserai-je le dire? Je ne suis jamais entrée aux Invalides. J’ai toujours soigneusement évité ce lieu que je considérais comme une appropriation sauvage par les militaires d’un espace qui pourrait servir aux citoyens. Alors, l’idée que pour une fois tout Parisien pouvait en bénéficier m’a séduite, et c’est donc avec une curiosité certaine que j’ai franchi les innombrables portes et barrières qui mènent à la cour d’honneur.

Erreur sur la date ? Pas de problème, le personnel est réellement accueillant et l’a vite réparée… Et me voici installée au troisième rang de chaises… et en train de me tordre le cou pour espérer voir tous les côtés éclairés!

Ce qui m’a séduite…

L’ambiance. Recueillie. Calme. Sereine. Etonnant en plein centre de Paris. Evocatrice du « respect » (bien que je n’aime pas trop ce mot) envers les militaires blessé-e-s ou disparu-e-s.

Les projections sur les murs. On commence, hélas, à s’habituer à ce genre de projections. Mais sur une telle surface, cela reste surprenant… et assez prenant, il faut bien le dire.

Le jeu des personnages projetés, faisant des acrobaties pour que leur corps épouse la forme des voutes et fenêtres.

Ce qui m’a moins plu…

Le discours grandiloquent. Il est vrai que, sur une telle thématique, on vire vite au style « pompier ». Et malheureusement le texte n’y échappe pas.

Le non-respect du programme annoncé. La communication autour de l’événement évoque une fresque historique, allant de la Préhistoire à nos jours; il n’en est rien, et j’attends toujours la Préhistoire!

La révérence à Napoléon. Certes, on ne peut parler des Invalides sans l’évoquer. Mais trop, c’est trop…

J’aurais dû me méfier, en lisant le texte d’annonce sur le site officiel.

« 

LE show de l’été à Paris, UN spectacle unique par son histoire, par sa grandeur, par sa technologie de pointe, unique par le rêve qu’il suscite ! Le spectacle à grand succès de Bruno Seillier
Venez traverser 3000 ans d’histoires dans ce lieu hors du temps, des Gaulois à Louis XIV, de Napoléon aux grands hommes et chefs militaires qui ont dessiné le Lutèce d’hier et le Paris d’aujourd’hui.
Venez passer La Nuit aux Invalides, au cours de laquelle,  les grandes voix de Jean PIAT, André DUSSOLLIER et de Céline DUHAMEL vous envoûteront.
En cette année anniversaire des 250 ans de la naissance de Napoléon, prolongez le spectacle par une promenade nocturne aux chandelles dans l’église du Dôme à la rencontre de Vauban, Lyautey et Foch, l’Aiglon entourant le tombeau de l’Empereur. »

Et surtout, mais c’est sans doute une erreur de ma part, j’attendais un vrai Sons et Lumières, avec des acteurs, une mise en scène, de la musique… Il n’en est rien.

Et l’impossibilité de visiter l’Eglise du Dôme aux Chandelles : plus de place pour cette soirée ni pour les suivantes…

En marge du spectacle

Une réflexion sur la visée historique, et, en particulier, sur les notions de « patriotisme » et de « nationalisme ». Débat sans issue ou véritable conscientisation à faire, pour tout citoyen, et à faire faire, pour tout pédagogue ou parent?