Le citronnier revit !

Lorsque je suis arrivée à Nice après 10 mois d’absence, j’ai trouvé l’un des citronniers mort, et l’autre bien malade.

Un fruitier égrotant!

Le premier a été coupé et remplacé par un « jeunot », acheté en Italie. Le second a été rafraîchi, et arrosé consciencieusement chaque jour… Et le voici qui semble revivre! Des fleurs sont apparues…

Et les rares petits fruits qu’il portait croissent désormais normalement.

Quel bonheur de voir renaître l’arbre! Je voulais le partager avec vous… comme j’en profite pour vous rappeler ou faire connaître ce beau poème de Machado.

Le citronnier suspend alangui
une branche pâle et poussiéreuse
sur l’enchantement de la fontaine limpide,
et là-bas, tout au fond, rêvent
les fruits d’or… C’est une claire après-midi,
quasi printanière,
tiède après-midi de mars
qui porte déjà le souffle d’avril;
et je suis seul, dans le patio silencieux,
recherchant une vieille et candide illusion :
quelque ombre sur le mur tout blanc,
quelque souvenir, dormant sur la margelle
en pierre de la fontaine, ou bien, dans l’air,
quelque errance de tunique légère. Dans l’atmosphère de l’après-midi
flotte cet arôme d’absence
qui dit à l’âme lumineuse : jamais,
et au coeur : attends. Cet arôme qui évoque les fantômes
des fragrances vierges et mortes. Oh! oui, je me souviens de toi, après-midi joyeuse et claire,
quasi printanière,
après-midi sans fleurs, lorsque tu m’apportais
les bonnes senteurs de la verveine
et du basilic
que ma mère gardait dans des pots de terre. Tu m’as vu plonger mes mains pures
dans l’eau sereine,
pour atteindre les fruits enchantés
qui rêvent aujourd’hui au fond de la fontaine… Oh! oui, je te connais, après-midi joyeuse et claire,
quasi printanière. (Antonio Machado)

En allant vers le Luxembourg… la rue des Ecoles

En ce dimanche de mai, j’ai décidé d’aller voir l’exposition sur les Nabis au Luxembourg. Me voici donc en route, cheminant par la rue des Ecoles.

Camino caminando

J’aime cette phrase qui représente pour moi la Vie, faite d’apprentissages permanents et de découvertes incessantes… Et, comme mes pas me conduisent souvent par la Rue des Ecoles, il y a une con-jonction que j’apprécie.

Je ne résiste pas au plaisir de citer quelques vers de Machado

Caminante, son tus huellas
el camino y nada más;
Caminante, no hay camino,
se hace camino al andar.
Al andar se hace el camino,
y al volver la vista atrás
se ve la senda que nunca
se ha de volver a pisar.
Caminante no hay camino
sino estelas en la mar.

Marcheur, ce sont tes traces
ce chemin, et rien de plus ;
Marcheur, il n’y a pas de chemin,
Le chemin se construit en marchant.
En marchant se construit le chemin,
Et en regardant en arrière
On voit la sente que jamais
On ne foulera à
nouveau.
Marcheur, il n’y a pas de chemin,
Seulement des sillages sur la mer.

Traduction de José Parets-LLorca (Source)

Vous pouvez voir le poème entier et entendre son interprétation musicale par Joan Manuel Serrat ici.

Ave, Bel Eminescu

Comme je le fais toujours, je salue au passage le poète roumain… Quelqu’un lui a-t-il offert des fleurs aujourd’hui? Non, il est dépouillé et toujours aussi jeune, beau et romantique…

Pe cararea-n bolti de frunze,
Apucand spre sat în vale,
Ne-om da sarutari pe cale,
Dulci ca florile ascunse.

Extrait de Floare Albastra (Source)

Bleu de Perse

Le bleu et le vert sont mes couleurs préférées… Il faudra d’ailleurs que je vous explique pourquoi je les relie toujours, et en ai trouvé écho en langue bretonne… Comme, par ailleurs, j’ai flirté avec la Perse dans mes lectures classiques, et rencontré pas mal d’artistes iranien-ne-s à Paris ces dernières années – sans compter que ma chirurgienne-dentiste est aussi Iranienne -, l’expression « Bleu de Perse » me parle triplement… Or il se trouve qu’une boutique ainsi nommée vient de s’ouvrir au numéro 38 de la rue des Ecoles, pour ma plus grande joie.

C’est le pied!

Je ne résiste pas à l’envie de vous poser l’énigme du jour… dont vous connaissez sans doute la réponse… Qui est celui ou celle dont on ne cire qu’une chaussure?