Découverte d’Ainhoa

Comme je n’ai pas pu « monter » à la chapelle d’où a été prise cette vue, je l’ai empruntée sur cet article que je vous conseille de lire…

« Ainhoa », c’est « la petite colline », comme le « gain » que l’on trouve dans de nombreux toponymes, comme Bordagain…

« Le nom du village d’Ainhoa apparaît dans les archives au 13ᵉ siècle, aynoa en 1238, sans le -h-, et quelques années après, en 1243, aynhoa et aynho, avec le -h-. Le -h-, non aspiré, et même muet, nous indique la marque d’une ancienne palatalisation de la nasale. En d’autres termes, cela signifie que le nom a jadis dû être prononcé [Aiñoa], avec un -n-mouillé, un -ñ-. La forme Agnoa figure d’ailleurs dans l’enquête linguistique et toponymique dite de Sacaze, réalisée en 1887 dans l’ensemble des départements pyrénéens. Cette forme « mouillée » semble avoir disparu, car aujourd’hui, on dit simplement Ainhoa. » (Source)

Je ne connaissais pas le village d’Ainhoa, et ai souhaité aller le découvrir. Ce que je n’ai pas regretté, loin de là. Tout en me disant qu’il valait mieux le voir « hors saison » que lorsqu’il était envahi par une horde de touristes. Car des touristes, il doit y en avoir parfois, à en juger par la quantité de boutiques et de restaurants sagement alignés le long de la rue principale! Cette même artère bordée de maisons aux façades toutes plus belles et/ou intéressantes les unes que les autres.

Une spécificité, outre les colombages : le nom du ou des propriétaires, à certaines époques, est indiqué par une plaque.

Un incontournable : l’église et le cimetière qui l’entoure, avec une jolie vue sur la vallée.

Bien sûr, de nombreuses stèles discoïdales.

« Composée de deux parties distinctes, la stèle discoïdale superpose un carré (ou trapèze) et un cercle. Symboles universels, ces deux formes disent la fonction du monument : le passage du carré au disque suggère celui du défunt de la terre vers le ciel.

Ces stèles sont l’œuvre d’artisans, tailleurs de pierre, qui maîtrisent la technique du champlevé pour la réalisation du décor. Elle consiste à faire émerger les motifs en évidant la surface de la pierre, créant face au soleil des effets changeants et des jeux d’ombre d’une grande force décorative. » (Source)

Certaines inscriptions rappellent que le Pays Basque n’est pas en France…

Le porche de l’église est surprenant, traversant et orné d’un beau double escalier en colimaçon.

Pénétrons dans l’édifice. Typiquement basque, avec ses tribunes… Mais le plafond est exceptionnel.

« Au XVIIe siècle a été créé le somptueux plafond en pitchpin à six caissons lambrissés. Une merveille de la charpenterie basque, unique en son genre, au moins au Pays basque Nord. » (Source)

En y regardant de plus près, deux surprises. La première, c’est le motif décoratif…

Vous ne rêvez pas! Ce sont bien des piments d’Espelette. Il faut dire que les deux bourgs sont proches…

Carte du 18ème siècle. Source BNF reprise ici

La seconde se trouve dans le tableau. Observez bien. Que regarde le nourrisson?

Pas du tout sa mère! Mais le vaste monde… ou vous?

Une autre Vierge à l’Enfant originale : la statue proche de l’entrée. Difficile à photographier, mais j’ai tenté…

« Statue de Notre Dame de l’Arantza (Aubépine se dit « arantza » ou « elorri » en basque).

Selon la tradition, la Vierge serait apparue à un jeune berger au-dessus d’Ainhoa, près d’une source qui jaillit sous un buisson d’aubépine. Une tradition en tous points semblable à celle qui prévaut pour le sanctuaire d’Aranzazu, au-dessus de l’université d’Oñate en Guipuzcoa, lieu de pèlerinage célèbre depuis le XVe siècle.

Selon la coutume, le lundi de Pentecôte, une procession part de l’église Notre-Dame de l’Assomption au bourg pour se diriger vers la chapelle Notre Dame d’Arantza érigée sur le lieu supposé de l’apparition. » (Source)

C’est la chapelle d’où a été prise la vue initiant cet article… La voici, photographiée par un ami.

Une autre statue a retenu mon attention.


Je n’entrerai pas dans les détails de tout ce qu’offre cette église d’apparence si modeste, mais m’attarderai sur l’un d’entre eux.

Surprise de voir cet animal et ses petits sur l’autel, j’ai voulu m’enquérir à ce sujet. Heureusement, dans un coin de l’église, j’ai trouvé des feuillets plastifiés, fort abîmés hélas, qui m’ont permis de comprendre. Voici l’extrait concernant l’explication…

Si vous passez par là, prenez le temps de placer une pièce pour voir s’éclairer l’édifice, et vous bénéficierez en outre d’un bel accompagnement musical ! A propos de musique, n’oublions pas l’orgue.

Bon, d’accord, on ne le voit pas… Par contre, on admire le décor.

Dommage que la loi entraîne de telles violations de l’esthétique! Suivons donc le panneau et sortons, car il est temps pour moi d’aller faire une visio. Avantage et inconvénient du télétravail! Mais où la faire? Je me dirige vers un café restaurant proche de l’église et explique mon cas, sans trop y croire. Et, à ma plus grande surprise, le patron accepte de me recevoir. Non seulement cela, mais, comme le restaurant n’ouvre pas ce jour-là, il me laisse la salle entière pour que je puisse procéder tranquillement à la visioconférence, afin d’éviter d’être dérangée comme ce pourrait être le cas dans la partie « salon de thé ».

Je profite donc de cet article pour le remercier, ainsi que son aimable personnel et le barman qui m’a préparé un délicieux Moscow Mule… Ah! j’allais oublier de donner le nom de ce bel établissement où je me suis promis de retourner pour un repas dans cette ambiance si sereine. C’est la Maison Oppoca.

Le temps a été trop court pour découvrir tous les trésors de ce bourg, il va donc falloir que j’y retourne lors d’un prochain séjour… ou que je lise cet ouvrage qui lui est consacré?

Van Gogh à Auvers-sur-Oise (2)

Aujourd’hui je vous propose de nous rendre avec le peintre dans ce qui était alors un petit bourg de campagne, Auvers-sur-Oise. J’y suis déjà allée à deux reprises, mais n’avais pas vu tout ce que j’en ai découvert au travers de cette belle exposition dont je vous parlais hier, au Musée d’Orsay.

On y découvre l’environnement avant que ne soit présentée la « réalité » du village, par un plan et des photographies de l’époque. N’ayant pas réussi à prendre correctement la photo du plan présenté, je l’ai emprunté à un autre blog

Vous en avez déjà vu hier certains aspects, dans les dessins de l’artiste. En voici quelques autres, dans la sélection que je vous présente.

Certains tableaux semblent inachevés… mais peut-être était-ce la volonté du peintre, voulant à tout prix produire un maximum avant de disparaître?

Les lignes deviennent si épurées que je défie quiconque, qui ne verrait que le détail suivant, de deviner qui en est l’auteur-e!

Les maisons – j’allais écrire les masures – fascinent l’artiste, comme vous l’avez déjà remarqué dans les esquisses.

On se promène avec lui dans les ruelles bordées de murs, on aperçoit parfois des habitant-e-s qui vaquent à leurs occupations…

Je me suis demandé si le fait que tant de demeures semblent être de guingois était une interprétation poétique. Mais les photos d’époque proche montrent bien la pauvreté ambiante, si l’on excepte les résidences des « riches », dont je vous parlerai dans un autre article.

La rivière est ainsi vue sous deux aspects : les lavandières qui y travaillent durement, et les « touristes » qui canotent.

Point de lavandière dans cette exposition… Au passage, je remercie encore l’auteur de Un Jour Un Tableau qui continue à découvrir et publier des tableaux représentant des bugadières ou autre lavandières sur son magnifique blog, suite à notre communication pendant le premier confinement! Par contre, les bourgeois-e-s sont bien là.

Comme vous avez pu le constater, le « style » Van Gogh s’estompe parfois, mais parfois aussi explose dans telle ou telle partie du tableau. Un des exemples les plus connus est celui qui suit.

Mais on identifie les volutes chères au peintre dans bien des oeuvres.

Un petit zoom?

La flore se prête à cela…

Encore un petit zoom?

Ou deux?

Or les jardins abondent dans le village.

Restons-en là pour aujourd’hui. Ils feront l’objet d’un prochain texte, si cela vous intéresse…

Le Musée d’Orsay sans la foule : Van Gogh à Auvers (1). Les dessins.

Je viens de découvrir que l’on pouvait échapper à la foule qui envahit trop souvent le Musée d’Orsay. Comment? Tout simplement en profitant d’un avantage de la carte d’abonnement Orsay / Orangerie, qui permet d’entrer dès 9h, une demi-heure avant l’ouverture du musée. Certes, on a l’impression qu’il n’y a que des vieux / vieilles sur terre, mais au moins on est tranquille pour voir une exposition aussi attirante que Van Gogh à Auvers-sur-Oise.

J’avais pourtant hésité à aller la voir, tant j’ai vu et admiré de tableaux de ce peintre, dans tant de musées. Dont la belle exposition que je vous ai relatée dans ce blog, voici quelques temps… Heureusement que je me suis laissé convaincre à y aller! J’ai découvert des oeuvres… Eh oui, encore! Et l’émotion suscitée par ce parcours dans les derniers mois de l’artiste perdure en l’évoquant aujourd’hui, trois semaines après l’avoir vue. Eh oui, cela fait 23 jours que j’y suis allée, et 19 que j’ai commencé cet article, puis cessé d’écrire sur ce blog. La déprime de fin d’année. Je déteste cette période de fêtes « obligées », ce moment des obligations sans fin… Impossible de « se » retrouver, de « s’y » retrouver. Et donc, pour moi, d’écrire! Mais revenons à notre sujet, au lieu de continuer à pleurer sur ce qui est enfin terminé. Car ça y est, on a changé d’année! Ouf!

Qu’ai-je découvert? D’abord, les dessins. J’ignorais cette autre face du génial créateur.

Le rendu du travail des paysan-ne-s, par exemple, est saisissant. Qu’il s’agisse de scènes de groupe, comme celles qui suivent…

A traits plus ou moins fins ou grossiers…

Ou que ce soit le geste qui l’intéresse plus précisément, comme celui du faucheur…

Changement de focale pour le situer en contexte…

Car l’inerte l’intéresse aussi, par exemple les maisons. Mais ce n’est jamais totalement inerte, en réalité…

Les dessins précèdent la peinture. Vous avez pu reconnaître des tableaux dans ceux qui précèdent. Voici un exemple : les bottes de foin. Comme des sorcières dissimulées ou des fantômes agités…

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je trouve le dessin plus « puissant » émotionnellement que la peinture. Inattendu, non ?

Bien sûr, on trouve aussi des portraits, comme celui du Docteur Gachet qui l’a suivi à Auvers-sur-Oise.

Certaines oeuvres sont un peu colorées. Juste ce qu’il faut pour « rendre » sa lumière au ciel…

Van Gogh « croquait » ce qu’il voyait dans un petit carnet de cuir visible dans une des salles centrales de l’exposition. Inattendue, cette scène d’un café ou d’un magasin…

Jusque dans ses écrits les dessins s’insinuent.

Et parfois dans d’autres dessins. Regardez bien en bas de ce dernier, au centre. Vous y verrez une esquisse de la chambre du peintre.