Brillants Lumière(s)

Un couple rencontré à la terrasse de l’un de mes lieux de restauration (dans tous les sens du terme) préféré, l’Ebouillanté (dont je vous ai déjà parlé maintes fois), m’a conseillé d’aller voir un documentaire. Or je ne suis pas une fana de ce genre. Mais je les ai écoutés. Et je m’en suis félicitée, ô combien, tout au long de la projection à l’UGC Danton. Son titre?

Un film certes fondé sur un parti-pris : le génie incontestable d’un père et de ses fils. Mais pas seulement. De leurs femmes, leurs enfants, bref, un film à la gloire de la famille. Ce qui pourrait faire fuir, me direz-vous. Non, surtout, ne fuyez pas. Et si vous en avez l’occasion, allez le voir. Car il faut le voir sur grand écran. Cela perdrait trop sur celui de votre ordinateur ou de votre téléviseur.
En effet, ce qui rend ce film littéralement extra-ordinaire, c’est que la technique a permis de restaurer suffisamment les innombrables « vues » tournées par Louis Lumière, son frère Auguste et les opérateurs qu’ils ont formés et envoyés aux quatre coins du monde.

Le cinématographe Lumière

En cherchant sur le net, pour préparer cet article, j’ai trouvé à ma grande surprise un article de 2015 évoquant déjà un film du même type, article très intéressant.

« À la différence de ce qu’ont subi la plupart des films de l’époque du muet, les films réalisés sous la marque Lumière ont été remarquablement préservés. Béatrice de Pastre, directrice des Archives françaises du film, donne le chiffre de 1.422 «vues» réalisées sous la bannière des industriels lyonnais. Le DVD aujourd’hui édité par l’Institut Lumière en propose un choix de 114, remarquablement restaurés, et offrant un survol aussi complet que possible des principaux aspects de la production de la firme du quartier Monplaisir.« 

Car à cette époque, c’est en DVD que ces films avaient été proposés, si j’ai bien compris, avec un montage totalement différent de celui qui prévaut dans le documentaire actuel. Un autre parti-pris : une structuration autour de thématiques. Pas géniale, mais qui « embarque » le spectateur et la spectatrice dans une « histoire » telle que l’on ne s’ennuie à aucun instant. « Embarquer », ce terme n’est pas choisi par hasard. Car naviguer à la proue d’un bateau à voile, c’est ce que proposent des images choisies dans ce film. Je ne les ai pas trouvées sur le net, mais vous pourrez voir ici celles de l’embarquement familial à La Ciotat, fief de la famille Lumière.

Outre la beauté des images, ce documentaire m’a séduite pour de multiples raisons, qu’il serait trop long de décliner ici… Je préfère donc vous laisser le découvrir vous-même, comme je l’ai fait grâce à cette belle rencontre en terrasse au soleil printanier…

Voiles sur Seine

Nous avons évoqué hier la passion de Caillebotte pour les canots (et canotiers!). Aujourd’hui nous le retrouvons en bord de Seine (et de mer), mais s’intéressant à un autre type d’embarcations, les voiliers. Il a en effet été parmi les premiers membres du Cercle de la Voile, fondé à Argenteuil en 1858. Si l’histoire de ce cercle vous intéresse, vous la trouverez ici.

Comme il l’avait fait pour des canots, il se passionna pour la construction de voiliers, tels que l’Iris (au premier plan sur la photo ci-dessous), Inès et le Roastbeef.

Voici ce qu’en disait un des commentaires d’une exposition précédente, intitulée « Dans l’intimité des frères Caillebotte » :

« À la fin des années 1870, les frères Caillebotte se lancent dans le yachting, passion qu’ils partageront jusqu’à la mort de Gustave en 1894. Vice-président du Cercle de la voile de Paris dès 1880, Gustave participe avec Martial aux régates d’Argenteuil. Sur des voiliers comme Inès ou Condor, ils s’illustrent en obtenant souvent les premiers prix (Régates à Argenteuil, Bateaux à Argenteuil). Leur propriété du Petit Gennevilliers, située en bord de Seine, devient par ailleurs le siège des activités du Cercle de la voile de Paris (La Berge du Petit Gennevilliers et la Seine).

Qualifié par le journal Le Yacht d’ « amateur d’Argenteuil de grande compétence » en 1881, Gustave Caillebotte commence à concevoir lui-même les plans de ses bateaux (Gustave Caillebotte travaillant à un plan de bateau). Le plus célèbre d’entre eux est le Roastbeef que Martial photographie en chantier (Le Roastbeef à sa sortie du chantier) avant ses brillants débuts sur le bassin d’Argenteuil en 1892. De la conception à la navigation, les frères Caillebotte suivent attentivement le parcours technique de leurs voiliers »

Et il arrive que l’on navigue et régate en mer, comme ici en Normandie…

L’architecte, le navigateur et l’administrateur du Cercle de Voile n’oublie pas pour autant qu’il est peintre. La série « voiliers » de l’exposition m’a séduite.

Contrairement aux tableaux consacrés aux canots, on ne distingue pas bien les corps ni les têtes des navigateurs, qui restent dans un flou subtil…

… à une exception près…