Le Domaine du Ferret

Lieu choisi par mon fils, qui le fréquente souvent (hors saison, bien sûr, car il m’a expliqué combien le cap est insupportable l’été en raison du flux touristique)… Et que j’ai découvert avec plaisir. Un endroit hors du temps, au milieu d’une pinède, et dont l’architecture s’inscrit bien dans cet environnement. Un exemple : la vue depuis ma table de petit-déjeuner…

Mais avant de vous présenter les détails, le plan proposé par le site du Domaine… Bien sûr, échelle non respectée entre le domaine et les bourgs environnants!

Une petite promenade? Allons-y… On commence par l’accueil? Ou plus exactement le passage qui conduit de l’accueil aux autres lieux, car, comme vous le savez, j’évite les photos de personnes, et donc du personnel fort aimable en charge de cet accueil…

Nous voici dehors… à gauche, la partie extérieure d’une piscine qui se poursuit à l’intérieur, avec hammam (efficace) et sauna (un peu trop petit hélas).

Nager sur le dos, de nuit, en regardant les étoiles… Je n’aurais jamais cru pouvoir le faire la nuit de Noël en Aquitaine! Eh bien, si… et ce fut un vrai moment de sérénité!

Mais revenons à l’arrivée, et à la recherche du lodge.

Le Cap… Ah! le voici!

Ouverture de porte un peu compliquée, alliant mécanisme et électronique. J’y parviens quand même et découvre un intérieur tout aussi naturel et recherché que le reste.

Celui-ci est petit. Mais d’autres membres de la famille en avaient un destiné à quatre personnes, dont la salle de séjour fut assez grande pour accueillir les trois générations du réveillon familial!

Le matin, direction la salle à manger. Mais un objet attire mon regard, lorsque je sors du lodge.

J’allais en remercier des membres, lorsque je m’aperçois que leurs portes sont tout aussi ornées… En effet, c’est la direction qui a eu cette idée. Oranges et bonbons. Comme autrefois. Noël n’a pas été oublié. Et la décoration intérieure le montre…

Le temps est venu de quitter cet endroit idyllique, après un petit déjeuner fort agréable. Un dernier regard avant une petite virée touristique, que je vous narrerai prochainement.

Découverte du Cap Ferret. 1. La Lège

Jusqu’à maintenant, à une exception près, les fêtes de Noël se déroulaient dans un des domiciles familiaux. Cette année, nouveauté donc que l’organisation du Réveillon à l’extérieur… Plus précisément, au Domaine du Cap Ferret. Au programme : découverte des environs, piscine/sauna/hammam, et soirée familiale dans un des lodges, au coeur de la forêt de pins.

Un premier arrêt : Lège

Un village dont le centre est interdit aux véhicules, en cette période de fêtes. Voilà de quoi m’intriguer. Arrêt donc au centre de Lège, sur le parking proche de l’église Saint Pierre. Je précise, car il n’y a pas moins de trois églises à Lège! Et celle-ci a failli s’appeler Saint Blaise car, en 1770, un effroyable ouragan détruisit les récoltes et noya le bétail. Les habitants adressèrent alors une pétition à l’archevêque.

« Fau pas se mouca de lous Lege, lou Sen Pé ne bau ré de ré, nou en boulem mey, hique lou dehore” (faut pas se moquer de nous, les Légeots, saint Pierre ne vaut rien, » flanquons-le dehors). »

L’église actuelle ne date que du début du 20ème, car la précédente, trop petite, a été détruite en 1925 pour être remplacée, trois ans plus tard, par l’actuelle. L’intérieur en est surprenant. Dès la porte d’entrée, une forme de militantisme.

L’originalité est omniprésente, avec des choix très affirmés (Jeanne d’Arc, Curé d’Ars, Sainte Thérèse…), alliés à une option de « modernité ». Partout, des détails originaux…

Néanmoins, on retrouve quelques éléments de l’ancienne église…

A la sortie resurgit le monde païen, avec un mini-village de Noël.

Une chorale philadelphienne à Saint-Sulpice

L’affiche m’avait surprise : que venait faire une chorale de Philadelphie dans notre vieux Paris?

Et qui plus est, un lundi à 15 heures! La moitié des compositeurs sus-cités m’intéressait… les autres, pour moi étaient d’illustres inconnus, mon « savoir » sur la culture américaine étant quelque peu lacunaire. Cependant, j’ai tenté… et me suis retrouvée au premier rang, suivie par un public plutôt clairsemé, qui s’est progressivement étoffé car des touristes l’ont rejoint.

Bref, les chanteuses et chanteurs étaient presque aussi nombreux/euses que celles et ceux qui les écoutaient! Car le nombre, il faut le dire, était impressionnant. Une bonne cinquantaine! Les voici arrivant « sur la scène », devant l’autel en une longue, longue file.

File suivie par son « directeur », Jeffrey Brillhart.

Enfin, tout le monde est installé, le concert peut commencer. Directement : aucun commentaire, aucune présentation. En réalité, il fallait lire le papier qui avait été remis à l’entrée, et dont j’ai d’abord pensé qu’il s’agissait d’un faire-part de deuil.

Et au verso, le programme, dont a priori nous ne comprenions pas bien la structuration.

Si je devais le décomposer en « parties », ce serait simple : la première et la seconde. Au début, pour moi, une belle découverte. Je ne vous ferai pas l’injure de vous présenter Bruckner ni Poulenc ni Duruflé. Mais peut-être, comme moi, ne connaissiez-vous pas Thompson? Voici une autre version de la chanson qui initiait le concert. Quant à Pierre Villette, je n’ai pas trouvé de version d’un Ave Maria, mais une d’un Salve Regina, interprété par un choeur inattendu… Né à Duclair, près de Rouen, en 1926, et décédé en 1998 à Aix-en-Provence, où il avait dirigé le conservatoire pendant 23 ans, il a composé 80 opus, peu connues en France :

« De façon étonnante, son œuvre n’a jamais été très reconnue en France, sans doute du fait de sa carrière accomplie en province quand Paris domine la vie artistique du pays. » (Wikipedia)

J’ai donc beaucoup apprécié ce début de programme, notamment la « comparaison » possible de deux compositions autour du texte « O magnum mysterium ».

« O magnum mysterium, et admirabile sacramentum, ut animalia viderent Dominum natum, jacentem in praesepio! Beata Virgo, cujus viscera meruerunt portare Dominum Christum. Alleluia. »

En français:

« O grand mystère, et admirable sacrement, que des animaux voient leur Seigneur nouveau-né, couché dans une mangeoire! Heureuse Vierge, dont le sein a mérité de porter Le Christ Seigneur. Alleluia! »

Eh oui, c’est un chant de Noël, un chant grégorien créé pour les matines de Noël. Et j’ai ainsi appris, en préparant cet article, qu’il n’y avait pas deux versions, mais que de multiples compositeur-e-s l’avaient mis en musique (liste de Wikipedia)

« Bon nombre de compositeurs ont créé des polyphonies de ce chant ; parmi lesquelles les plus connues sont celles de Byrd, Morales, Victoria, Gabrieli, Palestrina, Alessandro Scarlatti, Poulenc, Judith Bingham, Harbison, La Rocca, Mäntyjärvi, Pierre Villette, Lauridsen, Kevin Memley, Busto, Louie, et Miškinis. »

Parmi elles et eux, donc, Poulenc et Lauridsen. Si vous voulez « jouer » comme moi, en voici deux interprétations. D’abord, Poulenc, par la Maîtrise de Notre-Dame de Paris. Puis celle de Lauridsen par le Choeur de Radio France. Très différentes, ces oeuvres, n’est-ce pas? Mais que c’est beau à entendre!

Le programme annonçait ensuite quatre motets… ce qui faisait 5, car le texte précédent est aussi un motet! Ensuite, on enchaîne sur la deuxième partie. Quel écart! Me voici soudain dans une ambiance toute autre, évoquant vaguement le Godspel.

Voici le tout dernier morceau, que j’ai très partiellement enregistré pour vous le faire entendre. Peut-être aimerez-vous?

Dernière oeuvre du programme ci-dessus: Moses Hogan

Vous devinez que j’ai beaucoup moins apprécié… et vous avez raison… Et de ce fait, mon regard s’est davantage promené aux alentours. Au pied du gnomon, un prêtre confessait… hors du confessionnal…


J 56 après N-C

Je me suis beaucoup interrogée en cette nuit de Noël sur la portée symbolique de la fête, sur ce que l’on transmet aux générations suivantes, et sur la manière dont elles la vivent… Et je me suis questionnée aussi sur les représentations des un-e-s et des autres autour de « la crèche »… symbole ou simple objet de décoration? Au point que lorsque les « jeunes » ont choisi de modifier quelque peu ses « occupant-e-s », transformant en santons quelques objets de décoration placés aux alentours, j’ai balancé entre colère et rires…

Avant minuit
Cherchez les erreurs!

J 54 après N-C… et veille de Noël

On nous rebat les oreilles de Noël plus qu’on ne l’a jamais fait, cette année. Pour nous inciter à consommer, bien sûr! Et les films – guimauve surabondent sur les chaînes de télévision, pour mettre en scène des rencontres de couples qui, ne se connaissant pas au début, finiront par passer la fête ensemble, dans une maison super-illuminée (pas écolo!!!) ou une grange que tout le village aura participé à décorer… et avec des pulls tous aussi laids les uns que les autres. Seule la drôlerie en sauve quelques-uns.

Dommage, car Noël pourrait être une belle fête, si l’on oubliait tout ce clinquant et le côté économique. Une des rares fêtes de la laïcité. De la vraie laïcité, c’est-à-dire de l’acceptation des autres idéologies, philosophies et religions. Que pour certaines c’est La date importante de l’année, où l’on célèbre la naissance du Sauveur, et pour d’autres celle d’un prophète parmi d’autres, et pas le plus important, tout le monde l’accepte, dans un partage qui pourrait être vrai, et qui l’est heureusement encore souvent… C’est aussi celle de la subsidiarité (cela fait deux semaines que je veux écrire à ce sujet mais n’en trouve pas la sérénité nécessaire pour aborder un tel sujet)… Oui, des portes s’ouvrent, des couverts sont mis, des bras sont ouverts pour des personnes esseulées ou en difficulté de tout ordre. Enfin, je devrais mettre l’imparfait. Car cette année elles resteront hélas souvent closes, et les places à la table de fête seront souvent limitées… Qui restera dehors? Ou qui mangera à la cuisine, pour reprendre l’excellente idée de certains de nos membres du gouvernement? Mais je sais que « l’esprit de Noël », si vanté dans les films américains pour des raisons tenant autant du puritanisme que du commercial, règne encore, et je vous souhaite de passer le meilleur ou le moins mauvais réveillon possible.

Alors, aujourd’hui, dans cet esprit d’ouverture et de laïcité, quelques photos d’une crèche arménienne. Elles ont été prises avant-hier à la cathédrale Sainte-Croix des Arméniens, à Paris. J’ai eu des difficultés à comprendre la genèse de cette église, vouée au culte catholique orthodoxe arménien.

D’après certaines sources, elle a été construite sur un terrain où se situait avant un entrepôt de bois, qui a brûlé en 1897.

« La cathédrale Saint Jean-Baptiste a été construite entre 1902 et 1904 sur les ordres du bienfaiteur Alexandre Mantashev, un richissime arménien originaire de Tbilissi en Géorgie.

Le terrain sur lequel la cathédrale est construite abritait un grand entrepôt en bois qui a accueilli le bazar de la Charité pendant quelques mois avant de brûler en 1897.

Mantashev a confié l’œuvre à Albert-Désiré GUILBERT, architecte français à qui l’on doit l’église Notre-Dame de la Consolation, située à 150 mètres de l’actuelle cathédrale au 23 de la rue Jean Goujon.

L’ensemble de la construction comprend la cathédrale, une cour intérieure, un bâtiment de deux étages servant de siège à la primature (1er étage) et de locaux administratifs (rez-de-chaussée) avec en plus une salle en sous-sol, d’une capacité d’accueil d’une centaine de personnes, créée en 1990 et qui fut nommée d’après un bienfaiteur, Nourhan Fringhian. »

D’autres racontent une histoire bien différente. Elle aurait une origine beaucoup plus ancienne et aurait connu bien des vicissitudes.

« Sa construction remonte à 1623. Le financier Claude Charlot qui entreprend de créer des logements dans le quartier du Temple, construit l’église Saint-Jean-Saint-François ainsi qu’un couvent attenant où s’installent des frères capucins. La chapelle de ce couvent est construite l’année suivante, sur l’emplacement d’un ancien jeu de paume dont un mur subsiste le long de la rue Charlot.

A la Révolution le couvent est détruit puis loti sauf la chapelle qui devient en 1791 église paroissiale. L’église, fermée en 1793 puis achetée par la ville de Paris en 1798 est rendue au culte en 1803 après le Concordat.

L’église est agrandie entre 1828 et 1832 et son porche est reconstruit par Victor Baltard en 18551 (sic). Entre-temps Cavaillé-Coll y réalise une de ses premières orgues parisiennnes en 1844. Dans les années 1970, l’église, alors fermée au culte, est confiée à la communauté arménienne qui la transforme en cathédrale catholique. »

Pour ma part, j’ai tendance à opter pour un mixte des deux. En effet, sur la façade, on voit inscrit la devise de la République… Ce serait sans doute durant la période 1798-1803 dont il est fait état plus haut. A moins que cela ne corresponde aux années 1970? Par contre, pour la suite, je pense que les donateurs auxquels il est fait allusion ont effectivement oeuvré à son achèvement.

J’étais déjà venue dans ces lieux pour un concert. Et c’est la musique qui m’y a accueillie, avec le son des orgues. Sans doute une répétition ou un essai, car trois messieurs sont ensuite sortis de derrière l’autel, où se situe le clavier, laissant le silence s’installer.

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Mais revenons à la crèche… L’an dernier, j’avais eu le plaisir de visiter une exposition de crèches du monde entier. Cette fois, c’est un univers spécifique que j’ai admiré… Prenez le temps d’observer, zoomez, les détails sont émouvants…