Bords de Seine et environs

Aujourd’hui je me propose de cheminer de l’Avenue Rapp – eh oui, le Général n’a pas donné son nom qu’à un square! – au Pont Alexandre III, par la rive gauche. Balade agréable en cette fin d’après-midi d’un dimanche d’avril… Vous l’avez compris, promenade engagée après le spectacle Le Tour du Monde en 80 Jours évoqué dans un autre article.

L’avenue Rapp

Qui se souvient que cette avenue a abrité au XIXème siècle l’un des trois hippodromes de Paris – petit quizz en passant : où étaient les deux autres? – , celui du Champ de Mars? J’aurais voulu vous en montrer une représentation, mais la seule que j’aie trouvée n’est pas libre de droit. A vous de la regarder sur le net! Je vous propose une annonce numérisée par la BNF en lieu et place…

Annonce d’un spectacle à l’Hippodrome
du Champ de Mars

Je ne remonterai pas au-delà du square éponyme, et me contente de « descendre » vers la Seine…

Un superbe immeuble « Art nouveau »

Loin d’être une experte en architecture, j’ignorais tout de cet immeuble, y compris son existence, avant qu’un ami ne me le fasse découvrir… Il vaut le détour ! Construit par Lavirotte – oui, le même que vous avez déjà vu au 3 du square Rapp – au tout début du XXème, il arbore fièrement une façade qui évoque l’activité du propriétaire de l’époque : céramiste – et pas n’importe lequel! Alexandre Bigot en personne…

Mais quelques détails vous attireront peut-être par leur aspect inattendu. Je ne vous en dis pas plus, mieux vaut les découvrir soi-même, selon ses affinités…


Pour en savoir plus sur la collaboration entre architectes, ingénieurs et artistes, comme celle qui a donné vie aux ornements de la façade, une lecture que j’ai trouvée intéressante (l’immeuble est évoqué page 323). Et un blog proposant un circuit des « immeubles Lavirotte ».

Moscou à Paris…

L’avenue débouche sur les quais entre le quai d’Orsay et le quai Branly. Or c’est ici, au numéro 1 de ce dernier, qu’a été édifié un monument pouvant paraître incongru – en tout cas, inattendu – au coeur même de Paris : la cathédrale de la Sainte Trinité.

Il y avait à ce moment une exposition de peinture qui m’attirait… Hélas, horaire trop tardif, impossible d’entrer. Je me contentai donc de découvrir l’intérieur de l’édifice, aux ors clinquants heurtant mon goût pour la sobriété. J’aime les icônes, mais l’abondance de celles-ci leur nuit à mon sens. De même que l’abondance de décors, de tableaux, et la disproportion avec leur environnement.

C’est pourquoi je ne poursuivrai pas sur cette cathédrale, mais m’attarderai sur un détail. Une Vierge au regard dur, voire au geste menaçant. La photographie n’est pas bonne, mais je la joins, car j’aimerais que vous m’aidiez à l’identifier, je n’y suis pas parvenue…

Tableau non identifié

Il se trouve que, peu de temps avant, un ami m’avait fait observer un tel regard et un tel geste sur un tableau semi-caché de la chapelle Notre Dame de la Persévérance à Barbizon… encore un écho…

Des espaces flottants que j’hésite à qualifier de « verts »

A l’origine des jardins de l’Archipel des berges de Seine Niki de Saint Phalle , une idée intéressante : proposer une réserve naturelle en plein coeur de Paris et des espaces de détente pour les promeneurs.

Hélas la nature a du mal à survivre dans ce lieu, qui vaut néanmoins d’être vu au moins une fois, ne serait-ce que pour la prouesse technique et les hamacs à disposition du public…

Un bar au soleil couchant

Un peu plus à l’est, deux bars se font face, pris d’assaut lorsque le soleil suit son penchant naturel pour le couchant… L’un, sur une péniche, est pris d’assaut et il est difficile d’y trouver place. L’autre est plus vaste, beaucoup plus vaste, et en pleine expansion car un espace sous le pont Alexandre III est en cours d’aménagement.

Bruyant, service faible, temps d’attente incommensurable parfois, il présente tous les défauts possibles. Mais un avantage : admirer la Seine au couchant, avec vue sur le pont (si on aime) et les Palais, Petit et Grand.

Le Tour du Monde en 80 jours

Une étrange idée pour un dimanche ensoleillé !

Jamais je n’aurais pensé aller voir cette pièce, tant le titre évoque pour moi de longues heures face à des élèves qui ne comprenaient pas plus que moi pourquoi elles et ils étaient obligés de disséquer un livre considéré par ces ados comme poussiéreux… rares étaient ceux et celles qui aimaient Jules Verne, et il fallait toute la mise en scène de l’enseignante – actrice pour leur faire apprécier l’ouvrage… ou tout au moins quelques extraits… Aussi étais-je dans l’expectative en rejoignant l’ami qui m’y avait poussée… puis en constatant qu’une grande partie du public était constituée de familles « nombreuses » – les parents avaient-ils donc une progéniture si abondante ou certains s’étaient-ils sacrifiés pour emmener les enfants des autres avec les leurs, assurant ainsi aux autres une marge de liberté pour se retrouver en couple?

Un lieu étrange…

Le théâtre de la Tour Eiffel – que je ne vous situerai pas, vous trouverez si vous êtes perspicace ! – n’existe que depuis peu. Il a pris la place du théâtre Adyar, dont vous trouverez le faire-part de décès sur Facebook en date du 13 décembre 2016.

Pourquoi « étrange »? Par sa situation, dans l’immeuble qui abrite le siège français de la Société Théosophique. Vous ne connaissez pas? Mais si… Et si la mémoire ne vous revient pas, voici la présentation qui en est faite sur son site 6 – je cite:

 » La Société Théosophique est un groupement non sectaire dont les buts sont:
 1)      Former un noyau de la Fraternité Universelle de l’Humanité sans distinction de race, credo, sexe, caste ou couleur ;
2)      Encourager l’étude comparée des religions, des Philosophies et des Sciences ;
3)      Etudier les lois inexpliquées de la Nature et les pouvoirs latents dans l’homme.
La Théosophie est la Sagesse qui soustend toutes les religions, au-delà de leurs dogmes et superstitions.
Sa devise : IL N’Y A PAS DE RELIGION SUPERIEURE A LA VERITE »

Les éditions Adyar étaient aussi hébergées à cet endroit… Normal, puisque leur objet est de – je cite encore – « faire connaître l’enseignement théosophique ».

Bien, vous avez maintenant compris l’origine de l’ancien nom de ce théâtre… Il est temps d’en venir au présent, non sans avoir admiré la façade « art nouveau » de cet imposant immeuble sis au numéro 4 dans le square Rapp. Clin d’oeil de l’histoire, soit dit en passant, car le Général Rapp s’était d’abord orienté vers des études théologiques pour devenir pasteur!

4 Square Rapp
Paris 7ème

Et, si vous allez square Rapp, n’oubliez pas de regarder aussi le plus discret numéro 3, un immeuble de l’architecte Lavirotte, dont je reparlerai un peu plus loin…

Une pièce délirante

Comme je le disais, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre… et je ne me serais de toute façon pas attendue à ce que j’ai vu.

Le site annonçait certes ceci :
« Le tour du monde en 80 jours, c’est une comédie en 80 fous rires.
C’est le mariage fou entre OSS117 et les Monty Python. 
C’est la traversée délirante des 4 continents et de tous les océans du monde.
Ce sont 5 acteurs complètement cinglés. 
C’est le premier spectacle flashé à 210 sur l’autoroute.
 »

Et j’avais du mal à y croire… Eh bien, pour une fois, la publicité n’a pas trop menti… Spectacle délirant, acteurs engagés dans des dialogues fous qui renvoient au texte initial tout en se faisant l’écho de l’actualité, morceaux de bravoure dont on ne sait jusqu’à quel point ils sont improvisés, mise en jeu des spectateurs… Et des inventions intéressantes dans la mise en scène elle-même. Bref, un excellent moment…

Dommage pour vous, il n’est plus à l’affiche de ce lieu depuis fin avril.

Mais la Compagnie Sébastien Azzopardi le joue au théâtre des Mathurins à partir du 16 mai, d’après mes informations… Et vous pourrez toujours aller voir le Square Rapp et ses environs, dont un autre article traitera.