Marguerite de Chablis

Elle ne s’appelle pas Marguerite (Emmanuelle, mais chut! ne le répétez pas!), mais a choisi ce nom en hommage à l’histoire de la Bourgogne. Elle? La sympathique patronne de ce lieu apaisant, reposant, tranquille, sis pourtant en plein coeur du bourg… Vous pouvez la voir ici, dans son établissement… Aussi « serein » que la rivière qu’il borde – enfin, le bief détourné de celle-ci, qui mène au moulin.

Un endroit où il fait bon se délasser, en se régalant d’une assiette de charcuterie ou d’escargots tout aussi bourguignons. Et, bien sûr, en dégustant un bon Chablis ou un Irancy, selon la couleur désirée. Mais on peut aussi apprécier la tarte salée du jour (en l’occurrence, une tarte à l’oignon, dont la recette picarde vient de la maman de l’hôtesse), ou encore un clafoutis aux cerises (locales, bien sûr!).

Tout est frais, soigneusement cuisiné par un agréable expert que l’on peut voir officiel dans la minuscule cuisine.

Et servi avec une amabilité extraordinaire par un homme qui a préféré se « déclasser » (il a été chef de rang, responsable, etc. dans de grands lieux parisiens) pour profiter de la vie à la campagne, au milieu des coteaux viticoles, plutôt que de continuer à courir et vivre en « décalé » avec son épouse en Ile-de-France.

Il ne reste qu’à prendre place aux mignonnes tables rouge brique…

… et observer les gardons et autres petits poissons jouant à travers les nénuphars et autres plantes aquatiques…

Et quand il fait froid ou qu’il pleut, me direz-vous? Eh bien, une grande salle voûtée vous accueille, avec un bon feu de bois, et même un coin-salon aux fauteuils invitant à la paresse. De quoi y venir et revenir!

Et les Français-es ne sont pas les seul-e-s à apprécier, comme l’atteste ce commentaire.

De retour à Donibane Lohizune

Après ces journées passionnantes de découvertes en mer et sur terre, les derniers instants en Pays Basque ont été embellis par un délicieux dîner et une nuit agréable dans mon hôtel préféré. Je vous ai déjà parlé du restaurant, le Pil Pil Enea.

Mais tant pis, je recommence.

D’abord, parce que l’accueil y est chaleureux, avec un patron-serveur des plus aimables, et qui ne manque pas d’humour. Ensuite, parce que les plats servis sont toujours aussi bons. En l’occurrence, un assortiment de tapas (« assiette luzéenne »), parmi lesquels mes préférés sont de petites aumônières fourrées de fromage frais de brebis. Sur la carte : « croustillants d’ardi-gana ». « Ardi », c’est la brebis. « Gana », le fromage. Mais le jambon, les piquillos, les beignets de piment frit et les chipirons sont des petites merveilles.

Ensuite, un merlu à l’espagnole. Fondant à souhait, baignant dans une délicate sauce, accompagné de grenailles. Mmmmm…

Le tout, bien sûr, arrosé de ce vin découvert récemment. Au départ, peu apprécié. Puis de plus en plus. Et maintenant, j’en raffole. Le Txakoli. En plus, très amusant à servir, avec le bec verseur utilisé aussi pour le cidre, rappelant le « Pays Basque », « Euskal Herria ».

Je ne savais quoi choisir comme dessert. Le patron m’a conseillé la « Coupe Manzana ». Et je n’ai pas regretté…

Un sorbet pomme accompagné (on verse soi-même les doses que l’on souhaite, au fur et à mesure) d’une liqueur du même fruit. Un peu sucré, mais si rafraîchissant et « digestif » après cet excellent repas!

Il ne manque qu’une nuit sereine avant de reprendre la direction de la capitale et du travail. Bien sûr, dans « mon » hôtel luzéen : l’Agur Deneri.

Sur les hauteurs de Ciboure, il offre une magnifique vue sur la plage et le port de Saint-Jean-de-Luz. Le couple qui le tient est d’une incroyable gentillesse et cherche toujours à faire plaisir. Les chambres sont lumineuses, agréablement décorées. Avec une amie, j’ai eu l’occasion d’en voir plusieurs, et voici quelques exemples. La « rose », rez-de-jardin…

La « jaune », numéro 2, également rez-de-jardin. Très lumineuse, non?

Enfin (car je ne vais pas vous faire visiter tout l’hôtel!) celle que je préfère, et que l’on m’attribue même si je réserve en dernière minute, comme ce fut le cas ce jour-là, la 26, angle du deuxième étage, ce qui permet d’avoir la meilleure vue, avec un beau balcon…

Elle permet de voir le soleil se lever sans se lever soi-même du lit…

Et les douches sont garnies de jets massants. Que demander de plus? Ah oui! Un petit déjeuner dont chaque aliment est tracé – la liste des fournisseurs, fermes, apiculteurs, éleveurs des environs vous est transmise, et servi dans une salle aux baies vitrées offrant une large vue sur les villes, plage, port, montagnes aux alentours. De quoi reprendre des forces avant de reprendre… le travail! Ce qui fut fait le lendemain…

L’Aveyron au pied de Montmartre

Vous vous êtes peut-être demandé pourquoi j’avais évoqué l’Aveyron dans le titre de mon précédent article… et je réitère! Mais peut-être aussi avez-vous deviné? Souvenez-vous : en ce dimanche de mars, il était près de 14 heures, et je n’avais toujours pas déjeuné… Eh oui, l’équipe qui m’a fort gentiment et gaiment accueillie dans un restaurant, au bas de la Butte, était aveyronnaise. Et, bien sûr, une partie (non négligeable) de la carte aussi. Son nom pourtant ne l’évoque pas. Il me faisait penser davantage à une fête religieuse : l’Ascension.

Quand je suis arrivée, je visais bien évidemment les tables au soleil. Mais elles étaient occupées. Les seules libres se situaient près de l’entrée et étaient à l’ombre. Un jeune homme vient m’accueillir. Je lui explique ce que je suis en train de faire : calculer, en projetant la course du soleil, quelle serait celle qui bénéficierait la première de ses rayons. Et je lui en désigne une. Il me dit que j’ai raison, mais qu’elle est réservée, et m’en suggère une autre, que j’accepte. Effectivement, une dizaine de minutes plus tard, je bénéficiais de la chaleur solaire. Quant à la table réservée, j’ai compris pourquoi et surtout à qui : à sa soeur et un ami venus… de l’Aveyron.

Lui-même avait acquiescé quand, après avoir vu la carte, je lui avais demandé s’il était  » de là-bas ». Autre détail le rendant bien sympathique, ce tout jeune patron de restaurant : il essayait d’écrire sur une ardoise affichée au mur (que vous voyez sur la photo ci-dessus, derrière ma chaise – celle qui porte un blouson blanc), et n’y parvenait pas. Je lui demande ce qu’il veut inscrire : il voulait faire une réduction aux personnes qui avaient, le matin, couru le semi-marathon de Paris. Je lui demandai s’il l’avait fait lui-même. « Oui », me répondit-il, en me montrant la grosse médaille grise (en plastique!) qu’il cachait sous ses vêtements.

Et ses amis l’avaient aussi fait, bien sûr, d’où leur retard et leur tenue (et l’épuisement avoué par la suite de l’un d’entre eux). Ce fut donc un repas avec des échanges fort sympathiques. Et un repas au rapport qualité/prix inégalable, avec une saucisse grillée (de l’Aveyron, bien sûr) et un aligot délicieux. Il regrettait de ne plus avoir de Marcillac (qui s’imposait!), mais le Malbec de Cahors bio était tout à fait agréable.

L’intérieur est d’une belle sérénité, en alliance d’orange non agressif et de vert amande.

Bref, si vous passez par là, n’hésitez pas à vous y restaurer. Et, le dimanche, y prendre un brunch. C’était le repas des jeunes voisins de table, et il avait l’air exquis!

Quitte à descendre la Butte pour une nouvelle « ascension » après, comme je l’ai fait pour « remonter rue Saint Vincent ».

Sauf si vous préférez emprunter le bus qui vous y aide, le 40. Il passe tout près du 62 rue Custine où se situe l’établissement. Et vous pouvez aussi venir d’ailleurs, car les métros 4 et 12 ne sont pas loin! J’allais oublier de vous donner l’URL de son site : https://lascensionmontmartre.com/

De Montmartre à l’Aveyron

Nous en étions resté au sommet de la Butte. Il faut maintenant en redescendre! De préférence en passant pas les lieux-cultes : les vignes, la Maison Rose et le Lapin Agile… En raison d’une surcharge de travail, j’ai dû reporter la rédaction des deux derniers articles. Le week-end m’apportant un répit, j’en profite pour revenir vers Montmartre… et, vous vous y attendez je pense, me diriger vers le vignoble (dont je n’ai encore à ce jour pas réussi à goûter le produit!)

Si vous regardez le panneau ci-dessus, il ne date que de moins d’un siècle. Je ne sais pourquoi, mais j’ai toujours imaginé qu’il remontait quasiment à l’Antiquité?

Savez-vous combien il y a de cépages dans le vin de Montmartre (pour rappel, en général les assemblages en dépassent rarement 3-4)?

Eh oui, vous avez bien lu! Pas moins de vingt cépages pour ce vin exceptionnel!

A quoi sert cette étrange « paillotte »? Mystère… Mais continuons à descendre, car le rose d’une maison m’attire. Je ne suis pas la seule, à en juger par le nombre de touristes, visiblement de toute provenance, qui se pressent autour d’elle. Si vous regardez ce site, vous la verrez telle qu’elle était au 19ème siècle. Et, comme vous le savez sans doute, elle est liée à l’histoire de la peinture française, en particulier d’Utrillo. La voici telle qu’il l’a peinte…

… Et la voici telle que je l’ai vue…

Elle a visiblement dû être protégée pour survivre à la promotion immobilière! Un peu plus loin on peut constater que les habitant-e-s ne manquent pas d’humour. D’abord, un jeu de mots qui n’est compréhensible que si l’on connaît le nom de l’artère : la rue des Saules. Ensuite, le petit diablotin souhaitant des vendanges heureuses…

Au rose a succédé des dégradés de blanc et ocre, quand tout à coup, la palette s’amplifie. Pas seulement à cause des façades! Tel les instruments d’un orchestre, vélos, murs, palissades et fleurs offrent une symphonie de couleurs.

Un salut au passage à ceux qui ont permis à cet établissement de vivre et de survivre : Frédé, qui le tenait quand l’édifice a failli être absorbé par un projet immobilier, et Aristide Bruant qui l’a sauvé en le rachetant, pour ensuite le revendre au fils de l’ancien tenancier… Je vous laisse deviner qui est l’un et qui est l’autre, sur cette photo, même si on ne voit pas la couleur des écharpes…

Quittons l’établissement dont j’ai appris qu’en réalité il s’appelait au départ « Le Lapin à Gill », car André Gill, caricaturiste, avait imaginé un lapin bondissant d’une casserole comme enseigne de l’auberge-guinguette qu’il fréquentait, pour un petit détour par la rue Saint Vincent, pour un dernier regard au Clos Montmartre.

Et je reprends la rue des Saules pour descendre chercher un restaurant, un peu plus éloigné des troupeaux de touristes. Il est temps : presque 14 heures. On a beau être à Paris, les restaurants ont leurs horaires!

Une façade attire mon regard. Décidément, l’humour est omniprésent!

Le chemin va m’amener en Aveyron… Mais c’est une autre histoire…

Une « institution » : le Bofinger

Elle fait partie des « institutions » parisiennes, en termes de restauration : la Brasserie Bofinger perdure encore et encore. Et qui plus est, elle « vit » bien. J’y étais allée voici bien longtemps. J’y suis retournée cette semaine. Elle est toujours là. Elle n’a pas changé.

Et qui plus est, on y mange bien, pour un prix raisonnable.

Toute la vaisselle est estampillée!

Et aucun détail n’est oublié. Ainsi, pas de sachet plastique ou de petit pot ouvert pour la moutarde : une petite conserve de marque, individuelle.

La choucroute « signature » est excellente. Avec le petit bol de Crémant d’Alsace qui vient rehausser, au dernier moment, le goût du chou, c’est un vrai délice. Jarret, trois types de saucisse, poitrine… Tout y est, pour le plus grand plaisir des gourmand-e-s, dont je suis.

Elle était tellement copieuse que j’ai fait l’impasse sur le dessert, mais mon voisin s’est laissé tenter. Je lui ai conseillé la Forêt Noire. Il n’a pas été déçu!

Les vins proposés à la carte sont un peu chers, mais j’ai trouvé un Riesling acceptable, à partager avec un des convives… C’est le troisième de cette liste impressionnante de vins d’Alsace que vous trouverez en ligne ici.

Mais le plus impressionnant reste le cadre dans lequel on se restaure. Le Ministère de la Culture le décrit ainsi.

« Description historique

Fondée en 1864 par l’aubergiste alsacien Frédéric Bofinger, originaire de Colmar, elle sera la première brasserie parisienne à servir la bière à la pression, en 1870. Une partie du décor d’origine daterait de 1880. Après l’agrandissement de la brasserie en 1919, englobant trois boutiques avoisinantes, le décor a été refait de 1919 à 1921 par l’architecte Legay et le décorateur Mitgen, avec une coupole ovale ornée de motifs floraux. Le vitrail, au premier étage, montrant Gambrinus, Roi de la bière, est signé par les maîtres-verriers G. Neret et E. Royer ; les statues de hérons en céramique sont l’oeuvre du sculpteur Jérôme Massier. Après un nouvel agrandissement en 1930, une salle réalisée en 1931 à l’occasion de l’Exposition coloniale a été décorée de tableaux montrant des paysages alsaciens, réalisés par le peintre Jean-Jacques Waltz, dit Hansi, également auteur de l’enseigne de l’établissement. Les urinoirs, dont les montants sont ornés de têtes de dauphins, sont également à signaler. La devanture de l’établissement a été refaite en 1982, en chêne, à l’identique de celle de 1919. » (Base Mérimée)

Voici des photographies que j’ai faites, en relation avec le texte ci-dessus.

  1. La coupole

2. Gambrinius, roi de la Bière

3. Autres éléments du décor

Mobilier et objets sont tout autant porteurs d’Histoire.

J’ai cherché à en savoir davantage sur cette marque et cette date…

« Peu de gens connaissent le prénom de ce créateur de génie, Ernest Mauviel, mais les produits hérités de son atelier artisanal fondé en 1830 sont devenus célèbres dans le monde entier. Quant à ses héritiers, tous ont le feu sacré. D’Ernest hier à Valérie aujourd’hui, déjà 7 générations que l’entreprise phare de la Baie du Mont St Michel magnifie les cuisines des professionnels et des particuliers, en France comme à l’étranger. Son savoir-faire d’exception est l’atout maître de son succès et sa capacité d’adaptation en est la clé de voûte. Depuis presque deux siècles, Mauviel 1830 s’adapte aux évolutions du marché. » (source)

Enfin, la vue du 1er étage où nous avons déjeuné ouvre en perspective sur la coupole de l’église Saint Pierre Saint Paul.


Les Pipos, ce n’est pas du pipeau!

Si vous avez suivi mes pérégrinations de ce samedi soir, vous avez sans doute remarqué qu’il a beaucoup été question de découvertes, de boissons et de rencontres… Mais où avons-nous pu nous sustenter? Mystère! Eh bien, je vous apporte (enfin!) la réponse : nous sommes retournés aux Pipos, qui avaient été une de mes bases naguère. J’avais découvert ce restaurant situé face à l’ancienne Ecole Polytechnique par hasard. Mais surtout, j’avais fait la connaissance de son patron lors d’un stage de rattrapage de points sur le permis de conduire… ça crée des liens! Et j’y allais donc assez souvent, car j’aimais à la fois le cadre, l’ambiance, la nourriture et l’accueil. Le patron l’a quitté, et j’y étais retournée une fois. Mais avais été très déçue et n’y suis pas retournée.

Pourquoi y aller ce soir-là, sinon pour remonter le moral à un vieil ami dont je sais qu’il adore les os à moelle, bien qu’il ne soit pas du genre canidé. Et nous y avons passé un excellent moment, autour d’un bon repas.

Le style est toujours aussi « vieille France ».

Néanmoins je remarque de nouveaux éléments de décor : les tableaux au plafond.

Le style est inattendu en ces lieux, mais pourquoi pas? Quant à la disposition, encore plus inattendue, n’est-ce pas?

On nous prévient tout de suite qu’une chanteuse sera présente durant la soirée. Effectivement, elle va aller et venir dans le restaurant durant tout le repas. Je n’aime pas son répertoire, mais j’admire sa voix et surtout son courage de continuer à chanter avec passion alors que les convives autour des tables sont plus attentifs à leurs hôtes et à leur repas qu’à la musique, visiblement.

Le repas? Parlons-en. Toujours aussi bon. Il paraît que l’os à moëlle, très copieux, est un régal. Pour ma part, ce fut du boeuf en croûte. Je n’ai pensé à le photographier qu’après en avoir dégusté plus de la moitié…

Et la tarte Tatin, agrémentée de crème fraîche, est toujours aussi délicieuse… Pour accompagner tout cela, un « petit » vin. C’est, comme souvent, le problème dans ce genre de restaurant : les prix des vins grimpent vite! Le choix s’est donc porté, après conseil de la fort agréable et très compétente serveuse, sur un Côte du Roussillon au nom tout à fait séduisant.

L’ambiance est aux échanges avec les tables voisines… D’un côté, deux amies trentenaires venues dîner avant le théâtre. De l’autre, d’abord un jeune couple très « bourgeois cathos timides », puis un quatuor de jeunes médecins, dont 3 venus de Montpellier pour la manifestation qui avait lieu ce jour. De joyeux drilles! Dont une (quel est le féminin de « drille »? de « médecin »? Ah la pauvreté de notre langue dans ce domaine!).

Lorsque nous nous décidâmes enfin à quitter ce lieu si chaleureux, nous eûmes la surprise de voir le barman (serveur? patron?) saisir le micro de la chanteuse et entamer une chanson, davantage dans les répertoires que j’apprécie.

Vous pouvez maintenant reconstituer la soirée… Dans l’ordre, Mexicain, puis repas franchouillard, ensuite Café Litteratum, et pour finir les USA avec le Long Hop… un vrai voyage!

Découverte du Cap Ferret. 5. En quête de table le jour de Noël

Après la visite de L’Herbe et ses agréables surprises, l’heure est venue de se mettre en quête d’un restaurant, pour ce midi de Noël. Direction « Chez Hortense ». Une véritable institution du coin. Je vous propose d’écouter ce podcast qui en raconte l’histoire, narrée par un des descendants d’Hortense, Olivier Lafitte, fils de Bernadette, que vous pourrez aussi entendre. Un article a été consacré à ce restaurant par Le Monde. Hélas, quand nous arrivons, c’est pour constater qu’il est aussi fermé que le phare aperçu au passage.

Que les portes en soient closes, on peut comprendre, en cette période de fêtes. Mais « lumière éteinte »??? Un phare sans lumière… du jamais vu, sauf pour ceux qui sont désaffectés! Il ne reste plus qu’à regarder le site – fort bien conçu, soit dit en passant, puis aller se promener sur une grève, non loin de là. La vue sur la Dune du Pylat, de l’autre côté du Bassin, est à couper le souffle.

Une petite carte pour vous y retrouver? Et ne cherchez pas la logique du parcours, car il a fallu revenir sur nos pas pour aboutir à un restaurant qui nous a accueilli-e-s. Encadré en rouge ci-dessous.

L’espoir était en cours d’abandon (il était près de 14 heures), au moment où l’on nous dit qu’une table allait se libérer. Un peu d’attente, certes. Mais l’endroit est si agréable, et le soleil brille…

J’ai recherché l’histoire de ce restaurant, dont on dit que c’est un des plus anciens du Cap. Effectivement, dans les années 50 il existait sous la forme d’une dégustation, « Chez Louis ». Il s’agit de Louis Villenave, qui a repris par la suite un autre restaurant, le Bélisaire. On voit le bâtiment et sa terrasse sur cette ancienne carte postale, empruntée au site dont je vous ai déjà parlé.

Le voici maintenant… et je vous propose le Jeu des Différences!

Difficile de reconnaître, n’est-ce pas? D’autant qu’un détail a dû vous sauter aux yeux…

Revenons en arrière. J’ai encadré en rouge ce qui allait devenir le restaurant l’Escale.

Eh oui, le débarcadère a changé de place. La première jetée, construite en 1877, que l’on voit sur cette carte écrite en 1951, a été remplacée par un nouvelle, sise plus à l’est, donc presque en face du restaurant. La vue depuis la Jetée Bélisaire permet d’embrasser une grande partie du Bassin d’Arcachon (voir vidéo ci-dessous).

Mais revenons au restaurant, où les convives ont été installé-e-s pendant que je baguenaudais… Et à la vue qui s’offrait à moi en dégustant de délicieuses huîtres.

Tout le monde a apprécié le repas, notamment la souris d’agneau fondante à souhait… Comme le proclame le slogan placé en titre du site, « Notre concurrent, le Paradis! »

PilPil Enea

Photographie copiée sur le site Tourisme 64

J’avais voulu intituler cette série « restaurants luzéens ». Je me suis aperçue d’une erreur : l’adjectif s’écrit « luziens »! J’ai ensuite voulu le traduire en basque. « Restaurant » se dirait, d’après le net, « jatextea ». Et Luzien? « Donibandar ». Mais, pour le premier, je ne sais pas si cela désigne n’importe quel type de restaurant! Et, pour le second, c’est certes le gentilé, mais ce terme peut-il devenir adjectif, rapporté à un objet??? J’ai donc supprimé l’intitulé, pour ne garder que le nom des commerces. Après le Bar Basque, c’est au tour du Pil Pil Enea aujourd’hui. Continuons nos escapades linguistiques : « pilpil », c’est une « façon de cuire quelques poissons typiques du Pays Basque qui est fait avec de l’huile, du piment et de l’ail, dans une casserole d’argile, et servi bouillant » (source). On s’attend donc à ce qu’ « enea » désigne un poisson, n’est-ce pas? Eh bien, non. J’ai utilisé le traducteur Itzuli pour rechercher les noms de différents poissons… en vain! « Enea », c’est un terme pour désigner une maison, avec la connotation d’ambiance chaleureuse et d’ancrage familial.

Pour découvrir ce restaurant, il faut être bien informé : sa devanture est étroite, et il est situé dans une petite rue à l’écart de la plage, du port et du centre ville. Pour ma part, ce fut le résultat d’une recherche sur le net un soir où de nombreux autres étaient fermés. Encore fallut-il ensuite trouver l’adresse! Et j’ai compris pourquoi il ne communique pas davantage : il est comble tous les jours… Sa renommée est telle qu’il ne désemplit pas, et j’avais bien fait de réserver! Et j’ai compris pourquoi. Si vous voulez réussir la triangulation « accueil chaleureux », « ambiance conviviale » et « excellents plats », c’est là qu’il faut aller.

J’ai été tellement absorbée par la conversation de l’hôte et la dégustation que j’ai oublié de faire des photos de l’intérieur et que je n’ai pensé à prendre celle du plat principal qu’après avoir commencé à manger la morue!

Quant au dessert et au vin, le Txacoli qui s’imposait, vous n’en verrez rien!

J’emprunte au site du restaurant son histoire.

« Avec son grand-père patron pêcheur et sa grand-mère gérante d’une pension de famille, c’est tout naturellement qu’Yvan se tourne vers les métiers de bouche dans un seul et unique but : créer un endroit chaleureux où le plaisir d’une bonne table se partage. Il cuisine dans son restaurant des plats traditionnels tels que la fameuse soupe de poissons de sa grand-mère mais également des plats typiques basques. Il s’approvisionne en poissons auprès des pêcheurs locaux.

Suite à sa formation en école hôtelière, Yvan part travailler en Allemagne quelque temps. Ensuite, il revient en France pour accroître son expérience dans le restaurant gastronomique d’un Relais & Châteaux situé dans le Sud-Ouest. De là, il s’oriente vers un autre type de restauration en cuisinant dans une auberge familiale à Arcangues.

Sa passion pour les produits frais du terroir et son envie de perpétuer et de préparer les recettes de sa famille, le conduit à reprendre l’ancienne pension de famille. »

Yvan est donc aux fourneaux, et c’est Nicolas qui s’occupe de la salle et des client-e-s, avec dynamisme et humour. Il s’est bien moqué de moi, notamment (mais avec bienveillance) quand j’ai demandé des couverts pour manger les tapas…

Une adresse à noter, et n’oubliez pas de réserver : il n’y a que 26 places!

Le Bar Basque

J’ai annoncé le dernier article sur ma récente virée en terre basque, mais j’avais oublié mon projet d’écrire sur les restaurants découverts durant ce séjour. Je vais vous les présenter rapidement, dans l’ordre où j’y ai dîné, en commençant par le Bar Basque.

C’est une véritable « institution » de la ville, car il est plus que centenaire. Voici ce qu’en écrit le CIAP.

« Le Bar Basque était l’institution luzienne des années 1920, le premier endroit de la ville où la société mondaine se réunissait pour passer des soirées festives.

C’est en 1924 que Charles Cerutti, célèbre pour la réussite de son restaurant-dancing à Cannes et directeur du restaurant du casino de la Pergola, reprend le Bar Basque. Cet établissement connait alors un succès florissant et devient un lieu emblématique des fêtes durant les années folles. »

Vous connaissez peut-être l’histoire de la Pergola? Sinon, je vous conseille de lire ce site, très intéressant, avec, qui plus est, de nombreuses photos montrant les transformations (plus ou moins bienvenues) de celle-ci.

Je ne suis pas parvenue à trouver une photo de cet homme, venu du Sud natal pour diriger le restaurant du complexe hôtelier tout « moderne » jouxtant le casino, et qui eut l’idée de reprendre ce bar. Au fait, qui l’avait créé? Je l’ignore…

L’atmosphère est restée marquée par l’ancienneté du bar.

Un article récent narre notamment l’histoire d’oeuvres qui ornaient les murs.

« De l’immense comptoir en bois sculpté, aux belles poutres massives, son vrai plancher en bois, ses peintures dans les boiseries murales et des photos d’hier, toute une époque se reflète dans l’authenticité de son décor et des souvenirs d’une maison avançant sur son centenaire en 2024. Haut lieu de soirées luziennes, c’est aussi un voyage dans les pas d’Hemingway ou encore de Maurice Ravel qui aimaient particulièrement le non moins célèbre cocktail « Macca’B » ! Poètes, écrivains, musiciens ont couronné son histoire artistique, comme les peintures originales du peintre Benjamin Floutier. Pour la petite histoire, le spécialiste Robert Poulou a expliqué « Ce sont probablement ses plus belles œuvres, accrochées dans le bar de 1925 à 2005. Pendant quatre-vingts ans, des générations de Basques et des milliers de touristes ont pu contempler ces tableaux, lesquels ont été vendus aux enchères en 2005 ».

Voici un exemple d’un des tableaux de Louis-Benjamin Floutier, vendus aux enchères.

Les tableaux ont été vendus, la salle a été amputée, mais le bar a survécu aux difficultés, et son histoire subsiste malgré le temps, comme on le constate dans l’anecdote concernant le cocktail indiqué ci-dessus.

« Hippolyte fait à jamais partie de la fresque du Bar basque, grâce à son invention en 1946 du cocktail « Macca’B » (prononcer « macchabée »). Plusieurs alcools (« cinq-six », se bornera-t-on à nous confier), trois cerises à l’eau-de-vie et une demi-tranche d’orange, le tout rallongé au champagne. « Du Moët-et-Chandon, à l’époque », glisse Edouard Béréau. « C’est très trompeur, celui qui en boit finit généralement « bien touché ». D’où le  »macca’B » », s’amuse notre mémoire du Bar. »

Sur Instagram, durant le confinement, on découvre que cette « liqueur secrète » a été vendue « à emporter »…

Bien sûr, la pelote basque n’est pas oubliée. J’ai découvert en cherchant sur le net qui était Jean Urruty, que ce que j’avais photographié est en réalité une publicité pour l’apéritif Byrrh, datant de 1953.

« Jean Urruty est très présent dans la presse depuis ses premiers titres de champion du monde. Au-delà des résultats sportifs, la presse sportive parisienne se plaît à raconter sa vie, pour en faire un personnage emblématique du paysage médiatique français. 

Et c’est ainsi qu’en 1953, un curieux partenariat voit le jour avec de vin apéritif Byrrh, qui aboutit à un objet publicitaire peu usuel : une affiche reprenant la vie de Jean Urruty en bande dessinée.

Le texte est signé Gaston Bénac (1881-1968) et reprend les éléments les plus pittoresques de la vie de Jean Urruty, et il est illustré de 16 vignettes de Paul Ordner (1901-1969). On y découvre les débuts d’Urruty à Saint-Palais, ses rencontres avec le politicien Ybarnégaray, le roi d’Espagne Alphonse XIII ou Winston Churchill, ses exhibitions retentissantes à Paris, au Mexique ou en Russie, ses essais au tennis, son incarcération au camp de Rava-Ruska, sa passion pour la chasse… et l’alcool Byrrh »

On peut le voir en action sur des films de l’INA, dont celui-ci datant de 1966. Regardez le film, il est passionnant, et on y apprend beaucoup sur la pelote.

Mais revenons à cette soirée de novembre où j’ai eu l’occasion de dîner, pour la première fois, dans ce Bar Basque. Un délicieux foie gras, arrosé d’un Irouléguy, bien entendu, un Xut. Depuis, j’ai appris que « xut » était un mot signifiant « pentu, escarpé ». Mais d’autres affirment que c’est un terme de rugby, le « drop ». Si parmi mes lecteurs/lectrices il en est qui connaissent la langue, merci de m’éclairer par un commentaire!

Mes amis ont opté pour les croquettes de chipiron à l’encre.

Une adresse, donc, à découvrir absolument… Un seul regret : le manque de disponibilité du personnel, que d’autres ont signalé aussi sur Tripadvisor. Mais nous ne sommes ni Hémingway ni Ravel, et encore moins joueurs de pelote basque…

Enfin une palombe!

Depuis le temps lointain où j’ai découvert Mauriac, le terme « palombe » m’a fait rêver… J’ai eu l’occasion, récemment, de découvrir les palombières dans les Pyrénées… Mais je n’avais jamais mangé de palombe. C’est maintenant chose faite.

Pas un salmis, pas une palombe au capucin, mais une palombe rôtie, dans un restaurant au nom prédestiné : Le Restaurant des Chasseurs, à Ascain. La carte annonçait en effet « Palombe rôtie sur le coffre, foie gras poêlé, chutney de figues, millefeuilles de pommes de terre ».

Ce fut un vrai régal. A vrai dire, après un foie gras délicieux partagé avec mes amis (les mêmes qui m’avaient fait découvrir le pigeon, jamais goûté non plus, à la Rôtisserie de la Tour d’Argent pour un anniversaire…), et avant un soufflé au Grand Marnier égoïstement dégusté seule (mais ça, je connaissais, et j’en mange souvent grâce à un restaurateur du Tréport, au Vieux Logis). Sans compter que fut également partagé un risotto aux cèpes dont le souvenir titille encore mes papilles…

Bref, un repas de roi… euh, non! de reine!

Il me reste donc à découvrir la palombe au capucin… ce sera pour une autre fois…

Mais peut-être êtes-vous comme moi, incapable de faire la différence entre une palombe et un pigeon?

« La palombe (ou pigeon ramier) est le plus grand des pigeons européens, mais également le plus commun. Il pèse entre 460 et 570 g pour une longueur de 40 à 42 cm. Elle est reconnaissable aux plumes blanches qui forment deux plaques de chaque côté de la base de son cou. Elles côtoient des plumes roses, pourpres, vert clair et vert sombre aux reflets irisés. Son envergure est comprise entre 75 à 80 cm.

En vol, elle est aussi reconnaissable aux plumes blanches qui forment, sur le dessus de chaque aile, en plein milieu, une bande. Lorsque les ailes sont repliées, cette ligne se fait plus fine et se situe sur le devant, de chaque côté de la poitrine. Ces plumes ne sont présentes que chez l’adulte, le juvénile, lui, étant globalement gris.

Le bec de la palombe est rose pourpre à la base et jaune à son extrémité. Mâles et femelles ont des aspects très proches. Seul le spécialiste peut remarquer que les taches blanches du cou sont un plus développées chez le mâle, et que sa poitrine est un peu plus colorée que celle de la femelle. »

« La palombe se nourrit de feuilles, de bourgeons, de jeunes pousses, de graines, de fruits, mais aussi ponctuellement de petits mollusques et escargots. Elle est capable d’avaler des éléments végétaux assez gros, comme un gland de chêne ou une cerise. »

Voilà, vous savez tout… ou presque… Il ne vous reste plus qu’à faire comme moi, et tenter une dégustation…