Les Maisonnaises

Une soirée s’annonçait tristounette… Vite, les sites de sortie… Et c’est encore OVS qui a gagné… Pourtant la sortie me semblait programmée dans un lieu éloigné. Avec des personnes que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam (tiens, une expression disparue, non?). Et dans un restaurant dont on disait le plus grand bien, mais sans spécifier les prix. Me voici donc prenant la direction de Maisons-Alfort, vers 17h45. La ville me paraissait difficile à atteindre, j’avais pris de la marge pour être sûre d’arriver à l’heure du rendez-vous fixé par l’organisatrice, 19h15. Bus vers Gare de Lyon, RER D. En une vingtaine de minutes, j’étais sur site! Que faire pendant tout ce temps? Visiter la ville, bien sûr, d’autant qu’il fait doux bien que déjà la nuit se fût installée (je déteste « l’heure d’hiver »). Et j’ai découvert un centre ville très agréable. Belle place devant l’Hôtel de Ville. En face, une brasserie élégamment meublée et décorée. Une église apparemment intéressante, aux vitraux modernes bien éclairés. Et des rues assez commerçantes pour que l’on prenne plaisir à s’y promener. Une heure plus tard, il est temps de chercher le restaurant prévu. Ah! Le voici, à un coin de rue tout proche de la gare par laquelle je suis arrivée. Me voici rassurée : je n’aurai pas de long trajet à chercher après le repas.

J’entre sur la pointe des pieds : généralement, les restaurants sont encore fermés à cette heure. Que nenni! Ici, on me reçoit avec gentillesse et humour.

Je commande un Moscow Mule. Il n’y en a pas, mais on me propose un French Mule. J’en demande la composition. Vodka, Ginger Beer… Bref, un Russe déguisé en Français! Installée en terrasse, je le déguste. Un régal!

Assez vite, une dame vient vers moi. C’est l’organisatrice. Elle me conduit à la table prévue pour nous. Quand j’avais fermé mon ordinateur, nous devions être 4. Et maintenant, ce sont 6 convives qui sont prévus. Nous commençons à 3, à siroter nos apéritifs en faisant connaissance. Les trois autres arrivent progressivement et commandent aussi leur breuvage. La conversation prend de l’ampleur… et durera jusqu’à la fin, car le groupe est vraiment dans un bel esprit de partage. La veille, j’avais fait connaissance d’une peintre. Ce soir, ce sont trois artistes qui dînent avec moi! Bref, une soirée très conviviale. Mais il ne faut pas en oublier le repas. Une viande extrêmement tendre accompagnée d’une délicate sauce au poivre (à part, ce que j’ai apprécié), de petites frites juste à point et d’une salade verte à l’assaisonnement parfait pour moi. Les desserts sont plus que tentants, et aucun-e d’entre nous n’y résiste. Pour les unes, une tarte au citron déstructurée.

Pour les autres, un dessert étonnant : une petite citrouille entourée de ganache.

Les deux étaient délicieux, comme tout le repas, entièrement fait maison avec des produits frais et de saison. Le Côte du Rhône en carafe s’est révélé très bon également. Bref, tout était parfait. Et servi avec gentillesse par un couple qui nous a informé que c’était leur fils qui officiait en cuisine. Bref, une affaire familiale comme on en voit rarement. Très « pro » et très aimable. D’ailleurs, le restaurant était plein. Ce qui n’est pas très fréquent un mercredi soir, n’est-ce pas? Les autres convives partent vers 22h, je reste un peu à discuter avec « Kitine », l’artiste organisatrice. Un homme entre; elle le connaît et l’interpelle. Il nous rejoint. Et commande à manger. Rare, un restaurant où l’on vous sert avec le sourire après 22h, non? Une soupe qu’il déclare « absolument délicieuse ». Nous voici repartis dans des échanges, sur la ville et sur l’art… J’apprends alors que le tableau vu au fond de la salle a été peint par notre hôtesse, à la demande des propriétaires.

Bref, ce fut une excellente soirée, et je me suis promis de retourner à Maisons-Alfort pour d’autres découvertes…. J’allais oublier de vous situer ce havre de paix et ce repaire de convivialité! Les Maisonnaises. Sur le moment, je comprenais peu le nom. Mais ce matin, en écrivant ces lignes, je viens de réaliser. C’est tout simplement le nom des habitants de Maisons-Alfort!

Bidarray, une jolie surprise

En direction de l’est pour assister aux Journées du Patrimoine, un arrêt sur la route m’a conduite au sommet d’une petite colline dont les pieds se baignent dans la Nive. Et je n’ai pas été déçue, loin de là. Ce bourg, encadré de sommets plus ou moins élevés, respire le calme et la sérénité.

Le fier fronton accueille les visiteurs, face à l’église au porche effrontément roman.

Pénétrons dans celle-ci, pour y trouver, sans surprise, les tribunes traditionnellement réservées aux hommes.

Peu de décorations, l’édifice est beaucoup plus sobre que nombre d’autres aux retables dorés. Mais des statues de bois aux lignes épurées, qui m’ont conquise, comme cette Vierge à l’Enfant.

L’orgue surplombe le portail de sortie, dont la porte ouvre sur le village en contrebas.

L’église est entourée du cimetière, où voisinent tombes « classiques »… quoique très originales, avec ces photos ou gravures qui retracent la vie des personnes, souvent entourées d’animaux…

ou au contraire d’une grande sobriété, comme celle-ci où la disposition des pierres m’a intriguée…

et discoïdales, aux lignes épurées,

parfois datées,

et parfois rassemblées en une sorte de cromlech.

Alignées le long du mur, une série de petites tombes évoque l’enfance.

Mais peut-être n’est-ce pas cela? quittons ce lieu de repos, avec une si belle vue sur les montagnes avoisinantes,

et commençons la descente vers la rivière, pour admirer une maison aux lignes pures, qui la domine.

Mais pas trop bas, rebroussons chemin pour revenir vers l’auberge à la terrasse agréablement ombragée (je me suis promis d’y aller déjeuner un jour de soleil),

puis longer d’autres terrasses

et des jardins

parfois habités… de poules…

pour grimper jusqu’à un bâtiment plus imposant qui domine l’ensemble.

Qu’est-ce?

Eh oui, l’école, comme indiqué sur l’affiche visiblement dessinée et peinte par les jeunes écoliers. Il est temps de regagner la voiture, non sans un dernier regard à l’environnement apaisant.

En bas, c’est, comme dit en introduction de cet article, la rivière qui attend le passant, avec son vieux pont romain aux trois voûtes qui permettait aux pélerins de la franchir…

Découverte d’Ainhoa

Comme je n’ai pas pu « monter » à la chapelle d’où a été prise cette vue, je l’ai empruntée sur cet article que je vous conseille de lire…

« Ainhoa », c’est « la petite colline », comme le « gain » que l’on trouve dans de nombreux toponymes, comme Bordagain…

« Le nom du village d’Ainhoa apparaît dans les archives au 13ᵉ siècle, aynoa en 1238, sans le -h-, et quelques années après, en 1243, aynhoa et aynho, avec le -h-. Le -h-, non aspiré, et même muet, nous indique la marque d’une ancienne palatalisation de la nasale. En d’autres termes, cela signifie que le nom a jadis dû être prononcé [Aiñoa], avec un -n-mouillé, un -ñ-. La forme Agnoa figure d’ailleurs dans l’enquête linguistique et toponymique dite de Sacaze, réalisée en 1887 dans l’ensemble des départements pyrénéens. Cette forme « mouillée » semble avoir disparu, car aujourd’hui, on dit simplement Ainhoa. » (Source)

Je ne connaissais pas le village d’Ainhoa, et ai souhaité aller le découvrir. Ce que je n’ai pas regretté, loin de là. Tout en me disant qu’il valait mieux le voir « hors saison » que lorsqu’il était envahi par une horde de touristes. Car des touristes, il doit y en avoir parfois, à en juger par la quantité de boutiques et de restaurants sagement alignés le long de la rue principale! Cette même artère bordée de maisons aux façades toutes plus belles et/ou intéressantes les unes que les autres.

Une spécificité, outre les colombages : le nom du ou des propriétaires, à certaines époques, est indiqué par une plaque.

Un incontournable : l’église et le cimetière qui l’entoure, avec une jolie vue sur la vallée.

Bien sûr, de nombreuses stèles discoïdales.

« Composée de deux parties distinctes, la stèle discoïdale superpose un carré (ou trapèze) et un cercle. Symboles universels, ces deux formes disent la fonction du monument : le passage du carré au disque suggère celui du défunt de la terre vers le ciel.

Ces stèles sont l’œuvre d’artisans, tailleurs de pierre, qui maîtrisent la technique du champlevé pour la réalisation du décor. Elle consiste à faire émerger les motifs en évidant la surface de la pierre, créant face au soleil des effets changeants et des jeux d’ombre d’une grande force décorative. » (Source)

Certaines inscriptions rappellent que le Pays Basque n’est pas en France…

Le porche de l’église est surprenant, traversant et orné d’un beau double escalier en colimaçon.

Pénétrons dans l’édifice. Typiquement basque, avec ses tribunes… Mais le plafond est exceptionnel.

« Au XVIIe siècle a été créé le somptueux plafond en pitchpin à six caissons lambrissés. Une merveille de la charpenterie basque, unique en son genre, au moins au Pays basque Nord. » (Source)

En y regardant de plus près, deux surprises. La première, c’est le motif décoratif…

Vous ne rêvez pas! Ce sont bien des piments d’Espelette. Il faut dire que les deux bourgs sont proches…

Carte du 18ème siècle. Source BNF reprise ici

La seconde se trouve dans le tableau. Observez bien. Que regarde le nourrisson?

Pas du tout sa mère! Mais le vaste monde… ou vous?

Une autre Vierge à l’Enfant originale : la statue proche de l’entrée. Difficile à photographier, mais j’ai tenté…

« Statue de Notre Dame de l’Arantza (Aubépine se dit « arantza » ou « elorri » en basque).

Selon la tradition, la Vierge serait apparue à un jeune berger au-dessus d’Ainhoa, près d’une source qui jaillit sous un buisson d’aubépine. Une tradition en tous points semblable à celle qui prévaut pour le sanctuaire d’Aranzazu, au-dessus de l’université d’Oñate en Guipuzcoa, lieu de pèlerinage célèbre depuis le XVe siècle.

Selon la coutume, le lundi de Pentecôte, une procession part de l’église Notre-Dame de l’Assomption au bourg pour se diriger vers la chapelle Notre Dame d’Arantza érigée sur le lieu supposé de l’apparition. » (Source)

C’est la chapelle d’où a été prise la vue initiant cet article… La voici, photographiée par un ami.

Une autre statue a retenu mon attention.


Je n’entrerai pas dans les détails de tout ce qu’offre cette église d’apparence si modeste, mais m’attarderai sur l’un d’entre eux.

Surprise de voir cet animal et ses petits sur l’autel, j’ai voulu m’enquérir à ce sujet. Heureusement, dans un coin de l’église, j’ai trouvé des feuillets plastifiés, fort abîmés hélas, qui m’ont permis de comprendre. Voici l’extrait concernant l’explication…

Si vous passez par là, prenez le temps de placer une pièce pour voir s’éclairer l’édifice, et vous bénéficierez en outre d’un bel accompagnement musical ! A propos de musique, n’oublions pas l’orgue.

Bon, d’accord, on ne le voit pas… Par contre, on admire le décor.

Dommage que la loi entraîne de telles violations de l’esthétique! Suivons donc le panneau et sortons, car il est temps pour moi d’aller faire une visio. Avantage et inconvénient du télétravail! Mais où la faire? Je me dirige vers un café restaurant proche de l’église et explique mon cas, sans trop y croire. Et, à ma plus grande surprise, le patron accepte de me recevoir. Non seulement cela, mais, comme le restaurant n’ouvre pas ce jour-là, il me laisse la salle entière pour que je puisse procéder tranquillement à la visioconférence, afin d’éviter d’être dérangée comme ce pourrait être le cas dans la partie « salon de thé ».

Je profite donc de cet article pour le remercier, ainsi que son aimable personnel et le barman qui m’a préparé un délicieux Moscow Mule… Ah! j’allais oublier de donner le nom de ce bel établissement où je me suis promis de retourner pour un repas dans cette ambiance si sereine. C’est la Maison Oppoca.

Le temps a été trop court pour découvrir tous les trésors de ce bourg, il va donc falloir que j’y retourne lors d’un prochain séjour… ou que je lise cet ouvrage qui lui est consacré?

Déjeuner à Erromardie

En ce mardi de juillet, marché de Saint-Jean de Luz, comme d’habitude. Ce qui a changé, c’est qu’il n’est plus question de faire comme naguère : acheter des huîtres au marché et se les faire apporter au bar voisin, pour les déguster avec un bon petit vin blanc. Quel dommage! Direction donc la Grillerie du Port, pour se rabattre sur les sardines grillées. Restaurant fermé… Incroyable, un mardi, et en pleine saison. Où aller déjeuner donc, pour profiter du bord de mer? Recherches sur le net… Une idée apparaît : je ne connais pas la Plage d’Erromardie. Or il y a un restaurant dont on dit le plus grand bien, avec, paraît-il, jolie vue mer : la Guinguette d’Erromardie. Appel. Réservation. Et me voici face à l’Océan, attablée à une sorte de « comptoir » donnant directement sur la plage, donc la mer.

Un délicieux gaspacho et, pour accompagner les sardines, un Xacoli, bien sûr!

Après un tel repas, une petite sieste s’impose. Or le restaurant offre des transats sur lesquels il fait bon s’affaler, un dernier verre à la main!

Je n’ai pas choisi ceux que vous voyez ci-dessus, car je leur ai préféré leurs jumeaux à l’ombre!

Et, si je perdais un peu la vue mer, je pouvais voir passer (et s’arrêter) piétons et cyclistes.

Hélas il fallut bien quitter cet endroit idyllique, non sans un dernier regard.

Marguerite de Chablis

Elle ne s’appelle pas Marguerite (Emmanuelle, mais chut! ne le répétez pas!), mais a choisi ce nom en hommage à l’histoire de la Bourgogne. Elle? La sympathique patronne de ce lieu apaisant, reposant, tranquille, sis pourtant en plein coeur du bourg… Vous pouvez la voir ici, dans son établissement… Aussi « serein » que la rivière qu’il borde – enfin, le bief détourné de celle-ci, qui mène au moulin.

Un endroit où il fait bon se délasser, en se régalant d’une assiette de charcuterie ou d’escargots tout aussi bourguignons. Et, bien sûr, en dégustant un bon Chablis ou un Irancy, selon la couleur désirée. Mais on peut aussi apprécier la tarte salée du jour (en l’occurrence, une tarte à l’oignon, dont la recette picarde vient de la maman de l’hôtesse), ou encore un clafoutis aux cerises (locales, bien sûr!).

Tout est frais, soigneusement cuisiné par un agréable expert que l’on peut voir officiel dans la minuscule cuisine.

Et servi avec une amabilité extraordinaire par un homme qui a préféré se « déclasser » (il a été chef de rang, responsable, etc. dans de grands lieux parisiens) pour profiter de la vie à la campagne, au milieu des coteaux viticoles, plutôt que de continuer à courir et vivre en « décalé » avec son épouse en Ile-de-France.

Il ne reste qu’à prendre place aux mignonnes tables rouge brique…

… et observer les gardons et autres petits poissons jouant à travers les nénuphars et autres plantes aquatiques…

Et quand il fait froid ou qu’il pleut, me direz-vous? Eh bien, une grande salle voûtée vous accueille, avec un bon feu de bois, et même un coin-salon aux fauteuils invitant à la paresse. De quoi y venir et revenir!

Et les Français-es ne sont pas les seul-e-s à apprécier, comme l’atteste ce commentaire.

De retour à Donibane Lohizune

Après ces journées passionnantes de découvertes en mer et sur terre, les derniers instants en Pays Basque ont été embellis par un délicieux dîner et une nuit agréable dans mon hôtel préféré. Je vous ai déjà parlé du restaurant, le Pil Pil Enea.

Mais tant pis, je recommence.

D’abord, parce que l’accueil y est chaleureux, avec un patron-serveur des plus aimables, et qui ne manque pas d’humour. Ensuite, parce que les plats servis sont toujours aussi bons. En l’occurrence, un assortiment de tapas (« assiette luzéenne »), parmi lesquels mes préférés sont de petites aumônières fourrées de fromage frais de brebis. Sur la carte : « croustillants d’ardi-gana ». « Ardi », c’est la brebis. « Gana », le fromage. Mais le jambon, les piquillos, les beignets de piment frit et les chipirons sont des petites merveilles.

Ensuite, un merlu à l’espagnole. Fondant à souhait, baignant dans une délicate sauce, accompagné de grenailles. Mmmmm…

Le tout, bien sûr, arrosé de ce vin découvert récemment. Au départ, peu apprécié. Puis de plus en plus. Et maintenant, j’en raffole. Le Txakoli. En plus, très amusant à servir, avec le bec verseur utilisé aussi pour le cidre, rappelant le « Pays Basque », « Euskal Herria ».

Je ne savais quoi choisir comme dessert. Le patron m’a conseillé la « Coupe Manzana ». Et je n’ai pas regretté…

Un sorbet pomme accompagné (on verse soi-même les doses que l’on souhaite, au fur et à mesure) d’une liqueur du même fruit. Un peu sucré, mais si rafraîchissant et « digestif » après cet excellent repas!

Il ne manque qu’une nuit sereine avant de reprendre la direction de la capitale et du travail. Bien sûr, dans « mon » hôtel luzéen : l’Agur Deneri.

Sur les hauteurs de Ciboure, il offre une magnifique vue sur la plage et le port de Saint-Jean-de-Luz. Le couple qui le tient est d’une incroyable gentillesse et cherche toujours à faire plaisir. Les chambres sont lumineuses, agréablement décorées. Avec une amie, j’ai eu l’occasion d’en voir plusieurs, et voici quelques exemples. La « rose », rez-de-jardin…

La « jaune », numéro 2, également rez-de-jardin. Très lumineuse, non?

Enfin (car je ne vais pas vous faire visiter tout l’hôtel!) celle que je préfère, et que l’on m’attribue même si je réserve en dernière minute, comme ce fut le cas ce jour-là, la 26, angle du deuxième étage, ce qui permet d’avoir la meilleure vue, avec un beau balcon…

Elle permet de voir le soleil se lever sans se lever soi-même du lit…

Et les douches sont garnies de jets massants. Que demander de plus? Ah oui! Un petit déjeuner dont chaque aliment est tracé – la liste des fournisseurs, fermes, apiculteurs, éleveurs des environs vous est transmise, et servi dans une salle aux baies vitrées offrant une large vue sur les villes, plage, port, montagnes aux alentours. De quoi reprendre des forces avant de reprendre… le travail! Ce qui fut fait le lendemain…

L’Aveyron au pied de Montmartre

Vous vous êtes peut-être demandé pourquoi j’avais évoqué l’Aveyron dans le titre de mon précédent article… et je réitère! Mais peut-être aussi avez-vous deviné? Souvenez-vous : en ce dimanche de mars, il était près de 14 heures, et je n’avais toujours pas déjeuné… Eh oui, l’équipe qui m’a fort gentiment et gaiment accueillie dans un restaurant, au bas de la Butte, était aveyronnaise. Et, bien sûr, une partie (non négligeable) de la carte aussi. Son nom pourtant ne l’évoque pas. Il me faisait penser davantage à une fête religieuse : l’Ascension.

Quand je suis arrivée, je visais bien évidemment les tables au soleil. Mais elles étaient occupées. Les seules libres se situaient près de l’entrée et étaient à l’ombre. Un jeune homme vient m’accueillir. Je lui explique ce que je suis en train de faire : calculer, en projetant la course du soleil, quelle serait celle qui bénéficierait la première de ses rayons. Et je lui en désigne une. Il me dit que j’ai raison, mais qu’elle est réservée, et m’en suggère une autre, que j’accepte. Effectivement, une dizaine de minutes plus tard, je bénéficiais de la chaleur solaire. Quant à la table réservée, j’ai compris pourquoi et surtout à qui : à sa soeur et un ami venus… de l’Aveyron.

Lui-même avait acquiescé quand, après avoir vu la carte, je lui avais demandé s’il était  » de là-bas ». Autre détail le rendant bien sympathique, ce tout jeune patron de restaurant : il essayait d’écrire sur une ardoise affichée au mur (que vous voyez sur la photo ci-dessus, derrière ma chaise – celle qui porte un blouson blanc), et n’y parvenait pas. Je lui demande ce qu’il veut inscrire : il voulait faire une réduction aux personnes qui avaient, le matin, couru le semi-marathon de Paris. Je lui demandai s’il l’avait fait lui-même. « Oui », me répondit-il, en me montrant la grosse médaille grise (en plastique!) qu’il cachait sous ses vêtements.

Et ses amis l’avaient aussi fait, bien sûr, d’où leur retard et leur tenue (et l’épuisement avoué par la suite de l’un d’entre eux). Ce fut donc un repas avec des échanges fort sympathiques. Et un repas au rapport qualité/prix inégalable, avec une saucisse grillée (de l’Aveyron, bien sûr) et un aligot délicieux. Il regrettait de ne plus avoir de Marcillac (qui s’imposait!), mais le Malbec de Cahors bio était tout à fait agréable.

L’intérieur est d’une belle sérénité, en alliance d’orange non agressif et de vert amande.

Bref, si vous passez par là, n’hésitez pas à vous y restaurer. Et, le dimanche, y prendre un brunch. C’était le repas des jeunes voisins de table, et il avait l’air exquis!

Quitte à descendre la Butte pour une nouvelle « ascension » après, comme je l’ai fait pour « remonter rue Saint Vincent ».

Sauf si vous préférez emprunter le bus qui vous y aide, le 40. Il passe tout près du 62 rue Custine où se situe l’établissement. Et vous pouvez aussi venir d’ailleurs, car les métros 4 et 12 ne sont pas loin! J’allais oublier de vous donner l’URL de son site : https://lascensionmontmartre.com/

De Montmartre à l’Aveyron

Nous en étions resté au sommet de la Butte. Il faut maintenant en redescendre! De préférence en passant pas les lieux-cultes : les vignes, la Maison Rose et le Lapin Agile… En raison d’une surcharge de travail, j’ai dû reporter la rédaction des deux derniers articles. Le week-end m’apportant un répit, j’en profite pour revenir vers Montmartre… et, vous vous y attendez je pense, me diriger vers le vignoble (dont je n’ai encore à ce jour pas réussi à goûter le produit!)

Si vous regardez le panneau ci-dessus, il ne date que de moins d’un siècle. Je ne sais pourquoi, mais j’ai toujours imaginé qu’il remontait quasiment à l’Antiquité?

Savez-vous combien il y a de cépages dans le vin de Montmartre (pour rappel, en général les assemblages en dépassent rarement 3-4)?

Eh oui, vous avez bien lu! Pas moins de vingt cépages pour ce vin exceptionnel!

A quoi sert cette étrange « paillotte »? Mystère… Mais continuons à descendre, car le rose d’une maison m’attire. Je ne suis pas la seule, à en juger par le nombre de touristes, visiblement de toute provenance, qui se pressent autour d’elle. Si vous regardez ce site, vous la verrez telle qu’elle était au 19ème siècle. Et, comme vous le savez sans doute, elle est liée à l’histoire de la peinture française, en particulier d’Utrillo. La voici telle qu’il l’a peinte…

… Et la voici telle que je l’ai vue…

Elle a visiblement dû être protégée pour survivre à la promotion immobilière! Un peu plus loin on peut constater que les habitant-e-s ne manquent pas d’humour. D’abord, un jeu de mots qui n’est compréhensible que si l’on connaît le nom de l’artère : la rue des Saules. Ensuite, le petit diablotin souhaitant des vendanges heureuses…

Au rose a succédé des dégradés de blanc et ocre, quand tout à coup, la palette s’amplifie. Pas seulement à cause des façades! Tel les instruments d’un orchestre, vélos, murs, palissades et fleurs offrent une symphonie de couleurs.

Un salut au passage à ceux qui ont permis à cet établissement de vivre et de survivre : Frédé, qui le tenait quand l’édifice a failli être absorbé par un projet immobilier, et Aristide Bruant qui l’a sauvé en le rachetant, pour ensuite le revendre au fils de l’ancien tenancier… Je vous laisse deviner qui est l’un et qui est l’autre, sur cette photo, même si on ne voit pas la couleur des écharpes…

Quittons l’établissement dont j’ai appris qu’en réalité il s’appelait au départ « Le Lapin à Gill », car André Gill, caricaturiste, avait imaginé un lapin bondissant d’une casserole comme enseigne de l’auberge-guinguette qu’il fréquentait, pour un petit détour par la rue Saint Vincent, pour un dernier regard au Clos Montmartre.

Et je reprends la rue des Saules pour descendre chercher un restaurant, un peu plus éloigné des troupeaux de touristes. Il est temps : presque 14 heures. On a beau être à Paris, les restaurants ont leurs horaires!

Une façade attire mon regard. Décidément, l’humour est omniprésent!

Le chemin va m’amener en Aveyron… Mais c’est une autre histoire…

Une « institution » : le Bofinger

Elle fait partie des « institutions » parisiennes, en termes de restauration : la Brasserie Bofinger perdure encore et encore. Et qui plus est, elle « vit » bien. J’y étais allée voici bien longtemps. J’y suis retournée cette semaine. Elle est toujours là. Elle n’a pas changé.

Et qui plus est, on y mange bien, pour un prix raisonnable.

Toute la vaisselle est estampillée!

Et aucun détail n’est oublié. Ainsi, pas de sachet plastique ou de petit pot ouvert pour la moutarde : une petite conserve de marque, individuelle.

La choucroute « signature » est excellente. Avec le petit bol de Crémant d’Alsace qui vient rehausser, au dernier moment, le goût du chou, c’est un vrai délice. Jarret, trois types de saucisse, poitrine… Tout y est, pour le plus grand plaisir des gourmand-e-s, dont je suis.

Elle était tellement copieuse que j’ai fait l’impasse sur le dessert, mais mon voisin s’est laissé tenter. Je lui ai conseillé la Forêt Noire. Il n’a pas été déçu!

Les vins proposés à la carte sont un peu chers, mais j’ai trouvé un Riesling acceptable, à partager avec un des convives… C’est le troisième de cette liste impressionnante de vins d’Alsace que vous trouverez en ligne ici.

Mais le plus impressionnant reste le cadre dans lequel on se restaure. Le Ministère de la Culture le décrit ainsi.

« Description historique

Fondée en 1864 par l’aubergiste alsacien Frédéric Bofinger, originaire de Colmar, elle sera la première brasserie parisienne à servir la bière à la pression, en 1870. Une partie du décor d’origine daterait de 1880. Après l’agrandissement de la brasserie en 1919, englobant trois boutiques avoisinantes, le décor a été refait de 1919 à 1921 par l’architecte Legay et le décorateur Mitgen, avec une coupole ovale ornée de motifs floraux. Le vitrail, au premier étage, montrant Gambrinus, Roi de la bière, est signé par les maîtres-verriers G. Neret et E. Royer ; les statues de hérons en céramique sont l’oeuvre du sculpteur Jérôme Massier. Après un nouvel agrandissement en 1930, une salle réalisée en 1931 à l’occasion de l’Exposition coloniale a été décorée de tableaux montrant des paysages alsaciens, réalisés par le peintre Jean-Jacques Waltz, dit Hansi, également auteur de l’enseigne de l’établissement. Les urinoirs, dont les montants sont ornés de têtes de dauphins, sont également à signaler. La devanture de l’établissement a été refaite en 1982, en chêne, à l’identique de celle de 1919. » (Base Mérimée)

Voici des photographies que j’ai faites, en relation avec le texte ci-dessus.

  1. La coupole

2. Gambrinius, roi de la Bière

3. Autres éléments du décor

Mobilier et objets sont tout autant porteurs d’Histoire.

J’ai cherché à en savoir davantage sur cette marque et cette date…

« Peu de gens connaissent le prénom de ce créateur de génie, Ernest Mauviel, mais les produits hérités de son atelier artisanal fondé en 1830 sont devenus célèbres dans le monde entier. Quant à ses héritiers, tous ont le feu sacré. D’Ernest hier à Valérie aujourd’hui, déjà 7 générations que l’entreprise phare de la Baie du Mont St Michel magnifie les cuisines des professionnels et des particuliers, en France comme à l’étranger. Son savoir-faire d’exception est l’atout maître de son succès et sa capacité d’adaptation en est la clé de voûte. Depuis presque deux siècles, Mauviel 1830 s’adapte aux évolutions du marché. » (source)

Enfin, la vue du 1er étage où nous avons déjeuné ouvre en perspective sur la coupole de l’église Saint Pierre Saint Paul.


Les Pipos, ce n’est pas du pipeau!

Si vous avez suivi mes pérégrinations de ce samedi soir, vous avez sans doute remarqué qu’il a beaucoup été question de découvertes, de boissons et de rencontres… Mais où avons-nous pu nous sustenter? Mystère! Eh bien, je vous apporte (enfin!) la réponse : nous sommes retournés aux Pipos, qui avaient été une de mes bases naguère. J’avais découvert ce restaurant situé face à l’ancienne Ecole Polytechnique par hasard. Mais surtout, j’avais fait la connaissance de son patron lors d’un stage de rattrapage de points sur le permis de conduire… ça crée des liens! Et j’y allais donc assez souvent, car j’aimais à la fois le cadre, l’ambiance, la nourriture et l’accueil. Le patron l’a quitté, et j’y étais retournée une fois. Mais avais été très déçue et n’y suis pas retournée.

Pourquoi y aller ce soir-là, sinon pour remonter le moral à un vieil ami dont je sais qu’il adore les os à moelle, bien qu’il ne soit pas du genre canidé. Et nous y avons passé un excellent moment, autour d’un bon repas.

Le style est toujours aussi « vieille France ».

Néanmoins je remarque de nouveaux éléments de décor : les tableaux au plafond.

Le style est inattendu en ces lieux, mais pourquoi pas? Quant à la disposition, encore plus inattendue, n’est-ce pas?

On nous prévient tout de suite qu’une chanteuse sera présente durant la soirée. Effectivement, elle va aller et venir dans le restaurant durant tout le repas. Je n’aime pas son répertoire, mais j’admire sa voix et surtout son courage de continuer à chanter avec passion alors que les convives autour des tables sont plus attentifs à leurs hôtes et à leur repas qu’à la musique, visiblement.

Le repas? Parlons-en. Toujours aussi bon. Il paraît que l’os à moëlle, très copieux, est un régal. Pour ma part, ce fut du boeuf en croûte. Je n’ai pensé à le photographier qu’après en avoir dégusté plus de la moitié…

Et la tarte Tatin, agrémentée de crème fraîche, est toujours aussi délicieuse… Pour accompagner tout cela, un « petit » vin. C’est, comme souvent, le problème dans ce genre de restaurant : les prix des vins grimpent vite! Le choix s’est donc porté, après conseil de la fort agréable et très compétente serveuse, sur un Côte du Roussillon au nom tout à fait séduisant.

L’ambiance est aux échanges avec les tables voisines… D’un côté, deux amies trentenaires venues dîner avant le théâtre. De l’autre, d’abord un jeune couple très « bourgeois cathos timides », puis un quatuor de jeunes médecins, dont 3 venus de Montpellier pour la manifestation qui avait lieu ce jour. De joyeux drilles! Dont une (quel est le féminin de « drille »? de « médecin »? Ah la pauvreté de notre langue dans ce domaine!).

Lorsque nous nous décidâmes enfin à quitter ce lieu si chaleureux, nous eûmes la surprise de voir le barman (serveur? patron?) saisir le micro de la chanteuse et entamer une chanson, davantage dans les répertoires que j’apprécie.

Vous pouvez maintenant reconstituer la soirée… Dans l’ordre, Mexicain, puis repas franchouillard, ensuite Café Litteratum, et pour finir les USA avec le Long Hop… un vrai voyage!