Déjeuner non sur l’herbe, mais à la Mare aux canards

Une maison bien cachée dans le Bois de Meudon… Pour y parvenir, il faut délaisser l’Observatoire, et aller en quête de la Mare d’Adam… jouer à cache-cache avec la N 118, frôler l’antre du Standard, et on y parvient finalement, au coeur du Bois.

Une cour bien abritée, dominée par les marronniers, hêtres et chênes environnants, qui laissent cependant largement passer les rayons du soleil…

Un accueil charmant. Les tables sont assez éloignées les unes des autres pour garantir la tranquillité de chaque hôte.


Pour commencer, un Mojito très bien dosé, ou le cocktail maison, si toutefois on aime suffisamment les fraises pour leur permettre de prendre le pas sur le goût du Champagne.

Parmi les entrées, jouons le classique, populaire avec les os à moelle, merveilleusement fondants, ou le plus snob, avec un foie gras très correct.



Et, bien sûr, ensuite, du canard. Sous toutes ses formes. Depuis le quart ou demi grillé au feu de bois (qui crépite dans la cheminée à l’intérieur de l’auberge), jusqu’au magret au miel et aux épices.

La carte des desserts est très variée, mais j’ai opté pour une déclinaison de fruits rouges en ce beau jour de mai.

La carte des vins offre de bons crus à des prix accessibles, comme le Crozes Hermitage choisi pour accompagner le canard.

Bref, tout le bonheur des restaurants retrouvés, avec en prime un repas de qualité et un accueil sympathique.

Sans compter la possibilité de s’égailler ensuite dans la forêt qui abrite l’auberge…

Une petite auberge abandonnée

Ce sera le dernier article consacré à la forêt de Meudon… tout au moins pour l’instant, car vous avez bien compris, si vous commencez à me connaître, que je reviendrai vous parler des autres étangs et sources… Il est aussi un autre lieu que je me suis promis de venir revoir : le hangar Y.

Pour l’instant, on ne peut pas le visiter, sauf parfois lors des journées du Patrimoine. 70 mètres de long, 24 de large et 26 de hauteur, on ne peut pas ne pas le voir lorsque l’on arrive du côté des étangs de Chalais et Trivaux! Voici ce qu’en dit le site « Culture et Patrimoine » : « Cette œuvre unique et intemporelle construite à partir des portiques métalliques provenant de la “galerie des machines” de l’Exposition Universelle de 1878 conçus par Henri de Dion, fut le hangar à dirigeables depuis lequel le ballon La France effectua le premier vol en circuit fermé au monde. » La ville de Meudon en a fait un projet phare, qu’elle présente sur son site avec une vidéo sans texte, qui le décrit longuement (4’43!). Il devait, en 2020, devenir « un futur lieu événementiel dédié à la science ». Mais je n’en dis pas plus ce jour, ce sera l’objet d’une autre visite, et d’un autre article.

Car mon objet, ce jour, est une petite auberge abandonnée, comme vous avez pu le voir en titre… A la croisée des chemins et entre les deux étangs dont je traitais récemment, elle a un air de chien abandonné, et une allure de chaumière désertée.

Pourtant, elle est la trace d’une vie conviviale, avec des pêcheurs, des couples bourgeois ou bobos venus s’encanailler ou des familles profitant de l’atmosphère sylvestre aux beaux jours.

Comme vous pouvez le voir, la vitrine est couverte de documents, dont quelques photos d’autrefois.

Il n’y a pas si longtemps qu’elle est fermée, cette auberge. J’ai trouvé un article en ligne qui en parle de manière dithyrambique.

« Entre le lac et la forêt de Meudon, se cache un petit cabanon vert… Les fenêtres sont embuées par le poêle allumé et la cuisson du poulet rôti, entrez… Vous êtes Au Rendez-vous des Pêcheurs, un restaurant familial, tenue depuis 20 ans par une adorable mère et sa fille.

La cuisine est généreuse, les prix doux, et l’accueil kids friendly. La charmante gérante, elle-même grand mère, est tout simplement adorable et amicale avec les enfants. Envie d’un déjeuner au vert en famille ? N’hésitez plus….« 

Libération avait publié un article sur ce restaurant en 2015, reprenant le titre du texte ci-dessus, dont voici le début :

« Si vous n’avez pas peur du loup, enfoncez-vous dans le bois de Meudon un samedi soir pour savourer un dîner aux chandelles dans une cabane de pêcheurs. »

Voilà qui donne envie, n’est-ce pas, d’un vrai dépaysement à 15 minutes du « périph »!

Le dernier des avis pour la plupart très positifs sur TripAdvisor date de mars 2020. Un an seulement, donc. Est-ce la crise qui en a eu raison, comme de beaucoup d’établissements de petite taille?

Vue de derrière, sur le chemin menant au Tapis Vert et à l’étang de La Garenne

Toujours est-il qu’on n’a qu’une envie : de la voir revivre… et surtout, « dans son jus »…

Les Marches, un ancien « routiers » au coeur du 16ème

Le nom de ce restaurant vous évoque peut-être quelque chose, car je l’ai déjà évoqué dans un article de ce blog, concernant la visite des environs du Musée d’Art Moderne à Paris, et en particulier la rue de la Manutention, dont le nom m’avait interpelée. C’est ainsi que j’ai compris la présence de ce « routiers » en plein coeur de Paris… Naguère c’était un quartier militaire d’un côté, d’entreprises de l’autre… J’étais alors passée devant, mais il était fermé, et je m’étais juré d’aller en goûter la cuisine.

Source : sobarnes.com

A la sortie de l’exposition Sarah Moon – dont je traiterai bientôt -, j’ai appelé le restaurant pour réserver une table. Une charmante voix masculine m’a répondu qu’il était plein ce soir-là. Au regard de mon insistance, la voix m’a proposé de venir à tout hasard vers 20h. Comme la ténacité fait partie de mes défauts (et de mes qualités?), j’y suis allée, malgré une pluie battante. A l’arrivée, même réponse « c’est plein ». Nouvelle insistance, et promesse de ne pas rester longtemps.
Et j’ai obtenu gain de cause, pour ma plus grande joie.

La salle a tout pour plaire aux nostalgiques des routiers d’autrefois, depuis les nappes à carreaux rouges et blancs jusqu’aux affiches sur les murs, qui font revivre les grands routiers et brasseries de jadis.

Le personnel s’est montré vraiment adorable. Cette jeune équipe, sous la vigilance du chef de rang tout aussi jeune, est très « pro » et aimable.

Côté nourriture, je me suis régalée avec des quenelles de brochet d’une telle taille – et en binôme! – que je n’ai pu en venir à bout. Mon convive, lui a opté pour du canard à l’orange, très bon également. Le tout avec une carafe d’un petit vin de terroir gouleyant au possible… Bref, un repas hors du temps qui réchauffe par les temps qui courent… Et la Voix n’avait pas menti : le restaurant était bondé, en ces moments où beaucoup d’autres pleurent le client…

Une adresse donc à essayer si vous allez faire un tour du côté du Trocadéro ou du MAM… Les Marches, « Bistro parisien », 5 rue de la Manutention. Pour ma part, je me suis promis d’y retourner et de le faire découvrir à mes ami-e-s…

Un samedi à Doullens

Un petit tour à Doullens en ce samedi frais mais ensoleillé, qui évoquerait davantage l’automne que le « presque été » de début juin.
De manière étonnante, alors que dans ce bourg, durant le confinement, personne ne portait de masque, et que les gens bavardaient tranquillement dans la rue sans respecter les distances, voire se serraient la main, voici qu’aujourd’hui on circule au milieu de personnes au visage masqué! Un peu à contretemps, dans le coin!

Un petit tour dans la ville pour le touriste accueilli… et pour mon propre plaisir. Je ne résiste pas à l’envie de refaire des photos dans l’église détruite, dont une amie photographe disait le week-end dernier qu’elle aimerait y faire des « shootings ». Ce qui m’a conduite à aller immédiatement rechercher la signification de ce terme. J’ai ainsi appris que « shooter » signifie « déclencher ». Et que « shooting » peut signifier « tir, fusillade ». Mais bien sûr, elle ne parlait pas de cela. Donc je prends le second sens… « Séance pendant laquelle un modèle (ou plus souvent un mannequin) est photographié autour d’un thème défini par un photographe professionnel ». Ainsi, je ne pourrai jamais faire de « shooting »! Ni d’un côté de l’appareil, ni de l’autre! Par contre, j’ai appris entretemps que je pourrais faire des « photos boudoir » (encore une expression que je ne connaissais pas!) comme me l’a appris « Helenina Sâme« .

Mais revenons à l’église en question… Je prends vraiment plaisir à jouer avec ces ruines, dans une lumière pourtant peu favorable. Un regret : les pigeons, ordinairement nombreux, ont quasiment déserté les lieux. Sont-ils confinés ailleurs?

Un petit détour par l’histoire? Je ne vais pas paraphraser, mieux vaut copier… le site officiel de la mairie.

Les mésaventures de l’église « aux quatre sans cloches »

La principale originalité de l’Eglise Saint Pierre est constituée par son triforium, sorte de galerie ogivale de l’Eglise Saint Pierre, qui développe sur la face Nord ses élégantes arcades et ses légères colonnettes d’un effet gracieux. De jolis piliers séparent les bas-côtés dans le sens de la largeur, avec leurs moulures, leurs volutes aux angles et leurs feuilles à trois lobes.

En 1522, les Impériaux saccagent tout, et enlèvent même les cloches pour les fondre et en faire des canons. Aux heures tragiques du 31 juillet 1585, pour échapper au massacre des Espagnols, quelques habitants parviennent à se cacher dans l’Eglise. Mais les Espagnols poussent le meurtre jusqu’au pied de l’autel. L’Eglise est incendiée et n’a plus de toit. Pendant de longues années, la consolidation de l’Eglise exige des travaux qui sont effectués par morceaux, suivant les revenus disponibles. En 1692, on répare les murailles et les couvertures, on démolit le clocher pour établir une nouvelle tour. On la bâtit légère et l’agrémente de quatre clochetons, lesquels hélas restent vides par raison d’économie.



Les Doullennais s’amuseront longtemps des « cinq clochers de St Pierre » avec ses quatre sans (cent) cloches.

1790, l’Eglise est fermée et son mobilier est confisqué. Elle n’est vendue que le 28 thermidor de l’an VIII pour 8125 Francs. En 1864 : elle sera revendue 7000 Francs. Laissée mutilée par la tourmante révolutionnaire, l’Eglise Saint Pierre subit les destinations de ses propriétaires successifs. Elle est tour à tour et à la fois grange à récoltes, hangar, remise à tonneaux, atelier de menuiserie, communs de ferme etc…

Je me suis intéressée au jeu du ciel et des plantes environnantes avec les ouvertures résultant de la destruction importante de cette église.

Par contre, je n’ai pas bien compris les objectifs de la décoration extérieure, toute nouvelle… Des « fresques » d’une rare laideur, rappelant la Première Guerre Mondiale… Je vous laisse en juger par vous-même…

Une concurrente qui s’est refait une beauté

Non loin de l’église Saint Pierre, qui n’a pas encore trouvé les clés de son Paradis ni un financement pour sa restauration, l’église Notre Dame, elle, éclate de blancheur après sa récente rénovation.

Consacrée par Thomas Becket en 1170, elle a aussi subi beaucoup de coups durs, dont un incendie au 16ème siècle et le destruction de sa flèche lors de la Révolution. Mais elle garde encore fière allure…

Et son choeur fut reconstruit, contrairement à la sacristie détruite, elle, en 1913…

Décidément, difficile de garder son intégrité quand on est une église sur ces terres de combats à travers les siècles!

En face d’elle, un étrange bâtiment attire l’attention par sa forme étonnante et la sobriété exceptionnelle de sa façade.

La Tour de Pise locale

Il est temps de se rendre à la pizzeria dont je veux fêter la réouverture ce soir. Mais avant, un dernier petit tour pour voir le clocheton du beffroi nous saluer en se penchant…

Des retrouvailles avec La Pizza Dorée

Contrairement à Paris, on peut ici dîner à l’intérieur des restaurants. Heureusement, car il fait 14 degrés dehors, avec un ressenti plus froid en raison du fort vent nord-ouest qui souffle depuis le midi… Heureuse de retrouver ces lieux qui font tout pour vous rappeler que vous allez manger italien…

Encore un vrai lieu de vie, où l’atmosphère est chaleureuse. On s’y retrouve d’habitude dans une proximité forte, car les lieux sont exigus. Personnes venues pour dîner ou pour prendre leur pizza à emporter devisent gaiement entre elles et avec le patron et son équipe.
Ce soir, l’atmosphère est différente. Il faut respecter le mètre de « distance physique » (non, je ne dirai toujours pas « sociale »), et porter le masque pour se déplacer.

Et il y a moins de monde que généralement… Dommage, car la carte est sympa, les plats et boissons peu chers (à trois avec apéritif, vin, pizza et dessert : 56 euros!), et les pizzas fort agréables, même si elles ne valent pas celles de Nice.

Un petit Americano réchauffe l’ambiance, et la famille de la table voisine est bien sympathique, avec cette petite qui voudrait danser sur les rocks endiablés en fond sonore…

Au fait, savez-vous pourquoi on a appelé ainsi ce breuvage? Je vous laisse chercher ou je vous le dis? Bon, d’accord, vous êtes un peu fainéant-e en ce dimanche matin… Ce cocktail, créé en 1861 dans le bar de Gaspare Campari, doit son nom au fait qu’il était fort apprécié des Américains qui fréquentaient les lieux en 1917…

Gaspare Campari en famille…
La magie du Spritz

Si vous voulez en savoir davantage sur cette boisson, mais aussi sur d’autres, je vous conseille ce site, auquel j’ai emprunté l’image ci-dessus. On y apprend ainsi que la première dénomination fut « Milano-Torino »… Personnellement, je préfèrerais boire un « Milano-Torino » qu’un « Americano »… mais on ne peut refaire l’histoire!

« Plage dynamique »…

Au pied de la falaise de Mers-les-Bains

« Plage dynamique »… Mais elle l’a toujours été, la plage, dynamique!

Avec le flux et le reflux de la mer…

Avec le sable se mouvant sous les vagues… blessé par les pelles des enfants et des pêcheurs de verre… transformé en oeuvre d’art ou en édifices et bateaux plus ou moins réussis par les parents retrouvant leur puérilité…
Avec les montagnes de galets sans cesse modifiées par la puissance des flots ou les pieds des baigneuses et baigneurs…

Avec toute cette vie qui grouille en elle et autour d’elle…

Alors, pourquoi cette expression ?

Contraindre les personnes à « bouger »… Facile pour les enfants! Moins pour celle ou celui qui a travaillé durement les jours précédents… et encore moins pour les personnes qui ont des difficultés à se mouvoir. Si ma mère était encore de ce monde, il lui serait interdit de rester à admirer la mer? Et l’enfant à la jambe cassée doit aussi marcher sans cesse s’il veut en profiter?

Vous l’avez compris, retrouver hier soir un de mes sites favoris dans ces conditions a déclenché une vraie colère contre les aberrations actuelles! D’autant plus que les galets sont jonchés d’énormes engins : les travaux printaniers, habituellement finis à cette époque, n’ont pas été réalisés. Des monstres métalliques embellissent le paysage. Bien statiques, eux!

Alors les personnes font ce qu’elles peuvent. Les bancs étant interdits, bardés de cordon en plastique rouge et blanc (combien de déchets toxiques indestructibles pour ce faire, au niveau national?), elles s’asseoient sur la digue ou sur les épis, le temps d’avaler leur sandwich. Car on tend nettement à la « mauvaise bouffe »: droit d’acheter frites, hamburgers et glaces pour les manger officiellement debout en marchant, alors que les restaurants qui proposent poissons et salades à des client-e-s détendu-e-s, bien assis-e-s, restent clos. Je pense aux jeunes qui ont racheté les Mouettes cette année, anciens salarié-e-s du patron qui leur a vendu le fond… à la famille qui tient l’Octopussy et à son personnel, qui m’accueillent quelle que soit l’heure quand j’arrive de Paris le vendredi soir…

Les personnes font ce qu’elles peuvent, disais-je. On « marchotte », on s’appuie, on fait quelques pas puis on s’assied avant de repartir. Un manège étonnant… Et à l’heure du dîner, c’est un concours d’inventions pour rester en famille ou entre ami-e-s sans que cela ne se remarque trop… Certain-e-s « craquent » et sont quand même « en grappes » assis par ci par là, sauf sur les bancs, les galets et le sable…

Et les oiseaux narguent ces pauvres humains…

Mouettes rieuses et goélands fanfaronnent…

Interdit !
Conversation à la plage, Louis Valtat (autour de 1910)

« Homme libre, toujours tu chériras la mer…

La mer est ton miroir… »

Co-confinement ou cocon-finement?

En naviguant ce matin sur la Toile, j’ai découvert ce site que je veux immédiatement partager avec vous. Il s’agit d’une coopération entre des citoyens lambda, dans un esprit de solidarité et d’entr’aide, avec entre autres l’idée de lutter contre la désinformation et de partager des « méta-ressources », si j’ose dire.
En voici l’adresse : https://co-confines.fr/

Des initiatives intéressantes y sont présentées, comme celle-ci, qui, pour des gourmand-e-s comme moi, donne une idée « généreuse »: payer maintenant ce que l’on rêve de consommer au restaurant plus tard, pour soutenir les restaurateurs… : https://www.lagrandebouffe.club/

Mais aussi la manière d’éviter de saturer Internet tout en télétravaillant, un renvoi à un article de France Inter : https://www.franceinter.fr/dix-astuces-pour-teletravailler-sans-faire-tousser-la-planete

Ou encore, la manière de disposer de livres gratuits : https://www.edition999.info/

Loin de moi l’idée de tout vous citer, on trouve vraiment toutes sortes de pistes dans toutes sortes de direction. Je vous laisse donc découvrir…

Culture dans toutes les acceptions du terme, sous le MAM

Le trajet pédestre menant de l’arrêt de bus au Musée Guimet a conduit mes pas derrière le Musée d’Art Moderne, rue de la Manutention. Un petit détour par la toponymie, si vous le voulez bien… Pourquoi ce nom? Voici un plan du quartier en 1860.

Source : Wikimedia

Comme vous le voyez, il y avait une usine à gauche de la rue en montant depuis les quais. C’était la Manufacture de tapis de la Savonnerie, qui tenait son nom d’une ancienne… savonnerie, comme vous l’avez deviné. Celle-ci, transformée en orphelinat par Marie de Médicis, fut investie par deux lissiers qui souhaitaient tirer profit de la main d’oeuvre bon marché constituée par les orphelin-e-s… Ce devint donc une Manufacture, qui fut réunie par la suite à celle des Gobelins par Charles X, en 1825 (elle existe encore, et constitue une partie séparée du reste dans l’enceinte de la Manufacture des Gobelins). Résultat : des bâtiments vides… qui furent investis par l’Armée en 1836 pour en faire un dépôt de vivres appelé Manutention Militaire. Celle-ci fut remplacée cent ans plus tard par… Le Palais de Tokyo.

Quant aux « Usines Cail » que vous voyez sur le plan, je ne vais pas paraphraser Wikipédia et préfère le citer. « Du côté opposé à la Manutention, la rue était située le long de l’usine de la Société Ch.Derosne et Cail ensuite société Cail qui s’étendait jusqu’au quai Debilly. Cette usine qui construisait du matériel pour les sucreries, des machines-outils puis, à partir de 1844, des locomotives, dont les célèbres Crampton, était la plus importante entreprise industrielle de Paris, employant 1500 ouvriers dans les années 1850. L’usine fut détruite par un incendie en 1865 et les ateliers transférés à l’usine de Grenelle. L’usine de Chaillot ne fut pas reconstruite et les rues Fresnel et Foucault furent tracées en 1877 sur le lotissement du terrain des installations abandonnées. »

Vous savez maintenant tout – ou presque – sur le coin où je découvris des lieux intéressants, à ma grande surprise, moi qui déteste ce coin de Paris…

D’abord, un « Routier »… Vous n’allez pas me croire, n’est-ce pas? Et moi-même j’ai eu du mal à y croire, je dois l’avouer. En réalité, il ne l’est plus, depuis, je pense, bien longtemps… Je n’ai hélas pas réussi à en trouver l’histoire, car il n’a pas de site, juste une page Facebook. On peut imaginer qu’elle est en lien avec l’usine et la Manutention militaire, mais je n’en ai aucune preuve. Peut-être l’un-e de vous va-t-il pouvoir l’expliquer? Mais son apparence, extérieure et intérieure, évoque effectivement un relais d’autrefois.

La carte est alléchante, et je me suis promis d’aller tester un de ces jours… Vous verrez donc peut-être à nouveau un article sur ce site…

Ensuite, un… « jardin des habitants »… Le XVIème fait dans le social et le partage, maintenant? Bon, d’accord, je suis un peu partiale et stupide en disant cela, mais je n’ai pas pu m’en empêcher…

La hauteur des murs alentour est remarquable, et l’on se sent écrasé par ce béton et ces briques. Mais ils offrent des vues étonnantes, que j’ai envie de partager avec vous ici. D’abord, des architectures variées, avec des imbrications d’immeubles…

La façade ouest du Palais de Tokyo est aussi étonnante, avec ces spirales d’escaliers, réelles ou figurées…

L’arrière du Palais est conforté par d’énormes contreforts – j’espère ne pas me tromper de mot, je ne suis pas spécialiste d’architecture! – qui offrent une vue questionnante.

Par contre, dès que les marches qui relient cette rue à l’avenue du Président Wilson sont franchies, l’univers est totalement différent, puisque l’on retrouve le monde haussmannien… N’oublions pas notre première destination, le Musée Guimet… mais c’est une autre découverte, que je narrerai dans un autre article…

Un petit coin de Portugal à Paris

« Bacalhau », « pastel de nata », « Monsaraz »… cela vous dit quelque chose et attise vos papilles gustatives? Alors, vite, rendez-vous sur l’Escarpe de la Montagne Sainte Geneviève, à la Nossa Churrasqueria… Il faudrait dire « Nossa! », la churrasqueria, car le terme est une expression de surprise pour les lusophones avertis que vous êtes, ou pas. Quand au second mot, il désigne un mode de cuisson, commençant pas une cuisson au sel pour s’achever sur un énorme barbecue au charbon de bois.

Pourquoi ce restaurant est-il si chaleureux, convivial?

Le décor, peut-être? Des éléments un peu disparates, qui évoquent les divers aspects du pays, à commencer par la Révolution des Oeillets, rappelée par la présence, face à la porte d’entrée, d’un beau tableau émouvant…

Des bouteilles, des objets divers, et les azulejos en centres de table. Je ne sais si le décor a été pensé, mais il ne fait pas « léché », donc pas artificiel…

Un cendrier en forme de pasteis
Le centre de table, un azulejo incrusté…

La taille, peut-être? Une seule salle, de petite surface, et seulement 16 couverts possibles à table, auxquels s’ajoutent les 4 au comptoir. Rare, de nos jours, de trouver de si petits restaurants, sans tomber dans le « fast food » ou le « chicos »…

La cuisine ouverte sur la salle, qui permet de voir, de sentir, la préparation de vos plats, et de ressentir la chaleur des feux qui permettent de griller les viandes… mais aussi de converser avec les personnes qui concoctent les plats… Le cuisinier est charmant et aime discuter avec les client-e-s, une fois le « coup de feu » (c’est le cas de le dire) passé.

La nourriture elle-même? Excellente, qu’il s’agisse d’une entrée, du plat ou du dessert… J’aime particulièrement le demi-poulet à la sauce piri-piri, mais aussi les excellents beignets en tout genre.

Miam! le poulet frites… revu à la portugaise

Hier était un mardi, jour de la morue : il était proposé la « bacalhau a bras » (effeuillée, avec ail, oignons, oeuf, etc.). Chaque jour de la semaine, une spécialité. Pour les voir, allez sur le menu proposé en ligne.

Le jeune couple qui gère ce restaurant? Il y a peu, j’aurais dit « l’homme », un jeune homme qui m’a livré un peu de son histoire de jeune Portugais arrivé voici un peu plus de 10 ans à Paris, désireux de vivre dans la capitale française au point d’avoir appris la langue rapidement et de la maîtriser maintenant, et qui a « monté » deux restaurants, deux « Nossa », dans le 11ème et ici, dans le 5ème… Mais j’ai découvert hier son épouse, qui m’a expliqué le remplacer car il a eu récemment un accident de moto, heureusement pas trop grave, mais qui le tient actuellement éloigné du travail.

Les client-e-s eux/elles-mêmes? Car il y a bien une clientèle spécifique ici, qui fait que les conversations sont amicales, et parfois s’entrecroisent entre des tables aussi rapprochées. Beaucoup de Portugais, qu’il s’agisse de groupes de travailleurs (le menu du midi est à 10 ou 12 euros avec deux plats plus boisson), de familles ou d’une personne originaire de ce pays qui en fait découvrir les spécialités à une autre. Mais aussi quelques autres client-e-s, décontracté-e-s, qui viennent se régaler de beignets, de poulet grillé en sauce, de morue sous toutes ses formes, et des délicieux pasteis inclus dans le menu. Sans compter une carte de vins qui permet de goûter aux crus plus divers qu’on ne le pense : Cabriz (fruité et doux) du Dao, 3 vins du sud, de l’Alentejo, Monte Velho (élégant et équilibré), Monsaraz (suave et rond), Marquês de Borba (intense avec des notes de mûres et de cassis), et 1 vin du Douro, Quinta Dos Aciprestes (complexe et boisé, arômes de fruits rouges). Il y en a pour tous les goûts…

Bref, si vous avez un peu de temps et envie de vous régaler dans une ambiance conviviale, c’est l’adresse qu’il vous faut! Nossa Churrasqueria, 1 rue de l’Ecole Polytechnique, dans le 5ème arrondissement (sous le Panthéon…). Attention, c’est fermé le dimanche soir et le lundi…

L’Auvergne à Paris : le Trumilou

Ne cherchez pas « Trumilou » sur Internet, vous ne trouveriez que le nom du restaurant, pas sa signification… Il faut rechercher « Troumelou », lié au village d’Auzers, dans le Cantal… qui a aussi une auberge de ce nom.

Le Troumelou.
Source : site du village d’Auzers

L’explication est apportée dans un article qui relate l’histoire du restaurant parisien, en ligne ici. Quoi qu’il en soit, le restaurant reste auvergnat depuis des décennies, le père de l’actuelle propriétaire étant né près du Puy Mary.

Et des tableaux, photos et objets rappellent cette origine, parmi les innombrables décors de ce lieu au charme désuet, inattendu à cet endroit. En effet, le Trumilou est situé Quai de l’Hôtel de Ville, au 88.

Situation. Source : site du restaurant

En ce moment, difficile à repérer à cause des échafaudages, et mieux vaut y aller aux heures où les travaux de rénovation de façade sont arrêtés!

On y mange délicieusement bien, des plats traditionnels et des recettes auvergnates, mais pas seulement… Et la gentillesse du personnel est remarquable. C’est la première fois qu’on me fait goûter une tarte au citron pour que je sache si j’allais la prendre. Car j’avais dit aimer l’acidité, et ne pas trop apprécier les amandes… Effectivement, elle est excellente, mais j’ai fini par lui préférer un délicieux crumble pomme-rhubarbe.


Une bonne « auberge » – c’est le mot qui me semble plus approprié, car plus adapté à l’ambiance chaleureuse et à la qualité des plats – à essayer absolument, avant qu’elle ne soit un jour malencontreusement rénovée, comme c’est la mode…

Une soirée OVS à La Comedia

Le spleen croissant en cette fin de journée, et tout le monde étant occupé, j’ai eu recours à OVS pour trouver une solution pour soulever le couvercle (coucou Baudelaire…)

Une soirée « repas au restaurant » était annoncée, tout près de chez moi, comme déjà complète (16 personnes!). J’ai tenté ma chance et joint Christine, l’organisatrice, qui a très gentiment proposé que je me joigne au groupe. Me voici donc à La Comedia

Une longue table est dressée sur la terrasse, et déjà un groupe est présent. Christine accueille tout le monde avec chaleur, et m’introduit « La petite dernière »… L’ambiance est sympathique, et je me retrouve vite intégrée, en train de discuter de divers sujets avec les un-e-s et les autres. Bref, une soirée agréable, avec beaucoup de rires, cela fait du bien…

D’accord, vous attendez que je vous dise ce que je pense du Mojito servi dans ce restaurant… Réponse : pas mauvais du tout… Dans les « moyen plus ». Et la nourriture? Pour ce qui me concerne, et pour mes deux voisins de table, excellente.

Lasagnes en plat daté…
Risotto al tartuffo avec cassolette de sauce

Les lasagnes de mon voisin étaient fondantes à souhait, bien garnies, et la sauce ne se contentait pas d’être une mauvaise béchamel, comme c’est hélas souvent le cas. Pour ma part, j’ai admiré le plat dans lequel elles étaient servies (voir photo). Quant au risotto al tartuffo que j’ai dégusté, il était « à tomber par terre »! Fondant à souhait, accompagné d’une sauce au parfum délicat de truffe, dans une cassolette à part, ce qui permettait de doser la quantité de sauce souhaitée. Un délice!

Ainsi, avec de parfaits inconnus en début de repas, et dans un restaurant non loin de chez moi mais dans lequel je n’aurais pas eu l’idée d’aller, j’ai passé une soirée fort agréable, grâce à une jeune femme qui aime re-lier les personnes. Merci, Christine!