La confiance

Au programme en ce vendredi soir : un spectacle d’impro, dans le Marais, à l’ImproviBar. Je rejoins donc une amie pour prendre un verre, voire manger un morceau, avant. Rue Rambuteau, les restaurants ne manquent pas. Notre choix se porte sur une enseigne étonnante : cuisine japonaise et… péruvienne!

De la place en terrasse… Etonnant! En lisant ce matin les commentaires TripAdvisor sur ce restaurant, j’ai compris pourquoi : ils sont très mauvais. Sur le service, d’abord. Et c’est assez justifié : la jeune fille est gentille, mais, après être restée longtemps derrière le comptoir sans s’occuper de nous, elle nous sert difficilement, oubliant par exemple les baguettes… Mais la nourriture ne vaut pas les critiques acerbes qui lui sont faites. Notamment par son originalité. Et les gyoza sont bons, bien que pas tout à fait assez grillés. Mais ce n’est pas pour faire de la critique gastronomique que j’ai entrepris d’écrire cet article, après un assez long silence! C’est pour vous parler de deux choses.
D’abord, la relation entre Japon et Pérou. Si je vous demande qui était le Président du Pérou entre 1990 et 2000, je suppose que j’aurai peu de réponses? Alberto Kenya Fujimori. Etonnant, comme nom, n’est-ce pas?

« En 1897, les gouvernements japonais et péruvien ont convenu d’ouvrir la région côtière du Pérou à l’installation d’agriculteurs japonais. »

« Le 3 avril 1899, un navire japonais en provenance de Yokohama, le Sakura-maru, faisait son entrée dans le port de Callao, à l’ouest de Lima. A bord, 790 hommes épuisés par plus de deux mois de traversée. Un paysage inconnu se révélait à leurs yeux : la cordillère des Andes se profilait à l’horizon et, dans le désert, pointaient les clochers des églises de Lima.

Seuls quelques voyageurs touchèrent terre ce jour-là. Le lendemain, le Sakura-maru entreprenait un périple le long des côtes péruviennes, débarquant ses passagers par groupes dans les diverses plantations. Tous pensaient, sans doute, n’être là que pour quelques années, le temps de s’enrichir et de rentrer au pays. Aucun certainement n’imaginait être un pionnier. Et pourtant, ces migrants allaient être les fondateurs d’une forte communauté : celle des Japonais du Pérou. »

Ce n’était pas le cas des ascendants de Fujimori. Ses parents, eux, avaient quitté le Japon en 1934. Mais ils trouvèrent sur place une communauté qui s’était considérablement enrichie. Mais revenons au restaurant. Les Nikkei – on les nomme ainsi – ont développé une cuisine interculturelle, si j’ose dire. Le principe est simple : garder les fondements de la cuisine japonaise, mais exploiter la richesse des légumes et épices du Pérou. C’est ce qui produit des plats comme ce saumon dont la sauce est à base de fruits de la passion, plat que j’ai apprécié hier à Côté Sushi (je ne puis vous donner son site, car il est fermé, mais vous pourrez en avoir une idée sur deliveroo ici ou sur ce site, où j’ai copié l’image qui suit : le tiradito maracuja).

Si vous passez près d’un restaurant vous proposant Pérou et Japon, n’hésitez donc pas, le mélange est excellent!

La deuxième raison est tout autre. Les quintes de toux qui me perturbent en ce moment se sont accrues durant le repas. J’ai donc décidé de ne pas aller au spectacle, surtout que j’avais appris qu’il avait lieu en cave. Mon amie est donc partie, me laissant seule en terrasse, où je suis restée un petit moment. Quand je décidai de partir, je passai à la caisse. Refus de la banque sur ma carte bleue. Pourtant compte positif! Idem sur ma carte professionnelle. Idem! Et pas un centime de liquide! J’appelai un ami, malgré l’heure tardive. Il accepta de descendre de chez lui pour aller me chercher du liquide et m’attendre à la bouche de métro… J’expliquai à la personne apparemment responsable de l’établissement, et proposai de laisser ma carte d’identité en attendant. Refus, avec le sourire. « Non, pas de problème ». Je filai donc en métro vers Pigalle… et revins trois quarts d’heure après, alors que l’on rangeait tout pour fermer. La personne parut surprise de me revoir. Je lui tendis 30 euros, pour les 21,90 (deux plats et boisson) que je devais. Il me rendit le billet de 10. « C’est bon comme cela », ajouta-t-il en souriant. Je repartis vers chez moi, très surprise et réjouie de constater que la confiance, la générosité et la gentillesse existent bien… Encore une anecdote qui renforce mon idéalisme béat, direz-vous!

Poulpitude zénitude à La Défense

Jamais je ne pensai pouvoir apprécier La Défense… et pourtant… Pourtant, en ce midi ensoleillé, je dois bien avouer que j’ai trouvé fort agréables ces moments passés au soleil, devant un bassin orné d’étranges extraterrestres colorés, à déguster des mets délicats.

Oui, il existe un endroit agréable dans cette forêt de béton et autres matériaux de construction. En bois, qui plus est !

Photo copiée sur le site « Restos sur le grill« … qui n’en dit pas grand bien, soit dit en passant…

Et même le verre environnant prend des allures d’oeuvre d’art…

La terrasse donne sur le bassin des « Signaux » de Takis.

« Takis a imaginé une surface aquatique, d’une cinquantaine de mètres de côté, sur laquelle sont posés 49 feux lumineux multicolores de hauteurs différentes (entre 3,50 et 9 mètres) semblant être montés sur ressort. Parfaitement intégrés à la perspective de l’axe historique, visibles depuis l’Esplanade et depuis Neuilly, ces feux, de formes géométriques colorées, clignotent et se balancent dans un ballet ludique et enchanteur.

En 1991, l’artiste, installe ses Signaux, et reproduit ainsi son œuvre à l’arrière de la Grande Arche, cette fois-ci directement sur la dalle. Takis marque ainsi de mâts lumineux les deux entrées de La Défense, ses œuvres semblant servir de points de repères pour marquer les entrées et sorties de ce territoire. » (source)

Je me suis promis de revenir voir le spectacle de nuit, car le bassin est illuminé de toutes les couleurs, qui doivent se refléter dans les immeubles environnants.

Détail amusant, le restaurant a presque le même nom que ma « cantine » à Mers-les-Bains… Vous savez, ce nom qui évoque le poulpe ? Octopus, oui, c’est cela. Car ils servent bien du poulpe, sous différentes formes.

« Doté d’une double terrasse de 150 m2 sur l’Esplanade de La Défense, le restaurant des Rostang et de Liquid Corp se dévoile face au bassin Takis, avec une vue imprenable sur l’axe historique parisien.

Pour le déjeuner, les Rostang ont concocté avec la Cheffe Bénédicte Van der Motte une carte épicurienne proposant des viandes grillées au four à bois, des plats de chef et des assiettes légères, végétales ou iodées venues du Raw Bar. »

Epicurienne, non, pas d’accord. Mais hédoniste, oui. Et il est vrai que tout était léger. Je me suis contentée d’un saumon Gravlax, qui était délicieusement aromatisé de diverses épices et herbes.

RAW BAR ………………………………………………………………

​SAUMON GRAVLAX                                 13 

Raïta aux fines herbes et concombre

Salade de fenouil cru

Deux verres de blanc suffisaient. Etude comparative de deux crus très différents… Une valeur sûre, le Chablis, et une découverte, choisie pour son nom plutôt drôle…

80% Muscat, 10% Chardonnay, 10% Viognier… un vin du Languedoc-Roussillon (Saint Guilhem le Désert). A partir de ces informations, saurez-vous identifier le verre qui le contient? Droite ou gauche?

Bien sûr, je n’ai pas pu m’empêcher de composer un tableau avec l’eau pétillante, surtout pour son slogan !

Attention, si vous souhaitez profiter de cet endroit, mieux vaut réserver ! C’est possible en ligne ou par téléphone sur le site : https://oxygen-ladefense.fr/octopus/

Vous ne le regretterez pas, je pense. Et, si vous préférez l’Arc (de Triomphe) à l’Arche (Grande), une autre terrasse tourne le dos à cette dernière…

Photographie copiée sur le site officiel de Octopus-Oxygène La Défense