Marguerite de Chablis

Elle ne s’appelle pas Marguerite (Emmanuelle, mais chut! ne le répétez pas!), mais a choisi ce nom en hommage à l’histoire de la Bourgogne. Elle? La sympathique patronne de ce lieu apaisant, reposant, tranquille, sis pourtant en plein coeur du bourg… Vous pouvez la voir ici, dans son établissement… Aussi « serein » que la rivière qu’il borde – enfin, le bief détourné de celle-ci, qui mène au moulin.

Un endroit où il fait bon se délasser, en se régalant d’une assiette de charcuterie ou d’escargots tout aussi bourguignons. Et, bien sûr, en dégustant un bon Chablis ou un Irancy, selon la couleur désirée. Mais on peut aussi apprécier la tarte salée du jour (en l’occurrence, une tarte à l’oignon, dont la recette picarde vient de la maman de l’hôtesse), ou encore un clafoutis aux cerises (locales, bien sûr!).

Tout est frais, soigneusement cuisiné par un agréable expert que l’on peut voir officiel dans la minuscule cuisine.

Et servi avec une amabilité extraordinaire par un homme qui a préféré se « déclasser » (il a été chef de rang, responsable, etc. dans de grands lieux parisiens) pour profiter de la vie à la campagne, au milieu des coteaux viticoles, plutôt que de continuer à courir et vivre en « décalé » avec son épouse en Ile-de-France.

Il ne reste qu’à prendre place aux mignonnes tables rouge brique…

… et observer les gardons et autres petits poissons jouant à travers les nénuphars et autres plantes aquatiques…

Et quand il fait froid ou qu’il pleut, me direz-vous? Eh bien, une grande salle voûtée vous accueille, avec un bon feu de bois, et même un coin-salon aux fauteuils invitant à la paresse. De quoi y venir et revenir!

Et les Français-es ne sont pas les seul-e-s à apprécier, comme l’atteste ce commentaire.

Désuet ou rafraîchissant ? Une pause chez Carette

Il est de ces lieux qui fleurent bon le passé, et font revivre les Belles Dames et Courtois Messieurs de jadis… Tel est le cas de ce salon de thé dont j’ai poussé la porte pour la première fois en ce soir de janvier, après la représentation du magnifique spectacle de David Coria.

Photo empruntée à la page Facebook de l’établissement

Un vaste comptoir, sur le côté gauche de la salle, a de quoi exciter la gourmandise, avec sa farandole de gâteaux. Pour info, n’ayant pas réussi à le prendre en photo tant il est long, j’ai cherché sur le net. Apparemment, personne ne parvient à le photographier correctement!

Même si, à cette heure tardive, il est aux trois quarts vide, il reste néanmoins de quoi faire saliver, entre éclairs, tartelettes au citron, millefeuilles et autres pâtisseries, sans compter une diversité impressionnante de macarons. Pour ma part, j’ai opté pour cette délicate tartelette, dont j’ai apprécié la finesse de la pâte et la délicatesse de la crème.

Mais on peut aussi se sustenter avec du salé, notamment des sortes de Croque-Monsieur d’une délicatesse absolue.

L’établissement est né la même année que ma mère, en 1927… Et – cela ne s’invente pas – la co-fondatrice se prénommait… Madeleine! Son portrait trône en majesté dans la vaste salle et, de son regard sévère, elle semble encore surveiller le personnel à ses entrées et sorties de cuisine, et la clientèle à celles des toilettes…

Dans trois ans, l’établissement fêtera son centenaire, sans doute encore plus brillamment que celui de ses 90 ans, narré dans cet article. Un autre article, celui-ci dans le magazine du XVIème, présente joliment cette vieille institution du quartier :

 » C’est en 1927 que Jean Carette et sa femme Madeleine ouvrent leur pâtisserie sur la Place du Trocadéro.
Le lieu devient vite le rendez-vous familial des parisiens de la Rive droite. On va « chez Carette » de génération en génération, avec sa grand-mère à l’heure du thé, avec ses enfants pour un goûter gourmand ou ses amis au déjeuner.
Pourquoi le salon plaît-t-il toujours autant aujourd’hui ? Parce qu’il est immuable ! Si Carette s’est offert une petite beauté au tournant du XXIe siècle, l’établissement n’a jamais vraiment changé : le portrait de l’illustre patronne Madeleine Carette est toujours accroché au mur, les tables sont toujours en marbre rose, le carrelage en mosaïque a été conservé tout comme les miroirs et les éclairages en verre dépoli qui ont gardé leur style des années 30. Il y aussi le cérémonial d’un autre temps : les serveuses portant des tabliers blancs comme autrefois, la vaisselle joliment vintage avec ses services en porcelaine fleurie, ses carafes en argent, ses soucoupes et sous-tasses qui prennent toute la place sur les tables ! Carette, c’est tout cela : un service d’apparat, un décor mêlant classicisme et années folles, un lieu animé du matin au soir où se croisent la clientèle d’habitués, les riverains lisant le journal, quelques célébrités et des Instagrammeurs venus du monde entier pour photographier les pâtisseries dans leurs assiettes siglées Carette. »

J’ai cherché en vain des références littéraires où elle serait mise en scène, mais n’en ai pas trouvé. Mais il est vrai que Proust est décédé 5 ans avant sa création…