Le cimetière Saint Vincent

Au retour de l’Aveyron, enfin, de l’Ascension, il était justement temps de l’entreprendre, cette ascension (sans ascenseur!) pour regagner le sommet de la Butte, alias colline, alias mont. Petit détour par le Cimetière Saint Vincent, que j’avais découvert lors d’une autre balade montmartroise, mais que j’avais envie de revoir plus longuement, tant il m’avait plu. Et il a de quoi plaire! A cela plusieurs raisons. La première est l’ambiance sereine qu’il dégage. Vous me direz « pas étonnant, pour un « lieu de repos éternel ». Bon, d’accord. La deuxième est la beauté et la variété de sa végétation. Des personnes étaient, ce jour-là, venues le visiter d’un point de vue botanique, d’ailleurs.

La troisième concerne les personnes qui y demeurent. D’une part, des « personnalités » célèbres, et d’autre part, des personnes qui reflètent la vie du Montmartre de jadis. Je vous emmène promener parmi les tombes?

Faisons comme celui ou celle qui est à l’origine de la découpe de Paris en arrondissements, commençons par le centre, avec la tombe de Michou. Pas étonnant de retrouver là celui qui a animé un cabaret à un kilomètre tout juste.

Continuons vers la droite, pour trouver celle qui a formé avec Trintignant l’un des plus aimés des couples au cinéma.

Aimée, elle l’a été, et amoureuse aussi sans doute… Pas moins de quatre mariages…

« Son premier mariage, c’était en 1949 avec un certain Edouard Zimmermann. L’union ne durera qu’un an. Elle fréquente ensuite Jean Cocteau. Elle poursuit ensuite sa vie amoureuse avec le cinéaste Nikos Papatakis de 1951 à 1958. C’est avec lui qu’elle aura sa seule fille, en 1951. Par la suite, Anouk Aimée s’unira avec le chanteur Pierre Barouh, qu’elle avait rencontré sur le film de Claude Lellouche, « Un homme et une femme« , et qui a changé sa vie. Ils vivront leur histoire d’amour de 1966 à 1969. Enfin, c’est avec l’acteur britannique Albert Finney (vu dans « Voyage à deux », et plus récemment dans « Erin Brockovitch ») qu’elle convolera une quatrième fois en noces : de 1970 à 1978. »

Pourquoi est-elle enterrée ici? Tout simplement parce qu’elle habitait le Vieux Montmartre. Plus exactement, Impasse Girardon.

Anouk Aimée, dont vous découvrirez ci-dessous la véritable identité, si vous ne la connaissez pas…

Avez-vous vu le chat? Joignons « chat » et « aimée »… Cela vous rappelle-t-il un des livres que les enfants continuent à apprécier? Les Contes du Chat Perché?

Voulez-vous saluer son auteur? Celui dont je vous ai déjà parlé, voici peu, dans un précédent article, où nous avions pu admirer la statue du Passe-Muraille réalisée par Jean Cocteau? Il n’est pas bien loin…

Nous parlions de cinéma… revenons-y, avec un scénariste et réalisateur qui fut aussi en lien avec Jean Cocteau : Claude Pinoteau. Lui qui habitait Neuilly, pourquoi est-il enterré ici? Simplement parce que c’est l’emplacement du caveau familial…

« Lucien Pinoteau, complice de Poulbot et futur Président, fonde en 1936 « l’OEuvre des gosses de la Butte Montmartre » qui deviendra dès 1939 « l’OEuvre des P’tits Poulbots ». » (source : https://www.republique-de-montmartre.com/notre-histoire.html). Mais savez-vous qui est Poulbot? Permettez-moi une petite digression…

Dessinateur, illustrateur, caricaturiste, et « goguettier »… Vous ne connaissez pas ce mot? Rendez-vous bientôt pour que je vous en parle, je ne veux pas trop m’éloigner ici. Comme je vous reparlerai de Poulbot quand j’irai visiter le cimetière de Montmartre. Car non, il n’est pas ici!

Allons du côté du Quai des Brumes, de l’Hôtel du Nord et des Enfants du Paradis, pour retrouver Marcel Carné, reposant lui aussi à l’ombre du Sacré Coeur – pourquoi? je l’ignore. Si vous le savez, merci de placer un commentaire pour partager l’information !

Quittons le 7ème art pour « les beaux arts ». Pas étonnant par contre de trouver ici Utrillo, qui a tant peint la Butte! Sa tombe est dans les « étages supérieurs », c’est le cas de le dire! (celle de Carné, tout en bas au contraire).

Mais j’ai été surprise de trouver non loin de lui un peintre que j’aime beaucoup et que j’associe à la Normandie : son Musée n’est-il pas à Honfleur ? Alors j’ai cherché. Il est effectivement mort à Deauville, au bord de la mer qu’il aimait tant. Et a été enterré quatre jours plus tard, le 12 août 1898, à l’endroit où vous pouvez lui rendre hommage. Pourquoi là? Je ne sais. Mais son ami Edmond Yon lui avait dédicacé une toile représentant les moulins de Montmartre. Sans doute y fréquentait-il d’autres artistes?

Parmi les autres arts, la musique, avec notamment Arthur Honneger, qui avait un atelier à Montmartre.

Surplombant la tombe, une belle oeuvre sculpturale orne une sépulture moins dépouillée.

Vous en apercevez une autre au loin. Le premier rang près de l’entrée offre en effet une belle perspective sur ce qui pourrait faire d’un cimetière un musée en plein air.

Loin de moi l’idée de vous détailler toutes les tombes de gens « célèbres » ou moins qui peuplent ces lieux. Il y en aurait pour longtemps et ce serait ennuyeux. Je préfère partager avec vous plan et liste que j’ai trouvés alors que j’achevais ma balade.

Vous pourrez ainsi aller voir chacune et chacun. A moins que vous ne préfériez, comme moi, « errer » un peu au hasard pour d’autres découvertes, comme cette magnifique et émouvante épitaphe. J’ai longuement hésité à la publier, mais comme elle est visible de toutes et tous sur site et que je ne vous donnerai pas le nom d’une personne enterrée ici, je me suis dit que la RGPD ne s’appliquait plus.

De Montmartre à l’Aveyron

Nous en étions resté au sommet de la Butte. Il faut maintenant en redescendre! De préférence en passant pas les lieux-cultes : les vignes, la Maison Rose et le Lapin Agile… En raison d’une surcharge de travail, j’ai dû reporter la rédaction des deux derniers articles. Le week-end m’apportant un répit, j’en profite pour revenir vers Montmartre… et, vous vous y attendez je pense, me diriger vers le vignoble (dont je n’ai encore à ce jour pas réussi à goûter le produit!)

Si vous regardez le panneau ci-dessus, il ne date que de moins d’un siècle. Je ne sais pourquoi, mais j’ai toujours imaginé qu’il remontait quasiment à l’Antiquité?

Savez-vous combien il y a de cépages dans le vin de Montmartre (pour rappel, en général les assemblages en dépassent rarement 3-4)?

Eh oui, vous avez bien lu! Pas moins de vingt cépages pour ce vin exceptionnel!

A quoi sert cette étrange « paillotte »? Mystère… Mais continuons à descendre, car le rose d’une maison m’attire. Je ne suis pas la seule, à en juger par le nombre de touristes, visiblement de toute provenance, qui se pressent autour d’elle. Si vous regardez ce site, vous la verrez telle qu’elle était au 19ème siècle. Et, comme vous le savez sans doute, elle est liée à l’histoire de la peinture française, en particulier d’Utrillo. La voici telle qu’il l’a peinte…

… Et la voici telle que je l’ai vue…

Elle a visiblement dû être protégée pour survivre à la promotion immobilière! Un peu plus loin on peut constater que les habitant-e-s ne manquent pas d’humour. D’abord, un jeu de mots qui n’est compréhensible que si l’on connaît le nom de l’artère : la rue des Saules. Ensuite, le petit diablotin souhaitant des vendanges heureuses…

Au rose a succédé des dégradés de blanc et ocre, quand tout à coup, la palette s’amplifie. Pas seulement à cause des façades! Tel les instruments d’un orchestre, vélos, murs, palissades et fleurs offrent une symphonie de couleurs.

Un salut au passage à ceux qui ont permis à cet établissement de vivre et de survivre : Frédé, qui le tenait quand l’édifice a failli être absorbé par un projet immobilier, et Aristide Bruant qui l’a sauvé en le rachetant, pour ensuite le revendre au fils de l’ancien tenancier… Je vous laisse deviner qui est l’un et qui est l’autre, sur cette photo, même si on ne voit pas la couleur des écharpes…

Quittons l’établissement dont j’ai appris qu’en réalité il s’appelait au départ « Le Lapin à Gill », car André Gill, caricaturiste, avait imaginé un lapin bondissant d’une casserole comme enseigne de l’auberge-guinguette qu’il fréquentait, pour un petit détour par la rue Saint Vincent, pour un dernier regard au Clos Montmartre.

Et je reprends la rue des Saules pour descendre chercher un restaurant, un peu plus éloigné des troupeaux de touristes. Il est temps : presque 14 heures. On a beau être à Paris, les restaurants ont leurs horaires!

Une façade attire mon regard. Décidément, l’humour est omniprésent!

Le chemin va m’amener en Aveyron… Mais c’est une autre histoire…