Deux verres, deux univers

Il y aurait beaucoup à dire sur la belle traversée de l’hexagone, entre Bretagne et Provence, mais je « saute » directement à Nice, pour revenir « en temps réel », ce qui, me semble-t-il, rend plus « vivant » ce blog.

Le crépuscule arrive vite, par rapport à l’Ouest! Et avec lui, l’envie de boire un verre…
Première destination : mon pub irlandais préféré.

La terrasse est pleine, car visiblement la police municipale veille plus que jamais, et deux grandes tables ont été supprimées sur la rue Rossetti. Je me réfugie donc à l’intérieur, presque vide, lui.

Et me voici en train de siroter la Guiness, servie ici à la pression (3,70 euros), en écoutant la musique et en observant le ballet du patron qui ne cesse d’entrer / sortir pour le service.

Que fait le serveur, me direz-vous? Eh bien, il achète sa nourriture. A une dame venue avec un grand sachet, d’où elle a sorti deux boites en plastique. Dans l’une, des pizzas de forme rectangulaire. Elle m’en propose une : 3 euros l’entière, 1 euro 50 la demie. Dans l’autre, des gâteaux dont je n’ai pas bien entendu le nom. Qu’elle vend aussi. Bref, le système D. Et le serveur maintenant mange sa pizza, debout derrière le bar, tandis que la dame range soigneusement la nourriture dans les boites, les boites dans le sachet. Discussion en anglais. « To morrow? » demande la dame. Il fait signe que non (on ne parle pas la bouche pleine!). « After to-morrow? » Nouveau signe de dénégation. Il cesse de mâcher. « I don’t know« . La vendeuse ambulante fait « Ok » et repart chercher d’autres chalands. Je continue à boire en attendant l’amie qui doit me rejoindre et en observant les habitué-e-s en terrasse, puis descends aux toilettes. Une magnifique cave voûtée m’attend en bas, hélas encombrée de caisses et de gros tonneaux de bière. Quand je remonte, je salue un homme, isolé au fond du bar. Il ne m’entend pas : il travaille. Apparemment, un architecte ou un graphiste : il manipule un stylet sur une tablette…

Mon amie arrive, et nous partons vers d’autres cieux. Elle trouve l’ambiance trop calme. Chacun ses goûts!

Direction l’église du Gesu (alias Saint Jacques le Majeur), toute proche. Nous n’allons pas à la messe, mais au bar. Car oui, l’église recèle un bar, dont Christophe, mon ami artiste-serveur au restaurant éponyme m’avait parlé. Il faut traverser les lieux saints, se diriger vers la droite, s’engager dans un passage voûté, aller vers la sacristie, et l’on débouche sur une belle cour ornée de plantes, au mobilier bric-à-brac et à l’ambiance sereine, qui tranche fortement avec l’animation des rues du Vieux Nice un soir d’août. Suivez-moi dans le dédale qui conduit à cet endroit caché.

Au passage, nous nous attardons d’abord devant la maquette de l’église baroque, de style ligure.

Puis pour jouer aux « djeuns » et prendre un « selfie ».

Au bar, une personne au genre indéfini nous sert le verre de rosé demandé, et, gentiment, nous tend d’abord des cacahouètes, puis des chips. Elle nous explique que le bar a été créé par une association, Bethel, pour gagner de quoi restaurer l’édifice. Voici ce que, par la suite, j’ai trouvé sur le net, concernant cette asso.

 » Objet : a pour objet : accueil des visiteurs, espace de détente, de dialogue et d’échanges entre visiteurs et entre bénévoles

Activités :

  • AMICALES, GROUPEMENTS AFFINITAIRES, GROUPEMENTS D’ENTRAIDE »

Joli, le « groupes affinitaires », non? On évite le terme « communauté »!

Elle nous explique ensuite qu’une table est libre au fond. Nous lui préférons finalement une banquette, à l’abri des regards derrière de grandes plantes vertes.

Un lieu idéal pour bavarder tranquillement. Et observer les lieux. Un grand patio qui jouxte l’église.

De belles plantes qui lui donnent un petit air de jardin d’hiver. Du mobilier de récupération ou fait de palettes et bois de récupération.

Et une vierge de plâtre blanc, éclairée, dans un coin. La clientèle est mixte, aussi bien en âge qu’en genre apparent. Mais pas en origine. Que du blanc, et visiblement presque que de l’autochtone. Des couples. Des petits groupes d’amie-s. Une grande convivialité et de la sérénité. Ma copine craignait le prosélytisme. Il n’en est rien. Un bar alternatif comme beaucoup d’autres. Et être servi-e-s par un jeune homme à l’allure d’un participant des Marseillais ou de Koh Lanta, musclé et tatoué, sous le regard de la Vierge, avouez que cela a du piquant!