Déroulez le tapis vert…

Le Festival de Cannes est reporté… enfin, on l’espère, seulement reporté… Le tapis rouge ne sera donc pas déroulé tout de suite. Mais le Tapis vert l’est déjà!

Savez-vous de quoi il s’agit?

Vous pouvez le deviner si vous avez lu les précédents articles concernant Meudon…

Si vous vous en souvenez, il y était question d’un château, acquis par le Ministre de la Guerre de Louis XIV, Louvois, de jardins à la Le Nôtre, d’une belle perspective… Vous y êtes?

Au premier plan la Terrasse de l’Observatoire (article précédent). Au loin, le Tapis Vert.

Cette perspective, elle a été restaurée en 1942-1943, et, depuis, ce que l’on a dénommé « Le Tapis Vert », une pelouse de 600 mètres de long sur 50 de large, est inscrit au Patrimoine et entretenu par l’Office National des Forêts (ONF). Cerise sur le gâteau, la pelouse est accessible, et accueille donc le postérieur – voir tout le corps – de tous ceux et toutes celles qui souhaitent s’y asseoir ou allonger, et non l’élite admise dans les jardins de l’ancien château… démocratisation s’il en est!

Je l’ai découverte en allant, comme je me l’étais promis, continuer à faire le tour des étangs de la forêt de Meudon. J’ai d’abord voulu voir l’étang de Chalais, qui était le premier géographiquement parlant, et surtout connu pour son histoire (il appartenait au domaine du château) et sa forme hexagonale. Hélas impossible… il est privé et appartiendrait à l’Association halieutique de Chalais Meudon, fondée par des militaires de l’ONERA (Office National d’Etudes et de Recherches de l’Aérospatiale, et seuls 150 pêcheurs adhérents (par cooptation) peuvent y accéder. Ce qui, bien sûr, suscite des questionnements et des débats. Pourquoi cela? Tout simplement parce qu’il jouxte le Hangar Y dont il sera question prochainement sur ce blog.

Je n’ai donc vu l’étang de Chalais que de loin, car il est caché par un long mur d’enceinte d’un côté, et rendu inaccessible par des fossés de l’autre. Par contre, son tout proche voisin, l’étang de Chalais, est, lui, tout à fait ouvert. Un chemin permet d’en faire le tour, et des bancs accueillent celles et ceux qui, comme moi, veulent en faire le décor de leur pique-nique.

Jolie vue pour un restaurant de plein air…

Cela fait la joie des corvidés en tout genre, qui rivalisent avec les pigeons de toutes les couleurs pour se régaler des miettes des repas ainsi dégustés, avec cette si belle vue…

Comme j’avais vu sur le net l’expression « très prisé des peintres », j’ai recherché les tableaux qu’il avait inspirés – apparemment, c’est un-e grand-e communicant-e qui l’a trouvée, car franchement il n’y en a pas eu beaucoup…

Et suis arrivée à ce tableau de Matisse.

Trivaux Pond, 1917 - Henri Matisse - WikiArt.org
Etang de Trivaux, Matisse, 1917

Matisse a un point commun avec moi : il a délaissé le Nord natal pour s’installer à Nice… Mais il est passé par Paris et sa banlieue. Dommage que ce point commun ne soit que lié à la géographie de la France, et pas à la créativité picturale! En l’occurrence, entre 1909 et 1917, il a vécu à Issy-les-Moulineaux. Le parc de sa villa, 42, route de Clamart abrite jusqu’en 1911 l’Académie Matisse, qu’il avait créée initialement au Couvent des Oiseaux grâce à l’aide des Stein – bien sûr, je me promets d’aller voir cette villa qui désormais abrite ses archives (l’adresse actuelle, si vous voulez faire comme moi, est 92, avenue du Général de Gaulle).

L’Académie Matisse en 1910

Il avait voulu s’engager à la guerre, ainsi que Marquet.  « Derain, Braque, Camoin, Puy sont au front, risquent leurs peaux. Nous en avons assez de rester à l’arrière… Comment pouvons nous servir le pays ? » demandent-ils à Marcel Sembat, ministre des Travaux publics, qui leur répond : « En continuant, comme vous le faites, à bien peindre! » Il faut dire qu’il a alors 46 ans… Pour la suite de l’histoire, c’est à Nice qu’elle se passe, car c’est durant l’hiver 1916-1917 qu’il décide d’aller s’y installer.

Mais revenons sur site (sans jeu de mots!)… Le point inférieur du Tapis Vert est ainsi situé entre d’une part les étangs de Trivaux et de Chalais, et d’autre part l’étang de La Garenne, dont je vous ai déjà parlé et que l’on rejoint à pied très aisément.

Que d’eau! Sources, réseaux et étangs de Meudon

Voici donc le troisième volet de cette série consacrée à une balade au sud de Paris, qui m’a menée de part et d’autre de Meudon, depuis la Terrasse de l’Observatoire jusqu’au menhir de la Pierre aux Moines, où j’avais découvert le premier des étangs de cette visite, celui de La Garenne. Deux autres ont ensuite été découverts : celui de Chalais et celui de Trivaux. J’ai choisi de faire de ces étangs et de leur environnement l’objet de ce nouvel article… en attendant d’aller voir les autres… La carte ci-dessous, empruntée au site des randonneurs ovillois, qui avaient, par un jour glacial de février 2018, fait une randonnée de 22 kms dans ces lieux. Si, comme moi, vous vous demandez ce que signifie « ovillois », je vous donne tout de suite la réponse, que je suis allée chercher sur le net : on ne peut pas la trouver soi-même, je pense : c’est le nom désignant les habitants de Houilles!

Pour en revenir aux étangs, chacun a sa personnalité, son histoire et un environnement spécifique.

Si vous vous intéressez à la géologie et à la vie dans les environs de Paris au XIXème siècle, j’ai découvert par hasard, en recherchant le lien entre certaines sources et les étangs, un chapitre de livre consacré aux « Collines de Meudon », datant de 1843. Vous pourrez le lire ici. L’auteur y révèle que les conditions sont optimales pour la… viticulture!

« Meudon se trouve exactement dans les conditions imposées par Virgile pour la culture de la vigne : « Neve libi ad solem vergant vineta cadentem. » » (par. 271)

Des sources en abondance

Selon lui, l’eau sourd en abondance dans la forêt.

« La plupart des sources ou toutes celles qui sont les plus élevées dans la forêt de Meudon, sourdent de la partie intérieure de ce terrain, et ne font que passer sur les argiles qui recouvrent le gypse ; elles résultent de l’infiltration des eaux pluviales a travers les couches perméables des terres supérieures, et comme elles ne rencontrent dans tout leur parcours que des argiles siliceuses et alumineuses ainsi que des sables, elles restent douces, dissolvent bien le savon, et sont très recherchées par les promeneurs en été à cause de leur fraîcheur et de leur pureté ; telles sont les fontaines d’Aubervilliers, ancien écart de la paroisse de Meudon, où il paraît y avoir eu des ruines ; de Triveau ; de la Garenne ; du Rossignol et des Lins. Cependant il y en a de ferrugineuses et sur le bord du chemin, prés de l’étang de Chalais, j’en citerai notamment une de ce genre qui pourrait être mise à profit comme source minérale. »

J’ai particulièrement apprécié ce passage où il critique la gestion de l’eau à Meudon:

« Le village de Meudon possède plusieurs sources importantes ; mais il est bien à regretter, pour le dire en passant, qu’elles soient presque toutes dans des propriétés particulières et qu’il n’y ait pas une belle fontaine, comme je l’ai déjà signalé au commencement de cet ouvrage, sur la place même de ce village si populeux.« 

Un réseau hydraulique du XVIIème siècle

Une association travaille sur ces sources de Meudon : « ARHYME a été créée en 2003 par Jean Ménard pour la sauvegarde du Réseau hydraulique réalisé au XVIIe siècle pour alimenter les bassins et jets d’eau du château de Louvois à Meudon. On peut voir sur leur site le travail réalisé pour dégager les canalisations aux alentours de la source de la Garenne. Je leur ai « emprunté » les photos qui suivent, en espérant qu’ils ne m’en voudront pas.

Source au-dessus de l’étang de La Garenne
Canalisations en grès, datant du XVIIème, situées sous le lit du ruisseau actuel

Un immense réseau hydraulique avait été construit pour desservir le château de Meudon (vous savez, celui qui a mal tourné : il est devenu observatoire!)

Les deux châteaux de Meudon avec la Grande Perspective vers 1715. En 1695, Louis XIV acheta Meudon pour son fils aîné, le Grand Dauphin. Le Château-Vieux (au centre) est prend feu en 1795 et démoli en 1803 par ordre de Bonaparte. Le Château-Neuf (à droite) est bâti à partir de 1706 et incendié en 1871. De 1880 à 1885, le grand astronome Janssen le coiffe d'une coupole… Il devient l'Observatoire de Meudon. [Restitution virtuelle de Franck Devedjian et Hervé Grégoire, 2012]
Plan général du Réseau Hydraulique : entre Vélizy au sud-est en amont , Clamart au sud et Meudon en aval au nord-est. Les rigoles sont en bleu ainsi que les étangs réservoirs, les aqueducs souterrains sont en rouge.
Plan général du Réseau Hydraulique : entre Vélizy au sud-est en amont , Clamart au sud et Meudon en aval au nord-est. Les rigoles sont en bleu ainsi que les étangs réservoirs, les aqueducs souterrains sont en rouge. Copié sur ce blog

L’étang de La Garenne

Mais revenons aux étangs… sous la source de La Garenne, vous l’aurez compris, l’étang du même nom.

J’ai gagné l’étang de La Garenne à partir d’un parking situé très en hauteur, et ai eu l’impression d’une sorte de descente aux Enfers par de petits sentiers rocheux…

Mais arrivé à destination, j’ai trouvé une ambiance joyeuse, avec de nombreux enfants dont certain-e-s les pieds dans l’eau malgré une température plutôt frisquette… Sans que cela ne semble déranger les canards, canes et foulques qui tracent de jolis sillons aquatiques…

L’étang semble assez petit, car il est tout en longueur. Mais j’ai appris depuis qu’il ne fait pas moins d’un hectare 25!

Je ne suis pas parvenue à savoir si cet étang est naturel… je vais donc continuer à chercher, avant de vous présenter les autres… à bientôt!

Mégalithes ou faux ?

Je vous ai laissé-e-s, dernièrement, auprès d’un dolmen dont je me demandais s’il était réel ou non. Vous souvenez? C’était sur la terrasse de l’Observatoire de Meudon.

Carte postale ancienne (source)

Je m’étais promis aussi d’aller voir de près la bâtisse exceptionnelle que je voyais en face, dans la Forêt…

Me voici donc en train d’explorer le Bois de Clamart. Rien. Je ne trouve rien. Des allées, des avenues, pas de problème. Mais rien d’autre, à part des arbres, des arbres, des arbres. Normal, me direz-vous, en bois ou en forêt.
Je m’arrête donc sur un parking, en plein espace sylvestre. Et appelle l’Office de Tourisme de Clamart. Une dame très aimable me répond. Je résume ses dires. « Ah non, je ne sais pas. » « Vous savez, je viens d’arriver, je ne connais pas bien ». « Le bois? Non, je n’en sais rien ». Lorsque, perdant quand même un peu patience, je lui demande de me passer un-e collègue plus informé-e, elle déclare avec amabilité : « Ma collègue connaissait mieux que moi. Mais elle a pris sa retraite ». Chou blanc, donc, comme on dit…

Une dame arrive avec ses enfants. Je lui parle d’un éventuel menhir. La réponse vient de sa fille « Venez avec nous. On va nourrir les canards. Le menhir est juste à côté ». Je les suis donc… Et arrive à la Pierre aux Moines. Qui serait, en réalité, la Pierre de Chalais.


Il faut dire qu’il est bien difficile, dans le coin, de démêler le vrai du faux… Pour ce qui est de la « Pierre aux Moines », ou censée l’être, ce serait bien un « vrai », déjà attesté en 1904. Un historien considère qu’il s’agirait en réalité d’un reste d’un dolmen, ce qui expliquerait sa petite taille.

Quoi qu’il en soit, la ville actuelle s’enorgueillit de cette histoire, comme vous pouvez le voir sur ce texte extrait du site officiel.

« une campagne de fouilles menées entre 1915 et 1919 sur le secteur de Trivaux a permis de découvrir des milliers d’objets néolithiques : des pierres taillées, des tessons de poteries, des grattoirs, des couteaux en silex, des tranchets et même des débris d’une urne. La preuve était donc faite que le site fut occupé par l’homme entre -5 000 et 2 000 ans. Des mégalithes et dolmens non datés sont visibles sur la terrasse de l’Observatoire (mégalithe trouvé en 1845 sur l’actuelle avenue du Château et installé sur la terrasse en 1861) et dans les bois (la Pierre aux Moines est un menhir a été redécouvert en 1893 par Marcellin Berthelot et classé monument historique en 1895). Depuis 1896, le cimetière des Longs Réages compte parmi les tombeaux une originalité venue des landes bretonnes, le dolmen de Ker-Han. Les douze blocs ont été acheminés depuis le Morbihan pour y retrouver leur usage ancestral, celui d’une sépulture pour la famille Piketti.

Pourquoi Meudon ? Les Gaulois appelaient ce lieu Mole-Dum et les Romains Moldunum, ce qui a donné Meudon. Ce toponyme existe aussi en Bretagne, au Brésil, aux États-Unis, en Suisse…« 

Il existe ainsi des pierres « vraies », « fausses », déplacées… Peu importe, l’environnement est si agréable… Comme je vous le montrerai dans un prochain article, dédié aux étangs…

Merci de vos commentaires !

Je viens de me rendre compte qu’un grand nombre de commentaires à divers articles, depuis le « J 34 après N.C » n’avaient pas été validés… tout simplement parce que je n’ai pas été informée de leur proposition.
C’est pourquoi aujourd’hui je présente mes excuses à celles et ceux qui les ont produits.
Non seulement je les ai publiés ce jour, mais j’y ai aussi répondu.


Merci à vous de vous faire l’écho de ce que j’écris, sans prétention aucune.
Merci de m’apporter des précisions, voire de me corriger.
Merci de me faire part de vos idées, de vos ressentis, de vos émotions.
Merci de répondre, de compléter, de confirmer.
Merci de me lire.
Et merci de partager…

Pique-nique près de l’Observatoire de Meudon

Fermeture des restaurants = pique-nique obligatoire, pour celles et ceux qui, comme moi, sont appelé-e-s à bouger pour leur travail. Les rues et parkings, ce n’est pas l’idéal… alors on cherche des endroits plus agréables. En l’occurrence, ce jour, la terrasse de l’Observatoire de Meudon, que je ne connaissais pas.

Une vaste terrasse avec des allées bien tracées, bien ombragées, impeccables comme la mise en pli des vieilles dames de mon enfance.

Peu de monde, alors que les berges de la Seine, non loin de là, sont prises d’assaut par toutes celles et tous ceux qui veulent profiter du soleil et de l’air printanier, inattendu à cette époque de l’année, et qui nargue les adeptes du confinement…

La pelouse est tout aussi soigneusement entretenue que les arbres bien taillés. Pas un poil ne dépasse!

La vue du bord de la terrasse, sur la capitale et sa proche banlieue méridionale, est remarquable. Seule Notre Dame n’est pas visible!

Depuis le Bois de Boulogne jusqu’à la Forêt de Meudon, le panorama est exceptionnel. A propos de cette forêt, une vaste bâtisse attire mon regard. Malgré les recherches sur le net, je ne parviens pas, à ce moment, à l’identifier. Je me promets de continuer mes investigations, qui par la suite me conduiront aux « Apprentis d’Auteuil », qui ne sont plus « Orphelins », mais l’édifice gérée par eux est encore dénommé « Orphelinat Saint Philippe »…

L’Orphelinat Saint Philippe, au piémont du bois de Clamart, dans la forêt de Meudon

Le site officiel de l’entité gestionnaire révèle l’histoire de cet ensemble (car il y avait aussi une maison de retraite pour les Frères des Ecoles chrétiennes), inauguré en 1888, que l’on doit à Marie Brignole Sales, Marquise de Ferrari, Duchesse de Galliera. Oui, vous avez bien compris, c’est la même qui est à l’origine du Musée qui porte son nom…

Il est actuellement impossible de s’approcher de l’Observatoire lui-même, car d’importants travaux sont effectués sur la partie sud de la terrasse. Mais on peut tout de même l’admirer, après avoir salué celui qui en fut à l’origine, Jules Janssen.

Statue de Pierre Jules César Janssen

Si l’on observe le socle, on voit une montgolfière…

Savez-vous pourquoi?

« Le 2 décembre 1870, il quitte Paris assiégé en ballon pour aller observer l’éclipse à Oran. Ce sera la seule mission scientifique de toute l’aventure des ballons montés. Curieusement, la plaque commémorative (largement posthume) de cet exploit, sur le socle de sa statue au château de Meudon, le représente décollant du parc du château, alors qu’il a décollé de la Gare d’Orléans. »

C’est lui qui « pousse à la création de l’Observatoire d’astronomie physique à Paris, décidé en 1875. Il présente un projet de restauration du château de Meudon, commence à installer divers instruments d’observation dès 1876, puis obtient les fonds nécessaires (plus d’un million de francs de l’époque) à reconstruire les bâtiments. À la suite de la promulgation de la loi l’instaurant le 15 avril 1879, les travaux démarrent; une grande coupole est créée qui abrite toujours des instruments d’observation. » (source)

Plan de l’Observatoire sur le site officiel

 » Fondé en 1876 à l’initiative de Jules Janssen, cet observatoire est entièrement dédié à l’astrophysique, discipline alors complètement nouvelle. Il va progressivement se doter d’instruments impressionnants et novateurs. Unissant ses forces à celles de l’Observatoire de Paris en 1926, il va garder sa spécificité scientifique. Si les observations nocturnes ont cessé, il est toujours un site d’observation quotidienne du Soleil et continue d’accueillir le travail de nombreux astrophysiciens. » (source)

Jean Jacques Henner - Jules Janssen Orsay.jpg
Un brin malicieux, non, le Jules?

Juste pour en finir avec l’astronome, il faut reconnaître que c’était une sacrée personnalité. Plus que sexagénaire, après 1888, il va entreprendre trois fois l’ascension du Mont Blanc, pour aller y faire installer une lunette de 30 mètres au plus près du sommet! Il vivra 83 ans, et vous pourrez aller le saluer au Père Lachaise, à moins qu’il n’ait rejoint d’autres planètes?

L’étrangeté de cet édifice vient du fait qu’on a en quelque sorte « relooké » un ancien château.

La coupole a ainsi été déposée sur ce qui constituait l’axe central de la symétrie architecturale.

Château de Meudon — Wikipédia

En revenant vers l’entrée, j’ai le temps de baguenauder un peu… D’abord pour m’étonner des contreforts du mur de soutien à l’ouest…

Il y a en réalité une terrasse supérieure, à laquelle les profanes comme moi n’ont pas accès. On aperçoit d’ailleurs une autre coupole au-dessus du mur.

Les arbustes, bien à l’abri du vent et au soleil la majeure partie de la journée, en profitent pour arborer (c’est le cas de le dire!) une floraison magnifique, qui évoque les beaux jours d’un printemps épanoui et épanouissant…

Atmosphère plus vernale qu’hivernale ou hiémale…

Certains arbres ont été visiblement considérés, eux, comme trop vieux pour être sécures, et on les a coupés sans regrets.

J’ai en vain tenté d’identifier l’âge…

Au contraire, d’autres commencent à voir naître et grandir nombre de bourgeons très prometteurs de vie et d’avenir…

Les druides seraient à la fête sur cet espace verdoyant, car le gui pousse, croît et prolifère à foison sur les branches.

Ils ont d’ailleurs sans doute un jour, sous d’autres frondaisons, dû oeuvrer et célébrer, comme le suggère le dolmen qui leur a survécu.

Pour la petite histoire, je pensais que c’était un « faux », placé là par un « artiste » malin comme il en existe.

Eh bien non, j’ai appris par la suite qu’il y avait eu de nombreux dolmens et menhirs en forêt de Meudon… je vous en reparlerai dans un prochain article.

Mais il est temps de repartir, car l’heure tourne et il faut retourner au travail. Un dernier regard aux bâtiments qui abritent les chercheur-e-s…

… et revoici la place qui donne accès à cet endroit étonnant par l’aspect hétéroclite de ses décors.

Patte d’oie ?

Des plantes (et belles…) au Jardin

Le soleil et l’air printanier de ce dernier jour de février invitaient à la promenade… Me voici donc au Jardin des Plantes, très fréquenté en cette belle journée. Au point que vous ne verrez pas de photographie de la gloriette, car impossible de trouver un angle de vue sans risquer de contrevenir au droit à l’image… Je me suis donc contentée des serres, des végétaux et des statues…

Les fleurs sont encore rares, mais elles commencent à pointer le bout du nez, pour certaines, tandis que d’autres embaument déjà, comme les hyacinthes.

.Hélas, il est à peine 17 heures 15, et des sifflets retentissent dans tous les coins du Jardin… les gardiens chassent tout le monde à grand renfort de gestes et de cris… il faut regagner la sortie, et repasser devant une statue qui m’a toujours interpellée, et que le soleil met en valeur…

Mais la sortie habituelle est déjà close, et je passe par une cour que je ne connaissais pas, et où m’attend une autre statue, une autre « belle plante »… Je vous laisse deviner ce qu’elle tient à bout de bras…

Subériculture

Voilà longtemps que je ne me suis pas laissée séduire par un mot… Celui-ci m’a questionnée ! Alors je vous le propose aujourd’hui.
Souvenez-vous, hier je vous ai laissé sur la route menant de Saint Raphaël aux Arcs. Non, pas la célèbre station de ski, mais les Arcs sur Argens, petit bourg provençal à la porte des Maures. Je crois d’ailleurs vous en avoir déjà parlé sur ce blog, car je m’y rends assez régulièrement, et il est magnifique avec ses ruines romaines et son vieux village médiéval. Sans compter les caves de Sainte Roseline et la maison des vins du Var!

En me promenant donc dans le village, hier soir, j’ai découvert que de nouveaux panneaux touristiques avaient été placés, dont l’un non loin de la maison où je séjourne parfois. En titre :  » La subériculture ».

Savez-vous de quoi il s’agit?

Dans l’affirmative, inutile de lire ce qui suit. Attendez mon prochain article.

Dans la négative, voici quelques pistes.

La première : une forme de sylviculture.

La deuxième : en lien indirect avec la viticulture.

Vous avez trouvé?

Non ? Je continue par l’intitulé d’un article de Var Matin, en juillet 2019 : « On vous dit tout sur la subériculture, cette activité historique qui se taille une place dans la forêt arcoise. » Et voici la photo qui l’illustre.

Vous y êtes ?

Si non, encore un indice : les deux personnes représentées sont des « leveurs de liège ».

Cette fois, vous devriez avoir la réponse… Nous pouvons donc revenir à la commune. En 1882, elle produisait 600 mètres cube de liège… ça en fait, des bouchons ! Mais à l’époque on s’en servait surtout pour ses qualités : imputrescible, étanche, isolant, résistant à des températures élevées. Pas mal, non? Les bouchons furent produits, quant à eux, à partir de 1897 dans une « fabrique de bouchons perfectionnés » (sic).

« Le nombre de fabriques semble atteindre un sommet en 1862, où le récapitulatif attestant de la situation industrielle et commerciale dans le département du Var signale l’existence de 137 établissements. L’écart entre le nombre de fabriques recensées dans l’arrondissement de Draguignan et les autres est encore plus marquant: si 73 exploitations de bouchons sont recensées dans l’arrondissement de Draguignan, on compte 55 fabriques dans l’arrondissement de Toulon, et seulement 9 dans l’arrondissement de Brignoles. »

« En 1862, le nombre de travailleurs dans l’industrie du liège semble atteindre son apogée: 1789 ouvriers sont recensés, soit 1116ouvriers dans l’arrondissement de Draguignan, 593 ouvriers dans l’arrondissement de Toulon, et 80 ouvriers dans l’arrondissement de Brignoles. » (source)

Une rue des Arcs rappelle cette histoire, la « Rue des bouchonniers »; Ce qui est bien injuste, car si, au début du 19ème, il y avait 2/3 d’hommes parmi le personnel employé, la tendance était inversée à la fin du siècle, date de création de l’entreprise locale : 2/3 de femmes.

A l’heure actuelle, la subériculture est relancée dans les forêts environnantes. Certes, il se fera encore des produits, objets et bouchons de liège, mais c’est d’autres qualités du chêne-liège qui sont mises en avant.

« Un chêne-liège entretenu, dont on prélève régulièrement l’écorce, produit non seulement 250 à 400% de liège de plus qu’un arbre sauvage, mais peut aussi fixer plus de CO2, contribuant ainsi à la séquestration du carbone dans le bois et l’écorce. Grâce à son écorce, le chêne-liège résiste mieux au passage des incendies. Il permet de stabiliser les sols après ces accidents, surtout lors de fortes précipitations d’automne. » (ONF).

Elle a donc de beaux jours devant elle…

Exode

Je devais rester en vacances chez moi jusqu’à dimanche… mais il a fallu fuir en ce vendredi pour éviter le confinement demandé par S3I (Idiot, Inapte, Incapable… on pourrait ajouter Imbu de sa personne et Influent ennemi de la ville qu’on lui a confiée).

Reveire la soustra noustra…

Vite, passer dans le département voisin, et aller profiter du soleil et de la plage au Dramont, plus exactement à Camp Long, dans la jolie petite baie du Tiki Plage. Pique-nique sur le chemin qui fait le tour du sémaphore, face à la Grande Bleue, tentative de bain (l’eau est encore bien fraîche!), puis sieste sur la plage.

Ambiance conviviale, ambiance de vacances. Enfin! ça fait du bien…

Il n’est que 16 heures, mais déjà tout le monde replie bagages, pour être de retour à temps à la maison (les bouchons vers l’A8, à Fréjus, en témoigneront un peu plus tard hélas). Des enfants ont édifié une structure en bois sur ce qui est habituellement la terrasse du café – restaurant pieds dans le sable…

Les véliplanchistes reviennent sur le littoral…

Il faut repartir tôt, car l’heure du couvre-feu approche et il reste de la route à faire. Sur le chemin qui me ramène à la voiture, un panonceau rappelle l’histoire du lieu lors de la Seconde Guerre Mondiale.

Il ne faut pas oublier que la plage du débarquement est située tout près, de l’autre côté du sémaphore. On peut y voir, sur un vaste parking, une des péniches concernées. Pas le temps de passer à Saint Raphaël, je « coupe » pour reprendre au plus vite l’autoroute qui me mènera vers Les Arcs sur Argens…

Le printemps en février

La journée fut magnifique… Plutôt envie d’aller promener et bronzer que de travailler… Donc, ce midi, direction La Turbie, via le col d’Eze. De manière étonnante, le bourg ne semble pas souffrir de la situation. Du monde dans les rues, une ambiance plutôt gaie avec des gens en terrasse des cafés (mais debout, bien sûr!), et les restaurants, boulangeries et bars proposant toutes sortes de plats à emporter. Le pique-nique était dans la voiture, mais j’avais trop envie de salade niçoise et de pan bagnat. Donc direction une boulangerie à l’enseigne attrayante : « Ma première boulangerie« . Un régal pour les yeux et le nez, à l’intérieur. Avec des pains superbes, visiblement faits avec goût. Et des petits plats pour le repas. Sans compter les bugnes (c’est de saison!). Et ils ne manquent pas de l’humour qui se fait si rare ces derniers temps..

La salade niçoise était bonne, mais sans plus. Car il lui manquait le mesclun, remplacé par la laitue…normal en ce mois de février, me direz-vous… Par contre, le pan bagnat était excellent, bien « bagnato », avec malgré tout une croûte bien croustillante. Quant aux bugnes… j’ai eu du mal à en laisser!

Pas de visite au Trophée ce jour, car direction la plage. Le port de Beaulieu est bien triste, avec bateaux désertés et terrasses désertes. La plupart des boutiques et restos sont fermés. Et la plage voisine est presque vide malgré les 20 degrés, un soleil radieux et une mer très calme.

Les villas affichent toujours leur aspect prétentieux, qu’elles soient en bord de plage ou en à-pic sur l’impressionnante falaise.

Mais le littoral présente un aspect étrange… Des mini-collines l’ont envahi… Faites de végétaux séchés, elles gênent l’accès à l’anse où les enfants se baignent sans danger, quel que soit le temps et le nombre de méduses.

Cela semble faire le bonheur des goélands et pigeons, qui s’ébattent gaiement au piémont.

Quant à leurs collègues humains, ils et elles se promènent, bronzent, lisent… Deux jeunes femmes discutent devant une bouteille de blanc. Une silhouette de nageuse dans le lointain. Trois jeunes gens bavardent plus qu’ils ne pêchent, canne en l’air. Des enfants s’égaient, d’autres jouent avec le sable, ou regardent les petites méduses transparentes à forme d’hippocampe…


Le sol est parfois jonché de troncs, branches, morceaux divers d’arbres aux formes parfois torturées.

Et l’un d’entre eux attire mon regard, car il provoque une image plutôt étonnante, d’un être humain aux formes très allongées…

Sur le chemin du retour, pause humour avec l’abri des personnes qui ont édifié les mini-monts..