Un Japonais plein de belles surprises

Non, je ne vais pas vous parler d’un homme, mais d’un restaurant qui ne paie pas de mine, et où j’ai vécu des moments qui poussent à l’optimisme. Ce qui, par les temps qui court, n’est pas chose fréquente, hélas ! (Les lecteurs/trices aux aguets auront remarqué la substitution des adjectifs : je n’ai pas osé utiliser « courante » après la première partie de la phrase…).

Situons d’abord le contexte. Je sortais – ou plutôt nous sortions – du théâtre La Pépinière, sis non loin de l’Opéra. Théâtre où je n’étais jamais allée, et dont je vous parlerai dans un autre article, ainsi que de l’étonnante pièce que j’y ai vue, grâce à une annonce dans OVS. Nous étions donc trois à souhaiter poursuivre la soirée qui avait si bien débutée. L’une d’entre nous propose de nous rendre rue Sainte Anne. Une rue que je connais, comme beaucoup, pour sa réputation, où je suis déjà passée, mais sans oser pénétrer dans l’un des innombrables restaurants asiatiques (et surtout japonais, même s’ils sont souvent tenus par des Chinois) qui la bordent, et maintenant débordent (là, j’ai osé l’horrible jeu de mots!) dans les rues avoisinantes.

Son nom? Higuma. En préparant ce texte, j’ai mieux compris pourquoi il y avait un ours brun en statuette dans la salle : « Higuma », c’est l’ours brun de Hokkaido, une île au nord du Japon.

Mais en repensant aux nombreux livres qui ornent les étagères, je crois qu’il ne s’agit pas que de l’ours. Car j’ai aussi appris que c’était un héros de manga.

« Dans la culture manga : C’est le nom du chef des brigands (le premier antagoniste) dans le manga et l’anime One Piece, qui s’en prend à Shanks le Roux et Luffy au tout début de l’histoire »

Nous avons failli faire demi-tour en voyant la queue qui partait de la devanture et se terminait dans la rue perpendiculaire. Mais nous n’avons pas attendu longtemps. Apparemment, il y avait du débit. Et j’ai compris ensuite pourquoi : d’une part, trois grandes salles, dans lesquelles on trouve nombre de tables rondes pouvant accueillir 3 à 5 personnes (et j’apprécie la convivialité des tables rondes, même sans chevaliers); d’autre part, de nombreuses personnes ne viennent que pour se restaurer et ne restent pas longtemps. Bref, nous nous sommes retrouvés rapidement dans la deuxième salle, autour d’une table ronde.

Premier plaisir : faire tranquillement connaissance en choisissant ses plats… Mes hôtes sont non seulement aimables, mais très intéressant-e-s…

Le deuxième plaisir, ce fut de déguster ceux-ci. La nourriture est vraiment excellente, et les prix ne sont pas excessifs. Pour ma part, ce fut en entrée des gyoza et ensuite le yakinikudon, dont je n’ai réussi à manger que la moitié. Seule ombre au tableau : pas d’alcool. Mais de la bière. Ici comme au Maroc, la bière n’est pas considérée comme « alcool »!

Le troisième fut de découvrir les oeuvres de l’une des convives, et je ne résiste pas à l’envie d’illustrer cet article avec une photo trouvée sur le net.

Or, alors qu’elle me montrait gentiment le carnet qui ne la quitte jamais, carnet où elle croque et dessine, un jeune homme qui dînait à la table voisine avec 3 autres jeunes est venu la trouver, pour lui demander des conseils et lui montrer ses propres dessins. Plus inspirés des mangas, justement, alors qu’il n’est pas du tout japonais ni même asiatique. Et nous avons suivi leur conversation et vu les esquisses faites par l’un et l’autre. Quel bonheur que ce partage si intergénérationnel entre artistes ! Je regrette de n’avoir pas osé faire une photo de leurs oeuvres.

Nous n’avons donc pas fait comme beaucoup d’autres, et étions encore au restaurant au moment de sa fermeture… L’un des convives a cheminé avec moi dans le métro, et nous avons continué à faire connaissance. Le cinquième plaisir de cette soirée inattendue (j’étais allée sur OVS vers 18h car je ne voulais pas de soirée solitaire…) et si riche en plaisirs et en rencontres…

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