Marco Polo à l’Opéra de Nice

Dans le train qui me ramenait vers le sud, je cherchais les activités possibles pour ce week-end. Un certain choix, je dois dire, pour cette soirée de vendredi, jour de vacances scolaires. Dont une représentation à l’Opéra de Nice : Marco Polo. L’occasion de revoir ces lieux, et d’une sortie avec de jeunes amies. L’affiche, qui plus est, était alléchante, non?

J’avais oublié que l’Opéra de Nice est comme un théâtre exigu, donc tout en étages… et me voici au 5ème de ces étages, dénommé « Amphithéâtre ». Pour une sujette au vertige, une catastrophe! Je n’ai donc que moyennement pu profiter de la première partie. Nous sommes tous descendus au parterre pour la seconde!

Spectacle déroutant, aux dires des 7 personnes qui constituaient notre groupe. Montrant la déchéance d’un empereur… Mais le reste a semblé peu compréhensible aux ignares que nous sommes. Car je pense qu’il faut avoir lu le livre qui a inspiré l’oeuvre, pour mieux comprendre.

Livre lui-même très déroutant, qui évoque 55 « villes invisibles », sur une thématique ainsi explicitée :

« Les villes comme les rêves sont faites de désirs et de peurs, même si le fil de leur discours est secret, leurs règles absurdes, leurs perspectives trompeuses ; et toute chose en cache une autre. — Moi, je n’ai ni désirs ni peurs, déclara le Khan, et mes rêves sont composés soit par mon esprit soit par le hasard. — Les villes aussi se croient l’ouvre de l’esprit ou du hasard, mais ni l’un ni l’autre ne suffisent pour faire tenir debout leurs murs. Tu ne jouis pas d’une ville à cause de ses sept ou soixante-dix-sept merveilles, mais de la réponse qu’elle apporte à l’une de tes questions. » (Italo Calvino)

Petite information au passage : une architecte péruvienne, Karina Puente, propose 55 oeuvres, chacune représentant une de ces « villes invisibles », qu’elle a dotées de prénoms féminins.

Voici la présentation de l’ouvrage d’Italo Calvino dans un article fort intéressant, qui le traite, lui, de « dépaysant ».

« Dans Les villes invisibles (Le città invisibili, 1972), Italo Calvino met en scène l’empereur Kublai Khan et Marco Polo. Le premier ne peut visiter toutes les villes qu’il a conquises, et il demande au second de voyager pour lui et de les lui décrire. Selon un ordre savant, Marco Polo décrit des villes merveilleuses, tellement extraordinaires qu’elles pourraient être inventées tout autant qu’exotiques. L’ailleurs, à travers ces descriptions et les dialogues qui s’y intercalent, est donc aussi bien géographique qu’onirique, mais aussi linguistique (l’échange entre les personnages est freiné par un problème de langue). On analyse ici les multiples valences de l’ailleurs, dans un texte qui est sans cesse excentrique, excentré, énigmatique. »

Aquarelle de Sylvie Perrot

Si j’avais su cela avant, j’aurais sans doute mieux compris l’étonnant hiatus entre deux scènes. A commencer par les deux premières : à la deuxième, je me demandais comment on était passé de la salle du trône en Asie, où Marco Polo proposait quelques pacotilles à l’empereur, à ce qui semblait être la préparation d’une fiancée pour son mariage!

Côté mise en scène, rien de bien nouveau. Et j’ai trouvé quelque peu stéréotypée l’évocation de l’Asie. A commencer par l’insistance sur la couleur rouge.

Le rythme global est haché par l’alternance répétée, sans transition, ce qui « perd » le/la spectateur-e en permanence.

Mais la chorégraphie est intéressante, et il faut saluer les prouesses des danseuses et danseurs, dont certain-e-s font preuve de qualités exceptionnelles. Seuls, à deux, en groupe… une danse vive, laissant une large part aux « glissements », à mi-chemin parfois du classicisme et du burlesque. Une mention particulière, à mon goût, pour l’allusion aux derviches, fort réussie.

Les articles lus a posteriori confirment mon impression, comme celui-ci:

« La pièce a tous les ingrédients d’une réussite qui n’est pourtant pas totalement au rendez-vous: qui n’a pas lu l’argument peine à comprendre ce qui se joue sous ses yeux, parce qu’au lieu de rester sur le premier degré du voyage et de la lutte entre les deux hommes s’ajoute une dimension philosophique que la danse peine à faire comprendre. La splendeur n’est pas au rendez-vous. Si les costumes de Jean-Pierre Laporte sont magnifiques, son décor n’a pas les moyens de l’opulence et ne se résout pas à une sobriété qui sauverait la mise. »

Une divergence cependant avec son auteure : je n’ai pas adhéré au personnage campé par Eric Vu-Han, qui, tout en finesse pour évoquer la spiritualité, me semblait manquer de puissance pour l’incarnation d’un empereur tel que Kubilaï Khan, souverain de l’Empire Mongol de 1260 à 1294. En voici quelques représentations artistiques:

Le danseur qui incarne Marco Polo est plus crédible à mon sens.

Le jeune Vénitien a en effet 17 ans quand il entre au service de l’empereur, avec son père et son oncle. La jeunesse, l’impatience, l’esprit un peu rebelle du jeune homme sont bien rendus par Alessio Passaquindici.

Ce que je me dis à présent, c’est que je voudrais m’informer davantage sur ce séjour de Marco Polo auprès de l’empereur, lire l’ouvrage d’Italo Calvino, puis revoir le ballet. Et reste une autre question : le traitement de la musique de Francis Poulenc… je ne suis pas assez experte pour en juger, mais cela m’a questionnée…

Les 4 « derviches »

Des personnages symbolisant différents univers

En rouge, l’empereur. En blanc, le jeune Vénitien

Feydeau à la Comédie Française

Le croirez-vous? Je n’étais jamais allée à la Comédie Française… Jusqu’à ce jour d’octobre où je fus invitée à aller assister à une représentation. Sans jouer sur les mots, ce sont bien des « représentations » que j’avais, concernant ce haut lieu de l’histoire du théâtre! Et je m’attendais à une mise en scène plutôt classique, des costumes d’époque, etc.

Dois-je parler de surprise ou de déception? Je ne sais. Toujours est-il que je ne m’attendais absolument pas à assister au genre de spectacle que j’y vis ce soir-là.

Le décor d’abord. Une salle de séjour sans charme. Cheminée, avec peau de bête. Mais pas accueillante, la b$te : prête à vous dévorer avec sa geule ouverte, pleine de grandes dents! Canapé sans charme (ni époque, d’ailleurs!). Petit bureau de l’autre côté. Vaste baie vitrée ouvrant sur un paysage de forêt enneigée. Et quatre portes plus ou moins dissimulée par des boiseries.

Les costumes ensuite. Plutôt années 60, genre « Parapluies de Cherbourg ».

Le jeu des acteurs et actrices enfin. Endiablé, rapide, souvent burlesque. Pas du tout le Feydeau que j’aime, comique dans le compassé passé…

A propos de burlesque, des passages de skieurs stéréotypés dans le paysage enneigé.

Tout cela fait rire, certes. Mais ce n’est pas ce à quoi je m’attendais. Alors, oublions les « représentations » et revenons au spectacle tel que joué. Jeu brillant des acteurs, qui dynamisent le texte de Feydeau. Mise en scène ‘au cordeau ». Aucun « raté » ! Pourtant, ça bouge, ça saute, ça remue! Bref, un spectacle que je qualifierais de « décapant » si j’osais. Alors, osons!

Ah! J’oubliais de vous en donner le titre! « La Puce à l’Oreille ». Vous pourrez en voir des extraits par exemple ici.

L’art du détour. Episode 3

Petit rappel pour celles et ceux qui n’auraient pas suivi les précédents épisodes… Retour aéroport – Villa : en temps normal, une vingtaine de minutes. Mais recherche de terreau pour agrumes servant de prétexte, je me retrouve d’abord dans un vallon, puis à Bellet, et enfin dans une vieille famille nissarte qui cultive les agrumes. Nous en étions au moment où je regagnais la Vallée du Var par une petite route de montagne. Autrement dit, où je me dirigeais vers l’ouest alors que ma Villa est plein est…Descente donc vers la vallée du Var, un Var qui est resté étonnamment en eau cet été, alors qu’on parlait de sècheresse! Passage devant le centre commercial… J’oublie de m’arrêter pour faire le plein, un des objectifs du détour! Car à l’ouest de Nice le carburant coût en moyenne 20 centimes de moins que de l’autre côté… Arrivée dans le coin des jardineries et entreprises d’horticulture, je m’aperçois que midi est passé depuis un bon moment. Or, ici, tout ferme entre 12 ou 12.30 et au moins 14 heures! Soleil oblige!

Une idée alors : pourquoi ne pas aller déjeuner « Chez Michel », à Castagniers? Je ne suis pas bien loin de ce village perché où l’enseigne existe depuis le début du XXème siècle et où m’entraînait autrefois une famille nissarde qui, comme les autres, allait, le dimanche midi, y faire ripaille. Direction donc Castagniers. Petite grimpette en lacet, et le tour est joué. Il y a de la place pour stationner, contrairement à la dernière fois que j’y suis venue!

L’auberge est toujours là, dominant la vallée, avec sa jolie terrasse devant l’église du village.

Un accueil souriant par un jeune couple, qui se relaiera pour nous servir. Les parasols sont agréables par cette chaleur, et j’adore déjeuner près de l’eau. Ici, une fontaine surmontée d’une étonnante statue.

L’ardoise est alléchante, et je choisis de déguster des gnocchis aux girolles. Un régal!

Accompagnés d’un vin du Var, car, comme je le disais dans le précédent article, le vin de Bellet est trop coûteux, ces petites auberges ne le servent pas. Des mignardises sont proposées en entrée, et il fait bon déjeuner tranquillement après le trajet Paris -Orly dans un bus surpeuplé, le vol Paris -Nice dans un avion sentant les produits chimiques, la route aéroport – Boulevard de la Madeleine – Chemin du Génie – Route de Bellet – Vallée du Var – Catagniers! Un peu de répit bien mérité, non? Bref, le temps a passé, et 14h sonnent à l’église. Un petit café? Oui, bien sûr. Quand j’ai enfin le courage de me lever de mon siège, c’est pour une petite promenade dans le village.

Un dernier regard sur l’auberge…

En face, la Mairie, joliment décorée d’une peinture abstraite.

La petite placette qui la jouxte est, elle, ornée d’une charrette fleurie, qui me rappelle les charrettes des marchandes de fleurs du Cours Saleya, naguère.

Comme, hélas, dans la plupart des villages français, on croise peu d’habitant-e-s. Mais leurs demeures font des clins d’oeil.

Ici une piscine avec vue imprenable sur les montagnes… Là, le rouge des statues animalières attire le regard…

Beaucoup d’oliviers, et je constate que la récolte doit être proche, quelle que soit la couleur du fruit.

Plus de 15 heures maintenant… les magasins sont ouverts, mais l’envie de plage est plus forte ! Pas de redescente, donc, vers la Vallée du Var. Direction : l’est. En passant par Tourrette-Levens, autre village perché que j’aime beaucoup. Et voilà comment, de 20 minutes envisagées, le trajet de retour de l’aéroport a occupé 6 heures de la journée. Comment aussi je suis rentrée avec un réservoir quasi-vide, et sans le terreau pour nourrir mes citronniers. Mais que de beaux et bons souvenirs!

L’art du détour. Episode 2

Je vous ai laissé hier – haletant-e-s, j’en suis sûre, et attendant avec impatience la suite – sur les hauteurs du Bellet, au milieu des vignes. Objectif : redescendre côté ouest (je vous rappelle que c’est de là que j’étais partie!) pour aller acheter terreau pour agrumes et carburant pas trop cher dans la vallée du Var.

Nouveau chemin en lacet pour commencer la descente. Et tout à coup, une enseigne. Annonçant… un producteur d’agrumes. Vite, volant à droite, pour prendre un petit chemin et pénétrer dans une cour.

Hors du temps. C’est l’expression qui me vient en premier lorsque je sors. Un endroit hors du temps. Des serres. Des outils et engins un peu pêle-mêle. Un vieux Volkswagen décoré de jaune, bleu, etc. Et une maison sans âge, avec large baie vitrée ouverte sur la cour. Des tables rondes en métal et fauteuils semblent attendre des invités du XIXème siècle.

Une dame sort, s’essuyant les mains et s’excusant « Je reviens du marché ». Je lui explique ma quête. « Hélas, nous n’en avons plus en ce moment. Mais nous devrions en recevoir demain. » Pas envie de partir si vite… je poursuis donc la conversation. Et lui demande depuis combien de temps existe cette pépinière. « C’est la cinquième génération », me répond-elle. Je lui fais alors remarquer que cela vaudrait la peine d’écrire l’histoire de la famille. « C’est en cours ». Nous continuons à échanger, et elle m’explique, avant que je ne parte, qu’elle est contente de m’avoir rencontrée, que je suis fort sympathique, dénonçant les gens désagréables qu’elle reçoit parfois. Je quitte à regret ces lieux enchanteurs, me promettant d’y revenir plus tranquillement.

Avant d’écrire ces lignes, j’ai regardé sur le net ce que l’on voyait de cette famille. C’est le fils, Sébastien, qui a repris l’exploitation. On le trouve sur Facebook. Un article sur le net le présente en action. Mais surprise : un autre article de journal sur lui m’apprend que ses agrumes fournissent des tables de grands chefs, mais aussi que son grand-père n’est autre que le peintre Vincent Fossat, dont une rue de Nice porte le nom, et qui figure en bonne place au Musée Masséna.

La famille Del Fossat est d’origine italienne, installée à Nice dès le XVIème siècle. L’originalité de l’oeuvre de ce peintre réside dans le fait qu’il a été le peintre officiel du Muséum d’Histoire Naturelle, au moment de sa création par Barla, en 1846 – à cette époque, le Muséum se situait sur la Place Saint François, dans ce que l’on nomme « La Vieille Ville ». Il avait développé ses talents d’aquarelliste avec le corsaire Ambroise Louis Gameray, et faisait des planches botaniques et des reproductions d’animaux pour le musée, en aquarelles mais aussi en lithogravure comme le montre cet exemple emprunté à un très intéressant article scientifique à son sujet.

Mais en parallèle, il peignait les paysages niçois.

Il a entre autres peint le fameux « Château de l’Anglais » qui a été si défendu par les Nissarts récemment car menacé de destruction, et est actuellement en cours de rénovation.

Et le Pont des Anges qui enjambait le Var près de son embouchure.

Et l’on comprend mieux le nom donné à la Pointe de Rauba Capeu (le vent, « Voleur de Chapeaux »), en voyant cette oeuvre.

Si cela vous intéresse, vous pourrez trouver la biographie de ce peintre dans cet article. On y apprend notamment l’intérêt de Monod pour les oeuvres du Muséum.

« En septembre 1922, l’éminent professeur Théodore Monod, alors jeune assistant au Museum d’Histoire Naturelle de Paris visite le Museum de Nice et ne peut retenir un « long cri d’admiration », en découvrant les aquarelles. Il note dans ses carnets personnels en septembre 1922 : « Figurez-vous qu’il y a là quelque chose d’unique au monde : une collection d’aquarelles merveilleuses de champignons, de plantes et de poissons . Il y en a peut-être cinquante cartons représentant, peut-être, mille planches ou plus . Et tout cela est totalement inconnu, je suis un des rares privilégiés qui connaissent ce trésor inouï et d’une inestimable valeur . C’est l’œuvre d’un peintre -à la fois grand artiste et observateur scrupuleux- qui gagnait cinq francs par jour pour créer de l’Immortel, de la Beauté, les seules choses qui ne puissent passer ni vieillir.»

J’ai trouvé un portrait de lui, mais dont la reproduction est interdite. Vous le verrez ici.

Qu’est-ce qui relie le peintre à la belle propriété horticole? Cela reste à découvrir… En attendant, nous poursuivons la descente vers la Vallée du Var… ce sera l’objet d’un troisième épisode…

L’art du détour. Episode 1

Un petit détour, d’abord, pour demander à mes fidèles lecteur-e-s de me pardonner pour ce long silence. L’accompagnement de la finalisation de mémoires est à la fois chronophage et source de surcharge cognitive! Me voici un peu plus sereine (il n’en reste plus que deux) et donc prête à reprendre le dialogue (ou monologue?) avec vous. J’ai quitté les 11 degrés parisiens pour revenir ce week-end à Nissa la Bella… et dès l’aéroport, c’est un autre univers!

Comment faire plus de 50 kilomètres pour rentrer de l’aéroport à son domicile? Voilà ce que j’envisage de vous narrer ce jour…

Vous le savez ou l’ignorez, l’aéroport de Nice est l’un des rares à être situé en pleine ville. Il a été construit sur la mer (au prix de vies humaines, soit dit en passant), à l’extrémité ouest de la « piu bella cita del mondo ». Certes, la Villa qui m’abrite est à l’est, mais le chemin ne fait qu’une douzaine de kilomètres. Alors, que s’est-il passé? Permettez que je vous le narre?

Au départ, le projet d’acheter du terreau pour agrumes. L’un de mes (deux, n’imaginez pas un verger!) citronniers va mal, et le second, planté l’an dernier, grandit lentement. Donc, direction une enseigne trouvée sur le net, promettant des terres diverses pour les plantations (Terre Terre!). Waze me conduit dans un des vallons de Nice. La voie commence par une large avenue, puis se rétrécit au fur et à mesure que l’on monte. Je connais mal ce coin de la ville, jadis peuplé d’Italiens et, sur ses hauteurs, d’Arméniens. A vrai dire, je ne suis jamais passée par là. Donc ravie de la découvert du Boulevard de la Madeleine! Adresse trouvée. Pas trace d’une boutique. Même pas d’un hangar ou d’une réserve. Ni d’un terrain horticole! Or les autres enseignes – que je connais, elles! – sont toutes situées dans la vallée du Var. Vallée qui longe… l’aéroport! Waze conseille de « redescendre » pour reprendre la Prom’. Mais pas question – celles et ceux qui me connaissent bien le savent – pas question de reprendre le même chemin! Je poursuis donc la « montée » du vallon. L’avenue est devenue rue, mais maintenant devient rue très étroite, pour finir dans une clue! C’est vert, c’est beau! On ne se croirait pas en ville… et pourtant c’est toujours Nice!

Un premier lacet, me voici sur le « Chemin du Génie ». Les lacets se succèdent dans une montée à flanc de montagne. La vue est superbe. Mais je crains de rencontrer un quelconque véhicule! Car l’aplomb est vertigineux… Il fait partie du GR de 42 km qui traverse Nice, Lou Camin Nissarte.

Je rejoins alors la route de Bellet. Mais avant, petit arrêt photo. Un instantané vers le Nord-Est…

… et un autre vers le Sud (en contre-jour, normal : il est midi!)

Tentation d’aller visiter les Châteaux de ce quartier niçois (en écrivant, j’ai vérifié : ce n’est pas une commune, mais un bout du territoire de la ville). Quel Français, hors Alpes Maritimes, connaît les vins produits sur ces collines. Il faut avouer que 650 hectares, c’est peu. Mais quand même! Certes, ils sont un peu chers… au point que je n’en ai jamais bu! Promis, je les goûterai un jour pour vous.

Que faire? Redescendre pour regagner sagement l’est et ma maison, ou revenir vers l’est pour aller acheter la terre à agrumes?

La suite au prochain épisode…

La Bretagne, du nord ouest au sud est… Saint Pol de Léon

Revenons un peu en arrière, si vous me le permettez. Souvenez-vous, je vous ai laissé-e-s à la cathédrale de Saint Pol de Léon…

Un dernier regard à l’édifice, et direction « La Maison de l’Artichaut ». Je ne sais si cela fait partie de votre bagage de connaissances, mais le Léon est une grande région productrice d’artichauts. Et il existe même une Confrérie de l’Artichaut, à laquelle j’ai emprunté cette photo et le texte qui suit, qui organise en juillet une Fête de l’Artichaut.

« C’était en 1989 ! Dans l’indifférence générale, une poignée d’amis, producteurs, journalistes… décidaient de s’associer pour fonder la Confrérie de l’Artichaut. Les réunions des « frères » devinrent vite un creuset d’idées. Un peu plus tard, une délégation se rend aux Etats-Unis dans le but de comprendre comment la petite ville de Castroville en Californie a réussi à s’autoproclamer « capitale mondiale de l’artichaut ». Sur la côte Pacifique, trois producteurs cultivent à eux-seuls la même surface que 3.000 Bretons…. »

Eh bien, j’ai été déçue! Rien. Absolument rien. Ni accueil, ni exposition, ni dégustation. Ce n’était pas LE bon jour ni LA bonne heure de la semaine! Enfin, rien… si, il y a un artisan qui fait honneur au légume de son bra. Devinez son métier?

Eh oui! c’est un sabotier qui m’a fait découvrir les fleurs dont j’ignorais l’apparence…

Par contre, les commerçants profitent du joyau de leur région : on peut le déguster sous toutes ses formes, y compris en glace! et un restaurant gastronomique le décline en farci.

Déçue, je reprends la visite de la ville, pour découvrir une architecture hétéroclite mais quelques beaux joyaux.

Déjeuner à la petite crêperie, que vous apercevez sur cette photo. Deux heures pour deux krampouz!!! Une jeune femme se démenait, tandis qu’une seconde « glandait »… et plus d’une dizaine de client-e-s ont été refusé-e-s pendant que je patientais entre deux bières, entre deux crêpes… Bon, d’accord, cela valait le coup car elles étaient excellentes, et originales. Notamment la crêpe à… l’artichaut, bien sûr!

Une erreur s’est glissée dans mon texte : je n’ai pas bu de bière! Non, c’était de la cervoise!

Au fait, savez-vous quelle est la différence entre les deux?

« Ancêtre de la bière de l’époque gauloise, la cervoise est concoctée avec de l’eau, des céréales et des herbes aromatiques. Le mélange d’herbes aromatiques est appelé « gruit ». En fait, ce qui va caractériser la cervoise par rapport à une bière, c’est qu’elle ne contient pas de houblon. »

Mais l’étiquette m’a quelque peu interpellée…

Quant au plat, jugez plutôt : aussi beau que bon…

Promenade digestive à travers la cité… direction, les lavoirs.

Il y avait plusieurs lavoirs dans la cité.

« Pendant longtemps, la rue des Lavoirs a été un axe principal de la commune. L’accès à la ville, y compris pour les diligences du XIX ème siècle, empruntait un itinéraire sinueux depuis le Kreisker pour aboutir dans cette rue. L’hôtel attenant était autrefois un relais de poste. Avant de servir à laver le linge domestique, les lavoirs étaient utilisés pour blanchir le fil de la toile de lin mais aussi pour nettoyer les abats des boucheries de la rue aux Os (aujourd’hui aux Eaux !). » (source)

Le premier, que vous apercevez à gauche de cette photo, est davantage une fontaine, en breton « lenn« .

« A l’origine, la fontaine Lenn ar Gloar ( de la Gloire) portait le nom du premier évêque, Saint Pol qui l’aurait bénite en arrivant dans la ville au VI ème siècle.

Jamais on ne l’a vu tarir, même par les temps de grande sécheresse. La fontaine de dévotion qui alimente le lavoir voisin abrite une niche supportant une statue de la Vierge à l’Enfant en kersantite du XVI ème siècle. Pendant très longtemps, un pardon s’y tint chaque année le 15 août. Elle est réputée fontaine guérisseuse : souvent en versant cette eau sur soi, beaucoup d’infirmes et de malades auraient retrouvé la santé. »

Effectivement, il y avait de l’eau, à cette époque de sécheresse.

Un peu plus bas, un grand lavoir attend celles que l’on ne nommait pas ici « bugadières », mais « kannerez » ou « gwalc’herez ».

Il est désormais bien déserté, et les lentilles d’eau posent question quant à sa fonction première, mais naguère il fut très fréquenté, comme en attestent photos et tableaux. Comme celui-ci, exposé à l’autre bout de la France : au Musée de Lunéville auquel il a été donné en 1909.

On y reconnaît les maisons photographiées ci-dessous (source).

L’heure tourne, il est temps de revenir à Gwen Glass (mon vieux Master), pour aller explorer les alentours… Non sans m’intéresser à d’autres aspects de la ville…

Burlesque ou navet ? Débat autour d’un film…

En raison de la programmation qui, cette année, s’arrête le 24 août, c’était la dernière occasion d’assister à une séance de cinéma de plein air à la citadelle de Villefranche-sur-Mer. Cela fait des années que je vous parle de ma fascination pour ce cadre idyllique, entre mer et étoiles… Proposition d’une amie, acceptée, d’un film comique.

A la sortie, débat entre spectateurs/trices. Je ne ferai pas de statistiques, mais, dans le trio, deux avaient détesté, et un avait apprécié.
Apprécié quoi? Un côté burlesque. La satire de la SNCF. Des répliques hilarantes.

Détesté quoi? Le côté trop burlesque. Des situations attendues : groupe de personnes en situation de handicap, de jeunes de banlieue, de junkies…

Je ne vous raconterai pas l’histoire : je n’en ai vu que la moitié et ne sais pas si le train a percuté un obstacle, si la drogue est bien arrivée, ni si Artus et Elsa Zylberstein (qu’allait-elle faire dans cette galère?) sont « tombés en amour », comme disent nos cousins Québécois… J’ai en effet préféré d’abord rêvasser sous les étoiles, puis m’endormir.

Mais la conversation dans la voiture au retour était animée entre les deux protagonistes. L’une animée d’un violent sentiment de remords de nous avoir entraîné-e-s dans ce traquenard, l’autre, naguère fan des Monthy Python, défendant le film et disant qu’il avait apprécié certains passages.

A vous de voir si l’aventure vous tente…