Arrêt à Arès. 3. Le port ostréicole

Arès a fêté ses 170 ans d’existence, et un blog a été consacré à son histoire. Si cela vous intéresse, vous pouvez le lire ici. Mais pourquoi ne remonter que sur 170 ans? Car l’habitat sur ces lieux est attesté depuis bien plus longtemps. En tout cas signifié par écrit dès le 13ème siècle. A cette époque, Arès appartenait à la Baronnie de Blanquefort. L’article de Wikipedia est assez fourni et, semble-t-il, assez rigoureux. A lire donc également. Mais cela ne répond pas à la question initiale. Pourquoi 170 ans? C’est que le hameau n’était pas indépendant. A la Révolution une commune fut créée, regroupant Andernos et Arès. Et ce n’est qu’en 1851 qu’Arès devint une commune autonome. Le petit port que nous voyons maintenant n’a rien à voir avec ce qu’il fut jadis. Port de commerce, puis port animé par le tourisme dès la fin du 19ème siècle, il est devenu ce port ostréicole au charme certain que je vais vous emmener visiter…

Cette photo n’est pas géniale, j’en conviens. Mais je l’ai publiée car on y voit une affiche, sur le premier mur à droite. Il y en a sur presque toutes les façades : elles présentent l’ostréiculteur qui occupe ces lieux et y travaille.

Comment donner une identité spécifique à ces édifices construits sur le même modèle ou presque? D’abord par la couleur. Vous voyez ici du jaune, du vert, et il y a aussi du bleu… Ensuite, parce que certains ont une fonction de « lieu de dégustation ».

Chers lecteurs, chères lectrices,

Vous ne verrez malheureusement pas les dernières photographies destinées à cet article. En effet, je viens de perdre le disque d: de mon ordinateur, sur lequel elles étaient stockées…
Je vous dois cependant la réponse à deux questions posées dans le premier épisode de cette série.

  1. La petite construction ornée de cygnes et de canards abrite un distributeur… d’huîtres! Vous pourrez le voir sur cette vidéo de la Maison Pasquet, qui le gère

2. La statue que l’on apercevait de loin est « La Femme Océane », du sculpteur Dominique Pios.

« Élément incontournable du port ostréicole, « La Femme océane », une statue en bois de niangon (du Cameroun) réalisée en 1997 par le sculpteur arésien Dominique Pios, trône au beau milieu des darses. Pour mémoire, cette œuvre d’une hauteur de 4,30 m avait nécessité 600 heures de travail. Symbolisant l’eau, elle est reconnaissable par ses formes arrondies. »

Très abîmée par les éléments, elle a été restaurée dernièrement. Pour en savoir plus sur cet artiste arésien, voici son site : https://dominiquepios33.wixsite.com/pios

Vous ne verrez donc pas non plus les dernières photographies sur le chemin de retour, ni la projection nocturne sur la tour qui vous a été présentée au début de cette série… Je vous prie de m’en excuser…

Arrêt à Arès. 2. Les Prés Salés

Pour vivre une partie de l’année non loin de la Baie de Somme, je connais bien les Prés Salés. Mais si j’en ai reconnu certaines spécificités lors de la visite à Arès, des différences notoires m’ont frappée. Je ne compte cependant pas vous faire un exposé sur celles-ci, mais plutôt vous inviter à pénétrer dans l’ambiance tout à fait sereine de cette fin d’après-midi du 25 décembre 2025…

Ici, pas de huttes qui montent ou descendent avec la marée, mais des embarcations échouées deci-delà.

Cela fait plus de 40 ans que cette réserve naturelle a été créée, et elle s’étend sur 330 hectares, dont deux tiers de prés salés.

Partons donc pour une promenade dans cet espace éclairé par les rayons du couchant, ce qui vous permettra de critiquer les contre-jours de mes photos!

La zone encadrée en noir est celle que j’ai pu observer. En effet, vu l’heure tardive, et sans disposer d’un second véhicule qui pourrait attendre de l’autre côté, un demi-tour a dû être effectué au niveau de la passerelle.

Les lignes explicatives sont extraites du site « Réserve naturelle du littoral« .

« L’est du site offre un paysage façonné par l’homme avec des réservoirs à poissons créés à partir de 1835. On les longe depuis la digue en quittant le port ostréicole d’Arès. Abandonnés depuis des années, la végétation les avait peu à peu envahis avant que des travaux de réouverture des milieux soient réalisés. Le ruisseau la Machinotte marque la limite nord des réservoirs et les alimente en eau douce par le biais d’un barrage de dérivation.« 

Ces petits triangles blancs, dans le lointain, ne sont autres que les cabanons qui bordent le port ostréicole.

La passerelle franchit un canal. C’est là qu’il faut rebrousser chemin pour ne pas finir dans l’obscurité. Mais je note les chemins qu’il me restera à faire un jour…

« Au nord, débouche le canal des Etangs, qui relie les lacs médocains au Bassin d’Arcachon. Le canal achemine dans la Réserve Naturelle une quantité d’eau douce non négligeable vers les prés salés. Une pinède ancienne étourdie par le sel et le vent montre que l’action de la mer met à mal les végétaux moins bien adaptés. »

Le chemin du retour, au moment où le soleil va se cacher / se coucher, offre des vues flamboyantes.

En recherchant la dénomination de ces embarcations, j’ai découvert deux termes pouvant désigner de petits bateaux non pontés : « prame » et « pinassotte ». Il semble qu’il s’agisse ici de prames. La pinassotte, très spécifique du Bassin, est plus longue et plus fine, avec généralement proue et poupe pointues. Lors d’un prochain séjour, il faudra que j’en photographie!

Et me voici revenue à bon port au port! Rendez-vous bientôt pour le découvrir…

Arrêt à Arès. 1. Du bourg au port ostréicole

Sur le chemin du retour du Cap Ferret, un arrêt s’imposait, car les dépliants touristiques annonçaient une réserve naturelle à Arès, au bord du Bassin d’Arcachon. Et je n’ai pas regretté, loin de là. Un peu déçue par la rareté des oiseaux, mais ravie par ce port ostréicole tout à fait charmant, que je n’ai découvert qu’après une belle marche en bord de Bassin, après avoir découvert une étrange tour. Cet article relate la première étape, du bourg au port.

Pourquoi l’avoir trouvée « étrange »? Regardez bien : avez-vous souvent vu des créneaux sur une tour non cylindrique? Et j’avais raison : c’est un moulin démantelé qui a été crénelé!

Tout aussi étonnant quoiqu’intéressant, ce « Square des grands principes républicains »…

En lisant le site de la ville a posteriori, j’ai appris qu’il se constituait année après année, en fonction des événements. A lire et visionner.

Un agréable chemin longe la côte et amène au port ostréicole.

Le soleil n’est pas très haut, ce qui me vaut un joli contre-jour…

Après un quart d’heure de marche environ apparaît l’entrée du port.

En verticalité, des piquets dans la vase, des poteaux sur le sol, et un élément bizarre, comme une statue. Nous y reviendrons, mais vite, le soleil baisse, allons voir faune et flore préservées…

En passant, et comme une invite, une petite construction au mur orné de volatiles.

Et, sur le parking à l’entrée du port et de la réserve, un personnage venu d’ailleurs…

Mais allons vite visiter ce qui est présenté comme des « prés salés », qui feront l’objet d’un autre article. En attendant, un petit plan emprunté à Wikiloc.

Découverte du Cap Ferret. 5. En quête de table le jour de Noël

Après la visite de L’Herbe et ses agréables surprises, l’heure est venue de se mettre en quête d’un restaurant, pour ce midi de Noël. Direction « Chez Hortense ». Une véritable institution du coin. Je vous propose d’écouter ce podcast qui en raconte l’histoire, narrée par un des descendants d’Hortense, Olivier Lafitte, fils de Bernadette, que vous pourrez aussi entendre. Un article a été consacré à ce restaurant par Le Monde. Hélas, quand nous arrivons, c’est pour constater qu’il est aussi fermé que le phare aperçu au passage.

Que les portes en soient closes, on peut comprendre, en cette période de fêtes. Mais « lumière éteinte »??? Un phare sans lumière… du jamais vu, sauf pour ceux qui sont désaffectés! Il ne reste plus qu’à regarder le site – fort bien conçu, soit dit en passant, puis aller se promener sur une grève, non loin de là. La vue sur la Dune du Pylat, de l’autre côté du Bassin, est à couper le souffle.

Une petite carte pour vous y retrouver? Et ne cherchez pas la logique du parcours, car il a fallu revenir sur nos pas pour aboutir à un restaurant qui nous a accueilli-e-s. Encadré en rouge ci-dessous.

L’espoir était en cours d’abandon (il était près de 14 heures), au moment où l’on nous dit qu’une table allait se libérer. Un peu d’attente, certes. Mais l’endroit est si agréable, et le soleil brille…

J’ai recherché l’histoire de ce restaurant, dont on dit que c’est un des plus anciens du Cap. Effectivement, dans les années 50 il existait sous la forme d’une dégustation, « Chez Louis ». Il s’agit de Louis Villenave, qui a repris par la suite un autre restaurant, le Bélisaire. On voit le bâtiment et sa terrasse sur cette ancienne carte postale, empruntée au site dont je vous ai déjà parlé.

Le voici maintenant… et je vous propose le Jeu des Différences!

Difficile de reconnaître, n’est-ce pas? D’autant qu’un détail a dû vous sauter aux yeux…

Revenons en arrière. J’ai encadré en rouge ce qui allait devenir le restaurant l’Escale.

Eh oui, le débarcadère a changé de place. La première jetée, construite en 1877, que l’on voit sur cette carte écrite en 1951, a été remplacée par un nouvelle, sise plus à l’est, donc presque en face du restaurant. La vue depuis la Jetée Bélisaire permet d’embrasser une grande partie du Bassin d’Arcachon (voir vidéo ci-dessous).

Mais revenons au restaurant, où les convives ont été installé-e-s pendant que je baguenaudais… Et à la vue qui s’offrait à moi en dégustant de délicieuses huîtres.

Tout le monde a apprécié le repas, notamment la souris d’agneau fondante à souhait… Comme le proclame le slogan placé en titre du site, « Notre concurrent, le Paradis! »

Découverte du Cap Ferret. 4. Une chapelle peu ordinaire

Un petit arrêt à la sortie du village de L’Herbe… pour tout dire, il s’agissait de rechercher un endroit « tranquille » car aucun lieu trouvé pour ce que vous devinez… Et, dans ce recoin espéré, une trouvaille inattendue : une chapelle! Qui plus est, très intrigante.

Chapelle ou mosquée? Plutôt la première, à en juger par la croix… Mais pourquoi ce style mauresque? Approchons-nous… Des inscriptions en latin « Gloire à Dieu ». C’est bien catholique, ça. Mais une autre en arabe « Marhaba », « Bienvenue »… Etrange, non?

Vous avez aussi sans doute remarqué que les croissants de lune, symboliques de l’Islam, y sont très présents ? Pénétrons maintenant dans cet édifice pour mieux comprendre…

Eléments d’architecture et de décoration évoquant les pays d’Orient, mais le reste peut sans nul doute être relié à la religion catholique. C’est donc bien une chapelle… D’ailleurs, vous avez repéré la crèche, n’est-ce pas ?

Plutôt moderne, non? Et il manque un roi mage… Quant à l’ange, il est plutôt discret!

La lumière est omniprésente, et joue avec les vitraux.

Du plafond pendent un lustre d’inspiration orientale et un voilier hélas dé-voilé.

Au-dessus de la porte, un élément de type « moucharabieh », une rosace au coeur de laquelle se distingue une lyre, instrument né en Mésopotamie, adopté en Egypte, et parvenu jusqu’à nous par l’intermédiaire des Grecs. Encore un clin d’oeil à d’autres cultures…

Alors que je me dirige vers la sortie, mon regard est attiré par un tronc à la forme ambigüe.

Il est temps de sortir rejoindre le groupe qui m’attend dans les voitures. Le Bassin est tout proche.

L’ombre que vous voyez n’est autre que celle d’un magnifique pin qui ploie sous le poids des ans et la force des vents.

Vous l’avez peut-être remarqué sur la première photo de cet article : un panonceau explicatif apporte des informations sur cet endroit. En voici quelques extraits.

La chapelle faisait partie d’un ensemble comportant aussi une école et une demeure bourgeoise, la « Villa Algérienne », sise dans un vaste parc.

Un site de cartes postales anciennes, « Ferret d’Avant » présente de nombreuses vues de la Villa, dont on voit ci-dessous le mini-golf et le débarcadère.

Il avait fallu au propriétaire l’autorisation du Président de la République, René Coty, pour construire cette chapelle privée, mais ouverte au public, qui, auparavant, devait se rendre en pinasse de l’autre côté du bassin ou franchir les kilomètres qui séparent le lieu des premières églises.

En préparant ce texte, j’ai aussi appris que le style mauresque est assez répandu sur le Bassin d’Arcachon. Mais c’est une autre histoire…

Découverte du Cap Ferret. 3. C’est du cinéma!

Je vous ai laissé-e-s hier dans le charmant village de L’Herbe. Nous y restons en ce jour de Nouvel An (Bonne Année à toutes et tous!) pour nous arrêter devant un édifice de bois rouge et blanc qui attire l’oeil dès l’entrée.

Le travail du bois y est remarquable, et je n’ai pu m’empêcher de photographier cet escalier extérieur et les détails ornementaux qui le surplombent.

Mais qui peut s’offrir – et surtout entretenir – une telle demeure? La réponse est « Ce n’est pas une demeure »… En effet, il s’agit d’un hôtel. Et pas n’importe lequel.

Cela vous rappelle quelque chose?

Peu d’entre vous me répondront « Une ancienne pension de famille ». Encore moins « Une cantine pour forestiers ». Ce qu’il a été au 19ème siècle.

Par contre, des cinéphiles pourraient réagir…

Peut-être vous souvenez-vous du trio formé par…

… Vous avez reconnu? Guy Marchand, Francis Lemaire et Daniel Ceccaldi. Mais ils étaient entourés d’une pléiade d’actrices et d’acteurs de tout âge, portant l’humour, l’émotion et la nostalgie de ce film de Michel Lang. Vous pourrez en visionner la bande-annonce sur You Tube ici.

Ce faisant, vous remarquerez sans doute que les prises de vue de plages ne sont pas du coin… En effet, l’action se situe non en Aquitaine, mais en Bretagne!

Pourraient aussi réagir des musicologues, ou simplement des fans de Mort Schuman ou Hugues Auffray. Car la bande sonore du film est riche.
D’abord, « Un été de porcelaine », de Mort Schuman. Pour le voir à cette époque, c’est ici.

« Il y a quinze ans à peine

Il y a quinze ans déjà

Ma mémoire est incertaine

Mais mon cœur, lui n’oublie pas

Un été de porcelaine

Un cœur pour la première fois

Qui chavire et se déchaîne

Et balbutie ses premiers pas

Source : https://lyricstranslate.com/fr/un-ete-de-porcelaine-un-ete-de-porcelaine.html


Ensuite, Hugues Auffray, avec « Redoutable ».

A écouter et voir ici...

Un autre film a été tourné dans cet hôtel. Plus récent, celui-là.

Marion Cotillard est en effet une fan du Cap Ferret, où elle possède une résidence. Or, si la maison d’ostréiculteur du film a été construite de toutes pièces à cette occasion, c’est par contre l’hôtel actuel qui a servi de décor également au film de Guillaume Cannet. Vous pouvez le voir sur ce site, qui protège ses photos…

L’hôtel a été rénové dernièrement par Delphine Carrère, et vous pouvez le fréquenter à votre tour, si le coeur vous en dit… et si vous en avez les moyens (plus de 200 euros la chambre en avril !). Pour réserver, voir son site d’où j’ai copié ceci :

Découverte du Cap Ferret. 2. L’Herbe

Non, il ne s’agit pas de « beuze » ou autre substance, mais d’un charmant village d’ostréiculteurs, sis en face d’Arcachon, sur le cap. Une chance de le découvrir en hiver, car il paraît qu’il est envahi l’été, et même hors saison, par les touristes. En ce matin de Noël, il était quasi-désert, ce qui m’a permis une balade sereine et des dizaines de photos. Rassurez-vous, je ne vais pas vous en gaver, mais vous en proposer quelques-unes seulement.

Ostréiculture

Omniprésente dans le village, qui porte les traces de son activité principale.

La pêche n’est cependant pas oubliée, non sans une pointe d’humour.

Art et humour

On sent la joie de vivre dans ce village, qui cultive visiblement le rire et le sourire.

Couleurs et fleurs

Ce n’est pas la saison de la floraison, mais on devine ce que cela doit être quand la nature se réveille… En attendant, maisons et objets rivalisent de couleurs…

Le Domaine du Ferret

Lieu choisi par mon fils, qui le fréquente souvent (hors saison, bien sûr, car il m’a expliqué combien le cap est insupportable l’été en raison du flux touristique)… Et que j’ai découvert avec plaisir. Un endroit hors du temps, au milieu d’une pinède, et dont l’architecture s’inscrit bien dans cet environnement. Un exemple : la vue depuis ma table de petit-déjeuner…

Mais avant de vous présenter les détails, le plan proposé par le site du Domaine… Bien sûr, échelle non respectée entre le domaine et les bourgs environnants!

Une petite promenade? Allons-y… On commence par l’accueil? Ou plus exactement le passage qui conduit de l’accueil aux autres lieux, car, comme vous le savez, j’évite les photos de personnes, et donc du personnel fort aimable en charge de cet accueil…

Nous voici dehors… à gauche, la partie extérieure d’une piscine qui se poursuit à l’intérieur, avec hammam (efficace) et sauna (un peu trop petit hélas).

Nager sur le dos, de nuit, en regardant les étoiles… Je n’aurais jamais cru pouvoir le faire la nuit de Noël en Aquitaine! Eh bien, si… et ce fut un vrai moment de sérénité!

Mais revenons à l’arrivée, et à la recherche du lodge.

Le Cap… Ah! le voici!

Ouverture de porte un peu compliquée, alliant mécanisme et électronique. J’y parviens quand même et découvre un intérieur tout aussi naturel et recherché que le reste.

Celui-ci est petit. Mais d’autres membres de la famille en avaient un destiné à quatre personnes, dont la salle de séjour fut assez grande pour accueillir les trois générations du réveillon familial!

Le matin, direction la salle à manger. Mais un objet attire mon regard, lorsque je sors du lodge.

J’allais en remercier des membres, lorsque je m’aperçois que leurs portes sont tout aussi ornées… En effet, c’est la direction qui a eu cette idée. Oranges et bonbons. Comme autrefois. Noël n’a pas été oublié. Et la décoration intérieure le montre…

Le temps est venu de quitter cet endroit idyllique, après un petit déjeuner fort agréable. Un dernier regard avant une petite virée touristique, que je vous narrerai prochainement.

Découverte du Cap Ferret. 1. La Lège

Jusqu’à maintenant, à une exception près, les fêtes de Noël se déroulaient dans un des domiciles familiaux. Cette année, nouveauté donc que l’organisation du Réveillon à l’extérieur… Plus précisément, au Domaine du Cap Ferret. Au programme : découverte des environs, piscine/sauna/hammam, et soirée familiale dans un des lodges, au coeur de la forêt de pins.

Un premier arrêt : Lège

Un village dont le centre est interdit aux véhicules, en cette période de fêtes. Voilà de quoi m’intriguer. Arrêt donc au centre de Lège, sur le parking proche de l’église Saint Pierre. Je précise, car il n’y a pas moins de trois églises à Lège! Et celle-ci a failli s’appeler Saint Blaise car, en 1770, un effroyable ouragan détruisit les récoltes et noya le bétail. Les habitants adressèrent alors une pétition à l’archevêque.

« Fau pas se mouca de lous Lege, lou Sen Pé ne bau ré de ré, nou en boulem mey, hique lou dehore” (faut pas se moquer de nous, les Légeots, saint Pierre ne vaut rien, » flanquons-le dehors). »

L’église actuelle ne date que du début du 20ème, car la précédente, trop petite, a été détruite en 1925 pour être remplacée, trois ans plus tard, par l’actuelle. L’intérieur en est surprenant. Dès la porte d’entrée, une forme de militantisme.

L’originalité est omniprésente, avec des choix très affirmés (Jeanne d’Arc, Curé d’Ars, Sainte Thérèse…), alliés à une option de « modernité ». Partout, des détails originaux…

Néanmoins, on retrouve quelques éléments de l’ancienne église…

A la sortie resurgit le monde païen, avec un mini-village de Noël.

Des feux de la Saint Jean en hiver?

Aujourd’hui, 27 décembre, c’est la Saint Jean. « Mais non! », me direz-vous… « La Saint Jean, c’est en juin! Vous savez, le moment où l’on allume les grands feux, au-dessus desquels jadis on s’amusait à sauter. » Et les plus intéressés par les fêtes d’ajouter : « Le 24 juin ». Mais je vous rétorquerai « Je vous assure, aujourd’hui c’est bien la Saint Jean ». Comment se fait-ce? Eh bien, tout simplement, parce qu’il y a eu deux Jean sanctifiés.

Les deux Saint Jean. Atelier de La Pasture (1475-1500). Musées Maison d’Erasme et Béguinage, Bruxelles.

En juin, c’est celui qui aurait baptisé son cousin Jésus sur les bords du Jourdain, d’où le qualificatif « Jean le Baptiste ». En décembre, c’est celui qui a écrit l’un des quatre évangiles, d’où son surnom « Jean l’Evangéliste ». Je ne résiste pas à l’envie de placer ici le tableau peint en 1614 par un de mes artistes préférés, Le Gréco.

Mais mon propos n’est pas de vous ennuyer avec un cours de religion! Il est plutôt de vous intriguer, comme souvent. Regardez les dates. Chacune est proche de deux dates remarquables de l’année. Et si je vous dis que des cérémonies diverses, mais toutes en lien, ont lieu aux alentours de ces dates… allez, cherchez!

Vous avez trouvé? Eh oui, nous sommes dans les solstices d’été et d’hiver. Au moment où les jours décroissent et/ou croissent.

Nous venons, souvenez-vous, de fêter le solstice d’hiver. Le soleil nous fait l’honneur de rallonger son temps de présence. Et cela fait du bien! J’étais avant-hier au bord du Bassin d’Arcachon, au Cap Ferret, et j’ai profiter d’un magnifique couchant à près de 17h30, en cette fin de journée de Noël, dans la réserve naturelle d’Arès.

Et, bien sûr, je ne puis m’empêcher d’évoquer ces festivités qui ne sont pas que chrétiennes, loin de là… et notamment celles d’un des endroits qui m’intéresse depuis mon enfance, Stonehenge. Voici une analyse scientifique de l’orientation du site.

Et je ne résiste pas non plus à l’envie de copier l’une des photos de l’article publié dans le National Geografic, montrant le rituel druidique autour du solstice d’hiver.

En Bretagne, on retrouve le feu à l’occasion de la célébration druidique du solstice d’hiver. Plusieurs sites la présentent. Je vous conseille de lire celui-ci, auquel j’emprunte un extrait.

« Dans la Tradition, la bûche décorée que chacun apporte lors de la cérémonie pour nourrir le feu du Solstice d’Hiver rappelle la solidarité nécessaire entre les hommes pour traverser la période parfois difficile de la Saison Sombre, qui arrive à son acmé lors du Solstice. »

Un extrait d’un autre site, sur le druidisme contemporain, « Calendrier celtique ».

Puisque nous parlons de druides et que je suis dans le Médoc, une question : le druidisme existait/existe-t-il dans cette partie de l’Aquitaine? Eh bien, oui, et des sites en sont connus, comme la fontaine de Bernos. Et l’on trouve d’autres traces de culture celtique au nord-ouest de Bordeaux… Mais c’est une autre histoire…