Vers le sommet de la Butte

Il ne me reste plus qu’un petit bout de grimpette quand, dans un virage, j’aperçois un édifice qui m’interpelle. De quoi peut-il bien s’agir? J’en fais donc le tour, et découvre que cet ancien réservoir, l’un des trois de la Butte, désaffecté en 1930, abrite aujourd’hui la Commanderie Clos de Montmartre.

« Le premier et plus ancien réservoir de Montmartre, est situé Place Jean Baptiste Clément, à l’angle de la rue Lepic et de la rue Norvins. D’une capacité de 260 m3, il a été construit en 1835, et surélevé en 1865. Il a été  désaffecté en 1930, remplacé par le réservoir du Sacré-Cœur. La surélévation à aujourd’hui disparue.

Il a en fait été créé pour compenser la disparition des sources de Montmartre. De forme octogonale, ce réservoir intègre une fontaine renaissance, alimentée à l’époque par une pompe hydraulique à Saint-Ouen, relayée par une pompe à feu, passage Cottin, près de la rue Ramey.  En 1865, avec l’ajout de l’étage, le réservoir à été alimenté par les eaux de l’Ourcq et de la Dhuys.

Aujourd’hui cet ancien réservoir  abrite le siège de la Commanderie Clos Montmartre, association Loi 1901, qui apparaît comme une renaissance de la tradition vivante des vignerons parisiens. »

La Commanderie a été fondée en 1983, et vous pourrez en savoir davantage sur sa page Facebook, ici. Elle propose des festivités, notamment pour la Saint Vincent et les vendanges.

En face, une plaque rappelle l’emplacement d’une « Tour de Montmartre ».

Tout renseignement pris, elle était dénommée « Tour de Solférino », du nom d’une guinguette sise à côté, qui faisait payer pour que l’on puisse y monter le paysage… qui, soit dit en passant, devait être beaucoup plus beau que celui d’aujourd’hui!

Un peu plus haut, un panneau rappelle l’emplacement de la « mire du Nord ».

On ne peut pas la voir, car elle est située dans une résidence privée (Moulin de la Galette), mais je vous la présente grâce à Wikimedia.

Aujourd’hui, pas de visite au Sacré Coeur, car l’heure tourne et il est à craindre que les restaurants non « touristiques » ne servent plus… C’est donc le moment de redescendre par la face nord. Mais cela fera l’objet d’un quatrième article, si vous le voulez bien…

Balade à Montmartre (suite)

Nous nous sommes quitté-e-s hier devant le Moulin de la Galette… Reprenons donc l’ascension de la Butte.. Au fait, mont? butte? Vite, le net… Et j’y découvre que « une des buttes-témoins gypseuses formées de part et d’autre de la Seine et dénommées les « collines de Paris ». À 130,53 mètres, altitude du sol naturel à l’intérieur du cimetière du Calvaire, il jouxte l’église Saint-Pierre de Montmartre, plus ancienne église du Paris actuel. » (Wikipédia, vous aviez deviné!). Donc résumons-nous… Une « colline » qui est une des « buttes » et que l’on dénomme « mont »… simple, non? En tout cas, j’ai appris qu’elle était la plus haute de Paris! Et plus… j’ignorais ce qu’était une « butte-témoin ». Maintenant, je le sais!

Bloc-diagramme simplifié du relief de côtes. Le front de cuesta à pente forte est opposé au pendage des couches.

Une butte-témoin (3) se détache parfois en avant du front.

Mais je n’ai pas tout compris! Il faudra que j’y revienne… Pour l’instant, continuons à grimper la butte, enfin la colline, enfin le mont, bref, montons… et c’est une statue (enfin, des morceaux de statue…) qui attire le regard.

Marcel Aymé a en effet habité à deux pas de là, et repose tout près, au Cimetière Saint Vincent. Normal, donc, qu’une place lui soit dédiée. Avec l’un de ses personnages iconique, Monsieur Dutilleul. Mais savez-vous qui a réalisé cette oeuvre? J’étais pour ma part étonnée en le découvrant. Un indice? C’était un acteur. Eh non, pas le premier qui a interprété ce rôle (Bourvil), mais un acteur qui était aussi écrivain, peintre, sculpteur et potier. Cela vous dit quelque chose? En 1989, neuf ans avant son décès, c’est Jean Marais qui a produit cette oeuvre surprenante. Pas étonnant de la part de « La Bête », non?

Un peu plus haut, je découvre avec stupeur un jardin qui semble à l’abandon. Jugez-en par vous-même, comme moi, à travers la grille fermée.

Inattendu, n’est-ce pas, dans une ville qui manque de logements? Des plaques posées sur les grilles apportent quelques explications. D’abord, qu’il s’agit d’un « jardin » portant le nom d’un des auteurs que je ne suis jamais parvenue à comprendre, contrairement à Proust…

Bien qu’il n’ait jamais longtemps fréquenté Paris, l’auteur l’a tellement mis en scène qu’il a semblé évident de lui rendre cet hommage, comme d’autres, dont j’ai trouvé un autre exemple.

Une autre affiche évoque le souvenir du « Maquis de Montmartre ». Passionnante histoire que celle de cet espace « hors du temps », qui a perduré jusqu’au 20ème siècle, et a donné naissance au personnage caractéristique de la Butte, le petit Poulbot. Ce n’est pas l’objet de cet article, mais si l’histoire vous intéresse, vous en trouverez une belle vulgarisation illustrée sur ce site.

Je ne résiste pas à l’envie de vous faire lire plus en détail la page de droite. Focus donc!

Jouxtant ce jardin, puisqu’elle était initialement incluse comme lui sur le vaste terrain de la ferme, la Cité Internationale des Arts donne envie d’être un artiste invité ici en résidence!

Restons donc dans ce coin calme et enchanteur, jusqu’au prochain épisode?

Balade dominicale à Montmartre

Paris gronde, Paris proteste, et Paris court… Comment échapper à cela, le temps d’une belle journée, en ce dimanche printanier avant l’heure? En remontant le temps, en remontant les pentes… Rien de tel pour « se remonter » soi-même!

Direction donc ma colline préférée, Montmartre. Celles et ceux d’entre vous qui excellent en étymologie me feront remarquer qu’on n’échappe pas ainsi à la violence. Le nom ne renverrait-il pas, selon les deux hypothèses reconnues, au dieu de la guerre, Mars, qui y était honoré dans un temple au sommet, ou aux martyrs de l’époque pré-chrétienne, dont Saint-Denis, martyrs dont une rue qui en gravit l’escarpe rappelle le souvenir?

Source : https://archeologie.culture.gouv.fr/paris/fr/un-sanctuaire-montmartre

La chapelle des Martyrs à Montmartre (source Wikimédia)

La chance me sourit dès le trajet reliant le 5ème au 18ème : un bus détourné pour cause de semi-marathon s’arrête au moment où je m’apprête à attendre son collègue, heureusement face à de belles devantures (plus ou moins) anciennes.

Près de Pigalle, le chauffeur adorable me rappelle spontanément à quel arrêt je dois descendre… Et la grimpette commence d’abord par une rue Lepic bien encombrée de piétons, autochtones ou touristes. Vite, la quitter pour des rues plus sereines! Ce qui me permet de découvrir par hasard les restes de la demeure style « gothique » du Sieur Marie-Joseph-Charles de l’Escalopier (ça ne s’invente pas!), né au château de Liancourt, en Picardie, en 1872. Historien, archéologue, qui ne se contentait pas de travailler dans son bureau mais a partagé avec ses concitoyens ses recherches par un musée, une bibliothèque, etc.

Vous trouvez sans doute étrange l’angle de vue, mais la propriété est privée, et je n’ai pu prendre les photos que devant ou à travers une grille bien close… Il ne reste plus grand-chose de l’édifice initial, mais les constructions des alentours ont leur propre charme, y compris, en face de ce que vous voyez sur la photo suivante, un petit immeuble de bois aux larges ouvertures.

La rue elle-même ne manque pas de charme… y compris dans les tags qui l’ornent…

A l’angle qu’elle forme avec la rue Lepic, une ancienne brocante offre une vitrine où se bousculent des animaux apparemment en papier mâché. En transférant la photo (mal) prise, j’ai eu la surprise de découvrir des symboles dont je ne sais d’où ils proviennent…

Désormais suivons la rue Lepic, quasiment déserte. Je pense que la Commune de Montmartre a réussi à préserver des parties tranquilles en « orientant » les flux de touristes, car ici, comme plus loin d’ailleurs, peu de monde, alors que certains endroits sont littéralement bondés de troupeaux de visiteurs/euses.

Mon oeil a été attiré par deux bâtiments contrastant étrangement, au numéro 64. Les recherches sur le net ne m’ont guère éclairée sur leur histoire.

Les restaurants de la rue étaient quasiment déserts (mais aussi très chers), jusqu’à l’angle où se situe « Le Moulin de la Galette ». On devrait plutôt utiliser le pluriel, car il y avait deux moulins peu éloignés l’un de l’autre, comme vous le verrez sur la photo empruntée à Wikimedia.

A l’heure actuelle, entre les deux, un immeuble dont j’ai apprécié la rénovation (pour une fois!).

Je vous laisse face à l’entrée du restaurant, pour vous y retrouver prochainement et poursuivre avec vous la visite de ce coin de Paradis…

Une soirée, trois découvertes. 3. Le Long Hop

Si vous suivez ce feuilleton, vous savez qu’hier nous avions rencontré, au Café Litteratum, deux inconnu-e-s. A la fermeture du café, à minuit, iels nous ont entraîné pour un dernier verre dans un autre débit de boissons du coin. Le Long Hope. Je passe aussi devant très souvent. Et je n’y avais jamais pénétré!

Une tout autre ambiance.

D’abord, la taille. Il est immense. Et encore, je ne l’ai pas totalement exploré, et me suis promis d’y retourner pour ce faire.

Ensuite, la musique. Tendance années 20. Pas 1920, non!

Et puis, le service. Non pas un seul serveur, comme au Luccha Libre, ni un couple, comme au Café Litteratum, mais une équipe nombreuse de jeunes serveuses et jeunes serveurs.

Enfin, la clientèle. Nous faisions figure de dinosaures. Même pas de quarantenaires!

Souvent j’avais remarqué un agglutinement de jeunes gens devant sa devanture. J’ai compris pourquoi : il programme beaucoup de matches, et pas seulement de football. Rien que pour samedi prochain, j’en ai compté 6, apparemment de football et de rugby. Et, comme c’est un pub anglais, il propose des bières variées, dont certaines à prix très modique…

En préparant cet article, avec notamment le site du lieu, j’ai découvert aussi qu’il abritait baby-foot et billard. A revisiter donc, pour mieux en appréhender les avantages (ou non). On peut aussi y manger des soupes et des burgers, visiblement à des prix raisonnables. Mais seulement jusqu’à 22h30, alors qu’il reste ouvert jusqu’à 2 heures du matin, heure à laquelle nous l’avons quitté, à l’issue de cette soirée mémorable…

Un dernier petit détail : il est ouvert 7 jours sur 7. Donc une valeur sûre pour celles et ceux qui ne programment pas sérieusement leurs pauses conviviales… Attention cependant : il semblerait que le billard soit potentiellement inutilisable les jours de concert ou de grand match.

Un dernier mot, pour les non-spécialistes de sports collectifs comme moi : que signifie son nom?

« A delivery that is bowled short, slow and lacking lift. This gives the batsman ample time to assess the ball’s trajectory and play an attacking shot, so it is typically an inadvertent delivery. This is contrasted with a bouncer, in which the ball is played short with a sharp lift and is much more difficult for the batsman to play.« 

Cela dit, à part que c’est un coup remarquable au cricket, je n’ai toujours pas compris ce que c’était car je ne connais pas le jeu! Et rassurez-vous, point n’est besoin de le connaître pour y passer un bon moment, si la compagnie est agréable.

Une soirée, 3 découvertes. 2. Le Café Litteratum

Je passe très souvent, dans la rue des Ecoles, devant un café dont la devanture m’a toujours interpellée, mais où je n’ai jamais osé entrer. Pourquoi? Difficile à dire… Sans doute, entre autres, à cause de son nom : Café Litteratum. Peut-être aussi parce qu’il est minuscule, et qu’on ne peut donc y entrer et rester sans communiquer avec les personnes qui y sont. Enfin, la couleur blanche omniprésente me questionnait un peu. Bref, je n’y avais jamais pénétré avant cette fameuse soirée de samedi, où l’ami avec qui j’étais m’y a emmenée. Car lui le connaît bien. Et le fréquente depuis longtemps. Alors qu’il ne m’en a jamais parlé! J’avoue que j’ai été interloquée…

Et ravie, par la suite, de cette magnifique découverte.

Un endroit intime, chaleureux, et un accueil remarquable de « Gloria » (en réalité, son nom de famille : son prénom est Maria-Amélia) et de son époux, « Carlos » (de son vrai nom José, Carlos Janela Antunes) : Portugais, comme vous l’avez deviné.

José Carlos est historien. Un érudit comme on n’en voit pas assez. En recherchant sur le net, j’ai trouvé quelques-unes de ses publications, dont une sur la Révolution des Oeillets : https://www.persee.fr/doc/mat_0769-3206_2005_num_80_1_1062. Il a été directeur de la Section de Portugais au Lycée International de Saint-Germain-en-Laye. Une culture qui n’a d’équivalent que sa simplicité et sa modestie…
On peut y boire (notamment un incroyable choix de Chartreuse), y manger, et surtout discuter, échanger, communiquer. S’y « restaurer » dans tous les sens du terme.

Alors, si vous passez par là, ne faites pas comme moi. Arrêtez-vous, entrez. Et surtout prenez le temps d’y rester et de faire la connaissance des hôtes de ces lieux. C’est ouvert tous les jours de la semaine, du matin à minuit…

Je n’ai pas fait de photos, ni trouvé de site (la page Facebook n’a pas été actualisée depuis 2022), mais vous pouvez voir photos et commentaires ici https://www.via-sapiens.com/recoin/934-Cafe-Litteratum ou encore ici https://lescafesdottilie.fr/litteratum-quartier-latin/

Et peut-être nous y rencontrerons-nous un jour? Comme j’y ai rencontré les personnes qui ont été à l’origine de la troisième découverte de cette folle équipée nocturne… Mais c’est une autre histoire…

Une soirée, trois découvertes. 1 La Lucha Libre

J’aime les sorties improvisées, certes. Mais il est rare de découvrir trois lieux, dans la proximité de sa résidence, en une seule soirée! C’est pourtant ce qui m’est arrivé hier soir, en une équipée de quatre étapes…

Etape 1 : un cocktail au Mexique

Il est encore un peu tôt pour dîner lorsque la personne avec qui j’ai rendez-vous arrive. A peine 20 heures! Je propose d’aller explorer un lieu qui m’intrigue depuis longtemps. Nous descendons donc les quelques marches proches du Couvent des Bernardins, pour pousser la porte de La Lucha Libre. L’intérieur est étonnant, surtout à cet endroit de la capitale…

Ne comprenant pas le sens de ce nom, j’ai eu quelques indices dans la décoration. Les voyez-vous?

Je voyais un rapport avec la boxe, mais pourquoi « luccha libre »? L’explication m’est venue, comme toujours, par le net.

« D’origine mexicaine, la lucha libre, que l’on pourrait traduire par « lutte libre » en français, existe depuis le début des années 30. Mais elle n’a été populaire qu’à partir de 1934, avec l’arrivée du lutteur-vedette El Santo.

Très populaire en Amérique latine, au Japon et aux États-Unis, la lucha libre est le deuxième sport le plus populaire après le soccer au Mexique. Les règles sont presque les mêmes que pour la lutte professionnelle américaine. Toutefois, ce n’est pas le poids qui fait la force des luchadores (lutteurs), mais leur rapidité et la qualité de leurs techniques de lutte. Ils sont d’ailleurs réputés pour leurs mouvements spectaculaires et aériens. »

Univers mexicain, donc, et, bien sûr, comme boisson possible, du mescal! Pas pour moi, qui ai préféré un cocktail citron-gingembre etc. A cette heure, peu de monde. Le bar va se remplir peu à peu, plutôt d’une clientèle jeune.

Musique appropriée, images générées par IA pour une danseuse qui reproduit des milliers de fois le même déhanchement, et boissons intéressantes… De quoi passer un bon moment!

Par la suite, j’ai appris que la porte que vous voyez sur les photos, au fond, cache… un ring! Voici ce qu’en dit le site du bar.

« Unique en Europe, ce bar déjanté cache un vrai ring de catch dans son sous-sol ! Oui, oui, tu as bien lu : un ring où se déroulent régulièrement des combats de catch mexicain aussi impressionnants qu’amusants. Ambiance garantie !​

La salle du ring, spacieuse et capable d’accueillir jusqu’à 80 personnes, est LE spot parfait pour les soirées d’entreprise, anniversaires qui sortent des sentiers battus, pots de départ mémorables ou afterworks survitaminés ! »

Alors, si le coeur vous en dit, rendez-vous pour un show de match pro le 18 janvier…

« Miracle! » le 8 janvier 2026

Oui, je sais, il ne faut pas croire aux miracles… Mais quand même, parfois on doute! Jugez-en plutôt. Vous vous souvenez que j’ai dû abandonner la mise en ligne des photos de l’article précédent (et de la suite!) car j’avais « perdu » le disque d: de mon ordinateur. Deux informaticiens ont pris la main à distance, ce jour-là, et m’ont confirmé qu’il avait disparu, sans doute par bug électronique, et qu’il allait falloir le sortir et essayer de récupérer les données, avec peu de chance d’y parvenir (10% selon l’un de ces professionnels). C’était le 7 janvier. Vous imaginez mon découragement! Car il n’y avait pas que les photos : tous mes dossiers professionnels et personnels, également. Or hier, vers midi, alors que je commençais à reprendre grâce aux envois par courriels certains fichiers urgents, j’ai vu brutalement réapparaître d:/ Je n’en croyais pas mes yeux et ai timidement essayé d’ouvrir un fichier… Réussi… Un autre… Idem. Eh oui, tout est revenu!

Alors, je vous dois ces photos, n’est-ce pas? Les voici donc, avant que la tempête de ce jour ne les fasse envoler à nouveau…

D’abord, la Dame Océane, qui protège les marins (et les ordis?)

Le dernier regard sur le port, après la disparition du Char de Phoebus…

Malgré la faible luminosité, les pignots sont encore bien visibles sur le Bassin.

Ah oui, j’oubliais! Tout le monde ne maîtrise peut-être pas la langue locale? Les « pignots », ce sont ces « piquets » qui parsèment le Bassin.

« Eléments indissociables des paysages du Bassin d’Arcachon, ces grands piquets de bois « plantés » en ligne ou en carré dans l’eau sont dénommés « pignots » (on prononce le T !), du gascon « pinhòt », terme désignant un jeune pin maritime. Dans le nord du Bassin vous pourrez également entendre parler de « lattes » pour désigner un pignot. Jeunes troncs d’arbres ébranchés et plantés sur le fond sablo-vaseux, ils servent à délimiter et à signaler les parcs. Le pin n’étant pas pérenne dans l’eau, on lui préfère aujourd’hui le chêne ou le robinier faux-acacia. » (source)

En recherchant des textes qui évoqueraient ces pignots, j’ai trouvé sur ce beau blog, Aquarêve, que je vous invite à visiter, ce poème d’Alain Pujol, illustré par cette aquarelle.

« 

Le chemin du retour s’effectue entre chien et loup. Expression qui me parle… Une idée pour un prochain article! Et il fait bien sombre quand je découvre que la Tour Javal, précédemment présentée, est devenue écran géant pour des projections lumineuses…

Au revoir, Arès (non, pas toi, le Dieu, mais toi, ce bourg charmant)… En route vers Bordeaux. Mais il me reste une belle surprise sur le trajet. Que je vous narrerai bientôt…

Arrêt à Arès. 3. Le port ostréicole

Arès a fêté ses 170 ans d’existence, et un blog a été consacré à son histoire. Si cela vous intéresse, vous pouvez le lire ici. Mais pourquoi ne remonter que sur 170 ans? Car l’habitat sur ces lieux est attesté depuis bien plus longtemps. En tout cas signifié par écrit dès le 13ème siècle. A cette époque, Arès appartenait à la Baronnie de Blanquefort. L’article de Wikipedia est assez fourni et, semble-t-il, assez rigoureux. A lire donc également. Mais cela ne répond pas à la question initiale. Pourquoi 170 ans? C’est que le hameau n’était pas indépendant. A la Révolution une commune fut créée, regroupant Andernos et Arès. Et ce n’est qu’en 1851 qu’Arès devint une commune autonome. Le petit port que nous voyons maintenant n’a rien à voir avec ce qu’il fut jadis. Port de commerce, puis port animé par le tourisme dès la fin du 19ème siècle, il est devenu ce port ostréicole au charme certain que je vais vous emmener visiter…

Cette photo n’est pas géniale, j’en conviens. Mais je l’ai publiée car on y voit une affiche, sur le premier mur à droite. Il y en a sur presque toutes les façades : elles présentent l’ostréiculteur qui occupe ces lieux et y travaille.

Comment donner une identité spécifique à ces édifices construits sur le même modèle ou presque? D’abord par la couleur. Vous voyez ici du jaune, du vert, et il y a aussi du bleu… Ensuite, parce que certains ont une fonction de « lieu de dégustation ».

Chers lecteurs, chères lectrices,

Vous ne verrez malheureusement pas les dernières photographies destinées à cet article. En effet, je viens de perdre le disque d: de mon ordinateur, sur lequel elles étaient stockées…
Je vous dois cependant la réponse à deux questions posées dans le premier épisode de cette série.

  1. La petite construction ornée de cygnes et de canards abrite un distributeur… d’huîtres! Vous pourrez le voir sur cette vidéo de la Maison Pasquet, qui le gère

2. La statue que l’on apercevait de loin est « La Femme Océane », du sculpteur Dominique Pios.

« Élément incontournable du port ostréicole, « La Femme océane », une statue en bois de niangon (du Cameroun) réalisée en 1997 par le sculpteur arésien Dominique Pios, trône au beau milieu des darses. Pour mémoire, cette œuvre d’une hauteur de 4,30 m avait nécessité 600 heures de travail. Symbolisant l’eau, elle est reconnaissable par ses formes arrondies. »

Très abîmée par les éléments, elle a été restaurée dernièrement. Pour en savoir plus sur cet artiste arésien, voici son site : https://dominiquepios33.wixsite.com/pios

Vous ne verrez donc pas non plus les dernières photographies sur le chemin de retour, ni la projection nocturne sur la tour qui vous a été présentée au début de cette série… Je vous prie de m’en excuser…

Arrêt à Arès. 2. Les Prés Salés

Pour vivre une partie de l’année non loin de la Baie de Somme, je connais bien les Prés Salés. Mais si j’en ai reconnu certaines spécificités lors de la visite à Arès, des différences notoires m’ont frappée. Je ne compte cependant pas vous faire un exposé sur celles-ci, mais plutôt vous inviter à pénétrer dans l’ambiance tout à fait sereine de cette fin d’après-midi du 25 décembre 2025…

Ici, pas de huttes qui montent ou descendent avec la marée, mais des embarcations échouées deci-delà.

Cela fait plus de 40 ans que cette réserve naturelle a été créée, et elle s’étend sur 330 hectares, dont deux tiers de prés salés.

Partons donc pour une promenade dans cet espace éclairé par les rayons du couchant, ce qui vous permettra de critiquer les contre-jours de mes photos!

La zone encadrée en noir est celle que j’ai pu observer. En effet, vu l’heure tardive, et sans disposer d’un second véhicule qui pourrait attendre de l’autre côté, un demi-tour a dû être effectué au niveau de la passerelle.

Les lignes explicatives sont extraites du site « Réserve naturelle du littoral« .

« L’est du site offre un paysage façonné par l’homme avec des réservoirs à poissons créés à partir de 1835. On les longe depuis la digue en quittant le port ostréicole d’Arès. Abandonnés depuis des années, la végétation les avait peu à peu envahis avant que des travaux de réouverture des milieux soient réalisés. Le ruisseau la Machinotte marque la limite nord des réservoirs et les alimente en eau douce par le biais d’un barrage de dérivation.« 

Ces petits triangles blancs, dans le lointain, ne sont autres que les cabanons qui bordent le port ostréicole.

La passerelle franchit un canal. C’est là qu’il faut rebrousser chemin pour ne pas finir dans l’obscurité. Mais je note les chemins qu’il me restera à faire un jour…

« Au nord, débouche le canal des Etangs, qui relie les lacs médocains au Bassin d’Arcachon. Le canal achemine dans la Réserve Naturelle une quantité d’eau douce non négligeable vers les prés salés. Une pinède ancienne étourdie par le sel et le vent montre que l’action de la mer met à mal les végétaux moins bien adaptés. »

Le chemin du retour, au moment où le soleil va se cacher / se coucher, offre des vues flamboyantes.

En recherchant la dénomination de ces embarcations, j’ai découvert deux termes pouvant désigner de petits bateaux non pontés : « prame » et « pinassotte ». Il semble qu’il s’agisse ici de prames. La pinassotte, très spécifique du Bassin, est plus longue et plus fine, avec généralement proue et poupe pointues. Lors d’un prochain séjour, il faudra que j’en photographie!

Et me voici revenue à bon port au port! Rendez-vous bientôt pour le découvrir…

Arrêt à Arès. 1. Du bourg au port ostréicole

Sur le chemin du retour du Cap Ferret, un arrêt s’imposait, car les dépliants touristiques annonçaient une réserve naturelle à Arès, au bord du Bassin d’Arcachon. Et je n’ai pas regretté, loin de là. Un peu déçue par la rareté des oiseaux, mais ravie par ce port ostréicole tout à fait charmant, que je n’ai découvert qu’après une belle marche en bord de Bassin, après avoir découvert une étrange tour. Cet article relate la première étape, du bourg au port.

Pourquoi l’avoir trouvée « étrange »? Regardez bien : avez-vous souvent vu des créneaux sur une tour non cylindrique? Et j’avais raison : c’est un moulin démantelé qui a été crénelé!

Tout aussi étonnant quoiqu’intéressant, ce « Square des grands principes républicains »…

En lisant le site de la ville a posteriori, j’ai appris qu’il se constituait année après année, en fonction des événements. A lire et visionner.

Un agréable chemin longe la côte et amène au port ostréicole.

Le soleil n’est pas très haut, ce qui me vaut un joli contre-jour…

Après un quart d’heure de marche environ apparaît l’entrée du port.

En verticalité, des piquets dans la vase, des poteaux sur le sol, et un élément bizarre, comme une statue. Nous y reviendrons, mais vite, le soleil baisse, allons voir faune et flore préservées…

En passant, et comme une invite, une petite construction au mur orné de volatiles.

Et, sur le parking à l’entrée du port et de la réserve, un personnage venu d’ailleurs…

Mais allons vite visiter ce qui est présenté comme des « prés salés », qui feront l’objet d’un autre article. En attendant, un petit plan emprunté à Wikiloc.