Une belle découverte : Avranches (1ère partie)

Je suis passée une centaine de fois au pied de cette ville, et, si j’y suis « montée » une fois, voici bien longtemps, je n’y avais jamais fait halte. Alors, hier, petit détour depuis l’autoroute. Au départ, pour aller acheter du pain afin de pique-niquer en bord de baie. Et finalement, une visite agréable et de belles surprises. Premier objectif : aller enfin voir ce qu’est cette « pointe » aperçue depuis l’autoroute, à chaque passage…


Et par la même occasion, découvrir une placette ornée d’oliviers et de lavande.

Et y déjeuner au son de l’eau déversée par une belle fontaine.

Le tout, en face du clocher que l’on voit de si loin et qui m’intriguait depuis toujours. Une église dédiée aux mêmes saints que celle du 4ème arrondissement, proche d’un de mes repaires à Paris (l’Ebouillanté, dont je vous ai déjà parlé) : Saint Gervais Saint Protais.

Un petit restaurant au nom amusant « Chez Wiwi », une carte tentante, deux toutes jeunes filles très souriantes et pleines d’entrain. De quoi s’arrêter pour un repas en terrasse. Il ne fait pas très chaud, mais pas très froid non plus. Plat un peu décevant, malgré une certaine recherche, mais ce n’est pas grave. Et quand la pluie survient, aucun problème : l’auvent est bien étanche! Un petit Sauvignon… un café… et vous devinez le digestif. Un Calva, bien sûr: nous sommes dans la région de production! Bref, le temps passe agréablement, surtout que le soleil est revenu. Et il est déjà presque 15 heures quand commence la balade suggérée par l’Office du tourisme, visité le matin.

D’abord, l’église, bien sûr. Qui en réalité est une Basilique, pardon! Je m’en doutais : je n’aime pas son style.

Mais elle ne manque pas d’intérêt.

On y est accueilli-e par un mignon Saint Michel qui joue au Menaçant…

Des étonnements dans les travées, comme cette statuette (un évangéliste?) égarée à même le sol…

… le visage travaillé de ce prélat (abus de vin de messe?)…

… deux personnages qui se font des politesses brodées…

et ce banc fermé, réservé… aux produits ménagers!

Les rides creusées par le temps ont été provisoirement comblées, mais, en l’absence de Botox, non réparées.

Un appel aux dons est d’ailleurs fait pour la restauration de la Basilique, et, en écrivant ce matin, je découvre qu’il est relayé par la Fondation du Patrimoine.

Direction maintenant : les Trésors.

Le crâne percé de Saint Aubert (et pas Saint Ovaire, comme j’avais entendu le matin de la bouche de la dame étrangère qui officiait à l’Office!) est effectivement intrigant.

Un regard aux autres « trésors »…

… aux belles grilles évoquant d’autres boissons que cidre et Calvados…

… et à la Basilique au style néoclassique (vive le roman!)

… pour arpenter les ruelles, non dénuées de charme. Pas aussi « uniformes » que dans certaines villes touristiques. Mais plus authentiques.

Un peu triste de constater que, visiblement, les autorités locales n’ont pas réussi à sauver certains édifices.

Mais, par contre, d’autres ont été bien conservés, restaurés, et leur environnement grandement améliorés. La Place du Marché en est un exemple.

C’est le cas aussi de la Maison Bergevin et de ses magnifiques jardins aux sculptures surprenantes : des livres, et une symbolisation du don d’organes (les « Passeurs »)…. J’y reviendrai dans un prochain texte… A bientôt!

A travers les massifs centraux…

Après une belle nuit à écouter le murmure du Courançon, dont je viens d’apprendre que le véritable nom de cet affluent de la Couze Chambon est le « Fredet », départ vers Nice… destination du jour, obligations urgentes. Mais on ne se refait pas, et la grande majorité du trajet se fera tranquillement. Certes, malgré l’envie, pas de pause à Murol, dont le château est encore plus impressionnant en contrejour.


Mais un arrêt « pélerinage », encore, au lac Pavin avant qu’il ne soit pris d’assaut par les touristes. Mes parents nous y emmenaient souvent, et j’ai toujours apprécié son cadre si particulier de cratère, et la couleur incroyablement vert/bleu de ses eaux. Hélas, les nuages obscurcissent ciel et onde…

Puis poursuite de la route parmi les contreforts verdoyants des monts d’Auvergne, qui jouent avec les nuages.

Petit bout de Cantal, petit bout de Lozère, et maintenant les Cévennes. Encore un coin que j’aime beaucoup. La recherche d’auberge conduit… à des menhirs !

Je commence à marcher dans le vent qui adoucit la température, mais m’aperçoit qu’il faut deux heures pour faire ce circuit. Il faut donc renoncer, et redescendre vers la vallée du Tarn et Florac. J’ai repéré sur Internet l’Auberge cévenole. Et elle vaut le léger détour par le Prunet. Une patronne accueillante, des tables disposées sur les petites terrasses, parfois en léger dévers, et le long de l’auberge elle-même.

Voici quelques photos prises de ma place.

Je vous recommande particulièrement l’aligot, mais les autres plats, aux dires des client-e-s, sont apparemment tous aussi bons. Et les desserts, non négligeables!

La lumière jour avec le verre, et j’en profite pour saisir quelques instantanés, dont voici un exemple.

L’intérieur est simple et chaleureux.

Il y a même le petit cochon pour recueillir les pourboires… bien mérités, notamment, par une jeune serveuse pleine de dynamisme et d’humour, bien peu « classique »!

Les échanges avec la « patronne » nous apprennent que le cuisinier n’est autre que son propre fils. Le travail se fait donc en famille!

Ayant vu passer une famille en maillot de bains, sur le chemin qui sépare l’auberge des terrasses, je demande s’il est possible de se baigner dans le coin. On nous explique que oui, il y a une plage juste à côté. Direction donc l’eau… pas question d’une baignade, mais au moins se tremper les jambes, cela fera du bien! Une petite marche dans le hameau montre qu’il recèle des surprises.

Enfin les bords de la rivière… un petit pont à traverser, et me voici dans l’onde fraîche…

Retour vers l’auberge, car la voiture est à l’ombre, sur le parking privé… D’autres surprises attendent la badaude…

Bref, un hameau où il fait visiblement bon vivre, et qui ne déborde pas de touristes…

Visite interrompue par l’heure… il reste encore quelques kilomètres pour arriver à Nice, où nous attend le Gesu… mais c’est une autre histoire…

Les charmes de l’Auvergne

Nous en étions resté-e-s, dans le récit de la « descente » vers Nice, au bord de la Sioule, dans un château qui en domine un méandre. La route se poursuit tranquillement le long de la rivière, qui s’offre aux pêcheurs, randonneurs, nageurs et amateurs de kayak ou canoë, pour leur plus grand plaisir, visiblement. Et l’on découvre, au détour d’un virage, l’impressionnant viaduc des Fades.

« Fada », en occitan, c’est la « fée ». Et des légendes circulent autour du pont, qui était, semble-t-il, au moment de sa construction, entre 1901 et 1909, le plus haut du monde, avec des piles de 92 mètres de haut. Un petit détour pour aller chercher de l’essence dans un bourg sur le plateau… et l’occasion de se souvenir que l’on est le 14 juillet. J’aurais pu aller boire l’apéritif avec l’équipe municipale et les pompiers auprès de cette belle église.

« Elle appartient à la période de transition (fin du XIIème) entre le roman auvergnat et les constructions cisterciennes, période où « des novateurs commencent à introduire des formes étrangères dans les églises qu’ils élèvent ».
On voit apparaître des éléments nouveaux: forme polygonale remplaçant la forme circulaire dans le plan du choeur et des chapelles absidiales, mais surtout l’arc brisé employé aux voûtes et aux grandes arcades
. » (source: site du bourg)

Je n’avais pour ma part jamais vu de « monument aux morts » comme celui de l’église de Saint Gervais d’Auvergne. La photo est ratée, mais je vous la montre quand même.

Une petite anecdote? Je demande à un passant où trouver du carburant, car le petit bourg ne semblait pas en recéler. Il me dit « A la grande maison grise, là », en me désignant effectivement une demeure « ordinaire ». Je pense qu’il se moque de la touriste que je suis, mais m’y rends quand même… Et découvre un petit supermarché… avec des pompes, effectivement! Le plein fait, direction le vaste lac de barrage (400 hectares), dont les sites vantent les plages.

Pour vous aider à vous retrouver, voici une carte où sont entourés les différents sites. Menat (pont roman) et Saint-Rémy du Bosc (château Rocher), présentés dans l’article précédent, le viaduc des Fades et Saint-Gervais d’Auvergne, dont je viens de vous parler, puis le lac des Fades et Les Ancizes-Comps, où nous allons arriver…

L’heure tourne, et je n’ai pas prévu de quoi déjeuner. Un 14 juillet à 13 heures, peu de magasins ouverts. Surtout dans une campagne désertée par les commerces… Vite, trouver un restaurant. Il y en a plusieurs autour du lac, mais, au téléphone, la réponse est partout identique : pas de places. L’un d’entre eux, où je m’arrête, est quasi vide. Mais même réponse!

En descendant vers le lac, une enseigne avait retenu l’attention « La Vieille Ferme« . Donc, remontée pour la retrouver. Appel. Ton aimable (ça change!) : « Oui, si vous ne venez pas trop tard » (il est 13h30 déjà). Une petite ville sans grand intérêt architectural. Une vaste place presque déserte, si l’on excepte une petite terrasse de café. Une maison semblant très ordinaire. Mais qui cache les restes d’une ancienne ferme, et une terrasse/jardin bien au calme.

J’en profite pour déguster une incroyable fondue au Saint Nectaire, accompagnée d’un Châteaugay, pour varier les crus auvergnats!

Après un tel repas, comme il fait bien chaud, une sieste s’impose… Mais où? J’avais repéré l’annonce d’une abbaye dans les environs… En général, elles étaient implantées près de sources et de rivières, et avaient donné lieu à des essartages, donc offrent des espaces boisés. Direction donc la Chartreuse du Port-Sainte-Marie.

Et quelle belle découverte! Effectivement, les lieux sont idyllique, et je m’offre une belle sieste sous les frondaisons…

… avant d’aller découvrir le site de cette chartreuse fondée en 1219 par Raoul et Guillaume de Beaufort.

« La légende raconte que Guillaume étant à la chasse, il vit Saint Bruno lui apparaître et lui demander de fonder un monastère de son ordre sur le lieu de cette vision. Ce lieu, dit Confinéal était situé aux confins des paroisses de Chapdes-Beaufort, de Comps et de Miremont. Véritable désert entouré de montagnes et de forêts à un carrefour de rivières, le site correspondait à l’esprit de solitude et de méditation exigé pour l’installation d’une chartreuse. Comme le rappellent les Statuts : « Que nulle maison ne puisse être acceptée, si ce n’est dans un lieu conforme, correct et éloigné de toute présence humaine ».

Je ne vais pas vous narrer toute l’histoire, vous la trouverez détaillée sur le site tenu par une association dynamique.

Il reste hélas peu de choses des différents bâtiments, ni même du cimetière des lieux. Mais quelques beaux éléments, ou des murets…

Ce jour-là, une animation pour les enfants (mais les parents semblent aussi bien en profiter!) autour de l’écologie. Il n’y a cependant pas foule…

Hélas pas le temps d’effectuer une visite guidée par les membres bénévoles de l’association, dont un visiteur me dit qu’elle est remarquablement bien documentée.L’après-midi est déjà bien entamé…

Cependant il fait chaud, et j’ai envie de plonger dans de l’eau fraîche. Je me souviens
qu’on m’emmenait me baigner, enfant, au paisible lac d’Aydat.

Direction donc ce lac. Un vrai choc! Une marée de voitures et d’humains en rend quasi-inaccessibles les rives. Et l’ambiance allie la folie des Champs-Elysées un jour d’événement à la surpopulation de certaines plages au mois d’août! Même pas
tenté un arrêt. Vite, demi-tour. Comment peut-on gâcher ainsi un tel site???

Maintenant, direction Saint-Nectaire. L’heure du concert approche…

 

 

 

Paris Nice… en 3 jours! Etape 3 : les gorges de la Sioule

En roulant vers la Sioule, le premier jour de ce petit périple, je m’étais aperçue que

  1. Nous étions le 13 juillet
  2. L’Auvergne n’était pas loin

Or mes ami-e-s de la Chorale Philomèle, dont je vous ai déjà parlé, m’avaient dit, lors de leur dernier concert, qu’une tournée était prévue en Auvergne en juillet. Me voici donc consultant leur site Internet. Effectivement : 13 juillet, Brioudes; 14 juillet, Saint Nectaire.

Le nom de cette ville ne vous est sans doute pas inconnu. Pour les un-e-s, il évoque le fromage. Pour d’autres, une église. Et pour les plus âgé-e-s, peut-être, des cures. Car les eaux de Saint Nectaire étaient réputées, depuis l’Antiquité, pour leurs vertus curatives. Et les sources ne manquent pas, comme en atteste ce relevé.

Débit et température des principales sources
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Nom de la sourceDébit / 24hTempératureLieu d’exploitation
Source du Rocher1 512 hectolitres43,7 °CÉtablissement du Mont-Cornadore (Saint-Nectaire le Haut)
Source du Mont-Cornadore720 hectolitres41 °CÉtablissement du Mont-Cornadore (Saint-Nectaire le Haut)
Source du Gros-Bouillon720 hectolitres37,5 °CBains Romains (Saint-Nectaire le Bas)
Grande source Boëtte432 hectolitres46 °CBains Boëtte (Saint-Nectaire le Bas)
Source du Parc72 hectolitres19 °CÉtablissement du Mont-Cornadore (Saint-Nectaire le Haut)
Grande source RougeÉtablissement du Mont-Cornadore (Saint-Nectaire le Haut)
Petite source Rouge86 hectolitres18 °CÉtablissement du Mont-Cornadore (Saint-Nectaire le Haut)
Source Saint-Césaire40,9 °CBains Boëtte (Saint-Nectaire le Bas)
Source des Dames19 °CBains Boëtte (Saint-Nectaire le Bas)
Source Intermittente25 °CÉtablissement du Mont-Cornadore (Saint-Nectaire le Haut)
Source de la Coquille26 °CBains Romains (Saint-Nectaire le Bas)
Source MorangeÉtablissement du Mont-Cornadore (Saint-Nectaire le Haut)
les 3 sources des Fontaines RougesEau consommée sur place dans un quatrième établissement à Saint-Nectaire le Bas

A la grande époque du thermalisme, le village devint un important centre thermal, où l’on soignait essentiellement les maladies rénales et le diabète. Pourquoi vous parler de cela, alors que nous étions en train d’évoquer le chant? Pour vous faire comprendre les raisons de ce retard sur la route de Nice. Car, ce que vous ignorez, c’est que j’ai passé 10 ans de vacances en ces lieux, mon frère malade devant y faire des cures tous les ans…
Des amis… une chorale… des souvenirs d’enfance… et l’envie de revoir les lieux, et en particulier la superbe église et sa Vierge noire… Sans compter le dolmen qui fut sans doute à l’origine de mon intérêt pour les mégalithes… Il n’en fallait pas plus pour provoquer ce détour. Or, il y a moins de 90 km en route directe entre Chouvigny et cette destination. De quoi laisser le temps pour faire « du tourisme ».

D’abord, profiter des belles gorges de la Sioule… Première direction : Menat.

Aller voir le pont roman dont m’avait parlé la veille au restaurant un couple de frères cyclistes, originaires du coin.

« Il aurait été implanté sur l’ancienne voie romaine d’Augustonemetum (Clermont-Ferrant antique) à Aquae Nerii (Néris-les-Bains antique). Bâti au XIIe siècle, il était au Moyen Âge le seul passage sur la Sioule entre Ébreuil et Châteauneuf-les-Bains. Cette rivière était alors une voie de pénétration entre l’Auvergne (historique) et le Bourbonnais. » (source)

La chaussée n’a pas changé, mais le pont supporte toujours jusqu’à deux tonnes! Pour ma part, j’ai préféré le traverser à pied… Sous les piles, les truites narguent les humains…

La berge est accueillante, et les riverains cultivent visiblement un certain art de vivre…

De l’ancien moulin, il ne reste que le bief, malheureusement.

Les fleurs abondent, et la sécheresse semble loin…

Un dernier regard au pont qui a si bien survécu au temps…

En plaçant cette photo, j’ai réalisé une grande différence avec celle qui a été prise de l’autre côté. Des recherches m’ont permis de comprendre pourquoi :

« La travée de la rive gauche a été emportée par une crue au XVIIIe siècle et ne fut reconstruite qu’au début du XXe siècle. » (source)

Il a donc un bon et un mauvais profil!

Ensuite, une bonne grimpette à pied pour gagner le château médiéval aperçu au loin.

Tout un ensemble d’affiches andragogiques expliquent les travaux entrepris sur ce site.

Vue à presque 360 degrés sur les environs, et la Sioule est visible en amont comme en aval.

L’un des plans présentés sur le site permet de reconstituer l’itinéraire de ce début de matinée : les haltes sont entourées de violet…

L’Hospice Saint Roch

J’étais en train de vous narrer la visite de l’Hospice Saint Roch, et en étais restée à la Salle des Hommes. Car oui, en ce temps-là, la mixité n’était pas de mise chez les patient-e-s, et encore moins les chambres particulières! Les lits étaient alignés dans de vastes espaces, et, dans le meilleur des cas, séparés par des rideaux. On imagine le fond sonore!

Pour distraction, la religion, et encore la religion.

On comprend la tête de Marie-Madeleine!

On est loin de la petite Vénus du musée, dans son temple symbolique…

Certain-e-s allaient tagguer les murs voisins…

Car, côté lecture, ils et elles n’étaient pas gâté-e-s : juste la possibilité de tenter de comprendre la lignée des rois de Judée…

Bon, bien sûr, les canards étaient plus jolis que les bouteilles d’eau en plastique!

Je vous fais grâce des vitrines présentant tous les instruments de torture, comme les scies à amputer… et passe directement à la pharmacopée. A l’époque, les étagères des apothicaires étaient bien plus belles que celles de nos actuels vendeurs de drogues industrielles!

Et leurs officines faisaient beaucoup plus « sérieux »! On imagine Monsieur Homais…

Mais tout cela ne donne qu’une envie : sortir, respirer, profiter de la nature et du Soleil, malgré les nuages…

Paris-Nice en… 3 jours! Etape 1 : le musée d’Issoudun

Comment mettre trois jours pour « descendre » de Paris à Nice? Il suffit d’aimer musarder… et visiter… ce que j’ai fait durant ces trois derniers jours…

Première destination : le musée d’Issoudun. Drôle d’idée, me direz-vous? Eh non, c’était mûrement réfléchi, pour une fois! Le magazine Beaux-Arts permet, chaque année, de prendre connaissance des expositions de l’été. Parmi celles-ci, cette année, une exposition dans cette ville. Et pas n’importe quel artiste : Zao Wou Ki. L’un de mes peintres préférés. Alors, pourquoi à Issoudun? Parce que Françoise Marquet, l’épouse du peintre et sa légataire universelle contestée, a fait don au Musée de cette ville d’une partie importante des oeuvres de son génie de mari.

Je m’attendais à un « petit musée de province ». Que nenni!

L’ancien Hospice a été revisité. Une partie encore historique, avec des objets de cet environnement de la médecine du temps jadis. Des jardins superbement enjolivés par des statues… Et une impressionnante aile moderne, qui abrite diverses expositions, dont celle qui retrace l’oeuvre de Zao Wou Ki.

Commençons, si vous le voulez bien, par l’Hospice… Le voici dans son écrin de verdure, ceint par des ondes tranquilles…

Pénétrons dans la cour, qui abrite un jardin… « de curé », bien sûr…

Après avoir grimpé des marches vraiment « rapiécées », nous voici face au Patron de ces lieux… le même, coïncidence amusante, qui protège le quartier de ma résidence niçoise : Saint Roch.

Dans un premier temps, nous découvrons des plans, dessins, statues, objets qui retracent l’histoire de la cité depuis les temps les plus reculés, à savoir la Préhistoire. Je vous fais grâce des photos de pierres taillées, et vous propose un petit florilège, sans prétention aucune ni à l’exhaustivité ni même à une forme de logique…

J’ai été séduite par ces clés, comme par les sceaux exposés un peu plus loin…

Un clin d’oeil à mon ami Jean-Claude Boudier, qui fut le premier à m’expliquer comment on moulait un bronze…

Et un autre à un autre ami, Geoffroy Ferroni, qui arpente depuis des décennies les chemins de Saint Jacques…

Un plan attire l’attention, pour l’expression utilisée en lieu et place du bête « Légende » de nos jours : « Table de renvois pour l’intelligence du plan »… c’est mieux, non?

Nous arrivons maintenant dans la partie plus « religieuse », avec la Salle des Hommes et les superbes arbres de Jessé, dont vous apercevrez une petite partie au fond à gauche…

Ayant promis de ne plus écrire d’articles longs, je finirai celui-ci par le bâton de procession de la confrérie des maçons et tailleurs de pierre… je vous épargne celui des bouchers, une vraie « boucherie » : la Saint Barthélémy!

L’Eglise Saint Jacques du Haut Pas

Encore une église dont j’ignorais l’existence, à Paris! Vous en avez eu un aperçu hier, lorsque je vous narrais le concert auquel j’avais assisté. La photo de l’ensemble choral laisse deviner la pureté des lignes et la sobriété de cet édifice qui n’est pas encore gothique, bien que construit assez tardivement.

Un panonceau situé devant l’édifice en explique l’histoire singulière.

L’aspect épuré m’a particulièrement séduite. Et j’ai été intriguée de voir autant de clés de voûte, malgré la date assez tardive de ce bâtiment.

Une lumière incroyable y pénètre grâce à la transparence des vitraux, dont peu sont colorés. Il était déjà près de 21 heures quand ces photos ont été prises…

Assez peu de mobilier, aussi. La chaire semble s’envoler vers les cieux en une spirale symbolique..

Et les orgues sont d’une sobriété remarquable.

Et Saint Jacques est bien présent, sous forme d’une belle statue de pierre du XIVème siècle.

L’univers fascinant de la batellerie

J’ai déjà eu maintes occasions, sur ce blog, d’évoquer les péniches, et encore davantage les écluses. Normal, pour une enfant ayant grandi entre les bords de Sambre et le port du Tréport…

Faisant dernièrement route vers le Sud, j’ai choisi un léger détour pour aller pique-niquer sur les rives de l’Aisne. Après petite étude sur le net, j’avais jeté mon dévolu sur un village dénommé Berry-au-Bac. Car je ne sais si vous avez déjà remarqué cela, mais, très souvent, les lieux où se situaient jadis des bacs ne manquent pas de charme ou de curiosités.

Et je n’ai pas regretté! C’est en ces lieux la jonction de la rivière avec le canal de l’Aisne à la Marne.

A croire qu’un génie avait tout prévu pour ma halte de déjeuner: une table sur un promontoire herbeux, pile à la jonction des deux cours d’eau.

J’ai emprunté la première photo à un blog où vous trouverez des traces de la riche histoire du lieu et de la triste Côte 108. Sur la seconde, vous admirerez l’herbe fraîchement coupée et en imaginerez le délicat arôme…

Une péniche passant l’écluse dans le sens canal-rivière, et une autre attendant pour passer dans l’autre sens, ce qu’elle fit ensuite.

Et ça, ce n’est pas évident. En effet, le gabarit du tunnel pour accéder à l’écluse est strictement adapté à la largeur des péniches de type Freycinet (voir article dédié à ce sujet).

La petite maisonnette que vous voyez sur ces photos est un ancien café, tenu par Monsieur Brasseur. Celui-ci a pris sa retraite, le café est fermé. Mais il s’intéressait toujours à la batellerie lorsqu’un article de l’Union lui était consacré.

« Chez les Brasseur, le Café de la Marine, c’est une histoire de famille. Christian l’a tenu durant plus de 40 ans. Auparavant, c’était son père Albert qui était aux commandes, et quelques années avant, c’était ses grands-parents. Aussi, même si aujourd’hui Christian est à la retraite, il ne s’imagine pas une seule seconde vendre son commerce et déménagé. « « Chez les Brasseur, le Café de la Marine, c’est une histoire de famille. Christian l’a tenu durant plus de 40 ans. Auparavant, c’était son père Albert qui était aux commandes, et quelques années avant, c’était ses grands-parents. Aussi, même si aujourd’hui Christian est à la retraite, il ne s’imagine pas une seule seconde vendre son commerce et déménager ».

Car il tenait aussi un magasin d’accastillage…

Je tenterai prochainement de placer quelques-unes des séquences vidéo que j’ai prise, relatant de difficile passage d’écluse…

Traces (tout aussi fugaces?)

Nous étions ensemble hier au pied de la falaise de Mers-les-Bains… Alors, continuons la promenade, si vous le voulez bien, pour observer d’autres traces…

Je fus intriguée par des raies non rectilignes (a-t-on le droit d’adjoindre ces deux termes???) tracées sur le sable, alors que la mer venait juste de découvrir la plage, déserte depuis le retrait des ondes…

Qui avait pu ainsi laisser trace de son passage? Pas un humain à l’horizon… Mais un petit point attira mon attention, et je m’approchai…

Qui déambulait? Un petit vignot, alias vigneau, alias littorine… Ce que parfois ailleurs on nomme « bigorneau » : « Le bigorneau, petit gastéropode, du provençal bigorne, ressemble à une petite enclume. C’est le vigneau de Normandie. — (Éric Barré, Mers et marins en France d’autrefois, Éd. Archives et culture, 2004) »

Et il n’était pas seul à fendre courageusement l’étendue sableuse…

Procession ? Rencontre ? Poursuite amoureuse ? Je vous laisse imaginer…

Les ruisselets dûs au retrait des eaux laissent aussi de beaux dessins sur la plage. Jugez-en vous-même.

S’il n’y avait pas l’eau, on pourrait imaginer un paysage lunaire…

Mais regarder au loin re-situe les lieux : on aperçoit un phare. Point de phare sur l’astre lunaire, à ma connaissance… C’est celui du Tréport, que vous avez pu voir en noir et blanc voici quelques temps, parmi mes « essais ».

Traces de vie, donc, dans le lointain, qui contrastent avec l’étendue déserte devant moi et aux « restes rongés » de la superbe falaise.

Sans tous ces petits êtres qui animent ciel et plage, ce serait un paysage de fin du monde. Car en levant la tête vers le sommet de la falaise, on aperçoit des restes d’habitat humain, comme ceux d’une superbe demeure que mon oncle rêvait d’acheter quand il était jeune, et dont vous avez pu voir la photo dans un de mes textes portant sur les balades mersoises.

Un autre bâtiment ne va pas tarder à rejoindre le bas. Car le « carré » sombre que l’on aperçoit un peu plus loin n’est autre qu’un blockhaus, trace de la Seconde Guerre Mondiale, qui va bientôt s’effondrer sur le sable comme celui qui orne maintenant la vaste plage de sable proche de la Baie de Somme.

Nous voici revenu-e-s au point de départ, car vous retrouvez ici « l’exposition » dont je traitais hier. A propos, qui parmi vous pourrais m’expliquer pourquoi cet épi métallique est intact au large, mais de plus en plus érodé quand on s’approche de la terre?

Clin d’oeil à Verlaine

En saisissant cette image, je songeais à Verlaine « Le ciel est par-dessus le toit »…

Mais c’est un autre poème de lui que je préfère vous rappeler maintenant, en cette nuit de pleine lune…

La lune blanche
Luit dans les bois ;
De chaque branche
Part une voix
Sous la ramée…

Ô bien-aimée.

L’étang reflète,
Profond miroir,
La silhouette
Du saule noir
Où le vent pleure…

Rêvons, c’est l’heure.

Un vaste et tendre
Apaisement
Semble descendre
Du firmament
Que l’astre irise…

C’est l’heure exquise.