Alors qu’il s’est passé une semaine depuis, je poursuis la visite de la cathédrale de Saint Pol de Léon, pour vous faire découvrir de petites merveilles…
Dans le choeur, des stalles. Beaucoup de stalles. 16 d’un côté, 17 de l’autre, sur deux rangées. Si vous comptez bien, cela fait 66. Les stalles hautes jouissent d’un dossier à baldaquin. L’ensemble date du 16ème siècle. Mais ce n’est ni pour l’histoire ni pour les mathématiques que je vous en parle, mais pour leur extraordinaire richesse iconographique.
Comme on le voit sur la photo précédente, mais aussi sur la suivante et d’autres, de nombreux graffitis ne peuvent être datés, et leur sens n’est pas vraiment évident.
Leurs concepteurs s’en sont donné à coeur joie. Certes, on s’attend à des motifs religieux. Et il y en a. Peu. Essentiellement des personnages.
Mais on s’attend moins à un bestiaire varié.
Et l’Ardennaise en moi a été ravie de voir l’animal emblématique de la région d’origine!
Bien sûr, le Dragon est présent.
J’ai particulièrement apprécié l’aspect réaliste, voire caricatural, de certains personnages. En voici quelques-uns…
On découvre enfin des scènes difficiles à interpréter.
J’expliquais dans mon précédent article que je le poursuivrais par deux autres. Voici donc le deuxième, que je consacrerai au fondateur légendaire de la ville, Saint Pol.
Kantik sant Paol
Sant Paol, patron benniget Hor bro gaer a Leon Ni’fell d’eomp oll ho karet Kennerzit hor c’halon Enn hon touez ho relegou ‘Zo hor brasa tenzor Evel gwechal hon tadou Ni rento d’eo henor
Saint Paul, patron vénéré de notre beau pays de Léon Nous voulons tous vous aimer Raffermissez nos coeurs Parmi nous, vos reliques sont notre plus grand trésor Comme autrefois nos pères Nous leur faisons honneur.
Kristenien vad Bro Leon En enor d’an Dreinded Ha da sant Paol, hor Paeron Hon tad meurbed karet Holl kanomp mil meuleudi Karantez ha bennoz Ra vo d’eomp-ni eun dudi E veuli deiz ha noz.
C’houi, hor patron benniget Diouallit ac’hahomp Er iec’hed hag er c’hlenved, Ouz-oc’h en em bedomp Keit a ma vezo reier Var bord aochou Leon, Grit ma vo nerzuz, tener, Ar feiz enn hor c’halon.
Je n’ai pas trouuvé la traduction des des deux dernières strophes. Si quelqu’un peut m’aider?
Je ne sais pourquoi on le désigne par un nom plus complet : Pol Aurélien. Peut-être pour le distinguer du Paul romain?
Vous aviez remarqué le dragon sous les pieds de la statue? C’est à cet animal si symbolique que je vais consacrer la suite… Mais continuons au préalable avec la vie du Saint, en particulier la cloche censée lui avoir été apportée par un poisson (d’avril?). Une autre version raconte qu’elle aurait été découverte dans le ventre d’un poisson présenté comme mets lors d’un repas.
Trois verrières sont consacrées à des épisodes de cette vie de légende. La première, à son entrée dans la « ville morte ».
La seconde le montre intimidant un superbe taureau (pour quelqu’une qui est du signe du Taureau pour les Occidentaux et du Dragon pour les Chinois, un homme à fuir!)
La troisième est bien sûr consacrée au terrassement du dragon, sur l’Ile de Batz toute proche.
La biographie de Pol Aurélien a été écrite par un moine au 9ème siècle. Cela donne des repères, même si l’on sait que l’on ne peut accorder tout crédit à ce type de Vita.
« D’après l’hagiographie, la Vie de Paul Aurélien, écrite en 884 par le moine Uurmonoc de l’abbaye de Landévenec1, Paul Aurélien serait un moine venu du Pays de Galles pour évangéliser le territoire des Osismes vers 525. Il aurait été le premier évêque de la ville, peut-être une abbaye-évêché sur le modèle irlandais. » (article fort bien documenté de Wikipédia)
Sa tombe est située devant le maître-autel.
Le dragon est représenté sur le mobilier funéraire de la cathédrale. Par exemple, sur le tombeau de Roland de Neufville (évêque de 1562 à 1613… ça fait 51 ans!!! pas mal, non?)
Un autre exemple : le tombeau de René de Rieux, évêque qui lui a succédé, monument provenant de l’abbaye du Relec.
Je n’ai pas réussi les photos des autres tombeaux, et vous devrez me croire sur parole. Seule la position de la lance varie…
Laissons là le Monstre et son Vainqueur, et dirigeons-nous vers les stalles pour admirer le travail et l’humour des menuisiers et (ou?) ébénistes… Mais ce sera l’objet d’un autre texte… A bientôt!
Après une agréable nuit sur la Baie de Morlaix, direction la ville. Pas question de quitter le coin sans être allée rendre visite à cette Gloire Bretonne de jadis, dont j’ai tant entendu parler. J’avais emprunté, la veille, à l’accueil du camping, un ouvrage pour me cultiver. Mais je dois bien avouer que je ne l’ai pas lu en entier!
Partons donc à la découverteUn joyeux bric-à-brac jouxte le théâtre catholique…
Le monument aux morts a un petit côté nationaliste (mais breton).
Le bar du coin fait référence à Robin des Bois….
… mais les bières quittent la Bretagne des Romans de la Table Ronde pour revenir au Pays Bigouden, pourtant loin de Saint Paul… et de Carhaix d’ailleurs.
Bien sûr, première destination, la cathédrale. N’oublions pas que cette ville fut le siège d’un des sept évêchés de Bretagne! La paroisse actuelle correspond à un doyenné de jadis, avec ses 19 « clochers », comme on dit.
« Le haut Léon est la partie occidentale de l’ancien évêché du Léon, dont la capitale était Saint Pol de Léon, ( en breton Kastell Paol ). Il s’étend entre la côte des légendes et le pays de Morlaix. Posées sur le littoral du Finistère, les communautés de la paroisse Saint Paul Aurélien du haut Léon sont implantées sur une terre fortement rurale mais qui possède également une facade maritime importante. La paroisse s’étend de la communauté de Tréflez à l’ouest, à celle de Locquénolé à l’est. »
Comme il y a beaucoup à dire sur la ville, je me propose de scinder mon propos en trois parties : les « étonnements », les « dragons », et « autres découvertes ». Commençons donc par ce qui m’a étonnée, en visitant la cathédrale.
« La cathédrale St Paul-Aurélien est en fait l’ancienne cathédrale du diocèse du Léon, lequel fut supprimé lors de la révolution française en 1790, seul restant le diocèse de Quimper. Cet imposant édifice de style gothique et d’influence normande a été construit entre le 13ème et le 16ème siècle. Ses fondations reposent sur les ruines d’une précédente église romane du 12ème siècle. La nef du 13ème siècle a été bâtie en pierre de Caen, ce qui est inhabituel pour la région. Le reste de l’édifice est en granit. L’abside, le chœur et les chapelles latérales datent des 15ème et 16ème siècles. » (source)
Entrons donc dans l’édifice.
En premier lieu, ce damier qui rend l’orgue si original.
Evidemment, le damier noir et blanc m’a poussée à faire des recherches sur le facteur d’orgue. Venu d’outre-Manche, le Stuartiste Dallam s’est réfugié dans la ville de Morlais, toute proche, et, durant son séjour, a conçu plusieurs orgues, dont celui-ci. Mon hypothèse s’est révélée confirmée par un article du Télégramme, faisant référence à des recherches que je n’ai hélas pas trouvées en ligne.
« Des travaux récents d’un jeune docteur en musicologie et histoire de l’art ont révélé à ce sujet un document de taille : le grand orgue de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon, cet extraordinaire instrument, serait, sans doute, l’un des témoins les plus éloquents et le moins discutable des idées maçonniques circulant dans l’entourage de la reine Henriette d’Angleterre, la mystérieuse veuve du symbolisme maçonnique, suivant certains auteurs. »
« Pour rappel, les historiens font remonter la fondation des premières loges sur le territoire français à l’installation au château de Saint-Germain de la cour des rois anglais catholiques Stuarts en exil, en 1649. Autour d’Henriette de France, fille d’Henri IV et veuve de Charles Ier d’Angleterre, décapité à l’instigation de Cromwell, et de ses deux fils qui régneront successivement sous le nom de Charles II et Jacques II, les fidèles catholiques écossais et irlandais dissimulaient derrière le secret maçonnique leurs agissements politiques en vue du rétablissement de la monarchie catholique en Grande-Bretagne. Après le retour de Charles II, à Londres, et le rétablissement de la monarchie anglaise sur le trône, en 1660, Robert Dallam rentra en Angleterre, et c’en fut provisoirement fini, en France, des relations de la musique et de la franc-maçonnerie. »
Les Dallam sont facteurs d’orgue de père en fils. Le père de Robert, Thomas Dallam, est à l’origine des orgues de Westminster et d’une partie de Canterbury. Outre la Bretagne, Robert a oeuvré à York, Oxford et Londres. Et son fils, Charles, est resté en Bretagne, où on lui doit de nombreux instruments.
Mes « étonnements » furent de divers ordres. Commençons par ce que je n’avais jamais vu ailleurs.
Au-dessus de l’autel, comme une grosse clochette florale. Qu’est-ce?
Visiblement, je ne suis pas la seule à l’ignorer, car un panonceau bien placé apporte les explications souhaitées.
Une liste des défunts et défuntes de l’année, mise en évidence par une sorte de petit retable.
Puisque nous parlons de mort, voici une autre source d’étonnement, pour ne pas dire d’effroi…
35 boîtes, sous forme de chapelles surmontées d’une croix, dans lesquelles sont placés des crânes, identifiés et datés. L’ensemble porte le beau nom d’ « Etagères de la Nuit ».
Mais laissons le côté sombre, pour parler de lumière… La cathédrale est astucieusement éclairée de lumière jaune qui mettent en relief architecture et décors.
Avez-vous déjà essayé de trouver un camping en Bretagne (plus précisément non loin de Morlaix), un 5 août, à partir de 17h30? Une vraie gageure! Statistiques personnelles : un tiers ne répond pas au téléphone; un tiers précise par répondeur interposé qu’il ferme à 18h; et le dernier tiers, qui répond enfin, est complet… J’ai quand même fini, après une demi-heure d’efforts, par obtenir une réponse positive, à Saint Pol de Léon.
Voilà qui tombe bien : je ne me suis jamais arrêtée dans cette ville! L’accueil ferme à 19h, pas une minute à perdre (au sens vrai du terme : Waze annonce une arrivée à 18h59). Mais quand même rassurée par la voix qui me précise qu’on peut avoir le numéro de l’emplacement au bar…
Un endroit inattendu : un promontoire sur la plage de Sainte Anne, caractérisée par une longue languette s’avançant dans la Baie de Morlaix. Un emplacement tranquille, bien à l’abri du vent… et des voisins fort aimables habitant… à quelques kms de Mers-les-Bains, à Bouttencourt!
Installation faite, reste à trouver à manger… pas de pain au camping, ni de petite restauration. Tant pis, ce sera resto… Il y en a 4 en bord de plage, pas difficile! Petite marche, donc. Et analyse des cartes et menus. Puis appels. D’abord, celui qui tente le plus. « Complet ». Et l’on continue… Tous « complets »! On nous conseille d’aller en ville. Mais il y a plus de 3kms, et il est déjà fort tard pour une région où l’on dîne traditionnellement assez tôt. Il ne reste plus que le resto-plage, Effet-Mer. Pour des raisons liées au droit à l’image, je n’ai pas pris la photo de l’ensemble. En voici une empruntée au site Restaurant Guru.
Une terrasse sympa, en bordure de sable.
Un accueil tout aussi sympa, mais… « On n’a plus rien ». Je n’y crois pas et insiste. « On a recommandé 30kgs de moules cet après-midi, et tout a été liquidé en un rien de temps ce soir ». J’insiste à nouveau « Même pas un petit encornet? ». « Non, plus rien ». Devant mon air désespéré, les serveurs se concertent. « On pourrait à la limite vous faire un steak haché frites ». Et voilà comment on se retrouve devant une bière, un steak haché et des frites, à 21h, en laine polaire, en plein mois d’août!
Mais pas de regrets. Les gens sont très aimables, convives comme serveurs, et la musique est bien choisie. Lynurd Skynyrd, par exemple…
Stéphane Gilet entre les deux Nicolas, en salle et aux fourneaux. (emprunt au Télégramme). Je parlais entre autres des « Deux Nicolas », les deux autres personnes rencontrées ne sont pas sur cette photo
La bière est bonne… Et l’on m’offre même un Calva! Pourquoi? Apparemment, ils n’ont pas l’habitude qu’on aide en débarrassant sa table… et ça les a fait bien rire. Et puis, j’avais demandé un Lambig, et me suis fait traiter de « touriste ». Avec le sourire, bien sûr!
Bref, une super soirée qui avait pourtant bien mal commencé…
Je pressentais qu’il y avait un coin spécifique à découvrir, mais où se trouvait-il? Laissons faire l’intuition… Et elle a bien fait!
D’abord, en me faisant longer des murs qui auraient pu être sinistres s’ils n’étaient ornés de gigantesques enluminures, comme faites par des moines géants…
Intriguée par un bout d’arche, et les escaliers que j’apercevais au loin, je décidai d’aller voir…
… et fus accueillie par une oeuvre pleine d’humour…
En haut des marches, un espace incroyable : des jardins, des remparts, une tour, un chemin de ronde, des sculptures, des fleurs, et une mixité de personnes se promenant ou assises sur les bancs et sur l’herbe. Ces jardins sont visiblement le refuge des jeunes Avranchinaises et Avranchinais qui cherchent à échapper aux regards des adultes! Mais il y a aussi des touristes de tout âge et de langues diverses… Il faut dire que c’est un espace hors du temps!
Les commentaires apportés sur cette statue ne laissent pas indifférente celle dont le frère a subi l’une des premières greffes du rein, avec l’organe d’un jeune homme brutalement décédé, généreusement donné par une famille remarquable…
Les points de vue sur la ville sont aussi divers que variés…
… et je n’ai pas résisté à l’envie de faire des photos de toits. Rassurez-vous, je ne vous en infligerai qu’une.
Mais qu’aperçoit-on au-dessus de certains d’entre eux?
Le Mont Saint Michel et sa baie, bien sûr!
Quelques vues aussi sur la campagne environnante…
Pas envie de quitter ces lieux, mais le temps passe… Descente donc par une petite porte, pour arriver à la Case Prison.
Un vaste espace vert attire le regard, en particulier par une sorte d’arche métallique. Qu’est-ce?
Le rappel d’un passé pas si lointain que cela : sur ce promontoire s’élevait jadis une cathédrale romane des 11 et 12èmes siècles, malheureusement effondrée suite à des travaux au 18ème. Un modeste pavé, sur le chemin, l’évoque également.
Une petite sieste sur une sorte de « chaise longue » en bois, face au Mont Saint Michel…
Hélas il est temps de regagner le véhicule qui m’attend sagement sur le parking d’un supermarché… J’ai retracé pour vous le chemin parcouru. Vous verrez qu’il ne couvre qu’une partie de la ville… Il y a donc bien d’autres découvertes à faire dans cette ville si discrète.
Il faut reprendre la route, la Bretagne m’attend… Je me promets de revenir pour poursuivre la visite, et surtout aller découvrir les trésors du Sriptorial, où ont été placées les archives du Mont.
Je suis passée une centaine de fois au pied de cette ville, et, si j’y suis « montée » une fois, voici bien longtemps, je n’y avais jamais fait halte. Alors, hier, petit détour depuis l’autoroute. Au départ, pour aller acheter du pain afin de pique-niquer en bord de baie. Et finalement, une visite agréable et de belles surprises. Premier objectif : aller enfin voir ce qu’est cette « pointe » aperçue depuis l’autoroute, à chaque passage…
Et par la même occasion, découvrir une placette ornée d’oliviers et de lavande.
Et y déjeuner au son de l’eau déversée par une belle fontaine.
Le tout, en face du clocher que l’on voit de si loin et qui m’intriguait depuis toujours. Une église dédiée aux mêmes saints que celle du 4ème arrondissement, proche d’un de mes repaires à Paris (l’Ebouillanté, dont je vous ai déjà parlé) : Saint Gervais Saint Protais.
Un petit restaurant au nom amusant « Chez Wiwi », une carte tentante, deux toutes jeunes filles très souriantes et pleines d’entrain. De quoi s’arrêter pour un repas en terrasse. Il ne fait pas très chaud, mais pas très froid non plus. Plat un peu décevant, malgré une certaine recherche, mais ce n’est pas grave. Et quand la pluie survient, aucun problème : l’auvent est bien étanche! Un petit Sauvignon… un café… et vous devinez le digestif. Un Calva, bien sûr: nous sommes dans la région de production! Bref, le temps passe agréablement, surtout que le soleil est revenu. Et il est déjà presque 15 heures quand commence la balade suggérée par l’Office du tourisme, visité le matin.
D’abord, l’église, bien sûr. Qui en réalité est une Basilique, pardon! Je m’en doutais : je n’aime pas son style.
Mais elle ne manque pas d’intérêt.
On y est accueilli-e par un mignon Saint Michel qui joue au Menaçant…
Des étonnements dans les travées, comme cette statuette (un évangéliste?) égarée à même le sol…
… le visage travaillé de ce prélat (abus de vin de messe?)…
… deux personnages qui se font des politesses brodées…
et ce banc fermé, réservé… aux produits ménagers!
Les rides creusées par le temps ont été provisoirement comblées, mais, en l’absence de Botox, non réparées.
Un appel aux dons est d’ailleurs fait pour la restauration de la Basilique, et, en écrivant ce matin, je découvre qu’il est relayé par la Fondation du Patrimoine.
Direction maintenant : les Trésors.
Le crâne percé de Saint Aubert (et pas Saint Ovaire, comme j’avais entendu le matin de la bouche de la dame étrangère qui officiait à l’Office!) est effectivement intrigant.
Un regard aux autres « trésors »…
… aux belles grilles évoquant d’autres boissons que cidre et Calvados…
… et à la Basilique au style néoclassique (vive le roman!)
… pour arpenter les ruelles, non dénuées de charme. Pas aussi « uniformes » que dans certaines villes touristiques. Mais plus authentiques.
Un peu triste de constater que, visiblement, les autorités locales n’ont pas réussi à sauver certains édifices.
Mais, par contre, d’autres ont été bien conservés, restaurés, et leur environnement grandement améliorés. La Place du Marché en est un exemple.
C’est le cas aussi de la Maison Bergevin et de ses magnifiques jardins aux sculptures surprenantes : des livres, et une symbolisation du don d’organes (les « Passeurs »)…. J’y reviendrai dans un prochain texte… A bientôt!
Après une belle nuit à écouter le murmure du Courançon, dont je viens d’apprendre que le véritable nom de cet affluent de la Couze Chambon est le « Fredet », départ vers Nice… destination du jour, obligations urgentes. Mais on ne se refait pas, et la grande majorité du trajet se fera tranquillement. Certes, malgré l’envie, pas de pause à Murol, dont le château est encore plus impressionnant en contrejour.
Mais un arrêt « pélerinage », encore, au lac Pavin avant qu’il ne soit pris d’assaut par les touristes. Mes parents nous y emmenaient souvent, et j’ai toujours apprécié son cadre si particulier de cratère, et la couleur incroyablement vert/bleu de ses eaux. Hélas, les nuages obscurcissent ciel et onde…
Puis poursuite de la route parmi les contreforts verdoyants des monts d’Auvergne, qui jouent avec les nuages.
Petit bout de Cantal, petit bout de Lozère, et maintenant les Cévennes. Encore un coin que j’aime beaucoup. La recherche d’auberge conduit… à des menhirs !
Je commence à marcher dans le vent qui adoucit la température, mais m’aperçoit qu’il faut deux heures pour faire ce circuit. Il faut donc renoncer, et redescendre vers la vallée du Tarn et Florac. J’ai repéré sur Internet l’Auberge cévenole. Et elle vaut le léger détour par le Prunet. Une patronne accueillante, des tables disposées sur les petites terrasses, parfois en léger dévers, et le long de l’auberge elle-même.
Voici quelques photos prises de ma place.
Je vous recommande particulièrement l’aligot, mais les autres plats, aux dires des client-e-s, sont apparemment tous aussi bons. Et les desserts, non négligeables!
La lumière jour avec le verre, et j’en profite pour saisir quelques instantanés, dont voici un exemple.
L’intérieur est simple et chaleureux.
Il y a même le petit cochon pour recueillir les pourboires… bien mérités, notamment, par une jeune serveuse pleine de dynamisme et d’humour, bien peu « classique »!
Les échanges avec la « patronne » nous apprennent que le cuisinier n’est autre que son propre fils. Le travail se fait donc en famille!
Ayant vu passer une famille en maillot de bains, sur le chemin qui sépare l’auberge des terrasses, je demande s’il est possible de se baigner dans le coin. On nous explique que oui, il y a une plage juste à côté. Direction donc l’eau… pas question d’une baignade, mais au moins se tremper les jambes, cela fera du bien! Une petite marche dans le hameau montre qu’il recèle des surprises.
Enfin les bords de la rivière… un petit pont à traverser, et me voici dans l’onde fraîche…
Retour vers l’auberge, car la voiture est à l’ombre, sur le parking privé… D’autres surprises attendent la badaude…
Bref, un hameau où il fait visiblement bon vivre, et qui ne déborde pas de touristes…
Visite interrompue par l’heure… il reste encore quelques kilomètres pour arriver à Nice, où nous attend le Gesu… mais c’est une autre histoire…
Nous en étions resté-e-s, dans le récit de la « descente » vers Nice, au bord de la Sioule, dans un château qui en domine un méandre. La route se poursuit tranquillement le long de la rivière, qui s’offre aux pêcheurs, randonneurs, nageurs et amateurs de kayak ou canoë, pour leur plus grand plaisir, visiblement. Et l’on découvre, au détour d’un virage, l’impressionnant viaduc des Fades.
« Fada », en occitan, c’est la « fée ». Et des légendes circulent autour du pont, qui était, semble-t-il, au moment de sa construction, entre 1901 et 1909, le plus haut du monde, avec des piles de 92 mètres de haut. Un petit détour pour aller chercher de l’essence dans un bourg sur le plateau… et l’occasion de se souvenir que l’on est le 14 juillet. J’aurais pu aller boire l’apéritif avec l’équipe municipale et les pompiers auprès de cette belle église.
« Elle appartient à la période de transition (fin du XIIème) entre le roman auvergnat et les constructions cisterciennes, période où « des novateurs commencent à introduire des formes étrangères dans les églises qu’ils élèvent ». On voit apparaître des éléments nouveaux: forme polygonale remplaçant la forme circulaire dans le plan du choeur et des chapelles absidiales, mais surtout l’arc brisé employé aux voûtes et aux grandes arcades. » (source: site du bourg)
Je n’avais pour ma part jamais vu de « monument aux morts » comme celui de l’église de Saint Gervais d’Auvergne. La photo est ratée, mais je vous la montre quand même.
Une petite anecdote? Je demande à un passant où trouver du carburant, car le petit bourg ne semblait pas en recéler. Il me dit « A la grande maison grise, là », en me désignant effectivement une demeure « ordinaire ». Je pense qu’il se moque de la touriste que je suis, mais m’y rends quand même… Et découvre un petit supermarché… avec des pompes, effectivement! Le plein fait, direction le vaste lac de barrage (400 hectares), dont les sites vantent les plages.
Pour vous aider à vous retrouver, voici une carte où sont entourés les différents sites. Menat (pont roman) et Saint-Rémy du Bosc (château Rocher), présentés dans l’article précédent, le viaduc des Fades et Saint-Gervais d’Auvergne, dont je viens de vous parler, puis le lac des Fades et Les Ancizes-Comps, où nous allons arriver…
L’heure tourne, et je n’ai pas prévu de quoi déjeuner. Un 14 juillet à 13 heures, peu de magasins ouverts. Surtout dans une campagne désertée par les commerces… Vite, trouver un restaurant. Il y en a plusieurs autour du lac, mais, au téléphone, la réponse est partout identique : pas de places. L’un d’entre eux, où je m’arrête, est quasi vide. Mais même réponse!
En descendant vers le lac, une enseigne avait retenu l’attention « La Vieille Ferme« . Donc, remontée pour la retrouver. Appel. Ton aimable (ça change!) : « Oui, si vous ne venez pas trop tard » (il est 13h30 déjà). Une petite ville sans grand intérêt architectural. Une vaste place presque déserte, si l’on excepte une petite terrasse de café. Une maison semblant très ordinaire. Mais qui cache les restes d’une ancienne ferme, et une terrasse/jardin bien au calme.
J’en profite pour déguster une incroyable fondue au Saint Nectaire, accompagnée d’un Châteaugay, pour varier les crus auvergnats!
Après un tel repas, comme il fait bien chaud, une sieste s’impose… Mais où? J’avais repéré l’annonce d’une abbaye dans les environs… En général, elles étaient implantées près de sources et de rivières, et avaient donné lieu à des essartages, donc offrent des espaces boisés. Direction donc la Chartreuse du Port-Sainte-Marie.
Et quelle belle découverte! Effectivement, les lieux sont idyllique, et je m’offre une belle sieste sous les frondaisons…
… avant d’aller découvrir le site de cette chartreuse fondée en 1219 par Raoul et Guillaume de Beaufort.
« La légende raconte que Guillaume étant à la chasse, il vit Saint Bruno lui apparaître et lui demander de fonder un monastère de son ordre sur le lieu de cette vision. Ce lieu, dit Confinéal était situé aux confins des paroisses de Chapdes-Beaufort, de Comps et de Miremont. Véritable désert entouré de montagnes et de forêts à un carrefour de rivières, le site correspondait à l’esprit de solitude et de méditation exigé pour l’installation d’une chartreuse. Comme le rappellent les Statuts : « Que nulle maison ne puisse être acceptée, si ce n’est dans un lieu conforme, correct et éloigné de toute présence humaine ».
Il reste hélas peu de choses des différents bâtiments, ni même du cimetière des lieux. Mais quelques beaux éléments, ou des murets…
Ce jour-là, une animation pour les enfants (mais les parents semblent aussi bien en profiter!) autour de l’écologie. Il n’y a cependant pas foule…
Hélas pas le temps d’effectuer une visite guidée par les membres bénévoles de l’association, dont un visiteur me dit qu’elle est remarquablement bien documentée.L’après-midi est déjà bien entamé…
Cependant il fait chaud, et j’ai envie de plonger dans de l’eau fraîche. Je me souviens qu’on m’emmenait me baigner, enfant, au paisible lac d’Aydat.
Direction donc ce lac. Un vrai choc! Une marée de voitures et d’humains en rend quasi-inaccessibles les rives. Et l’ambiance allie la folie des Champs-Elysées un jour d’événement à la surpopulation de certaines plages au mois d’août! Même pas tenté un arrêt. Vite, demi-tour. Comment peut-on gâcher ainsi un tel site???
Maintenant, direction Saint-Nectaire. L’heure du concert approche…
En roulant vers la Sioule, le premier jour de ce petit périple, je m’étais aperçue que
Nous étions le 13 juillet
L’Auvergne n’était pas loin
Or mes ami-e-s de la Chorale Philomèle, dont je vous ai déjà parlé, m’avaient dit, lors de leur dernier concert, qu’une tournée était prévue en Auvergne en juillet. Me voici donc consultant leur site Internet. Effectivement : 13 juillet, Brioudes; 14 juillet, Saint Nectaire.
Le nom de cette ville ne vous est sans doute pas inconnu. Pour les un-e-s, il évoque le fromage. Pour d’autres, une église. Et pour les plus âgé-e-s, peut-être, des cures. Car les eaux de Saint Nectaire étaient réputées, depuis l’Antiquité, pour leurs vertus curatives. Et les sources ne manquent pas, comme en atteste ce relevé.
Débit et température des principales sources ___
Nom de la source
Débit / 24h
Température
Lieu d’exploitation
Source du Rocher
1 512 hectolitres
43,7 °C
Établissement du Mont-Cornadore (Saint-Nectaire le Haut)
Source du Mont-Cornadore
720 hectolitres
41 °C
Établissement du Mont-Cornadore (Saint-Nectaire le Haut)
Source du Gros-Bouillon
720 hectolitres
37,5 °C
Bains Romains (Saint-Nectaire le Bas)
Grande source Boëtte
432 hectolitres
46 °C
Bains Boëtte (Saint-Nectaire le Bas)
Source du Parc
72 hectolitres
19 °C
Établissement du Mont-Cornadore (Saint-Nectaire le Haut)
Grande source Rouge
—
—
Établissement du Mont-Cornadore (Saint-Nectaire le Haut)
Petite source Rouge
86 hectolitres
18 °C
Établissement du Mont-Cornadore (Saint-Nectaire le Haut)
Source Saint-Césaire
—
40,9 °C
Bains Boëtte (Saint-Nectaire le Bas)
Source des Dames
—
19 °C
Bains Boëtte (Saint-Nectaire le Bas)
Source Intermittente
—
25 °C
Établissement du Mont-Cornadore (Saint-Nectaire le Haut)
Source de la Coquille
—
26 °C
Bains Romains (Saint-Nectaire le Bas)
Source Morange
—
—
Établissement du Mont-Cornadore (Saint-Nectaire le Haut)
les 3 sources des Fontaines Rouges
—
—
Eau consommée sur place dans un quatrième établissement à Saint-Nectaire le Bas
A la grande époque du thermalisme, le village devint un important centre thermal, où l’on soignait essentiellement les maladies rénales et le diabète. Pourquoi vous parler de cela, alors que nous étions en train d’évoquer le chant? Pour vous faire comprendre les raisons de ce retard sur la route de Nice. Car, ce que vous ignorez, c’est que j’ai passé 10 ans de vacances en ces lieux, mon frère malade devant y faire des cures tous les ans… Des amis… une chorale… des souvenirs d’enfance… et l’envie de revoir les lieux, et en particulier la superbe église et sa Vierge noire… Sans compter le dolmen qui fut sans doute à l’origine de mon intérêt pour les mégalithes… Il n’en fallait pas plus pour provoquer ce détour. Or, il y a moins de 90 km en route directe entre Chouvigny et cette destination. De quoi laisser le temps pour faire « du tourisme ».
D’abord, profiter des belles gorges de la Sioule… Première direction : Menat.
Aller voir le pont roman dont m’avait parlé la veille au restaurant un couple de frères cyclistes, originaires du coin.
« Il aurait été implanté sur l’ancienne voie romaine d’Augustonemetum (Clermont-Ferrant antique) à Aquae Nerii (Néris-les-Bains antique). Bâti au XIIe siècle, il était au Moyen Âge le seul passage sur la Sioule entre Ébreuil et Châteauneuf-les-Bains. Cette rivière était alors une voie de pénétration entre l’Auvergne (historique) et le Bourbonnais. » (source)
La chaussée n’a pas changé, mais le pont supporte toujours jusqu’à deux tonnes! Pour ma part, j’ai préféré le traverser à pied… Sous les piles, les truites narguent les humains…
La berge est accueillante, et les riverains cultivent visiblement un certain art de vivre…
De l’ancien moulin, il ne reste que le bief, malheureusement.
Les fleurs abondent, et la sécheresse semble loin…
Un dernier regard au pont qui a si bien survécu au temps…
En plaçant cette photo, j’ai réalisé une grande différence avec celle qui a été prise de l’autre côté. Des recherches m’ont permis de comprendre pourquoi :
« La travée de la rive gauche a été emportée par une crue au XVIIIe siècle et ne fut reconstruite qu’au début du XXe siècle. » (source)
Il a donc un bon et un mauvais profil!
Ensuite, une bonne grimpette à pied pour gagner le château médiéval aperçu au loin.
Tout un ensemble d’affiches andragogiques expliquent les travaux entrepris sur ce site.
Vue à presque 360 degrés sur les environs, et la Sioule est visible en amont comme en aval.
L’un des plans présentés sur le site permet de reconstituer l’itinéraire de ce début de matinée : les haltes sont entourées de violet…
J’étais en train de vous narrer la visite de l’Hospice Saint Roch, et en étais restée à la Salle des Hommes. Car oui, en ce temps-là, la mixité n’était pas de mise chez les patient-e-s, et encore moins les chambres particulières! Les lits étaient alignés dans de vastes espaces, et, dans le meilleur des cas, séparés par des rideaux. On imagine le fond sonore!
Pour distraction, la religion, et encore la religion.
On comprend la tête de Marie-Madeleine!
On est loin de la petite Vénus du musée, dans son temple symbolique…
Certain-e-s allaient tagguer les murs voisins…
Car, côté lecture, ils et elles n’étaient pas gâté-e-s : juste la possibilité de tenter de comprendre la lignée des rois de Judée…
Bon, bien sûr, les canards étaient plus jolis que les bouteilles d’eau en plastique!
Je vous fais grâce des vitrines présentant tous les instruments de torture, comme les scies à amputer… et passe directement à la pharmacopée. A l’époque, les étagères des apothicaires étaient bien plus belles que celles de nos actuels vendeurs de drogues industrielles!
Et leurs officines faisaient beaucoup plus « sérieux »! On imagine Monsieur Homais…
Mais tout cela ne donne qu’une envie : sortir, respirer, profiter de la nature et du Soleil, malgré les nuages…