En allant vers le Luxembourg… la rue des Ecoles

En ce dimanche de mai, j’ai décidé d’aller voir l’exposition sur les Nabis au Luxembourg. Me voici donc en route, cheminant par la rue des Ecoles.

Camino caminando

J’aime cette phrase qui représente pour moi la Vie, faite d’apprentissages permanents et de découvertes incessantes… Et, comme mes pas me conduisent souvent par la Rue des Ecoles, il y a une con-jonction que j’apprécie.

Je ne résiste pas au plaisir de citer quelques vers de Machado

Caminante, son tus huellas
el camino y nada más;
Caminante, no hay camino,
se hace camino al andar.
Al andar se hace el camino,
y al volver la vista atrás
se ve la senda que nunca
se ha de volver a pisar.
Caminante no hay camino
sino estelas en la mar.

Marcheur, ce sont tes traces
ce chemin, et rien de plus ;
Marcheur, il n’y a pas de chemin,
Le chemin se construit en marchant.
En marchant se construit le chemin,
Et en regardant en arrière
On voit la sente que jamais
On ne foulera à
nouveau.
Marcheur, il n’y a pas de chemin,
Seulement des sillages sur la mer.

Traduction de José Parets-LLorca (Source)

Vous pouvez voir le poème entier et entendre son interprétation musicale par Joan Manuel Serrat ici.

Ave, Bel Eminescu

Comme je le fais toujours, je salue au passage le poète roumain… Quelqu’un lui a-t-il offert des fleurs aujourd’hui? Non, il est dépouillé et toujours aussi jeune, beau et romantique…

Pe cararea-n bolti de frunze,
Apucand spre sat în vale,
Ne-om da sarutari pe cale,
Dulci ca florile ascunse.

Extrait de Floare Albastra (Source)

Bleu de Perse

Le bleu et le vert sont mes couleurs préférées… Il faudra d’ailleurs que je vous explique pourquoi je les relie toujours, et en ai trouvé écho en langue bretonne… Comme, par ailleurs, j’ai flirté avec la Perse dans mes lectures classiques, et rencontré pas mal d’artistes iranien-ne-s à Paris ces dernières années – sans compter que ma chirurgienne-dentiste est aussi Iranienne -, l’expression « Bleu de Perse » me parle triplement… Or il se trouve qu’une boutique ainsi nommée vient de s’ouvrir au numéro 38 de la rue des Ecoles, pour ma plus grande joie.

C’est le pied!

Je ne résiste pas à l’envie de vous poser l’énigme du jour… dont vous connaissez sans doute la réponse… Qui est celui ou celle dont on ne cire qu’une chaussure?

Plaisirs des mots… « Tintinnabuler »

Je ne sais pas si cela vous intéressera, lecteur, lectrice qui gaspillez votre temps à me lire, mais j’ai envie de vous faire partager aussi le bonheur que, depuis ma plus tendre enfance, me procurent les mots.

Alors je commence par celui dont j’ai fait un jeu : essayer de l’employer au maximum, pour le faire revivre. Car ce mot est quelque peu tombé en désuétude, et rares sont les fois où il est prononcé dans la vie courante. Il sonne pourtant si joliment !

« Tintinnabuler »…

Prononcez-le, et vous verrez s’embellir le moment…

« Tintinnabuler »…
Comme les glaçons dans un verre, comme les bouteilles dans un panier, comme les clochettes des animaux dans les alpages…
Evocation d’univers cristallin. De bulles légères. D’air pur et frais.

Où l’ai-je appris? entendu ou vu pour la première fois? Je l’ignore…
Il est présent en littérature, certes…

Le CNRTL cite par exemple Le Capitaine Fracasse de Théophile Gautier :

« Deux robustes chevaux de labour harnachés fort proprement, avec colliers peinturlurés et clarinés de grelots qui tintinnabulaient le plus agréablement du monde au pas ferme et régulier de ces braves bêtes (Gautier, Fracasse, 1863, p. 182). « 

Tiens, « clarinés », c’est un joli mot aussi. Et totalement oublié, celui-là, non?

Il cite également une des mes auteures fétiches, Colette :

 » L’esprit d’un jeune matelot, habitué invisible et espiègle, qui, revenant à jours fixes, s’enfermait dans l’armoire à vaisselle pour y faire tintinnabuler tasses et soucoupes (Colette, Chambre d’hôtel, 1940, p. 196) « 

On apprend qu’il existe un autre verbe, « tintinnuler », de sens voisin. Mais j’aime moins, car l’évocation de « bulle » et « buller » disparaît.

Bien sûr, Sherlock Holmette est allée en rechercher aussitôt l’étymologie… « Tintinnabulum », en latin, désignait un ensemble de clochettes, qui donc produisait ce type de sonorités. En cherchant une image libre de droit d’un tel objet (je n’en ai pas en réserve!), je suis tombée sur celle-ci… Que le lecteur/la lectrice prude me pardonne…

Tintinnabulum ithyphallique
British Museum

Faites vous-même une recherche sur des images à partir du mot, et vous verrez que ce n’est pas le seul cas où l’objet évoque autre chose que ce que j’en disais plus haut! Mais on en trouve de plus convenables, par exemple au Pérou.

Image extraite d’un article relatant un débat scientifique, en 1888, sur le tintinnabulum

Utilisation religieuse ou pas… Voilà qui a fait couler beaucoup d’encre. Et ce dont, franchement, on se moque un peu quand on utiliser le verbe français.
Mais je n’ai toujours pas l’étymologie, à ce stade de l’enquête… Mes recherches m’entraînent sur des chemins de traverse, tel ce chapitre de livre, en accès libre, dont la présentation vaut le détour, à propos du Tintinnabulum Naturae

Un livre à découvrir… (Photo du blog Les Livres de Philosophie)

Je me suis promis de trouver l’ouvrage et vous en rendrai compte, si vous le voulez. J’aime bien la référence de l’auteur « Un solitaire de Champagne »… On revient aux bulles!
Quant à l’étymologie… facile, en lien avec deux verbes qui n’ont d’autre signification que de renvoyer… aux sons… On tourne en boucle!

A propos de sons… Le verbe « tintinarre » a inspiré une chanson bien loin du tintinnabulement! Comment en est-on arrivé à un tel hiatus? En passant par une phrase du fondateur de Playboy, Hugh M. Helfer : « Si non oscillas, noli tintinarre » (les latinistes et amateurs d’italien remarquent la double erreur d’orthographe, n seul et r redoublé), gravée sur une plaque, peinte sur une verrière… Mais c’est une autre histoire…

Oublions tout cela, revenons à l’essentiel et prononçons ce mot : « tintinnabuller »… aussi bien que Graeme Allwright

Un air frais, un cristal pur, un entrechoquement de choses légères…

Le Tour du Monde en 80 jours

Une étrange idée pour un dimanche ensoleillé !

Jamais je n’aurais pensé aller voir cette pièce, tant le titre évoque pour moi de longues heures face à des élèves qui ne comprenaient pas plus que moi pourquoi elles et ils étaient obligés de disséquer un livre considéré par ces ados comme poussiéreux… rares étaient ceux et celles qui aimaient Jules Verne, et il fallait toute la mise en scène de l’enseignante – actrice pour leur faire apprécier l’ouvrage… ou tout au moins quelques extraits… Aussi étais-je dans l’expectative en rejoignant l’ami qui m’y avait poussée… puis en constatant qu’une grande partie du public était constituée de familles « nombreuses » – les parents avaient-ils donc une progéniture si abondante ou certains s’étaient-ils sacrifiés pour emmener les enfants des autres avec les leurs, assurant ainsi aux autres une marge de liberté pour se retrouver en couple?

Un lieu étrange…

Le théâtre de la Tour Eiffel – que je ne vous situerai pas, vous trouverez si vous êtes perspicace ! – n’existe que depuis peu. Il a pris la place du théâtre Adyar, dont vous trouverez le faire-part de décès sur Facebook en date du 13 décembre 2016.

Pourquoi « étrange »? Par sa situation, dans l’immeuble qui abrite le siège français de la Société Théosophique. Vous ne connaissez pas? Mais si… Et si la mémoire ne vous revient pas, voici la présentation qui en est faite sur son site 6 – je cite:

 » La Société Théosophique est un groupement non sectaire dont les buts sont:
 1)      Former un noyau de la Fraternité Universelle de l’Humanité sans distinction de race, credo, sexe, caste ou couleur ;
2)      Encourager l’étude comparée des religions, des Philosophies et des Sciences ;
3)      Etudier les lois inexpliquées de la Nature et les pouvoirs latents dans l’homme.
La Théosophie est la Sagesse qui soustend toutes les religions, au-delà de leurs dogmes et superstitions.
Sa devise : IL N’Y A PAS DE RELIGION SUPERIEURE A LA VERITE »

Les éditions Adyar étaient aussi hébergées à cet endroit… Normal, puisque leur objet est de – je cite encore – « faire connaître l’enseignement théosophique ».

Bien, vous avez maintenant compris l’origine de l’ancien nom de ce théâtre… Il est temps d’en venir au présent, non sans avoir admiré la façade « art nouveau » de cet imposant immeuble sis au numéro 4 dans le square Rapp. Clin d’oeil de l’histoire, soit dit en passant, car le Général Rapp s’était d’abord orienté vers des études théologiques pour devenir pasteur!

4 Square Rapp
Paris 7ème

Et, si vous allez square Rapp, n’oubliez pas de regarder aussi le plus discret numéro 3, un immeuble de l’architecte Lavirotte, dont je reparlerai un peu plus loin…

Une pièce délirante

Comme je le disais, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre… et je ne me serais de toute façon pas attendue à ce que j’ai vu.

Le site annonçait certes ceci :
« Le tour du monde en 80 jours, c’est une comédie en 80 fous rires.
C’est le mariage fou entre OSS117 et les Monty Python. 
C’est la traversée délirante des 4 continents et de tous les océans du monde.
Ce sont 5 acteurs complètement cinglés. 
C’est le premier spectacle flashé à 210 sur l’autoroute.
 »

Et j’avais du mal à y croire… Eh bien, pour une fois, la publicité n’a pas trop menti… Spectacle délirant, acteurs engagés dans des dialogues fous qui renvoient au texte initial tout en se faisant l’écho de l’actualité, morceaux de bravoure dont on ne sait jusqu’à quel point ils sont improvisés, mise en jeu des spectateurs… Et des inventions intéressantes dans la mise en scène elle-même. Bref, un excellent moment…

Dommage pour vous, il n’est plus à l’affiche de ce lieu depuis fin avril.

Mais la Compagnie Sébastien Azzopardi le joue au théâtre des Mathurins à partir du 16 mai, d’après mes informations… Et vous pourrez toujours aller voir le Square Rapp et ses environs, dont un autre article traitera.


Instantanés

J’aime à saisir l’instant… Il peut être drôle, émouvant, saisissant… C’est pourquoi j’ai décidé d’appeler ainsi une des rubriques de ce blog, afin de pouvoir partager ces « instants » saisis avec mon Iphone. L’éphémère pérennisé… le personnel diffusé…

Une rubrique-à-brac moins élaborée que celle qui a réjoui mes trajets d’étudiante…

Cela fait longtemps que je « fige » le fugace… Et peut-être un jour en ferai-je quelque chose… Mais construire… A quoi bon? Pour l’instant, je choisis de les faire simplement « figurer » en fonction des rencontres. La question qui se pose est dès lors « texte ou no comment? ». Au fait, pourquoi vouloir établir une règle? Foutu esprit cartésien et perfectionnisme idiot cultivé par toute une éducation et des années d’études sorbonnardes… Laissons-nous aller au gré de l’envie…

Pour commencer, quelques petites séries de photos prises ces derniers temps. Et, pour une fois, une forme de classement ?E

Bars et cafés

Bar poli
Le Bistrot Saint André Mers-les-Bains
Un peu de philo…
Le Loco Loco
Villefranche-sur-Mer

La vie des Autres

« Mais non, je ne te traite pas de haut! »
Tant pis pour Christina Cordula !

J’aime à « saisir » les personnes…

Non pour me moquer d’elles, mais parce que je me questionne en permanence sur leur vie, leurs pensées, leurs choix…