Edmond

Une scène montée sur une autre scène… Séquence totalement symbolique, qui suffirait presque à caractériser la pièce que j’ai vue hier soir… Presque, seulement. Car si elle reflète bien l’idée d’écrire sur la conception d’une pièce, elle ne suffit pas à rendre compte du foisonnement de ce à quoi j’ai assisté hier.

Foisonnement et rythme.

Ce sont les deux mots qui me viennent à l’esprit spontanément quand je revis ce que j’ai vu.

Foisonnement d’idées pour « expliquer » la genèse de Cyrano de Bergerac – la pièce, pas l’homme évidemment -, foisonnement de personnages pour jouer toute la phase de conception, puis la première représentation et le contexte dans lequel elle a été jouée, contre vents et marais, foisonnement de références historiques et littéraires.

Rythme très enlevé la plupart du temps, mais avec des ralentissements évoquant la solitude de l’écrivain, plume à la main. Pas tout à fait solitaire cependant, puisque son épouse dort dans le lit voisin… autre ralentissement du rythme, d’ailleurs.

Les actrices et acteurs apparaissent, disparaissent, virevoltent et parfois se posent pour quelque tirade ou simplement « solo », comme dans un air de jazz endiablé. Ils se saisissent des objets, les enlèvent, en replacent, faisant évoluer les décors à une vitesse étonnante. Je défie quiconque de dire combien de « scènes » il y a dans cette pièce – combien de « décors » autrement dit, tant ils ont changé tout au long du spectacle.

Les personnages joués par les acteurs évoluent, eux aussi, à un rythme surprenant, qui « raccourcit » le temps. Ce temps est pourtant bien présent par le « narrateur », l’un des rôles de l’un des acteurs. Eh oui, certains passent d’un rôle à l’autre, ajoutant au foisonnement, certes, au rythme, aussi, mais également à la confusion des temporalités et des fils narratifs. Cela en deviendrait épuisant si nous n’y prenions pas autant de plaisir – le « nous » est volontaire, car j’ai observé la salle et le plaisir des spectatrices et spectateurs, d’une diversité, notamment d’âge et d’apparence, qui m’a surprise en un tel lieu.
A propos de lieu, le Théâtre du Palais Royal m’a paru particulièrement adapté à cette pièce. Mais je me suis demandé pourquoi elle n’était pas jouée dans le lieu de sa création, à savoir le Théâtre Saint Martin de la Porte Saint-Martin. D’autant que la pièce d’Edouard Baer dont j’ai parlé dans un autre article fait écho à cette anecdote en lien avec la proximité d’un second théâtre. En effet, dans celle-ci un acteur quitte le théâtre voisin pour arriver sur la scène de l’autre. Et, dans Edmond, c’est Sarah Bernhardt qui accélère le rythme de son jeu, puis ne se plie pas au jeu des rappels pour se précipiter voir la fin dans le théâtre voisin de celui où elle jouait.

Avant le début de la réprésentation… Mais quel est le début?

Tout dans cette pièce est allusion à ce qui a fait de Cyrano de Bergerac une pièce unique, avec un rôle titre d’ailleurs particulièrement difficile à jouer. Il suffit de lire sa présentation dans Wikipédia – eh oui, pour une fois, ce sera ma référence ! – pour comprendre la mise en miroir, à laquelle s’ajoutent une mise en perspective et une mise en abyme :

«  La pièce est difficile à jouer : elle fait intervenir une cinquantaine de personnages, elle est longue, le rôle-titre est particulièrement imposant (plus de 1 600 vers en alexandrins), les décors sont très différents d’un acte à l’autre et elle comporte une scène de bataille. À une époque où le drame romantique a disparu au profit de dramaturges qui reprennent les recettes de la comédie dans le vaudeville (les Labiche et Feydeau sont toujours à l’affiche) ou de pionniers du théâtre moderne (Tchekhov, Ibsen, Strindberg), le succès en était si peu assuré qu’Edmond Rostand lui-même, redoutant un échec, se confondit en excuses auprès de l’acteur Coquelin, le jour de la générale. La pièce est pourtant un triomphe, et Rostand reçut la Légion d’honneur quelques jours plus tard, le 1er janvier 1898. « 

Lors d’un des rappels… qui ne furent pas aussi nombreux que ceux de la Première de Cyrano de Bergerac

Je reviens à l’idée du foisonnement, quand j’essaie d’analyser les thématiques abordées dans cette pièce. Abordées ou effleurées? Et c’est peut-être là l’une de ses faiblesses… L’articulation art – politique – économie, les guerres d’écoles et genres littéraires, une vision historique du métier d’acteur, les rivalités entre écrivains, les rapports père-fils, mari-femme, financeur-auteur… etc, la place des « petites mains », en l’occurrence costumière, et des « cocottes », comme l’on disait à l’époque dans cet univers si particulier du théâtre, …. la liste serait trop longue, et je vous laisse aller assister à une représentation pour en juger vous-même…

Oser écrire… à propos de tableaux…

Il y a de cela un grand nombre d’années, j’ai écrit à partir de tableaux. Et exposé, en même temps que le peintre. Oser exposer des poèmes en prose, c’est déjà énorme. Mais oser exposer des poèmes écrits à partir de ressentis, sur des oeuvres créées par d’autres, voilà qui me paraissait osé.

Or à ma grande surprise, ces minuscules productions pseudo-littéraires ont plu. Ont plu à l’artiste, ont plu au public. Et ont été données aux acheteurs/euses des tableaux.

Voici que m’a reprise cette envie, au moment où une série de tableaux, peints avec de l’indigo acheté sur les marchés guinéens, a été exposée. Envie de laisser surgir ce qui jaillissait en moi, de moi, lorsque je les regardais.

Ce sont ces six poèmes, écrits à propos de six tableaux de la série « Indigo », qui sont publiés sur ce blog pour la première fois.

L’artiste lui-même a été surpris de « l’interprétation » que je faisais de ses productions. Mais a accepté cette vision si personnelle et intime, donnant un nouveau « sens » à ce qu’il avait peint.

Je ne suis pas une écrivaine. Mais j’aime écrire ce que je ressens, produire à partir de mes émotions, et demande donc aux lecteurs/lectrices de l’indulgence pour la piètre qualité littéraire. C’est le vrai, le pur, l’authentique que j’ai recherchés, pas le travail du style comme l’aurait aimé notre vieux Boileau…

Que vois-je à l’horizon ?

Que vois-je à l’horizon ?

Une oie sauvage échappée de son escadrille ?

Elle fonce elle vole fend l’air et se perd…

Que vois-je à l’horizon ?

Un éclat de deuil dans le bleu du ciel ?

Il rompt l’harmonie de l’azur profond

Il explose et se dissémine dans l’air…

Que vois-je à l’horizon ?

Une vague folle se trompant de mouvement ?

Elle tourbillonne autour des rochers

Elle s’envole vers sa destinée

Elle se perd dans l’éternité…

Que vois-je à l’horizon ?

Une œuvre qui s’expose aux regards inexperts

Harmonie d’indigo

Renforcée par le blanc

Violentée par le noir

Spectacle exhibé à des yeux si pervers…

Transparence

« Quelle belle transparence ! » se disait la Sirène. « Un voile de lumière un voile de douceur »…

Pourtant les flots sont là, ils jaillissent et sombrent…

« Quelle belle transparence ! » répondit le Marin. « Car je vois la Sirène en ce petit matin »…

Pourtant Sirène est morte, morte désespérée

De n’avoir pu marcher…

Pourtant Marin est mort, mort désemparé

De n’avoir su nager…

« Quelle belle transparence ! » s’exclama le Soleil. « Je vais les ranimer »…

Sucrecuitier ?

Un petit plaisir en passant… J’ai appris un nouveau mot hier soir! Jamais rencontré auparavant… Eh oui! en passant devant cette boutique alléchante, j’ai remarqué ce terme sur le bandeau publicitaire, tout en haut, à droite…

Mille questions dès lors… Que pouvait être un « sucrecuitier »? Certes, on peut être « biscuitier », voire « biscuitier outrecuisant », puisqu’il cuit deux fois ses productions. Ou encore « charcutier », comme on aurait pu surnommer le bourreau de Jeanne, cuisant la chair fraîche… Mais « sucrecuitier »? Linguistique, logique et créativité convoquées d’urgence! Et toutes ensemble de préférence !

Imaginons – nous cuire du sucre… Que se passe-t-il ? On obtient du caramel, n’est-ce pas ? Ce serait donc un caramélisateur ? ou un caramélifacteur ? Bon, d’accord, encore des néologismes…

Donc à présent, vite un coup de surf sur le net… Et là, surprise ! Au lieu de voir défiler toutes sortes de (pseudo-) définitions, que constatè-je? Que je ne suis pas la seule que ce terme fait gamberger !

Ainsi, « Mamiefrondeuse » interpelle son lectorat pour lui demander de l’aide à ce sujet.

« Mais qui connaît la signification du mot « sucrecuitier » ? ? ?
Le petit Larousse et Wikipédia ne connaissent pas ……
(et moi jusqu’à il y a quelques jours je ne connaissais pas non plus !)

Il est probable que cela désigne celui que nous appelons le confiseur si j’en juge par l’activité de cette chaine de magasins, et par le voisinage avec le mot « biscuitier ».

Quelqu’un connait-il l’origine de ce mot « sucrecuitier » ?

Certain-e-s évoquent la possibilité de nous en faire baver… comme sur ce blog.

« Sucrecuitier : Mot inconnu du Larousse,sans doute imaginer pour « la cure gourmande » *.A lui tout seul ce mot sent bon le sucre ,le biscuit, les papilles en sont toutes chamboulées. Le sucrecuitier fabrique et cuit le sucre ,il le façonne pour enrober les bonbons et autres berlingots par exemple,mais aussi pour caraméliser les biscuits…C’est ce que nous explique la vendeuse de ce lieu merveilleux. * « La cure gourmande  » c ‘est l’enseigne de plusieurs boutiques en France et à l’étranger,mais c’est dans le sud de la France que sont fabriqués ces produits qui sentent bon le soleil. »

Papotine, quant à elle, est allée consulter des dictionnaires en ligne et interroge les autres participant-e-s d’une liste de discussion sur un site dédié à la langue française.

« À Uzès existe un magasin lumineux et sucré, qui ressemble à la maison d’Hansel et Gretel : il fourmille de bonbons de toutes formes, de toutes sortes, dont mes préférés : des petits radis, carottes, choux-fleurs, poireaux très réalistes en pâte d’amande. Sur la devanture, en grosses lettres peintes à l’ancienne : « Biscuitier  » et « Sucrecuitier« .

Vous l’avez rencontré dans vos dictionnaires ? Le TLFi ne dit rien.« 

Dès lors, pourquoi ne pas s’adresser au responsable de ces questionnements? Et voici ce que, ébahie, j’ai trouvé sur son site.

 » Le travail manuel de l’artisan sucrecuitier permet de donner au sucre cuit un bel aspect brillant et une texture agréable. Loin d’être un simple bonbon, les Choupettes, aussi appelées chiques, font partie de la tradition de la confiserie française et sont une spécialité de La Cure Gourmande. Ces sucettes pour enfants mais aussi pour les plus grands gourmands sont déclinées dans une farandole de saveurs … « 

Pourquoi « ébahie », me direz-vous? Eh oui, vous ne pouvez comprendre ma stupéfaction, car il vous manque une information : adolescente, j’étais surnommée par mes collègues de lycée « Choupette ». Or voici que je découvre la signification de ce terme… Je n’étais pourtant pas en sucre, loin s’en faut ! Encore moins vendue parmi un lot…

Encore un étrange écho… Jamais je n’aurais imaginé que cela pouvait représenter une confiserie! Autant d’années pour l’apprendre… Mais peut-être y a-t-il un autre sens? Espoir…

Donc, résumons-nous… Une enseigne qui choisit d’exploiter ce terme peu usité – si vous voulez en connaître davantage sur leur marketing, on en trouve une étude en ligne … Un mot qui fait couler beaucoup d’encre, enfin, taper sur beaucoup de touches et errer sur le web… Des définitions approximatives… Des errances étymologiques… Beaucoup de pu, finalement, pour cette enseigne!

J’ai fini par trouver une dictionnaire qui, lui, cite le mot et en donne une définition.

Comment l’ai-je découvert? Par l’intermédiaire d’un journal qui l’évoque, et choisit justement « sucrecuitier » comme un exemple de la « résurrection » de certains mots grâce à cet auteur (Sud-Ouest, 2 décembre 2012).

« Dictionnaire Gérard Boutet fait revivre les métiers et savoir-faire d’antan. Un bonheur de mots

Savez-vous ce qu’était un bousou ? Un commis de ferme chargé de curer les bestiaux. Un sucrecuitier ? Un confiseur, que l’on appelait aussi « bonbonneur ». Un javelier ? Un fabricant d’eau de javel artisanale. Un fourmilleur ? Un gagne-petit qui récoltait le couvain des fourmis en forêt. Un chaufournier ? Un ouvrier travaillant à la fabrication de la chaux. Un foinier ? Une personne qui faisait commerce de foin et de fourrage. Un tonnayre ? Un chasseur de gibier d’eau en Aquitaine.

Des noms de métiers et de tâches saisonnières de la paysannerie, de l’artisanat villageois et de la petite industrie, « La France en héritage » en regorge. C’est un « dictionnaire du savoir-faire et des façons de vivre » dans notre pays, entre 1850 et 1970, que l’on doit à Gérard Boutet. Cet Orléanais de 67 ans se définit comme « un écrivain spécialisé dans l’histoire populaire ».

« Glaneur ». Sa matière, il l’a amassée pendant plus de quinze ans, au fil de chroniques écrites dans le journal « La République du Centre ». Dans une démarche de « glaneur », comme il dit, Gérard Boutet s’est nourri de semaine en semaine d’enquêtes de terrain. « J’allais voir les petits vieux et les petites vieilles et goûtais la saveur de leurs mots. »« 

Et voici comment nous en arrivons, par un mot découvert au cours d’une promenade sur l’Ile Saint Louis, en plein Paris du XXIème siècle, à l’idée d’un bonbonneur faiseur de bon-bonheur ?

Elucubration(s)

Il est d’étranges coïncidences… Mais sont-elles réellement des « incidences »? Un lecteur de mon blog m’a fait observer qu’à propos d’ « élucubrations » j’aurais pu penser à Antoine. Antoine, vous connaissez? Pas les jeunes, sans doute… Mais celles et ceux de mon âge s’en souviennent peut-être. Un petit rappel en musique? Mieux, le voici sur scène, avec ses musiciens.. Les reconnaissez-vous? Indice : ils ont fait ensuite une carrière seuls – enfin, ensemble…

J’appréciais particulièrement les deux dernières strophes.

L’une, comme emblème de la « transgression vestimentaire », mais aussi pour le jeu de mots…

 » Si je porte des chemises à fleurs
C’est que je suis en avance de deux ou trois longueurs
Ce n’est qu’une question de saison
Les vôtres n’ont encore que des boutons »

La seconde, pour l’évocation de la bataille que menaient à l’époque les femmes, politiques ou non (Merci, Simone!), mais aussi les jeunes filles, voire les adolescentes (on ne parlait pas encore de pré-ados) dont j’étais…

« J’ai reçu une lettre de la Présidence
Me demandant: « Antoine, vous avez du bon sens
Comment faire pour enrichir le pays ? »
« Mettez la pilule en vente dans les Monoprix »

Sont-ce réellement des « élucubrations »? Moi qui utilise souvent ce terme pour désigner la traduction orale ou écrite de l’écheveau de mes pensées, je le mets en question(s)… Cette chanson, si « légère » paraît-elle, transmets les traces de l’histoire. Certes, pas dans le même esprit que celui des griots, mais quand même… Et je me souviens de la tête de mes parents quand Antoine est passé au milieu d’une émission consacrée aux élections présidentielles… Quand à « fais-toi couper les cheveux », elle fait revivre mon grand-père qui était outré de voir les Beatles avec « leurs cheveux longs »… Si on regarde les photos de l’époque, on les trouve plutôt BCBG…

Mais revenons aux coïncidences… Antoine… ça ne vous dit rien, vous qui avez, bien sûr, lu mon billet sur le spectacle d’Edouard Baer?

Mais oui, Antoine… le nom du théâtre… Au fait, me suis-je dit aussitôt, pourquoi ce nom? Alors je suis allée chercher… Voici ce que dit le site officiel :

 » Le personnage le plus mémorable demeure celui qui donna en finalité son nom au théâtre à savoir André Antoine ; il profita de ce lieu pour instaurer une véritable insurrection artistique : le Théâtre Libre. La vocation de ce mouvement proche des naturalistes demeure la liberté ; le théâtre est conçu comme un fantastique laboratoire où des auteurs délaissés trouvent désormais leur place. De plus, le jeu de l’acteur s’affranchit dorénavant de toute contrainte conventionnelle afin que la mise en scène puisse enfin atteindre son apogée. »

On en revient aux coïncidences et à ce que j’aime à nommer des « échos »… Autrefois à son emplacement se dressait… Le Théâtre des Menus Plaisirs… Voici la chronologie présentée sur le site Les Archives du Spectacle.net

Théâtre des Menus-Plaisirs (Paris) TP [1866-1881]
Comédie Parisienne (Paris) TP [1881-1882]
Théâtre des Menus-Plaisirs (Paris) TP [1882-1888]
Théâtre Libre (Paris) TP [1888-1896]
Théâtre Antoine (Paris) TP [1897…]
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Source : Gallica

Quant au « théâtre libre », le nom est repris maintenant par Jean-Marc Dumontet (lié au théâtre Antoine…) pour le Grand Comedia, à quelques numéros de là…

Mais revenons à nos « élucubrations »… Et bien sûr, un détour par l’étymologie… Fiat lux… Eh oui! On ne peut normalement élucubrer que la nuit. Voilà qui me va, puisque ce blog est sorti de l’écran noir de mes nuits blanches, de la page blanche de mes nuits noires… Par contre, si l’on en croit les dictionnaires, c’est un travail de qualité qui aurait dû naître, un écrit ciselé selon les idées du vieux Boileau « cent fois sur le métier… » Et là, ça coince… je n’élucubre pas. Déception. Quoique… Un autre sens du mot a progressivement vu le jour (oui, je sais, c’est mauvais!). » Production déraisonnable, extravagante. Il y avait dans sa bibliothèque un rayon réservé à la cabale, à la magie noire, aux plus bizarres élucubrations (A. Daudet, Trente ans Paris,1888, p. 71).« 

 » Production déraisonnable, extravagante. Il y avait dans sa bibliothèque un rayon réservé à la cabale, à la magie noire, aux plus bizarres élucubrations (A. Daudet, Trente ans Paris,1888, p. 71).« 

On y est ! Déraisonnable… Evidemment ! Extravagante… Plutôt divagante…

Je me suis demandé s’il existait des ouvrages comportant « élucubrations » dans leur titre… Et oui, il en est. En voici quelques exemples, trouvés sur le net.

« 

ELUCUBRATIONS - GHISLAINE CASSIAT

Observez les couvertures… Qui élucubre? Eh oui… uniquement des femmes…

Même sur le net, ce sont des femmes que je rencontre avec plaisir, sur des blogs dénommés Les élucubrations de Fleur, Du bazar sur mes rayons – Les élucubrations d’une amatrice de lettres éclectique, Lectures et élucubrations de Liliba

J’ai cherché désespérément, aucun auteur – sans e – ne semble se livrer à des élucubrations. Sauf ceci, qui semble valider l’hypothèse du manque de self efficacy (auto-efficacité), n’est-ce pas Monsieur Bandura?

Et puis, il y des auteurs (toujours sans e) de théâtre… On y revient…

Et il faut relier texte et musique pour trouver davantage d’ « élucubreurs« …

Source : HAL Archives ouvertes

Vous ne voyez pas le mot? En haut, à gauche, sous « Souvenirs de Pieu »… Observez bien… Il est… au singulier! Car oui, on peut se contenter d’une élucubration, c’est validé par le CNRTL, qui réfère à l’une des auteures qui ont enchanté mon jeune temps.

 » Je prépare une petite élucubration pas trop sotte, émaillée de citations variées, pour montrer qu’on connaît un peu son Molière; … Colette, Claudine à l’école,1900, p. 201. «