Louxor à Paris

Un édifice dont je n’avais jamais entendu parler! Il a fallu que des amis m’entraînent voir un film pour que je le découvre! Eh oui, c’est un cinéma. Le Louxor. Ce fut, puis ce ne fut plus, mais c’est redevenu un cinéma. Je m’explique.

Le Louxor date d’il y a un siècle. Un cinéma « architecture antique des années 20 », avec, vous l’avez compris je pense, des décors évoquant l’Egypte.

Les mosaïques sont l’œuvre de la fabrique de céramiques Gentil et Bourdet, implantée à Billancourt et très réputée dans les années 1920 et 1930.

L’architecte est discret, alors qu’on lui doit un certain nombre d’édifices dans Paris. Son nom ? Henri Zipcy. Vous pourrez en savoir plus sur lui en lisant cette page.

Envie de visiter? Je vous emmène…

Nous voici sous l’impressionnant porche, qui donne l’impression d’entrer dans un temple égyptien.

Non, non, nous ne sommes pas au bord du Nil, mais bien à Paris, plus exactement à Barbès. Car c’est face à la station de métro du même nom. Auquel est accolé celui de « Rochechouart ». Amusant rapprochement, si l’on pense au couple qu’auraient formé les deux personnes qui ont donné leur nom à cette station, après l’avoir donné aux Boulevards.

Armand Barbès en effet était un militant républicain, farouchement opposé à la Monarchie de Juillet.

Marguerite de Rochechouart de Montpipeau (non, je n’invente pas) était, elle, abbesse. Elle a dirigé l’abbaye de Montmartre – dont il ne reste que l’église Saint Pierre) de 1713 à 1727. Une des descendantes de sa famille n’est autre que la Marquise de Montespan…

Mais revenons à… non, au Louxor. Le film était projeté dans une « petite » salle en sous-sol, qui n’a rien d’exceptionnel. Mais la caissière fort aimable m’a autorisée à visiter la grande salle, beaucoup plus spectaculaire. Jugez-en vous-même…

La salle a peu changé depuis 1922.

Les verrières constituent en elles-mêmes de véritables oeuvres d’art.

Quant aux fauteuils, ils sont comme jadis recouverts d’un velours dont le rouge est assorti à des éléments du décor.

Profitant de l’autorisation accordée, je décidai de monter pour tenter de voir la terrasse dont j’avais vu la publicité sur le net. En effet, elle abrite un café, hélas ouvert seulement le soir. Mais à ma grande surprise, l’espace n’était pas clos comme je m’y attendais, et je pus ainsi visiter un salon accueillant une exposition de photographies.

La terrasse était également ouverte, et j’en profitai à loisirs. D’abord, pour admirer l’architecture et les décors.

Puis pour jouir d’une vue superbe sur les environs, avec en toile de fond la basilique.

Le métro passe tout près, comme vous pouvez le voir. Il n’a guère changé depuis l’inauguration de la ligne 2 en 1908.

Le temps vint de redescendre, bien à regret. Un dernier regard à un étrange oeil-de-boeuf…

Et le revoici, vu de l’escalier intérieur.

Une photo de 1931 montre que les oeils-de-boeuf étaient occultés par des figures égyptiennes.

En 1953, certains décors sont masqués par des affiches.

Un autre oeil-de-boeuf, situé un peu plus bas, me fit penser à une petite conférence donnée par une de mes amies, qui se reconnaîtra à travers de petit clin d’oeil (c’est le cas de le dire!)

Si vous souhaitez en savoir plus sur le Louxor, alias Palais du Cinéma, un livre a été écrit sur son histoire.

A défaut de livre, le site de l’association Les Amis du Louxor vous fera revivre son sauvetage.

Ne négligeons pas les hommes!

J’ai traité hier des femmes à Dieppe, mais ne soyons pas sexiste, c’est au tour des hommes… (au moment où je boucle cet article, je m’aperçois qu’il y a de drôles de coïncidences. Nous sommes bien le 13 ?)

Un petit jeu : pourquoi vous montrer cette photo?

Si vous avez trouvé, c’est que vous êtes cinéphile, bravo!

Une première catégorie : les artistes. Omniprésents. L’art « officiel » était jadis un univers essentiellement masculin. Peu de femmes dans le catalogue. Mais des noms célèbres, parmi lesquels Renoir.

Vous en avez déjà vu beaucoup dans les articles précédents, Boudin, Blanc… Dans la série des B, il manque Braque. Bien sûr, très présent car ayant vécu dans le coin, comme vous le savez si vous m’êtes fidèle.

Les musiciens ? Oui, un célèbre Normand : Camille Saint Saëns, dont la demeure n’était pas très éloignée. Une pièce en a été reconstituée, avec des objets lui ayant appartenu, dont son piano.

Les hommes du peuple sont étonnamment moins représentés, me semble-t-il, que les femmes. Et quand ils le sont, c’est souvent avec elles.

Peut-être est-ce lié au fait qu’une grande partie d’entre eux étaient souvent absents, pris par la mer (vous savez, comme dans la chanson de Renaud). On peut donc dire que les bateaux les évoque. Et ils sont nombreux dans le musée! En peinture, certes, mais aussi en maquettes.

Difficile de les photographier, car le verre qui les protège reflète trop la lumière. Et c’est dommage. La finesse de certaines d’entre elles est exceptionnelle.

Armateur, marin, soldat… La vie n’était pas simple! J’en arrive à la dernière de ces catégories, avec une énigme : pourquoi trouve-t-on ces mocassins à Dieppe ?

Certes, la finesse des broderies est remarquable, mais cela suffit-il à justifier leur présence ?

J’espère que vous en avez deviné l’origine ? Le Canada, bien sûr. Alors, pourquoi ici, à Dieppe ?

En raison du lien très fort qui unit Dieppois et Canadiens : l’horreur du Raid de Dieppe, ou Opération Jubilee, en août 1942. Un quart au moins des soldats canadiens y ont trouvé la mort et reposent désormais en terre normande… Rien d’étonnant donc qu’une salle soit consacrée au Canada ! Même si on y trouve des choses étranges, comme un oiseau empaillé.

Mais on y rencontre aussi – ce qui me permet de « boucler » – des musiciens.

Apparence bien sévère, mais c’était la mode à l’époque. Dominique Ducharme, décédé en 1899, était organiste, pianiste, et compositeur. Québécois, il est venu à Paris étudier. Mais s’il est ici, c’est qu’il était ami avec Camille Saint-Saëns. Et aussi peut-être parce qu’un de ses homonymes, Dieppois d’origine, est devenu coach de l’équipe junior de hockey du Canada ?

Achille Fortier fut un de ses élèves, également en relation avec le Maître français. Lui aussi a étudié au Conservatoire de Paris. Il cumulait les talents…

« Il se rend en France à l’automne de 1885. Il prend part aux cours de composition d’André Gédalge, qui le prépare pour le Conservatoire de Paris. En 1887, il est candidat au concours musical de la ville de Senlis, où il obtient le prix du jury. En novembre 1889, il devient le premier Canadien admis comme élève régulier au Conservatoire de Paris, dans la classe de fugue et de composition d’Ernest Guiraud, où il a notamment comme condisciples Alfred Bachelet et Victor Staub, futurs compositeurs.

De retour à Montréal en 1890, Fortier enseigne le chant, l’harmonie et le contrepoint à l’asile Nazareth jusqu’en 1906, fonction qu’il exercera de nouveau de 1920 à 1923. Il donne des cours de chant et de composition au couvent des Religieuses du Sacré-Cœur. De 1895 à 1901, il prend en charge les classes de chant et d’harmonie au conservatoire de la Société artistique canadienne. Il est notamment le professeur d’Édouard LeBel et de Joseph Saucier, qui deviendront chanteurs, et de Frédéric Pelletier, futur critique musical.

Fortier s’est produit pour la première fois comme ténor le 29 mars 1891 à l’église Notre-Dame, à Montréal, quand, sous la direction de Couture, il interprète la Messe solennelle […] d’Ambroise Thomas. Occasionnellement jusqu’en 1901, il donnera des récitals ou participera à des concerts. En 1892, pour moins d’une année, il est maître de chapelle à l’église Notre-Dame. Le 29 novembre 1893, sous la direction de Couture, l’Association Hall présente un concert vocal et instrumental entièrement consacré à 16 des œuvres de Fortier. »

J’arrête là. Si l’artiste vous intéresse, on trouve sa biographie en ligne. Elle est passionnante. Quant à sa musique, en voici un exemple – le seul que j’aie trouvé… si vous en avez d’autres?

Je termine par le plus beau de la liste, celui que l’on a surnommé « le Chopin Canadien », Léo Le Roy, « compositeur, musicographe, pianiste, professeur ».

Pour finir sur une note d’humour, mes hommages au conservateur ou à la conservatrice qui a osé (faire) accrocher ces deux tableaux sur l’escalier principal…

Femmes, femmes, femmes…

En visionnant toutes les photographies prises lors de cette visite au château de Dieppe, je me suis aperçue que nombre d’entre elles mettaient en scène des femmes. Pas étonnant, me direz-vous, dans un musée. Certes. Mais, cette fois, elles étaient magnifiées dans d’autres rôles que ceux qui leur sont habituellement dévolus…

J’ai eu un vrai coup de foudre pour cette femme de pêcheur et son modeste étal, sculptés par Victor Augustin Fourdrin voici 150 ans…

Et que dire de cette cueillette de coquillages sur la plage du Pollet, par un temps que l’on imagine peu clément, peinte par Antoine Vollon ?

Petite parenthèse : j’ai appris à cette occasion que le peintre avait résidé à Mers-les-Bains, ainsi que d’autres… ce dont on ne m’a jamais parlé et que la ville semble ignorer!

Beaucoup d’émotions en regardant ce groupe de femmes…

… et ces « lessiveuses », peintes par Pierre Adrien Graillon (1807-1872). La qualité est hélas mauvaise, car il s’agit de peinture en grisaille sur terre cuite, qui plus est mal éclairée. J’en ai cherché une autre sur le net, mais n’ai rien trouvé. Vous pourrez par contre découvrir d’autres oeuvres de cet artiste peu ordinaire, fils d’un vieux marchand de craie du Pollet, qui laissa très vite, sans ressources, sa femme et son fils chétif.

Mais il n’est pas que des femmes « du peuple », dans ce musée. Nous y retrouvons aussi les égéries, les modèles, les nobles…

Les femmes sont associées au parfum. Or la vallée de la Bresles, toute proche, produit les flacons qui ornent les coiffeuses de l’époque.

Associées aussi à la musique, avec cette harpiste dont je ne suis pas parvenue à trouver le nom, ayant oublié de le noter au passage. Et je ne suis pas la seule, un bloggueur qui a pris la même photo reconnaît avoir trouvé la harpe, mais pas la harpiste!

Parmi les femmes « célèbres » qui ont fréquenté Dieppe, l’une d’entre elles est particulièrement mise en valeur, dans une pièce qui lui est réservée. Ne pensant pas à l’époque vous parler d’elle, j’étais plus intéressée par les blasons qui ceignent cette rotonde. D’où une photo totalement ratée du portrait en pied de la duchesse de Berry que j’ose vous montrer.

Pourquoi l’avoir réintroduite ? me direz-vous. Eh bien, parce que j’ai découvert qu’elle adorait faire de la voile… en quelque sorte. Elle avait un côtre qui lui était réservé, le Furet, et sortait aussi souvent que possible en mer à son bord. Le voici représenté par Ambroise Louis Garneray, au large des falaises de la Côte d’Albâtre.

Une autre femme célèbre, mais moins adepte de courses marines, est venue sur cette côte. Un tableau exposé au musée figure la mésaventure qui lui est arrivée. Cela ne s’est pas passé à Dieppe, mais un peu plus au Nord, au Tréport. La reine Victoria venait rendre visite à Louis-Philippe, dans son château d’Eu. Les marins ratèrent la marée haute, nécessaire (encore aujourd’hui) pour entrer dans le port. Ils durent donc mettre à l’eau une chaloupe, puis une cabine de plage fut descendue sur le sable pour aller chercher la souveraine.

Cela en valait la peine : c’était en 1843, et la jeune reine (24 ans) venait signer l’Entente Cordiale!

Un tableau – qui n’est pas à Dieppe, je tiens à le préciser – la représente en train de visiter les tombes royales à Eu, quelques jours après cette mésaventure, au bras de Louis-Philippe.

Des joyaux en ivoire

Promenade 2. L’ivoire

La ville de Dieppe fut une plateforme importante dans le commerce d’ivoire. Oui, je sais, ce n’est pas bien de tuer les éléphants pour s’emparer de leurs défenses. Mais il faut reconnaître que cela a permis de créer de bien jolis bijoux et objets, comme en témoigne la collection exposée au Musée de Dieppe.

Les ivoiriers étaient nombreux dans la ville, et il en reste encore un.

« Dernier ivoirier en activité, Philippe Ragault, à Dieppe, fait essentiellement de la restauration d’art, la réglementation ayant sérieusement réduit son activité. Il dit subir des actes d’intimidation de la part de militants écologistes. » (2021, source)

D’autres ont dû cesser leur activité peu avant.

« On a supprimé mon métier du jour au lendemain. Mon stock d’ivoire, qui était le stock de cinq générations et qui était surveillé, encadré, mesuré au gramme près pour en connaître la provenance, ce stock a été mis sous scellé. Je n’ai plus le droit d’y toucher depuis. » (2017, source)

Un article de 2008 présentait l’ivoirière qui s »exprime ainsi. Elle expliquait que sa fille souhaitait poursuivre dans la même voie…

Le Musée rend hommage aux grands ivoiriers, dont certains oeuvraient en famille. Quand ils ou elles ne produisaient pas, elles ou ils devenaient les « représentant-e-s de commerce », voire les mannequins (au centre, la Dame porte les boucles d’oreille présentées sous sa photo).

Il reste donc les petites merveilles ciselées dans le passé pour témoigner de cet artisanat, voire de cet art. Ouvrons donc les coffres et secrétaires…

Je vais commencer par une énigme. Certes, la photo n’est pas excellente, mais l’objectif (c’est le cas de le dire!) n’était pas de faire une oeuvre d’art. Pour moi, c’est de garder trace d’un objet dont je n’avais jamais entendu parler… C’est à vous : que sont les objets exposés dans cette vitrine? A quoi servaient-ils?

D’autres objets ont des fonctions plus évidentes à identifier… quoique…

La vie quotidienne se laisse entrevoir sur les décors, mais aussi décrire sur des « tableaux » qui saisissent l’instant présent.

L’Histoire est là. Bien présente. Bien vivante. Comme dans cet objet qui se mire et s’admire, même si d’aucun-e-s le trouveront de mauvais goût…

Ou encore ce jeu d’échecs, devant lequel on se demande comment la Révolution acceptait un Roi et une Reine…

La musique est particulièrement bien représentée (dans les deux sens du terme!).

Les ivoiriers ne manquaient pas d’humour. En témoigne ce cochon, astucieusement (?) placé près des Amours.

Mais ils laissaient aussi exploser leur talent créatif…

Le Musée de Dieppe

Si je voulais tant revoir le Musée, c’est pour trois raisons : la première, Boudin. J’aime ce peintre, et je me souvenais qu’il y était accueilli. La seconde, ce sont les maquettes de navires, qui avaient frappé mon esprit. La troisième, l’ivoire. Je n’ai pas été déçue… Et j’ai découvert trois autres sources d’intérêt : comme à Honfleur, Boudin y côtoie Saint-Saëns; la collection de peinture évoque avec bonheur l’histoire de Dieppe; et la sculpture, avec divers matériaux, n’y est pas oubliée.
Je me propose donc de reprendre tout cela dans l’ordre, avec vous.


Promenade 1. La vie à Dieppe vue par les peintres

Pour celles et ceux qui connaissent la ville, vous reconnaîtrez les quais sud et ouest. Par contre, le pont tournant et le parking ont remplacé ce que l’on peut voir au premier rang, qui donne un caractère assez champêtre à ce qui est maintenant si urbain!

Un petit clin d’oeil à « Karlhiver » : les dames sont en train d’étendre leur linge sur les barrières… Et, puisqu’on parle de lessive… J’ai découvert que les dames faisaient sécher, voire « blanchir » sur la Prairie et les galets. Peut-être les voiles?

Les vues du port ne manquent pas, mais j’en ai choisi une qui m’a rappelé mes terreurs d’enfant.

A l’époque de ce tableau comme à celle de mon enfance, les grands navires partaient vers l’ouest depuis le port qui est désormais réservé aux bateaux de plaisance. Et ils pressaient les voyageurs, puis signalaient leur départ en actionnant des sirènes, dont le son me terrorisait. Plus de voyageurs maintenant, et plus de sirènes : un port extérieur a été construit à cet effet, défendu par d’impressionnants barbelés.

La mode des bains de mer est venue bouleverser la vie des Dieppoises et des Dieppois. J’ai particulièrement été interpellée par ce tableau ovale (au fait, j’ai découvert le tondo, mais comment appelle-t-on un tableau ovale?) représentant la plage de Dieppe au moment de la Première Guerre Mondiale. Regardez bien : on y voit des soldats français, mais aussi des tirailleurs sénégalais…

Chose promise, chose due. Je ne pouvais terminer cette série de tableaux sans Boudin! Il a peint entre autres les falaises du Pollet. Le Pollet, c’est ce que vous voyez au fond quand vous regardez Dieppe depuis le château (voir article précédent). Un village autrefois, dont l’église domine le port. Rattaché à la ville, il a gardé une identité forte encore aujourd’hui.

Tondo… Kezako?

Encore un mo.. pardon, un mot, que j’ai découvert récemment et que, depuis, je rencontre sans cesse au détour des chemins, pourtant variés, que j’emprunte.

Je suppose que vous êtes moins ignare(s) que moi?

Sinon, peut-être une définition? Ou une illustration?

Voici donc un tondo…

Celui-là, je l’ai photographié à Art Capital. Et me suis d’ailleurs demandé s’il s’agissait réellement d’un tondo. Pourquoi? Si je vous le dis, je vous donne un indice… Parce que sa forme n’est pas parfaite. Puce à l’oreille?

En voici un autre, plus « classique ».

Tondo Doni, Michel-Ange

Vous y êtes? Alors je puis vous dire que c’est une aphérèse du mot italien « rotondo ». Et nous voici de nouveau parti-e-s pour une chaîne de recherches lexicales… Rions donc un peu… « Aphérèse » ? « retranchement (action ou résultat) d’un ou plusieurs phonèmes au commencement d’un mot »… « Phonème » ? « Le plus petit segment phonique (dépourvu de sens, car s’il en avait un ce serait un sème, Note de la rédactrice morte de rire) permettant seul ou en combinaison avec d’autres phonèmes de constituer des signifiants ou de les distinguer entre eux«  (D. D. L. 1976)… « Phonique » ? « relatif au son, à la voix » ex « Des écritures dont les signifiants graphiques représentent des signifiants oraux, articulés parallèlement en unités graphiques et phoniques qui se correspondent entre elles (Langage, 1968, p.523). » (CNTRL)… « Signifiant »? « Partie formelle, matérielle et sensible du signe. » Ex: « Le lien qui unit signifiant et signifié est nécessaire: dans la conscience du sujet parlant français, le signifiant bœuf (c’est-à-dire l’image acoustique du groupe de sons böf) évoque nécessairement le concept de bœuf et le concept déclenche nécessairement l’image acoustique böf. « Le signifiant est la traduction phonique du concept; le signifié est la contrepartie mentale du signifiant » (E. Benveniste ds Perrot, Ling., 1953, p. 112). » (CNTRL). Ne vous énervez pas, je ne vais pas continuer ainsi, car, comme vous l’avez très justement remarqué, ce n’est nullement le sujet de cet article.

Faisons donc simple : à « rotondo », on a retiré « ro », tout en gardant le sens du mot, « mot italien signifiant « forme ronde » et désignant un tableau de forme circulaire très en vogue au xve siècle en Italie. » (Encyclopedia Universalis).

A l’époque de la Renaissance, « Le tondo est généralement constitué par un panneau de bois entouré d’un cadre d’assez large dimension qui évoque les guirlandes « à l’antique » entourant la même forme circulaire en sculpture : peinture de la Vierge du Magnificat de Botticelli (1485 env., Offices, Florence) et sculpture de la Vierge à l’Enfant d’Antonio Rossellino pour la tombe du cardinal de Portugal à San Miniato al Monte, à Florence (1460-1466 env.). » (Encyclopedia Universalis)

Madone du Magnificat de Botticelli

Un tondo peut être un tableau, mais aussi une sculpture, comme c’est le cas pour ce tondo de Michel-Ange.

Tondo pitti, Michelangelo

Pourquoi cette forme ronde? A l’époque, elle est essentiellement choisie pour sa symbolique : la perfection. Sans début ni fin, le cercle évoque l’infini, l’éternité, la complétude. Il existe dans la nature, où sphères et globes nous abritent et nous éclairent. Contrairement au carré, invention de l’Homme. On l’associe donc au divin et à l’Harmonie. Il est aussi souvent relié au féminin.

C’est pourquoi le tondo a été si fréquemment exploité pour des sujets religieux, en particulier lorsque le personnage principal est une femme… ou la Vierge, comme c’est le cas ci-dessus.

Mais des artistes plus récents l’ont exploité avec d’autres visées. En particulier, rompre avec les formats plus classiques, rectangulaires, carrés, voire ovales.

Vous reconnaissez, je suppose? Eh oui, Les Nymphéas de Claude Monnet, version tondo, en 1908, exposé au Musée de Vernon.

Un peintre s’est beaucoup intéressé au tondo : Alechinsky.

« C’est le rond et rien que le rond que Pierre Alechinsky a choisi pour nouvel Eden, berceau moderne de ses dernières peintures à l’acrylique et à l’encre. Mais à l’inverse des célébrissimes tondi de Fra Angelico (L’Adoration des Mages), ou de Botticelli (La Madone du Magnificat), confinées dans leurs cercles, tels des reflets d’images pieuses dans des boules de Noël, les tableaux d’Alechinsky respirent, gagnent en liberté, profitent à la ligne qui ne connaît plus de limite, exultent. Le rêve s’organise en spirales imparfaites à partir d’un centre qui n’est pas forcément au milieu. Le visiteur entre dans un jeu subtil de perspectives où le regard prend de la vitesse, tandis qu’à la périphérie s’organise un langage de signes, univers abstrait ou figuratif en mouvement permanent. » (source)

Alechinsky a même fait un jeu de mots, en nommant cette toile « Dernier tondo à Paris »…

Une artiste allemande, Katarina Grosse, a joué sur le contraste cercle / lignes, comme en une recherche de l’impossible quadrature… Sa toile a été achetée par le Centre Pompidou.

Pour finir, je reviens à Art Capital, avec ces deux oeuvres exposées en « installation ». En était-ce une? Je l’ignore…

Du dessin à la pochette…

Voici deux jours, j’évoquais l’injustice vécue par un ami peintre, qui s’était vu accepter une toile au Salon de Versailles, puis refuser celle-ci, au tout dernier moment, sous prétexte qu’elle était « trop grande », alors que d’autres avaient des dimensions bien plus importantes… Comme je lui demandais l’autorisation de publier cette anecdote sur ce blog (ce que je fais toujours avec mes sources), il a complété l’histoire. Je vous la livre donc aujourd’hui.

Un galeriste installé près de Bastille avait organisé une exposition Brassens et réuni les oeuvres de 30 peintres pour ce faire, parmi lesquels l’ami dont il est question. Un jour, le galeriste l’appelle, lui demandant de venir car une personne souhaitait acheter le tableau représentant Brassens et « Le Chat« . Il refuse, car ne veut pas se démunir du tableau. Mais se rend à la galerie. Où l’attend l’acheteur potentiel et une dame. Le premier s’appelle Thomas Sertillanges. La seconde, Kathia David.

J’ignore si ces noms vous disent quelque chose, car les gloires radiophoniques sont souvent éphémères et s’envolent avec les générations.

Pour ce qui concerne le premier, je vous livre une biographie publiée sur Babelio.

« Thomas Sertillanges est passé par le théâtre, la radio officielle à France-Inter, la radio libre avec la création de « Génération 2000″, la première radio pirate commerciale en 1978, le monde de l’entreprise où il a fondé et dirigé une société de conseil en communication événementielle.

Il a ensuite été consultant pour de grands groupes tout en s’adonnant à deux passions, Tintin et Edmond Rostand.

Administrateur des Amis de Hergé pendant quelques années, il a écrit « La Vie quotidienne à Moulinsart », de nombreux articles et donné fréquemment des conférences. Il est à l’origine, avec le député Dominique Bussereau du débat à l’Assemblée nationale, « Tintin est-il de droite ou de gauche ».

À propos d’Edmond Rostand, il réunit la collection la plus complète sur Cyrano de Bergerac, organise des expositions, participe à des conférences, crée le site cyranodebergerac.fr. En 2018, il crée le Festival Edmond Rostand et publie en 2020 la première biographie illustrée du poète.« 

Un sacré personnage ! Que vous pourrez découvrir sur son site

Quant à Kathia David, elle est surtout connue pour avoir longtemps animé « L’Oreille en coin« .

 » L’émission mythique et multifacettes, occupe les auditeurs tous les week-ends de 1968 à 1990. Elle s’étale sur trois demies-journées. Le dimanche matin était consacré aux chansonniers et les samedis et dimanches après-midi étaient plutôt expérimental avec, entre autres, de longs reportages, des canulars élaborés, des jeux d’identité, récits d’aventuriers.« 

Kathia David a fait du théâtre et du journalisme, avant de devenir consultante et formatrice. Mais à l’époque, elle est essentiellement sur France Inter dans une émission à laquelle Thomas Sertillanges n’est pas étranger.

La voici sur une photo empruntée au site de Thomas Sertillanges.

Bref, voici notre peintre face à ces deux personnes, dont l’une veut absolument le dessin original. Il refuse, ne voulant pas s’en défaire, et, ce faisant, suscite la colère du galeriste qui l’accuse de ne pas l’aider à gagner sa vie… Lequel l’emportera quelques temps plus tard, et le dessin sera vendu à Sertillanges. Entretemps, des lithos et des gravures avaient été produits à partir de ce dessin.

Pour la petite histoire, le même galeriste fera plus tard une exposition consacrée à Brel. Le même peintre y exposera un tableau. Le même collectionneur en achètera le dessin original…

Bref, le dessin se trouve maintenant chez Sertillanges. Celui-ci reçoit un jour un certain Monsieur Bourgeois, qui vient de faire graver un disque « Une petite fille chante Brassens » (dont je vous ai déjà parlé).

Chez son hôte, il voit le dessin… et aussitôt le veut pour la pochette du disque. Sertillanges organise une rencontre entre Monsieur Bourgeois et le peintre… et l’affaire est conclue. Pour la petite histoire, le disque a eu une certaine renommée, car il a remporté le Prix Charles Cros en 1985….

Et voilà comment un dessin se retrouve en pochette de disque…

Le temps passe, les inégalités demeurent… Salons, suite et fin

Dans les trois précédents articles de cette série, vous avez visité les trois quarts environ du Salon… enfin, je ne suis pas sûre de la proportion, qui est peut-être moindre. Si vous vous reportez à la photo d’ensemble du premier, il reste le petit coin, au bout, à droite, c’est-à-dire, en entrant, tout au fond à gauche. Là se cachent – ou sont cachés? – d’une part les « invités » étrangers, et d’autre part l’un des quatre Salons, qui eut autrefois son heure de gloire, le Salon des Indépendants.

Pour ce qui concerne les pays étrangers invités, ils ont droit chacun à un tout petit espace. A titre d’exemple, voici celui du Salvador.

C’est ce que l’on pourrait désigner par « recoin », n’est-ce pas? Bon, d’accord, ils et elles ne sont pas « des Artistes Français »…. Par contre, les autres « remisés » dans cette partie quasi déserte le sont bien, eux.

Le premier article écrit pour relater ma visite ce samedi 12 février 2022 au Grand Palais Ephémère était intitulé « Salons » au pluriel. En effet, il y a 4 salons dans cette exposition. Et il faut dire que les deux premiers, consacré à ladite Société et le second, aux « Comparaisons », étaient ce jour-là beaucoup plus fréquentés que les deux autres. Le troisième, « Dessin et peinture à l’eau », accueillait encore quelques visiteurs/euses. Mais le dernier, « Salon des Indépendants », était quasi vide. Il faut dire qu’il était situé à gauche de l’entrée, alors que tout poussait les personnes entrantes à aller vers la droite : foule, musique, déambulation de mannequins superbes et étonnants.

Pourquoi cet ostracisme? J’ai découvert une hypothèse explicative en regardant une vidéo proposée dans un petit espace de moins de 20 m2, meublé d’une grande télévision et d’un petit banc pouvant accueillir au maximum 4 personnes (pas trop larges !). Inutile de vous dire que j’ai eu le plaisir de visionner avec seulement entre 1 et 3 autres spectateurs/trices cette vidéo, qui expliquait ce qu’était le Salon des Indépendants.

« Ni jury, ni récompense ».

Voilà qui caractérise ce salon. Certes, à l’heure actuelle, cela peut vous sembler dérisoire. Mais il n’en était pas de même lorsque fut créée en 1884 la Société des Artistes Indépendants. Pourquoi? Je parlais précédemment d’ostracisme. C’est de cela dont il s’agit. Pour exposer au Salon (le vrai, l’unique, à cette époque), il fallait y être accepté. Notez que cent ans plus tard, c’était toujours le cas dans d’autres salons, tels que celui de Versailles. L’un de mes amis, actuellement peintre renommé et côté, m’a raconté à ce propos une anecdote, cette semaine. Il avait été accepté au Salon, et en était ravi, pour l’une de ses toiles, représentant Brassens – qui venait de décéder, peu de temps avant, ce qui justifiait l’abandon provisoire de ses thématiques courantes – ambiances du quotidien, vie du et au Pays Basque. Peu de temps avant l’ouverture, il reçoit un courrier lui apprenant que sa toile n’avait pu être accrochée, car elle était « trop grande », et qu’il devait venir la récupérer. Il se rend donc à l’endroit indiqué, où des personnes lui expriment leurs regrets, visiblement très sincères. Au moment de signer la décharge, il aperçoit, bien placé et bien visible, une immense toile représentant une sorte de gâteau à la crème, dans de vilains tons de rose et de blanc. Il exprime son étonnement à la personne qui le recevait, sans mâcher ses mots concernant la « croûte », mais surtout en demandant pourquoi celle-là n’avait pas été refusée. Explication : « Je n’ai pas à vous le dire. Et cette oeuvre est de moi. » Belle gaffe de sa part, certes, mais aussi expression d’une injustice qui le poussa par la suite à ne plus jamais penser exposer au Salon des Artistes Français. Mais, dans ces années-là, ladite toile put quand même être vue dans d’autres salons, comme je l’ai découvert en recherchant sur le net (source de la reproduction).

BRASSENS ET LE CHAT

Soit dit en passant, le tableau a été retenu pour figurer sur la couverture d’un disque, en 1985 ; Une petite fille chante Brassens.

Les sentiments éprouvés et émotions ressenties par cet ami, on imagine qu’il en fut de même pour les artistes qui étaient refusés par la Société organisatrice du Salon des Beaux-Arts, ainsi que par ceux qui voyaient les prix décernés aller à des « croûtes », ou en tout cas à des tableaux reproduisant les goûts « classiques », et rejetant toutes les innovations. Vous allez me dire : « peut-être simplement manquaient-ils de talent? ». Il suffit, pour vous convaincre du contraire, que je vous cite quelques noms – ou plutôt, non, je vais copier ce qu’il en est dit sur leur site.

« Un petit groupe d’artistes novateurs, nos pères précurseurs Paul Cézanne, Paul Gauguin, Henri de Toulouse-Lautrec, Camille Pissarro et fondateurs Albert Dubois-Pillet, Odilon Redon, Georges Seurat, Paul Signac, décident de créer le Salon des Indépendants.

« Sous l’impulsion d’Odilon Redon, la Société des Artistes Indépendants est fondée le 29 juillet 1884 ; Guimard est élu président ; elle a désormais une existence légale.« 

« C’est par un froid sibérien que le 1er Salon des Artistes Indépendants fut inauguré par Lucien Boué, président du Conseil municipal de Paris le 1er décembre 1884. Installé au Pavillon polychrome situé à proximité du Palais de l’Industrie, il devint le refuge des « Refusés ». Parmi les œuvres exposées, «La Baignade à Asnières » de Seurat refusé au Salon ;

Baignade à Asnières, Seurat (1884)

le « Pont d’Austerlitz » de Signac,

Pont d’Austerlitz, Signac (1910)

puis des œuvres de Cross, Redon, Dubois-Pillet, Valtat, Guillaumin, Angrand… Rien de surprenant à ce que la Société des Artistes Indépendants ait fait siennes les couleurs de la capitale, le bleu et le rouge, ceci en reconnaissance du soutien apporté aux artistes novateurs.« 

Un documentaire très intéressant était projeté, retraçant l’histoire de ce Salon des Indépendants. Par combien de personnes a-t-il été vu durant les quatre jours qu’a duré Art Capital? On y apprend que trois personnalités ont, parmi beaucoup d’autres, marqué cette histoire.

La première a une fonction inattendue : officier de la Garde Républicaine. Et d’ailleurs, sa carrière (courte, car il est mort à 43 ans) pâtit de son rôle dans l’histoire des Artistes Indépendants.

Il était aussi peintre, et a exposé lors du premier salon, en 1884.

L’Enfant mort, Dubois-Pillet, 1884

Pour celles et ceux d’entre vous qui sont fanas de Zola, cela doit vous rappeler quelque chose, non?

« Claude s’était mis à marcher, dans un besoin nerveux de changer de place. La face convulsée, il ne pleurait que de grosses larmes rares, qu’il essuyait régulièrement, d’un revers de main. Et, quand il passait devant le petit cadavre, il ne pouvait s’empêcher de lui jeter un regard. Les yeux fixes, grands ouverts, semblaient exercer sur lui une puissance. D’abord, il résista, l’idée confuse se précisait, finissait par être une obsession. Il céda enfin, alla prendre une petite toile, commença une étude de l’enfant mort. Pendant les premières minutes, ses larmes l’empêchèrent de voir, noyant tout d’un brouillard : il continuait de les essuyer, s’entêtait d’un pinceau tremblant. Puis, le travail sécha ses paupières, assura sa main ; et bientôt, il n’y eut plus là son fils glacé, il n’y eut qu’un modèle, un sujet dont l’étrange intérêt le passionna. Ce dessin exagéré de la tête, ce ton de cire des chairs, ces yeux pareils à des trous sur le vide, tout l’excitait, le chauffait d’une flamme. Il se reculait, se complaisait, souriait vaguement à son œuvre.

Émile Zola, L’Œuvre, 1886. »

Zola s’est effectivement inspiré du tableau qu’il connaissait pour ce passage émouvant. Dubois-Pillet menait de front sa carrière et son amour de la peinture. Ce Saint-Cyrien devint ami avec Seurat et Signac, et c’est à lui que l’on doit la structuration de la Société. Une plaque apposée sur le quai Saint-Michel rappelle son

Le second personnage de cette histoire est Odilon Redon.

Mon portrait, Odilon Redon, 1867

« Le jury du Salon de 1884 s’est montré une nouvelle fois hostile à la nouvelle peinture. Quelques artistes courageux, emmenés par Signac et Seurat décident alors de créer un salon libre. Une exposition libre ! C’est la ruée, mais aussi une déception.
Le jour du vernissage, la toile de Signac n’est même pas accrochée ! Emus par la situation qu’ils jugent scandaleuse, quarante exposants réagissent et sous la présidence de Odilon Redon créent la Société des Artistes Indépendants (4 juin 1884).
 » (source)

Je ne puis illustrer avec l’oeuvre qu’il a présentée au Salon, car je ne sais ce qu’elle était, dommage!

Le troisième enfin est Jean Monneret, qui a été plusieurs fois élu Président entre 1977 et 2001. Une rétrospective de ses oeuvres a été organisée en 1997.

« Au cours de sa carrière de peintre et, surtout, à partir de l’arrivée d’André Malraux aux commandes d’un ministère de la Culture, Jean Monneret ne cessera de défendre la liberté d’expression en matière d’arts plastiques contre toute forme de dirigisme institutionnel. En 1999, dans le catalogue raisonné du Salon des indépendants, il publie un violent manifeste contre l’« art d’État » qualifié, selon lui, d’« art contemporain » par des fonctionnaires qui dépenseraient l’argent public pour imposer cet art à la population, alors que celle-ci le rejette. » (Wikipedia)

Pour en savoir plus sur les affiliations des artistes, vous pouvez voir la Galerie, en ligne ici.

Tout cela pour en arriver, en ce mois de février 2022, à un « strapontin » dans Art Capital… Mais à qui doit-on cela? Si j’en crois l’histoire, c’est la Ville de Paris qui est chargée des lieux d’exposition. « Art Capital » ou « Art Capitale »? Que s’est-il donc passé cette année? Toujours est-il qu’on pouvait quasiment compter sur les doigts les badaud-e-s qui s’esbaudissaient devant les quelques oeuvres offertes au regard dans ce coin du Grand Palais… L’histoire se répèterait-elle? Et l’ostracisme demeurerait-il de mise?

Une longue histoire, mais toujours autant de fantasmes autour de La Femme…

La Société des Artistes Français a une longue histoire, comme elle le raconte sur son site. Elle serait issue du Salon initié par Colbert en 1667. Et existe en tant que telle depuis 1881.

« En 1881, elle prend son nom actuel de Société des Artistes Français. L’Etat lui délègue le soin d’organiser une exposition annuelle des Beaux-Arts et la charge de s’administrer elle-même.

En 1883, un décret paru au journal officiel la déclare « d’Utilité Publique »

Depuis 1901, tous les ans, si l’on excepte quelques interruptions dues aux guerres ou à des travaux, le Salon a lieu à Paris au Grand Palais des Champs-Elysées. »

Une mini-exposition sur son histoire est présentée, et donne l’occasion d’observer l’immense différence entre les Salons d’autrefois et ceux d’aujourd’hui.

Cela saute aux yeux : il y a bien eu une forme de démocratisation, même si l’on peut encore observer que le public aujourd’hui ressort d’une certaine « élite », plus « intello-bobo » qu’aristocratico-bourgeoise.

Il est par contre un point commun évident. Regardez bien la photo ci-dessus. Que représentent les statues?

Eh oui, des femmes… De la femme comme objet de l’art à la femme comme objet, y a-t-il tant de pas? L’artiste magnifie-t-il gratuitement l’objet de ses fantasmes?

Je ne répondrai pas à cette question et vous laisse ce soin. Je vous propose simplement une balade dans cette exposition, orientée autour de la thématique « représentations de la femme »… là encore, une sélection de mon cru, donc éminemment subjective. D’autant que j’ai choisi les oeuvres que j’aimais ou qui m’interpellaient…

Vous en avez déjà vu certaines dans les précédents articles, – excusez-moi des « redites » -, mais elles devaient aussi apparaître dans ce florilège sans commentaires.

Je terminerai par mon propre Palmarès : peinture, photo et sculpture…

Au Salon des Artistes Français

Hésitation sur les majuscules… en faut-il ou non? si oui, partout ou considère-t-on que l’adjectif ne doit point en avoir? Vous me connaissez, je suis allée vite vérifier sur le site de la Société éponyme… Oui, il en faut partout! Ouf!

Dans le précédent article vous avez découvert des vues d’ensemble. Imaginez donc que vous êtes à l’opposé de la Tour Eiffel, côté sud, là-bas, tout au bout à gauche sur la vue panoramique… Tout près de l’entrée, donc. C’est là qu’a commencé ma déambulation dans le Grand Palais Ephémère en ce samedi 19 février.

Toute la partie droite est réservée à la Société des Artistes Français, avec des stands pour les éditeurs d’art. Je n’ai pas photographié les deux mannequins superbes, d’au moins 1,90 mètres, des lianes métisses d’une grande beauté qui attiraient plus de monde (surtout masculin!) que les oeuvres d’art… Par contre, j’ai saisi les deux jeunes femmes qui jouaient merveilleusement bien et dont la musique a accompagné tout le début de ma visite.

Elles mettaient un tel entrain dans leur jeu que les spectateurs/trices dansaient sur place!

Mais laissons là musique et mannequins… Comme dans la partie présentée précédemment, je vous livre quelques photos – plus ou moins bonnes, et parfois prises « de travers » – de cette visite. Pas de commentaires, je vous laisse découvrir et, je l’espère, aimer quelques-unes de ces oeuvres, dont la variété est extrême.

Encore une fois, elles ne sont pas « représentatives » de l’ensemble… Il s’agit d’un choix d’échantillon et/ou de compositions que j’ai construit au gré de ma balade…

Je dédie la photo qui précède à « Karlhiver », dont j’ai fait la connaissance toute virtuelle lors du premier confinement, qui nous a donné l’occasion d’écrire « en écho », ici pour ce qui me concerne, et sur Facebook de son côté (Un jour Un tableau)… Depuis mon article sur les lavandières (ou bugadières), il place régulièrement sur son site – que je vous conseille vivement de visiter, si ce n’est déjà fait… il me « donne la pêche » chaque jour de l’année! – il place régulièrement, disais-je, des tableaux où l’on voit la lessive… A mon tour donc…

Mais reprenons notre errance parmi l’Art…

Je vous laisse sur cette robe virevoltante qui revêt la Femme Invisible… Car le prochain article sera consacré aux Visions de la Femme dans ce salon…