De retour de Nice…

Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas être aussi diserte que pour l’aller, un seul article suffira pour vous parler de deux haltes.

La première nous a accueilli-e-s dans un superbe camping, à Goudargues, surnommée « La petite Venise gardoise ». Et elle mérite bien son nom!

Le camping Le Saint Michelet est situé au bord de la Cèze, avec une jolie plage… un peu décalée de la rive, c’est original!

Il offre aussi la possibilité de se baigner dans une jolie piscine, au bord de laquelle se situe le café – restaurant à l’ambiance sympathique, où nous avons pu assister à la fin d’un match de football qui restera dans les mémoires.

Le Clos des Sources… Retenez ce nom, car le personnel y est charmant, l’endroit très reposant, et bien aménagé… Il y a même une maisonnette qui abrite une vaste salle de douche et toilettes pour les personnes en situation de handicap physique! Et la gérante a eu la gentillesse de faire un énorme geste commercial quand elle a appris la situation dans laquelle nous étions, avec un véhicule qui nécessitait le second pour pouvoir démarrer à coup de pinces crocodile! Et qui, après que nous eûmes pris un délicieux petit-déjeuner au bord de la piscine, nous a prêté le lendemain matin l’outil dont nous avions besoin…

Au couchant, nous décidâmes d’aller « en ville », car l’aperçu du bourg à l’arrivée nous avait séduit-e-s. Et à juste titre, comme vous avez pu le constater sur la première photo de cet article.

Plusieurs restaurants bordent la rivière, et nous avons choisi La Bocca, car la serveuse fort aimable proposait une adorable table tout au bord de l’eau. Un merveilleux endroit! Et la nourriture ne l’était pas moins, avec une souris d’agneau dont je ne suis pas venue à bout…

Mais la salade Bocca n’était pas mal non plus… Jugez-en plutôt!

Quant aux frites, elles sont dignes d’un estaminet, en accompagnement de brochettes!

Personnel adorable, avec qui j’ai noué connaissance, et couple de patron-ne-s tout aussi gentils, au point de rechercher l’outil dont nous avions besoin et le prêter aux inconnu-e-s que nous étions. Petite promenade au retour, avant de regagner le camping.

Bref, vous l’avez compris, une halte qui a mis du baume au coeur aux malheureux automobilistes confrontés à la panne et aux difficultés de circulation en ce week-end prolongé.

Après une journée assez éprouvante, en raison de la circulation, mais aussi d’un orage de grêle tel qu’une petite partie de route était bordée de congères… Pas question donc d’arriver le soir en Picardie. Repos à Orléans, afin de profiter à nouveau des bords de Loire. Hélas, toutes les guinguettes sont fermées en ce dimanche soir… Mais une belle balade au couchant, quand même, et le plaisir d’aller à nouveau dîner africain au Boloye, chez Khady. Toujours un bel accueil, et l’ami qui ne connaissait pas les plats africains a pu goûter au poulet Yassa, aux alokos, à l’attiéké et même au foutou banane, si rare en France!

Vous acceptez de regarder de mauvaises photos? Alors je vous emmène faire une petite promenade nocturne dans Orléans. D’abord, la cathédrale…

On ne peut oublier ici l’influence de Jeanne d’Arc ni de la lignée royale…

Et j’apprécie toujours autant les maisons à colombages, que l’on retrouve dans tant de région de France.

Pour comprendre le retour, une petite carte?

Mazette! Quelles belles découvertes!

« Mazette »… Un mot que je n’avais pas entendu depuis longtemps! Et savez-vous ce qu’il signifie, hormis en tant qu’exclamation exprimant l’étonnement ou l’admiration? Un « mauvais cheval ». On ne peut dire que ce soit très valorisant, comme terme… D’autant que, par extension, il prit ensuite le sens d’ « avorton », de « personne qui manque de force, d’adresse, (etc.).

« L’humiliation profonde d’un gros personnage qui s’est fait (…) clouer le bec par une mazette de bureaucrate (Courteline, Gaîtés esc., Sans chenil, 1897, I, pp.269-270). »

« Quand il est bien avec un type quelconque, il dit tout de suite, «c’est un grand monsieur», ou «c’est un grand bougre». Pas de milieu pour Joseph: d’un côté les canailles ou les mazettes, de l’autre, les «grands quelque chose» (Duhamel, Passion J. Pasquier, 1945, p.119). » (CNRTL)

C’est pourtant le nom qui a été choisi pour le lieu que j’ai découvert hier, accosté près du port de la Râpée. Je me promenais en bord de Seine, près de la Gare d’Austerlitz et de la Cité de la Mode, quand j’aperçus cette « péniche » (mais peut-elle se mouvoir??? il semble que ce soit plutôt une barge… mystère!) en raison des coloris vifs qui la distinguaient. Vite, traverser le pont et la trouver sur le quai. Beaucoup de monde, visiblement, et j’ai failli ne pas y monter. Mais, la curiosité aidant, je décidai d’aller la découvrir. Et j’ai bien fait! Un lieu étonnant, une grande mixité selon tous critères, un vrai « lieu de vie et de rencontres ». Une DragQueen se promenait sur le pont, distribuant des papiers. J’appris par la suite qu’il s’agissait d’un jeu.

Plus de place assise. Je demandai à une jeune femme si elle acceptait de partager sa table, et elle accepta avec un beau sourire… C’est ainsi que j’ai passé une très agréable et intéressante soirée avec Mélissa et Hajar, son amie d’enfance. Nous avons beaucoup échangé, beaucoup « voyagé », et beaucoup ri. Une soirée de rêve! Avec des cocktails délicieux, comme ce « Cactus » que j’ai vraiment apprécié, et des tacos végans qui méritent le détour. Le tout à des prix très raisonnables.

J’émettrai cependant une réserve, liée au fait qu’à 22h et quelques (je n’ai pas regardé l’heure), des vigiles font évacuer le pont ouest, d’où je venais d’admirer le couchant sur la Seine, pour faire aller vers l’arrière et surtout en bas, où visiblement l’on devait danser bien tard… Mais cela, je ne l’ai pas vu : travail oblige, il fallait rentrer!

La Belle Plage à Mers-les-Bains

N’étant pas fan de télévision, je ne connaissais pas l’émission permettant d’élire « Le village préféré des Français » (sic!) jusqu’au moment où elle s’est intéressée à notre petit coin de Picardie, d’abord autour d’Ault, puis, cette année, à propos de Mers-les-Bains, qui est ainsi devenu, à notre grande surprise, le 2ème village, après… Collioure. J’aime beaucoup la côte picarde, mais il ne me serait jamais venu à l’idée de comparer Mers et Collioure!

La conséquence est désastreuse : notre coin relativement tranquille ne l’est plus, et tout est envahi de touristes, parfois venus de bien loin… Or les infrastructures, notamment en termes de restauration, ne sont pas suffisantes pour ce flot brutal!

Prenons l’exemple de ce que l’on appellerait ailleurs « paillotte », installée sur les galets, La Belle Plage. J’aime la fréquenter, quand ma cabine de plage n’est pas encore installée, car elle a beaucoup de charme, avec sa structure de bois et sa magnifique vue mer.

Le Moscow Mule y est excellent, et accompagné, comme tous les autres apéritifs ou cocktails, de mini-toasts accompagnés de tomates délicieusement assaisonnées… les huîtres sont à un prix très abordables, et le camembert rôti me tente souvent.

J’ai pu y aller me reposer et restaurer la semaine dernière. Mais, cette semaine, pas une place de banquette, pas un fauteuil, pas une chaise de libre! Tout était comble, archi-comble… Quel dommage! La rançon du succès… car entendu sur l’esplanade : « On l’a vu à la télévision »…

Mais je ne désespère pas de pouvoir admirer à nouveau le couchant depuis la table où je me suis régalée…

Mollard, une « institution » parisienne

Invitée hier par une amie qui aime la vie et connaît bien la capitale, j’ai découvert une brasserie qui m’avait, jusque là, échappé : la Brasserie Mollard, sise juste en face de la Gare Saint Lazare, station que je fréquente pourtant assez souvent… Mais il faut dire que des travaux quasi-permanents empêchent de percevoir correctement l’environnement de cette gare.

L’intérieur est saisissant, et ne peut laisser indifférent-e… J’en ai recherché l’histoire dans des articles « scientifiques ». En voici quelques extraits.

Pourquoi des décors de faïence dans ce type de brasserie?

    Comme beaucoup de brasseries parisiennes (mais pas que…), ce sont d’abord les céramiques qui attirent l’oeil. Pourquoi sont-elles là? L’explication m’a surprise, il me faut bien l’avouer.

      « À la suite d’une réflexion globale sur la salubrité publique, de nombreux « lieux d’hygiène » se dotent de décors de faïence qui présentent l’avantage de se nettoyer facilement. Parmi les commanditaires de ces tableaux brillants, on trouve les cafés. La brasserie Mollard est l’incarnation même de cette volonté d’assainir la ville à l’approche de l’Exposition universelle de 1900. Situé dans le quartier de la gare Saint-Lazare à Paris, l’édifice dont on doit l’aménagement intérieur à l’architecte Édouard-Jean Niermans (1859-1928) devient « le rendez-vous des voyageurs du monde entier6 ». (Source)

      J’ai dîné sous l’une de celles qui m’ont le plus séduite, le « Dîner chez Mollard », datant de 1895.

      A cette époque, Simas, jeune trentenaire, avait fait le choix de travailler avec la Manufacture de Sarreguemines. Cette entreprise est devenue française, suite au rattachement de l’Alsace à la France. Elle est alors en pleine croissance (source).

      Cela a entraîné des confusions, certains pensant que la brasserie avait été fondée par un Alsacien, alors que le fondateur était Auvergnat ! Bref, si vous en avez l’occasion, allez découvrir ces neufs panneaux dont l’esthétique variée peut vous séduire…

      Attention au piège des panneaux de verre !

      Saisissants, ils sont de style Art Déco. Mais ne « tombez pas dans le panneau », c’est le cas de le dire! Ils sont tout à fait modernes, et leur présence est liée à la restauration des lieux, entreprise à partir de 2012, et pas encore totalement achevée. Stéphane Malchow, descendant des deuxièmes propriétaires de l’établissement fondé en 1867 par le couple Mollard, les Gauthier, a demandé leur création au Maître Verrier Eric Bonte.

      Ils sont situés à l’arrière du restaurant, où j’ai découvert une salle de réception et une salle de conférence.

      De magnifiques verrières

      Impossible de ne pas lever la tête pour admirer les verrières fleuries, qui ont été pour la plupart reconstituées aussi récemment.

      Un ensemble harmonieux, donc, et le partage de la vaste surface en différents espaces permet de créer des salles diverses, dans une unité globale.

      Et d’un point de vue gastronomique?

      Une grande partie de la carte est consacrée aux fruits de mer, et j’ai pu déguster trois variétés d’huîtres tout aussi goûteuses les unes que les autres, quoique bien différentes. Mais on peut aussi déguster des plats plus carnés, comme ces ris de veau dont s’est régalée mon amie. Au dessert, un autre régal : les crêpes flambées au Grand Marnier…

      Une seule ombre au tableau : il faut « avoir les moyens » pour s’y offrir un repas. Mais si l’on considère que ces lieux constituent un spectacle, cela en vaut la peine… Pour ma part, je remercie ma généreuse amie de m’avoir permis de l’admirer.

      Les jeunes restaurateurs/trices ne manquent pas d’idées!

      Toutes mes excuses aux fidèles de ce blog, qui est resté muet pendant un long moment… Le temps de commencer à me remettre d’un accident de voiture dont je n’aurais pas dû sortir vivante… Mais je le suis toujours, et me revoici en train de partager avec vous mes découvertes. Certaines sont récentes, d’autres datent « d’avant », mais j’ai voulu les relater quand même…

      Pour initier ce renouveau printanier, une trilogie de jeunes qui n’ont pas craint, entre 20 et 30 ans, de se « lancer » dans la restauration, avec des idées intéressantes.

      Le premier est le plus « classique ». Je crois en avoir déjà parlé ici, mais il mérite de figurer dans ce groupe. Il gère, avec une toute petite équipe, ce que je nommerais un « bistrot », terme qui relève pour moi de l’affect. Car on s’y sent bien, comme on peut en juger au nombre incroyable d’habitué-e-s qui le fréquentent, pour certaines et certains, quasi quotidiennement. Le midi, on y déjeune pour moins de 20 euros, entrée, plat, dessert. Des plats « comme chez soi », ou des recettes plus recherchées… Mais surtout, il y a un véritable accueil, malgré la quantité de convives pour le déjeuner. Habitant-e-s du quartier, employé-e-s ou ouvriers oeuvrant dans le coin, ou artistes plus ou moins renommé-e-s s’y côtoient dans un joyeux brouhaha. Le soir, c’est apéro pour certains, « after work » pour d’autres, mais là aussi beaucoup de monde se retrouve. Et le jeune patron est toujours là, souriant. Bref, un endroit (d)étonnant sur le Boulevard Saint Germain, où il se situe au numéro 13… Son nom ? Le Relais Fac, à essayer sans hésiter.

      Le deuxième l’est aussi par son choix culinaire : une pizzeria. Mais moins par un autre choix: celui de ne faire consommer que français. J’ai découvert cette option en voulant commander un vin italien. Refus catégorique : « Nous n’avons que des vins français ». Mais aussi en parcourant la carte, qui présente une carte de l’origine des garnitures, qu’il s’agisse de légumes, de fromages ou de charcuteries. Mais alors, me direz-vous, est-ce que leurs pizze sont bonnes? Eh bien, c’est la meilleure pâte que j’aie jamais mangé, aussi bien en Italie qu’à Nice ou environs… A la fois pas trop épaisse et extrêmement tendre et « goûteuse »… Et ça marche! On se bouscule dans ce petit restaurant d’Issy-les-Moulineaux, et mieux vaut réserver. Son nom? Le Pizzou. Expliqué sur le site :

      « En fait on a voulu dire en un seul mot qu’on faisait de la pizza mais aussi du 100% français. Notre manière à nous de traduire pizza en français Pizzou ça nous paraissait bien résumer notre envie de « Pizza » et de « franchouille ». Un joyeux mélange d’un plat populaire partout dans le monde et de produits glanés dans toute la France.« 

      Et ça marche au point qu’ils ont essaimé : 4 restaurants à Paris et proche banlieue. Celui dans lequel j’ai dîné est situé 19 rue Ernest Renan, à Issy-les-Moulineaux. Mais il y en a aussi dans le 12ème, dans le Marais et à Pigalle…

      La troisième découverte n’est pas parisienne, mais rennaise. En cherchant un restaurant proche de la gare de Rennes, j’ai été tentée d’essayer celui dont un article du Télégramme (de Brest, pas de Rennes!) disait beaucoup de bien. Car l’idée me semblait un peu folle. Deux jeunes de 24 et 25 ans se lançant dans un restaurant de 100 places, en soignant son aspect cocooning, alors qu’il est situé au pied d’immeubles informes. Et elle et il ont réussi. On se sent bien malgré l’immensité des lieux et un voisinage d’immeubles de bureaux. L’acoustique a été étudiée soigneusement pour étouffer les bruits. Le décor est moderne, mais on est assis-e sur des fauteuils confortables, revêtus d’un doux tissu. Et les tables sont suffisamment éloignées les unes des autres pour que nul n’entende la conversation des autres. La carte propose des plats bretons, mais aussi des recettes classiques revisitées. Ce que j’ai mangé était excellent. Le cocktail aussi. Et des produits visiblement frais. Avec une option « circuit court », comme dans la pizzeria précédemment évoquée. Si donc vous passez par Rennes, allez le découvrir. Monsieur Arthur, 24, Place Raoul Dautry. Et il paraît que ça marche si bien que deux autres restaurants s’ouvrent à Roazon…

      Un « Moulin » devenu « Smok »

      Il était une fois un moulin. Celui-ci était situé sur la Vilaine, non loin de Rennes. La photo, empruntée à ce site, le montre en l’état, au siècle dernier.

      « Les moulins d’Apigné sont de datation ancienne mais ont été reconstruits au cours du XIXe siècle. Mise en faillite en 1904, la minoterie est rachetée par J.-M. Huchet pour y installer une briqueterie. Le 5 octobre 1906, des travaux de restauration et de réhabilitation des bâtiments, ainsi que la construction d’un four à briques sont entrepris. Le 1er janvier 1923, constitution d’une société en nom collectif sous la raison sociale Huchet frères et soeurs pour la fabrication et la vente de briques, pour une durée de vingt ans. En 1923, la briqueterie consiste en un grand bâtiment comprenant au rez-de-chaussée : le moteur, les appareils divers à filer et à mouler, les presses, les pompes et du matériel divers, et aux trois étages supérieurs : les séchoirs et un grenier. Un hangar abrite par ailleurs un four à flamme renversée avec sa cheminée, et plusieurs bâtiments sont à usage de logement, de bureaux, de magasins, d’entrepôts ou de séchoirs. Dans les années 1920, la production se cantonne à de la brique pleine, alors qu’elle se diversifie après la crise économique des années 1930 avec de la brique creuse, de parement, de gros oeuvre, de cloison et du hourdis de plancher. Jusqu’en 1940, elle est dirigée par la famille Huchet, puis M. Chatel prend la tête de l’entreprise. De 1954 à 1956, la briqueterie bénéficie d’un développement technologique tourné vers une mécanisation systématique qui va entraîner plusieurs campagnes de travaux et accroître la production. En 1956, mise en place du four-tunnel alimenté au fuel et atteignant 1000°C. La briqueterie cesse toute activité en 1971. Aujourd’hui, les bâtiments abritent différentes associations de sports nautiques.. En 1859, mention d’une machine à vapeur locomobile. En 1906, attestation d’une tuilerie système Bürher. En 1923, existence d’un grand four à feu continu de douze chambres avec ses accessoires. Le matériel d’exploitation comprend des wagonnets, des rails, des plaques tournantes, deux presses à main, des séchoirs mobiles et une turbine hydraulique.. En 1920, la briqueterie emploie une trentaine d’ouvriers et une quarantaine dans les années 1950. » (Source)

      Je ne connaissais pas l’histoire lorsque j’ai connu « Le Moulin d’Apigné » voici quelques années… et j’ignorais qu’on employait naguère le pluriel, d’ailleurs. En effet, j’allais parfois dîner dans cet endroit plein de charme : un des bâtiments avait été transformé en restaurant.

      En route vers le Pen Ar Bed, il était temps de faire une pause déjeuner : midi sonnait à l’entrée est de Rennes. Or le restaurant est situé à l’extrêmité ouest. Appel. Réponse positive. Vite, direction l’Occident. Mais plus de « Moulin », malgré l’indication des signalétiques voisines. A la place, un « Smok », et une affiche qui donne envie de fuir. Je pense m’être trompée, mais non : les environs sont toujours aussi dignes de Courbet…

      … Si l’on excepte les péniches, d’états variés…

      Mais c’est bien le moulin, pas d’erreur possible…

      Sur la photo ci-dessous, j’ai encadré (à gauche) le petit panneau, à peine visible, indiquant « Moulin d’Apigné ».

      Pas de doute possible : le « Smok » est bien l’avatar du « Moulin ».

      Fatigue de la route et curiosité aidant, tant pis, allons découvrir ce qu’est devenue notre chère auberge.

      Le lieu a été modernisé, c’est le moins que l’on puisse dire, accueillis par deux athlètes.

      Mais l’accueil est toujours aussi agréable, et je bénéficie d’une jolie table en bois, non caché sous ou par une nappe, avec une vue sur la rivière, agrémentée par une belle bruyère (pas de triche, la photo est bien prise de ma place, position assise!).

      Sagement orientée au départ vers un simple ceviche, je suis séduite par le menu complet.

      Alors, me direz-vous, pourquoi ce nom? La suite du menu l’explique : regardez ce que sont les « viandes smokées » :

      Se sont donc ajoutées au ceviche (très fin) une Picanha de veau (délicieuse, avec sauce aux champignons frais) et une Tarte au citron (moins aimée, car trop éloignée de la classique de Menton, que j’aime tant… mais originale, avec son goût spécifique).

      D’autres avaient préféré le jarret de porc (aussi « smoké ») accompagnés de cocos… de Paimpol, bien sûr! avec une sauce chimichurri.

      J’ai évidemment goûté le plat. Et ai trouvé le chimichurri plus fade que celui du restaurant argentin dont je vous ai déjà parlé, El Sur, à Paris. Mais depuis, j’ai appris qu’il y a deux sauces différentes à base de cette épice sud-américaine qu’est le chimichurri :

      « C’est un mélange d’herbes et d’épices originaire d’Argentine mais aussi très populaire en Uruguay, au Nicaragua et au Mexique. Il sert à confectionner la sauce du même nom, ainsi que des marinades et des viandes en croûte.

      Les deux versions sont légèrement différentes : le Pampeano est particulièrement relevé alors que le Patagonico sera plus doux. » (source)

      J’ai ainsi découvert que j’aimais le Pampaneo davantage que le Patagonico!

      Quant au Malbec, il faut reconnaître que les Argentins le travaillent mieux que nous. Mais le Madiran proposé à ma demande de Malbec n’était, une fois réchauffé et aéré, pas si mauvais que dans mes souvenirs de ce vin.

      Bref, un bel accueil, un repas de qualité pour un prix acceptable, et un lieu qui méritera d’être revu à la belle saison, car en terrasse ce doit être encore mieux!

      Du personnel accueillant, cela existe encore !

      Dans mes pérégrinations diverses à Nice et dans ses environs, je suis amenée à fréquenter des lieux de restauration divers. Et je dois avouer que j’ai bien de la chance, car toujours, jusqu’à présent, j’y ai rencontré des personnes accueillantes, faisant leur métier ou leur job d’été avec intérêt, professionnalisme et surtout sourire. L’accueil, le vrai. Alors j’ai eu envie de partager les adresses avec vous. Certaines personnes qui suivent ce blog depuis longtemps en reconnaîtront la plupart, je les prie de m’en excuser…

      Chez Pippo à Nice

      Un endroit célèbre pour les Nissarts, car il existe depuis bien longtemps! C’était autrefois, niché derrière l’église du port, l’équivalent traditionnel du « bar à tapas » : le « bar à socca ». C’est devenu un site touristique, dommage! Mais il n’a pas perdu en qualité ni en accueil. J’y suis allée deux fois cette semaine, et c’était toujours aussi bon aussi chaleureux. La pissaladière y est légère et excellente, et la socca est l’une des meilleures de Nice. Apéritif, vain, repas, pour moins de 50 euros à deux, en plus!

      Le Gesu à Nice

      Ce n’est plus totalement le restaurant typique que j’ai connu voici plus de 20 ans… Mais les gnocchis y sont toujours aussi bons, et l’ambiance sur cette place dominée par l’église Saint-Jacques est toujours aussi vivante. Il n’y avait que deux serveurs le soir où j’y suis retournée, mais leur efficience est extraordinaire. Et surtout, ils gardent le sourire et cherchent à faire plaisir!

      Le Saint Nicolas à Monaco

      J’y étais déjà allée l’an dernier, j’y suis retournée cette semaine, après l’exposition Turner. Une petite place calme, sur le Rocher, près de la cathédrale. Des raviolis ricotta épinards délicieux. Et un service avec le sourire, voire les plaisanteries (bon, parfois douteuses au niveau du genre) de la patronne et des serveurs. Une belle adresse!

      Storie di Mare à Campo Rosso

      Je n’ai pas pu profiter d’un dîner sur les galets, hier soir, car le temps ne le permettait pas (vent fort et risque de pluie). Mais la patronne s’était arrangée pour que nous ayons une jolie table face à la mer. Et le patron, son ami hongrois et deux jeunes serveuses nous ont servis avec le sourire, agrémentant ainsi, s’il en était besoin, un repas frais et authentique. Pour une trentaine d’euros par personne, avec dessert, café (vrai ristretto!) et Viognier de Toscane, ça vaut le détour. Belle salle, chaleureuse, qui m’a presque fait oublier que je ne pouvais pas dîner en plein air… Heureusement, j’avais pris la précaution de prendre l’apéritif sur le terrasse du bar voisin (là aussi, serveur accueillant et souriant, polyglotte), qui sert des Moscow Mule et du Pastis!

      L’Auberge aveyronnaise

      Non, je n’ai pas décidé d’écrire une série sur les restaurants proposant une nourriture saine et robuste, ni sur ceux qui évoquent les belles montagnes auvergnates, du nord au sud… Mais il se trouve que, par deux fois cette semaine, j’ai été invitée à déjeuner dans ce type de restaurant. Donc, en ce jeudi 18 avril, direction Bercy. Pas le ministère, mais un petit restaurant typique niché non loin du beau parc où vont faire la sieste les employé-e-s de celui-ci. Alors que les cadres, visiblement, ont élu domicile au restaurant sus-cité, à en croire par le nombre de « cols blancs » essentiellement mâles qui y déjeunent.

      Je connaissais cette auberge, c’est pourquoi j’y ai entraîné mon ami, pour le consoler d’avoir dû « remonter » de son Var tant aimé et d’affronter la froidure de ces journées où l’on n’est pas censé se découvrir d’un fil – d’ailleurs, à vrai dire, on remet plutôt des « petites » (voire des grosses) laines! Et je l’ai retrouvée inchangée. En voici l’histoire telle que narrée sur le site, avec juste quelques erreurs d’orthographe en moins.

      « Pour assurer cette relève, Tonton Georges en bon Aveyronnais voulait transmettre sa maison aux gars du pays, trois associés, trois amis, Dorian Alvernhe, Cédric Broussole et moi, Fabien Gayraud, neveu des créateurs.

      Tous issus de la région, racines bien ancrées, bercés plats de nos mamans, grand-mère, attachés à pérpétuer nos valeurs gastronomiques et de convivialité, qui font la renommée de notre Auberge Aveyronnaise.

      Depuis près de vingt ans, une histoire de passion, d’amitié, une belle histoire comme savent si bien les écrire les Aveyronnais. »

      Une jeune serveuse apporte la carte, qui comporte, comme dans nombre de brasseries parisiennes, une liste des « plats du jour », selon les jours de la semaine. Nous sommes jeudi… quelle chance! c’est justement la truffade, un de mes plats préférés! A boire? Du Marcillac, bien sûr. Je ne connais pas l’Estaing, et me suis jurée d’essayer un jour… Mais comme elle m’a dit qu’il était beaucoup plus léger, j’ai pensé qu’il ne « ferait pas le poids » avec une truffade, du jambon d’Auvergne et de la salade.

      « À l’ouest de Rodez, au pied de l’Aubrac, Marcillac est la plus importante appellation aveyronnaise, qui a longtemps été la seule à bénéficier de l’AOC. Historiquement liée à l’abbaye de Conques, elle est implantée dans la région naturelle du Vallon de Marcillac, dépression bordée par des régions d’élevage bovin ou ovin. Dans ce piémont du Massif central, les hivers sont rudes, mais les étés se montrent secs et chauds. Le vignoble est implanté sur les coteaux les mieux exposés de vallées encaissées?; généralement très pentus, ces derniers ont souvent été aménagés en terrasses. Le terroir se singularise par ses sols de couleur rouge violacé, riches en oxydes de fer, les rougiers. Cépage principal de l’appellation, le fer-servadou, appelé ici mansois, donne un vin à la fois tannique et très aromatique, d’une grande originalité. » (source)

      Mon ami a préféré l’aligot – saucisse, plus aveyronnais, il faut l’avouer. Les deux étaient absolument excellents. Je n’avais jamais mangé une telle truffade : elle était agrémentée d’un délicieux jus de viande.

      La bouteille n’a pas suffi… Avec la tarte tatin, une carafe du même vin a dû la compléter! Puis café et, bien sûr, vieille prune. Au départ, un seul verre partagé. Mais il n’a pas suffi, non plus, et, le temps passant, a été aussi complété. D’autant que nous avions noué conversation avec une table voisine, une charmante jeune femme qui nous a expliqué hésiter entre son métier actuel (la restauration) et un nouveau (la décoration intérieure)…

      Une très bonne adresse, encore, et des tarifs tout à fait raisonnables, comme vous pourrez le constater sur la carte en ligne. https://auberge-aveyronnaise.paris/. Un excellent moment de gourmandise et de convivialité, un de plus!

      La Ferrandaise

      Un petit restaurant niché sur le petit bout de la rue de Vaugirard qui relie le jardin du Luxembourg et celui que l’on nommait naguère le Boul’Mich, non loin de l’un des seuls restaurants coopératifs de Paris, l’Indonesia…

      Difficile à repérer, tant il est discret. C’est en cherchant sur le net un restaurant renommé pour sa blanquette de veau que je l’ai trouvé. Il venait, disait l’article, de rouvrir après une assez longue fermeture.

      Et je n’ai pas regretté ce choix. Imaginez un petit restaurant tout en longueur, cosy, chaleureux, où l’on est accueilli dans un décor rappelant l’Auvergne et ses magnifiques puys.

      La Ferrandaise, je croyais que c’était une habitante de Clermont-Ferrand… Que nenni! Ce sont des Clermontoises. Non, une Ferrandaise, c’est une vache…

      « Race du Puy de Dôme, la Ferrandaise est une vache très rustique et polyvalente. Élevée dans les parties montagneuses du département, elle se caractérise par sa longévité, sa bonne fécondité, ses qualités maternelles et son aptitude à la marche. C’est une race mixte : elle est aussi bien utilisée dans des systèmes laitiers avec transformation fromagère à la ferme, que dans des systèmes allaitants.

      « La Ferrandaise est une race rustique, qui ne craint pas le froid, et n’a pas de problèmes de pieds ou de membres. C’est une marcheuse infatigable qui a beaucoup d’énergie, ce qui la faisait apprécier pour le travail et le parcours en estive.

      Le lait de la Ferrandaise est à l’origine de fromages aussi divers que le bleu d’Auvergne, la fourme de Rochefort, le Saint-nectaire ou la fourme d’Ambert. Race laitière de type mixte, elle est encore traite dans un certain nombre d’élevage, qui transforment le plus souvent le lait à la ferme. Elle peut aussi être utilisée en système allaitant : c’est une nourrice parfaite pour obtenir des veaux à croissance élevée, lourds et bien conformés. » (source)

      Et c’est bien elle que vous voyez sur les photos ci-dessus! Comme sur cette carte postale ancienne, présentée sur le site de l’association éponyme.

      Et vous avez vu ses belles cornes en forme de lyre?

      Une carte simple, qui sent bon effectivement les bovidés de cette région, et offre des vins du crû. Alors, blanquette de veau et riz pour les uns, quasi de veau et purée pour les autres, le tout accompagné d’un Châteaugay, vin que mon père, jadis, appréciait presque autant que le vin de Boudes et le Chanturgue, et plus que le Saint-Pourçain.

      « Le cahier des charges indique comme cépage principal le gamay et comme cépage accessoire le pinot noir. Le gamay, favori des terres auvergnates, apporte le goût franc du fruit et la structure du vin. Le pinot rajoute de la complexité, de la finesse et de la richesse à ses arômes, et favorise aussi la possibilité d’une garde plus longue.

      La couleur du vin de Châteaugay est d’un rubis à la fois profond et vif, qui le différencie de celles des vins de Boudes et Chanturgue, plus sombres. Sa saveur est poivrée, longue en bouche. Les deux forment la signature d’un cru original. Le Châteaugay rouge a des saveurs de fruits rouges, ses tanins sont élégants : c’est généralement un vin souple, facile à boire, dont la légère acidité fait la fraîcheur et l’authenticité. » (source)

      J’apprendrai par la suite, en recherchant des informations sur ce vin, qu’il est produit par un ancien rugbyman de Riom, Roland Royet, et son épouse Catherine, qui ont opté pour le bio et sont installés à Ménétrol. Curiosité de ma part : pourquoi Ménétrol et non Châteaugay? En réalité, il n’y a que 7 kms entre les deux…

      Au dessert, une tatin avec un petit bol de crème fraîche. Un vrai régal que ce repas.

      Quant à l’ambiance… Très vite les relations se nouent d’une table à l’autre. Un couple, table voisine, partage son bonheur de vivre. Une dame, un peu plus loin, nous transporte à Madagascar, où elle élève des chevaux sur 17 hectares. On goûte les vins des uns et des autres, on échange gaiement. Au café, la dame seule nous rejoint. Un moment serein, gai, intéressant. Et chacun-e se promet de revenir. La voisine veut privatiser la cave, qu’elle a visitée et beaucoup appréciée. Je réalise maintenant que j’ai oublié d’aller la voir! Qu’à cela ne tienne, ce sera pour la prochaine fois. Car je n’ai jamais mangé viande si tendre et si bien cuisinée, pour un prix fort raisonnable. Un lieu qui vaut le coup qu’on s’y rende et s’y attarde… Ah! j’allais oublier! Si vous voulez en savoir plus, son site est ici.

      Désuet ou rafraîchissant ? Une pause chez Carette

      Il est de ces lieux qui fleurent bon le passé, et font revivre les Belles Dames et Courtois Messieurs de jadis… Tel est le cas de ce salon de thé dont j’ai poussé la porte pour la première fois en ce soir de janvier, après la représentation du magnifique spectacle de David Coria.

      Photo empruntée à la page Facebook de l’établissement

      Un vaste comptoir, sur le côté gauche de la salle, a de quoi exciter la gourmandise, avec sa farandole de gâteaux. Pour info, n’ayant pas réussi à le prendre en photo tant il est long, j’ai cherché sur le net. Apparemment, personne ne parvient à le photographier correctement!

      Même si, à cette heure tardive, il est aux trois quarts vide, il reste néanmoins de quoi faire saliver, entre éclairs, tartelettes au citron, millefeuilles et autres pâtisseries, sans compter une diversité impressionnante de macarons. Pour ma part, j’ai opté pour cette délicate tartelette, dont j’ai apprécié la finesse de la pâte et la délicatesse de la crème.

      Mais on peut aussi se sustenter avec du salé, notamment des sortes de Croque-Monsieur d’une délicatesse absolue.

      L’établissement est né la même année que ma mère, en 1927… Et – cela ne s’invente pas – la co-fondatrice se prénommait… Madeleine! Son portrait trône en majesté dans la vaste salle et, de son regard sévère, elle semble encore surveiller le personnel à ses entrées et sorties de cuisine, et la clientèle à celles des toilettes…

      Dans trois ans, l’établissement fêtera son centenaire, sans doute encore plus brillamment que celui de ses 90 ans, narré dans cet article. Un autre article, celui-ci dans le magazine du XVIème, présente joliment cette vieille institution du quartier :

       » C’est en 1927 que Jean Carette et sa femme Madeleine ouvrent leur pâtisserie sur la Place du Trocadéro.
      Le lieu devient vite le rendez-vous familial des parisiens de la Rive droite. On va « chez Carette » de génération en génération, avec sa grand-mère à l’heure du thé, avec ses enfants pour un goûter gourmand ou ses amis au déjeuner.
      Pourquoi le salon plaît-t-il toujours autant aujourd’hui ? Parce qu’il est immuable ! Si Carette s’est offert une petite beauté au tournant du XXIe siècle, l’établissement n’a jamais vraiment changé : le portrait de l’illustre patronne Madeleine Carette est toujours accroché au mur, les tables sont toujours en marbre rose, le carrelage en mosaïque a été conservé tout comme les miroirs et les éclairages en verre dépoli qui ont gardé leur style des années 30. Il y aussi le cérémonial d’un autre temps : les serveuses portant des tabliers blancs comme autrefois, la vaisselle joliment vintage avec ses services en porcelaine fleurie, ses carafes en argent, ses soucoupes et sous-tasses qui prennent toute la place sur les tables ! Carette, c’est tout cela : un service d’apparat, un décor mêlant classicisme et années folles, un lieu animé du matin au soir où se croisent la clientèle d’habitués, les riverains lisant le journal, quelques célébrités et des Instagrammeurs venus du monde entier pour photographier les pâtisseries dans leurs assiettes siglées Carette. »

      J’ai cherché en vain des références littéraires où elle serait mise en scène, mais n’en ai pas trouvé. Mais il est vrai que Proust est décédé 5 ans avant sa création…