Depuis le temps lointain où j’ai découvert Mauriac, le terme « palombe » m’a fait rêver… J’ai eu l’occasion, récemment, de découvrir les palombières dans les Pyrénées… Mais je n’avais jamais mangé de palombe. C’est maintenant chose faite.
Pas un salmis, pas une palombe au capucin, mais une palombe rôtie, dans un restaurant au nom prédestiné : Le Restaurant des Chasseurs, à Ascain. La carte annonçait en effet « Palombe rôtie sur le coffre, foie gras poêlé, chutney de figues, millefeuilles de pommes de terre ».
Ce fut un vrai régal. A vrai dire, après un foie gras délicieux partagé avec mes amis (les mêmes qui m’avaient fait découvrir le pigeon, jamais goûté non plus, à la Rôtisserie de la Tour d’Argent pour un anniversaire…), et avant un soufflé au Grand Marnier égoïstement dégusté seule (mais ça, je connaissais, et j’en mange souvent grâce à un restaurateur du Tréport, au Vieux Logis). Sans compter que fut également partagé un risotto aux cèpes dont le souvenir titille encore mes papilles…
Bref, un repas de roi… euh, non! de reine!
Il me reste donc à découvrir la palombe au capucin… ce sera pour une autre fois…
Mais peut-être êtes-vous comme moi, incapable de faire la différence entre une palombe et un pigeon?
« La palombe (ou pigeon ramier) est le plus grand des pigeons européens, mais également le plus commun. Il pèse entre 460 et 570 g pour une longueur de 40 à 42 cm. Elle est reconnaissable aux plumes blanches qui forment deux plaques de chaque côté de la base de son cou. Elles côtoient des plumes roses, pourpres, vert clair et vert sombre aux reflets irisés. Son envergure est comprise entre 75 à 80 cm.
En vol, elle est aussi reconnaissable aux plumes blanches qui forment, sur le dessus de chaque aile, en plein milieu, une bande. Lorsque les ailes sont repliées, cette ligne se fait plus fine et se situe sur le devant, de chaque côté de la poitrine. Ces plumes ne sont présentes que chez l’adulte, le juvénile, lui, étant globalement gris.
Le bec de la palombe est rose pourpre à la base et jaune à son extrémité. Mâles et femelles ont des aspects très proches. Seul le spécialiste peut remarquer que les taches blanches du cou sont un plus développées chez le mâle, et que sa poitrine est un peu plus colorée que celle de la femelle. »
« La palombe se nourrit de feuilles, de bourgeons, de jeunes pousses, de graines, de fruits, mais aussi ponctuellement de petits mollusques et escargots. Elle est capable d’avaler des éléments végétaux assez gros, comme un gland de chêne ou une cerise. »
Voilà, vous savez tout… ou presque… Il ne vous reste plus qu’à faire comme moi, et tenter une dégustation…
Cela fait longtemps que je regrette de ne pouvoir finir mes assiettes dans les restaurants, et de ne pouvoir goûter davantage de mets. Que je dis « Il faudrait des portions moins importantes pour les personnes qui aiment déguster ou pour celles dont l’appétit est limité »…
Eh bien, j’ai vu mon voeu exaucé, avant-hier soir, dans un restaurant découvert par hasard dans la rue Biot, près de la Place Clichy. Une rue où m’avait entraîné un ami résidant non loin de là. J’ai compris pourquoi : il y a beaucoup de bistrots, café, restaurants et autres lieux conviviaux dans cette rue. Mais la plupart étaient pleins. Un aller. En vain. Un retour. « Tiens, une table s’est libérée dans ce resto! ». Un coup d’oeil rapide à la carte. Et là, surprise : face aux mets, deux colonnes. Une pour les « gourmets » (qu’iels n’ont pas mis au féminin, ça ferait trop « bijouterie ») et une pour les « gourmands » (mots qui a une connotation un peu « sexe » au féminin…). Avec des prix différents, bien sûr…
Nous entrons, on nous guide vers la table qu’on nettoie et dresse aussitôt, et nous voilà assis dans d’élégants fauteuils en bois, à la fois légers et confortables, devant une table mise avec goût : beaux verres à pied, assiettes simples mais belles, serviettes en triangle posées sur le coin de la table, supportant les couverts d’une belle simplicité également.
Pour moi, un gaspacho excellent. Visiblement « fait maison », contrairement à ceux qui parfois paraissent directement issus d’une conserverie. Délicatement rehaussé d’herbes. Puis de la pintade tendre en sauce. J’ai juste regretté que la poire promise soit réduite à deux tranches fines, alors que le chou-fleur était en abondance. Enfin, un dessert partagé tant il était copieux. Il était un peu tard quand j’ai pensé à le prendre en photo : je l’avais coupé, et les fruits s’étaient glissés entre les parts, mais cela vous donnera une idée…
Et voici sa photo sur le site du restaurant.
Bref, un excellent choix que le nôtre ce soir-là… Qui plus est, des serveuses charmantes et aussi efficaces que discrètes…
Ah! J’allais oublier de vous donner son nom! Le Strobi. Et son site : https://www.le-strobi.fr/ Et en prime l’adresse : 12, rue Biot, dans le 17ème.
Un autre détail pour les amateurs d’art. Il est orné de tableaux de deux peintres du coin. Bert Belanger, alias The Mad Silkscreamer, et Daniel Ricau. Un petit mot supplémentaire sur Bert Belanger, que j’ai déjà rencontré lorsqu’il m’avait fait visiter son atelier. Il travaille avec une association intéressante avec des personnes en insertion, La Fédé. Vous pouvez le voir sur cette vidéo.
Bonnes découvertes à vous, donc… Quant à moi, je me suis promis de visiter prochainement cet autre restaurant, sis en face du Strobi : Les Marchands de Vins. Mais c’est une autre histoire…
Il fait chaud en ce 9 août… pas le moment de rester en ville ni de jouer les « touristes ». Alors, direction l’Italie, pour profiter d’une demi-journée en bord de mer. Car dans ce pays, on peut encore déjeuner dans un bon restaurant sur la plage, louer transats et parasols sans se faire « plumer », et, cerise sur le gâteau, faire ses courses à la fraîche pour se réapprovionner en bons petits vins italiens à 1,99 euros la bouteille, en Limoncello à 33 degrés, et en alcool pour en fabriquer, à 95 degrés!
Le restaurant choisi est voisin de celui dont il a déjà été question ici, le Storia di Mare. Cette fois, j’ai testé avec une jeune amie l‘Osteria I fra i. Elle est située à Camporosso, sur le « Lungomare Fabrizio de André », au numéro 8. Facile de stationner, tant sur les parkings que le long de la route qui longe le bord de mer. Y aller peut se combiner avec la visite de Vintimille, son adorable vieille ville et son site archéologique, ou un ravitaillement à bas prix chez Conad à Latte, puis une soirée mentonaise, ce que nous avons fait.
Le site est tranquille, on peut manger les pieds sur les galets ou sur une terrasse de bois, qui permet même les tables rondes et est astucieusement bordée de voilages épais, que l’on peut ouvrir ou fermer à sa guise.
Et la nourriture est aussi belle que la vue…
Pour commencer, un petit tartare de poisson accompagné d’un guacamole délicatement épicé et de petits légumes frais…
Puis des gnocchis fondants en sauce tomate goûteuse, pour accompagner le thon.
Enfin, pour finir, mon amie et moi avons partagé un VRAI tiramisu et une panna cota à la violette.
Un vrai espresso, un petit Limoncello, et me voici prête à aller faire la sieste sur l’un des transats et sous l’un des parasols loués à prix modique par le restaurateur.
Quatre aller et retour à la nage n’ont pas été de trop pour tenter d’éliminer! Et une bonne sieste pour far-niente! Avant de reprendre à 19h30 la route vers Latte, de l’autre côté de Vintimille, pour les courses chez Conad, qui ferme à 21 heures. Il était temps!
Il est des villes et bourgs où l’on passe, sans jamais s’y arrêter, ou tout au moins s’y attarder. C’est par exemple pour moi le cas de Sospel, qui avait jusqu’à présent le tort d’être situé sur la route qui mène à Tende, où je vais de temps à autres, et, au-delà, à Limone, une des stations de ski les plus proches de Nice. Je m’y étais arrêté une ou deux fois, et le charme de ses terrasses dominant la Bévéra m’avait déjà séduite, mais jamais assez longtemps pour une vraie visite. En ce premier dimanche d’août, ce fut donc pour moi une série de découvertes.
La première, c’est le restaurant où j’ai déjeuné. Pas un de ceux qui longent la rivière : il est blotti, un peu caché, derrière une belle fontaine, non loin de là.
Cette photo a été empruntée, mais voici celle que j’ai pu réaliser de la table…
J’ai cherché en vain son nom, et son histoire. Au point que je me demande si elle n’a pas été déplacée? Si l’un-e d’entre vous peut m’aider à comprendre, merci! Mais revenons au restaurant. Un accueil très aimable, chaleureux, comme je les aime. Dès l’arrivée, un petit cocktail offert, à base de… gingembre! Vous imaginez comme j’ai apprécié!
Une carte évolutive, en lien avec les opportunités du marché. J’ai hésité! Notamment entre de l’espadon dont la fraîcheur ne faisait pas de doute, vu la proximité des gérants avec les pêcheurs du coin, et du confit d’agneau. Je pensais « de 5 ou de 7 heures ». Mais non, ici, c’est « de 6 heures ». Ce fut le second que je sélectionnai. Et je ne l’ai pas regretté! Fondant, et une sauce si « goûteuse » que je demandai une cuillère pour mieux l’apprécier…
Le tout avec un petit rouge du Var…
Moi qui aime le nez « fruits rouges » et le tannin, j’ai été gâtée! Il faut dire (je l’ai appris depuis) qu’on y retrouve le syrah.
« Cette coopérative provençale réputée pour ses rosés nous a séduits cette fois-ci avec un rouge (syrah/grenache/cabernet sauvignon). Quel joli fruit rouge (fraise, groseille) et quelles belles épices! La bouche est gourmande, légère mais ample, les tannins sont présents mais lisses, c’est la quadrature du plaisir… » (je connaissais la « quadrature du cercle », mais pas celle « du plaisir »!)
Résumons-nous : un espace un peu à l’écart de la foule touristique, une terrasse tranquille proche d’une fontaine, du monde aux petits soins pour la cliente pourtant bien « estrangier », un agneau fondant à souhait dans une sauce aromatique à souhait, un vin à la puissance enveloppée de douceur… Que demander de plus?
Peut-être vous demandez-vous d’où vient son nom. C’est celui de la place où est situé le restaurant. Une fois cela dit, la signification peut rester encore énigmatique, n’est-ce pas? J’ai tout de suite pensé aux chèvres, et mes recherches ultérieures m’ont donné raison…
« C’est ici que l’ on regroupait au XVI e siècle les troupeaux de chèvres ( Cabraïa en sospellois) avant de les mener sur leur lieu de pâture.
La fontaine avait deux fonctions : la partie basse servait d’abreuvoir et la partie haute était réservée aux besoins ménagers. Les entrepôts de sel sur la voie muletière se trouvaient aux alentours ».
C’est la première fois que j’entends parler de ces « deux fonctions », où l’on retrouve la répartition spatiale de certaines maisons montagnardes : le haut pour les humains, le bas pour les animaux…
J’ai par ailleurs recherché l’histoire de ce commerce. Voici ce qu’il en est dit : « La société LA CABRAIA a été créée le 31 juillet 1998, il y a 27 ans. Sa forme juridique est Société à responsabilité limitée (sans autre indication). Son domaine d’activité est : restauration traditionnelle. En 2022, elle était catégorisée Petite ou Moyenne Entreprise. Elle ne possédait pas de salariés. » (source).
Je vous en donne donc l’adresse, pour que vous puissiez en profiter si, un jour, vous passez par Sospel ou y séjournez (le bourg le mérite, je vous le prouverai dans un prochain article) : 1, Place de la Cabraïa à Sospel. Un parking tout proche permet de stationner gratuitement.
Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas être aussi diserte que pour l’aller, un seul article suffira pour vous parler de deux haltes.
La première nous a accueilli-e-s dans un superbe camping, à Goudargues, surnommée « La petite Venise gardoise ». Et elle mérite bien son nom!
Le camping Le Saint Michelet est situé au bord de la Cèze, avec une jolie plage… un peu décalée de la rive, c’est original!
Il offre aussi la possibilité de se baigner dans une jolie piscine, au bord de laquelle se situe le café – restaurant à l’ambiance sympathique, où nous avons pu assister à la fin d’un match de football qui restera dans les mémoires.
Le Clos des Sources… Retenez ce nom, car le personnel y est charmant, l’endroit très reposant, et bien aménagé… Il y a même une maisonnette qui abrite une vaste salle de douche et toilettes pour les personnes en situation de handicap physique! Et la gérante a eu la gentillesse de faire un énorme geste commercial quand elle a appris la situation dans laquelle nous étions, avec un véhicule qui nécessitait le second pour pouvoir démarrer à coup de pinces crocodile! Et qui, après que nous eûmes pris un délicieux petit-déjeuner au bord de la piscine, nous a prêté le lendemain matin l’outil dont nous avions besoin…
Au couchant, nous décidâmes d’aller « en ville », car l’aperçu du bourg à l’arrivée nous avait séduit-e-s. Et à juste titre, comme vous avez pu le constater sur la première photo de cet article.
Plusieurs restaurants bordent la rivière, et nous avons choisi La Bocca, car la serveuse fort aimable proposait une adorable table tout au bord de l’eau. Un merveilleux endroit! Et la nourriture ne l’était pas moins, avec une souris d’agneau dont je ne suis pas venue à bout…
Mais la salade Bocca n’était pas mal non plus… Jugez-en plutôt!
Quant aux frites, elles sont dignes d’un estaminet, en accompagnement de brochettes!
Personnel adorable, avec qui j’ai noué connaissance, et couple de patron-ne-s tout aussi gentils, au point de rechercher l’outil dont nous avions besoin et le prêter aux inconnu-e-s que nous étions. Petite promenade au retour, avant de regagner le camping.
Bref, vous l’avez compris, une halte qui a mis du baume au coeur aux malheureux automobilistes confrontés à la panne et aux difficultés de circulation en ce week-end prolongé.
Après une journée assez éprouvante, en raison de la circulation, mais aussi d’un orage de grêle tel qu’une petite partie de route était bordée de congères… Pas question donc d’arriver le soir en Picardie. Repos à Orléans, afin de profiter à nouveau des bords de Loire. Hélas, toutes les guinguettes sont fermées en ce dimanche soir… Mais une belle balade au couchant, quand même, et le plaisir d’aller à nouveau dîner africain au Boloye, chez Khady. Toujours un bel accueil, et l’ami qui ne connaissait pas les plats africains a pu goûter au poulet Yassa, aux alokos, à l’attiéké et même au foutou banane, si rare en France!
Vous acceptez de regarder de mauvaises photos? Alors je vous emmène faire une petite promenade nocturne dans Orléans. D’abord, la cathédrale…
On ne peut oublier ici l’influence de Jeanne d’Arc ni de la lignée royale…
Et j’apprécie toujours autant les maisons à colombages, que l’on retrouve dans tant de région de France.
« Mazette »… Un mot que je n’avais pas entendu depuis longtemps! Et savez-vous ce qu’il signifie, hormis en tant qu’exclamation exprimant l’étonnement ou l’admiration? Un « mauvais cheval ». On ne peut dire que ce soit très valorisant, comme terme… D’autant que, par extension, il prit ensuite le sens d’ « avorton », de « personne qui manque de force, d’adresse, (etc.).
« L’humiliation profonde d’un gros personnage qui s’est fait (…) clouer le bec par une mazette de bureaucrate (Courteline, Gaîtés esc., Sans chenil, 1897, I, pp.269-270). »
« Quand il est bien avec un type quelconque, il dit tout de suite, «c’est un grand monsieur», ou «c’est un grand bougre». Pas de milieu pour Joseph: d’un côté les canailles ou les mazettes, de l’autre, les «grands quelque chose» (Duhamel, Passion J. Pasquier, 1945, p.119). » (CNRTL)
C’est pourtant le nom qui a été choisi pour le lieu que j’ai découvert hier, accosté près du port de la Râpée. Je me promenais en bord de Seine, près de la Gare d’Austerlitz et de la Cité de la Mode, quand j’aperçus cette « péniche » (mais peut-elle se mouvoir??? il semble que ce soit plutôt une barge… mystère!) en raison des coloris vifs qui la distinguaient. Vite, traverser le pont et la trouver sur le quai. Beaucoup de monde, visiblement, et j’ai failli ne pas y monter. Mais, la curiosité aidant, je décidai d’aller la découvrir. Et j’ai bien fait! Un lieu étonnant, une grande mixité selon tous critères, un vrai « lieu de vie et de rencontres ». Une DragQueen se promenait sur le pont, distribuant des papiers. J’appris par la suite qu’il s’agissait d’un jeu.
Plus de place assise. Je demandai à une jeune femme si elle acceptait de partager sa table, et elle accepta avec un beau sourire… C’est ainsi que j’ai passé une très agréable et intéressante soirée avec Mélissa et Hajar, son amie d’enfance. Nous avons beaucoup échangé, beaucoup « voyagé », et beaucoup ri. Une soirée de rêve! Avec des cocktails délicieux, comme ce « Cactus » que j’ai vraiment apprécié, et des tacos végans qui méritent le détour. Le tout à des prix très raisonnables.
J’émettrai cependant une réserve, liée au fait qu’à 22h et quelques (je n’ai pas regardé l’heure), des vigiles font évacuer le pont ouest, d’où je venais d’admirer le couchant sur la Seine, pour faire aller vers l’arrière et surtout en bas, où visiblement l’on devait danser bien tard… Mais cela, je ne l’ai pas vu : travail oblige, il fallait rentrer!
N’étant pas fan de télévision, je ne connaissais pas l’émission permettant d’élire « Le village préféré des Français » (sic!) jusqu’au moment où elle s’est intéressée à notre petit coin de Picardie, d’abord autour d’Ault, puis, cette année, à propos de Mers-les-Bains, qui est ainsi devenu, à notre grande surprise, le 2ème village, après… Collioure. J’aime beaucoup la côte picarde, mais il ne me serait jamais venu à l’idée de comparer Mers et Collioure!
La conséquence est désastreuse : notre coin relativement tranquille ne l’est plus, et tout est envahi de touristes, parfois venus de bien loin… Or les infrastructures, notamment en termes de restauration, ne sont pas suffisantes pour ce flot brutal!
Prenons l’exemple de ce que l’on appellerait ailleurs « paillotte », installée sur les galets, La Belle Plage. J’aime la fréquenter, quand ma cabine de plage n’est pas encore installée, car elle a beaucoup de charme, avec sa structure de bois et sa magnifique vue mer.
Le Moscow Mule y est excellent, et accompagné, comme tous les autres apéritifs ou cocktails, de mini-toasts accompagnés de tomates délicieusement assaisonnées… les huîtres sont à un prix très abordables, et le camembert rôti me tente souvent.
J’ai pu y aller me reposer et restaurer la semaine dernière. Mais, cette semaine, pas une place de banquette, pas un fauteuil, pas une chaise de libre! Tout était comble, archi-comble… Quel dommage! La rançon du succès… car entendu sur l’esplanade : « On l’a vu à la télévision »…
Mais je ne désespère pas de pouvoir admirer à nouveau le couchant depuis la table où je me suis régalée…
Invitée hier par une amie qui aime la vie et connaît bien la capitale, j’ai découvert une brasserie qui m’avait, jusque là, échappé : la Brasserie Mollard, sise juste en face de la Gare Saint Lazare, station que je fréquente pourtant assez souvent… Mais il faut dire que des travaux quasi-permanents empêchent de percevoir correctement l’environnement de cette gare.
L’intérieur est saisissant, et ne peut laisser indifférent-e… J’en ai recherché l’histoire dans des articles « scientifiques ». En voici quelques extraits.
Pourquoi des décors de faïence dans ce type de brasserie?
Comme beaucoup de brasseries parisiennes (mais pas que…), ce sont d’abord les céramiques qui attirent l’oeil. Pourquoi sont-elles là? L’explication m’a surprise, il me faut bien l’avouer.
« À la suite d’une réflexion globale sur la salubrité publique, de nombreux « lieux d’hygiène » se dotent de décors de faïence qui présentent l’avantage de se nettoyer facilement. Parmi les commanditaires de ces tableaux brillants, on trouve les cafés. La brasserie Mollard est l’incarnation même de cette volonté d’assainir la ville à l’approche de l’Exposition universelle de 1900. Situé dans le quartier de la gare Saint-Lazare à Paris, l’édifice dont on doit l’aménagement intérieur à l’architecte Édouard-Jean Niermans (1859-1928) devient « le rendez-vous des voyageurs du monde entier6 ». (Source)
J’ai dîné sous l’une de celles qui m’ont le plus séduite, le « Dîner chez Mollard », datant de 1895.
A cette époque, Simas, jeune trentenaire, avait fait le choix de travailler avec la Manufacture de Sarreguemines. Cette entreprise est devenue française, suite au rattachement de l’Alsace à la France. Elle est alors en pleine croissance (source).
Cela a entraîné des confusions, certains pensant que la brasserie avait été fondée par un Alsacien, alors que le fondateur était Auvergnat ! Bref, si vous en avez l’occasion, allez découvrir ces neufs panneaux dont l’esthétique variée peut vous séduire…
Attention au piège des panneaux de verre !
Saisissants, ils sont de style Art Déco. Mais ne « tombez pas dans le panneau », c’est le cas de le dire! Ils sont tout à fait modernes, et leur présence est liée à la restauration des lieux, entreprise à partir de 2012, et pas encore totalement achevée. Stéphane Malchow, descendant des deuxièmes propriétaires de l’établissement fondé en 1867 par le couple Mollard, les Gauthier, a demandé leur création au Maître Verrier Eric Bonte.
Ils sont situés à l’arrière du restaurant, où j’ai découvert une salle de réception et une salle de conférence.
De magnifiques verrières
Impossible de ne pas lever la tête pour admirer les verrières fleuries, qui ont été pour la plupart reconstituées aussi récemment.
Un ensemble harmonieux, donc, et le partage de la vaste surface en différents espaces permet de créer des salles diverses, dans une unité globale.
Et d’un point de vue gastronomique?
Une grande partie de la carte est consacrée aux fruits de mer, et j’ai pu déguster trois variétés d’huîtres tout aussi goûteuses les unes que les autres, quoique bien différentes. Mais on peut aussi déguster des plats plus carnés, comme ces ris de veau dont s’est régalée mon amie. Au dessert, un autre régal : les crêpes flambées au Grand Marnier…
Une seule ombre au tableau : il faut « avoir les moyens » pour s’y offrir un repas. Mais si l’on considère que ces lieux constituent un spectacle, cela en vaut la peine… Pour ma part, je remercie ma généreuse amie de m’avoir permis de l’admirer.
Toutes mes excuses aux fidèles de ce blog, qui est resté muet pendant un long moment… Le temps de commencer à me remettre d’un accident de voiture dont je n’aurais pas dû sortir vivante… Mais je le suis toujours, et me revoici en train de partager avec vous mes découvertes. Certaines sont récentes, d’autres datent « d’avant », mais j’ai voulu les relater quand même…
Pour initier ce renouveau printanier, une trilogie de jeunes qui n’ont pas craint, entre 20 et 30 ans, de se « lancer » dans la restauration, avec des idées intéressantes.
Le premier est le plus « classique ». Je crois en avoir déjà parlé ici, mais il mérite de figurer dans ce groupe. Il gère, avec une toute petite équipe, ce que je nommerais un « bistrot », terme qui relève pour moi de l’affect. Car on s’y sent bien, comme on peut en juger au nombre incroyable d’habitué-e-s qui le fréquentent, pour certaines et certains, quasi quotidiennement. Le midi, on y déjeune pour moins de 20 euros, entrée, plat, dessert. Des plats « comme chez soi », ou des recettes plus recherchées… Mais surtout, il y a un véritable accueil, malgré la quantité de convives pour le déjeuner. Habitant-e-s du quartier, employé-e-s ou ouvriers oeuvrant dans le coin, ou artistes plus ou moins renommé-e-s s’y côtoient dans un joyeux brouhaha. Le soir, c’est apéro pour certains, « after work » pour d’autres, mais là aussi beaucoup de monde se retrouve. Et le jeune patron est toujours là, souriant. Bref, un endroit (d)étonnant sur le Boulevard Saint Germain, où il se situe au numéro 13… Son nom ? Le Relais Fac, à essayer sans hésiter.
Le deuxième l’est aussi par son choix culinaire : une pizzeria. Mais moins par un autre choix: celui de ne faire consommer que français. J’ai découvert cette option en voulant commander un vin italien. Refus catégorique : « Nous n’avons que des vins français ». Mais aussi en parcourant la carte, qui présente une carte de l’origine des garnitures, qu’il s’agisse de légumes, de fromages ou de charcuteries. Mais alors, me direz-vous, est-ce que leurs pizze sont bonnes? Eh bien, c’est la meilleure pâte que j’aie jamais mangé, aussi bien en Italie qu’à Nice ou environs… A la fois pas trop épaisse et extrêmement tendre et « goûteuse »… Et ça marche! On se bouscule dans ce petit restaurant d’Issy-les-Moulineaux, et mieux vaut réserver. Son nom? Le Pizzou. Expliqué sur le site :
« En fait on a voulu dire en un seul mot qu’on faisait de la pizza mais aussi du 100% français. Notre manière à nous de traduire pizza en français Pizzou ça nous paraissait bien résumer notre envie de « Pizza » et de « franchouille ». Un joyeux mélange d’un plat populaire partout dans le monde et de produits glanés dans toute la France.«
Et ça marche au point qu’ils ont essaimé : 4 restaurants à Paris et proche banlieue. Celui dans lequel j’ai dîné est situé 19 rue Ernest Renan, à Issy-les-Moulineaux. Mais il y en a aussi dans le 12ème, dans le Marais et à Pigalle…
La troisième découverte n’est pas parisienne, mais rennaise. En cherchant un restaurant proche de la gare de Rennes, j’ai été tentée d’essayer celui dont un article du Télégramme (de Brest, pas de Rennes!) disait beaucoup de bien. Car l’idée me semblait un peu folle. Deux jeunes de 24 et 25 ans se lançant dans un restaurant de 100 places, en soignant son aspect cocooning, alors qu’il est situé au pied d’immeubles informes. Et elle et il ont réussi. On se sent bien malgré l’immensité des lieux et un voisinage d’immeubles de bureaux. L’acoustique a été étudiée soigneusement pour étouffer les bruits. Le décor est moderne, mais on est assis-e sur des fauteuils confortables, revêtus d’un doux tissu. Et les tables sont suffisamment éloignées les unes des autres pour que nul n’entende la conversation des autres. La carte propose des plats bretons, mais aussi des recettes classiques revisitées. Ce que j’ai mangé était excellent. Le cocktail aussi. Et des produits visiblement frais. Avec une option « circuit court », comme dans la pizzeria précédemment évoquée. Si donc vous passez par Rennes, allez le découvrir. Monsieur Arthur, 24, Place Raoul Dautry. Et il paraît que ça marche si bien que deux autres restaurants s’ouvrent à Roazon…
Il était une fois un moulin. Celui-ci était situé sur la Vilaine, non loin de Rennes. La photo, empruntée à ce site, le montre en l’état, au siècle dernier.
« Les moulins d’Apigné sont de datation ancienne mais ont été reconstruits au cours du XIXe siècle. Mise en faillite en 1904, la minoterie est rachetée par J.-M. Huchet pour y installer une briqueterie. Le 5 octobre 1906, des travaux de restauration et de réhabilitation des bâtiments, ainsi que la construction d’un four à briques sont entrepris. Le 1er janvier 1923, constitution d’une société en nom collectif sous la raison sociale Huchet frères et soeurs pour la fabrication et la vente de briques, pour une durée de vingt ans. En 1923, la briqueterie consiste en un grand bâtiment comprenant au rez-de-chaussée : le moteur, les appareils divers à filer et à mouler, les presses, les pompes et du matériel divers, et aux trois étages supérieurs : les séchoirs et un grenier. Un hangar abrite par ailleurs un four à flamme renversée avec sa cheminée, et plusieurs bâtiments sont à usage de logement, de bureaux, de magasins, d’entrepôts ou de séchoirs. Dans les années 1920, la production se cantonne à de la brique pleine, alors qu’elle se diversifie après la crise économique des années 1930 avec de la brique creuse, de parement, de gros oeuvre, de cloison et du hourdis de plancher. Jusqu’en 1940, elle est dirigée par la famille Huchet, puis M. Chatel prend la tête de l’entreprise. De 1954 à 1956, la briqueterie bénéficie d’un développement technologique tourné vers une mécanisation systématique qui va entraîner plusieurs campagnes de travaux et accroître la production. En 1956, mise en place du four-tunnel alimenté au fuel et atteignant 1000°C. La briqueterie cesse toute activité en 1971. Aujourd’hui, les bâtiments abritent différentes associations de sports nautiques.. En 1859, mention d’une machine à vapeur locomobile. En 1906, attestation d’une tuilerie système Bürher. En 1923, existence d’un grand four à feu continu de douze chambres avec ses accessoires. Le matériel d’exploitation comprend des wagonnets, des rails, des plaques tournantes, deux presses à main, des séchoirs mobiles et une turbine hydraulique.. En 1920, la briqueterie emploie une trentaine d’ouvriers et une quarantaine dans les années 1950. » (Source)
Je ne connaissais pas l’histoire lorsque j’ai connu « Le Moulin d’Apigné » voici quelques années… et j’ignorais qu’on employait naguère le pluriel, d’ailleurs. En effet, j’allais parfois dîner dans cet endroit plein de charme : un des bâtiments avait été transformé en restaurant.
En route vers le Pen Ar Bed, il était temps de faire une pause déjeuner : midi sonnait à l’entrée est de Rennes. Or le restaurant est situé à l’extrêmité ouest. Appel. Réponse positive. Vite, direction l’Occident. Mais plus de « Moulin », malgré l’indication des signalétiques voisines. A la place, un « Smok », et une affiche qui donne envie de fuir. Je pense m’être trompée, mais non : les environs sont toujours aussi dignes de Courbet…
… Si l’on excepte les péniches, d’états variés…
Mais c’est bien le moulin, pas d’erreur possible…
Sur la photo ci-dessous, j’ai encadré (à gauche) le petit panneau, à peine visible, indiquant « Moulin d’Apigné ».
Pas de doute possible : le « Smok » est bien l’avatar du « Moulin ».
Fatigue de la route et curiosité aidant, tant pis, allons découvrir ce qu’est devenue notre chère auberge.
Le lieu a été modernisé, c’est le moins que l’on puisse dire, accueillis par deux athlètes.
Mais l’accueil est toujours aussi agréable, et je bénéficie d’une jolie table en bois, non caché sous ou par une nappe, avec une vue sur la rivière, agrémentée par une belle bruyère (pas de triche, la photo est bien prise de ma place, position assise!).
Sagement orientée au départ vers un simple ceviche, je suis séduite par le menu complet.
Alors, me direz-vous, pourquoi ce nom? La suite du menu l’explique : regardez ce que sont les « viandes smokées » :
Se sont donc ajoutées au ceviche (très fin) une Picanha de veau (délicieuse, avec sauce aux champignons frais) et une Tarte au citron (moins aimée, car trop éloignée de la classique de Menton, que j’aime tant… mais originale, avec son goût spécifique).
D’autres avaient préféré le jarret de porc (aussi « smoké ») accompagnés de cocos… de Paimpol, bien sûr! avec une sauce chimichurri.
J’ai évidemment goûté le plat. Et ai trouvé le chimichurri plus fade que celui du restaurant argentin dont je vous ai déjà parlé, El Sur, à Paris. Mais depuis, j’ai appris qu’il y a deux sauces différentes à base de cette épice sud-américaine qu’est le chimichurri :
« C’est un mélange d’herbes et d’épices originaire d’Argentine mais aussi très populaire en Uruguay, au Nicaragua et au Mexique. Il sert à confectionner la sauce du même nom, ainsi que des marinades et des viandes en croûte.
Les deux versions sont légèrement différentes : le Pampeano est particulièrement relevé alors que le Patagonico sera plus doux. » (source)
J’ai ainsi découvert que j’aimais le Pampaneo davantage que le Patagonico!
Quant au Malbec, il faut reconnaître que les Argentins le travaillent mieux que nous. Mais le Madiran proposé à ma demande de Malbec n’était, une fois réchauffé et aéré, pas si mauvais que dans mes souvenirs de ce vin.
Bref, un bel accueil, un repas de qualité pour un prix acceptable, et un lieu qui méritera d’être revu à la belle saison, car en terrasse ce doit être encore mieux!