Peut-on rire de tout ?

Vaste question, n’est-ce pas? Mais la pièce vue hier soir m’a poussée à me la poser à nouveau.

Car je dois avouer que, comme la grande majorité du public dans la salle du Théâtre Fontaine, j’ai beaucoup ri à certains moments. Le dialogue est amusant. Une vraie comédie de boulevard. Mais le sujet l’est moins, surtout pour quelqu’un comme moi, qui ai connu la vie de l’Allemagne dite de l’Est sous l’autorité soviétique, qui ai partagé les craintes de mes amis allemands, et ai pu voir les conséquences horribles de la répression permanente.

Car la pièce met en scène cette période sombre qui a précédé la chute du mur de Berlin. Période où nombre d’habitants de la RDA ne pensaient qu’à fuir de l’autre côté, en se faisant une image un peu trop idyllique de ce qui se passait à l’ouest… Et certains des personnages illustrent les fanatiques du régime, voire les tortionnaires de la STASI.

Un des films projetés durant la séance, évoquant le Berlin de l’époque (source)

Alors, me direz-vous, pourquoi tant de rires?

Car certaines répliques y poussent, et, au comique de mots, s’ajoute celui des situations. Le jeu exagéré de certains acteurs, et surtout de l’actrice principale, m’a certes gênée, mais il faut dire que je me suis bien amusée. Tout au moins pendant la première moitié de la pièce. Pendant la seconde, j’étais partagée entre rires et horreur, tant remontaient des souvenirs noirs…

A la sortie, avis partagés. Le public a ovationné les acteurs. Certes, ils et elles se sont littéralement démené-e-s pour maintenir un rythme effréné tout du long. Et la mise en scène, avec « irruption » (je choisis volontairement ce mot, tant on s’y attend peu) de films et animations, est assez originale.

Mais la question demeure : peut-on rire de tout? Comment la pièce parle-t-elle aux générations pour qui cette période relève désormais de l’histoire?

La voûte étoilée du théâtre évoque une autre Dimension…

Ne restons pas sur une note trop sombre. Car, à la sortie, j’ai ri à nouveau en découvrant la décoration du théâtre…

Le livre des solutions

Voilà longtemps que je n’étais pas allée au cinéma, avant cette froide semaine de janvier. Et maintenant trois films à la suite! Après la campagne, encore la campagne. Mais, cette fois, la campagne-refuge, dans les Cévennes, pour un réalisateur hors-normes qui veut (doit???) fuir les studios parisiens.

Et hors-normalité.

Je ne vais pas vous en dire plus, car je ne m’attendais pas du tout à ce genre de film quand je suis partie le voir, sur la gentille invitation d’une jeune femme qui signalait, sur le site OVS, que le cinéma UGC Montparnasse proposait de revoir les films que l’on avait « ratés » dernièrement, pour la modique somme de 5 euros. Une excellente initiative. Pas seulement pour le montant de l’entrée, mais surtout parce que je suis LA spécialiste du « trop tard », pour aller voir les films que je souhaite découvrir. Du printemps à l’automne, parce que je préfère profiter des belles journées et longues soirées. L’hiver, parce que je privilégie danse, concert, théâtre ou restaurant (de préférence au coin d’une cheminée, comme vous l’avez lu dernièrement)!.

Je ne vous dévoilerai donc pas davantage le scénario. Mais si vous voulez voir un film original à différents points de vue, aux acteurs convaincants (bien que le premier rôle soit un peu trop omniprésent à mon goût), au scénario inédit (à part une scène dont je me serais bien passée), et qui offre des moments inoubliables… Alors c’est celui qu’il faut aller voir.

Attendez-vous à être bousculé-e, voire dérangé-e… bref, un film qui est loin de détendre, distraire (même si certains membres du public ont beaucoup ri) et reposer… Il m’a poursuivie toute la nuit, et cela continue…

Deux films promouvant la vie à la campagne…

J’avais très envie de voir « 5 hectares », car un peu fan, je l’avoue, de Lambert Wilson… Un peu plus frileuse pour le « Bonnard » sur lequel certains critiques étaient très réservés. Néanmoins, grâce au mauvais temps de ces derniers jours, je suis allée voir les deux, et ne puis m’empêcher de vous en faire retour.

5 hectares

Si vous recherchez un film « intellectuel », puissant, savant, passez votre chemin. Si vous avez envie de vous détendre et que vous appréciez l’humour au deuxième, voire au troisième degré, filez vite le voir, il ne va sans doute pas rester longtemps sur les écrans…

Pourtant, que cela fait du bien de voir un tel film, aussi vivant, dynamique, optimiste, rafraîchissant! J’ai passé un excellent moment, loin de la fureur du monde. Et partagé l’amour du héros pour les tracteurs… et la campagne, peut-être un peu trop esthétisée (si j’ose ce néologisme?)…

Et une scène d’anthologie : celle qui montre l’homme hyper-policé foncer sur les douaniers et contrôleurs qui viennent poser problème aux fermiers travailleurs! Un moment inoubliable! Mais il en est d’autres plus calmes, voire romantiques… je vous laisse les découvrir…

Bonnard

Pierre et Marthe

J’apprécie le peintre, mais je crains toujours les « biopic », comme on dit maintenant, ces films qui retracent la vie ou une partie de la vie d’un être célèbre… d’où la frilosité dont je vous faisais part plus haut… La personne qui m’accompagnait pour cette séance hivernale n’avait, elle, guère envie de voir ce film, assez bien démoli par les critiques de l’émission Le Masque et la Plume. Mais à la sortie, le contentement était partagé, nous y avions trouvé notre compte, et passé un excellent moment en compagnie de Pierre et de Marthe. Car le héros du film n’est pas vraiment le peintre. C’est plutôt celle qui est devenue sa femme tard, très tard, au crépuscule de sa vie.

« Bon public », peut-être, comme disent d’aucun-e-s avec mépris de celles et ceux qui s’émeuvent devant un grand écran? Je ne sais. Mais le film ne se contente pas de nous faire revivre le passé, de nous faire voyager, des bords de Seine à ceux de la Méditerranée, de nous montrer les processus de création… Il nous fait vivre aussi intensément toutes sortes d’émotions, du rire aux larmes, de l’enthousiasme à la sidération…

A voir donc absolument, que vous aimiez ou non les oeuvres des Nabis…


Convivialité au coin d’une cheminée

Voilà longtemps que j’avais envie de découvrir un restaurant que j’avais découvert sur le net mais qui, hélas, ne reçoit que sur réservation. Pour quelqu’un comme moi, qui ne fait jamais de « plans sur la comète » – pour reprendre une expression un peu désuète qui me fascine toujours autant -, cela se révèle mission impossible. Mais hier il fut décidé d’une sortie au Musée Carnavalet avec une de mes amies. Or, « Robert et Louise » n’est qu’à 6 minutes à pied du musée… une belle occasion.! Dès l’aube, j’ai donc réservé par Internet. Un seul créneau disponible, qui ne correspondait pas à l’heure prévue pour le rendez-vous. Pas grave, j’attendrais en prenant l’apéritif seule. Ce qui fut le cas… mais cela en valait la peine!

A droite, le vrai Robert et la vraie Louise. A gauche, la maman?

Imaginez une petite salle en « boyau ». A l’entrée, une vieille « fontaine » désaffectée. Puis un bar, un vrai.

Au fond, une cheminée sur laquelle grillent des morceaux de viande, des boudins, des saucisses… Ce qui ne correspond pas à la photo ci-dessous : je n’ai réussi à la prendre qu’en fin de service!

La salle d’attente est pleine… et doit sans cesse être réapprovisionnée!

J’ai le choix entre une table rectangulaire et une ronde. Je prends la seconde. Rare qu’un restaurant accepte deux personnes sur une table de 4, voire de 6 en se serrant!

Un serveur dont l’amabilité et la patience ne se démentiront pas tout au long du repas (plus café, plus Cognac) m’installe, se soucie de mon anorak (il fait ce jour un froid glacial), et m’apporte la carte, puis l’apéritif-prétexte.

Lorsque mon amie arrive, deux places se sont libérées sur la grande table d’hôtes près de la cheminée. Nous « déménageons » donc. Et aussitôt la conversation s’engage avec nos voisin-e-s, un habitué et sa fille. Par discrétion, je ne vous en dirai pas plus. Quand il et elle partent, nouveau mouvement pour que mon amie profite d’une chaise au lieu du banc commun. Par la suite, la conversation se reportera de l’autre côté, avec 4 jeunes très intéressant-e-s… là aussi, silence. Mais quelle vraie convivialité!

Je ne suis pas grande amatrice de viandes, mais les chipolatas grillées au feu de bois, en entrée, et la part de gigot, agrémentée de pommes de terre genre sarladaises et d’une salade délicieusement assaisonnée constituent un vrai régal.

Notre voisin avait conseillé le vin du mois, un Pinot noir venu tout droit d’un petit vigneron. Il n’avait pas tort : je ne suis pas une fana du pinot, mais il faut reconnaître que le rapport qualité-prix est imbattable. Quant au cognac, il fut servi dans un verre supporté par un récipient d’eau chaude… belle idée!

Bref, un resto comme on aimerait en voir davantage, qui ne se moque pas de ses clients, et où l’on se sent bien… un bel instant de chaleur par ce dimanche d’hiver glacial!

Van Gogh et la campagne auversoise

Je vous avais promis de vous emmener visiter champs, jardins et bois tels que représentés par Van Gogh dans les derniers mois, voire jours de sa vie. Nous y voici donc.

Vous en avez eu un aperçu, déjà, dans les deux premiers articles de cette série. Mais aujourd’hui, allons humer l’air printanier ou estival d’Auvers-sur-Oise et de ses environs. C’est en effet un des aspects de l’exposition qui m’a le plus marquée : l’attention, voire une forme de passion, pour « rendre » l’atmosphère de cette ruralité « du nord » qui contrastait tant avec ce qu’il venait de vivre dans le sud.

Par quoi commencer? Les jardins? Allons-y…

Les jardins

Deux jardins notamment sont assez abondamment représentés : celui du Docteur Gachet, dont vous avez déjà eu un aperçu, et celui de Daubigny.

Commençons par le premier… Vous vous souvenez? C’est ce médecin homéopathe, spécialisé dans la « mélancolie » (on ne parlait pas de « déprime » ni de troubles à l’époque), qui était davantage porté sur les arts que sur la médecine…

Son jardin a inspiré Van Gogh… à moins que ce ne soit cette belle jeune fille qui s’y promenait?

Quant à Daubigny, c’est un peintre qu’admirait beaucoup l’artiste.

« « L’oncle m’a dit que Daubigny est mort. Cela m’a fait de la peine, je l’avoue sans honte,…Ce doit être une bonne chose d’avoir conscience en mourant d’avoir fait des choses vraiment bonnes, de savoir que, grâce à cela on restera vivant dans la mémoire d’au moins quelques-uns, et de laisser un bon exemple à ceux qui nous suivent. » (Vincent Van Gogh, lettre à Théo, 1878.)

Il avait installé un atelier à Auvers en 1860, soit trente ans avant, et ses amis le convainquirent d’en faire un lieu unique, en le décorant ensemble. Corot notamment y peignit des paysages d’Italie.

Le « Botin », foyer artistique d’Auvers. Source : site de l’Atelier

Le jardin de Daubigny a inspiré des oeuvres qui se rapprochent d’une forme de pointillisme, si j’ose dire.

D’autres tableaux sont plus proches de la facture à laquelle nous sommes habitué-e-s.

Vous l’aurez peut-être remarqué : les jardins semblent associés aux femmes, quel que soit leur âge : à la fille du Docteur Gachet se substitue ici la veuve de Daubigny.

Ce sont aussi des femmes qui se promènent dans la campagne (vous n’êtes pas sans remarquer l’habile transition!). Sans doute l’épouse et la fille de Gachet, si l’on en juge par le chapeau de cette dernière.

Les champs

Je me suis demandé, en préparant ce texte, quelle structuration choisir pour la présentation des nombreux tableaux qui les magnifient. C’est finalement pour un choix par couleur que j’ai opté.

Bleus et verts contrariés par le rouge et le jaune

Je ne sais pas si je vous l’ai dit, mais je confonds certains bleus et verts. C’est pourquoi j’ai choisi de les associer dans cette partie. Mais ce n’est pas la seule raison : ils le sont souvent dans la campagne peinte! L’exemple le plus frappant me paraît être cette oeuvre.

Approchons-nous un peu…

Le contraste s’amplifie quand vient l’orage…

Ici une touche de rouge, pour les coquelicots. Ailleurs, de jaune, pour la paille, mais un jaune qui se cache dans le vert…

Dans le tableau qui suit, c’est le ciel qui devient jaune, au crépuscule.

Néanmoins parfois le vert prédomine…

Le rappel des couleurs du sud : le jaune et le violet

Le rouge

Dans les environs d’Auvers, le rouge fait irruption, porté par les coquelicots qui, plus tard, deviendront le symbole du sang versé lors de la « Grande Guerre ».

Les bois

Peu représentés par le peintre, ils semblent plus de l’ordre du symbolique que de la représentation. Connaissait-il le poème de Baudelaire lorsqu’il peignit, dans les derniers temps de sa vie, ce couple dans une forêt de « piliers »?

Le couple est-il celui de Gachet et de son épouse, de Théo et de sa jeune femme, ou le couple idyllique auquel il a pu rêver parfois dans sa triste vie?

Van Gogh à Auvers-sur-Oise (2)

Aujourd’hui je vous propose de nous rendre avec le peintre dans ce qui était alors un petit bourg de campagne, Auvers-sur-Oise. J’y suis déjà allée à deux reprises, mais n’avais pas vu tout ce que j’en ai découvert au travers de cette belle exposition dont je vous parlais hier, au Musée d’Orsay.

On y découvre l’environnement avant que ne soit présentée la « réalité » du village, par un plan et des photographies de l’époque. N’ayant pas réussi à prendre correctement la photo du plan présenté, je l’ai emprunté à un autre blog…

Vous en avez déjà vu hier certains aspects, dans les dessins de l’artiste. En voici quelques autres, dans la sélection que je vous présente.

Certains tableaux semblent inachevés… mais peut-être était-ce la volonté du peintre, voulant à tout prix produire un maximum avant de disparaître?

Les lignes deviennent si épurées que je défie quiconque, qui ne verrait que le détail suivant, de deviner qui en est l’auteur-e!

Les maisons – j’allais écrire les masures – fascinent l’artiste, comme vous l’avez déjà remarqué dans les esquisses.

On se promène avec lui dans les ruelles bordées de murs, on aperçoit parfois des habitant-e-s qui vaquent à leurs occupations…

Je me suis demandé si le fait que tant de demeures semblent être de guingois était une interprétation poétique. Mais les photos d’époque proche montrent bien la pauvreté ambiante, si l’on excepte les résidences des « riches », dont je vous parlerai dans un autre article.

La rivière est ainsi vue sous deux aspects : les lavandières qui y travaillent durement, et les « touristes » qui canotent.

Point de lavandière dans cette exposition… Au passage, je remercie encore l’auteur de Un Jour Un Tableau qui continue à découvrir et publier des tableaux représentant des bugadières ou autre lavandières sur son magnifique blog, suite à notre communication pendant le premier confinement! Par contre, les bourgeois-e-s sont bien là.

Comme vous avez pu le constater, le « style » Van Gogh s’estompe parfois, mais parfois aussi explose dans telle ou telle partie du tableau. Un des exemples les plus connus est celui qui suit.

Mais on identifie les volutes chères au peintre dans bien des oeuvres.

Un petit zoom?

La flore se prête à cela…

Encore un petit zoom?

Ou deux?

Or les jardins abondent dans le village.

Restons-en là pour aujourd’hui. Ils feront l’objet d’un prochain texte, si cela vous intéresse…

Le Musée d’Orsay sans la foule : Van Gogh à Auvers (1). Les dessins.

Je viens de découvrir que l’on pouvait échapper à la foule qui envahit trop souvent le Musée d’Orsay. Comment? Tout simplement en profitant d’un avantage de la carte d’abonnement Orsay / Orangerie, qui permet d’entrer dès 9h, une demi-heure avant l’ouverture du musée. Certes, on a l’impression qu’il n’y a que des vieux / vieilles sur terre, mais au moins on est tranquille pour voir une exposition aussi attirante que Van Gogh à Auvers-sur-Oise.

J’avais pourtant hésité à aller la voir, tant j’ai vu et admiré de tableaux de ce peintre, dans tant de musées. Dont la belle exposition que je vous ai relatée dans ce blog, voici quelques temps… Heureusement que je me suis laissé convaincre à y aller! J’ai découvert des oeuvres… Eh oui, encore! Et l’émotion suscitée par ce parcours dans les derniers mois de l’artiste perdure en l’évoquant aujourd’hui, trois semaines après l’avoir vue. Eh oui, cela fait 23 jours que j’y suis allée, et 19 que j’ai commencé cet article, puis cessé d’écrire sur ce blog. La déprime de fin d’année. Je déteste cette période de fêtes « obligées », ce moment des obligations sans fin… Impossible de « se » retrouver, de « s’y » retrouver. Et donc, pour moi, d’écrire! Mais revenons à notre sujet, au lieu de continuer à pleurer sur ce qui est enfin terminé. Car ça y est, on a changé d’année! Ouf!

Qu’ai-je découvert? D’abord, les dessins. J’ignorais cette autre face du génial créateur.

Le rendu du travail des paysan-ne-s, par exemple, est saisissant. Qu’il s’agisse de scènes de groupe, comme celles qui suivent…

A traits plus ou moins fins ou grossiers…

Ou que ce soit le geste qui l’intéresse plus précisément, comme celui du faucheur…

Changement de focale pour le situer en contexte…

Car l’inerte l’intéresse aussi, par exemple les maisons. Mais ce n’est jamais totalement inerte, en réalité…

Les dessins précèdent la peinture. Vous avez pu reconnaître des tableaux dans ceux qui précèdent. Voici un exemple : les bottes de foin. Comme des sorcières dissimulées ou des fantômes agités…

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je trouve le dessin plus « puissant » émotionnellement que la peinture. Inattendu, non ?

Bien sûr, on trouve aussi des portraits, comme celui du Docteur Gachet qui l’a suivi à Auvers-sur-Oise.

Certaines oeuvres sont un peu colorées. Juste ce qu’il faut pour « rendre » sa lumière au ciel…

Van Gogh « croquait » ce qu’il voyait dans un petit carnet de cuir visible dans une des salles centrales de l’exposition. Inattendue, cette scène d’un café ou d’un magasin…

Jusque dans ses écrits les dessins s’insinuent.

Et parfois dans d’autres dessins. Regardez bien en bas de ce dernier, au centre. Vous y verrez une esquisse de la chambre du peintre.

Avec Jack Lang à l’IMA

Un dimanche de l’Avent… Normal d’avoir envie d’aller à un concert dans une église, n’est-ce pas? Me voici donc en route vers l’Eglise Saint Louis en l’Ile, où sont annoncés des chants de Noël sartènes, à 16h. Celles et ceux qui me suivent depuis longtemps connaissent mon attrait pour la polyphonie, qu’elle soit nissarde, corse ou autre… Le concert est déjà commencé depuis un quart d’heure quand j’arrive, mais il faut payer les places. 46 euros… en liquide… Je ne les ai pas. Demi-tour, donc… Et je me souviens avoir vu l’annonce d’un concert à l’Institut du Monde Arabe, à 17h, en lien avec l’exposition que je n’ai toujours pas vue, Parfums d’Orient.

« Pour exprimer des états émotionnels indicibles, poètes et paroliers arabes usent de métaphores sensorielles et font tout particulièrement appel à l’évocation des parfums. Un usage qui transparaît dans le patrimoine musical d’hier et d’aujourd’hui, auquel puisera le Trio Bab Essalam pour nous offrir ce « récital parfumé »… »

Donc direction l’IMA, tout proche. La billetterie. « Non, non, c’est gratuit » m’est-il répondu à ma demande de billet…. ça change de la précédente!

Beaucoup de monde dans la bibliothèque où va commencer le concert. Mais il reste des places assises. Trois musiciens, et je découvre près de moi, entre deux rangées d’étagères, Jack Lang.

Il partira au milieu du spectacle, enlevé littéralement par un journaliste qui veut l’interviewer.

Beaucoup de douceur, de tendresse, de sensualité. Ce sont les mots qui me viennent en revivant ce moment exceptionnel. Une musique envoûtante et poétique. Des paroles traduites en français avant d’être chantées, qui évoquent les fleurs, les arômes, les jardins, les parfums… et l’amour.

Pour une fois, je vous cite intégralement la présentation sur le site de l’IMA.

« Pour exprimer des états émotionnels indicibles, poètes et paroliers arabes usent de métaphores sensorielles.  En tête des symboles invoqués trône le parfum. L’eau de rose, l’eau de fleur d’oranger et le jasmin ne sont-ils pas tour à tour rattachés, dans l’inconscient collectif, à un rituel ou à un événement, de la fête musulmane du sacrifice aux festivités de l’Église d’Orient, en passant par les mariages et les funérailles?« 
« Pour exprimer des états émotionnels indicibles, poètes et paroliers arabes usent de métaphores sensorielles.  En tête des symboles invoqués trône le parfum. L’eau de rose, l’eau de fleur d’oranger et le jasmin ne sont-ils pas tour à tour rattachés, dans l’inconscient collectif, à un rituel ou à un événement, de la fête musulmane du sacrifice aux festivités de l’Église d’Orient, en passant par les mariages et les funérailles?« 

« Cette évocation se retrouve dans la musique et dans le chant arabes, des muwashahat classiques aux œuvres contemporaines. Oum Kalthoum et  Sabah Fakhri chantent le jasmin et la rose, Anouar Brahem, interprète son « Parfum de la gitane », Hédi Jouini, « Sous le jasmin la nuit »… C’est tout un patrimoine musical qui exhale le parfum. »

Une belle parenthèse en ce crépuscule de fin d’automne déjà hivernal…