Dystopia

Un fond de scène vert. Trois téléviseurs : deux petits à droite et à gauche de la scène, un plus grand au-dessus.

Et la salle du Théâtre du Rond-Point en partie remplie de jeunes collégien-ne-s et lycéen-ne-s…

A quoi vais-je assister? Je ne le sais pas vraiment. J’avais « raté » le précédent spectacle « Un poyo rojo », dont l’annonce m’avait alléchée. Et lorsque j’ai découvert l’annonce de celui-ci, qui reprend le titre avec mot-dièse 2 (pour celles et ceux qui l’ignorent, on ne doit plus utiliser « haschtag » depuis 2013, année où le mot a été officiellement – car l’annonce est publiée dans le Journal Officiel – traduit par « mot-dièse »). D’où la décision un peu précipitée d’aller voir ce spectacle.

Il commence.

Deux silhouettes se découpent sur ce fond vert. Superbes corps noirs évoluant gracieusement, mis en valeur par ce fond.

Et peu à peu suscitent le rire. Puis le fou-rire. Ce qui n’empêche pas de continuer à admirer leur danse. Hommes? Femmes? L’ambiguïté subsiste, jusqu’à ce que l’on découvre deux barbes bien évidentes.

Ce jeu sur les codes de genre subsistera quasiment tout au long du spectacle. Car c’est l’un des thèmes abordés par les deux artistes très engagés.

Les écrans s’allument. Apparaissent deux speakerines. Tout aussi barbues. Elles commencent à dialoguer avec les artistes sur scène, en forçant le trait sur les stéréotypes de la féminité stupide. Puis leur demandent de danser. Ils s’exécutent. Une danse moins aboutie que précédemment. Ce que soulignent les deux autres. Jusqu’au moment où l’on comprend qu’il manque un fond d’images filmées. Oubli réparé. La danse prend alors un tout autre sens.

J’ai beaucoup aimé ces deux premières parties. Un vrai régal. Et j’ai vraiment beaucoup ri aussi.

La suite m’a moins plu. Trop de discours. Un comique de répétition, jouant sur les effets et les filtres – j’ai dû chercher sur le net pour écrire cette phrase, car je ne savais pas comment s’appelait le fait de jouer sur les selfies, en les « détachant » du contexte et en leur ajoutant des accessoires divers! Un comique de répétition, disais-je. Beaucoup trop long à mon goût. Et un discours militant intéressant, certes, mais convenu. Dommage…

A voir cependant, car cela « décoiffe » (pour en avoir une idée, regardez le « teaser »), et, je le redis, les deux premières parties sont hilarantes. Cela fait du bien, à 18h30, après une journée de travail, pluvieuse qui plus est…

Déjeuner non sur l’herbe, mais à la Mare aux canards

Une maison bien cachée dans le Bois de Meudon… Pour y parvenir, il faut délaisser l’Observatoire, et aller en quête de la Mare d’Adam… jouer à cache-cache avec la N 118, frôler l’antre du Standard, et on y parvient finalement, au coeur du Bois.

Une cour bien abritée, dominée par les marronniers, hêtres et chênes environnants, qui laissent cependant largement passer les rayons du soleil…

Un accueil charmant. Les tables sont assez éloignées les unes des autres pour garantir la tranquillité de chaque hôte.


Pour commencer, un Mojito très bien dosé, ou le cocktail maison, si toutefois on aime suffisamment les fraises pour leur permettre de prendre le pas sur le goût du Champagne.

Parmi les entrées, jouons le classique, populaire avec les os à moelle, merveilleusement fondants, ou le plus snob, avec un foie gras très correct.



Et, bien sûr, ensuite, du canard. Sous toutes ses formes. Depuis le quart ou demi grillé au feu de bois (qui crépite dans la cheminée à l’intérieur de l’auberge), jusqu’au magret au miel et aux épices.

La carte des desserts est très variée, mais j’ai opté pour une déclinaison de fruits rouges en ce beau jour de mai.

La carte des vins offre de bons crus à des prix accessibles, comme le Crozes Hermitage choisi pour accompagner le canard.

Bref, tout le bonheur des restaurants retrouvés, avec en prime un repas de qualité et un accueil sympathique.

Sans compter la possibilité de s’égailler ensuite dans la forêt qui abrite l’auberge…

Cohues en terrasse… mais où sont passés les plus de 30 ans ?

Il s’est produit hier un phénomène étrange… Alors que des « draches », comme on dit chez les Ch’tis (pour les êtres bizarres qui ne connaissent pas ce beau langage, il s’agit d’averses), tombaient, et que par moments des rafales de vent glacial soufflaient, les terrasses des bars et restaurants étaient pleines hier. Tandis que les intérieurs étaient vides.

Autre phénomène étrange, vers 20 heures : plus un seul « vieux » ni une seule « vieille » dehors. Entendez par « vieux » toute personne au-delà de 30 ans. Oui, vous avez bien lu, 30 ans.

Et des cohues de jeunes serrés les un-e-s contre les autres, d’abord près des bars et restaurants, puis, au-delà de 21 heures, sur le trottoir d’en face.

Bref, un univers de science-fiction où ne survivraient que des jeunes assoiffés et affamés, qui se tasseraient en extérieur malgré la bise et la pluie…

Et je ne parle pas de la manifestation qui a bloqué la circulation au centre de Paris. Qui manifestait ? Les policiers…

Décidément, ce 19 mai n’était pas un jour ordinaire…

Interruption

Voilà bien longtemps que je n’ai écrit sur ce blog, et les remarques, voire inquiétudes, relatives à mon silence affluent.

Certes, il y a eu des périodes de travail intense, pour venir en aide aux personnes que j’accompagne et qui sont en difficulté dans leur vie professionnelle, voire personnelle.
Mais il y a aussi et surtout la lassitude, partagée par beaucoup, de cette situation si éprouvante moralement, qui fait perdre goût à tout, ou presque…

Ce week-end je retrouve un peu de temps et, promis, je vais reprendre le fil…

D’abord parce que la culture refait surface… dans certaines limites.
Et puis parce que les messages reçus me sont allées droit au coeur, et m’encouragent à continuer…

Alors rendez-vous dans très peu, pour un nouvel article…

Merci de vos commentaires !

Je viens de me rendre compte qu’un grand nombre de commentaires à divers articles, depuis le « J 34 après N.C » n’avaient pas été validés… tout simplement parce que je n’ai pas été informée de leur proposition.
C’est pourquoi aujourd’hui je présente mes excuses à celles et ceux qui les ont produits.
Non seulement je les ai publiés ce jour, mais j’y ai aussi répondu.


Merci à vous de vous faire l’écho de ce que j’écris, sans prétention aucune.
Merci de m’apporter des précisions, voire de me corriger.
Merci de me faire part de vos idées, de vos ressentis, de vos émotions.
Merci de répondre, de compléter, de confirmer.
Merci de me lire.
Et merci de partager…

Nuages sur Montmartre et Pigalle…

Un ami lecteur (qui souhaite rester anonyme bien qu’il soit un professeur érudit, un écrivain reconnu et publié, et un photographe exposé en ce moment dans une galerie du Tréport…) m’a adressé en écho à mon dernier article une belle photo prise de sa fenêtre, près de la Place Pigalle… Je la partage avec vous, en espérant que vous m’en enverrez également, avec ou sans l’accord de les publier ici…

J 60 à J 82 après N-C

22 jours qu’a commencé une nouvelle année, qui devait marquer la fin de ce « nouveau confinement », transformé en « couvre-feu »… Couvre-flammes, pourrait-on dire… Flammes de la culture, flammes de l’esprit, flammes de l’amitié, flammes des rencontres, des plaisirs, des spectacles…

22 jours que je n’ai publié sur ce blog, à l’exception du 10 janvier qui relatait une balade du 31 décembre…

22 jours à me questionner, à me révolter, à supporter…

Et à trouver bien vain de tenir un tel blog.

Mais les réactions sont venues, de la part de mes lecteurs et lectrices… Et des encouragements aussi, à continuer, à « tenir bon », pour poursuivre dans la voie du partage, quand bien même le nomadisme semble bien difficile à continuer dans de telles circonstances.

Alors je vais tenter de reprendre aujourd’hui, en ce 22 janvier qui aurait dû voir ré-ouvertes les salles de spectacle, et bientôt remontées mécaniques dans les stations, bars, restaurants, musées, dans les cités réveillées. Je vais tenter de reprendre, quitte à bousculer le temps, car les articles qui vont suivre revisiteront des moments passés tout en traçant les moments présents…

Après le dialogue poésie / peinture au premier confinement, après « l’expo photo virtuelle » (bien modeste!) au deuxième, je me propose tout simplement de laisser libre cours à l’envie du moment… et j’attends bien sûr vos ré/actions, ré/émotions, ré/partages… et reportages?

J’abandonne aussi le décompte des jours « après nouveau confinement »… cela devient trop sinistre…