Beaumarchais trahi ?

Celles et ceux qui me connaissent savent combien j’apprécie le courage de Beaumarchais, qui a osé défier les « Grands » de son temps et semer les graines de la démocratie en terreau noble et royaliste. Ses textes percutants. Ses personnages si vivants. Ses idées si actuelles.

Aussi étais-je intéressée par l’invitation qui m’a été faite d’aller voir une représentation du « Mariage » à la Scala. D’autant que la distribution en était alléchante, Torreton en tête d’affiche.

Je ne sais si c’est moi qui n’était pas « in the mood » ou s’il faut suivre la critique acerbe du journal La Terrasse, lue hier soir après la représentation… Toujours est-il que je ne suis pas parvenue à me laisser happer par le jeu pourtant « habité » des actrices et acteurs, qui se sont démené-e-s pendant deux heures sur une scène au décor si minimaliste que j’avais parfois du mal à comprendre ce qu’il représentait : de grandes échelles, un vaste morceau de tissu faisant « tapisserie », et du mobilier à quatre pieds.

Il a fallu attendre la fin pour que l’on puisse vraiment apprécier l’esprit de Beaumarchais, à travers notamment une brève tirade joliment dite par Philippe Torreton.

« LE COMTE : … Il ne faudrait qu’étudier un peu sous moi la politique.

FIGARO : Je la sais.

LE COMTE : Comme l’anglais, le fond de la langue!

FIGARO : Oui, s’il y avait de quoi se vanter. Mais, feindre d’ignorer ce qu’on sait, de savoir tout ce qu’on ignore, d’entendre ce qu’on ne comprend pas, de ne point ouïr ce qu’on entend, surtout de pouvoir au-delà de ses forces; avoir souvent pour grand secret de cacher qu’il n’y en a point ; s’enfermer pour tailler des plumes, et paraître profond, quand on n’est, comme on dit, que vide et creux ; jouer bien ou mal un personnage ; répandre des espions et pensionner des traîtres ; amollir des cachets ; intercepter des lettres ; et tâcher d’ennoblir la pauvreté des moyens par l’importance des objets. Voilà toute la politique, ou je meure !

LE COMTE : Eh! c’est l’intrigue que tu définis !

FIGARO : La politique, l’intrigue, volontiers mais, comme je les crois un peu germaines, en fasse qui voudra. » (acte 3, scène 5)

Pour moi, la seule « Lumière » de cette pièce au rythme trop rapide, où parfois les paroles se perdent (voix trop faibles? mauvaise acoustique?), qui m’a révoltée car j’y voyais une trahison vis-à-vis d’un auteur si « fort », au texte si puissant.

Post scriptum

En lisant la critique dont je parlais plus haut, vous allez comprendre pourquoi j’hésitais à écrire mon propre texte… on dirait que je la plagie. Mais je vous assure que ce n’est pas le cas!

« Les cinq actes du spectacle filent à vitesse grand V, en un peu moins de deux heures, sans que les actrices et acteurs ne parviennent à approfondir les enjeux intimes et sociétaux de la pièce. La comédie de Beaumarchais, par le biais des jeux de séduction et des abus de pouvoir qui nourrissent les rebondissements de son intrigue, tend un miroir à la question du consentement et de la domination (de classe, de genre…) qui interrogent, bien sûr, pleinement notre époque. Aucune de ces correspondances contemporaines ne vient vivifier la mise en scène de Léna Bréban. Ici, le théâtre d’hier reste dans son siècle lointain, alourdi par des codes de jeu appuyés et des ressorts dramaturgiques inopérants. On rit peu, lors de cette journée pas si folle. On ne pense guère davantage. Ce n’est que lorsque la représentation cesse de courir pour laisser Annie Mercier, puis Philippe Torreton, déployer les accents de monologues enfin forts de sens, que ce Mariage de Figaro prend un peu de consistance.« 

Un dernier mot… Sans être âgiste, j’ai toujours ressenti un malaise quand des artistes trop vieux ou vieilles jouent des rôles d’une (voire plusieurs) génération(s) de moins. La première fois que je le ressentis, c’était pourtant un immense acteur : Jean Marais! Torreton, selon moi, ne « passe » pas dans le rôle de Figaro. Comment « croire » qu’il est le fils d’un père qui a une dizaine d’années de plus que lui et d’une dame qui n’a qu’un an de plus? A vous de jouer… où est le fougueux Figaro sur cette photo proposée par le site de La Scala?

Des petits plats près des grands

Cela fait longtemps que je regrette de ne pouvoir finir mes assiettes dans les restaurants, et de ne pouvoir goûter davantage de mets. Que je dis « Il faudrait des portions moins importantes pour les personnes qui aiment déguster ou pour celles dont l’appétit est limité »…

Eh bien, j’ai vu mon voeu exaucé, avant-hier soir, dans un restaurant découvert par hasard dans la rue Biot, près de la Place Clichy. Une rue où m’avait entraîné un ami résidant non loin de là. J’ai compris pourquoi : il y a beaucoup de bistrots, café, restaurants et autres lieux conviviaux dans cette rue. Mais la plupart étaient pleins. Un aller. En vain. Un retour. « Tiens, une table s’est libérée dans ce resto! ». Un coup d’oeil rapide à la carte. Et là, surprise : face aux mets, deux colonnes. Une pour les « gourmets » (qu’iels n’ont pas mis au féminin, ça ferait trop « bijouterie ») et une pour les « gourmands » (mots qui a une connotation un peu « sexe » au féminin…). Avec des prix différents, bien sûr…

Nous entrons, on nous guide vers la table qu’on nettoie et dresse aussitôt, et nous voilà assis dans d’élégants fauteuils en bois, à la fois légers et confortables, devant une table mise avec goût : beaux verres à pied, assiettes simples mais belles, serviettes en triangle posées sur le coin de la table, supportant les couverts d’une belle simplicité également.

Pour moi, un gaspacho excellent. Visiblement « fait maison », contrairement à ceux qui parfois paraissent directement issus d’une conserverie. Délicatement rehaussé d’herbes. Puis de la pintade tendre en sauce. J’ai juste regretté que la poire promise soit réduite à deux tranches fines, alors que le chou-fleur était en abondance. Enfin, un dessert partagé tant il était copieux. Il était un peu tard quand j’ai pensé à le prendre en photo : je l’avais coupé, et les fruits s’étaient glissés entre les parts, mais cela vous donnera une idée…

Et voici sa photo sur le site du restaurant.

Bref, un excellent choix que le nôtre ce soir-là… Qui plus est, des serveuses charmantes et aussi efficaces que discrètes…

Ah! J’allais oublier de vous donner son nom! Le Strobi. Et son site : https://www.le-strobi.fr/ Et en prime l’adresse : 12, rue Biot, dans le 17ème.

Un autre détail pour les amateurs d’art. Il est orné de tableaux de deux peintres du coin. Bert Belanger, alias The Mad Silkscreamer, et Daniel Ricau. Un petit mot supplémentaire sur Bert Belanger, que j’ai déjà rencontré lorsqu’il m’avait fait visiter son atelier. Il travaille avec une association intéressante avec des personnes en insertion, La Fédé. Vous pouvez le voir sur cette vidéo.

Bonnes découvertes à vous, donc… Quant à moi, je me suis promis de visiter prochainement cet autre restaurant, sis en face du Strobi : Les Marchands de Vins. Mais c’est une autre histoire…

Errare humanum est

Quelque peu fatiguée par la semaine de travail et déprimée d’être seule, je me suis décidée rapidement, ce soir, à aller au cinéma. Bien sûr, mon choix s’est porté sur une comédie. Il me fallait rire si je ne voulais pas pleurer! Je choisis en conséquence un film réputé comique, qui est sorti cette semaine : « Classe moyenne ». La distribution en est alléchante. Jugez-en vous-même :

Mal m’en a pris. Si certaines scènes font sourire, l’ensemble est si féroce et violent que c’est plus déprimant que drôle! Je ne vous dévoilerai pas le scénario, pour le cas où vous voudriez en juger par vous-même, mais surtout n’y allez que si vous êtes « gonflé à bloc » et prêt à tout.
Néanmoins un film intéressant.
La satire des avocats est amusante.
Et la villa avec piscine à débordement fait rêver…


Une journée à Saint Honorat

J’ai déjà évoqué sur ce blog l’un de mes endroits préférés, les îles de Lérins. Ou, plus précisément, Saint Honorat, que je trouve plus sereine et reposante que sa soeur Sainte Marguerite (mais ne vous y trompez pas, je ne parle pas des saint-e-s : Marguerite est morte en 275 et n’aurait pu rencontrer Honorat, mort, lui, en 430!)

Ce fut la destination choisie hier, pour la première des Journées du Patrimoine.

Et je n’ai pas regretté!
D’abord, parce qu’il a fait un temps superbe toute la journée, qui a permis de profiter pleinement de « ma » petite crique, sise à l’extrêmité ouest de l’île, face à l’Estérel. Baignade et « bronzade », avec pique-nique ensoleillé. Que rêver de mieux en cette dernière journée de l’été officiel?

Ensuite, parce qu’elle m’a donné l’occasion de découvrir l’intérieur du monastère, au-delà de la « clôture ». Belle découverte, accompagnée par des guides tous et toutes plus charmant-e-s les un-e-s que les autres. Dont deux moines âgés, qui ont tout fait pour expliciter leur vie, sans aucun prosélytisme.

Je ne vais pas vous faire une conférence sur l’histoire de l’île, mais pointer deux trois informations qui m’ont amusée ou intéressée.

D’abord, le fait qu’à l’origine les moines y étaient « ermites », comme le fondateur du monastère, qui vivait dans une grotte du massif de l’Estérel.

« Saint Honorat est né à Trèves vers 380. Il vécut en ermite dans cette grotte, d’où il apercevait les îles de Lérins dans le lointain. C’est alors qu’il décida d’y fonder une abbaye, qui vit le jour vers l’an 400 dans l’île qui porte aujourd’hui son nom. » (source)

Il emmena avec lui un autre moine, Saint Caprais. Mais alors que l’un s’élevait par la suite dans la hiérarchie et devenait évêque d’Arles, où d’ailleurs une église des Alyscamps porte son nom. Saint Caprais, lui, a donné son nom à l’une des sept chapelles de l’île, dont l’une a disparu. Les Journées du Patrimoine permettaient de visiter deux d’entre elles : celle du Saint Sauveur et celle de la Trinité. Toutes deux ont une architecture remarquable, au sens propre du terme. La première est octogonale, et offre une acoustique remarquable. Le guide l’a prouvé en chantant a capella un Kyrie. La seconde, malgré sa petite taille, présente deux styles très différents.

Le choeur est des plus romans… Vous remarquerez le « décalage » de la porte. Elle a été prévue seulement lorsque l’ensemble, très asymétrique, a été construit, et il a donc fallu la situer ainsi pour qu’elle donne sur le centre de la nef centrale!

On peut encore voir les traces des échafaudages.

Le choeur, lui, est byzantin. D’après notre guide, ce serait la seule chapelle byzantine de France. En Italie également, il n’y en aurait qu’une, à Ravennes. Trilobé, donc, avec un dôme central.

La pierre de l’autel est étonnante, d’un seul tenant… inutile de vous faire deviner son poids! Dans la colonne support, une « cache » désormais vide. Elle aurait abrité des reliques, on ne sait de qui.

On ignore aussi pourquoi ce style byzantin. Le seule rapprochement possible, c’est que les moines chantent a capella. Mais ils ne sont pas les seuls!

Pour la petite histoire, une légende rapporte que Saint Patrick aurait séjourné sur l’île et reçu du père abbé un trèfle, dont le trilobe évoque la Sainte Trinité. Il aurait ainsi par la suite choisi cette plante pour symboliser l’Irlande….

« Patrick, ou Patrice – né en 385 dans l’actuel Pays de Galles – c’est le nom de celui que l’on célèbre les 17 mars, dressé de vert autour d’une chope de bière (avec modération). On raconte qu’il aurait séjourné sur l’une des îles de Lérins, vers les années 411, après avoir été « enlevé par des pirates et vendu comme un esclave » (source)

Il faut préciser qu’il y avait souvent des incursions sarrazines dans les environs. Ainsi, à la grande Tour de l’île, correspondait une similaire sur le continent, qui permettait de prévenir de l’arrivée des pirates…

Agapè

Je n’aime pas transcrire les mots grecs dans notre alphabet, car cela les dévalorise, à mon sens. C’est le cas particulièrement de celui dont il est question aujourd’hui. Dans notre langue moderne, il est souvent transformé en « agape ». Ce terme renvoie à une forme de repas en commun, attesté dans le paléochristianisme, notamment par Tertullien. Un vif débat à ce sujet évoque la différence entre ce repas que certains considèrent comme « de charité » (par exemple, les veuves y étaient invitées) et le partage de l’Eucharistie. En voici un exemple, qui occupe 15 pages de la Revue d’Histoire Ecclésiastique 7 (1906) pp. 5-15, où un certain Fr (Frère?) X. Funk, de Tubinge, contre-argumente contre un prélat.

« L’existence, dans l’antiquité chrétienne, du repas de charité, au sens admis jusqu’ici, a été combattue, en 1902, par Mgr Batiffol dans ses Études d’histoire et de théologie positive. J’ai montré alors, dans la Revue d’histoire ecclésiastique (t. IV, pp. 4-21), qu’on n’est pas fondé à se départir de l’opinion universellement reçue, qu’en particulier Tertullien (Apolog. c. XXXIX) est un témoin indiscutable de l’agape.« 

« Tertullien dit du repas en question: « Editur, quantum esurientes capiunt; bibitur, quantum pudicis utile est ». J’ai fait remarquer que le passage ne peut pas s’entendre de l’Eucharistie, mais bien du repas de charité connu sous le nom d’Agape, et que « des expressions de ce genre, abstraction faite de certaine littérature mystique ou pseudomystique, ne se rencontrent jamais dans un passage qui traite de l’Eucharistie. »

Pas question, je vous rassure, que j’entre dans ce débat. Ce qui m’intéresse aujourd’hui, ce ne sont pas les agapes, mais « agapè ». Toute la différence tient dans l’accentuation, qui correspond à un éta en grec. Le voici en grec ancien.

Car les Hellènes étaient plus fort-e-s que nous! Ils et elles (ou elles et ils) avaient trois mots pour le concept d’ « Amour » : eros, philia et agapè.

« Eros, c’est le désir du bien sensible, mais aussi de toute autre objet digne d’attachement, la beauté par exemple. La philia c’est l’amour désintéressé qui prend soin de l’homme, de l’ami, de la patrie, en qui la volonté et la noblesse de coeur ont maîtrisé les passions humaines. Le mot agapè a parfois le sens d’Eros, mais plus souvent le sens de philia. Le dictionnaire grec donnent les sens suivants au mot agapè: 1- Accueillir avec amitié, traiter amicalement, 2- se contenter de, être satisfait de, 3- Aimer, chérir. Parmi les mots de même souche, on remarque agapètikos, tendre, affectueux, agapèteos,qui mérite d’être aimé ou désiré, agapèsis, affection, tendresse. » (source)

Vite, le Bailly!!

« ἀγάπη,ης (ἡ) [ᾰᾰ]

1 affection, Spt.Eccl.9, 1 ;particul. amour fraternel, NT.1 Cor.13, 1 ; amour divin, Phil.1, 283 ;NT.Luc.11, 42 ;2 Cor.5, 14 ;rar. amour au sens de passion, Spt.Cant.2, 4, 5 ;titre d’honneur (Votre Amour) Bas.4, 381 ;Nyss.3, 1073 edd. Migne ||

2 objet d’affection, être aimé, Spt.Cant.2, 7 ||

3au pl. agapes, repas fraternels des premiers chrétiens, NT.2 Petr.2, 13,etc. ;au sg.Clém.1, 384, 1112 Migne. »

Mais pourquoi, allez-vous me demander, parler de cela aujourd’hui?
Tout simplement à cause d’une sculpture qui a attiré mon regard, hier au couchant, sur la Promenade des Anglais. Sculpture dont j’ai fait des photos, que voici…


A vous de retrouver dans la liste qui suit l’expression signifiant « je t’aime » en grec. Un petit piège : elle est en majuscules, pour que ce ne soit pas trop facile!

Equilibration

Il y a longtemps que je n’ai écrit sur un mot, après qu’il m’eut intéressée ou plu. Or un ami m’a reprise alors que je parlais d’équilibre/équilibrage, pour utiliser le terme « équilibration ». Il n’en fallait pas plus pour m’intriguer et déclencher, comme le savent mes lecteurs/trices assidu-e-s, une recherche. En ce matin un peu gris de mi-août, je vous en livre quelques résultats, avec beaucoup de modestie…

Premier résultat, qui ne vous étonnera pas : il a plusieurs sens. Je vais donc focaliser sur celui qui m’intéresse, car concernant le corps humain. Je dis « corps » a priori, mais nous serons vite entraîné-e-s au-delà de celui-ci! Que dit donc le CNTRL?

« Ensemble des moyens permettant à un organisme vivant de trouver ou de maintenir son équilibre physique. Nécessité d’une intégrité absolue de l’appareil d’équilibration chez les candidats pilotes (Langlois, Binet dsNouv. Traité Méd.,fasc. 7, 1924, p. 164). »

Et l’Académie Française?

« 1.Ensemble des actions et des réactions qui permettent à un individu de se maintenir en équilibre.

2.Marque de domaine : physiologie.Marque de domaine : médecine.Mise en œuvre physiologique ou thérapeutique des moyens destinés à maintenir un équilibre dans le corps d’un être vivant.Un des principaux desseins de la réanimation médicale est l’équilibration du milieu intérieur. »

Tout cela renvoie donc à la notion d’ « équilibre ». Là aussi, une vraie polysémie! Mais, en adepte inconditionnelle d’Edgar Morin, je privilégie la vision systémique…

« Qu’est-ce que la complexité ? Au premier abord, la complexité était issue (complexus : ce qui est tissé ensemble) de constituants hétérogènes inséparablement associés : elle pose le paradoxe de l’un et du multiple. Au second abord, la complexité est effectivement le tissu d’événements, actions, interactions, rétroactions, déterminations, aléas, qui constituent notre monde phénoménal. Mais alors la complexité se présente avec les traits inquiétants du fouillis, de l’inextricable, du désordre, de l’ambiguïté, de l’incertitude. »

D’où l’importance de la notion d’ « équilibre », ou plutôt de « déséquilibre ».

« Deux conséquences capitales découlent donc de l’idée de système ouvert : la première est que les lois d’organisation du vivant ne sont pas des lois d’équilibre, mais de déséquilibre, rattrapé ou compensé, de dynamisme stabilisé. La seconde conséquence est que l’intelligibilité du système doit être trouvée, non seulement dans le système lui-même, mais aussi dans sa relation avec l’environnement, et que cette relation n’est pas qu’une simple dépendance, elle est constitutive du système. »

Nous allons donc trouver la notion d’ « équilibration » dans tous les domaines qui ont trait au vivant, donc à l’humain.

Un posturologue (autre terme découvert récemment, j’ignorais son existence!) travaille essentiellement cette équilibration.

« La posturologie s’intéresse au système postural qui comprend les mécanismes musculo-articulaires et nerveux. Ces mécanismes sont impliqués dans l’équilibre, que ce soit en état statique ou mobile. La posturologie accompagne les personnes qui souhaitent retrouver un bon schéma moteur afin d’éviter les déséquilibres et asymétries qui entraînent des compensations physiques et causent des douleurs. 

La posturologie cherche à comprendre, à diagnostiquer et à traiter un ensemble de pathologies en tenant compte des interactions des différents systèmes qui composent l’individu. En effet, pour se tenir debout, l’être humain doit lutter contre la gravité et continuellement rechercher l’équilibre en sollicitant notamment ses forces musculaires. Pour conserver sa verticalité, il doit sans cesse adapter son corps à son environnement en fonction des signaux extérieurs reçus par ses capteurs neurosensoriels. » (source : Ecole d’Assas)

Loin de moi l’idée de vous faire un cours sur la posturologie, j’en serais d’ailleurs bien incapable! Mais cette idée de « capteur » est captivante, non? D’autant qu’on conçoit aisément que ces « capteurs » sont en lien avec des systèmes divers et variés…

Une image, empruntée à l’ECAP (école de kinésiologie) évoque ces interactions.

Encore ne concerne-t-elle qu’un muscle!

Pour ma part, j’avais rencontré l’équilibration avec Piaget. Rien d’étonnant à cela puisque, comme vous le savez peut-être, Piaget, si exploité par les penseurs en pédagogie et didactique, était avant tout un scientifique. Voici quelques extraits empruntés au site de la Fondation Jean Piaget.

« L’équilibration est pour Piaget le processus fondamental qui permet de comprendre l’apparition de conduites et de connaissances assurant une emprise de plus en plus grande du sujet à la fois sur ses propres actions et sur les transformations de la réalité extérieure.

C’est ce processus qui explique l’apparition de systèmes cognitifs rendus de plus en plus puissants en raison des propriétés mathématiques des structures opératoires dont ils sont composés, ou qui rend compte de la façon dont les pouvoirs et les propriétés des systèmes préopératoires ou opératoires préalablement acquis s’intègrent au sein des nouveaux systèmes. »

Et de conclure un peu plus loin.

« L’universalité de fonctionnement de l’équilibration, qui s’applique aux phénomènes biologiques, psychologiques et sociaux, aussi bien que physiques, fait de la notion d’équilibration un concept explicatif de portée aussi vaste que tous les principes de la physique auxquels il se rattache d’ailleurs souvent (celui de moindre action par exemple).« 

Mais pour moi comme pour l’ami à l’origine de ces questionnements, et donc de cet article, ce n’est pas que « physique ». Ou alors, avec un sens très ouvert de ce terme.

Pourquoi ne pas se permettre de penser sa personnalité, voire sa vie, sous forme d’équilibration? Voilà qui laisse à penser, n’est-ce pas? Voire à se lancer dans une perpétuelle recherche d’un déséquilibre assumé?

Un après-midi de détente en Italie

Il fait chaud en ce 9 août… pas le moment de rester en ville ni de jouer les « touristes ». Alors, direction l’Italie, pour profiter d’une demi-journée en bord de mer. Car dans ce pays, on peut encore déjeuner dans un bon restaurant sur la plage, louer transats et parasols sans se faire « plumer », et, cerise sur le gâteau, faire ses courses à la fraîche pour se réapprovionner en bons petits vins italiens à 1,99 euros la bouteille, en Limoncello à 33 degrés, et en alcool pour en fabriquer, à 95 degrés!

Le restaurant choisi est voisin de celui dont il a déjà été question ici, le Storia di Mare. Cette fois, j’ai testé avec une jeune amie l‘Osteria I fra i. Elle est située à Camporosso, sur le « Lungomare Fabrizio de André », au numéro 8. Facile de stationner, tant sur les parkings que le long de la route qui longe le bord de mer. Y aller peut se combiner avec la visite de Vintimille, son adorable vieille ville et son site archéologique, ou un ravitaillement à bas prix chez Conad à Latte, puis une soirée mentonaise, ce que nous avons fait.

Le site est tranquille, on peut manger les pieds sur les galets ou sur une terrasse de bois, qui permet même les tables rondes et est astucieusement bordée de voilages épais, que l’on peut ouvrir ou fermer à sa guise.

Et la nourriture est aussi belle que la vue…

Pour commencer, un petit tartare de poisson accompagné d’un guacamole délicatement épicé et de petits légumes frais…

Puis des gnocchis fondants en sauce tomate goûteuse, pour accompagner le thon.

Enfin, pour finir, mon amie et moi avons partagé un VRAI tiramisu et une panna cota à la violette.

Un vrai espresso, un petit Limoncello, et me voici prête à aller faire la sieste sur l’un des transats et sous l’un des parasols loués à prix modique par le restaurateur.

Quatre aller et retour à la nage n’ont pas été de trop pour tenter d’éliminer! Et une bonne sieste pour far-niente! Avant de reprendre à 19h30 la route vers Latte, de l’autre côté de Vintimille, pour les courses chez Conad, qui ferme à 21 heures. Il était temps!

Sous le charme de Sospel. Episode 5

Et ce sera le dernier, promis… Qui va vous emmener sur la partie en noir du trajet précisé sur le plan précédent. Toujours sans objectif autre que de vous faire partager ce que j’ai « remarqué »… et d’abord, des portes surmontées d’inscriptions.

L’inscription ci-dessus est très « lisible » : le fameux IHS, composé des initiales en grec de « Jésus » (I), « Des Hommes » ou « De l’Humanité » (H), le « Sauveur » (S). Par contre, je n’ai pas identifié les symboles à droite ni à gauche. Si l’un-e d’entre vous en a la signification, merci de la donner en commentaire! Idem pour ce qui suit, totalement abscons pour moi.

Ensuite, l’architecture et les ruelles. Plus authentiques et « vivants » que dans les villages perchés proches de la mer.

Il subsiste des traces d’une Histoire lointaine… (les fenêtres font très « Renaissance »).

Et l’eau, omniprésente. Dans les fontaines comme dans le lit de la rivière, enjambée par deux ponts.

Le Pont de la Libération… Sospel a beaucoup souffert en 1944…

Le « Vieux Pont »

« Reconstruit en partie aux XVIe et XVIIIe s, seule la partie basse de sa pile centrale reste d’époque médiévale. Sa tour de défense était habitée et abritait un commerce jusqu’en 1960. Les deux arches furent démolies par les allemands en octobre 1944, puis reconstruites à l’identique par les Beaux-Arts en 1951. »

Sur les bords de la Bévéra, une architecture et surtout des ornements variés.

Et nous voilà de retour Place de la Cabraïa et parking voisin, pour reprendre la route vers Nice. A l’aller, je l’avais faite par ce que l’on nomme ici « la Pénétrante », avec un long tunnel trop éclairé de lumières jaunes et bleues qui m’hallucinaient. Au retour, j’ai donc fait le choix de passer par le Col de Castillon, bien que l’on m’ait déconseillé ce chemin. Mais je n’ai pas regretté…

Qui plus est, dans le lointain, des traces dans le ciel, aux couleurs nationales. A Menton, en effet, il y avait une démonstration aérienne de la Patrouille de France!

Sous le charme de Sospel. Episode 4.

Promis, c’est l’avant-dernier épisode de cette découverte de Sospel. Je vous emmène dans les rues et ruelles de la vieille ville… Pour que vous compreniez mieux, je replace le plan déjà présenté.

Nous avions commencé la partie surlignée en noir, depuis la Place de la Cabraïa jusqu’à l’arrière de la co-cathédrale Saint Michel. Poursuivons donc cette boucle noire. Suivez la guide, un peu fantaisiste certes, puisqu’elle passe sans vergogne de l’Histoire à des détails sans importance autre que celle de l’avoir intéressée, amusée ou intriguée…

A gauche, on voit un des restes des remparts qui ceinturaient la ville autrefois. Laquelle n’était accessible que par cinq portes.

Et maintenant, une petite série sans commentaires…

Pourquoi cette photo ci-dessus? Vous le devinez : je n’ai pu m’empêcher de me demander ce qu’était « La Martiale »! Eh bien, j’ai trouvé, après quelques difficultés, sur le site dont je vous ai déjà parlé. Un article très fourni porte sur les groupes musicaux à Sospel. Incroyables, leur nombre et leur variété! Je commençais à désespérer de trouver « La Martiale », lorsque j’arrivai à ceci :

Et voilà, le mystère de cette plaque, apposée là je ne sais pourquoi (ce serait à rechercher, mais je ne vais pas me ni vous fatiguer davantage!) est résolu. Et nous sommes revenus au point de départ, pour entamer la boucle rouge dans l’article suivant.