Sous le charme de Sospel. Episode 3 : la (co-)cathédrale

Grosse hésitation en écrivant le titre de cet article : fallait-il choisir « cathédrale » ou « co-cathédrale »? Car, dans beaucoup de textes actuels, c’est le dernier terme qui est utilisé. Alors que faire? Une petite enquête s’imposait… D’abord, qu’est-ce qu’une « co-cathédrale ». Voici une réponse non exempte d’humour.

« Pour rappel, une cathédrale est une église reconnue par le Saint-Siège comme l’église principale d’un diocèse. C’est là que se trouve le siège de l’évêque, que l’on appelle la “cathèdre”, d’où le nom “cathédrale”. Mais, dans certains lieux, on trouve une église qui comporte une cathèdre, sans être le siège d’un diocèse. C’est alors une “co-cathédrale”, qui n’est donc pas une nouvelle marque de soda, mais une “cathédrale avec”. Cela peut arriver quand une nouvelle cathédrale est construite, faisant perdre à l’ancienne son statut de siège du diocèse, mais pas sa cathèdre : elle devient donc une co-cathédrale. En France métropolitaine, on en compte huit (neuf, avec Notre-Dame-de-l’Assomption à Saint-Pierre en Martinique). » (source)

Autrement dit, c’est une cathédrale dont une autre a piqué la place et le rôle… En l’occurrence, Nice, bien sûr. J’ai trouvé la liste de ces « mises sur la touche » en France: Aire, Bourg-en-Bresse, Castres, Corbeil-Essonnes, Eauze, Elne, Embrun, Fourcalquier, Fréjus, Lisieux, Narbonne, Saint-Pierre de la Martinique, Saintes, Saint-Lizier, Sarlat… et Sospel. Je ne vais pas vous narrer toute l’histoire, mais me contenter d’un bref résumé. Sospel est déjà un évêché au Vème siècle. Elle perd ensuite ce titre au Moyen Age. Mais, lors du Grand Schisme, elle se rallie en 1370 à Avignon, contre l’antipape de Rome. Son église redevient donc cathédrale en 1378, avant de reperdre à nouveau cette fonction en 1411. Mais revenons dans le présent, pour découvrir ce qu’il reste de l’édifice construit sur le lieu d’une ancienne église (et sans doute de sites plus anciens, comme souvent). Je vous invite à franchir la porte de l’actuel édifice, reconstruit de 1641 à 1672, grâce à un voeu des habitant-e-s de la ville, après la peste de 1632.

Impressionnant, n’est-ce pas ? Eh oui, par ses dimensions, ce serait l’église la plus grande des Alpes Maritimes… Elle a été classée Monument Historique en 1951. Si vous voulez voir la notice complète, n’hésitez pas, car je ne vais pas « faire le guide », mais comme toujours, ne m’attarder que ce que j’ai « remarqué »… D’abord, un impressionnant ensemble de reliques.

Ensuite, le nombre non moins impressionnant de représentations de la Vierge… Juste deux exemples.

Beaucoup de tableaux, tous plus difficiles à photographier les uns que les autres. Je ne vous en présente donc qu’un, que j’ai trouvé particulièrement original.

Si vous voulez en voir davantage, RDV sur le net et sur la Base Palissy, où vous verrez aussi nombre d’objets dont certains ont échappé à mon oeil avisé! Tandis que certains mobiliers ont retenu mon attention : successivement, les fonts baptismaux, un lutrin et les anciens bancs.

« Vase de forme octogonale, porté sur un pied. ornementation moulurée sur la base, le pied et la cuve ; avec une rangée de pointes de diamants à quelques centimètres du bord supérieur. »

« Le lutrin, à coffre de section hexagonale, possède des faces ornées de panneaux semblables. » J’ajoute qu’il est en mélèze, et date de la fin du 18ème siècle.

Vous attendiez sans doute l’orgue? Ne vous impatientez pas, le voici, hélas en contre-jour.

« La console, en fenêtre, comporte un seul clavier manuel (14 jeux) et un pédalier à l’italienne (2 jeux). »

On le doit à un père et ses deux fils : Josué, Nicomedes et Joannes Pistorienses Agati, facteurs d’orgue – à l’origine également des orgues de Saint Etienne de Tinée – et il est daté de 1829.

Enfin, un élément indispensable pour une cathédrale, qu’elle soit co- ou non : la cathèdre! On ne peut pas pénétrer dans le choeur, donc pas s’en approcher. D’où l’angle étrange de ma photo.

Derrière, vous voyez les stalles des Pénitents Blancs. Leur confrérie est attestée depuis longtemps, à Sospel : 1398. Son nom exact : Pénitents Blancs de la Sainte Croix et du Gonfalon de Jésus. A l’heure actuelle, iels seraient 17 hommes et 12 femmes. Si vous voulez en savoir plus, voici la fiche présentant la confrérie. Vous avez pu voir, sur la place présentée dans le précédent article, la Chapelle des Pénitents Blancs, ou Chapelle Sainte-Croix.

Il est temps maintenant de sortir de l’édifice, pour en faire le tour…

Etonnant, non, l’écart entre le faste de l’intérieur et la sobriété de l’extérieur, si l’on excepte le fronton?

Sous le charme de Sospel. Episode 2 : la Place Saint Michel

Je vous ai narré hier le délicieux repas au restaurant La Cabraïa, et évoqué le rassemblement des chèvres sur cette place à la « fontaine à deux étages ». Une fois le déjeuner achevé, je suis partie tranquillement à la découverte de la ville. Ce sera l’objet de cet article.

Pour que vous me suiviez mieux, voici un plan du centre. En noir, le trajet 1. En rouge, le trajet 2. J’ai emprunté ce plan à un autre blog, dont l’auteure a écrit beaucoup sur Sospel, et que je vous encourage à aller voir. Il est ici.

Le premier « choc » s’est produit lorsque j’ai découvert la vaste place Saint Michel, présentée ainsi sur le site Menton-riviera-Merveilles (lu a posteriori) :

« Place avec éléments du 13 éme, 15 ème et 17 ème siècles.
Les façades et les toitures des immeubles ainsi que le sol de la place sont inscrits MH (18 mars 1947)

La place Saint-Michel constitue l’un des plus beaux ensembles architecturaux et scénographiques du Comté de Nice. Pavée de galets blancs et noirs, elle est dominée par l’ancienne Cathédrale qui capte le regard par l’aspect monumental de sa façade et du parvis. Bordée par les chapelles des Pénitents Gris et des Pénitents Rouges, elle fut édifiée aux XVIIème et XVIIIème siècles à l’emplacement d’une église romane dont il ne subsiste que le clocher »

Il aurait fallu une vue panoramique pour en rendre compte. Je vais tenter au travers de quelques photos que j’ai prises.

Je ne vais pas reprendre ce que vous trouverez dans tout bon guide touristique… Juste quelques points qui m’ont intriguée.

Le cadran solaire

Il ne date pas d’un passé lointain : 1982, mais peut-être une reprise d’un plus ancien (1956) ?

Première énigme. Je n’ai pas compris l’inscription : que signifient « RC » et « CG »? Le second évoque le Conseil Général, ancêtre du Conseil Départemental. Mais le premier?

Deuxième énigme. Cependant c’est surtout la devise qui m’a questionnée, en latiniste que je fus…

Le début, pas de problème : « Si le soleil garde le silence, je me tais. » (le verbe « silere » est attesté en ce sens chez Cicéron). Mais la suite? « Capire » n’existe pas… Si on lit « capere », cela pose le problème de l’absence d’objet (on « prend » quelque chose). « Celui qui peut prendre, qu’il prenne! ». Or il est traduit par certains auteurs « Comprenne qui pourra ». Mais « capere » n’a jamais signifié « comprendre ». Au plus, avec un génitif « conjecturer ». « Capire », c’est de l’italien, dans le sens de « comprendre »! Bref, j’ai failli y perdre mon latin. Erreur ou plaisanterie???

Comptoirs commerciaux de la Bévéra

Je vous invite à comparer les deux photos ci-dessous. La première est celle que je viens de prendre, en ce début août 2025.

En cherchant à comprendre ce qu’étaient ces « comptoirs commerciaux », j’ai découvert cette photo. Elle provient d‘un blog et date de février 2021.

Incroyable transformation, n’est-ce pas? Avec un « retour vers le passé »…

Mais je n’ai rien pu trouver de plus, sinon qu’auparavant il y aurait eu un « Bazar universel ». Aucune carte postale ou photo ancienne n’est aisément trouvable sur le net, sauf celle-ci, qui date de 1892. Vous remarquerez qu’il n’y avait pas de fenêtre à gauche de la devanture…

Un cheval à la fenêtre

Si vous avez bien regardé l’une des photos précédentes, un cheval a été placé à la fenêtre d’un des édifices, « le palais des barons Blancardi, maintenant barons Ricci des Ferres, où ont été logés à l’occasion de leur passage  dans cette cité, le souverain pontife Pie VII, le roi Victor Emmanuel, la princesse Pauline, sœur de l’empereur Napoléon, au temps de l’ancien gouvernement français, et d’autres personnages remarquables ». Une plaque située juste sous la fenêtre explique que Pie 7 a célébré une messe en cette demeure. Mais pourquoi le cheval?

Le sol pavé de galets

Vous avez peut-être observé le magnifique pavage de la place, tout en galets. C’est ce que l’on nomme dans la région une « calade ».

« Le mot calade fait référence à plusieurs sources, en latin calcare qui signifie calcaire, calare signifiant descendre et aussi s’arrêter en occitan, on retrouve le terme calar, en provençal, le verbe calada, et le nom caladage désignent dans les marchés provençaux du XIVème siècle « un pavage composé de petites pierres disposée sur une forme de terre aplanie, soit posées à sec, soit posées sur un bain de mortier » (Bernardi Philippe, Métiers du bâtiment et techniques de construction à Aix en Provence à la fin de l’époque gothique, Publications de l’Université de Provence, 1995).
Le terme apparaît dans le dictionnaire Larousse en 1887. Les ingénieurs des Ponts et Chaussées du XIXème siècle utilisent le terme calade pour désigner les pierres non taillées et les galets des voies de communication.
Les calades sont des sols de pierres posées sur chant, sur une certaine profondeur, les pierres sont toutes en contact mécanique les unes avec les autres, elles constituent un plan de sol fini.
Les calades sont classées dans les sols dits « debout » en comparaison avec les dallages ou sols à plat et les sols coulés en bétons, goudrons et plastique ». (source)

Je vous conseille de lire l’article dont est issue la citation ci-dessus, il est passionnant et explique à la fois les techniques et les avantages des calades.

La photo qui suit montre à quel point le sol a été travaillé, tant pour les formes que pour les teintes de galets…

Sous le charme de Sospel. Episode 1 : la Cabraïa

Il est des villes et bourgs où l’on passe, sans jamais s’y arrêter, ou tout au moins s’y attarder. C’est par exemple pour moi le cas de Sospel, qui avait jusqu’à présent le tort d’être situé sur la route qui mène à Tende, où je vais de temps à autres, et, au-delà, à Limone, une des stations de ski les plus proches de Nice. Je m’y étais arrêté une ou deux fois, et le charme de ses terrasses dominant la Bévéra m’avait déjà séduite, mais jamais assez longtemps pour une vraie visite. En ce premier dimanche d’août, ce fut donc pour moi une série de découvertes.

La première, c’est le restaurant où j’ai déjeuné. Pas un de ceux qui longent la rivière : il est blotti, un peu caché, derrière une belle fontaine, non loin de là.

Cette photo a été empruntée, mais voici celle que j’ai pu réaliser de la table…

J’ai cherché en vain son nom, et son histoire. Au point que je me demande si elle n’a pas été déplacée? Si l’un-e d’entre vous peut m’aider à comprendre, merci!
Mais revenons au restaurant. Un accueil très aimable, chaleureux, comme je les aime. Dès l’arrivée, un petit cocktail offert, à base de… gingembre! Vous imaginez comme j’ai apprécié!

Une carte évolutive, en lien avec les opportunités du marché. J’ai hésité! Notamment entre de l’espadon dont la fraîcheur ne faisait pas de doute, vu la proximité des gérants avec les pêcheurs du coin, et du confit d’agneau. Je pensais « de 5 ou de 7 heures ». Mais non, ici, c’est « de 6 heures ». Ce fut le second que je sélectionnai. Et je ne l’ai pas regretté! Fondant, et une sauce si « goûteuse » que je demandai une cuillère pour mieux l’apprécier…

Le tout avec un petit rouge du Var…

Moi qui aime le nez « fruits rouges » et le tannin, j’ai été gâtée! Il faut dire (je l’ai appris depuis) qu’on y retrouve le syrah.

« Cette coopérative provençale réputée pour ses rosés nous a séduits cette fois-ci avec un rouge (syrah/grenache/cabernet sauvignon). Quel joli fruit rouge (fraise, groseille) et quelles belles épices! La bouche est gourmande, légère mais ample, les tannins sont présents mais lisses, c’est la quadrature du plaisir… » (je connaissais la « quadrature du cercle », mais pas celle « du plaisir »!)

Résumons-nous : un espace un peu à l’écart de la foule touristique, une terrasse tranquille proche d’une fontaine, du monde aux petits soins pour la cliente pourtant bien « estrangier », un agneau fondant à souhait dans une sauce aromatique à souhait, un vin à la puissance enveloppée de douceur… Que demander de plus?

Peut-être vous demandez-vous d’où vient son nom. C’est celui de la place où est situé le restaurant. Une fois cela dit, la signification peut rester encore énigmatique, n’est-ce pas? J’ai tout de suite pensé aux chèvres, et mes recherches ultérieures m’ont donné raison…

« C’est ici que l’ on regroupait au XVI e siècle les troupeaux de chèvres
( Cabraïa en sospellois) avant de les mener sur leur lieu de pâture.

La fontaine avait deux fonctions : la partie basse servait d’abreuvoir et la partie haute était réservée aux besoins ménagers. Les entrepôts de sel sur la voie muletière se trouvaient aux alentours ».

C’est la première fois que j’entends parler de ces « deux fonctions », où l’on retrouve la répartition spatiale de certaines maisons montagnardes : le haut pour les humains, le bas pour les animaux…

J’ai par ailleurs recherché l’histoire de ce commerce. Voici ce qu’il en est dit : « La société LA CABRAIA a été créée le 31 juillet 1998, il y a 27 ans. Sa forme juridique est Société à responsabilité limitée (sans autre indication). Son domaine d’activité est : restauration traditionnelle. En 2022, elle était catégorisée Petite ou Moyenne Entreprise. Elle ne possédait pas de salariés. » (source).

Je vous en donne donc l’adresse, pour que vous puissiez en profiter si, un jour, vous passez par Sospel ou y séjournez (le bourg le mérite, je vous le prouverai dans un prochain article) : 1, Place de la Cabraïa à Sospel. Un parking tout proche permet de stationner gratuitement.

Christian Krohg, une belle découverte…

Je suis allée récemment au Musée d’Orsay, pour y voir diverses expositions, mais il m’en restait une à visiter, qui se termine le 27. Or, hier, c’était déjà le 24. Un jeudi. Juste le jour de la « nocturne ». Belle conjonction! Me voici donc dans le bus qui me conduit vers le Musée d’Orsay, puis la file d’attente (car le billet pris par Internet avait mystérieusement disparu), puis filant vers les salles repérées au préalable.

Et je n’ai pas été déçue! Les émotions ont bien été au rendez-vous!

Bien sûr, il y avait celles que j’attendais, que j’espérais. Dans la série « marins », dont un tableau figurait sur l’affiche (voir ci-dessus!). Cependant je n’avais pas perçu l’originalité (pour l’époque) de son approche : l’angle de vue et le sens du détail. Le tableau reproduit sur l’affiche ci-dessus en est un exemple. En voici deux autres, qui, pour la fan de voile que je suis, illustrent deux des rôles importants sur un voilier…

Saisissant, non? Saisi, sans le « ssant », également!

Cette technique n’a pas été exploitée que sur l’eau… en voici un autre exemple, que j’ai beaucoup aimé.

Quelle intemporalité! Qui d’entre nous n’a pas eu ce geste, au grand dépit des parents ou grands-parents? Et qui ne continue pas à en être témoin, actuellement? C’est l’un des paradoxes que j’ai ressenti au cours de ma visite. A la fois une inscription réelle dans son époque – je dirais même une forme de révolte contre les injustices sociales, de militantisme – et une permanence au travers des siècles, notamment dans les interrelations humaines. Commençons par quelques peintures « narrant » littéralement des faits témoignent de la pauvreté, de l’injustice, de ce que l’on ne nommait pas encore la précarité.

La série de portraits de couturières épuisées par leur labeur est remarquable, et je ne résiste pas à l’envie de la partager avec vous.

Certaines oeuvres montrent combien la beauté subsistent malgré les difficultés, n’est-ce pas? Comme dans un des tableaux les plus connus du peintre, qui prenait parfois comme modèle des prostituées, ce que lui reprochait la « bonne société ».

Venons-en maintenant à ce que j’ai qualifié d’intemporel, de permanent, de « résistant ». En peignant des moments de la vie privée et/ou familiale, l’artiste soulève des émotions empreintes de l’écho qu’ils éveillent en nous. En tout cas, en moi. Car j’ai été très émue, je l’avoue, devant certains tableaux.

Au moment où j’écris ces lignes, il ne vous reste que le week-end pour aller voir l’exposition… Courez-y vite, si vous le pouvez. A défaut, il vous reste le net, où documentaires et photos ne manquent pas pour que vous puissiez « rencontrer » ce Norvégien qui n’a pas été que peintre, mais également écrivain et journaliste…

Quatre acteurs, une actrice… Un beau délire !

En quête d’évasion à la suite de difficultés professionnelles et de mauvaises nouvelles concernant la santé d’amis, je décidai que rien ne valait une bonne comédie. Quand je dis « bonne », je ne parle pas de la qualité de l’écriture, mais de son impact sur le public : une comédie qui fasse vraiment rire. Un délire, quoi! Et je fus servie… Mon choix, un peu à l’aveugle au départ, mais ensuite étayé par des commentaires en ligne, s’est porté sur une pièce qui se joue actuellement au Théâtre Gaîté Rive Gauche à Montparnasse. « Mission Florimont ». Peut-être attirée par l’affiche, car Florimond « Long Minton » est le « Géant » de Doullens, dans la Somme.

Oui, c’est comme les Dupont/d, l’un avec un t, l’autre avec un d… Comme Florimond Robertet, fort apprécié de Charles Quint

« Ce personnage a marqué l’Histoire de France. Jugez plutôt : il a servi pas moins de trois souverains, Charles VIII, Louis XII et François Ier, remplissant pour eux les plus hautes fonctions comme les missions les plus sensibles (…) ’activité de ce bourreau de travail fut surtout diplomatique et ses interventions revêtent très souvent un caractère dramatique, voire romanesque. (…) Charles Quint le considérait comme le seul interlocuteur valable. » (source Historia)

La pièce ne le met pas en scène, mais il y a des liens… à commencer par Charles Quint. Drôlatique à souhait, son interprétation : l’acteur adopte tour à tour les accents slave, allemand, italien, espagnol, pour évoquer l’aspect international de son pouvoir. Charles Quint qui tente d’intercepter, avec l’aide d’un policier digne des plus noirs polars humoristiques, le dénommé Florimond, bâtard de La Courneuve. Lequel lui a confié trois graines qui permettent de se sauver des situations les plus difficiles.

Je ne vais pas vous narrer l’intrigue, car mieux vaut la découvrir. Quant à l’humour, il utilise toutes les gammes possibles… Et même moi qui n’aime pas trop les gauloiseries ni le burlesque, je dois reconnaître que je me suis amusée tout au long du spectacle. Même si je n’ai pas compris toutes les références, extrêmement nombreuses et empruntées à toutes sortes de contexte, y compris la chanson contemporaine! Le tout pour une histoire censée se dérouler entre François Premier, Charles Quint et Soliman le Magnifique, et qui nous entraîne à travers l’Europe et la Turquie. Et l’exploitation des anachronismes permet de jouer les Voltaire, en attaquant les politiques de notre époque.
A aller voir absolument pour une cure de rire! Et bravo aux acteurs et à l’actrice qui, à 5, jouent d’innombrables rôles… Le site du théâtre annonce 30 personnages, mais l’un des acteurs en interprète seul, par jeux de mimiques, une trentaine à la fois!!!

Une journée extra-ordinaire

Il est des jours où tout s’enchaîne mal, où les petits problèmes s’accumulent et nous poussent à penser que « tout va mal ». Ce n’est pas du tout ce qui s’est produit hier, où, au contraire, les faits se sont enchaînés pour me faire croire à une bonne étoile… Il n’est guère dans mes habitudes de vous raconter ma vie sur ce blog où je préfère partager mes découvertes, mes plaisirs, mes coups de gueule comme mes coups de coeur… Mais j’ai trop envie de vous narrer ce qui s’est produit et vais donc céder à cette envie.

Episode 1. Efficience de l’URSSAF

Ma journée s’annonçait plutôt pénible, avec de l’administratif. Comme je n’avais pas obtenu de réponse de l’URSSAF pour finaliser ma déclaration d’impôts, et qu’il est difficile d’avoir un interlocuteur (qui est le plus souvent une interlocutrice) au bout du fil, je tentai une connexion (mais le site a évolué et se « loguer » devient une épreuve que je ne réussis pas – je parle au passé simple, ça fait bien n’est-ce pas?) une nouvelle fois, j’osai un nouvel appel. Miracle, seulement quelques sonneries, et une voix me répond. Et me donne toutes les informations dont j’ai besoin, notamment où trouver la fameuse fiche qui m’a été adressée suite à ma demande (autre miracle!). Bref, en 10 minutes tout était résolu!

Episode 2. Un RDV pour une échographie une demi-heure après, dans un centre conventionné tout près de chez moi

Autre épreuve que je décidai d’affronter alors : trouver un rendez-vous pour une échographie dans les deux jours qui suivent, sans payer un supplément tel que les 122 euros de mon précédent examen. Vite, Doctolib. Il est alors 11h20 Première réponse, en première ligne : une proposition pour 12h (si, si!) au Centre de santé proche de chez moi (où tout est pris en charge).

Mais il faut être à jeun depuis au moins 6 heures. Une chance! J’ai oublié de petit-déjeuner! Et une seconde : je sors de la douche, il ne me reste plus qu’à me vêtir, chausser, attraper l’ordonnance et filer. Une heure après, l’examen était fait et je pouvais rentrer.

Episode 3. Un colis livré dans l’heure

Alors que je m’apprête à sortir dans la rue, je me retourne pour demander à l’homme que je venais de croiser, l’air perdu, si je pouvais l’aider. « Oui, je dois placer un avis de passage pour un colis pour Madame X ». « Eh bien, c’est moi, Madame X! Vous avez le colis? » « Non, je l’apporterai vers 13h » « Je ne suis pas sûre d’être de retour, car je pars faire un examen médical. » « Alors ce sera jeudi ». « Mais, jeudi, je ne serai pas ici. Puis-je vous laisser mon numéro de téléphone, et vous m’appellerez tout à l’heure, j’essaierai de vous retrouver dans le quartier? » Il accepta et m’appela pour que je garde trace du sien. A mon retour, je lui envoie un SMS. Il m’appelle aussitôt : « J’arrive dans 5 mn ». Et c’est ainsi que je pus réceptionner un gros carton, toute étonnée, car je n’avais rien commandé. Qui contenait un minuscule boîtier adressé gratuitement par Orange…

Episode 4. Cadeau d’un commerçant

Comme j’étais sortie très vite du Centre de santé, je décidai de pousser jusqu’au magasin de matériel informatique Gingko, un peu plus loin sur le Boulevard Saint Germain, car j’étais en manque d’encre pour mon imprimante. J’y achetai un jeu de cartouches noire et de couleurs. Au moment de payer, le commerçant me demande si je ne voudrais pas une bleue en supplément. Gratuite. Je n’ai pas refusé, bien sûr!

Episode 5. Une rencontre étonnante

Revenons un peu en arrière. Alors que j’arrivais au magasin sus-cité, s’y trouvait déjà une belle jeune femme. Qui s’adressa à moi : « Vous allez assister à une résurrection! » Je lui demandai si elle avait fait un voeu avec un cierge à l’église (intégriste) voisine… Le réparateur-commerçant dont je viens de vous narrer la générosité avait réussi à réparer son Mac alors qu’il l’avait totalement lâché. Nous échangeons sur nos professions. Elle me déclare mener des expériences autour de la démocratie participative. Je lui demande si elle s’inscrit dans la même mouvance que mon ami José Dhers. Elle ne le connaît pas, mais aussitôt regarde sur le net. Comme je la questionnais sur ses « expériences », elle me parla de « Ma Voix », à l’Assemblée Nationale.

Si cela vous intéresse, un mémoire sur ce sujet m’a permis de mieux comprendre ensuite. Nous décidons d’échanger nos coordonnées. Etonnée par son prénom et son nom, je les lui fais répéter… D’abord, le prénom, plutôt rare : Quitterie. Si vous voulez en savoir plus sur Sainte Quitterie, patronne d’Aire-sur-l’Adour, allez ici. Le prénom latin renvoie à la notion de « calme », de « tranquillité » : c’est la même racine que « quiet » « quiétude »… Ensuite, le nom, qui vous évoquera peut-être quelqu’un d’autre : « De Villepin ». Et, effectivement, c’est sa famille. Le net m’a appris qu’en réalité c’est une des branches des « Galouzeau de Villepin », très fournie en énarques…

« Ayant commencé sa carrière au début des années 2000 en créant des campagnes de communication pour des ONG, Quitterie de Villepin, 38 ans, connue aussi son nom de femme mariée – Delmas –, est devenue la responsable de la campagne numérique de François Bayrou en 2007. Se disant dégoûtée par la politique politicienne, elle a ensuite quitté le Modem. Elle est cependant restée très présente sur les réseaux sociaux, notamment grâce à sa campagne menée contre les marques de textile à la suite de l’effondrement meurtrier de l’atelier bangladais du Rana Plaza en 2013 (elle avait été invitée sur Arrêt sur images pour en parler, à voir ici). Elle est à l’initiative du mouvement #MaVoix lancé en 2015 qui veut « hacker l’Assemblée nationale », en imposant des candidats citoyens. »

Attention, cet article a 9 ans, elle en a donc 9 de plus… mais fait très jeune! et réside dans mon quartier… d’où sa visite à ce magasin, un 8 juillet au matin, qui permit cette rencontre… Elle tient un blog, je l’ai appris depuis… d’une bien meilleure qualité que le mien, à tous points de vue!

Episode 6. Une conjonction de livraisons bien menées

J’avais espéré déjeuner avec un ami ce midi-là. Mais il était retenu à la Défense, dans l’attente d’une livraison, et m’avait donc déclaré l’impossibilité de nous rejoindre. Vers 13 h, donc, après avoir réussi avec l’URSSAF, reçu mon colis dans les temps, chez moi (alors que je dois toujours me déplacer à la poste), fait mon échographie, acheté mes cartouches et en voir reçu une gratuite, rencontré Quitterie de Villepin et être rentrée chez moi, je m’apprêtais à pique-niquer dans mon studio. Je reçus alors un appel « La livraison est faite, je peux te rejoindre, sur le trajet de la ligne 1 ». Rendez-vous fut alors pris pour la sortie de la station Saint-Paul… Malgré une panne de mon téléphone, je réussis à y retrouver mon ami pour un agréable déjeuner… Et c’est alors que je vécus un autre moment étonnant…

Episode 7. Une rencontre plus que surprenante

Nous voici donc à la recherche d’un restaurant dans ce coin que je connais mal, bien qu’y ayant joué les touristes, dans l’église Saint Pierre Saint Paul et en découvrant l’Hôtel de Sully. Enfin nous en repérons un, que je vous recommande : le Café Fontaine Sully (au calme dans rue perpendiculaire à celle de Rivoli, et avec un personnel très sympathique).

Au moment de nous y installer en terrasse, une voix masculine : « Bonjour, Madame! ». Un charmant jeune homme… Mais qui pouvait-il être? Vite, mon cerveau tourne… Un stagiaire? Arrive alors une jeune femme, puis une autre, puis une dame plus âgée… Ce ne sont autres que les 4 personnes rencontrées la veille dans le train en provenance de Calais. J’avais entendu, tout au long du trajet depuis Abbeville, leur conversation. Une grand-mère et 3 jeunes gens venus passer quelques jours à Paris, en « touristes ». J’avais alors proposé mes services pour les aider à distinguer ce qu’il et elles avaient à voir, où aller manger peu cher, etc. Et leur avais donné l’adresse de ce blog. Un peu plus de 24 heures après, nous voici donc réuni-e-s par le hasard, dans un quartier où je vais assez rarement! Surprise réciproque, vous imaginez bien!

J’espère ne pas vous avoir ennuyé avec ce récit un peu long. Mais j’avais vraiment envie de partager cela avec vous. Peut-être vous demandez-vous comment j’ai achevé la journée? Au théâtre, à me tordre de rire… Mais c’est une autre histoire…

Notre Dame rénovée…

J’ai toujours détesté le « faux ancien ». Vous savez, ces salles de séjour faussement Henri II ou ces manoirs modernes voulant se faire passer pour historiques? De même que je ne comprends pas la lutte contre les rides de certaines personnes, à coup de Botox et d’opérations chirurgicales.

Alors, vous pouvez comprendre mon appréhension à l’idée d’aller revoir Notre-Dame après sa restauration. J’aurais dû m’abstenir. Pour garder le souvenir de celle qui était pour moi si symbolique du Moyen-Age, cette si belle « vieille dame »…

Car j’ai eu un véritable choc en entrant. A découvrir ces voûtes toutes blanches, qui font vraiment « faux ancien »! Jugez-en plutôt…

Heureusement, des éléments « modernes » rappelleront à l’avenir le souvenir de notre époque…

Les vitraux eux-mêmes m’ont posé question. Du style « Qu’est-ce qui est authentique? Qu’est-ce qui ne l’est pas? Et « authentique » de quelle époque? ». A vous de jouer…

Pour les tableaux, c’est un peu plus facile… Des « anciens » sont toujours là…

… et des « nouveaux » les ont rejoints, dont certains plutôt exotiques, voire rafraîchissants…

Je ne sais dans quelle catégorie classer la série d’icônes au fond de la nef, ni cette étonnante « oeuvre ».

Heureusement, il reste des éléments qui témoignent de l’Histoire… je vous en parlerai dans un second article, si vous le voulez bien…

Une chorale philadelphienne à Saint-Sulpice

L’affiche m’avait surprise : que venait faire une chorale de Philadelphie dans notre vieux Paris?

Et qui plus est, un lundi à 15 heures! La moitié des compositeurs sus-cités m’intéressait… les autres, pour moi étaient d’illustres inconnus, mon « savoir » sur la culture américaine étant quelque peu lacunaire. Cependant, j’ai tenté… et me suis retrouvée au premier rang, suivie par un public plutôt clairsemé, qui s’est progressivement étoffé car des touristes l’ont rejoint.

Bref, les chanteuses et chanteurs étaient presque aussi nombreux/euses que celles et ceux qui les écoutaient! Car le nombre, il faut le dire, était impressionnant. Une bonne cinquantaine! Les voici arrivant « sur la scène », devant l’autel en une longue, longue file.

File suivie par son « directeur », Jeffrey Brillhart.

Enfin, tout le monde est installé, le concert peut commencer. Directement : aucun commentaire, aucune présentation. En réalité, il fallait lire le papier qui avait été remis à l’entrée, et dont j’ai d’abord pensé qu’il s’agissait d’un faire-part de deuil.

Et au verso, le programme, dont a priori nous ne comprenions pas bien la structuration.

Si je devais le décomposer en « parties », ce serait simple : la première et la seconde. Au début, pour moi, une belle découverte. Je ne vous ferai pas l’injure de vous présenter Bruckner ni Poulenc ni Duruflé. Mais peut-être, comme moi, ne connaissiez-vous pas Thompson? Voici une autre version de la chanson qui initiait le concert. Quant à Pierre Villette, je n’ai pas trouvé de version d’un Ave Maria, mais une d’un Salve Regina, interprété par un choeur inattendu… Né à Duclair, près de Rouen, en 1926, et décédé en 1998 à Aix-en-Provence, où il avait dirigé le conservatoire pendant 23 ans, il a composé 80 opus, peu connues en France :

« De façon étonnante, son œuvre n’a jamais été très reconnue en France, sans doute du fait de sa carrière accomplie en province quand Paris domine la vie artistique du pays. » (Wikipedia)

J’ai donc beaucoup apprécié ce début de programme, notamment la « comparaison » possible de deux compositions autour du texte « O magnum mysterium ».

« O magnum mysterium, et admirabile sacramentum, ut animalia viderent Dominum natum, jacentem in praesepio! Beata Virgo, cujus viscera meruerunt portare Dominum Christum. Alleluia. »

En français:

« O grand mystère, et admirable sacrement, que des animaux voient leur Seigneur nouveau-né, couché dans une mangeoire! Heureuse Vierge, dont le sein a mérité de porter Le Christ Seigneur. Alleluia! »

Eh oui, c’est un chant de Noël, un chant grégorien créé pour les matines de Noël. Et j’ai ainsi appris, en préparant cet article, qu’il n’y avait pas deux versions, mais que de multiples compositeur-e-s l’avaient mis en musique (liste de Wikipedia)

« Bon nombre de compositeurs ont créé des polyphonies de ce chant ; parmi lesquelles les plus connues sont celles de Byrd, Morales, Victoria, Gabrieli, Palestrina, Alessandro Scarlatti, Poulenc, Judith Bingham, Harbison, La Rocca, Mäntyjärvi, Pierre Villette, Lauridsen, Kevin Memley, Busto, Louie, et Miškinis. »

Parmi elles et eux, donc, Poulenc et Lauridsen. Si vous voulez « jouer » comme moi, en voici deux interprétations. D’abord, Poulenc, par la Maîtrise de Notre-Dame de Paris. Puis celle de Lauridsen par le Choeur de Radio France. Très différentes, ces oeuvres, n’est-ce pas? Mais que c’est beau à entendre!

Le programme annonçait ensuite quatre motets… ce qui faisait 5, car le texte précédent est aussi un motet! Ensuite, on enchaîne sur la deuxième partie. Quel écart! Me voici soudain dans une ambiance toute autre, évoquant vaguement le Godspel.

Voici le tout dernier morceau, que j’ai très partiellement enregistré pour vous le faire entendre. Peut-être aimerez-vous?

Dernière oeuvre du programme ci-dessus: Moses Hogan

Vous devinez que j’ai beaucoup moins apprécié… et vous avez raison… Et de ce fait, mon regard s’est davantage promené aux alentours. Au pied du gnomon, un prêtre confessait… hors du confessionnal…


Mozart chez les Bernardins

La relation qu’entretenait Mozart avec la religion m’a souvent questionnée. D’où ma surprise lorsque j’ai découvert ce tout nouveau spectacle « immersif » proposé à Paris depuis hier…

Autre surprise : pas de problème pour obtenir une place au tout dernier moment! Et quand je dis « tout dernier »… Il était 16h20 pour une entrée à… 16h20! Car il faut retenir, pour pénétrer dans les lieux, et les flux se font toutes les 20 minutes. Le prix me paraissait assez élevé (32 euros), mais en cet après-midi où toute randonnée était exclue et tout déplacement rendu difficile par la chaleur, on ne comptait pas! Un petit café à l’ombre, avant de gagner le Collège et pour éviter la queue au soleil…

Un petit groupe d’heureux/ses élu-e-s participa donc avec moi à ce qui tient à la fois de la visite des lieux (que je n’avais jamais pu faire car les expositions et concerts déjà vus ici se tenaient au rez-de-chaussée), visite théâtralisée, de mini-concerts avec projections, de ballets, le tout impliquant au maximum le public, jusqu’à lui faire danser le menuet… Inutile de vous dire combien le rythme est soutenu pour que tout puisse se faire en 1h20.

Dès l’entrée, le petit groupe est happé par la musique et la narration…

Mais il est très vite entraîné par un joyeux Papageno vers la Flûte enchantée, où Mozart révèle son appartenance à la Franc-Maçonnerie.

Le grand réfectoire s’anime, s’illumine, prend des couleurs… et c’est ensuite le Mariage de Figaro, où Mozart reprend les critiques de Beaumarchais contre le droit de cuissage.

Papagayo nous entraîne ensuite vers le jardin, puis l’escalier menant au sous-sol. Dont je découvris donc alors avec beaucoup d’intérêt les différentes salles, servant jadis pour la plupart de cellier. Dans chacune, un accueil chaleureux, et une nouvelle oeuvre.

Loin de moi l’idée de vous en faire une présentation exhaustive. Juste trois moments forts… L’un assez ludique : deux personnes du public furent désignés comme chef-fe-s d’orchestre, devant assurer le tempo de deux symphonies sous l’oeil averti de leur hôte.

Le deuxième, magnifiquement esthétique : un mini-ballet de Mourad Merzouki sur La Petite Musique de Nuit.

Les jeux de lumière répondent à la musique et à la danse, et la petite salle voûtée se transforme…

Ambiance totalement différente dans la salle suivante, où nous sommes invité-e-s à nous recueillir pour quelques minutes du Laudate dominum.

Et je dois avouer que les projections, ici, pour moi, étaient quelque peu perturbantes une écoute intimiste.

La visite du sous-sol se termine, et la remontée dévoile le magnifique escalier, ainsi présenté sur le site de la Région:

« Cet escalier à vide central est entièrement en stéréotomie. La rampe d’appui est composée d’arcades à enroulement reliées par des étriers. Elles se rattachent à une plate-bande inférieure et supérieure par des billes. Des rouleaux sont placés entre les arcades« .

Vous ne savez pas ce qu’est la stéréotomie? Je l’ignorais aussi, et me suis précipitée sur le site de la BNF pour en savoir plus. Cette « technique de découpage et d’assemblage des pierres » « suppose une connaissance approfondie de la géométrie ».

« À partir du 16e siècle, cette technique fait l’objet de nombreux traités exposant des schémas complexes exécutés avec règle, équerre et compas. Cet art du trait dépend aussi du savoir-faire du tailleur de pierre, qui débite et taille les blocs, du calepineur, qui transforme les dessins de l’architecte en plans d’exécution, et de l’appareilleur qui trace ces plans directement sur le chantier.« 

Jugez par vous-même!

Le résultat?

Mais revenons à Mozart… Nous voici invité-e-s à apprendre le menuet.

De beaux fous-rires, quand nous dûmes mettre des perruques, puis apprendre en quelques minutes toute une séquence de menuet!

Genrées, les perruques! Plutôt blanches pour les femmes (ci-dessus), et grises pour les hommes (ci-dessous).

Mais la fin approchait… Dans tous les sens du terme ! Car c’est un prélat qui nous accueillit pour la dernière étape, dans l’oratoire. Je ne vous parlerai pas (ici et maintenant) longuement de ces trois extraits du Requiem, dont le Lacrimosa qui m’émeut toujours autant. Et cette ultime séquence me bouleversa. Et, une fois encore, je regrettai les projections murales qui n’auraient pas perturbé autant l’écoute si elles étaient restées telles qu’à notre entrée dans les lieux.

Inutile de vous dire, à la suite de cette narration, combien je vous encourage, quelles que soient vos idéologies et quel que soient vos âges, à participer à cette aventure. Et vous ne regretterez pas, je pense, la somme versée pour y parvenir…