Musée des Années 30 (suite et fin)

Promis, c’est le dernier épisode de cette présentation du Musée des Années 30 à Boulogne-Billancourt ! Nous allons donc ensemble descendre du 4ème étage au rez-de-chaussée, rapidement et en ne jetant qu’un coup d’oeil sur les collections… Enfin, je vais essayer!

Peintures des années 30

Loin de moi l’idée de tout vous expliquer ici : il faut que vous puissiez, vous aussi, découvrir ce Musée. Je vais donc me contenter d’une sélection des oeuvres qui m’ont intéressée.

On bascule progressivement hors de l’Europe, avec des peintres voyageurs…

Comme je vous le disais dans le début de cette série d’articles consacrés au Musée, je viens de rater l’exposition Bouchaud. Mais deux oeuvres du peintre sont exposées dans les collections permanentes.

Toute la suite du 3ème étage est consacrée à l’Afrique et l’orientalisme.

Voyage en terres lointainesSans commentaires…

J’ai préféré vous livrer cette série sans commentaires, pour laisser l’émotion intacte.

On découvre, dans une petite salle un peu à l’écart, un artiste explorateur, Alexandre Iacovleff.

Impossible de trouver en ligne un documentaire sur cet artiste étonnant, proche de la photo. Mais comme il a fait l’objet d’une exposition ailleurs, un reportage vous le présente assez rapidement, ainsi que les croisières Citroën auxquelles il a participé. Quelques planches sont présentées dans une petite salle, donnant une idée de son travail de « reporter ».

Oeuvres liées à la religion

Comme vous l’avez compris, je n’ai pas saisi la « narration » ou « logique » muséographique de ces lieux. La suite de la collection est en lien avec la religion. J’ai beaucoup moins aimé, mais vous en livre quelques exemples.

Vierge du Village Français, Carlo Sarrabezolles (1925)

Cette statuette m’a appris qu’il existait, dans l’Exposition internationale des Arts décoratifs de Paris en 1925, une Chapelle du groupe des catholiques des Beaux-Arts. C’est là qu’était exposée cette Vierge à l’enfant.

Des maquettes de décoration d’églises et de chapelles sont présentées dans cet espace du 2ème étage.

Résurrection, Marthe Flandrin (1943). Maquette pour la voûte de l’abside de l’église du Sacré Coeur de Colombes
Résurrection du Christ, Marthe Flandrin (1953). Maquette pour l’église Saint-Martin de Givry-sur-Aisne

Et pour finir rapidement… quoique…

J’ai dû écourter ma visite, plus longue que je ne l’avais prévue. Et je vais faire de même dans ce blog, pour vous éviter l’ennui, et faire en sorte qu’il vous reste encore beaucoup à découvrir. Donc, juste un regard sur quelques oeuvres exposées au 2ème étage, puis on redescend au rez-de-chaussée, où une partie de l’entrée est consacrée à des sculptures… plutôt monumentales!

Un petit arrêt, malgré tout, devant ce tableau de Jaro Hilbert, peint à Ljubijana en 1929.

Cet artiste français (peintre, sculpteur et dessinateur) est né en Slovénie de parents tchèques, et a vécu presque 100 ans, de 1897 à 1995. Je me promets de le découvrir mieux ultérieurement, si j’en ai le temps…

Deux étages par ascenseur (le 1er est consacré à l’administration du Musée), et me voici revenue au rez-de-chaussée. En entrant, je n’avais absolument pas remarqué un espace pourtant vaste, sorte de « proue » du navire…

Musée des années 30 (2)

L’exposition que je souhaitais voir s’est terminée deux jours avant… Pas de chance! Mais il reste les collections… Il me faut avouer leur avoir trouvé un aspect un peu hétéroclite. Certes, elles se rapportent (plus ou moins) aux années 30, mais leur agrégat semble quelque peu artificiel. Qu’à cela ne tienne, elles n’en sont pas moins intéressantes…

Commençons par les premières salles, situées au quatrième étage (oui, on commence par le haut!). Devinez à qui elles sont dédiées ? Mais oui, bien sûr, à Landowski en personne. Normal, dans l’Espace éponyme !

Il fallait du courage, je pense, à la ville de Boulogne pour mettre en avant ce sculpteur qui a été controversé en raison de sa participation à la tournée en Allemagne durant la Seconde Guerre Mondiale. Et j’avoue ne pas apprécier le gigantisme de certaines de ses oeuvres… Mais dans cette salle figurent des statuettes d’autres sculpteurs, plus fines et sensuelles…

Jeune fille à la toilette, Joseph Bernard (1912)

Je suis un peu surprise, sur le moment, de découvrir, entre la succession d’espaces dédiés à la sculpture, une maquette du Paquebot Normandie. Que fait ici ce joyau de la construction navale française, plus spécifiquement nazairienne ? Certes, il date des années 30, puisqu’en 1935, lors de son lancement, il est le plus grand paquebot du monde « plus long que la Tour Eiffel », à la salle à manger « plus vaste que la Galerie des Glaces de Versailles », pouvant accueillir plus de 3300 personnes (si vous voulez en savoir plus, voici un documentaire à ce sujet) ?

La suite de la visite me le fait comprendre : une partie du mobilier et des décors présentés proviennent du paquebot, aux décors très Art Déco. Une exposition a été dédiée en 2020 à son prédécesseur, qu’il a surpassé, le Paquebot Ile-de-France. En est-ce la raison? Je l’ignore. Mais revenons à cette salle dédiée au mobilier, aux objets et aux maquettes…

L’esthétisme, à cette époque, n’exclut pas le confort… Et une pièce m’a fait imaginer combien le télétravail pourrait devenir agréable si nous la possédions…

Que dites-vous de cette chaise longue adaptée au travail? Il ne lui manque que les prises électriques sous les accoudoirs, non?

Envie de voir de plus près le tableau exposé à droite, comme moi ? Le voici…

La sieste, Auguste Clergeau (1930)

Beaucoup de mobilier exposé, ce qui m’a plus, car j’aime les formes épurées de cette époque…

Les recherches pour embellir les matériaux, qu’il s’agisse de bois ou de verre, me séduisent tout autant.

Coffre, Léon Jallot, 1937. Ebène de Macassar.
Décor en ivoire, Maurice Pico, sur le Meuble au char de Jacques-Emile Ruhlman (1924)

C’est ainsi que j’ai appris ce qu’est le verre églomisé : on applique au revers d’un verre une peinture à froid associée à des fonds brillants – argent ou or – et à du vernis noir. Regardez cette merveille, sur laquelle j’ai focalisé…

Zoom sur un panneau en verre églomisé, sur une armoire en ébène de Macassar, Jules Leleu, (1937)

Le métal n’est pas oublié, avec notamment des paravents aux formes épurées.

Paravent, Léon Barillet et Jacques Le Chevallier (1930)

Ce paravent a été conçu pour le bureau du directeur d’une revue, La Semaine à Paris.

« La devanture de cet immeuble, situé au n° 26 rue d’Assas dans le 6ème arrondissement de Paris, a été réalisé en 1930 par Robert Mallet-Stevens, avec le concours de Louis Barillet pour les vitraux et des frères Jan et Joël Martel pour les reliefs. » (source). Il faudra que je vous reparle de Mallet-Stevens… un univers architectural à découvrir!

Vous avez déjà pu voir des objets dans les photos qui précèdent… j’ai été impressionnée par la beauté simple et le bleu profond du décor d’un vase, et ne résiste pas à l’envie de le placer ici.

Décor du Vase au bananier et oiseau exotique, René Buthaud (1926)

Pas plus que je ne résiste à celle de partager avec vous deux tableaux aux antipodes l’un de l’autre et que la muséographie farceuse a placé face à face.

Le Pensionnat de Nemours, Bernard Boutet de Monvel (1909)

Soit dit en passant, je me suis demandé pourquoi figurait ici un tableau de 1906… Plus Années Folles qu’Années 30, non ?

Dans ce même espace sont proposées des maquettes d’architectes divers, allant de la belle demeure à l’immeuble le plus « moderne »…

On revient enfin au Paquebot Normandie avec cette belle verrière qui en décorait la salle de séjour.

Les Biches, Pierre Petit (1928)

Vous l’avez compris, j’ai regretté l’accumulation d’éléments un peu hétéroclites, que seuls rassemblent les dates de production. L’espace de ce 4ème étage est trop restreint pour autant d’objets si différents, et, qui plus est, sans fil conducteur autre que cette période. Dommage, car il y a de très belles pièces qui sont ainsi quelque peu « étouffées ». Comme cette table de bridge sur laquelle je finirai, qui a plus que séduite la joueuse que je suis…

Musée des années 30 (1)

Connaissez-vous le Musée des années 30 ? Ce n’était pas mon cas jusqu’à ces derniers jours, où je l’ai découvert. Comment? En me renseignant, à l’Office de Tourisme de Boulogne-Billancourt, sur ce que l’on pouvait voir dans cette ville. Une ville que je traverse ou longe souvent, en allant d’est en ouest ou vice-versa, mais dans laquelle on songe rarement, je pense, à faire du tourisme. Or elle possède quatre musées, pas moins. Et c’est ainsi que j’ai appris son orientation vers les années 30. Un autre jour où je disposerai de temps (et où il fera moins froid!), je pourrai ainsi faire le « Parcours des années 30 » proposé par un des dépliants, parcours architectural cette fois, à la fois Art Déco et Art Moderne. Mais, pour ce jour, direction l’Espace Landowski.

Situation de l’Espace Landowski

L’architecture de cet Espace est remarquable, au sens propre du terme. Voici ce qu’en disent ses architectes :

« Le projet structure et qualifie les espaces publics et s’intériorise autour d’une grande nef couverte, vide fédérateur des divers éléments du programme. Il exprime les deux fonctions du programme initial, politique et culturel, par une double image : l’une solennelle et minérale, l’autre quotidienne et transparente. L’écriture architecturale appuie la lisibilité du parti : la rigueur de la grande nef contraste avec les parois de béton poli ou sablé, les bandes vitrées soulignées de panneaux en béton blanc. Proportions et modénatures reprennent le vocabulaire des années 30 à l’origine de l’identité de ce secteur de Boulogne.« 

Il a visiblement été construit pour les fonctions qu’il remplit, d’ordre culturel. En effet, il accueille une médiathèque, un cinéma d’art et essai et un Musée. Proche de l’Hôtel de Ville, il apparaît comme un navire accueillant, la proue arrondie, et surtout ouvert, avec de vastes baies vitrées. Récent, car achevé en 1998, il tranche avec les immeubles environnants : l’Hôtel, dont la construction a été confiée à Tony Garnier par André Morizet, maire de la ville qui a donné son nom à l’Avenue où elle se situe, qui a été inauguré en 1934, quatre ans avant la Poste (architecte Charles Giroud).

Hôtel de Ville (1934)
Portail de la Poste (1938)

Si cela vous intéresse, un documentaire intéressant (et court!) est consacré à la ville : « Quand le béton libère l’architecture »

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est bm_4.jpg

Sur la porte de la Poste, une évocation du blason de la ville « Taillé de gueules et d’azur à la barque à l’antique d’argent voguant sur des ondes du même brochant sur la partition, accompagnée en chef à dextre d’un poisson posé en pal et à senestre d’une fleur de lis, le tout d’argent« .

Fichier:Blason ville boulogne billancourt.svg
Blason de Boulogne-Billancourt

Devant l’Espace, une surprenante sculpture.

Photo empruntée au site consacré aux frères Martel

Un panneau apporte quelques explications sur cet « arbre » cubiste.

Issu du blog qui est consacré à Jan et Joël Martel, voici le commentaire permettant de comprendre l’oeuvre :

« Les frères Martel participèrent à Paris à des expositions au Salon des indépendants, au Salon d’automne, au Salon des Tuileries et à l’Exposition des arts décoratifs de 1925, où ils présentent, en collaboration avec Robert Mallet-Stevens, des arbres cubistes en ciment armé qui défraieront la chronique. Une réalisation destinée à montrer la solidité du béton armé en architecture. »

La lecture du blog qui est consacré à ces jumeaux nés en 1896 et morts tous deux en 1966 est passionnante.

Les frères Martel dans leur atelier parisien, rue Mallet-Stevens
© Archives familiales

Comment entrer dans le Musée ? Il m’a fallu un certain temps pour y parvenir. Car l’Espace a été transformé en centre de vaccination! La porte principale est donc réservée aux candidat-e-s à la piqûre… Direction, l’est… Eh non! c’est l’entrée du bâtiment administratif et de la médiathèque! Les vigiles se moquent gentiment de moi, et me renvoient… de l’autre côté. Il faut en effet quitter l’Avenue Morizet pour emprunter l’entrée commune Cinéma / Musée et pouvoir enfin pénétrer dans ce dernier, dont je vous parlerai dans un prochain article… Vous remarquerez peut-être que je ne vous ai pas parlé de Landowski, vous comprendrez alors pourquoi…