Jamais je n’aurais pensé photographier Mers-les-Bains et Le Tréport sous cet angle peu « touristique ». Mais l’occasion était trop belle, en ce lundi de Pâques, avec ce double arc-en-ciel qui me faisait de l’oeil!
Et, pour une fois, je n’ai pas haï mon Iphone qui enregistre toutes les photos d’abord en vidéo, car écoutez en regardant ceci :
La vue sur le port tout proche était aussi impressionnante… mais il ne restait plus qu’un bout de l’arc!
Après analyse de l’Informateur, le journal local, pour recherche de la meilleure soirée « Saint Patrick », mon choix s’est porté pour une fête organisée dans un lieu que je ne connaissais pas, « Petit Caux ». Et pour cause… Ce n’est pas une commune, mais un regroupement de communes, dont l’histoire est reliée à un événement regrettable : l’implantation de la centrale nucléaire de Penly (dont, soit dit entre parenthèses, il est actuellement question car on envisage non de la supprimer, mais de l’agrandir!). Bref, en 2002 est créée une communauté de communes. Puis, en 2016 (souvenez-vous, la fameuse loi NOTRe et ses conséquences souvent désastreuses…), elle devient « commune nouvelle », regroupant 18 « communes déléguées » (sic), avec près de 10000 habitant-e-s.
L’événement se situe dans un village où je pense n’avoir jamais mis les pieds : Belleville-sur-Mer. Vous pouvez le voir sur la carte ci-dessus (la seule trouvée), au sud-ouest. Il est en effet assez proche de Dieppe. Le village proprement dit est situé sur la falaise, et n’est pas vraiment « plage », contrairement à ce que son nom pourrait faire penser. On n’accède à la mer que par une petite valleuse (que je n’ai pas réussi à trouver, par manque de temps). Nous sommes ici dans une zone dont la protection s’arrête, bien sûr, à quelques encâblures du site nucléaire. Pour celles et ceux qui s’intéressent à la géologie et à l’ornithologie, quelques lignes extraites d’un texte qu’elles et ils pourront lire en ligne.
« La znieff couvre la côte comprise entre la longue valleuse de Puys (commune de Neuville-lès-Dieppe) et la valleuse du Petit-Berneval, exclue (urbanisée). Les falaises sont hautes, atteignant 80 à 97 m. Elles sont constituées de trois puis de deux couches de craies différentes, dont la craie massive du Turonien formant un large contrefort à leur base. Ces pentes offrent de nombreux sites pour la végétation des murailles, des éboulis et des pelouses aérohalines. Elles sont aussipropices au stationnement et à la nidification de l’avifaune marine et rupestre : Faucon pèlerin, rare mais en progression, Fulmar boréal assez rare, Grand Cormoran, Goéland argenté, Choucas des tours, Hirondelles des fenêtres et de rivage, etc. A l’Est du Camp César (site classé des vestiges d’un camp fortifié gaulois), le plateau est entaillé par trois petites valleuses, l’ancien portde Bracquemont, Parfond-Val et les Chirvals, puis le Val du Prêtre.«
Il pleut tout au long de la route, mais je ne le regrette pas en voyant, depuis le parking, le magnifique arc-en-ciel sur la campagne environnant Scène en Mer, la salle de spectacle.
Ciel et mer ne se distinguent quasiment pas dans le lointain, et les nuages occultent une partie de l’arc…
La salle est située en limite du village, perchée sur la falaise. Ce qui me permettra, au moment d’une pause, d’admirer, du même parking, un superbe couchant.
Mais remontons le temps. Il n’est que 17 heures, le spectacle commence à 18, cela laisse le temps, une fois les billets pris (ainsi que les informations demandées par les ami-e-s qui doivent me rejoindre : places assises? possibilité de dîner?), d’aller visiter Belleville.
Direction : le clocher. Une vieille habitude! Une vaste place, abritant un hôtel de ville flambant neuf (photo empruntée à Wikipédia).
Un pressoir, rappelant que l’on est en Normandie (l’architecture proche ne l’indique guère), ne cache pas une école dont l’importance m’étonne.
Elle aussi semble assez neuve. Mais rien d’étonnant : l’analyse de la démographie montre une incroyable croissance à partir des années 2000. Conséquence de l’implantation de la centrale?
De l’histoire locale on voit peu de choses. Pourtant, Bella Villa est bien attestée dès le 12ème siècle, et sans doute correspond-elle à une villa gallo-romaine. Comme vous avez pu le voir dans le texte ci-dessus, nous ne sommes pas loin du camp gaulois dénommé « Camp César ». Ni de la ville de Briga retrouvée près de Eu. Et je suis certaine que les champs cachent encore bien des trésors de cette époque…
Il faut un restaurant pour évoquer cette histoire. Son nom m’intrigue : de quel marquis est-il question? (Celui de Carabas?)
Eh bien non, c’est le Marquis… de Belleville. Il y en a eu toute une lignée, et l’un d’entre eux a autorisé la commune, en 1986, à prendre son propre blason comme emblème : « D’azur au sautoir d’argent cantonné de quatre aiglettes du même.«
Et l’on comprend, en pénétrant dans l’enclos qui abrite l’église entourée du cimetière, que l’histoire de la commune et celle de la famille de Belleville sont bien liées : toute une partie du cimetière est en effet consacrée à cette famille, dans un ensemble très hétéroclite de tombes, dont voici celles qui m’ont semblé les plus anciennes.
Je fais le tour de l’église pour chercher à y entrer… en vain, toutes les portes sont closes.
» Rebâtie pour le gros-œuvre au début du XIIIe siècle, l’église présentait au départ des murs extérieurs en silex et une structure intérieure en calcaire à trois vaisseaux. Clocher en bâtière Puis vers 1700 une chapelle seigneuriale en silex est édifiée au côté nord du chœur, avant que les bas-côtés ne soient supprimés vers 1730. Vers 1824, la bâtière du clocher est remplacée par une flèche polygonale en charpente.
En 1098, l’église est donnée à l’abbaye du Bec, ce qui explique son patronage à l’abbé du Bec-Hellouin. » (source)
Je me promets de revenir la visiter, car elle semble intéressante, à en juger par les notices dans les bases Mérimée et Palissy… En outre, elle a conservé « son » cimetière, ce qui est de plus en plus rare. Et celui-ci a été agrandi, comme en atteste la vaste pelouse que progressivement grignotent de nouvelles tombes. Un « quartier » semble réservé aux enfants et aux jeunes. J’y ai trouvé une tombe en forme de tête de Mickey… Elle abrite un adolescent mort à 15 ans, comme son voisin, visiblement amateur de football, à en juger par le vrai ballon déposé sur la pierre. Sont-ils décédés ensemble? Y a-t-il eu un drame dans ce village?
A gauche de ce qui semble être l’entrée principale (photo ci-dessus), cinq tombes bien alignées, rappellent que cette région a connu l’enfer pendant le Seconde Guerre Mondiale, avec l’opération Jubilee.
« La défense de Dieppe incombe à la 302e division d’infanterie allemande. Les effectifs sur les différents lieux de débarquement sont estimés à un total de quelque 2 000 hommes. De Berneval à Varengeville, le front s’étend sur dix-huit kilomètres. Des batteries de côte et de campagne, des pièces antichars, des nids de mitrailleuses, des blockhaus et divers ouvrages fortifiés défendent la côte et le port. Des barrières de barbelés, voire des murs et des fossés antichars barrent les plages principales. Au large, l’accès à la côte est défendu par un important champ de mines. La couverture aérienne repose quant à elle sur quelque 400 appareils de la Luftwaffe, des chasseurs pour la plupart.
Le 18 août, à 10h00, l’ordre d’exécution définitif est donné. Les troupes embarquent dans l’après-midi à Newhaven, Southampton, Shoreham et Portsmouth, au sud de l’Angleterre. Dans la soirée, les bâtiments des forces de débarquement appareillent.
Le 19 août, vers 3h00, les opérations de débarquement commencent. Les hommes des quatre premières vagues d’assaut prennent place à bord des péniches destinées à les transporter sur leurs lieux de débarquement respectifs. Tout se passe bien jusqu’au moment où la canonnière ouvrant la voie au commando n° 3, qui doit débarquer sur les plages de Berneval et de Belleville-sur-Mer, se trouve prise dans un convoi allemand en provenance de Boulogne. L’affrontement s’engage. L’unité britannique essuie des pertes sérieuses, tant en hommes qu’en matériels, et ne peut plus opérer qu’avec des moyens restreints. »
La plage de Berneval, village voisin de Belleville-sur-Mer
Juste derrière elle, comme une protection médiant terre et ciel, un superbe toit de chaume.
L’heure tourne, et il est temps de gagner la salle, car le spectacle va commencer. Direction donc La Scène en Mer… pour une belle aventure d’une soirée que je vous narrerai plus tard…
Le printemps, le soleil, les chants des petits zozios… c’est le moment de profiter des parcs et jardins si nombreux et beaux dans notre capitale… Direction donc les Tuileries. Voilà bien longtemps que je n’y suis allée et, la dernière fois, une partie était un vaste chantier…
Autant faire une arrivée triomphale, non? Pardon pour ce vilain jeu de mots… Bien sûr, je parlais de l’Arc de Triomphe du Carrousel. A ce propos, je me suis interrogée sur l’origine de ce nom. Il vient tout simplement de la situation du monument, sur la place qui portait déjà à l’époque napoléonienne le nom de « Place du Carrousel ». Pourquoi? Parce qu’en 1662, Louis XIV avait célébré de manière grandiose la naissance de son fils, le Dauphin, par un superbe spectacle équestre, donc un magnifique « carrousel ».
Le Grand Carrousel au Louvre, 5-6 juin 1662
Les chevaux sont toujours là… mais moins vivants : c’est un quadrige qui domine les lieux, depuis le sommet de l’arc… difficile à photographier car, en cette fin d’après-midi, le soleil est déjà très à l’ouest…
Il serait aujourd’hui impossible d’imaginer reproduire le spectacle offert par le Roi Soleil… Vous devinez pourquoi? Réfléchissez… une construction moderne, insolite en ces lieux, qui a fait couler beaucoup d’encre et n’est toujours pas acceptée par un certain nombre de nos compatriotes… Vous voyez de quoi je parle ?
Mais la façade de l’aile nord, récemment rénovée, brille de son classicisme intact et plus éclatant que jamais, d’un ocre se détachant sur le bleu du ciel et le vert des buissons bien taillés.
Je ne me lasse pas des innombrables statues qui peuplent – j’allais écrire « qui hantent » – nos espaces verts, et servent de socle aux pigeons orgueilleux, telle cette Nymphe qui ne s’attendait pas à un tel couvre-chef…
Regardez la photo ci-dessus. De nouvelles statues sont venues s’ajouter aux anciennes… Vous les voyez, au fond à gauche?
Continuons à admirer les personnages antiques, plus ou moins mythologiques. Cassandre, d’abord, qui se met ici sous la protection de Pallas.
Joies courbes, n’est-ce pas? Mais il n’y a pas que des courbes féminines à admirer dans ce Jardin… Une petite devinette? A qui appartiennent celles-ci?
A un héros et au Monstre qu’il est en train de tuer… Mi-homme mi-taureau… ça vous dit quelque chose?
Eh oui, Thésée et le Minotaure… On comprend mieux Ariane, n’est-ce pas?
Délaissons maintenant la statuaire pour nous intéresser à la nature. Enfin, la nature bien travaillée, à en croire les panneaux qui expliquent les oeuvres d’art des jardiniers/ères.
Je n’ai pour ma part pas beaucoup vu de ce « bleu précieux »… mais peut-être n’est-ce pas la saison? Il faudra revenir… Par contre, j’ai vu « l’ivoire divin »… enfin, un peu relevé par de l’orangé et du jaune…
Une petite pause sur les fauteuils près de l’un des beaux bassins des Tuileries, pour admirer les « amerrissages » des cols verts et s’attendrir sur les petits canetons. Quand tout à coup surgit, du côté de la Tour Eiffel, un autre arc, en ciel celui-là, tout à fait inattendu vu l’absence de pluie.
Mais il se fait tard, et le soleil commence à décliner derrière l’Obélisque qui se mire dans l’eau et commence à se dévêtir…
En écrivant ce titre, je me suis questionnée sur le choix du mot et son orthographe… Allais-je écrire « varech », « varechs », ou goémon (avec ou sans s)? Ou m’adonner aux joies de la bretonnitude et opter pour « bezhin » ou « gouemon »?
Evidemment, pour celles et ceux d’entre vous qui me connaissez, je me suis précipitée sur le CNTRL puis sur le Littré…
Intéressante découverte, comme souvent… Car, si j’avais voulu évoquer une épave, j’aurais aussi pu faire ce choix terminologique.
« Nom collectif de tous les débris que la mer rejette sur ses côtes. Naufrages et varech, qu’est-ce ? ce sont les biens pêchés au bord de la mer, des lacs et des rivières, Arch. des Finances, mss. Instr. sur la Chambre des Comptes, 1701, p. 19. » (Littré)
Le saviez-vous? Moi, non…
Cela viendrait, d’après le Littré, de la racine indo-européenne présente dans « frangere » (bien connue maintenant avec la mode des « frexit »!)
Pour ce qui concerne l’incertitude singulier / pluriel, elle fut vite levée. On peut mettre les deux, car le singulier de « varech » est un singulier collectif et désigne « du varech » ! Donc ex-aequo…
Reste le goémon. Il est plus précis, puisqu’il ne désigne que des algues… « Mélange d’algues marines brunes des genres fucus et laminaire, récoltées sur les côtes bretonnes et normandes, que l’on utilise comme engrais ou dont on extrait de la soude et de l’iode. » (CNTRL)
Mais un point commun : l’épave. En effet, ce qui est rejeté par la mer sur les côtes, comme ce fut le cas dans le Finistère dernièrement, est dénommé « goémon d’épave »… J’aurais donc dû intituler cet article « Goémon d’épave »…
Car j’ai eu envie ce matin de partager avec vous quelques photos prises sur la Plage de Kerneuc, à Fouesnant – pardon, Fouen… En recherchant la bretonnitude, les traducteurs ont laissé le foin mais oublié la vallée (nant)…
Je tiens à préciser qu’aucune des photos n’a été retouchée, ni même recadrée. Il n’est que le « champignon » qui a été pivoté…
L’idée de leur donner des titres m’a titillée, mais je préfère laisser chacun-e
J’ai volontairement laissé les photos dans l’ordre où elles ont été prises, car cela correspond aux changements réels de luminosité, et aux « découvertes » tout au long de cette belle promenade, le visage fouetté par un suroît agréable…