Balade aux Tuileries

Le printemps, le soleil, les chants des petits zozios… c’est le moment de profiter des parcs et jardins si nombreux et beaux dans notre capitale… Direction donc les Tuileries. Voilà bien longtemps que je n’y suis allée et, la dernière fois, une partie était un vaste chantier…

Autant faire une arrivée triomphale, non? Pardon pour ce vilain jeu de mots… Bien sûr, je parlais de l’Arc de Triomphe du Carrousel. A ce propos, je me suis interrogée sur l’origine de ce nom. Il vient tout simplement de la situation du monument, sur la place qui portait déjà à l’époque napoléonienne le nom de « Place du Carrousel ». Pourquoi? Parce qu’en 1662, Louis XIV avait célébré de manière grandiose la naissance de son fils, le Dauphin, par un superbe spectacle équestre, donc un magnifique « carrousel ».

Le Grand Carrousel au Louvre, 5-6 juin 1662

Les chevaux sont toujours là… mais moins vivants : c’est un quadrige qui domine les lieux, depuis le sommet de l’arc… difficile à photographier car, en cette fin d’après-midi, le soleil est déjà très à l’ouest…

Il serait aujourd’hui impossible d’imaginer reproduire le spectacle offert par le Roi Soleil… Vous devinez pourquoi? Réfléchissez… une construction moderne, insolite en ces lieux, qui a fait couler beaucoup d’encre et n’est toujours pas acceptée par un certain nombre de nos compatriotes… Vous voyez de quoi je parle ?

Mais la façade de l’aile nord, récemment rénovée, brille de son classicisme intact et plus éclatant que jamais, d’un ocre se détachant sur le bleu du ciel et le vert des buissons bien taillés.

Je ne me lasse pas des innombrables statues qui peuplent – j’allais écrire « qui hantent » – nos espaces verts, et servent de socle aux pigeons orgueilleux, telle cette Nymphe qui ne s’attendait pas à un tel couvre-chef…

Regardez la photo ci-dessus. De nouvelles statues sont venues s’ajouter aux anciennes… Vous les voyez, au fond à gauche?

Continuons à admirer les personnages antiques, plus ou moins mythologiques. Cassandre, d’abord, qui se met ici sous la protection de Pallas.

Joies courbes, n’est-ce pas? Mais il n’y a pas que des courbes féminines à admirer dans ce Jardin… Une petite devinette? A qui appartiennent celles-ci?

A un héros et au Monstre qu’il est en train de tuer… Mi-homme mi-taureau… ça vous dit quelque chose?

Eh oui, Thésée et le Minotaure… On comprend mieux Ariane, n’est-ce pas?

Délaissons maintenant la statuaire pour nous intéresser à la nature. Enfin, la nature bien travaillée, à en croire les panneaux qui expliquent les oeuvres d’art des jardiniers/ères.

Je n’ai pour ma part pas beaucoup vu de ce « bleu précieux »… mais peut-être n’est-ce pas la saison? Il faudra revenir… Par contre, j’ai vu « l’ivoire divin »… enfin, un peu relevé par de l’orangé et du jaune…

Une petite pause sur les fauteuils près de l’un des beaux bassins des Tuileries, pour admirer les « amerrissages » des cols verts et s’attendrir sur les petits canetons. Quand tout à coup surgit, du côté de la Tour Eiffel, un autre arc, en ciel celui-là, tout à fait inattendu vu l’absence de pluie.

Mais il se fait tard, et le soleil commence à décliner derrière l’Obélisque qui se mire dans l’eau et commence à se dévêtir…

Varech

Plage de Kerneuc, 31 octobre 2021

En écrivant ce titre, je me suis questionnée sur le choix du mot et son orthographe… Allais-je écrire « varech », « varechs », ou goémon (avec ou sans s)? Ou m’adonner aux joies de la bretonnitude et opter pour « bezhin » ou « gouemon »?

Evidemment, pour celles et ceux d’entre vous qui me connaissez, je me suis précipitée sur le CNTRL puis sur le Littré…

Intéressante découverte, comme souvent… Car, si j’avais voulu évoquer une épave, j’aurais aussi pu faire ce choix terminologique.

« Nom collectif de tous les débris que la mer rejette sur ses côtes. Naufrages et varech, qu’est-ce ? ce sont les biens pêchés au bord de la mer, des lacs et des rivières, Arch. des Finances, mss. Instr. sur la Chambre des Comptes, 1701, p. 19. » (Littré)

Le saviez-vous? Moi, non…

Cela viendrait, d’après le Littré, de la racine indo-européenne présente dans « frangere » (bien connue maintenant avec la mode des « frexit »!)

Pour ce qui concerne l’incertitude singulier / pluriel, elle fut vite levée. On peut mettre les deux, car le singulier de « varech » est un singulier collectif et désigne « du varech » ! Donc ex-aequo…

Reste le goémon. Il est plus précis, puisqu’il ne désigne que des algues… « Mélange d’algues marines brunes des genres fucus et laminaire, récoltées sur les côtes bretonnes et normandes, que l’on utilise comme engrais ou dont on extrait de la soude et de l’iode. » (CNTRL)

Mais un point commun : l’épave. En effet, ce qui est rejeté par la mer sur les côtes, comme ce fut le cas dans le Finistère dernièrement, est dénommé « goémon d’épave »… J’aurais donc dû intituler cet article « Goémon d’épave »…

Car j’ai eu envie ce matin de partager avec vous quelques photos prises sur la Plage de Kerneuc, à Fouesnant – pardon, Fouen… En recherchant la bretonnitude, les traducteurs ont laissé le foin mais oublié la vallée (nant)…

Je tiens à préciser qu’aucune des photos n’a été retouchée, ni même recadrée. Il n’est que le « champignon » qui a été pivoté…

L’idée de leur donner des titres m’a titillée, mais je préfère laisser chacun-e

J’ai volontairement laissé les photos dans l’ordre où elles ont été prises, car cela correspond aux changements réels de luminosité, et aux « découvertes » tout au long de cette belle promenade, le visage fouetté par un suroît agréable…

Et une belle surprise en fin de balade…